Publié le 16 Janvier 2026
Europa (Krzysztof Warlikowski – le 07 janvier 2026, Nowy Teatr de Varsovie)
Basée sur la pièce de Wajdi Mouawad ‘Europa's Pledge’ (‘Le Serment d'Europe’)
Représentations du 07, 08 et 09 janvier 2026
Nowy Teatr, Varsovie
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Europa Andrzej Chyra
Europa (La petite fille) Claude Bardouil
Assia Magdalena Cielecka
Zacharie Bartosz Gelner
Wediaa Małgorzata Hajewska-Krzysztofik
Jovette Maja Ostaszewska
Mégara Magdalena Popławska
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2026)
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Dramaturgie Piotr Gruszczyński, Anna Lewandowska, Carolin Losch
Musique Paweł Mykietyn
Chorégraphie Claude Bardouil
Vidéo Kamil Polak
Maquillage Monika Kaleta
Coproduction avec le Théâtre de Liège Krzysztof Warlikowski
Le mal, la mort, les traumatismes de la guerre et la menace de l‘extermination imprègnent l’œuvre de Krzysztof Warlikowski aussi bien au théâtre (‘(A)pollonia’, ‘Odyssey, scénario pour Hollywood’, ‘Elizabeth Costello’) qu’à l’opéra (‘Parsifal’, ‘Macbeth’, ‘Salomé’), thèmes qui se trouvent concentrés dans le dernier texte de Wajdi Mouawad, ‘Le Serment d'Europe’ – texte qui sera édité pour le grand public le 04 mars 2026 -, que le dramaturge libano-québecois a lui même mis en scène au Festival d’Athènes et d’Epidaure au début du mois d’août 2025.
Il est rare de voir un metteur en scène s’emparer d’une pièce nouvellement créée pour, cinq mois plus tard, en proposer une lecture personnelle, mais Krzysztof Warlikowski connaît bien Wajdi Mouawad auquel il a fait appel pour collaborer à plusieurs de ses pièces, ‘Un Tramway’, ‘Contes Africains’ et ‘Phèdre(s)’.
Le sujet est dur, puisqu’il s’agit d’entrer dans la psyché d’une femme, Europa, qui a assisté 75 ans plus tôt, à l’âge de 8 ans, à de sordides exactions menées dans une école contre 18 enfants lors d’un conflit entre deux communautés en contribuant elle-même à leur perte, mais aussi à des viols commis par son propre clan, et qui cherche à retrouver les 3 filles qu’elle eut au cours de sa vie afin de leur apprendre qui est leur mère et ce qu’elle a fait, en espérant trouver leur pardon.
Le conflit évoqué est imaginaire – il s’est déroulé en 1952 dans un pays nommé ‘Hafezstan’ –, mais est malheureusement significatif des déchaînements de violences qui marquent l’histoire de l’humanité depuis ses prémisses. En ne ciblant pas une guerre précise, la représentation peut ainsi déployer une logique universelle et laisser à chacun intérioriser les épreuves décrites en les faisant raisonner avec les atrocités dont il a connaissance, de la Shoah au Darfour du Nord en passant par les récents conflits européens, de la Yougoslavie à l’Ukraine.
Le spectacle débute de manière allégorique et cinématographique à travers une séquence où une représentante de l’ONU, Assia, jouée avec un fascinant charme charismatique par Magdalena Cielecka, décrit de façon symbolique le cycle d’apparition et de disparition du Soleil dans le nord du Groenland au moment des équinoxes, et comment il devient alors nécessaire de raconter aux enfants l’existence de notre étoile pour qu’ils s’en souviennent lors de son retour.
Le texte n’est pas issu de la pièce, mais d’une tribune écrite par Wajdi Mouawad pour le journal ‘Le Monde’ en septembre 2025 à l’occasion de son voyage avec le président français Emmanuel Macron afin d’aller plaider la cause de la Palestine à l’ONU. Même si nous sommes dorénavant dans l’obscurité, la lumière reviendra un jour.
Sur scène, le décor de Małgorzata Szczęśniak représente une ancienne salle de classe occupée par quelques chaises et tables rangées sur l’un des côtés, près d’un couloir grillagé où sont affichées au mur des dizaines de photographies noir-et-blanc de personnes civiles exécutées par le passé.
L’écran central sert habilement de tableau d’école, et tout le bas du mur de la pièce est recouvert de rouge, comme si elle avait été auparavant emplie par des flots de sang.
Cette couleur rouge va être précisément employée pour souligner les points de tension du drame, rouge pour les talons et la jupe similicuir d’Assia, en tant qu’éléments de suggestion sexuels, rouge pour le pull qui recouvre le torse de Zacharie, le fils de Wediaa, qui a tué et dévoré celle qu’il aimait, mais rouge également pour le dossier des deux sièges du tribunal laissés vides lors de la comparution du jeune homme.
Certaines scènes seront jouées en arrière scène, derrière le mur, mais filmées par un regard fin et admiratif et projetées en gros plan, ce qui accroît la proximité avec les expressions humaines des actrices.
Europe, sous les traits d’Andrzej Chyra qui célèbre cette année ses 25 ans de collaboration avec Krzysztof Warlikowski, apparaît en vieille dame revêtue de noir, visiblement dépressive et accompagnée d’un personnage qui n’est évoqué qu’au début de la pièce, la fillette qu’elle fut au moment des faits criminels et qu’elle invoque pour lui donner du courage.
Ce personnage de ‘petite fille’ prend ici une place prédominante, car aussi bien la façon dont elle est filmée, rampant nerveusement et apeurée dans obscurité sous les tables de la classe, que sa chorégraphie à la fois virtuose, heurtée et titubante, expriment l’angoisse de la culpabilité.
Le masque qu’elle porte lui donne une figure fantomatique à l’identité indéfinie, mais permet aussi de dissimuler le visage fort et expressif de Claude Bardouil qui arrive, par sa souplesse élancée, à créer un personnage féminin troublant dont les spasmes ne font qu’amplifier un conflit intérieur intenable.
Les enfants innocents remémorés par les récits horrifiques d’Europa sont tous des victimes de crimes, alors que cette jeune fille a, elle, perpétré un acte délateur et ressentit quelque chose à ce geste dont la responsabilité est devenue insupportable.
Vient alors la question de la transmission du mal et de comment le juguler, le cœur de la nouvelle de Wajdi Mouawad.
L’enquête que mène Assia l’amène à retrouver les 3 filles que recherche Europa. Cette quête à travers le monde permet d’apprécier le sens de la finition et le geste vidéographique de Kamil Polak à travers une très belle séquence numérique de survol de la Terre en avion.
Des 3 enfants survivantes d’Europa, Wediaa porte une problématique primordiale, car c’est son fils, Zacharie, qui a hérité de la ‘malédiction’ d’Europa. Małgorzata Hajewska-Krzysztofik et Bartosz Gelner offrent une poignante confrontation de sang-froid, la mère exigeant que son fils lui avoue ce qu’il a fait à sa fiancée, avec en arrière fond une scène de tribunal incrustée dans le décor où Claude Bardouil joue le rôle d’un juge, seul, purement observateur et peut-être moins dans le jugement que dans l’écoute.
Le rapport entre la mère et son fils est très bien mis en valeur, que ce soit lorsqu’ils sortent d’une soirée au théâtre, en jouant dans le hall du Nowy Teatr, par la manière dont ils sont filmés, mais également par la précision des jeux de lumières de Felice Ross qui sait faire ressortir de façon saisissante tel ou tel intervenant, tel ou tel objet signifiant.
Une des dernières scènes de la pièce montrera le jeune homme dans les derniers instants où il viole sa fiancée, mais sans voyeurisme, Claude Bardouil jouant aussi le rôle de la victime.
Les expressions de leurs visages traduisent sensiblement leurs émotions et leurs pensées.
Małgorzata Hajewska-Krzysztofik réussit à mêler des sentiments en larme à une détermination sans faille, alors que Bartosz Gelner donne une image du fils au regard incroyablement dur et affûté, mais sensible au lien qui le relie à sa mère. Il tient des propos qui donnent l’impression qu’il a cherché à éprouver son amour, ce qui pose la question jusqu’à quel point une mère peut aimer son fils quoi qu’il fasse, mais il se demande aussi si ses propres actes font encore de lui un être humain.
Impossible de ne pas penser à ces mères que l'on a vu ces dernières années défendre leur fils ayant rejoint l’État islamique, montrant de fait la puissance de leur amour.
Ce qui est intrigant dans cette relation, est que le mal qui était en ‘Europa’ n’a pas atteint directement sa fille, mais a transité à travers elle jusqu’à son fils, sans qu’elle n’y puisse rien. Elle s’interroge elle-même et se sent remise en cause
Małgorzata Hajewska-Krzysztofik (Wediaa), Magdalena Popławska (Mégara) et Maja Ostaszewska (Jovette) - Photo Magda Hueckel
Lorsqu’ Europa retrouve ses trois filles pour leur dire ‘Je suis votre mère !’, le public ne peut s’empêcher de sourire quand Weedia évoque une version féminine de Dark Vador. Pourtant, l’image est pertinente, puisque si ce commandant n’a pas réussi à tourner ses propres enfants, Luc et Leila, vers la nature obscure du pouvoir et du mal, il a toutefois transmis, à travers cette dernière, sa malédiction à son petit-fils, Kylo Ren.
Et les deux autres filles d’Europa éprouvent aussi certains troubles.
Le personnage de Mégara, sismologue opérant sur le théâtre d’Hérode Atticus, l’un des lieux du festival Athènes-Epidaure, s’exprime de façon très directe et souvent grossière lorsque nous la découvrons. Magdalena Popławska lui donne une nature qui a véritablement les pieds sur terre, mais cette femme, qui a connu trois fausses couches dans sa vie, va apprendre qu’elle est née prématurément.
Quant à Jovette, représentée en jeune femme branchée avec la touche glamour de Maja Ostaszewska, elle manque de repères et est victime d’obsessions et d’images qui ressemblent à s’y méprendre aux scènes d’horreur qu’a connu sa mère. Et dans ses cauchemars, semble apparaître la fillette qui est présente depuis le début sur scène. Par un jeu de démultiplication de son visage réalisé à partir d’une caméra, les interrogations sur sa propre identité restent ouvertes, mais c’est aussi l’introspection de soi qui s’immisce en filigrane.
Dans ces deux derniers cas, les deux femmes apparaissent donc bien liées à l’histoire de leur mère, sans l’avoir connue pour autant.
Magdalena Popławska, Claude Bardouil, Andrzej Chyra, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Maja Ostaszewska, Krzysztof Warlikowski, Magdalena Cielecka et Bartosz Gelner
Mais la question va s’élargir lorsque la diplomate, Assia, va aller plus loin que son simple rôle provocant – ses attitudes corporelles sexualisées servant dans un premier temps à inconsciemment toucher le public - en révélant qu’elle est descendante de victimes d’exactions.
La réflexion se tourne alors vers la question de la responsabilité des descendants des criminels. A l’instar, par exemple, de la jeunesse allemande d’aujourd’hui, Jovette ne voit pas bien en quoi elle devrait se sentir concernée par ce que ses ascendants ont fait. La réponse est pourtant apportée par la pièce, en ce sens que le mal peut se transmettre de génération en génération, et même circuler sans que l’on s’en rende compte.
Si nous sommes descendants de victimes ou de criminels, nul ne peut ignorer que le mal est toujours présent, même invisible, et c’est en cela qu’il devient nécessaire de rester sur ses gardes et d’avoir réfléchi à l'attitude à avoir au cas où des circonstances lui donneraient de l’emprise en chacun de nous. D’où le devoir de mémoire.
Michał Merczyński (directeur général du Nowy Teatr) et une partie de l'équipe de production à l'issue de la première de 'Europa'
L’écran qui sert également de tableau devient un moyen d’expression, un moyen de libération de la parole pour les auteurs mêmes de crimes, et c’est à nouveau la responsabilité individuelle qui est invoquée et non l’attente d’une résolution du tragique par un pouvoir tout puissant et extérieur à nous-mêmes.
Tout au long de ce récit, Andrzej Chyra investit ’Europa’ d'une présence lasse et abîmée avec un pathétisme poignant, contribuant ainsi à susciter un sentiment de compassion comme si la mort accompagnait dorénavant celle-ci, un tourbillon obsessionnel qui se ressentira fortement lorsqu’il dansera chancelant sur le chant ‘La Cucaracha ya no puede caminar’.
La musique composée par Paweł Mykietyn participe aussi au climat de tension intransigeant de la pièce, que ce soit par des coups de griffes d'archets secs qui mettent sous emprise les protagonistes, ou ces basses pesantes qui sonnent comme s'il s'agissait de sonder toujours au plus profond des âmes et à accentuer les à-coups de la faute.
Maja Ostaszewska, Claude Bardouil, Magdalena Cielecka, Krzysztof Warlikowski et Małgorzata Szczęśniak
Ce spectacle sera repris au mois d’août 2026 au Festival de Salzbourg et à la Ruhrtriennale, et possiblement au Printemps des Comédiens de Montpellier peu avant, mais c’est véritablement un privilège que d’assister à sa création au Nowy Teatr, le théâtre même de Krzysztof Warlikowski fondé en 2008, quatre ans après l'adhésion de la Pologne à l'Europe, où le metteur en scène renforce depuis bientôt vingt ans ses liens avec des actrices et d’acteurs d’un talent rare, en attirant un public très ouvert et divers qui, d’ailleurs, réserve chaque soir à l’ensemble de l’équipe artistique une standing ovation complice et très chaleureuse.
Felice Ross, Anna Lewandowska, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Kamil Polak, Maja Ostaszewska, Claude Bardouil, Magdalena Cielecka, Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak et Andrzej Chyra
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