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Publié le 30 Janvier 2018

Présentation de la saison Lyrique 2018 / 2019 de l’Opéra National de Paris
Saison anniversaire des 350 ans de l’Académie Royale de Musique
Le 29 janvier 2018 - Palais Garnier

Pour célébrer les 350 ans de l'Académie Royale de Musique fondée par Louis XIV, Stéphane Lissner a présenté à la presse et aux Mécènes de l'Opéra, sur la scène du Palais Garnier, sa quatrième saison à travers une soirée dédiée aux artistes.

La saison 2018/2019 comprendra 7 Nouvelles Productions principales (dont 3 en coproduction) ainsi qu'une nouvelle production de La Chauve-Souris au MC 93 de Bobigny avec les artistes de l'Académie.

12 reprises seront par ailleurs montées ce qui permettra à l'institution d'afficher plus de 200 représentations lyriques.

Et les 30 ans de l'ouverture de l'Opéra Bastille seront célébrés par la nouvelle production des Troyens mise en scène par Dmitri Tcherniakov.

L'année 2019 sera également marquée par un nombre important de conférences au collège de France et au centre Pompidou (Paris) et d'expositions sur Le Grand Opéra (Palais Garnier), L'Académie royale de Musique (Palais Garnier), Opéra et arts visuels au XXe et XXIe siècle (Centre Pompidou-Metz), Edgar Degas à l'Opéra (Musée d'Orsay).

2017 s'est enfin achevée par de très bons résultats financiers avec des comptes à l'équilibre, des recettes de billetterie à leur plus haut niveau (73 millions d'euros HT), et un important soutien du mécénat (près de 16 millions d'euros).

Autour de Degas - Les élèves de l'Ecole de danse de l'Opéra National de Paris

Autour de Degas - Les élèves de l'Ecole de danse de l'Opéra National de Paris

Les Nouvelles Productions

Les Huguenots (Giacomo Meyerbeer – 1836) – Nouvelle Production
Du 28 septembre au 24 octobre 2018 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michele Mariotti / Lukasz Borowicz, mise en scène Andreas Kriegenburg
Diana Damrau, Bryan Hymel, Ermonela Jaho, Karine Deshayes, Nicolas Testé, Paul Gay, Julie Robart-Gendre, François Rougier, Florian Sempey, Cyrille Dubois, Michal Partyka, Patrick Bolleire, Tomislav Lavoie, Elodie Hache, Philippe Do

Œuvre jouée pour la dernière fois le 28 novembre 1936 au Palais Garnier

Depuis l'ouverture du Palais Garnier, en 1875, et jusqu'au milieu des années 30, Les Huguenots faisaient partie des cinq opéras les plus joués au sein de l'institution parisienne. Comme toutes les œuvres issues du genre du Grand opéra français abordant un épisode historique - il s'agit ici des évènements ayant conduit au massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572 -, ils disparurent du répertoire à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Après 82 ans d'absence, ils sont à nouveau représentés sur les planches de Bastille dans une mise en scène d'Andreas Kriegenburg, le régisseur du précédent Ring de Wagner à l'opéra de Munich, qui fait ainsi ses débuts à l'Opéra de Paris.

Karine Deshayes - Nobles Seigneurs, salut (air d'Urbain, Les Huguenots)

Karine Deshayes - Nobles Seigneurs, salut (air d'Urbain, Les Huguenots)

Bérénice (Michael Jarrell – 2018) – Nouvelle Production
Du 29 septembre au 17 octobre 2018 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Claus Guth
Bo Skovhus, Barbara Hannigan, Florian Boesch, Alastair Miles, Julien Behr, Rina Schenfeld

Création mondiale

Basée sur la pièce Bérénice de Jean Racine représentée pour la première fois à l’hôtel de Bourgogne le 21 novembre 1670, la version lyrique qui sera portée sur la scène du Palais Garnier à l'automne 2018, sur la musique du compositeur suisse Michael Jarrell, constituera le second volet du cycle de créations musicales mettant en scène des ouvrages littéraires français, débuté la saison précédente avec Trompe-la-mort.

Bérénice, Reine de Palestine, est emmenée à Rome par Titus une fois le siège de Jérusalem remporté - c'est lors de cet évènement, en août 70 après J.C, que le second Temple fut détruit -, mais rencontre l'opposition du Sénat qui ne souhaite pas d'une étrangère comme impératrice.

Ce sujet est également celui qui inspira le dernier opéra méconnu d'Albéric Magnard, Bérénice, créé à l'Opéra Comique en 1911.

Simon Boccanegra (Giuseppe Verdi – 1881) – Coproduction Deutsche Oper, Berlin
Du 15 novembre au 13 décembre 2018 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Calixto Bieito
Ludovic Tézier, Mika Kares, Maria Agresta / Anita Hartig, Francesco Demuro, Nicola Alaimo, Mikhail Timoshenko

Œuvre jouée pour la dernière fois le 10 mai 2007 à l’opéra Bastille

Après une prise de rôle qui galvanisa le public parisien un soir de dimanche au Théâtre des Champs-Élysées l'année dernière, Ludovic Tézier fera sa prise de rôle scénique de Simon Boccanegra sur le plateau Bastille, dans une mise en scène de Calixto Bieito. Violence et enjeux politiques aux résonances contemporaines seront probablement traduits par une lecture saillante du destin de ce corsaire élu Doge de Gênes par le peuple le 24 septembre 1339, et qui du faire face à une mortelle conspiration tournée contre lui.

Sondra Radvanovsky (Amélia - Simon Boccanegra)

Sondra Radvanovsky (Amélia - Simon Boccanegra)

Il Primo Omicidio (Alessandro Scarlatti – 1707) – Coproduction Staatsoper Unter den Linden, Berlin et Teatro Massimo, Palerme
Du 24 janvier au 23 février 2019 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale René Jacobs, B’Rock Orchestra, mise en scène Romeo Castellucci
Kristina Hammarstöm, Olivia Vermeulen, Birgitte Christensen, Thomas Walker, Benno Schachtner, Robert Gleadow

Entrée au répertoire de l’Opéra National de Paris

Compositeur fondamental du baroque italien, Alessandro Scarlatti est l'auteur d'une centaine d'opéras et une quarantaine d'oratorios créés entre Palerme, Naples, Florence, Rome et Venise.

Il Primo Omicidio appartient à sa période tardive de création, la plus talentueuse dans le répertoire sacré, et est rarement représenté sur scène - l'opéra de Mayence en a donné une version en 2012 dans une mise en scène de Tatjana Bürbaca.

Comme pour Moise et Aaron en 2015, Romeo Castellucci, fasciné par la beauté des sujets bibliques, sera le metteur en scène de cet oratorio qui évoque le premier meurtre de l'histoire.

Conversation avec Romeo Castellucci

Conversation avec Romeo Castellucci

Les Troyens (Hector Berlioz – 1863) – Nouvelle Production
Du 25 janvier au 12 février 2019 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Dmitri Tcherniakov
Stéphanie d’Oustrac, Michèle Losier, Véronique Gens, Bryan Hymel, Stéphane Degout, Christian Helmer, Thomas Dear, Paata Burchuladze, Jean-Luc Ballestra, Jean-François Marras, Sophie Claisse, Elina Garanca, Aude Extremo, Cyrille Dubois, Bror Magnus Todenes, Christian Van Horn, Tomislav Lavoie, Bernard Arrieta

Œuvre jouée pour la dernière fois le 14 novembre 2006 à l’opéra Bastille

Composé pour le Théâtre Lyrique en 1863, où seule la seconde partie Les Troyens à Carthage sera représentée, Les Troyens ne sont entrés au répertoire de l'Opéra de Paris qu'en 1921, et ont eu l'honneur de faire l’ouverture de Bastille en 1989 dans une mise en scène de Pier-Luigi Pizzi.

En 2006, Gerard Mortier reprit la mise en scène forte et élégante d'Herbert Wernicke, qui supprimait toutefois les ballets originels, et c'est donc une version intégrale, comme pour le Don Carlos joué ici en 2017, qui sera interprétée sur scène sous la direction musicale de Philippe Jordan et la direction scénique de Dmitri Tcherniakov, qui, auparavant, a brillamment illustré dans La Légende de la ville invisible de Kitège, donnée à l'opéra d'Amsterdam en 2012, son approche du thème de la décadence des civilisations.

Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch – 1934) – Nouvelle Production
Du 6 avril au 25 avril 2019 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Dmitry Ulyanov, John Daszak, Ausrine Stundyte, Pavel Cernoch, Sofija Petrovic, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke, Oksana Volkova, Andrei popov, Krzysztof Baczyk, Veta Pilipenko, Alexander Tsymbalyuk, Sava Vemic, Florent Mbia

Œuvre jouée pour la dernière fois le 30 janvier 2009 à l’opéra Bastille

Le cycle de nouvelles productions d'œuvres russes se poursuit cette saison avec Lady Macbeth de Mzensk, projet lyrique initié par Dmitri Chostakovitch en 1930 à partir de la nouvelle de Nikolaï leskov (1865).

Après Nancy (1989) et Toulouse (1991), ce chef-d’œuvre interdit par Staline a pour la première fois été joué à Paris sur la scène Bastille en 1992, dans une mise en scène d'André Engel, avant que Gerard Mortier ne fasse venir sur cette même scène, en 2009, la production de Martin Kusej qui lui vaudra le Grand prix du Syndicat de la critique.

En 2019, c'est Krzysztof Warlikowski qui défendra la personnalité et les actes de Katerina Ismailova.

Stéphane Lissner - Palais Garnier, 29 janvier 2018

Stéphane Lissner - Palais Garnier, 29 janvier 2018

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 11 juin au 13 juillet 2019 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Ivo Van Hove
Etienne Dupuis, Ain Anger, Jacquelyn Wagner, Stanislas de Barbeyrac, Nicole Car, Philippe Sly, Mikhail Timoschenko, Elsa Dreisig

Œuvre jouée pour la dernière fois le 18 octobre 2015 à l’opéra Bastille

Le cycle Da Ponte initié à Garnier avec Cosi fan Tutte se poursuit avec une nouvelle production de Don Giovanni confiée à Ivo van Hove, metteur en scène néerlandais qui a déjà dirigé deux productions d'opéras de Mozart à La Monnaie de Bruxelles, Idomeneo, en 2010, et La Clemenza di Tito en 2013.

A Jacquelyn Wagner et Philippe Sly, partenaires dans Cosi fan tutte, se joindront Stanislas de Barbeyrac, Nicole Car et Etienne Dupuis, qui fera ses débuts dans le rôle titre.

Conversation avec Julie Fuchs, Philippe Jordan et Philippe Sly

Conversation avec Julie Fuchs, Philippe Jordan et Philippe Sly

L'Académie

Die Fledermaus (Johan Strauss – 1874) - Coproduction MC93 Bobigny
Du 13 mars au 23 mars 2019 (6 représentations au MC93 Bobigny)

Direction musicale Faycal Karoui, mise en scène Célie Pauthe
Avec les artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra National de Paris

Œuvre jouée pour la dernière fois le 03 février 2004 à l’opéra Bastille

En 1944, La Chauve-Souris fut l'une des œuvres représentées dans le camp de Theresienstadt où nombre d'artistes vécurent et parfois moururent. Célie Pauthe, metteur en scène de théâtre français associée au Théâtre de la Colline puis à l'Odéon Théâtre de l'Europe, s'est inspirée de ce contexte concentrationnaire pour saisir l'élan d'une musique salvatrice avec les jeunes artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris.

Présentation de la saison lyrique 2018 / 2019 de l'Opéra de Paris

Les Reprises

Tristan et Isolde (Richard Wagner – 1865) – En Collaboration avec la Los Angeles Philharmonic Association et le Lincoln Center for the Performing Art
Du 11 septembre au 09 octobre 2018 (9 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Peter Sellars, création vidéo Bill Viola
Andreas Schager, René Pape, Martina Serafin, Matthias Goerne, Ekaterina Gubanova, Nicky Spence, Neal Cooper, Tomasz Kumiega

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 04 mai 2014

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853)
Du 29 septembre au 26 octobre et du 11 au 29 décembre 2018 (17 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti / Karel Mark Chichon, mise en scène Benoît Jacquot
Aleksandra Kurzak / Ermonela Jaho, Virginie Verrez, Isabelle Druet / Cornelia Oncioiu, Jean-François Borras / Charles Castronovo / Roberto Alagna, George Gagnidze / Luca Salsi / Ludovic Tézier.

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 29 juin 2016

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

L’Elixir d’Amour (Gaetano Donizetti – 1832) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres
Du 25 octobre au 25 novembre 2018 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Laurent Pelly
Lisette Oropesa / Valentina Nafotnita, Vittorio Grigolo / Paolo Fanale, Etienne Dupuis, Gabriele Viviani, Adriana Gonzales

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2015

La Cenerentola (Gioacchino Rossini – 1817)
Du 23 novembre au 26 décembre 2018 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Evelino Pido, mise en scène Guillaume Gallienne
Lawrence Brownlee, Florian Sempey, Alessandro Corbelli, Chiara Skerath, Isabelle Druet, Marianne Crebassa, Adam Plachetka

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2017

Conversation avec Florian Sempey et Robert Carsen

Conversation avec Florian Sempey et Robert Carsen

Rusalka (Antonin Dvorak – 1901)
Du 29 janvier au 13 février 2019 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène Robert Carsen
Klaus Florian Vogt, Karita Mattila, Camilla Nylund, Thomas Johannes Mayer, Ekaterina Semenchuk, Danylo Matviienko, Jeanne Ireland, Andreea Soare, Emanuela Pascu, Elodie Méchain, Tomasz Kumiega

 Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 avril 2015

Otello (Giuseppe Verdi – 1887)
Du 7 mars au 4 avril 2019 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Andrei Serban
Roberto Alagna / Aleksandrs Antonenko, George Gagnidze, Frédéric Antoun, Alessandro Liberatore, Paul Gay, Thomas Dear, Aleksandra Kurzak / Hibla Gerzmava, Marie Gautrot

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 juillet 2011

Don Pasquale (Gaetano Donizetti - 1843) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres et Teatro Massimo, Palerme
Du 22 mars au 16 avril 2019 (9 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Michele Mariotti, mise en scène Damiano Michieletto
Michele Pertusi, Mariuz Kwiecien, Javier Camarena, Pretty Yende, Frédéric Guieu

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 juillet 2018

Carmen (Georges Bizet – 1875)
Du 11 avril au 23 mai 2019 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Lorenzo Viotti, mise en scène Calixto Bieito
Roberto Alagna / Jean-François Borras, Roberto Tagliavini, Boris Grappe, François Rougier, François Lis, Jean-Luc Ballestra, Anita Rachvelishvili / Ksenia Dudnikova, Nicole Car / Anett Fritsch, Valentine Lemercier, Gabrielle Philiponet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 juillet 2017

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart – 1791) – Coproduction Festspielhaus, Baden-Baden
Du 27 avril au 15 juin 2019 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Henrik Nanasi, mise en scène Robert Carsen
Julien Behr, Chiara Skerath, Julie Robert-Gendre, Elodie Méchain, Florian Sempey, Chloé Briot, Nicolas Testé, Mathias Vidal, Vannina Santoni, Jodie Devos, Martin Gantner, Tomislav Lavoie, Vincent Delhourne, Martin Homrich

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 février 2017

Artistes de l'Académie de l'Opéra National de Paris et de l'Opéra Studio Bolchoï (Berceuse de Iolanta)

Artistes de l'Académie de l'Opéra National de Paris et de l'Opéra Studio Bolchoï (Berceuse de Iolanta)

Iolanta / Casse-Noisette (Piotr Ilyitch Tchaïkovski – 1892)
Du 9 mai au 24 mai 2019 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Tomas Hanus, mise en scène Dmitri Tcherniakov
Ain Anger, Valentina Nafonita, Dmytro Popov, Artur Rucinski, Johannes Martin Kränzle, Vasily Efimov, Gennady Bezzubenkov, Sylvie Brunet, Adriana Gonzalez, Emanuela Pascu

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 01 avril 2016

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Du 16 mai au 23 juin 2019 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, mise en scène Pierre Audi
Anja Harteros / Martina Serafin / Sonya Yoncheva, Jonas Kaufmann / Marcelo Puente, Zeljko Lucic / Luca Salsi, Krzysztof Baczyk, Nicolas Cavallier, Rodolphe Briand, Igor Gnidii, Christian Rodrigue Moungoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 18 octobre 2016

La Force du Destin (Giuseppe Verdi – 1862) – Coproduction Gran Teatre del Liceu, Barcelone
Du 6 juin au 9 juillet 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Nicola Luisotti, mise en scène Jean-Claude Auvray
Carlo Cigni, Anja Harteros / Elena Stikhina, Zeljko Lucic, Brian Jagde, Varduhi Abrahamyan, Rafal Siwek, Gabriele Viviani, Majdouline Zerari, Rodolphe Briand, Lucio Prete, Laurent Laberdesque

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 17 décembre 2011

Julie Fuchs (Papillon inconstant - Les Indes Galantes)

Julie Fuchs (Papillon inconstant - Les Indes Galantes)

Premières impressions sur la saison 2018/2019

L’opéra en langue française

Pour sa quatrième saison à la direction de l’Opéra National de Paris, Stéphane Lissner poursuit une ligne très claire de mise en valeur de la langue française en lui consacrant pas moins de trois nouvelles productions dans trois genres différents : le Grand Opéra français, représenté par Les Huguenots, qui reviennent après 82 ans d’absence sur la scène parisienne, la Tragédie lyrique antique, monumentalement portée par Les Troyens, et une création contemporaine inspirée de la Tragédie historique de Racine, Bérénice, ressuscitée sur la musique du compositeur suisse Michael Jarrell.

Philippe Jordan dirigera ces deux derniers ouvrages, ainsi que Don Giovanni et Tristan et Isolde, soit 35 soirées lyriques.

Un quatrième genre d’opéra français, l’Opéra-comique, sera défendu par Carmen dans la mise en scène de Calixto Bieito à Bastille.

L’opéra biblique

Une autre ligne se détache nettement, celle de l’opéra biblique qui, après Moise et Aaron, Samson et Dalila et Jephtha, se prolonge avec Il Primo Omicidio d’Alessandro Scarlatti, permettant ainsi à ce compositeur napolitain, né probablement à Palerme, d’entrer au répertoire de l’Académie Royale de Musique, trois siècles après son existence.

Jamais, dans l’histoire de l’institution, cette orientation sacrée n’est apparue aussi saillante.

Le répertoire slave

Les œuvres slaves ont également retrouvé leur place perdue sous le mandat de Nicolas Joel, et la nouvelle production de Lady Macbeth de Mzensk confiée à Krzysztof Warlikowski, avec Ausrine Stundyte dans un rôle qu’elle a formidablement interprété à l’Opéra des Flandres et l’Opéra de Lyon, sera un must de la saison, car l’adéquation entre l’œuvre et les personnalités des interprètes et du metteur en scène est fortement concomitante pour ne pas créer un choc lyrique mémorable.

Iolanta / Casse-Noisette et Rusalka seront également défendus par des distributions de haut-vol.

Mozart à Garnier

Quant à la ligne mozartienne, son progressif enracinement au Palais Garnier s’accentue avec la nouvelle production du second volet de la Trilogie Da Ponte, Don Giovanni, mis en scène par Ivo van Hove, qui fait suite à la vision chorégraphique de Cosi fan Tutte par Anne Terera de Keersmaeker en 2017.

La reprise de La Flûte Enchantée à Bastille permettra de ne pas laisser à Tristan et Isolde la seule chance d’entendre le chant allemand sur cette grande scène.

Giuseppe Verdi et le répertoire italien

On constate en effet que la prépondérance des œuvres de Giuseppe Verdi observée pour la saison en cours (un quart des soirées) est maintenue pour la saison 2018/2019 avec pas moins de 4 œuvres, dont la nouvelle production de Simon Boccanegra qui sera mise en scène par Calixto Bieito.

Cette prédominance du compositeur italien, qui surpasse celle observée au Metropolitan Opera de New-York, a cependant pour revers de restreindre l’espace laissé aux répertoires germaniques et britanniques.

Mais la saison 2018 / 2019 permettra à La Traviata de rejoindre pour la première fois les 10 œuvres les plus jouées à l’Opéra de Paris, mouvement qui se renforcera la saison d’après quand la nouvelle production de cet ouvrage sera confiée à Simon Stone au Palais Garnier.

Et deux opéras de Gaetano Donizetti présents au cours de la même saison, cela ne s’était plus produit depuis 2006. L’Elixir d’Amour fait dorénavant partie des 30 ouvrages les plus joués du répertoire.

La forte représentativité du répertoire du XIXe siècle sur 4 ans

Benjamin Britten, qui aurait dû faire son retour avec une nouvelle production de Mort à Venise, sous le mandat de Nicolas Joel, et dont une nouvelle production de Billy Budd par Deborah Warner est attendue ici même, est toujours absent des grandes salles depuis huit ans, et Richard Strauss est pour la troisième saison consécutive tenu à l’écart de la programmation.

Mais personne ne se plaindra de la reprise de Tristan et Isolde de Richard Wagner dans la mise en scène de Peter Sellars, sublimée par la vidéographie de Bill Viola, quand on sait que Gerard Mortier pensait que les droits sur cette production seraient définitivement perdus dès 2008.

La conséquence de la prévalence du répertoire italien (60%) et du XIXème siècle (70% des représentations !), la saison prochaine, est de créer un déséquilibre programmatique que l'on espère passager. Seules les deux prochaines saisons pourront confirmer, ou infirmer, cette orientation qui pourrait réduire la place de l’opéra du XXe siècle, pourtant passionnant à défendre.

Les artistes français

Parmi les artistes invités, une place de choix est laissée aux chanteurs francophones, Etienne Dupuis, Florian Sempey, Cyrille Dubois, Karine Deshayes, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Julien Behr, Jean-François Borras, Jodie Devos, Ludovic Tézier, Stéphane Degout, Nicolas Testé, Roberto Alagna, Marianne Crebassa, aussi bien dans les œuvres françaises qu’italiennes.

Les stars, les chefs, les metteurs en scène

Distribués dans nombre de reprises, principalement italiennes, Ermonela Jaho, Jonas Kaufmann, Anja Harteros, Sonya Yoncheva, Aleksandrs Antonenko, Vittorio Grigolo, Klaus Florian Vogt, Karita Mattila, Mariuz Kwiecien, Javier Camarena et bien d’autres sont la promesse d’interprétations mémorables et vraisemblablement originales.

Et l’excellente adéquation des metteurs en scène, tous issus d’écoles de théâtres européens novateurs, aux œuvres dont ils auront la charge de proposer un nouveau regard, est la marque la plus prégnante de la volonté de Lissner de confirmer ses choix en termes de représentation théâtrale.

Un seul nouveau nom apparaît toutefois cette saison, celui d’Andreas Kriegenburg dans Les Huguenots, il faudra donc attendre la saison 2019/2020 pour découvrir Barrie Kosky, Simon Stone ou Clément Cogitore.

Robert Carsen sera également bien présent avec la reprise de deux de ses 12 spectacles conçus pour l'Opéra de Paris, Rusalka (2002) et La Flûte Enchantée (2014).

Quant aux chefs d’orchestre, beaucoup reviendront dans leur répertoire de prédilection (Dan Ettinger, Nicola Luisotti, Ingo Metzmacher, Evelino Pido, Giacomo Sagripanti, Michele Mariotti, Tomas Hanus), et René Jacobs fera son entrée dans l’histoire de la maison pour diriger Il Primo Omicidio.

Enfin, le retour de Susanna Mälkki, qui dirigera Rusalka, et l’arrivée de Lorenzo Viotti dans la fosse pour interpréter Carmen, sont deux évènements à souligner.

Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Sondra Radvanovsky et Ludovic Tézier (Simon Boccanegra)

Les tarifs 2018/2019 – légère augmentation du prix moyen des places

La tarification fait réapparaitre la catégorie des places 5 à 195 euros qui avait disparu cette saison.

Elle regroupe principalement les nouvelles productions, alors que la catégorie plus élevée des places 5 à 210 euros est réservée au reprises avec stars du grand répertoire italien, de Carmen, et de la nouvelle production des Troyens (plus de 5 heures avec les entractes).

Quant aux spectacles tarifés dans la catégorie 5 à 180 euros, leur prix moyen baisse de 10% par rapport à cette année.

On observe ainsi une légère augmentation globale des prix à Bastille pour le lyrique (+4%) qui ne touche cependant pas les nouvelles productions dont les tarifs sont stabilisés, voir en baisse.

Ce sont en fait les reprises avec stars qui draineront l'apport financier le plus important.

Rusalka est néanmoins le seul spectacle à prix réduit (seules les deux premières catégories sont à plus de 100 euros), mais le fait de maintenir pour ce spectacle la 8ième catégorie à 35 euros, au lieu de 30 euros habituellement pour ce type de tarification, est un geste symbolique qui ne relève pas d'une nécessité absolue.

Ainsi, l'amplitude des prix reste élevée selon les soirs, de 152 euros en moyenne pour une reprise avec stars, jusqu'à 80 euros en moyenne le 29 janvier 2019 pour Rusalka.

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Publié le 3 Janvier 2018

Quand Rolf Liebermann arriva à la direction du Palais Garnier, il prit à cœur de faire aimer l’opéra au plus grand nombre. Pour y arriver, il ouvrit les répétitions générales au public et signa des accords de diffusion des spectacles de l’Opéra de Paris sur les chaînes de télévisions publiques.

Ainsi, le 24 septembre 1975 et le 30 mars 1976, Don Giovanni et Faust, diffusés en direct du Palais Garnier, réunirent respectivement 20% et 12% de l’audience sur Antenne 2.

Suivirent La Cenerentola et Otello, au cours des étés 77 et 78, puis, le dimanche 15 avril 1979, week-end de Pâques, une des représentations de Lulu d’Alban Berg dans sa version en 3 actes fut diffusée en direct sur Antenne 2. Un entretien avec le journaliste Jean Michel Damian et le metteur en scène Patrice Chéreau encadrait par ailleurs cette captation réalisée par Bernard Sorel.

Au cours de la décennie qui suivit, le service public adopta une politique culturelle ambitieuse (Saint-François d'Assise le 12 décembre 1983 sur Antenne 2), pouvant compter sur la volonté de directeurs de programmes et d’hommes de cultures tels Yves Jaigu. Ce dernier, en effet, n’hésita pas à retransmettre sur FR3, de midi à 23h heures, au cours du lundi de Pâques 1989, Le Soulier de satin mis en scène par Antoine Vitez et créé au Festival d’Avignon en juillet 1987.

Yves Jaigu collaborera par la suite à la création de la chaîne franco-allemande La sept qui deviendra, en 1992, Arte.

Depuis, la compétition pour l’audimat a pris le dessus sur les obligations de qualité, et le mouvement de dérégulation de l'audiovisuel, initié en 1986, a engendré la disparition de la diffusion en prime des spectacles de l'Opéra de Paris pendant 20 ans, jusqu'au Simon Boccanegra programmé en direct par Gerard Mortier le 23 mai 2006 sur Arte.

Dorénavant, la diffusion des œuvres lyriques en première partie de soirée est le plus souvent délaissée par France Télévisions au profit d’Arte et de Mezzo.

Ce glissement vers Arte, Mezzo et internet, salutaire pour les passionnés d’opéra, n’est cependant pas sans conséquence sur l’impact de ces retransmissions envers le grand public.

En s’appuyant sur les audiences relevées au cours des 15 dernières années, cet article cherche à identifier les tendances et les enjeux de la diffusion d’œuvres lyriques sur les chaînes de télévision.

Teresa Stratas (Lulu) - 1979 - Opéra National de Paris

Teresa Stratas (Lulu) - 1979 - Opéra National de Paris

Les ouvrages lyriques diffusés sur France Télévisions captent 5 % de part d’audience

Quand on sait qu’une chaîne de télévision peut espérer capter en prime-time 15 à 25% d’audience, soit 3 à 5 millions d’auditeurs, on comprend bien pourquoi une chaîne privée telle TF1 ne s’aventure plus à diffuser un opéra à 20h55 comme elle le fit pour Moise et Pharaon en 1984.

En effet, les audiences des spectacles de l’opéra de Paris ou des Chorégies d’Orange programmés sur France Télévisions font en moyenne 5 % d’audience quel que soit l’horaire de diffusion.

Ainsi, en septembre 2009, Mireille en direct du Palais Garnier réunit 1,1 million de téléspectateurs (5,2% d’audience) en prime, puis, en août 2012, La Bohème, en direct des Chorégies d’Orange, attira, après 22h00, 882.000 de téléspectateurs (6% d’audience).

Et il peut aussi bien arriver des contre-performances (Faust en direct de Bastille en 2011 avec Roberto Alagna avait réuni en prime 730.000 téléspectateurs, soit 3.3% d’audience), que des exploits (La Traviata en direct d’Orange en 2016 avait rassemblé 1,4 million de téléspectateurs après 22h00, soit 9,5% d’audience).

Mais même en pleine nuit, à 03h30 du matin, TF1 a réussi à capter 42.000 téléspectateurs en juillet 2016 pour regarder le Giulio Cesare enregistré à Garnier en 2011, soit 5,3% du public à cette heure-là.

Natalie Dessay (Cléopatre) - 2011 - Opéra National de Paris

Natalie Dessay (Cléopatre) - 2011 - Opéra National de Paris

Les ouvrages lyriques diffusés sur Arte réunissent 4 fois moins de téléspectateurs que sur France Télévisions, soit environ 250.000 téléspectateurs en prime

Perçue comme élitiste de par la haute valeur culturelle de ses contenus, la chaine franco-allemande Arte réalise un peu plus de 2% d’audience sur une année soit 5 à 8 fois moins que les grandes chaines populaires télévisées.

Par conséquent, un opéra diffusé sur cette chaîne obtient en moyenne une audience de 1,2 % soit 250.000 téléspectateurs environ s’il est diffusé en prime, alors qu’il pourrait toucher 4 fois plus de spectateurs s’il était programmé sur France Télévisions.

Ainsi, Simon Boccanegra avait réuni 280.000 téléspectateurs en 2006, Werther, 321.000 téléspectateurs en 2010, Don Carlos 190.000 téléspectateurs en 2017 (accompagné par une large diffusion au cinéma), œuvres toutes retransmisses en direct de l’opéra Bastille.

Il en va de même pour le Festival d’Aix en Provence qui réunit 331.000 téléspectateurs pour Rigoletto en 2013 et 302.000 téléspectateurs pour Carmen en 2017, ce qui constitue une véritable performance.

Quant au Don Carlo de Salzbourg, seuls 112.000 téléspectateurs le suivirent en 2013, alors que le Fidelio de La Scala de Milan réunit 215.000 téléspectateurs en 2014, et Tosca, en direct de Baden Baden, attira 273.000 téléspectateurs en 2017.

Fait nouveau en 2017, l'Opéra de Paris a obtenu la rediffusion en première partie de soirée des Contes d'Hoffmann sur France 5 - chaîne qui atteint une audience un peu plus importante qu'Arte -, ce qui a attiré 304.000 téléspectateurs.

Jonas Kaufmann (Don Carlos) - 2017 - Opéra National de Paris

Jonas Kaufmann (Don Carlos) - 2017 - Opéra National de Paris

Depuis 2011, plus aucune œuvre lyrique de l’Opéra National de Paris n’est diffusée à heure de grande écoute sur France Télévisions

Sous la direction de Nicolas Joel, l’Opéra de Paris a obtenu le droit de diffuser trois ans d’affilée, de 2009 à 2011, un opéra en prime time sur France Télévisions. Mireille, Les Noces de Figaro et Faust eurent cette chance, mais ces œuvres, toutes mises en scène par des régisseurs des années 70/80, étaient loin de donner une image actuelle et rénovée de l’Art Lyrique.

Elles réunirent chacune entre 750.000 et 1 million de téléspectateurs soit 2 à 3 fois plus de spectateurs que n’accueille l’institution au cours d’une saison complète de 190 soirées lyriques.

Depuis, l’Opéra de Paris n’obtient des diffusions d’œuvres lyriques en prime uniquement sur Mezzo, chaîne payante qui ne représente que 0,4% d’audience, et très rarement sur Arte (Don Carlos en 2017), le ballet lui étant éventuellement préféré (Don Quichotte le 04 janvier 2013).

Snegourotchka - 2017 - Opéra National de Paris

Snegourotchka - 2017 - Opéra National de Paris

Le rythme de diffusion d’œuvres lyriques de l’Opéra National de Paris sur Arte, en seconde partie de soirée, ou en pleine nuit sur France Télévisions et TF1 se maintient (un tous les 2 mois en moyenne).

En 2017, Snegourotchka, Le Barbier de Séville, Rigoletto, La Damnation de Faust, Carmen, Tosca, La Traviata, et, en 2016, Les Puritains, La Fanciulla del West, La Traviata, La Gioconda, Falstaff, Giulio Cesare, Hansel und Gretel, furent diffusées la nuit sur les chaines télévisées gratuites.

En effet, l’Opéra de Paris conclut chaque saison des accords avec France Télévisions, Arte et, parfois, TF1, pour retransmettre la nuit des captations tout au long de l’année.

La Damnation de Faust - 2015 - Opéra National de Paris

La Damnation de Faust - 2015 - Opéra National de Paris

Plus de 60 spectacles lyriques du monde en entier sont accessibles gratuitement sur les plates-formes en ligne dont 4 de l’Opéra de Paris

Au 1er janvier 2018, plus de 60 spectacles lyriques du monde entier sont accessibles gratuitement sur les sites internet de Culturebox (France Télévisons), Concert Arte (Arte), Medici.TV, Operavision, dont certains jusqu’à la fin de l’année. Il n’y en avait que 20 au début de l'année 2014.

Et parmi ceux-ci, Snegourotchka, Carmen, Don Carlos et La Bohème, 4 œuvres de l’Opéra de Paris de l’année 2017 peuvent être revus à tout moment depuis le premier soir de leur diffusion en prime-time sur internet.

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie) - 2017 - Opéra National de Paris

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie) - 2017 - Opéra National de Paris

Pour conclure

Pour les passionnés d’Opéra, la seconde décennie du XXIème siècle est d’une richesse médiatique inégalée avec le renforcement d'Arte par les plateformes en ligne. Mais elle ne bénéficie qu’à environ 300.000 à 400.000 lyricophiles de l’hexagone qui est un public déjà conquis.

Quant aux diffusions payantes sur Mezzo ou au cinéma, elles ne concernent pas plus de 100.000 spectateurs de l'hexagone par an

Ce panorama de la diffusion des spectacles de l’Opéra de Paris montre que le média le plus puissant reste les chaines de France Télévisions (France 2 et France 3) malgré la compétition des nombreuses petites chaînes spécialisées.

Car même avec 5% de part d’audience, c’est entre 700.000 et 1.000.000 de téléspectateurs qui peuvent être touchés en première partie de soirée, dont les ¾ n’auraient pas regardé un opéra si la diffusion était portée par internet ou Arte. C'est donc bien sur cette chaîne que l'on peut conquérir un nouveau public. Mais cela doit se faire avec des spectacles innovants.

D’ailleurs, on constate que les émissions de musique classique de France Télévisions, telles Le Concert des Etoiles, Musique en fête, Fauteuil d’Orchestre (Anne Sinclair) ou bien La Folie Offenbach, dépassent toutes le million d’auditeurs, ce qui reste très encourageant.

Ainsi, le mouvement qui consiste depuis 6 ans à diffuser les contenus lyriques sur les plateformes numériques et au cinéma ne remplace pas la force d'attraction d’une diffusion sur une grande chaîne généraliste, qui, nous l’espérons, reprendra à l’orée de l’anniversaire des 350 ans de l’Académie Royale de Musique.

Olga Guyakova (Amelia) - 2007 - Opéra National de Paris

Olga Guyakova (Amelia) - 2007 - Opéra National de Paris

Quelques mesures d'audiences de programmes musicaux depuis 2005

La Bohème - Chorégies d'Orange - 02 août 2005, 21h30 - France 2 : 670.000 téléspectateurs
Simon Boccanegra - Opéra de Paris - 23 mai 2006, 19h30 - Arte : 280.000 téléspectateurs
Il Trovatore - Chorégies d'Orange - 31 juillet 2007, 22h00 - France 2 : 1.500.000 téléspectateurs
Mireille - Opéra de Paris - 07 septembre 2009, 19h30 - France 3 : 1.100.000 téléspectateurs
Werther - Opéra de Paris - 26 janvier 2010, 20h35 - Arte : 321.000 téléspectateurs
Les Noces de Figaro - Opéra de Paris - 03 novembre 2010, 19h30 - France 3 : 731.000 téléspectateurs
Faust - Opéra de Paris - 10 octobre 2011, 19h30 - France 3 : 730.000 téléspectateurs
Don Quichotte (ballet) - Opéra de Paris - 04 janvier 2013, 20h50 - Arte : 508.000 téléspectateurs
Rigoletto - Festival d'Aix-en-Provence - 12 juillet 2013, 21h30 - Arte : 331.000 téléspectateurs
Don Carlo - Festival de Salzbourg - 16 août 2013, 17h30 - Arte : 112.000 téléspectateurs
La Flûte enchantée - Festival d'Aix-en-Provence - 10 juillet 2014, 20h50 - Arte : 385.000 téléspectateurs
Otello - Chorégies d'Orange - 05 août 2014, 21h50 - France 2 : 436.000 téléspectateurs

Il Trovatore - Festival de Salzbourg - 15 août 2014, 20h50 - Arte : 200.000 téléspectateurs
Fidelio - Scala de Milan - 07 décembre 2014, 20h45 - Arte : 215.000 téléspectateurs
Giulio Cesare - Opéra de Paris - 22 juillet 2016, 03h30 - TF1 : 42.000 téléspectateurs
Le concert des étoiles - Hommage à Pavarotti - 09 septembre 2016, 20h55 - France 3 : 1.190.000 téléspectateurs
Tosca - Baden-Baden - 17 avril 2017, 20h50 - Arte : 273.000 téléspectateurs

Les Contes d'Hoffmann - Opéra de Paris - 01 juin 2017, 20h50 - France 5 : 304.000 téléspectateurs
Carmen - Festival d'Aix-en-Provence - 06 juillet 2017, 20h55 - Arte : 302.000 téléspectateurs
Le concert de Paris - 14 juillet 2017, 20h55 - France 2 : 3.088.000 téléspectateurs
Don Carlos - Opéra de Paris - 19 octobre 2017, 20h55 - Arte : 190.000 téléspectateurs

Fauteuils d'orchestre - Émission d'Anne Sinclair - 18 décembre 2017, 20h50 - France 3 : 1.122.000 téléspectateurs
Concert du nouvel - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2018, 12h15 - France 2 : 3.095.000 téléspectateurs
La Folie Offenbach - 01 janvier 2018, 21h00 - France 3 : 1.314.000 téléspectateurs

Principales dates de diffusion d’œuvres lyriques de l'Opéra de Paris en prime-time au cours des années de 1975 à 1986

Création de la RTF le 04 février 1949.

Callas à Paris - La grande nuit de l'Opéra - 19 décembre 1958, 21h20 - RTF 1er chaine
Carmen - 10 novembre 1959, 20h20 - RTF 1er chaine

Création de l'ORTF le 27 juin 1964.

Le Bolshoi à l'Opéra - Extraits de Boris Godounov - 09 mars 1970, 20h30 - ORTF 1er chaine
Le Bolshoi à l'Opéra - Extraits de Eugène Onéguine - 13 avril 1970, 20h30 - ORTF 1er chaine
Falstaff - 29 juin 1971, 20h35 - ORTF 2e chaine

Démantèlement de l'ORTF et création de TF1, Antenne 2 et FR3 le 01 janvier 1975.

Don Giovanni - 24 septembre 1975, 20h30 - Antenne 2

Faust - 30 mars 1976, 20h30 - Antenne 2

L'enlèvement au Sérail - 12 mai 1977, 20h30 - Antenne 2
Der Rosenkavalier - 25 juin 1977, 20h30 - Antenne 2

Platée - 09 juillet 1977, 20h30 - Antenne 2
La Cenerentola - 01 octobre 1977, 20h30 - Antenne 2

Les Contes d'Hoffmann - 04 mars 1978, 20h30 - Antenne 2
Otello - 13 juillet 1978, 20h30 - Antenne 2

Werther - 20 juillet 1978, 20h30 - Antenne 2
Simon Boccanegra - 03 décembre 1978, 20h30 - Antenne 2
Samson et Dalila - 21 décembre 1978, 20h30 - Antenne 2
Véronique - 30 décembre 1978, 21h35 - Antenne 2

Lulu - 15 avril 1979, 20h30 - Antenne 2
L'enfant et les sortilèges / Oedipe Rex - 27 mai 1979, 20h30 - Antenne 2
Le Marchand de Venise - 12 juillet 1979, 20h40 - Antenne 2

Tom Jones - 10 septembre 1979 - TF1
Viva Offenbach - 20 décembre 1979, 20h35 - Antenne 2

La Fille du Régiment - 01 janvier 1980, 15h50 - Antenne 2
Nabucco - 06 janvier 1980, 20h30 - Antenne 2
Carmen - 15 mai 1980, 20h30 - Antenne 2
Les Noces de Figaro - 14 juillet 1980, 20h30 - Antenne 2

Boris Godounov - 24 août 1980, 20h30 - Antenne 2
Die Frau ohne Schatten - 21 novembre 1980, 20h30 - TF1

La Bohème - 17 décembre 1980, 20h35 - Antenne 2 (représentation du 11 juillet 1980)

Peter Grimes - extraits - 01 février 1981, Antenne 2
Jenufa - 06 mars 1981, 20h30 - TF1
Le Vaisseau fantôme - 17 avril 1981, 20h30 - TF1
Un bal Masqué - 22 mai 1981, 20h30 - TF1
La Force du Destin - 10 juillet 1981, 20h30 - TF1
Turandot - 03 août 1981, 20h30 - Antenne 2
Dardanus- 07 août 1981, 20h30 - TF1

Le Barbier de Séville - 01 janvier 1982, 20h30 - FR3
Tosca - 29 mars 1982 - FR3
L'Opéra de Paris - 23 mai 1982, 23h00 - TF1

Fin du monopole d’État sur l'audiovisuel public le 29 juillet 1982 - Création de la Haute Autorité chargée de la régulation.

Roméo et Juliette 14 février 1983, 20h30 - Antenne 2
Eugène Onéguine 30 mai 1983, 20h35 - Antenne 2
Falstaff - 04 juillet 1983, 20h35 - Antenne 2
Saint-François d'Assise - 12 décembre 1983, 20h35 - Antenne 2

La Belle Hélène - 31 décembre 1983, 20h30 - TF1

La Chauve Souris - 06 février 1984, 20h30 - Antenne 2
Jérusalem - 14 mai 1984, 20h30 - Antenne 2
Moïse et Pharaon - 28 août 1984, 20h30 - TF1
Werther - 20 novembre 1984, 20h30 - Antenne 2
L’Étoile - 31 décembre 1984, 20h30 - Antenne 2

Macbeth - 04 mars 1985, 20h30 - Antenne 2

La Fille du Régiment - 09 juillet 1986, 21h35 - TF1
Tristan und Isolde - 06 août 1987, 22h35 - Antenne 2
Atys - 31 décembre 1987, 20h30 - FR3

Création de La Cinq, première chaine privée nationale gratuite, le 20 février 1986.
Création de La Sept, chaine française d'éducation à vocation européenne, le 27 février 1986.
Remplacement de la Haute Autorité par la Commission nationale de la communication et des libertés, le 30 septembre 1986.
Privatisation de TF1 le 06 avril 1987.

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Publié le 2 Décembre 2017

Conférence du mercredi 29 novembre 2017, Salon Florence Gould, Palais Garnier

Né en 1964 à Frankfurt am Main, Claus Guth a commencé par étudier la littérature et la philosophie, a beaucoup voyagé, exercé différents métiers, et longtemps hésité entre le théâtre et le cinéma avant de passer par une école de cinéma à la suite de laquelle il a été engagé comme cameraman au festival de Bayreuth afin de filmer Le Vaisseau Fantôme mis en scène par Harry Kupfer en 1985.

Il a ensuite travaillé avec Axel Monteil, le décorateur de Ruth Berhauss, une metteur en scène importante d’Allemagne, et sa carrière a débuté dans les années 90 avec des créations contemporaines telles El Cimarrón de Hans Werner Henze (Atlanta, 1995) et Cronaca del luogo de Luciano Berio (Salzbourg, 1999).

En 2003, il fit ses débuts au festival de Bayreuth avec Le Vaisseau Fantôme, et dirigea à Salzbourg une nouvelle trilogie Da Ponte de 2006 à 2009 qui fera date sous la direction musicale de Nicolaus Harnoncourt.

Ses débuts à l’Opéra National de Paris datent de l’année dernière avec une nouvelle production de Rigoletto, suivie par la reprise de Lohengrin créé à La Scala de Milan en 2012.

L’article qui suit restitue une partie de la conférence accordée par Claus Guth au Palais Garnier pour présenter, avec le soutien d’une interprète, son travail sur La Bohème.

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

La Bohème de Giacomo Puccini s’inspire des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger, une suite de tableaux de couleurs, de bruits et d’ambiances dont l’épilogue voit les personnages de La Bohème exercer sur leur passé un regard rétrospectif et se rappeler leur jeunesse.
Comment avez-vous abordé cette œuvre qui fait partie des rares opéras à n’avoir jamais connu une relecture profondément radicale ?

J’ai beaucoup travaillé avec Stéphane Lissner à la Scala de Milan et l’on a réfléchi à une nouvelle manière d’approcher les œuvres centrales du répertoire. La Bohème fait donc partie de ces œuvres dont je souhaitais que la musique, l'une parmi celles que je préfère le plus, puisse être entendue différemment à travers une nouvelle mise en scène.

Je me suis donc mis à écouter en boucle la musique et les notes en allant marcher en forêt avec un walkman, tout en marquant les images qui me viennent en ignorant le texte et en suivant mon intuition.

Par la suite, le travail classique du metteur en scène a pu démarrer par la lecture du livret, et je me suis également intéressé aux Scènes de la vie bohème d’Henry de Murger, court roman dont on s’aperçoit à la fin qu’il s’agit d’hommes âgés qui se souviennent de leur folle jeunesse à Paris. Et cette nostalgie est également présente dans le livret de Puccini, ce sentiment de dire que ce sont les derniers moments et que ces instants de vie ne pourront plus se reproduire.

En suivant cette idée-là, je me suis dit que ce Paris dont ils parlaient n’existait même plus, et j’ai décidé, à un moment politiquement difficile où l’on voit des horreurs tous les jours aux actualités, que mon interprétation de La Bohème allait se dérouler dans le futur, en initiant une histoire parallèle de quatre amis qui sont dans un vaisseau spatial. Ces gens sont vivants mais n’ont plus aucun contact avec personne d’autre, et l’idée est de faire qu’ils arrivent à supporter la réalité qui est la leur en se remémorant les souvenirs qu’ils chérissent. Rodolphe fait réapparaître Mimi, la femme qu’il a tant aimée, et ce voyage s’achève par une vision très radicale puisque les quatre astronautes meurent, cet opéra étant leurs dernières images de vie.

On peut penser que cette interprétation est un peu trop poussée, mais si l’on écoute vraiment la musique, on peut comprendre que c’est quelque chose qui se trouve au cœur de cette histoire.

Claus Guth

Claus Guth

Vous êtes dérangé par le côté cliché de la vie parisienne, et surtout de la vie d’artiste, que l’on trouve dans La Bohème, et vous pointez du doigt que l’on ne trouve pas dans le livret une seule phrase intéressante sur l’art, et que ce n’est donc pas le véritable sujet de l’œuvre.  Vous vous êtes donc intéressé, d’une part, à l’idéalisation de ce passé et, d’autre part, à la différence entre les aspirations que l’on a pu avoir et la vie que l’on a eu en réalité.

C’est effectivement une chose assez fascinante lorsque l’on assiste à une mise en scène classique de La Bohème, par exemple celle où ont chanté Rolando Villazon et Anna Netrebko, car le spectacle est plaisant alors que nous avons également l’impression que l’on est en train de nous raconter un énorme mensonge parce que cela n’a rien à voir avec la vie d’artiste.

On est nourri avec tous ces clichés sur Paris, tous ses cafés et ses lieux formidables, où l’on sait bien que s’y retrouvent plutôt les touristes alors que les artistes construisent les choses dans d’autres endroits. Et je me suis donc dit que ce qui était central dans cet opéra était la vie de ces jeunes gens qui se sentent perdus et appartiennent à une génération qui a perdu ses repères, cherchent à vivre dans l’intensité, cherchent à trouver un sens à sa vie, alors que l’on voit Musette, Mimi, Rodolphe qui n’arrêtent pas de se séparer ou de se retrouver.

Et du coup, j’ai décidé de situer l’opéra dans une autre dimension. Et quand j’ai vu l’intégralité de l’opéra pour la première fois hier soir, alors que ce froid dont parlent les jeunes gens, qui n’a de cesse de les tirailler, nous touche habituellement peu, ici, dans un nouvel espace, ce vaisseau spatial donne un caractère plus essentiel aux mots et les enracine d’avantage dans la réalité que l’on voit sur scène.

Cependant, s’il est vrai que des spectateurs ont pu dire de mes productions qu’elles étaient un peu difficiles à comprendre, ce n’est pas du tout le cas pour La Bohème, c’est même quelque chose d’assez simple, mais soit les gens vont aimer le parti-pris de la mise en scène, soit il ne vont pas l’aimer, bien qu’il n’y ait rien de compliqué dans ce travail.

Je crois cependant que dans cette Bohème il y a une véritable dimension poétique même si ce que j’ai pu vous dire a pu vous faire penser à un film d’horreur. Je ne suis pas intéressé par le réalisme, et s’il est présent juste au début pour comprendre où l’on est, c’est ensuite tout ce qui peut se trouver dans l’inconscient, tout ce qui peut produire des images, tout notre rapport au souvenir, qui nous amène au surréalisme et au voyage de l’imaginaire, ce qui est la qualité de l’art pour lui-même.

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

L’extrême précision des déplacements et de la chorégraphie d‘ensemble frappe dans toutes vos mises en scène. A l’issu de ce travail collectif avec votre équipe, vous avez à chaque mesure une vision très précise de ce que va faire chaque chanteur, mais vous l’adaptez dès que vous vous retrouvez avec les artistes. Pouvez-vous décrire ce processus de travail ?

Avant de travailler sur la production avec chaque chanteur, je fais de petits croquis très détaillés, tout en me disant que je pourrai m’en passer une fois arrivé sur le plateau face à eux, en espérant qu’il va se passer quelque chose, c'est-à-dire une proposition d’univers et de voyage dans laquelle ils vont se mouvoir pour proposer autre chose. Si rien ne provient des répétitions, ces notes servent alors de sécurité afin que nous puissions avancer.

Dans le cas de La Bohème, Sonya Yoncheva était souffrante au début des répétitions. J’ai donc travaillé longuement avec Nicole Car, mais quand finalement la première est revenue en pleine forme, je me suis aperçu que j’avais vraiment orienté le travail avec Nicole Car dans une direction qui ne convenait pas du tout à Sonya Yoncheva.

Or, le public sent bien si une direction de jeu et de chant colle bien à la personnalité du chanteur. J’ai donc travaillé sur deux visions différentes, car les deux chanteuses ont deux personnalités très différentes. Sonya Yoncheva est quelqu’un qui donne toute une profondeur émotionnelle et toute une force dans sa lutte contre le destin, alors que Nicole Car est quelqu’un qui joue d’avantage sur la fragilité et sur le fait qu’elle a déjà un pied ailleurs, et c’est quelque chose d’absolument fascinant à voir.

Présentation de la nouvelle production de La Bohème par Claus Guth pour l'Opéra Bastille

Pour lire le compte rendu de la représentation de La bohème à l'opéra Bastille, c'est ici.

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Publié le 10 Octobre 2017

Mise à jour septembre 2021

Krzysztof Warlikowski : Commandeur des Arts et des Lettres
Discours à l’occasion de la remise des insignes de Commandeur des Arts et des Lettres


Lundi 18 mars 2013, lors d’une réception organisée en son honneur à la Résidence de France à Varsovie, le metteur en scène de théâtre et d'opéra Krzysztof Warlikowski a reçu, de la part de l’Ambassadeur de France, les insignes de Commandeurs des Arts et des Lettres.

Né à Szczecin, c’est en Pologne que Krzysztof Warlikowski a initié un parcours artistique qui s'est prolongé à travers toute l’Europe, jusqu’en Israël. Il appartient à une génération d'artistes issue de l’Europe de l’Est, qui s’est ouverte au monde après la chute du mur de Berlin afin d’irriguer l'ancienne culture académique occidentale d’une nouvelle forme d’expression humaine plus proche du cœur viscéral de la vie.

Et c'est en France, par le biais du Festival d’Avignon, qu’il s’est fait connaitre avec Hamlet, puis avec ses autres pièces, Purifiés (Sarah Kane), Le Songe d’une nuit d’été (Shakespeare), le Dibbouk (Shalom Anski et Hanna Krall), Krum (Hanokh Levin) et Angels in America (Tony Kushner).

Ewa Dalkowska et Krzysztof Warlikowski (La Fin - 2011)

Ewa Dalkowska et Krzysztof Warlikowski (La Fin - 2011)

Krzysztof Warlikowski est non seulement un artiste qui porte un regard profond sur les textes, y compris ceux des livrets d’opéras, qu’il met en scène, mais est également une personnalité entière et géniale qui réalise un travail de stylisation et d’expression lucide sur la condition humaine, dont il tire une force extraordinaire à partir de ses propres tensions internes. Il est également quelqu'un qui, par la vitalité de son discours, nous permet de sortir des rapports humains artificiels que nous connaissons dans la vie, alors que nous vivons son monde dans l'illusion du théâtre. C’est du moins la vision personnelle que j’ai de cet homme.

Et depuis le jeudi 14 avril 2016, sa troupe, le Nowy Teatr, dispose d'un nouveau lieu d'accueil installé dans un ancien bâtiment industriel construit en 1927, dans l'un des rares quartiers de Varsovie épargné par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le quartier de Mokotow.

Par ailleurs, sur recommandation de Gianni Forte et Stefano Ricci, nouveaux directeurs du département de théâtre de la Biennale de Venise, Krzysztof Warlikowski recevra le "Lion d'Or pour l’œuvre de toute une vie" lors du 49e Festival de Théâtre International organisé du 02 au 11 juillet 2021.

Tomasz Tyndyk (Angels in America - 2008)

Tomasz Tyndyk (Angels in America - 2008)

Avant de reproduire, ci-dessous, le discours de l’Ambassadeur, il est opportun de rappeler tous les ouvrages qu’il a représenté sur scène depuis 2006, année où Gerard Mortier, ancien directeur de l’Opéra National de Paris, le fit découvrir au public parisien, ce qui permet de prendre la pleine mesure de ce qu’il a réalisé ces douze dernières années, même si son travail artistique s'exprime depuis plus de vingt ans. Sont ensuite évoqués les projets à venir.


Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Palais Garnier (Paris) Juin 2006 & Juin 2008
L'Affaire Makropoulos (Leos Janacek) Opéra Bastille (Paris) Mai 2007 & Mai 2009
Krum (Hanokh Levin) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Décembre 2007
Parsifal* (Richard Wagner) Opéra Bastille (Paris) Mars 2008
Angels in America (Tony Kushner) Théâtre du Rond Point (Paris) Mai 2008
Le Roi Roger (Karol Szymanowski) Opéra Bastille (Paris) Juin 2009
(A)pollonia (Hannah Krall-J.M Coetzee) Théâtre National de Chaillot (Paris) Novembre 2009
« Un Tramway » nommé désir (T.Williams) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Février 2010
Macbeth (Giuseppe Verdi) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Juin 2010

Lady MacDuff et l'un de ses enfants (Macbeth - 2009)

Lady MacDuff et l'un de ses enfants (Macbeth - 2009)

The Rake's progress (Igor Stravinsky) Staatsoper im Schiller Theater (Berlin) Décembre 2010
La Fin. Koniec (B-M. Koltès-F.Kafka,J.M Coetzee) Odéon Théâtre de L'Europe (Paris) Février 2011
Médée (Luigi Cherubini) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Avril 2008 & Septembre 2011
Contes Africains (d’après Shakespeare) Théâtre National de Chaillot (Paris) Mars 2012
Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) Bayerische Staatsoper (Munich) Juillet 2008 & Mars 2012
Poppea e Nerone (Claudio Monteverdi-Orch Boesmans) Teatro Real (Madrid) Juin 2012
Lulu (Alban Berg) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Octobre 2012
Kabaret (John Fosse) Festival d’Avignon Juillet 2013 et Palais Chaillot (Paris) Février 2014
L'Affaire Makropoulos (Leos Janacek) Opéra Bastille (Paris) Reprise Septembre 2013
Die Frau Ohne Schatten (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) Novembre 2013
Alceste (Christoph Willibald Gluck) Teatro Real (Madrid) Mars 2014
Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) Théâtre de la Monnaie (Bruxelles) Décembre 2014

Die Franzosen (The French) (Marcel Proust) RuhrTriennale (Gladbec) Août 2015
Le Château de Barbe Bleue (Bartok) / La Voix Humaine (Poulenc) Opéra Garnier (Paris) Novembre 2015
Phèdre(s) (W.Mouawad - S.Kane) Odéon-Théâtre de l'Europe avec Isabelle Huppert Mars/Mai 2016
Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (Haendel)  Festival d'Aix en Provence Juillet 2016
Die Franzosen (The French) (Marcel Proust) Théâtre Chaillot (Paris) Reprise Novembre 2016
Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Palais Garnier (Paris) Reprise Décembre 2016

Anna Prohaska et Florian Hoffmann (The Rake's progress - 2010)

Anna Prohaska et Florian Hoffmann (The Rake's progress - 2010)

Wozzeck (Alban Berg)  Dutch National Opera (Amsterdam) Mars 2017
Die Gezeichneten - Les Stigmatisés (Franz Schreker)  Bayerische Staatsoper (Munich) Juillet 2017
Die Frau Ohne Schatten (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) Reprise Juillet 2017
Pelléas et Mélisande (Claude Debussy) RuhrTriennale (Bochum) Août 2017
Don Carlos (Giuseppe Verdi) Opéra Bastille (Paris) Octobre 2017
Le Château de Barbe Bleue (Bartok) / La Voix Humaine (Poulenc) Opéra Garnier (Paris) Reprise Mars 2018
De la Maison des Morts (From the House of the Dead) (Janacek) Royal Opera House Londres Mars 2018, La Monnaie novembre 2018, Opéra de Lyon janvier 2019
The Bassarids (Hans Werner Henze) Festival de Salzburg août 2018
Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) Bayerische Staatsoper (Munich) reprise novembre 2018
Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch) Opéra Bastille (Paris) avril 2019
On s'en va (d'après 'Sur les valises' d'Hanokh Levin) Printemps des comédiens de Montpellier 2018
Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Opéra de Stuttgart Reprise avril/mai 2019
Salomé (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) juin 2019
On s'en va (d'après 'Sur les valises' d'Hanokh Levin) Théâtre National de Chaillot (Paris) novembre 2019
Don Carlo (Giuseppe Verdi) Opéra Bastille (Paris) novembre 2019 (reprise - version de Modène)
Les Contes d'Hoffmann (Jacques Offenbach) La Monnaie (Bruxelles) décembre 2019
Elektra (Richard Strauss) Festival de Salzbourg août 2020
Tristan und Isolde (Richard Wagner) Bayerische Staatsoper (Munich) juin 2021
Salomé (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) juillet 2021
Elektra (Richard Strauss) Festival de Salzburg juillet 2021

* La production de Parsifal a été détruite sous la direction de Nicolas Joel, directeur de l'Opéra de Paris

Waltraud Meier (Kundry) dans Parsifal en mars 2008

Waltraud Meier (Kundry) dans Parsifal en mars 2008

Alors que la saison 2020/2021 est bien avancée ses futurs projets commencent à être bien connus :

Productions de février à novembre 2020 annulées ou reportées pour cause de pandémie
Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Opéra de Stuttgart Reprise février/mars 2020  (Annulé)
Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) Bayerische Staatsoper (Munich) reprise juillet 2020  (Annulé)

Odyssey, scénario pour Hollywood Festival d'Athènes et Epidaure juillet 2020 (Reporté)
Odyssey, scénario pour Hollywood Théâtre national de la Colline (Paris) novembre 2020 (Reporté)
Salomé (Richard Strauss) Théâtre des Champs-Élysées (Paris) novembre 2020 (Annulé)

 

Productions programmées à partir de septembre 2021
Tristan und Isolde (Richard Wagner) Bayerische Staatsoper (Munich) juin 2021
Salomé (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) juillet 2021
Elektra (Richard Strauss) Festival de Salzburg juillet 2021
Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck) Palais Garnier (Paris) reprise septembre 2021
Lulu (Alban Berg) La Monnaie (Bruxelles) reprise novembre 2021
A Quiet place (Leonard Bernstein) Palais Garnier mars 2022
Odyssey, scénario pour Hollywood Théâtre national de la Colline (Paris) printemps 2022
Tristan und Isolde (Richard Wagner) Bayerische Staatsoper (Munich) reprise juin 2022
Die Frau Ohne Schatten (Richard Strauss) Bayerische Staatsoper (Munich) Reprise Juillet 2022

 Angela Denoke (Emilia Marty) dans l'Affaire Makropoulos en mai 2009

Angela Denoke (Emilia Marty) dans l'Affaire Makropoulos en mai 2009

Discours à l’occasion de la remise

 

des insignes de Commandeur des Arts et des Lettres
à M. Krzysztof Warlikowski
(lundi 18 mars 2013)



Monsieur le ministre,
Messieurs les députés,
Messieurs les sénateurs,
Mesdames et messieurs, chers amis,
Cher Krzysztof Warlikowski,

J’ai le grand plaisir de vous accueillir ce soir dans la résidence de France, face à cet auditoire nombreux d’amis et d’admirateurs, pour vous remettre les insignes de commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Cet ordre est l’un des quatre ordres ministériels de la République française et en conséquence l’une de ses principales distinctions honorifiques, par laquelle le Ministre de la Culture honore celles et ceux qui se sont illustrés, soit par leurs contributions au patrimoine mondial dans le domaine artistique ou littéraire, soit par la contribution qu’ils ont apportée au rayonnement de la culture française dans le monde.

Krzysztof Warlikowski, vous êtes l’un des plus grands metteurs en scène de théâtre, un metteur en scène dont la notoriété dépasse les frontières de la Pologne et de l’Europe. Vous êtes aussi, de par votre carrière internationale, un représentant de l’Europe de la culture d’aujourd’hui, plurilingue et pluriculturelle, authentiquement polonaise et authentiquement universelle.

Permettez-moi de revenir sur quelques traits marquants de votre vie et de votre carrière. Je ne m’aventurerai pas, en effet, à en faire un tableau exhaustif tant elle a été jusqu’à ce jour extraordinairement riche et diversifiée.

Vous avez fait des études d’histoire, de philosophie et de philologie romane à l’Université Jagellonne de Cracovie. Vous avez également étudié pendant une année l’histoire du théâtre à l’École Pratique des Hautes Études de la Sorbonne. Vous avez commencé l’étude de la mise en scène à l’Académie du Théâtre de Cracovie où vous avez signé vos premiers spectacles, Nuits blanches de Dostoïevski et L’Aveuglement d’Elias Canetti.

Votre curiosité et votre soif de nouvelles formes d’expression théâtrale vous ont amené ensuite à travailler avec les plus grands noms de la scène européenne. Vous avez été l’assistant de Peter Brook sur le spectacle Impressions de Pelleas, présenté aux Bouffes du Nord à Paris, et dans le cadre d’un atelier organisé par les Wiener Festwochen en Autriche. Vous avez aussi collaboré à la mise en scène par Krystian Lupa de l’œuvre de Rainer Maria Rilke, Malte, au Stary Teatr de Cracovie. Giorgio Strehler vous a également accompagné dans l’adaptation pour la scène d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust au théâtre Schauspiel de Bonn.

Votre passion pour William Shakespeare transparaît dans la liste des très nombreuses mises en scène que vous avez faites de ses œuvres majeures : Le Marchand de Venise, Le Conte d’hiver, Hamlet, La Mégère apprivoisée, La Nuit des rois, La Tempête... À côté des grands classiques tels Sophocle et Euripide, vous avez également mis en scène des textes d’auteurs contemporains : je ne citerai que deux d’entre eux, Bernard-Marie Koltès et Sarah Kane.

Votre carrière internationale vous a amené, vous et votre fidèle troupe d’actrices et d’acteurs dont le talent ne laisse de faire l’admiration des critiques et des publics, aux Bouffes du Nord, au Piccolo Teatro, au Kammerspiele de Hambourg et au Staatstheater de Stuttgart, à Zagreb en Croatie et jusqu’en Israël. Mais elle ne vous a jamais éloigné de la Pologne, où vous avez travaillé et continuez à travailler, parcourant le pays pour y monter vos spectacles. Les publics de Cracovie, Poznań, Toruń, Varsovie, Radom, Wrocław, pour ne citer que ces villes, vous accueillent toujours avec curiosité et passion.

J’ajouterai que vous avez été l’hôte de plusieurs éditions du Festival d’Avignon, lors desquelles vous avez proposé Hamlet, Kroum et bien sûr (A)pollonia, qu’une critique française décrivait en ces termes : « un long fleuve impétueux charriant des matériaux disparates et grondant de bruits et de fureur, flot fascinant qui brasse émotions et savoirs, matière en fusion comme sortie d’un volcan en violente éruption et qui crache les pensées comme les sentiments, les faits établis comme les analyses rigoureuses, les vérités de fantaisie comme les actes de l’histoire. »

Je voudrais encore citer votre adaptation très personnelle et remarquée de Tennessee Williams avec votre mise en scène à l’Odéon de Paris il y a trois ans d’Un Tramway, dont le rôle principal était joué par une actrice française que nous admirons tous – et qui vous admire, Isabelle Huppert.

Le théâtre ne suffisant pas à votre soif de création et de découvertes, vous vous aventurez, depuis plusieurs années, dans la mise en scène d’œuvres d’opéra, le Don Carlos de Verdi ou encore l’Ubu Roi de Penderecki

Vous êtres directeur artistique du Nowy Teatr de Varsovie depuis 2008. Ce ne sera un étonnement pour personne d’apprendre que vous vous êtes déjà attelé à un nouveau défi, la mise en scène d’un spectacle intitulé Kabaret, dont la première en Pologne est prévue en juin prochain et qui sera ensuite présenté au festival d’Avignon.

Mon très cher Krzysztof, toutes ces mises en scènes, dans lesquelles vous tentez d’explorer et de mettre au jour les méandres de l’âme humaine, sont le reflet d’une étonnante capacité de travail et de création qui, je dois l’avouer, ne laisse pas de susciter un profond sentiment d’admiration.

Pour votre apport insigne à la culture universelle, mais aussi en hommage à l’attachement indéfectible que vous vouez à la France, à notre culture et à notre langue, le gouvernement de la République française a décidé de vous nommer commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

Krzysztof Warlikowski, au nom du ministre de la Culture, je vous fais commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres.
 
Le discours sur le site de l'Ambassade de France

Ewa Dalkowska (Ryfka Goldfinger) et Krzysztof Warlikowski ((A)pollonia - 2009)

Ewa Dalkowska (Ryfka Goldfinger) et Krzysztof Warlikowski ((A)pollonia - 2009)

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Publié le 25 Janvier 2017

Présentation de la saison Lyrique 2017 / 2018 de l’Opéra National de Paris
Le 2
5 janvier 2017 - Palais Garnier

Dans la suite de la présentation à la presse, tenue dans la matinée, Aurélie Dupont et Stéphane Lissner ont exposé aux membres de l'Association pour le Rayonnement de l'Opéra de Paris, dans la grande salle du Palais Garnier, la prochaine saison 2017/2018.

Dans un contexte de réduction des financements publics, ils ont souligné l'importance des soutiens privés pour mener à bien leurs projets, relevé l'engouement positif enclenché depuis le début de saison, au risque de passer un peu vite sur ce qui fonde l'âme des oeuvres qu'ils défendent.

Aurélie Dupont et Stéphane Lissner

Aurélie Dupont et Stéphane Lissner

Si, pour la danse, Aurélie Dupont a confirmé que Marie Agnès-Gillot et Hervé Moreau feront respectivement leurs adieux à l'occasion des représentations d'Orphée et Eurydice et de Roméo et Juliette, Stéphane Lissner a, lui, confirmé la poursuite des grandes lignes qui façonnent la programmation de ses saisons, un cycle Berlioz, qui aboutira sur la représentation des Troyens en 2019, un cycle sur la littérature française, qui se poursuivra avec Bérénice et le Soulier de Satin lors des saisons 2018/2019 et 2019/2020, un opéra de Wagner chaque année, et un cycle d'opéras russes qui se poursuivra avec Katerina Ismailova, Prince Igor et Guerre et Paix.

L'importance des chefs d'orchestre, mythique, Boulez, actuels, Jordan, Salonen, et prometteur, Dudamel, transparaît dans toute la présentation, et la noirceur des oeuvres clés passe avant les ouvrages plus légers, ce qui est l'essentiel.

Les Nouvelles Productions

Don Carlos (Giuseppe Verdi – 1867) – Nouvelle Production
Du 10 octobre au 11 novembre 2017 (11 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Jonas Kaufmann, Pavel Cernoch, Sonya Yoncheva, Hibla Gerzmava, Ludovic Tézier, Ildar Abdrazakov, Elina Garanca, Ekaterina Gubanova

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 30 octobre 1986

Il s'agit de la version 5 actes de 1866 intégrale, composée avant que Verdi n'opère des coupures afin d'y inclure les ballets prévus pour la création en mars 1867. Cette version est, d'un point de vue dramaturgique, la plus complète qui soit.                             Krzysztof Warlikowski

La Ronde (Philippe Boesmans – 1993) – Nouvelle Production
Du 02 novembre au 11 novembre 2017 (6 représentations à l’amphithéâtre Bastille)
Direction musicale Jean Deroyer, mise en scène Christiane Lutz
Artistes de l’Académie de l’Opéra National de Paris

Entrée au répertoire

L'oeuvre est basée sur la pièce de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler.

De la Maison des Morts (Leos Janacek - 1930) – Coproduction Scala de Milan, MET Opera, Festival d’Aix en Provence, Holland Festival
Du 18 novembre au 02 décembre 2017 (6 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Esa-Pekka Salonen, mise en scène Patrice Chéreau
Andreas Conrad, Eric Stoklossa, Peter Mattei, Stefan Margita, Willard White, Peter Straka, Vladimir Chmelo, Jiri Sulzenko, Ladislav Elgr, Jan Galla, Vadim Artamonov, Olivier Dumait, Susannah Haberfeld, Ales Jenis, Marian Pavlovic, Peter Hoare

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 juin 2005

La Bohème (Giacomo Puccini - 1896) – Nouvelle Production
Du 01 décembre au 31 décembre 2017 (12 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Gustavo Dudamel, Manuel Lopez-Gomez, mise en scène Claus Guth
Sonya Yontcheva, Nicole Car, Atalla Ayan, Benjamin Bernheim, Artur Rucinski, Aida Garifullina , Alessio Arduini, Andrei Jilihovschi, Roberto Tagliavini, Marc Labonnette, Antonel Boldan

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 décembre 2014

La mise en scène de Claus Guth tente de poser la question de ce qu'est un artiste en 2017, et ce qu'est la vie à Paris aujourd'hui.

Jephta (Georg Friedrich Haendel - 1770) – Coproduction De Nationale Opera, Amsterdam
Du 13 janvier au 30 janvier 2018 (8 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale William Christie, mise en scène Claus Guth
Ian Bostridge, Marie-Nicole Lemieux, Philippe Sly, Katherine Watson, Tim Mead, Valer Sabadus

Entrée au répertoire

Only the sound remains (Kaija Saariaho - 2016) – Coproduction De Nationale Opera, Amsterdam, Teatro Real de Madrid, Finish National Opera, Opera de Toronto
Du 23 janvier au 07 février 2018 (6 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Ernest Martinez, mise en scène Peter Sellars
Philippe Jaroussky, Davone Tines, Nora Kimball-Mentzos

Entrée au répertoire – Co-commande de l’Opéra National de Paris

Présentation de la saison lyrique 2017 / 2018 de l'Opéra de Paris

Benvenuto Cellini (Hector Berlioz - 1838) – Coproduction De Nationale Opera, Amsterdam, English National Opera, Opéra de Rome
Du 20 mars au 14 avril 2018 (9 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Terry Gilliam
John Osborn, Pretty Yende, Maurizio Muraro, Audun Iversen, Marco Spotti, Vincent Delhoume, Luc Bertin-Hugault, Rodolphe Briand, Michèle Losier, Se-jin Hwang

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 31 mars 1993

Parsifal (Richard Wagner - 1882) – Nouvelle Production
Du 27 avril au 23 mai 2018 (8 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Richard Jones
Andreas Schager, Peter Mattei, Anja Kampe, Evgeny Nikitin, Günther Groissböck, Jan-Hendrik Rootering 

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 23 mars 2008

Boris Godounov (Modeste Petrovitch Moussorgsky - 1869) – Nouvelle Production
Du 07 juin au 12 juillet 2018 (12 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Vladimir Jurowski, Damian Iorio, mise en scène Ivo van Hove
Ildar Abdrazakov, Ain Anger, Evgeny Nikitin, Evdokia Malevskaya, Ruzan Mantashyan, Alexandra Durseneva, Maxim Paster, Boris Pinkhasovich, Dmitri Golovin, Elena Manistina, Vasily Efimov, Mikhail Timoshenko, Maxim Mikhailov, Francisco Simonet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 24 mai 2005

Don Pasquale (Gaetano Donizetti - 1843) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden
Du 09 juin au 12 juillet 2018 (12 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Evelino Pido, mise en scène Damiano Michieletto
Lawrence Brownlee, Nadine Sierra, Michele Pertusi, Florian Sempey, Frédéric Guieu

Entrée au répertoire

Présentation de la saison lyrique 2017 / 2018 de l'Opéra de Paris

Les reprises

La Veuve Joyeuse (Franz Lehar - 1905)
Du 09 septembre au 21 octobre 2017 (15 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Jakub Hrusa, Marius Stieghorst, mise en scène Jorge Lavelli (1997)
José Van Dam, Valentina Nafornita, Thomas Hampson, Véronique Gens, Stephen Costello, Alexandre Duhamel, Karl-Michael Elbner, Peter Bording, Rebecca Jo Loeb, Michael Kranebitter, Edna Prochnik, Julien Arsenault, Yvonne Wiedstruk, Siegfried Jerusalem, Esthel Durand, Isabelle Escalier, Sylvie Delaunay, Virginia Leva-Poncet, Ghislaine Roux, Marie-Cécile Chevassus

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 02 avril 2012

Cosi fan Tutte (Wolfgang Amadé Mozart – 1790)
Du 09 septembre au 21 octobre 2017 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, Marius Stieghorst, Mise en scène Anne Teresa De Keersmaeker (2017)
Jacquelyn Wagner, Ida Falk Winland, Michèle Losier, Stéphanie Lauricella, Cyrille Dubois, Philippe Sly, Edwin Crossley-Mercer, Paulo Szot, Simone Del Savio, Ginger Costa-Jackson, Maria Celeng

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 19 février 2017

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy – 1902)
Du 19 septembre au 06 octobre 2017 (5 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, Mise en scène Robert Wilson (1997)
Etienne Dupuis, Luca Pisaroni, Franz-Josef Selig, Thomas Dear, Elena Tsallagova, Anna Larsson, Jodie Devos

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 28 février 2015

Falstaff (Giuseppe Verdi – 1893)
Du 20 octobre au 16 novembre 2017 (7 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Fabio Luisi, Mise en scène Dominique Pitoiset (1999)
Bryn terfel, Franco Vassallo, Francesco Demuro, Graham Clark, Riodolphe Briand, Thomas Dear, Aleksandra Kurzak, Julie Fuchs, Varduhi Abrahamyan, Julie Pasturaud

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 24 mars 2013

La Clémence de Titus (Wolfgang Amadé Mozart – 1791)
Du 15 novembre au 25 décembre 2017 (15 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Dan Ettinger, Mise en scène Willy Decker (1997)
Ramon Vargas, Michael Spyres, Amanda Majeski, Aleksandra Kurzak, Valentina Nafornita, Christina Gansch, Stéphanie d’Oustrac, Marianne Crebassa, Antoinette Dennefeld, Angela Brower, Marko Mimica

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 23 décembre 2013

Un ballo in Maschera (Giuseppe Verdi – 1859)
Du 16 janvier au 10 février 2018 (9 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Bertrand de Billy, Mise en scène Gilbert Deflo (2007)
Marcelo Alvarez, Piero Pretti, Simone Piazzola, Anja Harteros, Sondra Radvanovsky, Luciana D’Intino, Nina Minasyan, Mikhail Timoshenko, Marko Mimica, Thomas Dear, Vincent Morell, Hyoung-Min Oh

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 23 mai 2009

Le Barbier de Séville (Gioacchino Rossini – 1816)
Du 24 janvier au 16 février 2018 (9 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Riccardo Frizza, Mise en scène Damiano Michieletto (2014)
René Barbera, Levy Sekgapane, Simone Del Savio, Olga Kulchynska, Massimo Cavalletti, Florian Sempey, Nicolas Testé, Pietro Di Bianco, Julie Boulianne, Olivier Ayault

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 04 mars 2016

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853)
Du 02 février au 28 février 2018 (8 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, Mise en scène Benoît Jacquot (2014)
Anna Netrebko, Marina Rebeka, Virginie Verrez, Isabelle Druet, Rame Lahaj, Charles Castronovo, Vitaliy Bilyy, Placido Domingo, Julien Dran, Philippe Rouillon, Tiago Matos, Tomislav Lavoie, John Bernard

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 29 juin 2016

Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine (Bela Bartok / Francis Poulenc – 1918 / 1959)
Du 17 mars au 29 mars 2018 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Ingo Metzmacher, Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2015)
John Relyea, Ekaterina Gubanova, Barbara Hannigan

Œuvres jouées pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 décembre 2015

Orphée et Eurydice (Christoph Willibald Gluck – 1774)
Du 24 mars au 06 avril 2018 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, Manlio Benzi, Mise en scène Pina Bausch (2005)
Maria Riccarda Wesseling, Agata Schmidt, Yun Jung Choi, Chiara Skerath 

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 21 mai 2014

L’Heure espagnole / Gianni Schicchi (Maurice Ravel / Giacomo Puccini – 1911 / 1918) – Coproduction Seji Ozawa Opera Project
Du 17 mai au 17 juin 2018 (10 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Maxime Pascal, Mise en scène Laurent Pelly (2004)
Clémentine Margaine, Michèle Losier, Stanislas de Barbeyrac, Philippe talbot, Alessio Arduini, Thomas Dolié, Nicolas Courjal
Artur Rucinski, Elsa Dreisig, Rebecca De Pont davies, Vittorio Grigolo, Philippe Talbot, Emmanuelle de Negri, Nicolas Courjal, Maurizio Muraro, Jean-Luc Ballestra, Isabelle Druet, Pietro Di Bianco, Tomasz Kumiega, Mateuse Hoedt, Piotr Kumon

Œuvres jouées pour la dernière fois au Palais Garnier le 07 avril 2004

Il Trovatore (Giuseppe Verdi – 1853) - Coproduction De Nationale Opera, Amsterdam, Opéra de Rome
Du 20 juin au 14 juillet 2018 (14 représentations à l’Opéra Bastille)
Direction musicale Maurizio Benini, Mise en scène Alex Ollé (2016)
Zeljo Lucic, Gabriele Viviani, Sondra Radvanovsky, Elena Stikhina, Anita Rachvelishvili, Ekaterina Semenchuk, Marcelo Alvarez, Roberto Alagna, Yusif Eyvazov, Mika kares, Elodie Hache, Yu Shao, Lucio Prete, Luca Sannai

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 15 mars 2016

Présentation de la saison lyrique 2017 / 2018 de l'Opéra de Paris

Premières impressions sur la saison 2017 / 2018

Le rythme de production

Pour sa troisième saison à la direction de l'Opéra National de Paris, Stéphane Lissner se tient à une ligne de renouvellement intense avec 9 nouvelles productions (dont 5 en coproductions), plus une nouvelle production à l'amphithéâtre, Reigen (La Ronde) de Philippe Boesmans, mise en scène par Christiane Lutz.

Parmi les nouveautés, une rareté, Jephta de Haendel, un grand classique, Don Pasquale de Donizetti, et une création récente, Only The sound remains de Kaija Saariaho, entrent au répertoire.

Le grand répertoire français de l'Opéra de Paris

Et, à l'instar de Samson et Dalila, la saison passée, Don Carlos et Benvenuto Cellini, deux autres ouvrages en langue française créés à la salle Le Peletier, avant la construction du Palais Garnier, qui n'avaient plus été représentés depuis au moins 25 ans, font leur retour sur scène, avec le soutien, notamment, du Cercle Berlioz, un groupe de mécènes engagés à faire revivre les oeuvres du grand répertoire.

Cependant, la création du second volet sur la littérature française, Bérénice, d'après Racine, sur une musique de Michael Jarrell et dans la mise en scène de Claus Guth, est, elle, reportée à la saison 2018/2019.

En revanche, aucun des quatre compositeurs français du XIXe siècle habituellement les plus joués, Bizet, Massenet, Gounod, Offenbach ne revient cette saison, au bénéfice de Debussy, Ravel et Poulenc.

Giuseppe Verdi

Fait unique, Giuseppe Verdi bat tous ses records de représentations, dans l'histoire de l'Opéra de Paris, puisque cinq de ses opéras sont programmés pour un total de 49 soirées (le quart de la programmation 2017/2018!).

La Bohème

Après 20 ans de service, la production de La Bohème par Jonathan Miller disparaît au profit de la nouvelle mise en scène de Claus Guth. A cette occasion, La Bohème rejoint Les Noces de Figaro en tête des oeuvres les plus jouées (un peu plus de 200 soirées pour chacun de ces deux ouvrages) depuis le début de l'ère Liebermann (1973-1980).

L'équilibre du répertoire sur 3 ans

Ainsi, les trois premières années du mandat de Stéphane Lissner montrent une logique programmatique très proche de celle d'Hugues Gall, le directeur de la période 1995-2004, dont 5 productions sont reprises en 2017/2018 (La Veuve Joyeuse, Pelléas et Mélisande, Falstaff, La Clémence de Titus, L'Heure espagnole / Gianni Schicci).

Cette logique s'appuie sur la présence d'une forte proportion du répertoire du XIXe siècle, notamment parmi les nouvelles productions (seul Pierre Berger avait jusqu'à présent consacré 60% de ses nouveautés au siècle des révolutions industrielles), sans négliger pour autant le répertoire slave (Nicolas Joel n'avait programmé aucune nouvelle production dans cette langue en cinq ans).

Les metteurs en scène

Certes, Lissner ne prend pas autant de risques que Mortier pour défendre le répertoire du XXe siècle, dans un contexte budgétaire moins facile, il est vrai, mais il livre dans le même esprit ses productions aux mains de véritables metteurs en scène de théâtre, ce qui permet de relancer le renouvellement scénique de l'opéra qui avait été stoppé net par Nicolas Joel.

Confier ainsi la première nouvelle production de la saison, Don Carlos, en version originale française, à Krzysztof Warlikowski, et la faire suivre par De la Maison des Morts, dans la mise en scène de Patrice Chéreau, est un signe fort qui symbolise le mieux la philosophie de cette première partie de mandat. L'arrivée d' Ivo van Hove, pour la mise en scène de Boris Godounov, renforce par ailleurs cette logique.

Spécificité musicale

Se distingue également un regroupement inédit d'oeuvres d'une très grande valeur musicale, car, pour la première fois, Moussorgsky, Debussy et Berlioz (avec Benvenuto Cellini et Romeo et Juliette - sous forme de ballet -) sont joués au cours de la même saison.

Les artistes

De grands chefs (Jordan, Metzmacher, Salonen, Dudamel, Christie, Jurowski ...), des stars (Netrebko, Kaufmann, Yoncheva, Terfel, Alvarez, Harteros, Jaroussky ...), des jeunes qui montent (Spyres, Dupuis, Losier, Lemieux, Margaine ...), des vétérans (Jerusalem, Domingo, van Dam ...).

Au total, ce sont plus de 200 représentations d'opéras qui sont prévues - en incluant la reprise de l'Opéra-Ballet Orphée et Eurydice -, ce qui est le record de l'institution.

Les tarifs 2017/2018 - une baisse de 5%, en moyenne, du prix du billet

En moyenne, le prix du billet d'opéra, à Bastille, passe à 126 euros, en baisse de 5% par rapport à la saison précédente. Ceci est du à la simplification de la grille tarifaire qui s'accompagne de la disparition de la classe des prix 5 à 195 euros au profit de la classe 5 à 180 euros.

Ainsi, si les prix des catégories de billets inférieures à 100 euros (1/3 des places) sont stables, ceux des catégories de billets au delà de 100 euros baissent de 10% environ, d'autant plus que les majorations, pour certaines soirées, ne dépassent pas 10%, au lieu des 20% de la saison en cours.

La distribution des prix selon les oeuvres reste, comme cette saison, très importante, 90 euros en moyenne, certains soirs, pour De la Maison des Morts et Pelléas et Mélisande, et 150 euros en moyenne, certains soirs, pour Don Carlos, La Bohème, La Traviata, Parsifal, Boris Godounov, Benvenuto Cellini.

Pour la première fois, depuis l'ouverture de Bastille, les prix se tassent, les ressources de mécénat et des activités commerciales restant fondamentales pour garantir l'équilibre budgétaire d'une maison vouée au plus complexe, mais fragile, des arts vivants.

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Publié le 12 Juillet 2016

L'article qui suit cherche à donner une idée de l'impact des sites internet de musique classique et lyrique français (sites marchands, revues musicales, radios musicales, forum de discussions, Opéras Nationaux) sur le public amateur ou averti.

Le point de départ est le site de mesure d'audience Similarweb.com (une jeune compagnie britannique de technologie de l'information) qui donne, gratuitement, quelques indicateurs, à ne considérer que pour leurs ordres de grandeur, et un classement mondial des sites sélectionnés.

Il fournit, notamment, le nombre de visites par mois sur un site donné (sachant qu'une même personne physique peut consulter un site plusieurs fois par mois, depuis plusieurs machines différentes, et que le nombre de visites comprend également les visites de robots virtuels), mais il fournit aussi en complément l'origine des visites (accès direct, accès par moteur de recherche, réseaux sociaux), et la part des lecteurs qui résident en France.

Concert pour la fête de la Musique 2016 à l'Opéra Bastille

Concert pour la fête de la Musique 2016 à l'Opéra Bastille

Il nous faut donc élaborer une estimation du nombre de personnes physiques différentes, qui, au cours d'un même mois, ont consulté le site proposé au moins une fois.

Le tableau ci-dessous propose donc, en dernière colonne, pour chaque site internet, une estimation du nombre de lecteurs mensuels.

Quelques sites culturels ou médiatiques sont indiqués à titre de référence.

Cette estimation n'engage que l'auteur de cet article, et l'on notera que le classement mondial de Similarweb mesure l'activité sur les sites internet, activité qui n'est pas forcément proportionnelle au nombre de visiteurs.

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (1er semestre 2016)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (1er semestre 2016)

France Musique (www.francemusique.fr)
On connait la pression managériale que France Musique subit pour hausser son audience de 1,6% à 2%, c'est à dire celle de Radio Classique (www.radioclassique.fr). Pourtant, sur internet, France Musique double son audience (25 000 à 55 000 personnes par mois) par rapport à sa radio concurrente (15 000 à 30 000 auditeurs), ce qui est la preuve de sa richesse et de la valeur de son contenu intellectuel et culturel aussi important que le pur contenu musical.
 

L'Opéra National de Paris (www.operadeparis.fr)
Premier site d'Opéra en France avec 25 000 à 45 000 personnes en visite par mois (à comparer aux 55 000 personnes qui, chaque mois, se rendent à l'Opéra de Paris au moins une fois), le site de l'Opéra de Paris se trouve parmi les 100 000 premiers sites internet du monde avec le Metropolitan Opera, le Mariinsky et le Royal Opera House Covent Garden.
Les visiteurs étrangers représentent un tiers des visites sur internet.

 

Forum Opera (www.forumopera.com)
Avec 4500 à 9000 lecteurs par mois, ForumOpera est le premier magazine français du monde lyrique sur internet.

35 journalistes, dont la si touchante et sympathique Roselyne Bachelot, contribuent à rendre compte des représentations d'opéras dans le monde entier.

Le site comprend également nombre d'interviews d'artistes et une rubrique 'News' très dynamique.

Et, la moitié de ses visites provenant d'un accès direct et de bons relais sur les réseaux sociaux, la formule de ForumOpera permet de fidéliser un public quasi journalier.

Il est aussi actif que le site TouteLaCulture, site généraliste qui regroupe toutes les activités culturelles, concerts, expositions, cinéma, théâtre, danse .., bien que ce dernier ait le double de lecteurs mensuels, néanmoins plus occasionnels.

 

Music Opera (www.music-opera.com)
Spécialiste des spectacles classiques dans le Monde : Concerts, Opéras, Ballets, le site Music & Opera offre une base de données de plus de 50 000 spectacles, mise à jour quotidiennement, pour trouver rapidement les artistes et oeuvres que vous aimez et réservez vos places.

Il reçoit la visite de 4500 à 9500 personnes par mois, dont un peu moins de la moitié sont françaises.

 

Opera on Line (www.opera-online.com)
Avec 4000 à 8000 lecteurs par mois, OperaOnLine est le magazine des amateurs lyriques qui monte.
15 Chroniqueurs, dont Alain Duault, présentent des comptes-rendus de grande qualité des spectacles lyriques, et de nombreuses interviews exclusives d'artistes et d'acteurs du milieu lyrique.

Une alternative plus impartiale à ForumOpera, mais un public plus occasionnel également, le site étant très bien référencé et attirant des lecteurs sur des sujets très précis.

Un tiers de ses lecteurs sont étrangers, ce qui le différencie de son équivalent, plus ancien et plus francophone, Resmusica (www.resmusica.com).

 

ODB Opera Data Base (www.odb-opera.com)
ODB est un cas unique dans le paysage lyrique français sur le web. Ce forum, qui a plus de dix ans d'existence, se découvre par hasard - 15% seulement de son trafic provient des moteurs de recherches alors que 80% de ses accès sont des accès directs-, et son public est donc un public d'afficionados qui ne dépasse pas le millier de lecteurs par mois.

Sa formule de forum de discussions permet des échanges parfois très productifs quand ils se construisent entre membres n'ayant pas les mêmes points de vue sur la manière de représenter un spectacle ou d'apprécier l'art des chanteurs et musiciens.

Avec 5 fois moins de lecteurs que les magazines en ligne, il brasse une richesse d'informations qui profite aussi bien aux amateurs qu'aux professionnels du milieu parisien, principalement, ce qui le classe au même niveau que les sites cités précédemment.

 

Concert Classic (www.concertclassic.com)
Site complet abordant aussi bien la danse, la musique de chambre, baroque ou symphonique, Concert Classic réunit chaque mois de 1500 à 3000 lecteurs grâce aux comptes-rendus de sa quinzaine de chroniqueurs (Gilles Macassar, Jean-Charles Hoffelé, François Lesueur, Jacques Doucelin ...). Il permet de réserver en ligne des billets de spectacles et de consulter des vidéos et des interviews d'artistes.

 

Concertonet (www.concertonet.com), Olyrix (www.olyrix.com), Altamusica (www.altamusica.com), Avant-Scène Opéra (www.asopera.fr)
Ces sites de comptes rendus de musique classique et d'opéras touchent plusieurs centaines de lecteurs fidèles par mois (un millier pour Olyrix qui s'adresse à des lecteurs occasionnels), et contribuent toujours plus à diversifier les avis sur les spectacles chroniqués.

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Rédigé par David

Publié dans #Actualité

Publié le 26 Mars 2016

Visite du Palais Garnier - le 20 mars 2016

Pour la première journée de printemps, l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris organisait une visite de deux heures, le dimanche 20 mars matin, afin de faire découvrir les lieux les plus intéressants du Palais Garnier.

Des groupes d’une vingtaine de personnes étaient alors invités, tous les quarts-d’ heure, à monter le grand escalier puis à prendre les ascenseurs pour rejoindre directement les hauteurs du bâtiment.

Après un premier parcours à travers des couloirs étroits qui ouvraient sur des vues uniques de Paris, la visite débuta tout d'abord par le Studio Petipa de la grande Coupole.

Les secrets du Palais Garnier - Studios/Ateliers/Plateau/Bibliothèque

La Coupole – Studio Marius Petipa

Le Foyer de la Danse et le Studio Marius Petipa sont les studios de danse les plus prestigieux du Palais Garnier.

Juste au-dessous, se trouvent les petits studios Rudolf Noureev et Serge Lifar, séparés par une paroi centrale amovible qui permet d’en agrandir l’espace.

Les studios Chauviré et Zambelli se situent, eux, sous les deux autres coupoles latérales.

Marius Petipa est notamment connu pour sa carrière de chorégraphe et sa création du "Lac des Cygnes" avec Piotr Ilitch Tchaïkovski en 1895.

Nous sommes donc au-dessus de la salle de spectacle et de son grand lustre, mais nous ne sommes pas à l’endroit le plus élevé du bâtiment, puisque la cage de scène, utilisée pour camoufler les peintures en trompe l’œil et le fameux rideau de scène, se trouve encore plus haut.

Coupole du studio Marius Petipa

Coupole du studio Marius Petipa

Camouflé sous les stucs et les mosaïques, le squelette du bâtiment, visible dans ce studio, est en métal, et rappelle l’univers de la Tour Eiffel dont la construction débuta 12 ans après l’inauguration de l’Opéra, preuve que Charles Garnier eut recours aux technologies les plus modernes.

Le sol du studio est incliné de 5% afin de permettre aux danseurs de répéter en s’habituant à la pente de la scène conçue pour créer un effet de perspective vers la salle.

Avenue de l'Opéra

Avenue de l'Opéra

Les ateliers de couture

Le parcours se poursuit en descendant le long des flancs du Palais, pour atteindre les ateliers de couture, vaste complexe où pas moins de 150 tailleurs, couturières, modistes, décorateurs … œuvrent à l’embellissement des costumes ou à la réalisation de moulages à travers plusieurs ateliers.

Atelier de couture

Atelier de couture

L’atelier décoration

L’atelier décoration couvre tout ce qui complète la réalisation des costumes : peinture sur chaussons, raccords des collants, patine, affinage de la taille, épaisseur du volume.

On peut également y vieillir les costumes, les adapter à la morphologie des danseurs, confectionner les bijoux d’ornement et les accessoires de tête.

Les peintures utilisées sont par ailleurs testées sur les tissus.

On y trouve également des moulages pour la mise en volume, comme ceux des jouets de « Casse-Noisette » présentés sur des étagères. Ces jouets en petit modèle sont ensuite agrandis.

Atelier décoration

Atelier décoration

Le central costumes

C’est dans ce très intime comptoir recouvert de bois que tous les costumes sont rangés.

Nous sommes ainsi à la jonction entre le service Couture et le service Patrimoine – le stockage des costumes est réparti entre Bastille, Garnier et les ateliers Berthier.

Le service Couture utilise ces comptoirs pour préparer les costumes, la planification permettant de connaître la programmation des 2 ou 3 prochaines saisons.

En ce moment, on prépare les costumes pour "Giselle", maintenant que la distribution est connue, la première étant prévue le 28 mai 2016.

On regarde si les costumes vont encore aux danseuses ou bien s’ils doivent être refaits. Par exemple, cette couronne dont les couleurs du contour doivent être ajustées aux couleurs des cheveux de la danseuse.

Central costumes

Central costumes

Le central dispose d’un atelier laverie/pressing qui offre plusieurs possibilités de nettoyage, comme le nettoyage à sec, et dispose d’une machine à ozone, substance qui détruit la transpiration.

Les costumes sont enfin classés par catégories, ici les tutus de défilés, là les vestes des hommes …

Au total, 32 personnes en contrats à durée indéterminée et un nombre comparable d’intermittents travaillent pour ce service.

Maquette de l'Opéra Garnier en coupe longitudinale, visible au Musée d'Orsay

Maquette de l'Opéra Garnier en coupe longitudinale, visible au Musée d'Orsay

Le Foyer de la danse

Nous redescendons ensuite à l’arrière du Palais Garnier pour rejoindre le Foyer de la danse que les spectateurs ont pu revoir dans la reprise de la production de « Capriccio » par Robert Carsen.

Il est surmonté de 20 médaillons qui représentent les danseuses les plus célèbres depuis sa création, mais il est dorénavant fermé au public depuis 1935, quand Jacques Rouché, le directeur de l’époque, ne voulut plus permettre aux abonnés de venir au Palais Garnier pour rencontrer les danseuses

Cette salle d’échauffement possède, à l’instar du Studio Marius Petipa, une pente de 5%, orientée à l’opposé de celle du plateau.

Le Foyer de la danse

Le Foyer de la danse

Le Plateau

Quelques mètres suffisent pour rejoindre le plateau où se trouve actuellement l’arrière du décor de « Iolanta ».

Le treuil et la pente de la scène sont utilisés pour avancer ce décor vers la salle, pente que l’on retrouve dans tous les théâtres à l’italienne pour permettre aux scénographes du XVIIème et XVIIIème siècle de créer des illusions d’optique.

Charles Garnier a donc hérité du savoir-faire de ses prédécesseurs, mais a également profité de l’apport de la Révolution Industrielle pour construire son théâtre de fer et de fonte.

Ainsi, l’apparition des décors, depuis le dessous de scène situé 15m en profondeur, est rendue possible par l’utilisation d’une ossature de fer.

Cette cage de scène a ensuite été sensiblement modifiée en 1995 par l’électrification du cintre sur lequel sont installés des moteurs électriques reliés à des ordinateurs.

Les techniciens peuvent actionner 83 porteuses, chacune pouvant porter 850 kg, et les manœuvrer à n’importe quelle vitesse pour engendrer des apparitions ou des disparitions.

Décor arrière de "Iolanta" vu depuis le plateau de scène

Décor arrière de "Iolanta" vu depuis le plateau de scène

Au théâtre on utilise les mots « charger » et « appuyer », termes très particuliers à ce monde qui est l’héritier de celui de la voile. En effet, les premiers machinistes étaient sûrement des charpentiers de marine qui réalisaient les cages de scène, les cabestans et les dessous de scène. Faire apparaitre une toile ou carguer une voile relève finalement du même métier.
 

Et pour « Iolanta/Casse-Noisette », par moins de 12 machinistes, 3 cintriers, 8 électriciens, 6 accessoiristes, et 3 techniciens vidéo sont nécessaires au déroulement du spectacle.

Allée de la Bibliothèque

Allée de la Bibliothèque

La Bibliothèque

En longeant le plateau par la droite, nous rejoignons la bibliothèque qui est partiellement ouverte au public. Quinze personnes y travaillent.

La salle de lecture de la Bibliothèque Nationale de France, où l’on trouve les partitions des compositeurs depuis le XVIIième siècle, est totalement dédiée au monde de l’opéra.

18 places sont ainsi réservées à ceux qui disposent de sujets de recherches suffisamment sérieux pour y avoir accès.

Détail de la salle de lecture

Détail de la salle de lecture

La Bibliothèque a été créée en 1866, et fut installée dans ces lieux en 1880, à la place de l’ancien salon de Napoléon III situé au-dessus de l’entrée qui porte le même nom.

On y conserve deux exemplaires de tout ce qui est imprimé, et des chefs d’orchestre y viennent pour comparer les différentes partitions et préparer leurs interprétations.

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Publié le 14 Février 2016

Présentation de la saison Lyrique 2016 / 2017 de l’Opéra National de Paris
Hotel Intercontinental Paris Le Grand

Le vendredi 12 février, au salon Opera de l'Hotel Intercontinental Paris le Grand

Depuis le mercredi 10 février, la seconde saison de Stéphane Lissner à la direction de l’Opéra National de Paris est dévoilée. Elle comprend 4 nouvelles productions et 5 coproductions.

Aux 17 œuvres scéniques jouées dans les grandes salles, s’ajoutent deux productions à l’amphithéâtre Bastille, et une version de concert de ‘Béatrice et Bénédict’, interprétée pour un seul soir à l’Opéra Garnier.

Affiche d'Eliogabalo - ouvrage d'ouverture de la saison 2016/2017

Affiche d'Eliogabalo - ouvrage d'ouverture de la saison 2016/2017

Après avoir présenté aux abonnés, au cours de l’après-midi, sa seconde saison, alors que seule la moitié de sa première saison s’est déroulée, Stéphane Lissner s’est à nouveau plié à l'exercice de la présentation des œuvres pour l’Association pour le Rayonnement de L’Opéra de Paris, en s’appuyant sur des présentations filmées de Thomas Jolly, Dmitri Tcherniakov, Luca Francesconi, ou bien des extraits de la mise en scène de Krzysztof Warlikowski pour la reprise d’'Iphigénie en Tauride', qu’il a présenté avec un regard particulièrement malicieux.

Se confirment la poursuite du cycle wagnérien (‘Lohengrin’) et du cycle Berlioz (‘Béatrice et Bénédicte’) dirigé par Philippe Jordan, le début du cycle de créations sur la littérature française (‘Trompe La Mort’), et la venue des grandes stars telles Jonas Kaufmann, Anna Netrebko, René Pape ou bien Roberto Alagna.

Stéphane Lissner n’a pas manqué de présenter la reprise de ‘Wozzeck’ comme un hommage à Pierre Boulez qui le fit entrer au répertoire de l’Opéra de Paris en 1963.

Et transparaît d'abord, tout au long de sa présentation, son attachement aux artistes qu’ils soient chanteurs, danseurs, musiciens ou metteurs en scène.

Stéphane Lissner

Stéphane Lissner

Les Nouvelles productions


Eliogabalo (Francesco Cavalli - 1667)
Du 16 septembre au 15 octobre (12 représentations à l'opéra Garnier)

Direction musicale Leonardo Garcia Alarcon, Mise en scène Thomas Jolly
Franco Fagioli, Paul Groves, Nadine Sierra, Valer Sabadus, Elin Rombo, Mariana Flores, Matthew Newlin
Coproduction avec De Nationale Opera, Amsterdam

Cet opéra dont le sujet est Heliogabale, adolescent devenu Empereur à 14 ans et mort à 17 ans, assassiné par la foule, a été censuré après sa composition en 1667. C’est uniquement en 2004 que René Jacobs le fera découvrir à la Monnaie de Bruxelles.

L’ouvrage est violent, magnifique, et c’est un grand spécialiste de Cavalli, Leonardo Garcia Alarcon, qui va le diriger. Thomas Jolly, que l’on a pu découvrir à Avignon dans la grande saga Shakespearienne ‘Henry VI’, fera ses débuts à l’Opéra de Paris pour mettre en scène ce personnage sanguinaire fascinant.


Samson et Dalila (Camille Saint-Saëns - 1877)
Du 04 octobre au 05 novembre (11 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, Mise en scène Damiano Michieletto
Anita Rachvelishvili, Aleksandrs Antonenko, Egils Silins, Nicolas Testé, Frédéric Guieu
Coproduction avec le Metropolitan Opera, New York

Ce chef d’œuvre de l’opéra français du XIXème siècle n’a pas été monté depuis 25 ans à l’Opéra de Paris. Anita Rachvelishvili, découverte à la Scala de Milan dans ‘Carmen’, interprétera le rôle principal.

 

Cavalleria Rusticana / Sancta Susanna (Pietro Mascagni – 1890 / Paul Hindemith - 1922)
Du 30 novembre au 23 décembre (9 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, Mise en scène Mario Martone
Elīna Garanča, Elena Zhidkova, Yonghoon Lee, Marco Berti, Elena Zaremba, Stefania Toczyska, Vitaliy Bilyy, Antoinette Dennefeld
Anna Caterina Antonacci, Renée Morloc, Sylvie Brunet-Grupposo
Production du Teatro alla Scala, Milan (Cavalleria Rusticana) et Nouvelle production (Sancta Susanna)

 

Lohengrin (Richard Wagner - 1850)
Du 18 janvier au 18 février (11 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, Mise en scène Claus Guth
René Pape, Rafal Siwek, Jonas Kaufmann, Stuart Skelton, Martina Serafin, Edith Haller, Wolfgang Koch, Tomasz Konieczny, Evelyn Herlitzius, Michaela Schuster, Egils Silins
Production du Teatro Alla Scala, Milan

Le salon Opera de l'Hotel InterContinental Paris Legrand

Le salon Opera de l'Hotel InterContinental Paris Legrand

Cosi fan Tutte (Wolfgang Amadé Mozart - 1790)
Du 26 janvier au 19 février (9 représentations à l'opéra Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, Mise en scène Anne Teresa De Keersmaeker
Jacquelyn Wagner, Ida Falk-Winland, Michèle Losier, Stephanie Lauricella, Frédéric Antoun, Cyrille Dubois, Philippe Sly, Edwin Crossley-Mercer, Paulo Szot, Simone Del Savio, Ginger Costa-Jackson, Maria Celeng
Coproduction avec La Monnaie/De Munt, Bruxelles

 

Carmen (Georges Bizet - 1875)
Du 10 mars au 14 avril et du 13 juin au 16 juillet (25 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Lionel Bringuier, Mark Elder, Mise en scène Calixto Bieito
Roberto Alagna, Bryan Hymel, Roberto Tagliavini, Ildar Abdrazakov, Boris Grappe, François Rougier, François Lis, Jean-Luc Ballestra, Clémentine Margaine, Varduhi Abrahamyan, Anita Rachvelishvili, Elīna Garanča, Aleksandra Kurzak, Nicole Car, Maria Agresta, Vannina Santoni, Antoinette Dennefeld
Nouvelle production

Roberto Alagna n’a jamais chanté Don José à Paris, et Clémentine Margaine fera ses débuts à ses côtés en Carmen.

 

Trompe-la-Mort (Luca Francesconi - 2017)
Du 16 mars au 05 avril (6 représentations à l'opéra Garnier)

Direction musicale Susanna Mälki, Mise en scène Guy Cassiers
Thomas Johannes Mayer, Julie Fuchs, Cyrille Dubois, Jean-Philippe Lafont, Ildikó Komlósi, Philippe Talbot, Béatrice Uria-Monzon, Chiara Skerath, Laurent Naouri, François Piolino, Rodolphe Briand, Laurent Alvaro
Création mondiale – Commande de l’Opéra National de Paris

 

La Fille de Neige - Snegourotchka (Nikolai Rimski-Korsakov - 1882)
Du 15 avril au 03 mai (8 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Mikhail Tartarnikov, Mise en scène Dmitri Tcherniakov
Aida Garifullina, Rupert Enticknap, Martina Serafin, Luciana D'Intino, Carole Wilson, Vasily Efimov, Olga Oussova, Ramón Vargas, Thomas Johannes Mayer, Vladimir Ognovenko, Franz Hawlata
Nouvelle production

 

La Cenerentola (Gioacchino Rossini - 1817)
Du 10 juin au 13 juillet (12 représentations à l'opéra Garnier)

Direction musicale Ottavio Dantone, Mise en scène Guillaume Gallienne
Juan José De León, Alessio Arduini, Maurizio Muraro, Chiara Skerath, Isabelle Druet, Teresa Iervolino, Roberto Tagliavini
Nouvelle Production

Luca Francesconi - compositeur de Trompe-la-Mort

Luca Francesconi - compositeur de Trompe-la-Mort

Les reprises

 

Tosca (Giacomo Puccini - 1900)
Du 17 septembre au 18 octobre (11 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, Mise en scène Pierre Audi
Anja Harteros, Liudmyla Monastyrska, Marcelo Alvarez, Bryn Terfel, Alexander Tsymbalyuk, Sergey Artamonov, Jean-Philippe Lafont

 

Lucia di Lammermoor (Gaetano Donizetti - 1835)
Du 14 octobre au 16 novembre (10 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Ricardo Frizza, Mise en scène Andrei Serban
Artur Ruciński, Pretty Yende, Nina Minasyan, Piero Pretti, Abdellah Lasri, Oleksiy Palchykov, Raimondo Bidebent, Rafal Siwek, Gemma Ní Bhriain

 

Les Contes d’Hoffmann (Jacques Offenbach - 1881)
Du 02 au 27 novembre (9 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, Mise en scène Robert Carsen
Sabine Devieilhe, Kate Aldrich, Ermonela Jaho, Stéphanie d'Oustrac, Doris Soffel, Jonas Kaufmann, Stefano Secco, Rodolphe Briand, Cyrille Lovighi, Paul Gay, Yann Beuron, Roberto Tagliavini

 

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck - 1779)
Du 02 au 25 décembre (9 représentations à l'opéra Garnier)

Direction musicale Bertrand de Billy, Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Véronique Gens, Étienne Dupuis, Stanislas de Barbeyrac, Thomas Johannes Mayer, Ruzan Mantashyan

Parterre du Palais Garnier lors du récital de René Pape le dimanche 7 février soir.

Parterre du Palais Garnier lors du récital de René Pape le dimanche 7 février soir.

La Flûte Enchantée (Wolfgang Amadé Mozart - 1791)
Du 23 janvier au 23 février (17 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Henrik Nánási, Mise en scène Robert Carsen
Stanislas de Barbeyrac, Pavol Breslik, Gabriela Scherer, Annika Schlicht, Nadine Weissmann, Michael Volle, Florian Sempey, Christina Gansch, René Pape, Tobias Kehrer, Andreas Conrad, Nadine Sierra, Kate Royal, Elsa Dreisig, Albina Shagimuratova, Sabine Devieilhe, José Van Dam, Sebastian Pilgrim, Paul Kaufmann

 

Wozzeck (Alban Berg - 1925)
Du 26 avril au 15 mai (7 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Michael Schønwandt, Mise en scène Christoph Marthaler
Johannes Martin Kränzle, Štefan Margita, Florian Hoffmann, Stephan Rügamer, Kurt Rydl, Mikhail Timoshenko, Birger Radde, Rodolphe Briand, Gun-Brit Barkmin, Eve-Maud Hubeaux

 

Eugène Onéguine (Piotr Ilyitch Tchaikovski - 1879)
Du 16 mai au 14 juin (10 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Edward Gardner, Mise en scène Willy Decker
Elena Zaremba, Anna Netrebko, Sonya Yoncheva, Varduhi Abrahamyan, Hanna Schwarz, Peter Mattei, Pavel Cernoch, Arseny Yakovlev, Alexander Tsymbalyuk, Raúl Giménez, Vadim Artamonov

 

Rigoletto (Giuseppe Verdi - 1851)
Du 27 mai au 27 juin (11 représentations à l'opéra Bastille)

Direction musicale Daniele Rustoni, Mise en scène Claus Guth
Vittorio Grigolo, Željko Lučić, Nadine Sierra, Kwangchul Youn, Elena Maximova, Marie Gautrot, Robert Pomakov, Christophe Gay, Julien Dran, Mikhail Timoshenko, Joanna Jakubas

La Fille de Neige - Snegourotchka - nouvelle production

La Fille de Neige - Snegourotchka - nouvelle production

Version de Concert

 

Béatrice et Bénédict (Hector Berlioz - 1862)
Le 24 janvier (1 représentation à l'opéra Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan
François Lis, Florian Sempey, Sabine Devieilhe, Stéphanie d'Oustrac, Aude Extrémo, Laurent Naouri

Dans la continuité du cycle Berlioz, qui se poursuivra les prochaines saisons avec 'Benvenuto Cellini' et 'Les Troyens', ‘Béatrice et Bénédict’ sera joué un seul soir, à Garnier, avec une distribution essentiellement française.


A L’amphithéâtre Bastille

 

Owen Wingrave (Benjamin Britten - 1971)
Du 19 au 28 novembre (5 représentations à l'amphithéâtre Bastille)
Direction musicale Stephen Higgins, Mise en scène Tom Creed
Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris

En pleine guerre du Vietnam, Benjamin Britten aborde un sujet difficile et controversé, miroir de ses propres convictions. Le pacifisme est-il un acte de lâcheté ou une volonté de sortir de l'engrenage de la guerre afin d'accéder à un monde où règne la paix?

 

Les Fêtes d’Hébé ou Les Talens liriques (Jean-Philippe Rameau - 1739)
Du 22 au 25 mars (3 représentations à l'amphithéâtre Bastille)

Direction musicale Jonathan Williams, Mise en scène Thomas Lebrun
Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris
Coproduction avec le Centre de musique baroque de Versailles
En partenariat avec le Royal College of Music, London

Le Prologue met en scène Hébé, déesse de la jeunesse, harcelée par les Plaisirs et obligée de fuir l'Olympe pour trouver son salut dans les bras de l'Amour.

Détail d'architecture du salon Opera du Grand Hotel

Détail d'architecture du salon Opera du Grand Hotel

Première impression sur cette saison 2016/2017

 

Avec 7 ouvrages programmés, la langue française est nettement plus représentée qu'à l'accoutumée (généralement 4 ou 5 ouvrages), et le répertoire slave devrait faire l'évènement à deux reprises, d’abord avec la nouvelle production de 'La Fille de neige’ – œuvre d’un compositeur, Nikolai Rimski Korsakov, absent depuis plus de 40 ans de l’Opéra de Paris -, puis avec la reprise d’'Eugène Onéguine' avec Anna Netrebko et Peter Mattei.

Tous les ouvrages, y compris les reprises, ont leur intérêt par le choix des interprètes, qu’ils soient des stars aguerries ou bien des artistes en plein envol.

11 nouvelles productions dont 1 création mondiale, 'Trompe-la-Mort', 1 opéra baroque quasiment injoué, 'Eliogabalo', près de 190 représentations, de nouveaux metteurs en scène, Guy Cassiers, Mario Martone, Anne Teresa De Keersmaeker, mais aussi Thomas Jolly et Guillaume Gallienne, un équilibre entre le répertoire classique/baroque et le répertoire du XX/XXIème siècle, l'abondance de propositions fait tourner la tête.

4 de ces nouvelles productions, 'La Cenerentola', 'Cosi fan Tutte', 'Carmen', 'Cavalleria Rusticana', viendront par ailleurs remplacer les anciennes productions présentées par Nicolas Joel.

Paul Hindemith, qui a été servi par deux très belles productions, 'Cardillac' et 'Mathis der Maler' , grâce à Gerard Mortier et Nicolas Joel, continue également sa progression au répertoire avec 'Sancta Susanna'.

Quant à Benjamin Britten, joué qu'une seule fois au cours des 13 années précédentes, il entame un retour à l'Opéra de Paris avec 'Owen Wingrave', à l'amphithéâtre Bastille, qui se poursuivra la saison d'après avec une nouvelle production de 'Billy Budd' par Deborah Warner.

Dmitri Tcherniakov - metteur en scène de La Fille de Neige - Snegourotchka

Dmitri Tcherniakov - metteur en scène de La Fille de Neige - Snegourotchka

Enfin, la nouvelle production de 'Lohengrin', en provenance de la Scala, est naturellement très attendue, non seulement parce qu'elle va remplacer l'ancienne production déclassée de Robert Carsen, non seulement pour la présence de Jonas Kaufmann, mais aussi pour les débuts à l'Opéra National de Paris de la soprano allemande Evelyn Herlitzius.

Cependant, les opéras interprétés par Jonas Kaufmann, qui revient deux fois cette saison, ou par Anna Netrebko seront majorés de 20% dès la catégorie 8 (35 euros).

En contrepartie, la direction a revu le plan de salle à Bastille - voir l'article sur le prix des places à l'ONP pour 2016/2017 - afin d'augmenter sensiblement le contingent de places à moins de 60 euros, ce qui donne, de la part de l'Opéra de Paris, une image de résistance aux contraintes économiques et une détermination que l’on arrive à peine à croire.

On rêverait juste de voir cesser les petites campagnes parisiennes qui tentent de gêner le mouvement de la direction pour rénover son fonctionnement et offrir le plus de propositions possibles.

Car jamais une équipe dirigeante n’aura donné une telle impression d’intelligence et de force dans son approche d'ensemble, valorisée par un contexte très contraignant. Son seul défaut est de trop miser sur la volonté de comprendre de ses observateurs et détracteurs.

 

Il est possible de revoir sur Medici.tv la vidéo de présentation aux abonnés au Palais Garnier.

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Publié le 14 Février 2016

Une nouvelle version de cette article, étendue au mandat de Stéphane Lissner de 2015 à 2021, est dorénavant disponible depuis le 18 avril 2019 sur le lien suivant :

Prix des places et politique tarifaire - Opéra National de Paris de 1998 (Hugues Gall) à 2020 (Stéphane Lissner)

 

Article du 14 février 2016

L’annonce de la seconde saison de Stéphane Lissner à la direction de l’Opéra National de Paris a créé la surprise en révélant 11 nouvelles productions, dont 9 dans les grandes salles.

Mais il a également dérouté quelque peu les spectateurs en présentant un plan de salle totalement repensé à l'Opéra Bastille, sans que l’on puisse dire du premier coup d'oeil si elle accompagne une augmentation du prix des places.

La politique tarifaire de l’Opéra National de Paris entre 1998 et 2012 a en effet fait l’objet d’un long article sur ce site même, complété par une analyse de l’augmentation de tarif décidée par Christophe Tardieu, l’adjoint de Nicolas Joel, en 2013.

Affiche de la reprise des Contes d'Hoffmann en octobre 2016

Affiche de la reprise des Contes d'Hoffmann en octobre 2016

Ajout de deux catégories intermédiaires à 170 euros et 50 euros

Le plan de salle 2016/2017 à Bastille comprend 11 catégories, soit 2 de plus que cette saison.

Apparaissent ainsi une catégorie à 50 euros (catégorie 7), qui regroupe certaines places à 70 euros et à 35 euros de la saison précédente, et une catégorie à 170 euros (catégorie 2) qui permet d’étaler les places entre 100 et 210 euros sur 6 catégories au lieu de 5 habituellement.

45 places à 35 euros (sur 245) passent en effet à 50 euros, et 55 places à 70 euros passent à 50 euros.

Mais 8 places à 35 euros sont par ailleurs déclassées à 15 euros, ce qui porte à 112 le nombre de places, chaque soir, à 5 ou 15 euros.

Plan de salle de l'Opéra Bastille pour la saison 2016/2017

Plan de salle de l'Opéra Bastille pour la saison 2016/2017

La répartition des prix par catégories devient ainsi plus équitable et ajustée au confort acoustique et visuel.
Il n’y a plus le passage brutal de 35 à 70 euros entre les catégories 6 à 5, qui est maintenant gradué entre les catégories 8, 7 et 6.

La forme de ce nouveau plan de salle semble donc démontrer que l’Opéra National de Paris dispose d’un nouvel outil de planification et de simulation pour optimiser le découpage en catégories.

Augmentation du nombre de places à prix inférieur à 60 euros

Le tableau qui suit montre l’évolution des prix depuis 1998.

Pour la première fois, depuis 2011, le nombre de places à moins de 60 euros, pour le lyrique à Bastille, remonte sensiblement à 415 par soir (contre 340 la saison précédente), soit 58000 places au cours de la saison, en incluant les 32 places debout à 5 euros chaque soir (4450 places).

Nombre de places par tranches de 30 euros pour le lyrique à Bastille de 1998 à 2017

Nombre de places par tranches de 30 euros pour le lyrique à Bastille de 1998 à 2017

Il y a même 750 places, en moyenne, à moins de 90 euros, soit 75 de plus qu’en 2015/2016.

On remarque en effet que certaines reprises, 'Wozzeck' et 'Lucia di Lammermoor', sont proposées à des tarifs bas, moins de 150 euros en catégorie optima, tarification qui n'avait pas été utilisée cette saison. En fait, pour une même tarification, le gain est plutôt de 20 places.

On constate également que les reprises de 'La Flûte enchantée' et de 'Tosca' sont vendues 10% moins cher qu'en 2014/2015 pour six soirées.

En revanche, dans la partie élevée des prix, l’éclatement de la catégorie 1, dont certaines places sont passées en optima, et d’autres en catégorie 2, augmente le nombre moyen de places à plus de 180 euros (passage de 515 à 580 places chaque soir).

Variation du prix moyen selon l’ouvrage, les artistes invités et le soir

Autre nouveauté, la distribution du prix moyen de la place d’opéra, selon l’oeuvre et les artistes invités, s’élargit.

En 2015/2016, le prix moyen pour la reprise du 'Barbier de Séville', certains soirs, est de 105 euros, alors que le prix moyen de la 'Damnation de Faust' ou du 'Trouvère' est de 155 euros, certains soirs.

En 2016/2017, le prix moyen pour la reprise de 'Wozzeck', certains soirs, est de 90 euros, alors que le prix moyen des 'Contes d’Hoffmann' (avec Jonas Kaufmann) ou d’'Eugène Onéguine' (avec Anna Netrebko) est de 170 euros, bien que les productions soient des reprises.

Les soirs avec Jonas Kaufmann et Anna Netrebko sont en effet majorés de 20%, pour toutes les catégories, hors places à 5 et 15 euros.

Parterre et balcons de l'Opéra Bastille - juillet 2010

Parterre et balcons de l'Opéra Bastille - juillet 2010

Préservation du prix moyen de la place d’opéra sur toute la saison

Globalement, le prix moyen des places sur toute la saison lyrique à Bastille reste inchangé à 135 euros.

L’Opéra National de Paris réussit donc à augmenter le nombre de places accessibles dans la gamme de tarifs à moins de 60 euros (+25%), et à augmenter le nombre de places dans la gamme supérieure à 180 euros (+15%), tout en préservant le prix moyen d'une place d'Opéra à Bastille.

C’est un bel effort de résistance, soutenu par le mécénat, qui n’a rien d’évident dans un contexte de pression budgétaire et de réduction de subventions, et qui, espérons le, sera poursuivi.

Evolution pour 2017/2018 - baisse du prix moyen de la place d'opéra

Mercredi 25 janvier 2017, la nouvelle saison de l'Opéra de Paris a été dévoilée (lire Présentation de la saison 2017/2018 de l'Opéra National de Paris).

La grille de tarification s'est simplifiée en supprimant la catégorie des places 5 à 195 euros au profit de la catégorie 5 à 180 euros. Par ailleurs, les majorations/minorations sont limitées à 10% certains soirs.

Globalement, les prix restent stables pour les catégories en dessous de 100 euros, et baissent de 10% dans les catégories supérieures.

Le prix moyen des places, pour le lyrique à Bastille, passe ainsi à 126 euros, avec une élongation qui va de 90 euros, pour De la Maison des Morts et Pelléas et Mélisande, à 150 euros pour les nouvelles productions du répertoire du XIXe siècle.

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Publié le 7 Février 2016

L’Opéra, miroir d’une société bloquée ?

La démission de Benjamin Millepied a profondément attristé la part du milieu artistique qui souhaitait voir évoluer l’institution du ballet de l’Opéra National de Paris.

Le jour même de l’annonce officielle, jeudi 04 février, la chaîne Public Sénat a réuni quatre personnalités afin de débattre sur la signification de ce départ, et de ce qu’il révèle de notre modèle français.

Benjamin Millepied

Benjamin Millepied

On va plus loin, émission du 04 février 2016 sur Public Sénat

Emission animée par Sonia Mabrouk, ancienne journaliste à Jeune Afrique

Avec
Jean Viard sociologue, directeur de recherche au CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po
Thibaud Brière, Philosophe intervenant en entreprises
Raphaël de Gubernatis Journaliste au Nouvel Observateur
Jean-Louis Gombeaud Chroniqueur économique de Public Sénat

Débat L'Opéra, Miroir d'une société bloquée ? (à partir du temps 06 minutes de la vidéo)

Avant d’élargir notre débat, pouvez-vous nous dire quel est votre sentiment sur ce départ, diriez-vous que c’est un gâchis ?

Raphaël de Gubernatis : Un gâchis, oui, beaucoup même, parce que c’est un garçon extrêmement intelligent, sensible, qui n’a pas peut-être par fait une programmation aussi exceptionnelle qu’on a bien voulu le dire, mais c’est un garçon remarquable à bien des points de vues, généreux et plein d’ardeur.

Evidemment, il a été sans doute trop ambitieux, d’une part, et également pas assez diplomate, je suppose.

Mais il n’était pas assez diplomate parce qu’il avait foi en ce qu’il faisait, et il avait raison parce qu’il avait des projets tout à fait intelligents et solides.

 

Le Ballet de l’Opéra National de Paris, qui n’est pas une compagnie de danse comme le New-York City Ballet d’où vient Benjamin Millepied, est une institution royale, née sous l’Ancien Régime. Peut-on rappeler dans quelle maison il est arrivé et l’ambiance dans lequel il évoluait ?

Raphaël de Gubernatis : C’est une maison fort ancienne qui a été fondée par Louis XIV, sous un autre nom, l’Académie Royale de Musique et l’Académie Royale de Danse, qui a évolué par la suite en Opéra Royal , Opéra Impérial, Opéra de Paris etc.

Cette maison a beaucoup de fort belles traditions – que va probablement très bien cultiver Aurélie Dupont, la jeune femme qui va succéder à Benjamin Millepied -, maison qui est un peu trop fière de son Histoire, comme toujours en France où l’on est très fier de son Histoire, mais où l’on songe moins au présent et à l’avenir.

Et à force de fierté, on s’ankylose un peu.

 

Pensez-vous que Benjamin Millepied a sous-estimé le poids de ces traditions, et peut-on faire le rapprochement un peu osé entre cette institution et notre pays La France ?

Jean Viard : je ne sais pas ce qu’il se passe à l’Opéra, ce n’est pas vraiment mon sujet, mais il est vrai que la Culture est devenue, en France, un secteur qui s’est élargi – en gros 10 à 20% des Français s’intéressent à cette activité – car l’énorme travail de démocratisation engagé a donné des résultats, alors qu’il n’y avait pas autant de gens à s’y intéresser il y a trente ans.

Mais ce travail-là s’est un peu bloqué, car ces institutions magnifiques, qui fonctionnent avec l’argent public, devraient s’adresser beaucoup plus à tous les publics.

J’ai écrit un livre sur ce sujet l’année dernière avec Jean Blaise, 'Remettre le poireau à l’endroit', car dans une société explosée et aussi en difficulté, où il y a des heurts culturels, il faut se demander en quoi la Culture nous rassemble. C’est une question essentielle à laquelle on n’attache plus assez d’importance.

 

Y a-t-il le risque de ne plus attirer ces talents, Benjamin Millepied ayant décidé de repartir avec sa compagne Natalie Portman à Los Angeles, et y a-t-il un problème d’image de la France dont on parle souvent sur ce plateau ?

Jean-Louis Gombeaud : on a bien parlé du renom de l’Opéra de Paris, et ce qui arrive ce soir est quand même une mauvaise réputation pour l’Opéra en question. Mais dans cette affaire, il y a une erreur de casting.

On vient d’entendre la personne démissionnaire, et quand il a rencontré Stéphane Lissner, il a dû lui dire ce qu’il désirait faire, et le directeur de lui dire quelles étaient ses volontés, comme dans tout entretien professionnel.

Il y a donc une contradiction majeure, et Monsieur Lissner a fait une erreur en embauchant cette personne, dans la mesure où, apparemment, il ne correspondait pas au profil recherché.

Je ne suis pas compétent pour parler du talent de Monsieur Millepied, mais il est arrivé dans une maison qu’il ne connaissait pas.

On se demande alors quels soutiens a-t'il eu, et qui lui a apporté du secours lorsqu’il a rencontré des blocages ?

Benjamin Millepied - Aurélie Dupont - Stéphane Lissner

Benjamin Millepied - Aurélie Dupont - Stéphane Lissner

Raphaël de Gubernatis : je ne suis pas sûr que ce soit une erreur de casting, Benjamin Millepied a tous les atouts pour lui, mais il n’a probablement pas mesuré l’ampleur de la tâche qui l’attendait. Il n’a pas mesuré le poids des conservatismes, ainsi que la force des résistances.

Il est clair qu’il voulait être chorégraphe, et qu’il voulait réformer le ballet. Mais il y a antagonisme, car on ne peut pas faire les deux à la fois.

Il est vrai, cependant, que Rudolf Noureev l’avait fait, mais il avait un administrateur avec lui, ce que n’avait apparemment pas Benjamin Millepied, ce qui lui laissait plus de liberté dans son travail.

Noureev imposait d'ailleurs plus le respect que le jeune directeur de la danse actuel, de par son aura plus grande.

 

Les premiers articles qui parlent de cette démission sur internet parlent d’une France un peu bloquée et immobile, jalouse de ses traditions et de ses habitudes. Est-ce un mal français, ou bien exagère-t-on cela ?

Thibaud Brière : indéniablement, lors des phases de transformation d’une maison, il y a toujours à prendre en compte une dimension culturelle qui, par elle-même, représente une inertie inhérente à la nature du lieu.

D’un côté, la culture de l’entreprise peut-être un frein au changement, mais, en même temps, on ne change que par la culture. Ceux qui résistent sont aussi le levier du changement.

Jean Viard : les institutions ne se renouvellent pas de la même manière qu’une entreprise privée.

Quand une entreprise privée échoue, elle met la clé sous la porte, ou bien est reprise, car elle est sur un marché où elle peut aussi bien redémarrer que disparaître.

Dans notre cas, il y a une dimension endogamique dans le secteur de la Culture, car on prend des gens de l’intérieur. L’Opéra de Paris a essayé de prendre quelqu’un d’un peu décalé, mais ces grandes institutions très puissantes sont figées, et le problème devient alors de savoir se rappeler l’enjeu artistique initial tout en utilisant l’argent public pour se tourner vers tous les citoyens.

Jean-Louis Gombeaud : il y a cependant moins d’argent public, et l’Opéra de Paris ne représente plus que 50% d’argent public. Il faut donc aller chercher l’argent ailleurs, et Benjamin Millepied voulait renouveler le public.

Mais avec beaucoup d’illusions, surtout à l’Opéra, il cherchait à mettre en valeur des gens de la diversité sur la scène – ‘on pense à Laetizia Galloni’ -, de façon à attirer le public de la diversité.

C’était un peu rêveur, bien entendu, mais on voulait transformer une maison en entreprise, et cela n’a rien à voir.

Mais ce genre de problèmes se pose dans d’autres institutions, comme dans les musées, par exemple.

Au musée Picasso, la directrice a été reconnue pour son talent et, en même temps, pour son incapacité de management. Elle voulait, elle aussi, transformer ce musée en entreprise.

 

Comment peut-on à la fois préserver les traditions et faire respirer ces institutions ?

Raphaël de Gubernatis : il faut observer que Benjamin Millepied est venu avec beaucoup de bonne volonté, et avait des idées en faveur des danseurs. Il a cherché à leur rendre la vie plus agréable, pour mieux s’épanouir dans leur art, créer des conditions bien meilleures pour leur santé, sur le plan physique – il n’y avait pas de médecin attitré à l’Opéra, ni de masseur pour ce métier de haut niveau, plus élégant que le sport.

Mais comme le sont toutes les personnes généreuses, elles ne se rendent pas compte qu’elles laissent de côté des gens mécontents.

Jean Viard : on en revient à la question de savoir si ces institutions publiques doivent s’ouvrir au privé juste pour des questions d’argent, qui sont des raisons médiocres et nécessaires, ou bien de savoir s’il y a une véritable réflexion pour dynamiser ces institutions en allant sur le marché des sponsors ou des spectateurs, car, finalement, le spectateur ne paye pas grand-chose, moins de la moitié du coût réel.

C’est ce débat sur l’argent public que l’on n’a plus.

Jean-Louis Gombeaud : Nous sommes cependant devant une entreprise de main d’œuvre, et la question est de savoir si l’on peut changer les gens. Car vous ne pouvez changer qu’avec les gens.

Prenons un exemple lu dans Le Figaro ce matin :  Monsieur Juppé visite les agriculteurs bretons, et ces derniers lui expliquent qu’ils sont très déçus car on leur avait promis des avances de trésorerie, et le Trésorier général leur a répondu : « Monsieur Valls dit ce qu’il veut, et nous on fait ce que l’on veut »

La mesure ne passe donc pas, car le Ministre ne peut contrôler les fonctionnaires.

Brigitte Lefèvre - directrice de la danse de 1994 à 2014

Brigitte Lefèvre - directrice de la danse de 1994 à 2014

Qui bloque alors, et comment faire avancer ces acceptations ?

Thibaud Brière : Non seulement le changement n’est pas toujours positif, mais le changement ne vient pas toujours de ceux que l’on imagine rétifs au changement.

En France nous avons eu la Résistance, qui était une résistance à un changement imposé de l’extérieur, qui ne correspondait pas à nos aspirations, et dont le Général de Gaulle a été le leader.

Egalement, quand on parle de résistance au changement, c’est dans l’intention, en France, de stigmatiser le personnel de première ligne, c'est-à-dire les syndicats, qui ne seraient pas à la hauteur des enjeux, par acquis, par habitude, par conservatisme, et qui ne voudraient pas changer.

On médicalise cette résistance en parlant de 'peur du changement', alors qu’il peut y avoir de vrais désaccords sur la nature du changement.

Ce ne sont donc pas uniquement des résistances irrationnelles.

Jean Viard : il y a bien sûr des valeurs qu’il est légitime de défendre, mais on voit, pour comparer avec France Telecom, que les gens souffrent car ils ont une culture, qu’ils se sont engagés avec des engagements de protections, et soudainement, on leur dit que les règles vont changer.

J’ai été administrateur d’un grand théâtre – le Théâtre de Châteauvallon -, et j’ai pu constater que le monde de la Culture est un monde un peu fermé sur lui-même.

On n’est pas artiste à vie, on n’a pas à avoir un salaire à vie parce que l’on a été brillant à un moment.

Jean-Louis Gombeaud : C’est ce qu’a dit Stéphane Lissner dans sa conférence de presse, il y en a qui partent trop tôt, il pensait évidemment à Millepied, et il y en a qui partent trop tard.

Raphaël de Gubernatis : dans le cas des artistes, ceux-ci restent le temps qu’ils peuvent rester, la retraite étant à 42 ans pour les danseurs de l’Opéra. Ce ne sont pas des vieillards, comme en politique, qui nous empoisonnent la vie.

Ils ont un cursus à suivre qui est tout à fait logique, ce ne sont pas eux qui restent au pouvoir très longtemps.

C’est la direction qui, peut-être, dure trop longtemps. Il y a eu le cas de Brigitte Lefèvre qui est restée pendant 20 ans, ce qui était excessif, mais ce cas était exceptionnel, et personne, à part Lifar, avant la guerre, n’est resté aussi longtemps au pouvoir.

Les choses changent beaucoup chez les artistes du monde de la Culture, mais les administratifs peuvent peser d’avantage et sont souvent plus néfastes en vérité.

 

Nous entrons dans la dernière ligne droite du quinquennat, quelles seront les mesures à prendre pour retenir ces talents et préserver l’image de la France ?

Jean-Louis Gombeaud : Je pense qu’il faut montrer aux gens où est leur avenir. Dans les changements qu’a voulu faire Benjamin Millepied, il n’a pas réussi à le montrer à des gens qui sont des grandes stars, des vedettes, des Etoiles, des gens qui inspirent le respect, et qui se sont sentis finalement humiliés.
Si vous ne leur démontrez pas que c’est dans le changement qu’ils peuvent se construire un avenir, vous ne les aurez jamais avec vous.

Raphaël de Gubernatis : Mais vous savez très bien que les gens qui ont la foi foncent, et ils n’ont pas envie d’attendre qu’on les écoute.

Jean Viard : C’est vrai dans tous les métiers, et c’est pour cela qu’il y a débat, chacun veut rester, les présentateurs télévisuels, par exemple, ne partent pas volontiers. Il ne faut pas que cela reste un jeu interne, il faut que cela parle à la société.

Thibaud Brière : Il faut que le changement se fasse dans la fidélité à soi. Je le vois, notamment, dans le domaine des entreprises, où l’on prétend importer une culture mondialisée, anglo-saxonne, financiarisée, qui ne correspond pas à des cultures maison.

Il y a alors résistance au changement, mais ce n’est que la conséquence de l’import d’une culture hors-sol qui n’est pas enracinée.

Annonce officielle du départ de Benjamin Millepied

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