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Publié le 14 Mars 2026

Tristan und Isolde (Richard Wagner – Munich, le 10 juin 1865)
Représentation du 09 mars 2026
The Metropolitan Opera (New York)
Lincoln Center for the Performing Arts

Isolde Lise Davidsen
Tristan Michael Spyres
König Marke Ryan Speedo Green
Brangäne Ekaterina Gubanova
Kurwenal Tomasz Konieczny
Melot Thomas Glass
Ein Hirte Jonas Hacker
Ein Steuermann Ben Brady
Stimme eines jungen Seemans Ben Reisinger

English Horn solo Pedro R.Diaz

Direction musicale Yannick Nézet-Séguin
Mise en scène Yuval Sharon (2026)
Nouvelle production

Diffusion au cinéma en direct le samedi 21 mars 2026 à 17h00, heure de Paris

                                                                                     Lise Davidsen et Yannick Nézet-Séguin

La soirée du 09 mars 2026 au Metropolitan Opera de New-York restera un des moments mémorables de son histoire tant elle a apporté la démonstration que l’opéra est un genre qui traverse l’histoire de l’art depuis plus de 425 ans grâce à sa capacité à prendre véritablement sa place dans la société de son temps.

Présent parmi les 10 opéras les plus interprétés au MET jusqu’à la moitié du XXe siècle, ‘Tristan und Isolde’ n’a fait que décliner au répertoire de la plus grande salle lyrique au monde dès son installation au Lincoln Center en 1966, au profit des œuvres de Mozart, Verdi et Puccini, au point de ne plus faire partie dorénavant que des 50 titres à y être les plus joués.

Michael Spyres (Tristan) et Lise Davidsen (Isolde)

Michael Spyres (Tristan) et Lise Davidsen (Isolde)

La dernière production de Mariusz Trelinski, coproduite avec Baden-Baden, Varsovie et Pékin, datant de 2016 et n’ayant pas été reprise, Peter Gelb réalise l’évènement en confiant une nouvelle production de ce mythique drame wagnérien à Yuval Sharon, réalisateur américain connu pour avoir repris la production de ‘Lohengrin’ par Alvis Hermanis à Bayreuth, assuré la direction artistique de l’opéra de Détroit pendant 6 ans, et édité en septembre 2024 un ouvrage de 320 pages, ‘A New Philosophy of Opera’, afin de présenter sa vision du futur de l’opéra. 

Cet artiste conceptuel et controversé sera également le metteur en scène du prochain ‘Ring’ du MET à partir de la saison 2027/2028.

Un tel enjeu associé à la présence de Lise Davidsen, que plusieurs maisons d’opéra perçoivent comme une alternative à Anna Netrebko, et du bariténor américain Michael Spyres, qui réalise une impressionnante prise de rôle, a abouti à l’ajout d’une représentation supplémentaire pour satisfaire la demande, signe que le succès de ce genre dépend aussi du volontarisme des théâtres à interpeller leur public.

Le parvis du Metropolitan Opera de New York (MET) donnant sur Josie Robertson Plaza

Le parvis du Metropolitan Opera de New York (MET) donnant sur Josie Robertson Plaza

La lecture que propose Yuval Sharon repose sur un dispositif scénique sophistiqué enceint de plusieurs lignes courbes qui évoque un diaphragme à iris, refermé en début de représentation, et qui va s’ouvrir pour faire apparaître une chambre ellipsoïdale dont les dimensions peuvent fortement varier. Un système complexe de projections lumineuses, couplé à la mécanique du décor, permet de créer des images très différentes et de fasciner le regard.

En première partie, le discours narratif reste assez linéaire et présente des images de voyage sur la mer, de désir de meurtre, à travers une lame qui se démultiplie lorsque Isolde menace Tristan, puis un alignement de potions dans des tonalités pourpres et violacées dont l’une fera basculer le couple dans un autre univers métaphysique.

Les couleurs sont vives et chaleureuses, mais Isolde porte une robe verte qui fait beaucoup penser à une peinture de John Singer Sargent représentant l’actrice Ellen Terry en Lady Macbeth - ce qui inspire le trouble -, alors que Tristan est vêtu d’un magnifique costume bleu qui évoque plutôt la vie et la sérénité heureuse.

Tristan und Isolde - Acte I

Tristan und Isolde - Acte I

Cependant, dès ce premier acte apparaît de façon flagrante le point faible de cette approche, une direction d’acteur sommaire et totalement négligée qui ne parvient pas à donner de la force à la relation interpersonnelle entre les deux protagonistes principaux.

Le monde réel et le monde métaphysique sont totalement dissociés, les chanteurs disposant de doubles joués par des acteurs avec lesquels ils échangent parfois de position entre une table déposée à l’avant scène et l’incrustation dans le décor. Mais dans l’ensemble, ce que font les deux acteurs reste peu distinctif si bien qu’ils s’effacent au pied des chanteurs.

Cette dissociation entre deux temporalités recherche une lisibilité très didactique, au contraire de ce que feraient certains metteurs en scène européens, tels Claus Guth ou Krzysztof Warlikowski, qui n’hésitent pas à mélanger dans un même espace des personnages réels et imaginaires, le présent et le passé, pour créer une confusion plus proche du fonctionnement des pensées humaines.

Tristan und Isolde (Davidsen Spyres Nézet-Séguin Sharon) New York MET

En seconde partie, les projections vidéos animées sur toute la hauteur de l’avant-scène, les mouvements de vagues, la lueur chaleureuse d’une bougie, semblent totalement inspirées de la vidéographie de Bill Viola imaginée pour son ‘Tristan Project’ présenté au Walt Disney Concert Hall en 2004 et qui deviendra le support de la mise en scène de Peter Sellars pour la version de ‘Tristan und Isolde’ de l’Opéra national de Paris.

C’est dans ce second acte que commence à apparaître l’aspiration à la mort, les deux amants s’unissant sur fond d’un corridor noir, les ambiances lumineuses prépondérantes prenant une tonalité parfois très kitsch au milieu d’ un tapis d’iris à fleurs mauves, alors que les deux partenaires vont aussi se trouver dénoués par la mise en mouvement du décor qui va séparer leur bulle et les faire se croiser.

Une grande osmose musicale règne au cours de cet acte entre Lise Davidsen, Michael Spyres et la direction orchestrale dense et iridescente de Yannick Nézet-Séguin qui embarque totalement le public dans ce duo d’amour lumineux, le véritable moment où le spectacle trouve enfin son unité.

Lise Davidsen (Isolde)

Lise Davidsen (Isolde)

La conception abstraite du décor permet aussi de stimuler l’imaginaire du spectateur, si bien qu’il n’est plus certain de ce qu’il voit. Ainsi, à l’arrivée du Roi Marke, à l’avant scène, la forme circulaire de l’ovale qui enserre Tristan et Isolde donne l’impression qu’ils se trouvent tous deux au centre de l’œil qui les surveille. 

Les hallucinations de Tristan au troisième acte génèrent souvent les idées les plus inspirées chez les metteurs en scène, et Yuval Sharon n’échappe pas à la règle en déployant son dispositif scénique beaucoup plus en profondeur. Tristan se retrouve pris dans une immense structure au mouvement torsadé menant vers un trou noir, et c’est à ce moment que le système de projection lumineuse est le plus flamboyant, la réalisation faisant la part belle à toute une imagerie cosmique qui fait apparaître une éclipse solaire aux flammes vivantes ou bien les tourbillons de deux trous noirs en fusion.

Tout cela évoque les perturbations de l’espace et du temps et une aspiration à la mort totalement dénuée de toute référence religieuse, un parcours inverse à celui de l’'Ascension des bienheureux vers l’Empyrée' qu’a dépeint Jérôme Bosch au début du XVIe siècle à travers un tableau désormais conservé aux Gallerie dell’Accademia de Venise, où l’on peut voir des couples s’élever vers un puits de lumière.

Tel un ange, le joueur de cor anglais portoricain, Pedro R.Diaz, qui a joué dans ‘Tristan und Isolde’ au cours des trois précédentes productions sous la direction de James Levine, Daniel Barenboim et Sir Simon Rattle, vient envelopper Tristan de son charme mélancolique, et Yuval Sharon fait aussi intervenir des danseurs en voile blanc synchronisés sur la musique mais dont la présence distrait inutilement.

Pedro R.Diaz (Cor anglais) et Michael Spyres (Tristan)

Pedro R.Diaz (Cor anglais) et Michael Spyres (Tristan)

C’est au cours de cet acte que l’on peut prendre la pleine mesure des qualités de Michael Spyres qui chante un Tristan inhabituellement souple et humain, son grain de voix doux aux impulsions tendres donnant une image très poétique du chevalier, moins dans la souffrance écorchée que dans une intériorisation mystique. On s’émerveille à voir et entendre un tel chanteur - qui s’est illustré dans le personnage de Figaro d’’Il Barbiere di Siviglia’ - s’imposer dans un rôle aussi exigeant que celui d’Heldentenor en ayant le souffle et la puissance nécessaires, mais avec une habileté à exploiter les nuances et le velours de sa voix sombre absolument unique qui s'accompagne d'un art subtil du floutage du timbre dans les aigus, au point d'en magnifier l’âme.

Lise Davidsen, qui a abordé pour la première le rôle d’Isolde dans son intégralité au Gran Teatre del Liceu de Barcelone en janvier 2026, est bien partie pour être l’une des Isolde des vingt prochaines années, la noirceur et le métal de sa voix lui donnant une inaltérable stature, avec une grande précision d’élocution et une intensité épanouie dans les aigus, ainsi qu'une excellente conduite et solidité des lignes de chant. Il est aussi vrai qu’elle dispose de couleurs dans les graves dont la sévérité semble idéale pour décrire le personnage tel Lady Macbeth avec lequel elle fera l’ouverture de la prochaine saison du MET. 

Lise Davidsen (Isolde) et Michael Spyres (Tristan)

Lise Davidsen (Isolde) et Michael Spyres (Tristan)

Elle est d’ailleurs celle dont le chant est le moins perturbé par les effets de réflexions et d’encaissements du décor, alors qu’Ekaterina Gubanova est la plus gênée par les agencements scéniques. Inoubliable Brangäne à ses débuts à l’opéra Bastille en 2005 dans la production de Bill Viola et Peter Sellars, elle a beaucoup marqué le rôle par ses lignes sombres et sensuelles, mais, dorénavant, elle peut difficilement imposer une présence équilibrée à cette ample Isolde, bien qu'elle reste un modèle de diction.

En Roi Marke, Ryan Speedo Green a bien entendu la gravité heurtée, mais pas encore la présence écrasante qu’il requiert, alors que Tomasz Konieczny dépeint un Kurwenal très convaincant, plus ami protecteur et expérimenté qu'ami confident. Le baryton basse polonais fait valoir ses grandes qualités scéniques et la justesse de sa manière d’être, mais aussi une expressivité marquante avec son timbre mordant et animal qui l’impose naturellement.

Enfin, le Melot pas trop hargneux de Thomas Glass et le marin légèrement ombré et viril de Ben Reisinger se distinguent de façon très assurée.

Pedro R.Diaz (Cor anglais) et Ben Brady (Steersman)

Pedro R.Diaz (Cor anglais) et Ben Brady (Steersman)

Sensible à l’enjeu que portent les deux solistes principaux qui n'en sont qu’à leurs débuts dans cet opéra légendaire, Yannick Nézet-Séguin contrôle avec flexibilité et grande intelligence l’ampleur orchestrale à travers une approche plutôt chambriste ayant une qualité d’ornementation qui respecte les chanteurs.

Il ne noie donc pas l’audience dans un flot surdimensionné, et, par sa précision de geste, le cœur sur la main, il crée une atmosphère de sérénité et un rapport attentif à ce que chantent et expriment les solistes tout en ne négligeant pas des effets dramatiques bien timbrés. Grand frisson au Liebestod final!

Ekaterina Gubanova, Lise Davidsen, Yannick Nézet-Séguin, Michael Spyres

Ekaterina Gubanova, Lise Davidsen, Yannick Nézet-Séguin, Michael Spyres

En faisant appel à Yuval Sharon, Peter Gelb appréhende une démarche de rénovation de l’opéra qui peut se voir comme un moment ‘clé’ dans l’histoire de la maison, en ce sens qu’elle prend la mesure de la nécessité d’inscrire pleinement cet art dans la société moderne.

Certes, il y a des insuffisances dans le jeu théâtral de cette production, mais cette approche conceptuelle a plutôt tendance à fédérer l’auditoire, à lui proposer une vision dont il peut relever les faiblesses – par exemple le peu de pertinence de la naissance d’un enfant à la mort d’Isolde – tout en étant sensible à la symbiose entre l’ambiance scénique et le discours musical.

Tristan und Isolde - Gala Premiere

Tristan und Isolde - Gala Premiere

Dans la salle, ce mélange entre public new-yorkais guindé, nettement rajeuni par comparaison à ce qu’il était il y a 10 ans de cela, et de jeunes souvent habillés de manière très décontractée, fait plaisir à voir car il est la preuve que l’opéra peut fédérer toute une société, ce qui laisse penser que, malgré ses difficultés, le MET a une capacité de régénération à ne pas sous-estimer.

Tristan und Isolde (Davidsen Spyres Nézet-Séguin Sharon) New York MET

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Publié le 22 Février 2026

Malgré l’accord signé avec l’Arabie Saoudite à l’automne dernier qui devrait permettre au Metropolitan Opera de New-York de recevoir entre 100 M$ et 200 M$ en échange de représentations données au Royal Diriyah Opera House qui ouvrira ses portes en 2028, au cœur du foyer originel de la famille Al Saoud, Peter Gelb a annoncé, début 2026, la nécessité de réduire de 5 à 15 % le salaire de 35 cadres supérieurs de l’institution, lui-même compris, d’opérer à 22 licenciements de personnels administratifs, de vendre les deux fresques Chagall estimées à 55 M$, et de reporter la nouvelle production de ‘La Khovanchtchina’ de Moussorgski (coproduction Festival de Pâques de Salzburg mise en scène par Simon McBurney) initialement prévue pour être dirigée par Esa-Pekka Salonen au cours de la saison 2026/2027.

Saison lyrique 2026/2027 du New York Metropolitan Opera - MET

Le Metropolitan Opera de New-York n’est donc toujours pas sorti de la situation fragile qui le touche depuis la saison 2012/2013 où le taux de fréquentation était tombé à 79% à la suite de la crise des subprimes, puis 72% au cours de la saison 2015/2016, sans le dédouaner pour autant d’une augmentation excessive de 10% du prix des billets, à ce moment là, qui a affaibli un peu plus son équilibre financier.

Toutefois, il faut noter la grande transparence de Peter Gelb sur sa gestion, dressant un tableau très détaillé des taux de fréquentation par ouvrage ce que peu de grandes maisons font (y compris l'Opéra national de Paris qui ne communique plus depuis 2020, à travers son rapport annuel, sur le résultat de chacune de ses productions).

Ainsi, si la saison 2025/2026 se stabilise à un taux de fréquentation de 72 %, il varie fortement selon les ouvrages  donnés entre septembre 2025 et février 2026: “The Amazing Adventures of Kavalier & Clay”, 84%, “La Flûte enchantée” (83%), “I Puritani" (82%), “Turandot” (77%), “Madama Butterfly” (74%), “Porgy and Bess” (73%), “La Fille du Régiment” (68%), “Carmen” (68%), “La Sonnambula” (68%), “La Bohème” (68%),“Arabella” (64%), “Don Giovanni” (64%), “Andrea Chenier” (57%).

On remarque que ce n’est pas Puccini qui fait les meilleurs scores cette saison.

Saison lyrique 2026/2027 du New York Metropolitan Opera - MET

Directeur de la plus grande salle lyrique au monde (3800 places), Peter Gelb célébrera au 01 août 2026 ses 20 ans à sa direction, mais a aussi annoncé qu’il prendra sa retraite à la fin de son mandat, en 2030, ce qui va relancer les spéculations sur les jeunes directeurs susceptibles d’assurer sa succession.

Reste qu’avec 196 spectacles d’opéras pour la saison 25/26 et 72 % de fréquentation, le Metropolitan Opera de New-York est toujours le théâtre qui accueille le plus de spectateurs lyriques au monde avec l’opéra de Vienne (plus de 520.000 par an).

Diamond Jubilee: 60 Years at Lincoln Center

Diamond Jubilee: 60 Years at Lincoln Center

17 spectacles, 5 nouvelles productions, 12 compositeurs dont 2 contemporains (2 œuvres du XXIe siècle)

Avec 185 représentations lyriques au cours de la saison 2026/2027 et 17 spectacles lyriques (dont 5 nouvelles productions), le MET se situe en retrait par rapport à la saison 2025/2026 (196 représentations et 18 opéras).

Il s’agit d’un point bas qui se resserre sur un socle de plus en plus restreint (5 titres couvrent 45 % des soirées pour 2025/2026, contre 4 sur 2026/2027).

12 compositeurs sont représentés (contre 14 la saison dernière), dont 2 sont contemporains, soit 10 % des soirées dédiées à 2 nouvelles productions d’œuvres du XXIe siècle :’Silent Night’ du compositeur américain Kevin Puts, dont la première mondiale eut lieu le 12 novembre 2011 à l’ Ordway Center for the Performing Arts de Saint-Paul (Minnesota), et ‘Lincoln in the Bardo’ de la compositrice américaine Missy Mazzoli, dont la première mondiale est prévue le 19 octobre 2026, basé sur la nouvelle de George Saunders (2017 Man Booker Price).

Missy Mazzoli : 'Lincoln in the Bardo’ - ms Lileana Blain-Cruz

Missy Mazzoli : 'Lincoln in the Bardo’ - ms Lileana Blain-Cruz

Deux ouvrages composés respectivement par Leoš Janáček et Richard Strauss représentent le renouvellement musical du XXe siècle.

Après 10 ans d’absence – la reprise de la production de ‘Katja Kabanova’ par Jonathan Miller prévue en 2020 pour 3 représentations ayant été annulée -, la langue tchèque est de retour au New-York Metropolitan Opera avec une nouvelle production de 'Jenůfa' mise en scène par Claus Guth (coproduction Royal Opera House, Covent Garden) qui réunira sous la direction de Tomáš Hanus – qui fera ses débuts dans la maison - une distribution exceptionnelle avec Nina Stemme, Allan Clayton, Sean Panikkar et Asmik Grigorian. Cette dernière dédiera également, entre deux représentations, une soirée de récital accompagnée au piano par Petras et Lukas Geniušas.

La reprise du ‘Rosenkavalier’ de Richard Strauss mis en scène par Robert Carsen permettra de retrouver Rachel Willis-Sørensen, Emily D’Angelo, Ying Fang, Günther Groissböck et un vétéran de la maison, Matthew Polenzani (bientôt 30 ans de carrière à New-York en décembre 2027), qui incarnait déjà sur cette scène, le 10 février 2000, le chanteur italien. Yannick-Nézet Séguin assurera la direction musicale de toutes les représentations.

Asmik Grigorian : Jenůfa'  - ms Claus Guth

Asmik Grigorian : Jenůfa'  - ms Claus Guth

Le répertoire italien de fin XVIIIe siècle au début XXe siècle (Cherubini, Donizetti, Verdi et Puccini) pilier toujours plus incontournable du MET

Cette saison, les œuvres des compositeurs italiens qui ont marqué le XIXe siècle représenteront 60% des soirées – 47 % la saison précédente -, dont 30% pour Puccini et 20 % pour Verdi, ce qui en font de véritables valeurs refuges en temps de crise.

Puccini sera représenté par les reprises de ‘La Bohème’ par Franco Zeffirelli (1981) avec 5 distributions différentes sous la direction de 3 chefs différents, Ramón Tebar, Marco Armiliato et Daniele Rustioni, ‘Tosca’ par David McVicar (2017) avec 5 Tosca différentes dont Sondra Radvanovsky et la soprano galloise-ukrainienne Natalya Romaniw, sous la direction, selon les soirs, d’Oksana Lyniv, Daniele Rustioni, Yannick Nézet-Séguin, Karel Mark Chichon ou Marco Armiliato, et par une nouvelle production de ‘La Fanciulla del West’ confiée à Richard Jones sous la direction de Keri-Lynn Wilson, la fondatrice et directrice musicale de l'Ukrainian Freedom Orchestra, avec Sondra Radvanovsky, SeokJong Baek et Christopher Maltman.

Natalya Romaniw : 'Tosca' - ms David McVicar

Natalya Romaniw : 'Tosca' - ms David McVicar

Quant à Verdi, il aura droit, lui aussi, à trois ouvrages avec la reprise d’’Aida’ mise en scène par Michael Mayer (2025) sous la direction, selon les soirs, de Daniele Callegari, Marco Armiliato ou John Keenan, avec Angel Blue, Anna Pirozzi ou Leah Hawkins dans le rôle titre, et celle d’’Otello’ mise en scène par Bartlett Sheer (2015) avec Michael Fabiano et Brian Jagde en alternance sous la direction de Daniele Rustioni ou Michele Mariotti selon les soirs.

Viendra s’ajouter la nouvelle production de ‘Macbeth’ confiée à Louisa Proske, metteuse en scène allemande installée dorénavant à New-York qui commence à gagner les plus grandes scènes du monde, Paris compris, avec Lise Davidsen en Lady sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.

Enfin, Cherubini sera représenté par la reprise de ‘Medea’ (David McVicar 2022) dirigée par Carlo Rizzi avec Sonya Yoncheva et Chiara Isotton dans le rôle titre et Michael Spyres en Jason, et Donizetti sera défendu par la reprise de ‘Maria Stuarda’ (ouvrage entré au répertoire le 31 décembre 2012 dans la production de David McVicar) sous la direction d’Enrique Mazzola avec la fantastique Lisette Oropesa qui sera opposée à Angela Meade en Elisabetta.

Lise Davidsen et Louisa Proske : 'Macbeth'

Lise Davidsen et Louisa Proske : 'Macbeth'

Le répertoire français se maintient

Comme la saison passée, la langue française pourra être entendue à deux reprises cette saison avec ‘Manon’ dans la production de Laurent Pelly (2012) sous la direction de Yves Abel avec Nadine Sierra, Matthew Polenzani et Jean Teitgen (débuts au MET), et ‘Samson et Dalila’ dans la production de Darko Tresnjak (2018) sous la direction de Giacomo Sagripanti avec Aigul Akhmetshina en Dalila, deux productions qui couvriront un peu moins de 9% des soirées au total.

Jean Teitgen : 'Manon' - ms Laurent Pelly

Jean Teitgen : 'Manon' - ms Laurent Pelly

Mozart seul représentant de la période d’avant la révolution française

Avec seulement deux titres, ‘La Flûte enchantée’ en version abrégée et en anglais, et avec certains soirs Rolando Villazón en Papageno, et la reprise de ‘Cosi fan tutte’ dans la production de Phelim McDermott (2018, en coproduction avec l’English National Opera), Mozart sera donc le seul compositeur d’avant la Révolution française à être représenté sur la scène du MET, avec un peu plus de 10% des soirées pour lui seul.

'The Magic Flute' : Holiday Presentation

'The Magic Flute' : Holiday Presentation

Richard Wagner

Absent de la saison 2024/2025, une première depuis la période 1918-1919, mais vite de retour en 2026, Richard Wagner sera représenté par son opéra testamentaire, ‘Parsifal’, joué pour 5 soirs seulement, dans la production de François Girard (2013) avec la luxueuse Elīna Garanča en Kundry et Piotr Beczała dans le rôle titre, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.

Elīna Garanča : 'Parsifal' - ms François Girard

Elīna Garanča : 'Parsifal' - ms François Girard

Le répertoire 1900-1980 anglais et le répertoire baroque toujours absents de la programmation

Pour la quatrième saison consécutive, aucun ouvrage britannique de la période 1900-1980 ne sera représenté, et les œuvres baroques resteront elles aussi absentes.

Cependant, ‘Alcina’, ‘Ariodante’ et ‘Semele’ de Haendel, mis en scène respectivement par Richard Jones, Robert Carsen et Claus Guth, sont toujours programmés pour les prochaines saisons.

Yannick Nézet-Seguin : ‘Macbeth’, 'Parsifal', ‘Tosca’, ‘Der Rosenkavalier’, ’Lincoln in the Bardo'

Yannick Nézet-Seguin : ‘Macbeth’, 'Parsifal', ‘Tosca’, ‘Der Rosenkavalier’, ’Lincoln in the Bardo'

5 ouvrages en 3 langues différentes, dont 2 nouvelles productions, dirigés par Yannick Nézet-Seguin

Directeur musical attitré du MET, Yannick Nézet-Séguin conduira cinq opéras dont deux nouvelles productions, ’Lincoln in the Bardo’, création mondiale de la compositrice américaine Missy Mazzoli (mise en scène de Lileana Blain-Cruz, avec Peter Mattei, Stephanie BlytheChristine Goerke et Anthony Roth Costanzo) et ‘Macbeth’ (mise en scène de Louisa Proske, avec Lise Davidsen et Quinn Kelsey), ainsi que les reprises de ‘Der Rosenkavalier’ (Robert Carsen) , ‘Tosca’ (David McVicar) et ‘Parsifal’ (François Girard).

A ces deux nouvelles productions s’ajoutera celle de ‘Silent Night’ du compositeur américain Kevin Puts, qui sera dirigée par la cheffe d’orchestre finlando-ukrainienne Dalia Stasevska et mise en scène par James Robinson (coproduction Houston Grand Opera), avec Elza van den Heever, Ben Bliss, Rolando Villazón et Mattia Olivieri.

Dalia Stasevska : ‘Silent Night’ - ms James Robinson

Dalia Stasevska : ‘Silent Night’ - ms James Robinson

Diamond Jubilee : 60 years at Lincoln Center

Le 16 septembre 1966, l’ouverture du Nouveau Metropolitan Opera sur le Lincoln Center for the performing Art fut rendue possible par l’intervention du secrétaire au Travail des Etats-Unis. Wallace Kirkman Harrison, architecte en chef du Siège des Nations-Unies, fut chargé de la conception de cette salle qui contient dorénavant plus de 3800 places.

A l’occasion de son 60e anniversaire, le Nouveau Metropolitan Opera organise un grand concert le 25 mai 2027 qui réunira une trentaine de ses fidèles chanteuses et chanteurs dont Roberto Alagna, Xabier Anduaga, Anthony Roth Costanzo, Lise Davidsen, Joyce DiDonato, Gerald Finley, Renée Fleming, Asmik Grigorian, Isabel Leonard , Peter Mattei , Matthew Polenzani, Sondra Radvanovsky, Nadine Sierra, Elza van den Heever et Sonya Yoncheva, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.

Roberto Alagna : 'Tosca' et 'Diamond Jubilee : 60 years at Lincoln Center'

Roberto Alagna : 'Tosca' et 'Diamond Jubilee : 60 years at Lincoln Center'

8 productions du MET en direct au cinéma en HD

Samedi 03 octobre 2026 - 13h00 (EST) : Cosi fan tutte
Samedi 17 octobre 2026 - 13h00 (EST) : Macbeth (Nouvelle production)
Samedi 05 décembre 2026 - 12h00 (EST) : Samson et Dalila
Samedi 23 janvier 2027 - 13h00 (EST) : La Fanciulla del West (Nouvelle production)
Samedi 20 mars 2027 - 13h00 (EST) : Silent Night (Nouvelle production)
Samedi 03 avril 2027 - 12h00 (EST) : Manon
Samedi 24 avril 2027 - 13h00 (EST) : Otello
Samedi 05 juin 2027 - 12h00 (EST) : Parsifal

Le détail de la saison 2026/2027 du MET peut être consulté sous le lien suivant : On Stage 2026–27

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Publié le 22 Février 2025

Dans le contexte difficile que vivent actuellement la plupart des maisons lyriques sous fortes contraintes financières, l’annonce de la saison 2025/2026 du MET est toujours très attendue car elle reste une référence incontournable.
Certes, l’équilibre économique de l’institution américaine reste fragile, mais la bonne nouvelle est que Peter Gelb n’a pas eu cette fois à puiser dans le fond de réserve du MET pour consolider une programmation structurellement semblable à celle de 2024/2025, alors qu’il avait du retirer 40 M$ de ce fond en 2024.

Saison 2025/2026 du New-York Metropolitan Opera (MET)

Il en résulte une programmation stabilisée à 18 titres et une fréquentation qui devrait atteindre 75% pour la saison 2024/2025, mais tout l’enjeu à venir sera de passer d’un esprit d’optimisation financière à une reprise de l’ouverture du répertoire pour dépasser les 20 titres par an et, peut-être, revenir un jour à 25 titres par an.

Il y eut cette saison quelques déceptions - ‘Grounded’ de Jeanine Tesori, avec Emily d’Angelo, ne s’est vendu qu’à 50% et ‘Ainadamar’ d’Osvaldo Golijov à 62% -, mais la nouvelle production d’'Aida’ a atteint 79 %, et la reprise de la ‘Flûte enchantée’, en version anglaise, a obtenu 82% de fréquentation, dans une salle de 3800 places.

Yannick Nézet-Séguin : ’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’, ‘El Último Sueño de Frida y Diego’, ‘Tristan und Isolde’, ‘Don Giovanni’

Yannick Nézet-Séguin : ’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’, ‘El Último Sueño de Frida y Diego’, ‘Tristan und Isolde’, ‘Don Giovanni’

18 spectacles, 6 nouvelles productions, 14 compositeurs dont 3 contemporains (3 œuvres du XXIe siècle)

Avec 196 représentations lyriques au cours de la saison 2025/2026 et 18 spectacles lyriques (dont 6 nouvelles productions), le MET se situe très légèrement au dessus de la saison 2024/2025 (194 représentations et 18 spectacles), 
Il s’agit clairement d’une programmation d’équilibre qui se resserre sur un socle ferme.

14 compositeurs sont représentés (contre 12 la saison dernière), dont 3 sont contemporains, soit 11 % des soirées dédiées à 3 nouvelles productions d’œuvres du XXIe siècle :’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’ du compositeur américain Mason Bates, dont la première mondiale eut lieu le 15 novembre 2024 à l’ Indiana University Jacobs School of Music Opera and Ballet, ‘Innocence’ (‘Festival d’Aix-en-Provence - 2021) de Kaija Saariaho (compositrice finlandaise disparue le 02 juin 2023 à Paris), et ‘El Último Sueño de Frida y Diego’ de la compositrice américaine Gabriela Lena Frank créée au San Diego Opera le 29 octobre 2022.

Gabriela Lena Frank : ‘El Último Sueño de Frida y Diego’

Gabriela Lena Frank : ‘El Último Sueño de Frida y Diego’

Deux ouvrages composés respectivement par Richard Strauss et George Gershwin représentent le renouvellement musical du XXe siècle.

Présent à deux reprises la saison précédente, Richard Strauss revient avec ‘Arabella’, ouvrage entré au répertoire du MET en 1955 qui n’avait plus été joué depuis avril 2014. Il s’agit d’une reprise de la production d’Otto Schenk (1984) interprétée par Rachel Willis-Sørensen dans le rôle titre et Pavol Breslik en Matteo, sous la direction de Nicholas Carter, le nouveau directeur musical de l’Opéra de Stuttgart à partir de la saison 2026/2027.

La reprise de ‘Porgy and Bess’ de George Gershwin signera la plus remarquable progression d’un titre au répertoire du MET car, après 54 représentations jouées entre 1985 et 1990 dans la production de Nathaniel Merrill, celle de James Robinson totalisera bientôt 43 représentations depuis le 23 septembre 2019.

Kwamé Ryan, chef canadien qui a récemment dirigé ‘The Time of our singing’ de Kris Defoort au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles, fera ses débuts au MET à cette occasion.

Kwamé Ryan : 'Porgy and Bess’

Kwamé Ryan : 'Porgy and Bess’

Le répertoire italien du XIXe siècle et début XXe siècle (Puccini, Bellini, Verdi, Giordano) pilier incontournable du MET

Répertoire fondamental, car le plus immédiatement accessible, les œuvres des compositeurs italiens du XIXe siècle règnent sans partage au MET, comme partout ailleurs, et couvriront cette saison 47% des soirées (45% la saison précédente).

Cependant, Puccini prendra le dessus sur Verdi en alignant trois reprises qui occuperont 26% des soirées, et qui font partie des 12 ouvrages les plus joués de la maison : ‘La Bohème’ par Franco Zeffirelli (1981), qui atteindra, début mai 2026, sa 599e représentation dans cette seule production, avec en alternance Keri-Lynn Wilson et Daniele Rustioni à la direction musicale, ‘Madame Butterfly’ dans la production d’Anthony Minghella (2006), sous la direction, selon les soirs, de Marco Armiliato et Carlo Rizzi, et enfin l’inévitable production de ‘Turandot’ mise en scène par Franco Zeffirelli (il ne s’agit que de la troisième production depuis 1926) qui atteindra sa 250e représentation depuis 1987 sous la direction partagée de Carlo Rizzi et Oksana Lyniv et une pléthore de grands chanteurs tels Angela Mead, Anna Pirozzi, Angel Blue, Michael Fabiano ou bien Roberto Alagna.

Roberto Alagna : 'Turandot'

Roberto Alagna : 'Turandot'

Deux nouvelles productions feront honneur à Vincenzo Bellini, celle d’‘I Puritani’ mise en scène par Charles Edwards qui remplacera celle de Sandro Segui (1976), avec Lisette Oropesa et Lawrence Brownlee, et celle, plus rare, de ‘La Sonnambula’ mise en scène par Rolando Villazon (une coproduction avec le Théâtre des Champs-Élysées vue à Paris en 2021) qui remplacera prématurément celle de Mary Zimmerman (2009), sous la direction de Riccardo Frizza avec Nadine Sierra et Xabier Anduaga dans les rôles principaux.

Enfin, Giuseppe Verdi ne sera représenté que par ‘La Traviata’ dans la production de Michael Mayer (2018), avec en alternance Antonello Manacorda, Marco Armiliato et Michele Spotti à la direction musicale, et pas moins de quatre Violetta (Lisette Oropesa, Amanda Woodbury, Rosa Feola et Ermonela Jaho), tandis que le pur vérisme italien sera incarné par Umberto Giordano et la reprise d’’Andrea Chénier’ dans la production de Nicolas Joel (1996) sous la direction de Daniele Rustioni, avec Sonya Yoncheva, Piotr Beczala et Igor Golovatenko.

Charles Edwards : 'I Puritani'

Charles Edwards : 'I Puritani'

Les répertoires français et russe se maintiennent faiblement

La langue française pourra être entendue à deux reprises cette saison avec ‘Carmen’, dans la production de Carrie Cracknell (2023), sous la direction du chef français Fabien Gabel, et ‘La Fille du régiment’ dans la production internationalement connue de Laurent Pelly, avec Erin Morley et Lawrence Brownlee dans les rôles de Marie et Tonio.

Quant au répertoire russe, il s’appuiera uniquement sur la reprise d’’Eugène Onéguine’ de Tchaïkovski, dans la mise en scène de Deborah Warner (2013), avec Asmik Grigorian, Igor Golovatenko et Stanislas de Barbeyrac, sous la direction de Timur Zangiev.

Fabien Gabel : 'Carmen'

Fabien Gabel : 'Carmen'

Mozart seul représentant de la période d’avant la révolution française

Avec seulement deux titres, ‘La Flûte enchantée’ en version abrégée et en anglais, et la reprise de ‘Don Giovanni’ dans la production d’Ivo van Hove ( une coproduction avec l’Opéra national de Paris vue à Garnier et Bastille respectivement en 2019 et 2022), Mozart sera donc le seul compositeur d’avant la Révolution française à être représenté sur la scène du MET, avec toutefois 15% des soirées pour lui seul.

Stanislas de Barbeyrac : 'Eugène Onéguine'

Stanislas de Barbeyrac : 'Eugène Onéguine'

Richard Wagner revient au répertoire

Absent de la saison 2024/2025, une première depuis la période 1918-1919, Richard Wagner reprend sa place au MET avec une nouvelle production de ‘Tristan und Isolde’ confiée à Yuval Sharon ('Lohengrin' - Bayreuth 2018), qui se substituera à celle de Mariusz Trelisnki (2016) qui ne sera donc pas reprise.

Yannick Nézet-Séguin en assurera la direction musicale avec Michael Spyres et Lise Davidsen dans les rôles titres.

Lise Davidsen : 'Tristan und Isolde'

Lise Davidsen : 'Tristan und Isolde'

Les répertoires 1900-1980 tchèque et anglais et le répertoire baroque toujours absents de la programmation

Pour la troisième saison consécutive, aucun ouvrage tchèque ou britannique de la période 1900-1980 ne sera représenté (que ce soit Leoš Janáček ou Benjamin Britten), et les œuvres baroques resteront elles aussi absentes.

Cependant, ‘Alcina’, ‘Ariodante’ et ‘Semele’ de Haendel, mis en scène respectivement par Richard Jones, Robert Carsen et Claus Guth, sont toujours programmées pour les prochaines saisons, ainsi qu’une nouvelle production de ‘Jenufa’ de Janáček.

Mason Bates : ’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’

Mason Bates : ’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’

4 ouvrages en 4 langues différentes dont 3 nouvelles productions dirigées par Yannick Nézet-Seguin

Directeur musical attitré du MET, Yannick Nézet-Séguin conduira quatre spectacles dont trois nouvelles productions, ’The Amazing Adventures of Kavalier & Clay’ du compositeur américain Mason Bates (nouvelle production de Bartlett Sher), avec Lauren Snouffer, Sun-Ly Pierce et Miles Mykkanen, ‘El Último Sueño de Frida y Diego’ de la compositrice américaine Gabriela Lena Frank (nouvelle production de Deborah Colker), avec Gabriella Reyes, Isabel Leonard, Nils Wanderer et Carlos Alvarez, ‘Tristan und Isolde’ (nouvelle production de Yuval Sharon), et la reprise de ‘Don Giovanni’ avec Ryan Speedo Green dans le rôle titre.

A ces trois nouvelles productions s’ajouteront celles d’‘Innocence’ de Kaija Saariaho mise en scène par Simon Stone sous la direction de Susanna Mälkki, et les deux nouvelles productions de ‘I Puritani’ et ‘La Sonnambula’ dédiées à Vincenzo Bellini et respectivement dirigées par Marco Armiliato et Riccardo Frizza.

Kaija Saariaho : ‘Innocence’

Kaija Saariaho : ‘Innocence’

8 productions du MET en direct au cinéma en HD

Samedi        18 octobre 2025 - 13h00 (EST) : La Sonnambula (Nouvelle production)
Samedi        08 novembre 2025 - 13h00 (EST) : La Bohème
Samedi        22 novembre 2025 - 13h00 (EST) : Arabella
Samedi        13 décembre 2025 - 13h00 (EST) : Andrea Chénier
Samedi        10 janvier 2026 - 13h00 (EST) : I Puritani (Nouvelle production)
Samedi        21 mars 2026 - 12h00 (EST) : Tristan und Isolde (Nouvelle production)
Samedi        02 mai 2026 - 13h00 (EST) : Eugène Onéguine
Samedi        30 mai 2026 - 13h00 (EST) : El Último Sueño de Frida y Diego (Nouvelle production)

Le détail de la saison 2025/2026 du MET peut être consulté sous le lien suivant : On Stage 2025–26

La présentation de la saison 2024/2025 peut être consultée sous le lien suivant : Saison 2024/2025 du New-York Metropolitan Opera (MET)

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Publié le 22 Février 2024

Dorénavant, l’annonce de chaque saison du New-York Metropolitan Opera (312 M$ de budget annuel en 2023) est scrutée de près car, même si la culture musicale américaine diffère de la culture européenne, aussi bien par ses modes de financements que par ses manifestations créatives (respectivement privés et plus tournées vers le grand public, outre-Atlantique), elle reste néanmoins un indicateur de la bonne santé de l’art lyrique dans le monde, et un soutien important pour les grands artistes.

Emily d'Angelo dans 'Grounded' de Jeanine Tesori

Emily d'Angelo dans 'Grounded' de Jeanine Tesori

Par ailleurs, Peter Gelb a même reconnu lors d’une interview donnée au blog Appreciate Opera (1) (près de 50 000 consultations par mois), fondé en 2019 par Alkis Karmpaliotis à l’âge de 12 ans, qu’il ne peut prévoir ce que sera l’opéra dans 5 ans.

Récemment, les informations révélées au New-York Times, fin janvier 2024 (2), montrent que le taux de fréquentation de l’année 2023 au MET atteint 73 %, bien mieux que les 61 % d’il y a un an, signe que la tendance s’inverse. Il sera cependant encore nécessaire de retirer 40 M$ du fond de dotation de l’institution, tombé à 255 M$, pour financer les projets à venir, mais Peter Gelb espère obtenir plus de 100 M$ de donations dans les années à venir pour le recompléter.

Une des pistes retenues pour améliorer la marge artistique de 15 M$ est également de programmer plus d’opéras populaires pendant les week-ends.

(1) Appreciate Opera 16/01/2024 :  An Interview with Peter Gelb
(2) New York Times 25/01/2024 : Met Opera Taps Its Endowment Again to Weather Downturn

Antony and Cleopatra’ de John Adams (San Francisco – 2022)

Antony and Cleopatra’ de John Adams (San Francisco – 2022)

18 spectacles, 6 nouvelles productions, 12 compositeurs dont 4 contemporains (4 œuvres du XXIe siècle)

Avec 194 représentations lyriques au cours de la saison 2024/2025 et 18 spectacles lyriques (dont 6 nouvelles productions), le MET se situe très légèrement en dessous de la saison 2023/2024 (191 représentations et 18 spectacles), car deux de ces spectacles concernent la même œuvre (‘La Flûte enchantée’, en version originale et en version abrégée en anglais).
Il s’agit clairement d’une programmation d’équilibre qui se resserre sur un socle ferme.

12 compositeurs différents sont représentés (contre 13 la saison dernière), dont 4 sont contemporains et toujours vivants, soit 17% des soirées dédiées à 4 nouvelles productions de 4 œuvres du XXIe siècle: ‘Ainadamar’ du compositeur argentin Osvaldo Golijov (Tanglewood - 2003), ‘Moby Dick’ de Jake Heggie (Dallas – 2010), ‘Antony and Cleopatra’ de John Adams (San Francisco – 2022), et ‘Grounded’ de Jeanine Tesori (Washington – 2023), un hommage à l’US Air Force.

Elza van den Heever : ‘Die Frau Ohne Schatten’ & ‘Salome’

Elza van den Heever : ‘Die Frau Ohne Schatten’ & ‘Salome’

Deux ouvrages de Richard Strauss représentent le XXe siècle

Absent de la programmation la saison dernière, Richard Strauss revient avec deux ouvrages dirigés par Yannick Nézet-Séguin avec Elza van den Heever en premier rôle, ‘Die Frau Ohne Schatten’, dans la mise en scène d’Herbert Wernicke, et ‘Salome’, dans une nouvelle production de Claus Guth (le metteur en scène allemand a déjà monté deux productions de cet opéra, l'une pour le Deutsche Oper de Berlin en 2016, l'autre pour le Bolshoï en 2021, avec lequel une coproduction était prévue originellement).

Au total, le répertoire des XXe et XXIe siècles représente 24% de la programmation, en incluant les 4 ouvrages contemporains, ce qui est conséquent dans une maison qui consacre habituellement moins de 20% de son affiche aux œuvres post-Puccini.

Susanna Mälkki : 'Fidelio'

Susanna Mälkki : 'Fidelio'

Une saison heureuse pour Mozart et le crépuscule du classicisme 

Avec deux versions de ‘La Flûte enchantée’, puis la reprise des ‘Noces de Figaro’, Mozart se porte très bien au MET, puisqu’il va occuper plus de 20% des soirées. Ces deux ouvrages font partie des 12 titres les plus joués de l’institution depuis l’ouverture du Nouveau Metropolitan Opera sur le Lincoln center en 1966, et, de par leur popularité, ils devraient le rester. 

En effet, le regain d’intérêt pour Mozart date de cette période, au moment où Wagner et le répertoire français refluaient de plus en plus du MET.

Auprès de Mozart, la reprise pour 5 représentations de ‘Fidelio’ de Beethoven, dans la production de Jürgen Flimm, entretient la flamme d’un ouvrage qui a aussi tendance à se faire rare. Il est confié à Susanna Mälkki qui, après ‘L’amour de Loin’ et ‘The Rake’s Progress’, dirige cette fois une œuvre teintée d’un classicisme crépusculaire et d’un romantisme naissant. Lise Davidsen sera Leonore.

Pene Pati : 'Rigoletto'

Pene Pati : 'Rigoletto'

Le répertoire italien du XIXe siècle (Puccini, Rossini, Verdi) premier pilier du MET

Mais le grand répertoire italien préserve ses fondamentaux avec 24% des soirées dédiées à Giuseppe Verdi, avec ‘Aida’ (dans la nouvelle production de Michael Mayer – sa quatrième production après ‘Rigoletto -2013’, ‘Marnie-2018’ et ‘La Traviata-2018’ -, initialement prévue en 2020, mais dorénavant sans la participation du Bolshoi), et deux reprises, ‘Il Trovatore’ par David McVicar, et ‘Rigoletto’ dans la production de Bartlett Sher qui remplace depuis 2021 celle de Michael Mayer.

16% des autres soirées sont réservées à Puccini (‘La Bohème’, ‘Tosca’), deux œuvres déjà jouées au cours de la saison 2023-2024, et 6% à Rossini (‘Le Barbier de Séville’).

Comme la saison passée, ce répertoire populaire est confié à des metteurs en scène plutôt conventionnels, et couvre un peu plus de 45% des représentations.

Clémentine Margaine : 'Les Contes d'Hoffmann'

Clémentine Margaine : 'Les Contes d'Hoffmann'

Les répertoires français et russe du XIXe siècle se maintiennent faiblement

Après ‘Carmen’ et ‘Roméo et Juliette’, la saison passée, la reprise des ‘Contes d’Hoffmann’, dans la mise en scène de Bartlett Sher, sera la seule occasion de défendre le répertoire français.

Et après avoir fait ses débuts au MET en septembre 2022, à la direction de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ de Dmitri Chostakovitch, Keri-Lynn Wilson, l’épouse de Peter Gelb, d’origine en partie ukrainienne et créatrice de l’Ukrainian Freedom Orchestra, dirigera un autre opéra russe, ‘La Dame de Pique’ de Tchaikovski, dans la mise en scène d’Elijah Moshinsky

C’est tout un symbole de l’engagement politique du MET dans le conflit russo-ukrainien.

Keri-Lynn Wilson : 'La Dame de Pique'

Keri-Lynn Wilson : 'La Dame de Pique'

Richard Wagner absent du MET: une première depuis l’ouverture de l’institution, le 22 octobre 1883.

Mais l’absence de Richard Wagner est le véritable marqueur historique de cette saison, puisque cela n’était jamais arrivé de toute la vie du MET en 140 ans, hormis en 1918 et 1919 par sentiment antiallemand en sortie de guerre, et non pour une raison programmatique.

C’est avec ‘Lohengrin’, chanté à l’époque en italien, que Wagner était entré dans cette maison, le 07 novembre 1883, deux semaines après l’ouverture des portes. Italo Campanini incarnait le héros médiéval, Christine Nilsson était Elsa, et Auguste Vianesi assurait la direction musicale. 

Il sera naturalisé français 4 ans plus tard et deviendra chef d’orchestre principal de l’Opéra de Paris la même année, en 1887.

L’absence de Richard Wagner est une conséquence des limitations de la programmation à 17 ouvrages différents, quand, dans les années 2000 et 2010, il y en avait plus de 25.

'Moby Dick’ de Jake Heggie

'Moby Dick’ de Jake Heggie

Les répertoires 1900-1980 tchèque et anglais et le répertoire baroque toujours absents de la programmation

Comme la saison passée, aucun ouvrage tchèque ou britannique de la période 1900-1980 ne sera représenté (exit Leos Janacek ou Benjamin Britten).

Quant aux œuvres baroques, rares au MET, elles devaient être représentées cette saison par la nouvelle production de ‘Semele’ mise en scène par Claus Guth, en coproduction avec Munich, où elle fit un tabac au festival d’été 2023, mais elle a du être reportée pour des questions budgétaires.

Yannick Nézet-Séguin - Philharmonie de Paris, le 29 octobre 2023

Yannick Nézet-Séguin - Philharmonie de Paris, le 29 octobre 2023

5 ouvrages en 3 langues différentes dont 3 nouvelles productions dirigées par Yannick Nézet-Seguin

Toujours engagé dans la rénovation de l’esprit du MET, Yannick Nézet Séguin conduira 5 spectacles dont 3 nouvelles productions, ‘Grounded’ de Jeanine Tesori, avec Emily d’Angelo (création au Washington National Opera en 2023), dans une version remaniée au premier acte et une nouvelle musique, 'Salome’ (nouvelle production par Claus Guth), et ‘Aida’ (la seule nouvelle production 100% MET), qui sera aussi dirigée par Alexander Soddy, ainsi que les reprises de ‘La Bohème’ et ‘Die Frau ohne schatten’.

Osvaldo Golijov : ‘Ainadamar’ (2003)

Osvaldo Golijov : ‘Ainadamar’ (2003)

A ces 3 nouvelles productions s’ajoutent celles d’‘Ainadamar’ (coproduction Opera Ventures, Scottish Opera, Detroit Opera, et Welsh National Opera) mis en scène par Deborah Colker et conduite par Miguel Harth-Beyoda, ‘Antony and Cleopatra’ (création au San Fransisco Opera en 2022) mis en scène par Elkhanah Pulitzer et dirigée par son compositeur, John Adams, et 'Moby Dick’ (coproduction Dallas Opera, State Opera of South Australia, Calgary Opera, San Diego Opera, et San Francisco Opera) mis en scène par Leonard Foglia sous la direction de Karen Kamensek.

Et si l’on s’intéresse aux artistes français, Clémentine Margaine et Benjamin Bernheim défendront ‘Les Contes d’Hoffmann’, respectivement en Giulietta et Hoffmann,  Nicolas Teste incarnera Colline dans ‘La Bohème’, et Marianne Crebassa sera Cherubino des ‘Noces de Figaro’.

Saison 2024/2025 du New-York Metropolitan Opera (MET)

8 productions du MET en direct au cinéma en HD

Samedi        05 octobre 2024 - 12h55 (EST) : Les Contes d’Hoffmann
Samedi        19 octobre 2024 - 12h55 (EST) : Grounded (Nouvelle production)
Samedi    23 novembre 2024 - 12h55 (EST) : Tosca
Samedi         25 janvier 2025 - 12h55 (EST) : Aida (Nouvelle production)
Samedi            15 mars 2025 - 12h55 (EST) : Fidelio
Samedi            26 avril 2025 - 12h55 (EST) : Les Noces de Figaro
Samedi             17 mai 2025 - 12h55 (EST) : Salome (Nouvelle production)
Samedi             31 mai 2025 - 12h55 (EST) : Le Barbier de Séville

Le détail de la saison 2024/2025 du MET peut être consulté sous le lien suivant : On Stage 2024–25

La présentation de la saison 2023/2024 peut être consultée sous le lien suivant : Saison 2023/2024 du New-York Metropolitan Opera (MET)

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Publié le 24 Février 2023

L’annonce de la saison 2023/2024 était très attendue car l’institution américaine a été beaucoup plus ébranlée par la crise sanitaire que les établissements européens du fait que son modèle économique ne repose pas sur un système de subventions publiques directes, et qu’elle a du subir 18 mois de fermeture consécutifs jusqu’à la saison 2021/2022. La fréquentation est passée de 73 % avant crise à 61 %, et la billetterie s’est effondrée de plus de 40 millions de dollars (1).

Saison 2023/2024 du New-York Metropolitan Opera (MET)

Mais Peter Gelb est bien décidé à prouver que l’opéra a un avenir et qu’il peut y amener une nouvelle génération d’amoureux d’art lyrique. En effet, cette saison a montré que le public, et le plus jeune en particulier, ne court pas après les anciennes productions classiques et démodées et s’intéresse surtout aux thèmes qui le touchent plus directement. Les 40 % de fréquentation observés pour la production de ‘Don Carlo’ (1) par David McVicar sont un constat cinglant pour ceux qui croient sérieusement que ce genre de spectacle traditionnel peut plaire au grand nombre.
(1) Radio Classique 27/12/2022 :New York : Le Met Opera mise sur des œuvres plus contemporaines pour enrayer la baisse de fréquentation

Anthony Davis’s “X: The Life and Times of Malcolm X,” - New-York Times

Anthony Davis’s “X: The Life and Times of Malcolm X,” - New-York Times

18 spectacles, 6 nouvelles productions, 13 compositeurs dont 6 contemporains.

Avec 191 représentation lyriques au cours de la saison 2023/2024 et 18 spectacles lyriques (dont 6 nouvelles productions), le MET réduit considérablement la voilure. C’est 15% de spectacles et 10% de représentations en moins que la saison 2022/2023. Et sur 5 ans, la baisse est de 30% de spectacles et 15% de représentations en moins.

Toutefois, 13 compositeurs différents sont représentés, dont 6 sont contemporains et toujours vivants, et c’est le grand pari de cette saison qui offre 25 % de ses soirées à des ouvrages créés après 1980, ‘X: The Life and Times of Malcolm X’ d’Anthony Davis (1985), ‘Florencia en el Amazonas’ de Daniel Catán (1996), ‘Dead Man Walking’ de Jake Heggie (2000), ‘El Niño’ de John Adams (2000), ‘Fire shut up in My bones‘ de Terence Blanchard (2019) – premier opéra d’un compositeur noir présenté au MET en 2021 - et ‘The Hours’ de Kevin Puts (2022).

Benjamin Bernheim : Roméo et Juliette (2024)

Benjamin Bernheim : Roméo et Juliette (2024)

Le répertoire italien (Puccini et Verdi) et français (Bizet et Gounod) préservé

Mais le grand répertoire italien préserve ses fondamentaux avec 30 % des représentations dédiées à Giacomo Puccini (‘La Bohème’, ‘Tosca’, ‘Turandot’ et la plus rare ‘Rondine’) et 17 % à Giuseppe Verdi (‘Rigoletto’, 'La Forza del Destino' et ‘Un Ballo in Maschera’).

Dans un tel contexte, le répertoire français s’en sort très bien puisque deux ouvrages ‘Carmen’ (Nouvelle production mise en scène par Carrie Cracknell) et ‘Roméo et Juliette’ de Gounod couvrent 12 % des soirées, alors que Richard Wagner se maintient avec un seul ouvrage, ‘Tannhäuser’, dans une très ancienne production d’Otto Schenk, totalement dépassée aujourd'hui.

Oksana Lyniv : Turandot (2024)

Oksana Lyniv : Turandot (2024)

Le répertoire 1900-1980 allemand, tchèque et anglais, les œuvres baroques et les ouvrages russes absents

Quant à Mozart, il ne sera joué que dans une version réduite et familiale de ‘La Flûte enchantée’, et le répertoire classique pourra cependant compter sur la reprise d’’Orfeo ed Euridice’ de Gluck pour être pleinement défendu. Et les œuvres baroques, généralement assez rares dans cette immense salle de 3700 places, sont absentes cette saison.

Mais aucun ouvrage allemand, tchèque, autrichien ou britannique de la période 1900-1980 ne sera représenté (exit Richard Strauss, Alban Berg, Leos Janacek, Kurt Weill ou Benjamin Britten qui constituent habituellement 8 % du répertoire du MET), et il est trop tôt pour dire si l’absence du répertoire russe sera amenée à se prolonger en raison de la guerre en Ukraine, car Peter Gelb indiquait bien en avril 2022 que « il est ridicule que des artistes soient écartés parce qu’ils sont russes et le fait que certains orchestres et compagnies d’opéra annulent le répertoire russe est une erreur. Cela envoie exactement le mauvais message. Les grands chefs-d’œuvre russes ne sont pas responsables de Poutine. Nous annulons Poutine, pas Pouchkine. Nous n’allons donc pas modifier nos plans pour la représentation du répertoire russe. » (2)

Les débuts au MET de la chef d’orchestre ukrainienne Oksana Lyniv dans ‘Turandot’ n’en seront donc que plus remarqués.
(2) Diapason : Selon Peter Gelb, le public new-yorkais n’accepterait pas qu’Anna Netrebko se produise au Met.

Yannick Nézet-Séguin : Dead Man Walking, Florencia en el Amazonas,  La Forza del Destino, Roméo et Juliette

Yannick Nézet-Séguin : Dead Man Walking, Florencia en el Amazonas, La Forza del Destino, Roméo et Juliette

4 ouvrages en 4 langues différentes dont 3 nouvelles productions dirigées par Yannick Nézet-Seguin

Avec l’enthousiasme qu’on lui connaît, Yannick Nézet Séguin conduira 4 spectacles dont 3 nouvelles productions, ‘Dead Man Walking’ (Nouvelle production mis en scène par Ivo van Hove), ‘Florencia en el Amazonas’ (Nouvelle production mise en scène par Marie Zimmerman) , La Forza del Destino (Nouvelle production mise en scène par Marius Trelinski en co-production avec le Teatr Wielki–Polish National Opera) et ‘Roméo et Juliette’.

A ces 3 nouvelles productions s’ajoutent celles d’‘El Niño’ mis en scène par Lileana Blain-Cruz et conduite par Marin Alsop, ‘X: The Life and Times of Malcolm X’ mis en scène par Robert O’Hara et dirigée par Kazem Abdullah (coproduction Detroit Opera, Lyric Opera of Chicago, Opera Omaha, et Seattle Opera), et 'Carmen’  mis en scène par Carrie Cracknell sous la direction de Daniele Rustioni.

Et si l’on s’intéresse aux artistes français, seul 3 seront mis en valeur, Clémentine Margaine dans ‘Carmen’, Benjamin Bernheim dans ‘Roméo et Juliette’ et Roberto Alagna dans ‘Turandot’.

La Force du destin - Mise en scène Marius Trelinski - New-York Times

La Force du destin - Mise en scène Marius Trelinski - New-York Times

Pour rendre compte du travail du MET sur sa recherche de diversité d’origine et de genre des artistes qu’il souhaite représenter, il suffit alors de regarder les visages des distributions qui montrent le niveau de volontarisme pour cette ouverture au monde d’aujourd’hui. 

Même s’il on n’adhère pas à la politique artistique des dernières décennies du MET qui mettait l’accent sur les voix et non la recherche de spectacles signifiants et intelligents, il faut souhaiter que la vision de Peter Gelb soit la bonne, car elle replace New-York à l’avant-garde, ce qui pourrait amplifier l’effet d’entraînement en Europe, et notamment à Paris où les choses bougent malgré une frange conservatrice du public.

Saison 2023/2024 du New-York Metropolitan Opera (MET)

9 productions du MET en direct au cinéma en HD

Samedi     21 octobre 2023 - 12h55 (EST) : Dead Man Walking
Samedi 18 novembre 2023 - 12h55 (EST) : X: The Life and Times of Malcolm X
Samedi 09 décembre 2023 - 12h55 (EST) : Florencia en el Amazonas
Samedi      06 janvier 2024 - 12h55 (EST) : Nabucco
Samedi      27 janvier 2024 - 12h55 (EST) : Carmen
Samedi          09 mars 2024 - 12h55 (EST) : La Forza del Destino
Samedi          23 mars 2024 - 12h55 (EST) : Roméo et Juliette
Samedi           20 avril 2024 - 12h55 (EST) : La Rondine
Samedi             11 mai 2024 - 12h55 (EST) : Madame Butterfly

Le détail de la saison 2023/2024 du MET peut être consulté sous le lien suivant : On Stage 2023–24.

A écouter également, la très intéressante conversation entre Peter Gelb et Jim-Zirin (février 2023) sur les défis du MET, son engagement dans la guerre en Ukraine et les enjeux pour attirer de nouveaux passionnés. Peter Gelb se dit être un optimiste prudent.

Conversation entre Jim Zirin et Peter Gelb sur l'avenir du MET (Février 2023)

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Publié le 4 Février 2020

La Damnation de Faust (Hector Berlioz – 1846)
Version de concert du 25 janvier 2020
Metropolitan Opera de New-York

Marguerite Elīna Garanča
Faust Bryan Hymel
Méphistophélès Ildar Abdrazakov

Brander Patrick Carfizzi

Direction musicale Edward Gardner

La Damnation de Faust fit son apparition en version de concert le 02 février 1896 dans la première salle du MET localisée sur Broadway et 39e street, et connut sa première mise en scène en ce même lieu le 07 décembre 1906.  Un an après, une autre production sera par ailleurs montée au Manhattan Opera House d’Oscar Hammerstein, le concurrent du MET, ce qui montre combien cet ouvrage faisait partie des œuvres jugées innovantes à ce moment là.

Elīna Garanča (Marguerite)

Elīna Garanča (Marguerite)

Jouée à l’Opéra Bastille à 3 reprises en début d’été 2001, 2004 et 2006, la production de La Damnation de Faust de Robert Lepage, d’une très grande force visuelle, devait être reprise au Metropolitan Opera de New-York en ce début d’année 2020, mais des contraintes techniques et financières non clairement explicitées n’ont pas permis de la revoir.

Si bien qu’en ce samedi 25 janvier, et en tout début d’après-midi, c’est une version de concert qui est proposée aux auditeurs.

Elīna Garanča (Marguerite)

Elīna Garanča (Marguerite)

Malgré une salle relativement peu remplie, à 60 % au maximum, c’est une version d’une très grande solennité et d’un généreux envoûtement vocal et orchestral qui est pourtant jouée, et un petit évènement renforce son intérêt avec le retour sur scène de Bryan Hymel.

Ce chanteur, qui s’était fait connaître à l’été 2012 lorsqu’il avait remplacé Jonas Kaufmann dans Les Troyens de Berlioz, au Covent Garden de Londres, s’était fait rare depuis 18 mois, entretenant toutes sortes de spéculations à son sujet.

Bryan Hymel (Faust)

Bryan Hymel (Faust)

Quel n’est pas l’émerveillement en découvrant un artiste de retour sur scène qui se révèle dès la première représentation à l'un des sommets de sa carrière. Ampleur du souffle, quiétude et solidité infaillible, il est de bout-en-bout un Faust véritablement métamorphosé en colosse de la nature. Son attitude donne une stature prophétique inhabituelle au vieux savant, et l’une des caractéristiques de son timbre qui avait tendance auparavant à perdre en couleur et étoffe dans les aigus conserve cette fois une homogénéité beaucoup plus affirmée.

Cette sensation d’assurance devient à elle seule un motif d’emprise visuelle et vocale absolument fascinante.

Ildar Abdrazakov (Méphistophélès)

Ildar Abdrazakov (Méphistophélès)

A ses côtés, Ildar Abdrazakov apparaît presque plus modeste, voué avec décontraction à rendre à Méphistophélès une noirceur luxuriante intériorisée et sympathique, sans pour autant afficher un mordant intense qui lui permette de dominer la puissance ancrée sur scène par Bryan Hymel.

Elīna Garanča (Marguerite)

Elīna Garanča (Marguerite)

L’arrivée majestueuse et grave d’Elīna Garanča conforte alors cet étrange sentiment de déité qui imprègne toute l’interprétation de l’œuvre. Aucun pathos, aucun sentimentalisme au bord des lèvres, la chanteuse lettone apparaît telle une Athéna irradiante qui, surtout, s’appuie sur la flamboyance et l’intensité de ses aigus pour donner à sa présence une dimension implacable.

« D’Amour l’ardente flamme» dévoile progressivement que la classe de sa voix puissante ne verse pas pour autant dans la volupté d’ébène, et que son tempérament est celui d’une soprano tragique.

Elīna Garanča et le choeur d'enfants

Elīna Garanča et le choeur d'enfants

Enveloppés par un chœur empli de sentiment de recueillement, riche de l’intensité de ses voix féminines et du charme de ses voix d’enfants lors de la scène finale, ces trois grands artistes sont également portés par un Edward Gardner passionnément engagé à exprimer la flamme de la musique de Berlioz et sa théâtralité sans concession.

Patrick Carfizzi, Elīna Garanča, Edward Gardner, Bryan Hymel

Patrick Carfizzi, Elīna Garanča, Edward Gardner, Bryan Hymel

Que de grandes envolées et de déchaînements d’éléments évoquant la force des océans qui s’abattent contre la scène, de mélanges de textures consistantes et souples à la fois, de sonorités fortes et atypiques de la part des vents, une énergie dont on ressort renforcé et heureux par l’amour de l’art que tous avons partagé au plus haut degré d’expression musicale!

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Publié le 31 Janvier 2020

Wozzeck (Alban Berg – 1925)
Représentation du 22 janvier 2020
Metropolitan Opera de New-York

Wozzeck Peter Mattei
Marie Elza van den Heever
Le Tambour-Major Christopher Ventris
Le Docteur Christian Van Horn
Le capitaine Gerhard Siegel
Andres Andrew Staples
Margret Tamara Mumford

Direction Musicale Yannick Nézet-Séguin
Mise en scène William Kentridge (2017)

Coproduction Festival de Salzbourg, Canadian Opera Company, Opera Australia

                                               Yannick Nézet-Séguin

La nouvelle production de Wozzeck par William Kentridge, présentée au Festival de Salzbourg en 2017, est reprise au MET dans un cadre qui donne toute sa force à la monumentalité et la verticalité de sa scénographie.
On peut ainsi y lire un entrelacement entre l’histoire du soldat Wozzeck et la vie d’Alban Berg, qui connut les examens médicaux avant de participer à la première guerre mondiale.

Peter Mattei (Wozzeck)

Peter Mattei (Wozzeck)

Mais bien qu’Alban Berg n’en faisait pas le sujet premier de son futur chef-d’œuvre, la motivation principale étant l’impression laissée sur le compositeur par la pièce de Büchner, Woyzech, William Kentridge en fait le centre de sa mise en scène qui déploie un travail graphique et vidéographique qui rend une image sensitive forte des horreurs de la guerre et de ses traumatismes sur les hommes. Couleurs aux tonalités gris-vert, violences des traits et des contrastes, images de bombardements, de destructions, de visages de militaires blessés et tuméfiés, le spectateur s’imprègne totalement d’un univers inaltérable où le destin de Wozzeck est celui d’un homme écrasé par son environnement qui le détache de la réalité et le pousse à l’irréparable en assassinant celle qu’il aime.

Gerhard Siegel (Le capitaine) et Peter Mattei (Wozzeck)

Gerhard Siegel (Le capitaine) et Peter Mattei (Wozzeck)

L’expression théâtrale perd cependant en force et les rapports émotionnels entre les protagonistes paraissent négligés tant la réflexion sur l'impact psychique de la guerre passe au premier plan. De par sa personnalité, Peter Mattei rend à Wozzeck une humanité blessée, ce que la tendresse du timbre ne fait qu’intensifier.  Elza van den Heever joue une Marie critique, riant peut-être pour se protéger du drame, mais dont l’absence d’enfant sur scène (seule une marionnette est utilisée pour suggérer la manipulation des êtres) lui ote une dimension importante, l’amour maternel.

Sa voix a ainsi une indéniable présence et une grande pénétrance mais cela ne suffit pas à créer de l’empathie pour la femme du militaire.

Elza van den Heever (Marie)

Elza van den Heever (Marie)

Mais si Christopher Ventris compose un Tambour-Major enjoué, voir plus sympathique qu’il ne le devrait, c’est pourtant le capitaine de Gerhard Siegel qui est particulièrement impressif dans cette production, le véritable personnage central qui gouverne la destinée de son petit monde, auquel le chanteur apporte une crédibilité et une consistance rarement aussi marquante.

Façade du MET avec l'affiche de Wozzeck

Façade du MET avec l'affiche de Wozzeck

Il est toutefois surprenant de constater, en milieu de semaine, que ce Wozzeck ait attiré plus de public que La Bohème ou La Traviata. C’est tout à l’honneur des New-yorkais, mais peut-être est-ce aussi dû à la présence de Yannick Nézet-Séguin à la direction musicale. En effet, ce jeune chef infiniment sympathique et entièrement original fait entendre un chatoiement sonore absolument inédit, comme si son goût personnel pour la luxuriance baroque réussissait à métamorphoser la sensualité de l’écriture de Berg. L’oreille est ainsi stimulée par une magnificence de détails, des altérations de reflets, et un travail sur la texture des cordes qui s’harmonise avec les striures des peintures de scène, ce qui en fait une des lectures les plus imaginatives entendues à ce jour.

Peter Mattei, Yannick Nézet-Séguin, Elza van den Heever

Peter Mattei, Yannick Nézet-Séguin, Elza van den Heever

Yannick Nézet-Séguin est attaché au MET pour faire aimer au plus large public possible toutes les musiques de l’art lyrique, même les plus exigeantes pour les auditeurs, ce qui est une grande chance pour cette maison.

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Publié le 28 Janvier 2020

La Bohème (Giacomo Puccini - 1896)
Représentation du 21 janvier 2020

Metropolitan Opera de New-York

Mimì Maria Agresta
Musetta Susanna Phillips
Rodolfo Roberto Alagna
Marcello Artur Ruciński
Schaunard Elliot Madore
Colline Christian Van Horn
Alcindoro Donald Maxwell
Parpignol Gregory Warren
Sergente dei doganari Joseph Turi

Direction musicale Marco Armiliato
Mise en scène Franco Zeffirelli (1981)

                                                                                   Susanna Phillips (Musetta)

Avec 1343 représentations de La Bohème depuis l'ouverture du MET en 1883, et 521 représentations dans la mise en scène de Franco Zeffirelli, c'est à New-York que l'opéra le plus populaire de Puccini est le plus joué au monde et touche le plus grand nombre de spectateurs.

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

Cette production renvoie à de vieilles images de cartes postales de la vie parisienne, une mansarde dépliée sur les toits abîmés de la ville, une immense place sur plusieurs niveaux située sur l’un des flancs de Montmartre, avec ses enseignes à l’ancienne et sa foule de badauds qui se promènent lentement en se bousculant sans trop savoir ce qu’ils cherchent, une petite allée bordée d’arbres, peut-être près d’un cimetière, s’attriste sous les couches de neige, et l’effet artificiel prend le dessus sur le sentiment de réalité.

On se rend compte alors des mérites de l'ancienne scénographie de Jonathan Miller, à Bastille, qui, certes, renvoyait à un cadre un peu plus récent, mais n’en rajoutait pas autant en termes de clichés. Le deuxième acte, par exemple, pourrait encore servir à illustrer une scène de vie actuelle à Saint-Germain.

Visages d'enfants autour de Parpignol

Visages d'enfants autour de Parpignol

A New-York, le spectacle verse complaisamment dans l’outrance des jeux d’opérettes, notamment au second acte, totalement soutenue par les rires amusés de la salle, et il devient presque obligé que le personnage de Musette atteigne le paroxysme de la fantaisie.

Dans ce rôle, Susanna Phillips se livre sans retenue à un grand numéro de comédie qui plaît à nombre de cœurs aussi bien jeunes que plus âgés, une virtuosité indéniable dont le timbre un brin perçant ne nourrit cependant pas assez la rondeur et la sensualité que devrait inspirer son être libre et séducteur.

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

On aurait imaginé Roberto Alagna trop âgé pour incarner l’humanité sensible et amoureuse de Rodolfo, pourtant, que d’âme et de poésie dans son chant aux teintes brunes, superbe texture d’écorce, qui inspire le sentiment de maturité. Il en prend même une allure un peu trop sérieuse.

Il faut dire qu’il a pour partenaire Maria Agresta, magnifique interprète puccinienne qui ennoblit considérablement la jeune voisine, Mimi, et en fait une femme plus tragique que naïve, avec une sensibilité à fleur de peau à la belle voix veloutée qui donne des frissons, ponctuée parfois de petites inflexions spontanées et subitement claires, comme de légères pulsions de vie intempestives.

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

Maria Agresta (Mimi) et Roberto Alagna (Rodolfo)

Quant à Artur Ruciński, il interprète le Marcello qu’on lui connaît bien, un tantinet dandy mais qui se lâche irrésistiblement au dernier acte en compagnie du Schaunard d’Elliot Madore, voix de baryton ferme et homogène galvanisée par la gaîté venue distraire pour un temps du déclin final de Mimi.

Artur Ruciński (Marcello)

Artur Ruciński (Marcello)

La direction de Marco Armiliato s’équilibre ainsi très bien avec le jeu de scène et les chanteurs, fait toujours raisonner soigneusement les motifs les plus charmants, préserve une constante douceur intime, mais ne soulève pas de grande emphase pour autant.

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Publié le 22 Février 2019

Avec 214 représentations lyriques au cours de la saison 2019/2020, le MET diversifie un peu plus sa programmation que cette saison en présentant 25 ouvrages de 16 compositeurs différents, soit 2 de plus qu’actuellement, parmi lesquels 5 nouvelles productions sont présentes.

Et si 2018/2019 est une saison verdienne, la saison 2019/2020 sera une saison puccinienne (Tosca, Manon Lescaut, La Bohème, Turandot, Madame Butterfly) avec un quart des représentations dédié au compositeur toscan.

A cette occasion, Madame Butterfly devient le 5e ouvrage le plus représenté au MET depuis 1973, devant Aida de Verdi, et rejoint donc La Bohème et Tosca parmi les 5 premiers titres à l'affiche depuis près de 50 ans.

Le compositeur parmesan est, quant à lui, représenté par La Traviata, Simon Boccanegra et Macbeth.

Mozart fait également bonne figure avec 15% des représentations, devant Verdi, et sera défendu par Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée et Cosi fan tutte.

Akhnaten - Photo English National Opera

Akhnaten - Photo English National Opera

Les 14 représentations de Porgy & Bess (production du DNO et de l’English National Opera) sont l'un des rendez-vous majeurs de la saison, ainsi que l’entrée au répertoire d’Akhnaten de Philip Glass (8 représentations de la production de l’English National Opera), deux ouvrages qui célébreront deux compositeurs anglo-saxons.

Et le répertoire français sera servi par Massenet (Manon et Werther), ainsi que par La Damnation de Faust de Berlioz, même si cette dernière sera jouée en version de concert, la production de Robert Lepage ayant été annulée.

Par ailleurs, un opéra baroque, Agrippina de Haendel (production de la Monnaie), fait son entrée au répertoire, et les ouvrages du XXe siècle seront représentés par Der Rosenkavalier de Strauss, Katia Kabanova de Janacek (3 représentations) et par une nouvelle production de Wozzeck d’Alban Berg (production du Festival de Salzburg). La reprise de Maria Stuarda, entré au répertoire en 2012, signera également l'unique présence de Donizetti cette saison.

Wagner n’est représenté que par Le Vaisseau Fantôme, dans une nouvelle production en provenance du DNO, et le répertoire slave repose sur La Dame de Pique de Tchaïkovski aux côtés de Katia Kabanova.

Ainsi, sur les 5 nouvelles productions, 3 sont dévolues à des œuvres du XXe siècle, et toutes sont des productions ou des coproductions européennes.

Enfin, en ajoutant l’Orphée et Eurydice de Gluck, on peut constater que plus de 20% du répertoire sera voué au baroque et au classique, ce qui est un exploit dans une salle de près de 4000 places.

Parmi les grands artistes présents cette saison, il sera possible d'entendre Joyce DiDonato et Kate Lindsey (Agrippina), Roberto Alagna et Maria Agresta (La Bohème), Javier Camarena (La Cenerentola), Nicole Car, Luca Pisaroni et Gerald Finley (Cosi fan tutte), Elina Garanca, Michael Spyres et Ildar Abdrazakov (La Damnation de Faust), Anja Kampe, Bryn Terfel  et Valery Gergiev (Le Vaisseau Fantôme), Anna Netrebko, Placido Domingo et Ildar Abdrazakov (Macbeth), Placido Domingo (Madame Butterfly), Lisette Oropesa et Michael Fabiano (Manon),  Sonya Yoncheva et Marcelo Alvarez (Manon Lescaut), Diana Damrau (Maria Stuarda), Anita Hartig, Marianne Crebassa, Mariusz Kwiecen (Les Noces de Figaro), Nadine Sierra, Gaëlle Arquez, Luca Pisaroni (Les Noces de Figaro), Angel Blue et Denyce Graves (Porgy & Bess), Lise Davidsen (La Dame de Pique), Anna Netrebko, Michael Volle (Tosca), Aleksandra Kursak, Lisette Oropesa, Dmitry Popov, Vittorio Grigolo (La Traviata), Nina Stemme, Hibla Gerzmava (Turandot), Yannick Nézet-Seguin, Elsa van den Heeven, Peter Mattei, Christopher Ventris (Wozzeck), Yannick Nézet-Seguin, Joyce DiDonato, Aida Garifullina, Piotr Beczala, Etienne Dupuis (Werther).

Tous les détails de la programmation sont consultables sous le lien suivant : Met 2019/2020 season.

Saison 2019/2020 du New-York Metropolitan Opera

La saison 2019/2020 du MET au cinéma 

10 spectacles, dont les 5 nouvelles productions, seront diffusés au cinéma au cours de la saison 2019/2020

Turandot - samedi 12 octobre 2019
Manon - samedi 26 octobre 2019
Madame Butterfly - samedi 09 novembre 2019
Akhnaten - samedi 23 novembre 2019
Wozzeck - samedi 11 janvier 2020
Porgy & Bess - samedi 01 février 2020
Agrippina - samedi 29 février 2020
Der Fliegende Holländer - samedi 14 mars 2020
Tosca - samedi 11 avril 2020
Maria Stuarda - samedi 09 mai 2020

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Publié le 4 Mars 2018

Elektra (Richard Strauss)
Représentation du 01 mars 2018
Metropolitan Opera, New-York

Elektra Christine Goerke
Chrysothemis Elza van den Heever
Klytämnestra Michaela Schuster
Aegisth Jay Hunter Morris
Orest Mikhail Petrenko

 

Direction musicale Yannick Nézet-Séguin                    Elza van der Heever (Chrysothémis)
Mise en scène Patrice Chéreau (2013) dirigée par Vincent Huguet.

La reprise d’Elektra dans la mise en scène de Patrice Chéreau créée au Festival d’Aix en Provence et représentée à New-York trois ans plus tard en 2016 était sans doute trop proche pour réussir à attirer un public nombreux, et pour cette première voir la salle à moitié remplie avait de quoi donner un coup au moral, comme si l'on assistait au crépuscule d’un art trop grand pour le commun des hommes.

Christine Goerke (Elektra)

Christine Goerke (Elektra)

Mais Yannick Nézet-Séguin se trouvant à nouveau à la direction orchestrale deux jours après avoir dirigé une série de Parsifal, cette dernière semaine de février était l’occasion de profiter de sa jeunesse et de mesurer la puissance d’un talent qui prépare la réussite des futures saisons du Metropolitan Opera de New-York, puisqu’il en sera le directeur musical dès la rentrée prochaine.

Et le chef canadien prouve d’emblée qu’il a une affinité naturelle avec l’univers de Richard Strauss, son foisonnement orchestral qu’il manie avec une dextérité juvénile brillante, son ampleur dramatique et ses accents de brutalité, et aussi ses splendeurs abyssales qui finissent par engloutir l’auditeur dans un océan sonore envoutant à l’arrivée d’Oreste.

La célérité avec laquelle il obtient de tels changements d’ambiances sonores finit par former une trame qui vous emporte sans temps mort, la source d’enthousiasme fondamentale de cette représentation.

Michaela Schuster (Clytemnestre)

Michaela Schuster (Clytemnestre)

Dans le rôle d’Elektra, Christine Goerke s’appuie sur un solide médium et des intonations vocales naturalistes fortement marquées dans les graves qui accentuent le caractère névrosé de son incarnation. En revanche, tous ses aigus s’amenuisent sensiblement en un son filé clair et très fin ce qui atténue l’impact dramatique de ses éclats émotionnels. Et elle n’est pas à l’aise non plus avec le jeu théâtral de Patrice Chéreau arrangé par Vincent Huguet, trop saccadé et artificiel pour être crédible.

Michaela Schuster surprend alors par la mesure avec laquelle elle anime Clytemnestre d’une noblesse vocale, car on aurait pu l’imaginer plus sordide et froide, ce qui enferme encore plus Elektra dans sa nature maladive.

Elza van der Heever (Chrysothémis)

Elza van der Heever (Chrysothémis)

Elza van den Heever, elle, est une magnifique Chrysothémis, formidablement touchante et impressionnante sous couvert d’aigus amples et tragiques fulgurants qui tétanisent l’audience, d’autant plus qu’ils émanent d’une actrice superbe et d’allure fragile.

Et l’arrivée de Mikhail Petrenko est également un des grands moments du drame par cette façon posée et inquiétante de donner de la présence à Oreste et de l'accompagner d'une stature théâtrale simple et pleine à la fois. On comprend dès son arrivée qu'il est le seul à avoir le sang froid pour commettre les deux meurtres désirés par sa sœur.

Mikhail Petrenko (Oreste)

Mikhail Petrenko (Oreste)

Un Egiste, Jay Hunter Morris, aux couleurs sombres qui le démarquent de la légèreté habituellement attribuée à l’amant de Clytemnestre, des servantes vouées à leurs petits rôles fortement détaillés du début à la fin, l’essentiel du travail de Chéreau est préservé même si les nuances des éclairages qui décrivent l’évolution de cette journée vers la tombée de la nuit semblent moins progressives qu’à la création.

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