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Publié le 13 Juin 2008

Genèse de l’œuvre

 

A la seconde moitié du mois de mai 1854, la composition des « Vêpres siciliennes » n’a pas avancée.

Verdi loue alors pour l’été une maison de campagne à Enghien près de Paris.

 

Mais un évènement va considérablement le retarder : La Cruvelli, qu’il a choisi pour chanter le rôle d’Hélène, disparaît sans aviser personne, alors qu’elle doit participer à une représentation des « Huguenots ».

Pendant plus d’un mois il est impossible de la trouver. Le scandale est énorme.

Elle revient le 20 novembre, s’excuse, et réussit même à remporter le public à sa faveur.

 

Roqueplan doit cependant démissionner, et les répétitions n’avancent pas mieux avec son successeur, Crosnier.

Verdi se plaint que Scribe ne fait aucune des rectifications nécessaires au livret. Mais ce qu’il ignore est que ce livret est un tripatouillage du « Duc d’Albe », écrit pour Donizetti, et qui ne sera représenté en Italie qu’en 1882.

 

Le 26 janvier 1855, Victor-Emmanuel II et Cavour engagent le Piémont dans la guerre de Crimée au côté des Anglais et des Français pour soutenir la Turquie contre la Russie.

Cette opération est destinée à racheter le renom de l’armée savoyarde après ses défaites face à l’Autriche.

 

Dans ce contexte, le livret des « Vêpres siciliennes » a tout pour ne plaire à personne (Verdi compris), aussi bien aux Français à cause du massacre final, qu’aux Italiens en raison de la trahison des patriotes siciliens.

 

La première représentation a lieu le 13 juin 1855 à la salle Le Peltier lors de l’Exposition universelle de Paris.

On accourt de Lombardie et du Piémont pour donner à l’évènement l’importance d’une démonstration politique.

L’œuvre est bien accueillie et se maintient pour une cinquantaine de soirées.

 

Verdi se charge alors de la traduction italienne qui est représentée à Turin et à Parme en décembre 1855 sous le titre de « Giovanna di Braganza » en changeant les circonstances historiques pour se référer à un évènement de l’histoire du Portugal.

 

Ce n’est qu’en 1861, quand les Italiens auront retrouvé leur indépendance politique que « I Vespri siciliani » seront redonnées avec le livret original.

 

Les Vêpres siciliennes

 

Entre 1047 et 1090, les Normands conquièrent le sud de l’Italie et la Sicile.

Si l’empereur Hohenstaufen Frederic Barberousse échoue à prendre contrôle de l’Italie lors de la célèbre Battaglia di Legnano en 1176, son fils Henri VI réussit à se faire couronner roi de Sicile en 1194, après la mort du roi Normand Tancrède de Lecce.

 

Frederic II, fils d’Henri, tente de consolider les positions du Saint Empire Germanique en Italie mais, face à l’hostilité de la Papauté et des villes Lombardes (trame historique d’ Oberto), son règne se finit sur un échec.

Sa dynastie s’éteint en 1266, date à laquelle son fils, Manfred Ier de Sicile, est tué par Charles d’Anjou avec le soutien du Pape Urbain IV.

 

Le gouvernement odieux de Charles sur la Sicile entraîne la révolte des Siciliens le lundi de Pâques 1282, au moment où l’on sonne les vêpres. Des milliers de Français de Sicile sont massacrés.

 

Le chancelier de la couronne d’Aragon, Jean de Procida, a en effet noué des contacts avec les Gibelins de Siciles (opposants au Pape) pour le compte du Roi d’Aragon.

Pierre III le Grand est marié à la fille de Manfred. Il envoie donc une flotte aragono-catalane à Palerme pour en chasser les Français.

 

De plus, l’empereur d’Orient, Michel VIII Paléologue, inquiet des visées de Charles sur l’Empire Byzantin, est contacté par des siciliens.

Il ne participe cependant pas directement aux opérations.

 

Le bilan politique de cette longue tension politique et du carnage final est le rattachement du Royaume de Sicile à l’Aragon.

 

L’argument du livret de Verdi relate, de façon imaginaire, la manière dont Procida aurait attisé les tensions entre Français et Siciliens à Palerme (en réalité, il n'était plus présent en Sicile à cette période).

 

Un Sicilien, Henri s’éprend de la duchesse Hélène. Mais le patriotisme du jeune homme est contrarié lorsqu’il apprend qu’il est le fils de Montfort, gouverneur de l’Ile.

Il intervient lui-même pour sauver son père d’une tentative d’assassinat commanditée par Procida à l’occasion du bal du gouverneur français.

Henri reconnaît publiquement sa filiation, ce qui permet de libérer les conspirateurs et Hélène.

Cependant, Procida les informe qu’un navire rempli d’armes attend dans le port.

Au signal des cloches célébrant l’union entre Henri et Hélène, les siciliens se soulèvent et le massacre commence.

 

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Rédigé par David

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Publié le 13 Mai 2008

Genèse de l’œuvre

 

Après les trois premières représentations du Trovatore, Verdi retourne à Busseto et s’emploie à achever « La Traviata » pour La Fenice. Six mois de négociations en 1852 ont été nécessaires pour s’assurer que son exécution se ferait dans de bonnes conditions.

 

Francesco Maria Piave adapte le drame d’Alexandre Dumas fils « La Dame aux camélias » publié en 1848.

« La Traviata », premier exemple de drame bourgeois à fond vériste, est selon Verdi « un sujet de notre temps. Peut-être un autre ne l’aurait-il pas écrite à cause des costumes, à cause de l’époque, à cause de mille autres scrupules ridicules ».

Comme l’œuvre de Dumas, elle est tournée vers l’observation réaliste des modes de vie d’une société.

 

Pendant ce temps, Milan connaît en février 1853 des journées terribles.

L’échec du soulèvement inspiré par Mazzini conduit à des pendaisons et des fusillades. Pendant plusieurs jours, personne ne peut entrer ou sortir sauf les voyageurs et ceux qui approvisionnent la ville.

 

A vrai dire, Verdi est moins inquiet des évènements politiques que des nouvelles inquiétantes sur la troupe de chanteurs réunie pour « La Traviata ».

 

La première représentation, le 6 mars 1853 à Venise, est un four monumental : Salvini Donatelli est une prima donna plantureuse, mais lorsque son médecin lui annonce sur scène qu’elle n’a que quelques heures à vivre, l’hilarité devient générale.

 

L’été 1853 se passe en expériences sur « Le Roi Lear » et en octobre Verdi se rend à Paris pour reprendre les discussions avec  Roqueplan.

Il souhaite un temps rompre son engagement, irrité par les intrigues qui se nouent à ses dépens dans cette officine à scandales qu’est l’Opéra de Paris. D’ailleurs il ne propose pas « Le Roi Lear », sujet trop vaste, trop neuf pour une capitale où l’on ne comprend que les mélodies qu’on répète depuis vingt ans.

A la fin de l’année, la direction de l’Opéra de Paris lui remet alors le livret de Scribe des « Les Vêpres Siciliennes  ».

 

Mais Verdi n’a pas abandonné l’idée d’une revanche au sujet de « La Traviata ».

Il retouche quelques passages dans la partie vocale et les parties d’orchestres du second acte. L’action est plus resserrée. Le chef d’orchestre Antonio Gallo se charge d’être son impresario.

 

Le soir du 6 mai 1854 au Théâtre Gallo «  San Benedetto » de Venise, « La Traviata » ressuscite triomphalement.

 

La Traviata

 

A partir de 1852, les représentations de la « Dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils font pleurer les spectateurs parisiens.

Le personnage féminin, Marguerite Gautier, est inspiré de Marie Duplessis, fille de concierge devenue hétaïre (courtisane) que connu le dramaturge.

 

En 1789, la révolution française débarrasse la société paysanne des structures féodales, mais l’entrée dans l’ère moderne n’a véritablement lieu qu’en 1847, après la dernière crise économique de la monarchie de juillet.

La révolution industrielle transforme les hiérarchies sociales. Les entrepreneurs dépassent en richesses les propriétaires terriens et l’écart moyen de fortune entre un ouvrier et un industriel devient de 1 pour 10000 !

Deux nouveaux types sociaux apparaissent : le salarié et une bourgeoisie capitaliste.

Celle-ci est très attachée à la propriété, la famille et l’économie.

Le problème de l’héritage est important, l’essentiel étant de conserver la patrimoine familial.

 

Verdi entend décrire ces mœurs bourgeoises et sa morale hypocrite. Mais en Violetta, il faut plus voir Giuseppina Strepponi que La Dame d’Alexandre, si l’on se souvient comment les habitants de Busseto considéraient l’amie du compositeur.

 

La trame de la Traviata se déroule à Paris vers 1844. Alfredo, fils de bonne famille, tombe amoureux de la courtisane Violetta au cours d’une soirée parisienne.

Tous deux s’installent à la campagne pour vivre leur bonheur.

Mais Germont, le père d’Alfredo, intervient pour accuser la jeune femme de dilapider la fortune de la famille, et d’empêcher le mariage de sa fille avec un homme fortuné, à cause du déshonneur qu’elle provoque.

Par amour, elle cède et envoie une lettre de rupture, sacrifice que ne comprend pas immédiatement Alfredo.

Elle tombe gravement malade. Germont décide alors d'écrire à son fils la vérité.

Violetta retrouve son amour pour un instant. Et elle meurt.

 

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Rédigé par David

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Publié le 10 Mai 2008

Genèse de l’œuvre

 

Après les trois premières représentations de Rigoletto, Verdi retourne à Busseto.

C’est pour lui une épreuve de plus de retrouver sa mère gravement malade. Elle meurt le 30 juin 1851.

 

A la fin de l’année, il quitte  Busseto pour Paris avec la Strepponi, façon d’échapper aux médisances qui circulent sur leur compte.

Car son amie est peu acceptée par la population de son village ; aussi écrit-il les paroles suivantes au père de sa défunte femme, Margherita Barezzi : « Vous vivez dans un pays où les gens ont la mauvaise habitude de s’immiscer souvent dans les affaires d’autrui et de désapprouver tout ce qui n’est pas conforme à leur idées …. Une femme habite chez moi. Elle est libre, indépendante, elle aime, comme moi, une vie solitaire qui la mette à l’abri de toute obligation. Ni moi, ni elle ne devons rendre compte de nos actions à qui que ce soit».

 

De son passage dans la capitale française, Verdi laisse l’engagement ferme de composer un opéra en quatre ou cinq actes sur un livret de Scribe pour la fin de l’année 1854 (ce seront «Les Vêpres Siciliennes  »).

 

De retour à Busseto en mai 1852, les peines se succèdent ; le vieux père de Verdi tombe gravement malade, et Salvatore Cammarono, chargé de travailler sur le livret du « Trovatore », meurt le 17 juillet 1852. C’est le poète napolitain Leone Emanuele Bardare qui reprend la tâche.

L’ouvrage s’inspire du drame avec lequel Antonio García Gutiérez, poète espagnol eut un grand succès lors de sa parution en 1836.

 

C’est donc dans cette période douloureuse que le compositeur termine dans les moindres détails la musique de l’opéra, qui met le mieux en valeur les qualités particulières de son esprit et de son âme.

L’œuvre est voilée de mélancolie, et le poids de la solitude dans laquelle il s’enferme y est pour beaucoup.

 

D’abord prévu pour Naples, mais depuis « Luisa Miller » Verdi est définitivement fâché avec la direction du théâtre, « Il Trovatore » est cédé au Théâtre Apollo de la ville de Rome.

 

Puis en août 1852, Louis-Napoléon Bonaparte devenu président de la république nomme Verdi Chevalier de la Légion d’Honneur. C’est son ministre de l’intérieur, Léon Escudier, qui se rend en personne en Italie pour remettre les insignes de l’Ordre.

 

Verdi arrive à Rome pour Noël. Il compte avancer la composition de Traviata un sujet simple qu’il prévoit pour Venise, mais ses rhumatismes le reprennent et il ne peut suivre que difficilement les répétitions.

 

Le soir du 19 janvier 1853, « Le Trouvère » est accueilli triomphalement.

 

Le Trouvère

 

Le 31 mai 1410, Martin Ier l’Humain meurt à Barcelone sans descendance.

Son règne sur le trône d’Aragon est marqué par le Grand Schisme d’Occident.

En effet, depuis 1394, Pedro di Luna, originaire d’Aragon, est le nouveau Pape d’Avignon sous le nom de Benoît XIII en même temps que le Pape Boniface IX s’installe à Rome.

 

L’impossibilité de l’Eglise à résoudre cette bicéphalie pousse la France à soustraire son obédience, et à intervenir pour destituer le Pape avignonnais.

Martin d’Aragon intervient alors militairement pour le soutenir, mais Benoît doit fuir en 1403.

 

A la mort du roi, la guerre de succession pour la couronne d’Aragon éclate.

Jacques, comte d’Urgel, semble être le plus légitime successeur, mais Louis Duc d’Anjou et Ferdinand d’Antequera revendiquent eux aussi cette charge.

Pour compliquer les choses, le royaume se divise en plusieurs factions ; notamment les Heredia, ennemis des Urgels, s’opposent aux Luna, qui défendent avec ferveur le comte.

 

En 1412, réfugié à Peñíscola, Benoît XIII propose un compromis en réunissant neufs arbitres à Caspe ; sont représentés l’Aragon, Valence et la Catalogne.

Le Pape soutenant Ferdinand, ce dernier est élu à 7 voix contre 2.

Ce choix déclenche la révolte de Jacques d’Urgel, qui est vaincu et tué.

 

Dans Il Trovatore, Manrico est décrit comme un officier de l’Armée d’Urgel et le Comte de Luna décrit comme résident du Palais Royal d’Aljaferia à Saragosse (ici Luna et Urgels sont opposés).

C’est d’ailleurs dans ce Château que Martin Ier fit  transférer le Saint Calice avec le soutien de Benoît XIII.

 

La trame de l’œuvre raconte les amours contrariés de Leonore, Dame d’honneur de la Princesse d’Aragon, et de Manrico, le Trouvère recueilli et élevé par la Gitane Azucena.

 

Le Comte de Luna, courtisan de Leonore, eût un frère qu’une sorcière condamna à mourir encore au berceau.

Elle fût brûlée vive, mais sa fille réussit par vengeance à enlever le bébé.

Peu après, un nourrisson est trouvé calciné.

 

Devenu le maître de Saragosse, le Comte est maintenant non seulement opposé politiquement à Manrico, mais il est aussi son opposant pour l’amour de Leonore.

 

Au cours d’une scène hallucinante, Azucena révèle à Manrico qu’il n’est pas son vrai fils, car c’est elle-même qui jeta son propre fils dans les flammes, pensant être celui du vieux Comte (le Père de Luna).

 

Manrico et Leonore se réfugient dans la place forte de Castellor pour s’y marier.

Mais la capture d’Azucena, lors du siège du château par le comte de Luna, oblige le Trouvère à intervenir. Il est fait prisonnier.

 

De retour à Aljaferia, Leonore rejoint Manrico à la prison et s’empoisonne pour ne pas être liée au Comte.

Furieux, ce dernier ordonne de tuer son amant ; Azucena lui révèle alors que c’est son frère.

 

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Rédigé par David

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Publié le 4 Mai 2008

Genèse de l’œuvre

 

Dans les premiers jours de 1851, Verdi retourne à Busseto et convoque rapidement Francesco Maria Piave.

« Le Roi s’amuse » de Victor Hugo (1832) est, selon le compositeur, le meilleur des arguments qu’il ait eu en main.

Piave assure à Verdi que la censure donnera son autorisation, mais Marzari, président de la Fenice, n’est pas du même avis.

Et avec raison : la censure autrichienne, plus insolente que jamais depuis son retour, ne peut tolérer de voir opposer un « vil bouffon » à un roi célèbre (François Ier).

 

Le gouverneur militaire, chevalier de Gorzkowski, donne ainsi l’ordre au Directeur Général de l’Ordre public, Carlo Martello, d’avertir Piave et Verdi qu’il n’acceptera aucune proposition concernant le sujet de « La Maledizione » (titre donné par Verdi).

 

Martello suggère alors quelques adaptations :  plus de Roi mais le Duc de Vendôme,  plus de monarque libertin, plus de malédiction, plus de bossu.

Verdi voit bien qu’ainsi réduit le livret manque de caractère. Martello et Marzari reprennent les discussions avec Verdi et arrivent à un accord où tous les vices sont supportés par le bouffon renommé Rigoletto, et qui devient le titre même de l’opéra. Ainsi disparaît dans le titre toute source d’angoisse causée par les injustices des hommes ou bien le destin.

 

Les nouvelles suggestions de Martello vont ainsi dans le sens du drame, ce qui fait dire à Verdi que « Les gens seront stupéfaits lorsque l’on saura que nous avons eu comme collaborateur un fonctionnaire de la police ».

 

L’œuvre est enfin prête et créée le 11 mars 1851. Pour la troisième fois (après Ernani et Attila) Venise fait un triomphe à Verdi.

Dans « Rigoletto », Verdi alterne larmes et sourires avec une fougue qu’il n’avait jamais réalisé auparavant.

L’Opéra parcourt l’Italie toute entière puis toute l’Europe. Mais la France devra attendre 6 ans avant que l’ouvrage puisse être monté au Théâtre des Italiens à cause de l’opposition de Victor Hugo.

A propos du quatuor du dernier acte, il déclarera quand même : « Si je pouvais, moi aussi, dans mes drames faire parler en même temps quatre personnages, et que le public perçoive leurs paroles et leurs sentiments, j’obtiendrais le même effet. »

 

Rigoletto

 

Le 22 novembre 1832, Victor Hugo crée « Le Roi s'amuse » à la Comédie Française.

Dès le lendemain, la pièce est interdite. L’écrivain s’élève contre les abus de la censure lors d’un plaidoyer pour la liberté d’expression tenu le 19 décembre devant le tribunal de commerce.

Il argue ainsi que ce même tribunal avait déclaré « illégales » les ordonnances du 25 juillet 1830 de Charles X qui provoquèrent l’insurrection parisienne 3 jours après et démontre point par point l’absence de toute immoralité dans l’oeuvre.

 

La plaidoirie est rapportée dans les Mémoires d’Alexandre Dumas.

Cet épisode ne fait qu’illustrer le combat de près de 50 ans mené par l’auteur pour défendre les œuvres littéraires et l’appartenance à leur auteur.

 

Verdi en sait quelque chose, tant il eut de difficultés à présenter Ernani et Rigoletto à Paris même si Victor Hugo avait de la sympathie pour les mouvements nationalistes.

Il s’était d’ailleurs opposé en 1849 à ce que la France soutienne le retour de Pie IX en Italie.

 

Dans Rigoletto, Verdi conserve toute l’intrigue du Roi s’amuse.

Rigoletto n’a qu’une seule crainte : voir sa fille, Gilda, devenir victime des aventures libertines du Duc De Mantoue.

La malédiction jetée sur lui et le Duc par Monterone n’atteint pas le monarque.

En revanche, Gilda est enlevée, ce qui pousse le bossu à se venger en commandant le meurtre de son souverain.

Ce dernier en réchappe, la fille de Rigoletto ayant choisi d’être à sa place la victime de l’assassin.

 

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Rédigé par David

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Publié le 28 Avril 2008

Genèse de l’œuvre

Six jours après la création de « Luisa Miller  », Verdi quitte Naples blessé par le comportement de l’administration du théâtre.

 

De retour à Busseto, Verdi engage des pourparlers avec Riccordi pour lui céder la propriété de « Stiffelio » destiné au Grand Théâtre de Trieste.

En même temps, le désir de se mettre au Roi Lear le reprend, et de sur croix, le président de la Fenice lui demande en mars 1850 d’écrire un nouvel opéra.

 

Dans ces conditions, la musique de « Stiffelio » va être bâtie à la hâte; en se calquant sur le modèle de Luisa Miller .

 

Cependant, cet opéra est le premier d’une série qui aborde des sujets avec une hardiesse toute nouvelle. Ici un prêtre marié à une femme adultère lui pardonne au final avec la noblesse surhumaine du Christ.

Le sujet est tiré d’une pièce française « Le Pasteur » ou « L’Evangile et le foyer », pièce d’Eugène Bourgeois et Emile Souvestre donnée pour la première fois au Théâtre de la Porte Saint Martin en février 1849.
Et c’est à Francesco Maria Piave que Verdi s’adresse pour en réaliser l’adaptation.

 

Les censures autrichienne et ecclésiastique modifient le livret et surtout la scène finale à destination de laquelle toute l’œuvre est bâtie. Le prêtre devient un ministre d’une principauté allemande, l’église n’en est plus une, et l’Evangile n’est plus cité.

 

Le 16 novembre 1850, cet opéra échoue donc prévisiblement à Trieste. Verdi ne fait d’ailleurs aucun effort pour le défendre.

 

Stiffelio

 

Pour la première fois, Verdi met en scène une œuvre en phase avec son temps.

Depuis le retour de Pie IX en juillet 1849, le pouvoir du pape est devenu autoritaire avec un spectaculaire revirement traditionnel.

Cependant ce pouvoir millénaire va s’effriter au cours des deux prochaines décennies.

En 1851, la proclamation du Second Empire en France et l’avènement de Napoléon III seront le déclencheur d’une politique favorable au mouvement des nationalités.

Le Piémont annexera les états Pontificaux en 1860, puis, après le départ des troupes françaises en 1870, inclura Rome dans le Royaume d’Italie.

Quelque part, « Stiffelio » est  une œuvre symbolique des dernières années du pouvoir temporel du Pape par la manière dont elle a été défigurée.

 

L’œuvre se situe en Allemagne au début du XIXième siècle au château du Comte Stankar.

Sa fille, Lina, est mariée à Stiffelio, chef d’une secte protestante.

Certains faits sont rapportés à ce dernier qui, mis en rapport avec la disparition de la bague de sa femme, l’amènent à soupçonner qu’elle le trompe.

Seul Stankar a compris que c’est avec Raffaele.  Hypocrite comme le sera plus tard Germont dans Traviata , il signifie à Lina de ne rien dire à Stiffelio de peur de voir l’honneur de sa famille terni.

 

Il est même décidé à se débarrasser lui-même de l’amant, tandis que celui-ci souhaite partir avec celle qu’il aime.

Stiffelio apprend la vérité et laisse présager qu’il donnera prochainement à l’église un sermon terrible.

Malgré tout, il propose à Lina de divorcer, ce qu’elle refuse jusqu’à ce que son père apparaisse souillé par le sang de Raffaele.

Contre toute attente, lors de la dernière scène à l’intérieur de l’église, le prêtre ouvre la Bible et lit, à la surprise de tous, les lignes relatant la femme adultère et appelant au pardon.

 

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Rédigé par David

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Publié le 15 Février 2008

Genèse de l’œuvre

Aussitôt après la représentation à Rome de la Battaglia di Legnano, Verdi Repart à Paris.
Pendant ce temps, à NaplesCammarono achève de versifier « L’Assedio di Firenze » de Guarezzi pour le compte du compositeur.
Le sujet est déjà à l’étude depuis juillet 1848, et c’est en avril 1849 que le texte est présenté à « L’Autorité qui supervise les théâtre de Naples ».
Vu les circonstances en Italie et à Florence en particulier, le sujet est refusé.

Dans ces conditions, Cammarono se rabat sur « Amore e raggiro » de Friedrich Schiller (3ième livret après Giovanna d’Arco et I Masnadieri).

Verdi a déjà en vue « Le Roi s’amuse » et « les Joyeuses commères de Windsor », ce qui montre son désir maintenant d’introduire ses passions humaines, c'est-à-dire s’intéresser à l’âme d’un personnage.
On chuchote surtout que Rossini a émis l’avis que Verdi ne fera jamais d’Opéra semi sérieux.
C’est de cette époque que date son obsession pour « Falstaff ».

En août, Verdi et la Strepponi quittent Paris où vient d’éclater l’épidémie de Choléra.
Ils se rendent à Bussetto, au palais Orlandi,  puis Naples en octobre. L’instrumentation de « Luisa Miller » reste à faire.

Après avoir tenu tête au duc de Ventignano, administrateur qui prétend ne pas le payer immédiatement,  le compositeur voit le sorcier Capecelatro entrer en scène.
Verdi craint le pouvoir de ce genre d’homme mais ne peut empêcher le jeteur de sort d’entrer dans la salle lors de la première représentation du 8 décembre 1849.
Un décor se détache et rate de peu le musicien.

L’œuvre n’obtient pas tout de suite le succès qu’elle mérite, l’enthousiasme se démontre au fur et à mesure des représentations.

L’union de la musique et de la parole devient plus intime et le discours des épisodes orchestraux plus ample.

 

Luisa Miller

L'action de  "Kabale und Liebe" se situe dans un état allemand vers 1776.
Après la mort de l'Empereur Charles VI en 1740, l'histoire du Saint Empire Romain Germanique est marquée par la guerre de succession d'Autriche entre Marie Thérèse (23 ans) et Frédéric II de Prusse car aucun héritier masculin n'est clairement identifié.

La fille de Charles réussit à faire élire son mari François Ier, se rapproche de l'Angleterre et repousse les Français alliés des Prusses. Elle doit cependant céder la Silésie à Frédéric lors du traité d'Aix la Chapelle en 1748.

La guerre entre la France et l'Angleterre se poursuit alors dans les colonies.

A partir de 1775, la Guerre d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique oblige les Britanniques à trouver des renforts.

Certains princes Allemands ( lands de Hesse-Cassel et Brunswick notamment) acceptent de fournir des hommes à Georges III,  et c'est ainsi que 30000 mercenaires partent en Amérique en échange de revenus confortables pour leurs petits états.

Schiller s'insurge de ces ventes d'hommes dans son drame, qui est un véritable réquisitoire pour la liberté.

En 1847, Alexandre Dumas réécrit l'oeuvre ("Intrique et Amour") en privilégiant la dimension privée, et 2 ans plus tard Verdi élimine toute référence politique pour faire de "Luisa Miller" un mélodrame qui se déroule au Tyrol au milieu du XVIIIième siècle.


Luisa et Rodolpho s’aiment. Mais le Comte Walter, le père du jeune homme, souhaite le marier à la Duchesse Federica. Dans le même temps, Wurm aime (ou plutôt désire) Luisa en secret.

Quand Walter découvre la liaison de son fils, il fait enfermer Luisa et son Père. Wurm survient et propose à Luisa d’écrire une lettre reniant son amour puis de le suivre.
Elle accepte la suggestion, ce qui permet de libérer son père. Rodolphe prend connaissance de la lettre, retrouve Luisa, et, dégouté, la force à partager avec lui une coupe de poison.

Elle lui révèle alors la vérité. Furieux, il a le temps de tuer Wurm et ils meurent.

 

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Rédigé par David

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Publié le 8 Février 2008

Genèse de l’œuvre

Le 18 mars 1848, les Milanais se soulèvent, et, en cinq jours, chassent les Autrichiens.
Charles-Albert, chef des partisans du Risorgimento, lève des troupes.

Verdi, à peine guéri, accourt dans sa patrie et rencontre Mazzini, fondateur du mouvement « Jeune Italie ».  Exilé depuis 1831, puis revenu en Lombardie, ce dernier fonde l’ « Italia del popolo ».

Pour ne pas assister aux représailles des Autrichiens, les deux hommes fuient Milan.
Après un passage à Naples, Verdi revient à Paris.

Les troupes de Radetsky reprennent Milan le 6 août. Le Piémont est contraint d’abandonner la Lombardie et Venise.

Garibaldi
résiste jusqu’au 26 août avant de perdre la bataille de Morazzone.

Pendant ce temps, Verdi doit une partition à l’éditeur Ricordi qui le prie de se rendre à Rome pour y mettre en scène le livret sur lequel planche Salvatore Cammarono.

Dans les derniers jours d’octobre, il reçoit le troisième acte de « La Battaglia di Legnano ».  Il s’agit de la première victoire italienne de l’histoire sur un empereur allemand. Voilà qui va rallumer la foi de tous dans la renaissance nationale.

Le 15 novembre, le premier ministre Pellegrino Rossi est assassiné. Les démocrates prennent le pouvoir et des élections sont programmées pour 1849.

Verdi arrive début janvier 1849 à Rome, et le 27 a lieu la première de son opéra patriotique.
Impossible de trouver de places quand on sait que le peuple avait voulu assister de force à la répétition.
Dès le chœur d’ouverture les acclamations « Viva Verdi ! » éclatent dans un tumulte général.
Le 5 février, un officier se débarrasse de ses attributs militaires sur scène.
Le 9 février, Mazzini participe à la proclamation de la république romaine.

A ce moment là, La Battaglia di Legnano est considéré comme l’un des opéras les plus puissants de Verdi. Le compositeur quitte Rome immédiatement après la première représentation.

La France, soucieuse de ne pas laisser l’Autriche s’étendre au sud de l’Italie, envoie des troupes pour affronter les 10000 « Chemises rouges » de Garibaldi.
Rome est prise le 2 et 3 juillet 1849 par le général Oudinot. Pie IX peut y revenir et restaurer les anciennes institutions.

La Battaglia di Legnano

Depuis la mort d’Henri V en 1125,  le souverain allemand n’a plus guerre de pouvoir que sur ses propres domaines, les coalitions féodales de Bavière et de Franconie s’affrontant en des luttes constantes.
Avec l’élection de Frédéric Ier en 1152, duc de Soaube, les conflits sont réglés.

Le 11 juin 1155, Frédéric Ier Barberousse est couronné à Rome Empereur Romain Germanique par le pape Adrien IV.
Peu de temps avant, il a contribué à l’arrestation d’Arnaud Brescia, opposant au pouvoir temporel du pape et instaurateur d’une république inspirée de la cité antique.

Il lui reste maintenant à consolider son pouvoir en Italie.

En 1158, la promulgation du décret de Roncaglia exigeant l’abandon par les villes Italiennes de droits exclusivement impériaux (comme celui de frapper sa propre monnaie) entraîne la révolte de Crémone.
Frédéric fait détruire la ville en 1160 puis Milan en 1162 après un siège d’un an.

La lutte de l’Empereur contre les villes italiennes s’accompagne d’une rupture avec le pape. Une erreur de traduction d’une déclaration fait croire effectivement à Barberousse qu’il est considéré comme un vassal de Rome, par le nouveau pape Alexandre III.

Suite à ces évènements tragiques, la Ligue Lombarde se constitue en 1167, en même temps que Barberousse prend Rome.

Les Lombards s’allient à Alexandre III et infligent une cuisante défaite à Frédéric lors de la bataille de Legnano en 1176.

L’Empereur s’efforce alors de trouver un arrangement lors de la paix de Venise, précisant ainsi les rôles respectifs de chacun.

Frédéric Barberousse meurt noyé le 10 juin 1190 lors de la IIIième croisade juste après la prise de Koniah.

La trame de « La Battaglia di Legnano » se situe à Milan. Le jeune Arrigo a échappé au siège de Suse (Piémont) par Barberousse. Sa fiancée, Lidia, le croyant mort, s’est mariée avec Rolando, son ancien compagnon d’armes.

Arrigo et Rolando, messagers de la Ligue Lombarde, n’arrivent pas à convaincre la ville de Côme de s’allier à eux contre l’Empereur, qui menace de détruire à nouveau Milan. Alors le jeune patriote, n’ayant en plus aucun espoir de retrouver son ancienne fiancée, se joint aux « Chevaliers de la Mort » chargés d’en finir avec Frédéric Ier.


Rolando découvre la relation entre Lidia et Arrigo, et, fou de rage, tente de déshonorer Arrigo en l’empêchant de partir. Il échoue. Quelques jours plus tard on apprend que Barberousse a été tué par un chevalier mortellement blessé : c’est Arrigo.

 

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Rédigé par David

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Publié le 20 Janvier 2008

Genèse de l’œuvre

A présent la vie de Verdi prend un nouveau chemin. Après s’être procuré l’indépendance morale et matérielle qui lui permet de vivre sans obligations envers personne, il se consacre tout entier à son amie La Strepponi.

Pour lui faire plaisir il loue une petite maison à Passy.

En février 1848
, le peuple de Paris se soulève. Immédiatement Vienne et Berlin, puis Palerme, Milan, Messine, Bologne, Brescia, Rome, Venise suivent.

Dans la précipitation, Verdi achève en mars 1848 « I Corsaro », dernier opéra qu’il doit au bien peu scrupuleux éditeur Lucca.
Comme pour
I Due Foscari , le livret s’inspire d’une pièce de Byron « Le Corsaire », héros fait plus pour l’action que la méditation mais qui se sent isolé vis-à-vis de ses semblables.

Francesco Maria Piave
reste fidèle au romantisme du poète, ce que n’avait su faire Ferreti pour l’Opéra « Le Corsaire» de Pacini très vite oublié.

Verdi abandonne alors l’œuvre à son destin.

Lucca décide que l’œuvre sera montée au Teatro Grande de Trieste le 25 octobre 1848.

Verdi ne prend même pas la peine de se déplacer, ce qui vaut à l’ouvrage un accueil glacial et des réactions outragées. Il apprend ainsi par la presse qu’ayant rempli ses poches de guinées anglaises et de francs français, il pourrait peut-être se payer le luxe d’étudier un peu les classiques.


I Corsaro

Au début du XIXème siècle, l’empire Ottoman s’étend toujours de l’Afrique du Nord à l’Europe Sud Orientale, bien que les offensives des Européens aient déjà enclenché sa désagrégation.

En 1822
, l’insurrection grecque initiée en Epire se propage, et l’indépendance est proclamée.
Le sultan Muhammad Ali réagit en envoyant une flotte de 63 navires de guerre et 100 bâtiments de transports, à laquelle ne peuvent résister les révoltés.

Cela attire la sympathie de l’opinion européenne qui envoie aux insurgés de l’argent, des armes et des volontaires.  Parmi eux,  Lord Byron, romantique rongé par le mal de vivre et en quête d’une cause enthousiasmante, se rallie à eux et meurt probablement de fièvre lors du siège de Missolonghi.

La flotte turco-egyptienne est défaite plus tard à Navarin par l’escadre anglo-franco-russe et la Grèce devient indépendante en 1830.

La trame d’I Corsaro ne fait référence à aucun évènement marquant de l’histoire, mais elle devrait se situer vers 1810.

Sur une île de la Mer Egée, le chef des corsaires, Corrado, informé par un espion grec prépare ses troupes à mener une expédition contre la flotte musulmane basée dans le port de Corone (sud du Péloponnèse). Ce projet inquiète Médora mais elle ne peut le retenir.

Pendant ce temps, à Corone, le Pacha Seid est également sur le point de lancer un raid contre les corsaires. Il se fait cependant surprendre, ses navires sont incendiés mais il réussit à réunir ses troupes alors que Corrado cherche à sauver les femmes des flammes. Le héros est arrêté.

Gulnara, la favorite du harem, s’éprend de lui et l’aide à s’échapper après avoir poignardé le sultan.

Malheureusement, à son retour dans les îles, sa fiancée le croyant mort se suicide et lui-même met fin à ses jours.

 

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Rédigé par David

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Publié le 10 Janvier 2008

Genèse de l’œuvre

Après deux représentations d’ « I Masnadieri», Verdi se fait remplacer à la direction musicale et rentre à Paris.
Malgré son dédain pour la superficialité parisienne, il accepte de répondre aux sollicitations des directeurs de l’Opéra.

« I Lombardi »
n’a pas encore été représenté en France, c’est donc l’occasion d’en faire une adaptation.
La tâche de nettoyer cet Opéra incombe aux librettistes Alphonse Royer et Gustave Vaëz.
Les onze scènes des Lombards sont réduites à sept, les croisés Lombards deviennent français, Milan se change en Toulouse.

Il n’en peut plus de Paris. Pourtant ce désespoir s’éclipse lorsque qu’il retrouve La Strepponi (voir Oberto et Nabucco)  installée depuis un an dans la capitale. Désormais ils ne se sépareront plus.

Les répétitions de « Jérusalem » durent deux mois, et Verdi se félicite de ne plus reconnaître Les Lombards.
Seulement, l’accueil le 26 novembre 1847 est plutôt froid.
Les évènements politiques en sont sans doute la cause.

La population ne supporte plus la monarchie autoritaire de Louis Philippe et les députés corrompus du ministère de François Guizot
D’autant plus que la crise économique commencée en 1846 aggrave la situation.

En février 1848, une manifestation effraie la garde qui tire : bilan seize morts. 
Paris s’enflamme, le roi fuit, la monarchie s’effondre. Un gouvernement provisoire s’installe.
Les violences se poursuivent jusqu’en été, puis une nouvelle République jaillit.
Louis Napoléon Bonaparte
en devient le prince-président le 10 décembre 1848.


Jérusalem

Si le contexte historique de « Jérusalem » est le même que celui d’ « I Lombardi », le livret est totalement modifié. L’action débute à Toulouse, d’où partit la seconde armée de croisés sous la direction du Comte Raymond de Saint-Gilles et du légat du Pape.

La trame principale de l’Opéra est l’histoire de Gaston, amant d’Hélène, la fille du Comte Raymond.
Celui-ci a été grièvement blessé par erreur lors d’un attentat commandité par son frère Roger.
Horrifié d’avoir atteint son propre frère, il réussit tout de même à faire accuser Gaston, condamné à l’exil.
Roger part en Terre Sainte et entame une vie d’ermite.

Fait prisonnier à Ramla par l’Emir de la ville, Gaston y retrouve sa fiancée Hélène, partie à sa recherche et arrêtée elle aussi par les troupes arabes.

Le Comte Raymond réussit à prendre la cité, et retrouve Gaston qu’il condamne à mort.
Roger fournit alors à son frère les armes nécessaires à la prise de Jérusalem où l’intrigue se conclut.


« Jérusalem » sera encore remanié dans la traduction italienne de Calisto Bassi intitulé « Gerusalemme ».
Mais l’accueil sera franchement froid, les Italiens préférant de loin « I Lombardi ».

 

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Rédigé par David

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Publié le 4 Janvier 2008

Genèse de l’œuvre

Dans les derniers jours de mai 1847, Maffei a presque terminé « I Masnadieri ».  
Avec sa première pièce, le poète Schiller (1759-1805) exprime sa révolte contre la tyrannie du Duc de Wurtemberg.
Ici, il ne fonde pas l’idéal de Liberté sur la destruction du passé, mais sur le renouvellement spirituel de l’individu.
Le 13 janvier 1782, Mannheim accueille « Les Brigands » dans un délire incroyable.

De cette violente critique de la société, Andrea Maffei ne retient pourtant rien, et concentre l’opéra uniquement sur la rivalité entre deux frères.
Pendant ce temps, à Londres, Lumley attend anxieusement le compositeur. C’est en effet le premier opéra qui soit exprès écrit pour Londres par un compositeur italien moderne.

Une grande musicienne attend également Verdi au Théâtre de la Reine : La Lind.
Même si ce dernier trouve sa virtuosité un peu datée, il a un point commun avec elle : elle déteste le milieu du théâtre.

Dans le même temps, le Covent Garden, dirigé par Costa, peine et jalouse la relation privilégiée du théâtre concurrent avec Verdi et la Lind.
A force de limiter les représentations du maestro italien, et de mal accompagner la Lind, il finit par faire faillite.

Les répétitions d’ « I Masnadieri » commencent alors mi-juillet.
La Reine Victoria a même donné vacance au parlement pour assister à la première représentation.

Celle-ci a lieu le 22 juillet 1847, et est accueillie très favorablement.

Pour Verdi, c’est aussi l’heure du mûrissement, le moment de se détacher de ces années qu’il a passé à travailler dur pour oublier les chagrins qui l’ont attristé.


I Masnadieri

En 1648, les traités de Westphalie signent la fin de la guerre de 30 ans.
Les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche ont perdu leur guerre d’hégémonie contre la France et les Provinces-Unies.

L’Empire allemand s’effondre et se retrouve émietté en quelques trois cent cinquante principautés, évêchés et villes franches ayant chacun son souverain défendant jalousement son pouvoir.

La cruauté et le mépris de la vie humaine de ces princes allemands suscitent l’indignation.
Le duc de Wurtemberg interdit même à Schiller d’écrire des comédies après la représentation  « Des Brigands ». Le poète doit fuir Stuttgart, et se réfugier en Saxe à Dresde.

L’histoire d’ « I Masnadieri » se situe vers 1730 en Bohême et Franconie, à l’est du duché dont Schiller s’est enfui, mais ne fait aucune allusion à une situation tyrannique.
Francesco, jaloux de son frère Carlo, a rejoint des brigands. Déçu par cette vie, il décide de brouiller son frère et son père, Massimiliano Comte de Moor. Il le jette au cachot.
Ses manipulations conduisent à la mort de son père, puis de Amalia par la main même de son fiancé, Carlo, qui se donne la mort après coup.

« I Masnadieri » ne marque aucun progrès dans l’art de Verdi. Le manque d’envolées puissantes conduit à une tragédie plate.
Les corrections conseillées par le compositeur à Maffei n’ont pas suffit à améliorer le livret.

 

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Rédigé par David

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