Publié le 16 Octobre 2007

Présentation de Roméo et Juliette de Berlioz

Par Gerard Mortier et Brigitte Lefèvre
Le 11 octobre 2007 au Studio Bastille
 
Dés son arrivée à la direction de l’Opéra de Paris, Gerard Mortier eut l’idée avec Brigitte Lefèvre de monter des spectacles mêlant chœurs, orchestre et Ballet de l’Opéra. Il y eut l’Orphée de Gluck puis le plus discuté Allegro de Haendel.
 
Aujourd’hui, il s’adresse au public de l’AROP (Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris) afin de présenter Roméo et Juliette mis en scène par Sasha Waltz
Passons sur le passage au grill des critiques qui n’ont même pas dit un mot du chef (Valery Gergiev) après la Première, comme si la musique ne valait rien, pour porter notre attention sur l’analyse du génie du compositeur français.
 
L’œuvre fut créée dans les années 1830 sous la Monarchie de Louis Philippe et est une musique très en avance sur son temps.
Bien sûr avec « I Capuleti e i Montecchi » Bellini a voulu écrire de la très belle musique pour de belles voix. Puis avec Gounod, « Roméo et Juliette » devient un drame épique.
Cependant il n’y a pas de réflexion profonde sur l’Amour.
 
Berlioz entreprend ainsi de parler de l’Amour mais aussi de comment il peut être tué par les autres, comment un être peut rencontrer un autre être humain, et également comment l’Amour peut être destructeur en comparant avec « Antoine et Cléopâtre » de William Shakespeare.
 
Alors au début le compositeur explique cette lutte entre les Capulets et les Montaigus grâce à un Fugato : la beauté de ces thèmes qui se poursuivent ( des thèmes identiques sont chantés différemment) traduisent que ce sont tout de même des frères qui s’affrontent.
Puis survient la chanson de la Reine Maab qui est une métaphore de la Folie de l’Amour. C’est un grand moment de virtuosité.
 
Et alors que, jusqu’à présent, les chœurs et solistes exprimaient les forces en jeu, place est laissée à la musique symphonique et à la sensualité des cordes pour le duo d’Amour.
C’est un pas de deux de 18 minutes comparable aux 25 minutes de Tristan et Iseult de Richard Wagner. Physiquement, c’est à la limite du possible.
 
Mais au tableau suivant Juliette est déjà morte. Le décor, comme un livre plié, s’ouvre.
Seul chante pendant 12 minutes Frère Laurent, doublé par un danseur, qui est celui qui a voulu sauver cet Amour. Il est accompagné par les chœurs dans un final très dramatique.
 

Sasha Waltz préfère rester dans une certaine intériorité car l’explication de texte est dans la fosse. Brigitte Lefèvre la perçoit plus comme une artiste baroque d’aujourd’hui privilégiant l’émotion abstraite.

25 danseurs sont engagés (Aurélie Dupont pour Juliette et Hervé Moreau pour Roméo), un très grand orchestre de 80 musiciens (plus grand que celui de Tristan) avec 16 premiers violons, 8 timbales, 2 harpes, 70 choristes et 3 chanteurs (Mikhaïl Petrenko, Ekaterina Gubanova, Yann Beuron) complétant l’ensemble. 30000 spectateurs vont ainsi découvrir l’œuvre à l’Opéra Bastille.

Hector Berlioz s’est ainsi emparé de « Roméo et Juliette » pour raconter une histoire sur la passion de l’Amour, la beauté de l’Amour et la force créative de l’Amour.

Les derniers mots de Roméo dans Shakespeare en résument le drame : « Thus with a kiss I die », ainsi avec un baiser je meurs.
Énergisant dans la littérature, le baiser ne devrait donc pas être quelque chose qui détruit.

Voir également l'article sur la représentation de Roméo et Juliette

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Publié le 8 Octobre 2007

Genèse de l’œuvre

 
De retour à Milan, Verdi récupère sur sa santé et s’implique même dans le dénouement de la vie conjugale de ses amis Maffei. La comtesse se retire à Clusone alors que Maffei propose à Verdi de réduire le drame de Schiller « Les Brigands » (I Masnadieri).
 
Cependant, depuis l’accueil chaleureux du public florentin à ses œuvres, le compositeur ne peut plus ignorer une telle sympathie. Or Lanari, directeur de l’opéra de Florence, ne dispose pas de ténor de première classe.
Le choix de Verdi se porte donc sur Macbeth, opéra dans lequel la partie de ténor est d’importance secondaire.
 
Ce travail ne lui permet pas de répondre à une demande de Rome pour un hymne célébrant l’intronisation du Pape Pie IX. En effet, ses mesures démocratiques (loi libérale confiant la censure à une commission laïque, libération des condamnés politiques) l’ont rendu populaire et inquiètent le pouvoir autrichien.
Metternich renforce ses troupes et se tient prêt à contrer les révolutionnaires.
 
Dans le même temps, Lumley, directeur du Théâtre de la Reine à Londres, presse Verdi de lui fournir un opéra. Ce sera «I Masnadieri » mais pour l’instant la composition de Macbeth va trop lentement depuis août 1846. C’est seulement début février 1847 qu’il débute l’orchestration.
 
Après deux semaines de répétitions, « Macbeth » est présenté le 14 mars 1847 à Florence.
Il n’obtient pas l’excellent accueil dont parlent les historiens. Les personnages ne sont pas suffisamment caractérisés et surtout le public préfère le Verdi qui exprime la douleur des âmes italiennes aspirant à un destin meilleur.
Verdi proposera une version remaniée de Macbeth pour Paris en 1865 juste avant la création de Don Carlos.
 
 
Macbeth
 
A partir de 889, les royaumes Scots et Pictes sont unifiés et dirigés par Donald II, premier « Roi d’Ecosse » également nommé « Roi d’Alba ». La préoccupation majeure de la population est alors de repousser les invasions Viking.
De plus, le système des Thanes hérité des Celtes d’Ecosse établit que le droit au trône est conféré par la mère. L’avantage est d’assurer un successeur prêt à devenir chef de guerre. L’inconvénient est d’engendrer des rivalités meurtrières quand le nombre de possibilités est élevé.
 
En 1034, Duncan Ier succède à Malcolm II. Cette désignation est vivement ressentie par Macbeth, grand serviteur de Moray, qui s’estime dans la ligne directe de Malcolm et renforcé par la descendance royale de sa femme Gruoch.
Ainsi, en 1040, Macbeth monte une ligue contre Duncan et l’élimine. Crinan, père de Duncan tente une révolte mais est tué à la bataille de Dunkeld en 1045.
Soucieux d’assurer sa position, le roi écossais voyage pour connaître les développements des royaumes voisins.
 
Seulement, les fils de Duncan s’étant réfugiés en Northumbria, l’un d’eux, Malcolm, lève une armée, prend le Lothian et Strathclyde avant de battre et tuer Macbeth à la bataille de Lumphanan (1057). Lulach, fils de Gruoch devient roi, et il faut donc un autre affrontement pour que Malcolm III accède au trône d’Ecosse.
 
L’œuvre de Verdi conserve la dimension fantastique du drame de Shakespeare.
Des sorcières prédisent à Macbeth qu’il sera roi d’Ecosse. Lady Macbeth le somme de précipiter les évènements en éliminant Duncan de passage à leur château.
Devenu Roi, c’est alors le tour de Banco et de la famille de Macduff de disparaître afin de contrer les prédictions des magiciennes sur la succession au trône.
Macduff rejoint Malcolm, lève une armée dans la forêt de Birman et bat Macbeth. La femme du tyran devient folle et meurt.
Ainsi en devenant roi, Malcolm achève un règne marqué par la terreur.
 

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Rédigé par David

Publié dans #Verdi

Publié le 6 Octobre 2007

Rencontre avec Cécilia Bartoli

Le 06 octobre 2007
Théâtre des Champs Elysées.

 

Le mois dernier, Eve Ruggieri nous apprenait que c’est à l’occasion du 10ième anniversaire de la disparition de Maria Callas que furent découvertes à l’Opéra Garnier une jeune soprano colorature, Sumi Jo, et une jeune mezzo-soprano di agilita, Cécilia Bartoli.

 

Toutes deux avaient remporté le prix de la fondation Maria Callas.

 

Alors qu' Herbert von Karajan demanda à rencontrer la première, Daniel Barenboïm prit contact avec l’interprète virtuose de la Cenerentola pour l’engager.

 

20 ans plus tard exactement,  Cécilia Bartoli est la première invitée d’une série de rencontres organisée par Dominique Meyer.

Cécilia Bartoli

Cécilia Bartoli

Durant une heure, le rappel de son parcours est le prétexte à une évocation de l’Italie, Rome, ses places, ses ruelles, son soleil, d’une manière radieuse et dans un français impeccable.

 

Il va falloir retrouver le titre de l’air de Mendelssohn que l’on a eu le plaisir d’écouter, modèle d’évolution du style baroque vers le belcanto.

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Publié le 4 Octobre 2007

Roméo et Juliette (Hector Berlioz)

Répétition générale du 03 octobre 2007
Opéra Bastille
Chorégraphie Sasha Waltz
Direction Valery Gergiev
 
Juliette Aurélie Dupont
Ekaterina Gubanova
Roméo Hervé Moreau
            Yann Beuron
Frère Laurent Wielfried Romoli
            Mikhail Petrenko
 
Il y a quelques mois, Arte diffusait un reportage ("Le Jardin des Délices") sur la chorégraphe allemande dont les spectacles sont devenus un "Must" à Berlin.
 
Derrière beaucoup de modestie et d'énergie se dévoile alors un sens de la vérité humaine poignant.
C'est dire que ce "Roméo et Juliette" est attendu et le remplissage complet de l'opéra Bastille jusque dans les hautes places des galeries lors de la dernière répétition en témoigne.
 
Dans un univers symbolique, horizon noir infini cernant deux simples dalles, Sasha Waltz exprime dans chaque tableau du drame les effusions amicales, les intimidations mais comme si il y avait quelque chose de vain, de désordonné voir loufoque (ironie qui n'est pas sans rappeler celle de Christoph Marthaler).
 
Valery Gergiev est par ailleurs plus sec et brutal dans la première partie que pendant toute la suite.
 
Le cœur de la représentation reste pour moi la scène du balcon où Juliette et Roméo se retrouvent dans un duo bouleversant d'humanité, de spontanéité et se révèle une irrésistible figuration du bonheur adolescent. Mais ce n'est qu'un songe.
Aurélie Dupont et Hervé Moreau

Aurélie Dupont et Hervé Moreau

Petit à petit l'impossibilité de ce rêve et la tristesse qu'elle déclenche amorcent les premiers mouvements du plateau. Le moment où le filtre est bu par Juliette se cale sur un accord terrible, laissant Roméo en proie à la violence et au désespoir.
 
Le final, peut être moins fort malgré la double veille Roméo sur le corps de Juliette puis Juliette sur le corps de Roméo, est emporté par les chœurs et un Mikhail Petrenko splendides.
 

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Publié le 1 Octobre 2007

Maria Stuarda (Donizetti)

Version de concert du 30 septembre 2007 (Théâtre des Champs Elysées)
 
Marie Stuart Ruth Ann Swenson
Elisabeth Iano Tamar
Leicester Dario Schumk
Talbot Giovanni Furlanetto
Cecil Lionel Loth
Paula Gardino Anna Kennedy
 
Orchestre et choeurs de l'Opéra National de Lyon
Direction Evelino Pidò
 
Dès l'ouverture la cavalcade est lancée entraînant les trémoussements que l'enthousiasme de quelques uns ne peut retenir.
Puis l'attente du duel entre les dames s'établit car seule Elisabeth se découvre au premier acte.
Iano Tamar n'a peut être pas l'ampleur vocale que l'on pourrait attendre d'une reine et se laisse parfois submerger par l'orchestre. En revanche, la séduction de ce timbre pas assez sombre pour franchement l'identifier comme mezzo, mais aux aigus implacables, est un atout dont l'évolution vers les emplois plus dramatiques est digne d'intérêt .
 
Vous connaissiez Dario Schumk ? Moi pas. Car nous avons découvert un ténor franc, viril, jamais en peine et se posant hardiment face à la salle. Si le timbre est relativement commun, le chanteur a donné l'impression d'un tel sens de l'anticipation musicale que rarement j'ai ressenti autant d'harmonie entre chant et discours orchestral.
Avec beaucoup de noblesse Giovanni Furlanetto oppose également un Talbot ferme et convaincant.
 
Et enfin, le suspens se lève sur le château de Fotheringhay. Ruth Ann Swenson illumine avec beaucoup de chaleur et de poésie la scène, mais quelques difficultés avec la partition sont visibles. L'auditoire paraît d'ailleurs plus exigeant avec elle qu'avec ses partenaires.
Les vocalises vertigineuses ne sont certes pas au rendez vous, cependant elle dégage une candeur qui n'en rabaisse que d'avantage l'esprit de son adversaire.
 
Bien entendu Evelino Pidó en fait un peu trop, danse même avec ses chanteurs au risque d'en fatiguer certains avec ses débordements d'énergie.
 
Alors s'il est vrai que la vérité tragique de l'oeuvre ne s'est pas invitée à cette soirée, la générosité de ces chanteurs tous excellents musiciens et leur plaisir d'être présent là face au public ont constitués un petit détournement de l'œuvre de Donizetti pour créer un vrai moment d'évasion.

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Publié le 25 Septembre 2007

Mardi 02 octobre 2007 sur France 2 à 01h25

Musique à Versailles (Musique au cœur Eve Ruggeri)
Invités Philippe Beaussant, Benoît Dratwicki et Olivier Baumont
Œuvres de Marais, Charpentier, Rossi…..
 
Mardi 09 octobre 2007 sur France 2 à 01h10
La Pietra del Paragone (Rossini)
Sonia Prina, Jennifer Holloway, Laura Giordano, Christian Senn, François Lis
Direction Jean-Christophe Spinosi
Enregistré au Châtelet en janvier 2007
 
Samedi 13 octobre 2007 sur Arte à 22h30 (durée 1h50)
L'Orféo de Monteverdi
Avec Stéphane Degout, Sunhae Im, Marie-Claude Chappuis, Arlene Rolph, Sergio Foresti.
Enregistré au Staatsoper Unter den Linden Berlin en février 2007
 
Samedi 20 octobre 2007 sur Arte à 22h30 (durée 1h30)
Deux siècles de musique à Versailles
En direct de la galerie des glaces.
Œuvres de Lully, Charpentier, Rameau et Gluck
 
Dimanche 21 octobre 2007 à 0h55 sur ARTE
Les Paladins (Rameau)
Par l’ensemble Les Arts florissants, direction William Christie.
Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie Oustrac, Laurent Naouri.
Mise en scène José Montalvo. Théâtre du Châtelet.

Dimanche 21 octobre 2007 sur Arte à 19H00 (durée 45 mn)
La Petite Musique de Marie-Antoinette
 

Samedi 27 octobre 2007 sur France 3 à 23H05
L'Heure de l'Opéra, magazine de Alain Duault.

Invités : Natalie Dessay, Rolando Villazon, Inva Mula
Puis à 00h05
Manon de Massenet
Enregistré au Liceu avec Natalie Dessay et Rolando Villazon
Mise en scène David McVicar

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 23 Septembre 2007

Soirée littéraire « Les femmes de Barbe-Bleue »

Amphithéâtre de l’Opéra Bastille
Samedi 22 septembre 2007
 
Avec la participation des écrivains Brigitte Paulino-Neto (Jaime Baltasar Barbosa), Linda Lê (In Memoriam), Erwin Mortier (poèmes), Emmanuel Carrère (L’Adversaire), et de l’acteur Jonathan Drillet.
 
Musiciens de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris
Emmanuel Ceysson (Harpe), Frédéric Chatoux (Flûte), Laurent Vernet (Alto).
 
Production Behoud de Bergeerte
 
 
 
 
Une harpe sous les lueurs bleutées, ambiance apparemment favorable à la poésie, à priori l'idée d’un traquenard ne peut venir à l’esprit de personne
J’écoute alors sagement Brigitte Paulino-Neto, puis Linda Lê avant que n’intervienne Erwin Mortier dont les poèmes en allemand évoquent tant ceux que la récitante de la Fura dels Baus avait lu pour la Flûte Enchantée du festival de la Ruhr. 
Tout le charme est dans les sonorités, la manière dont les sons se libèrent.
Entre chaque lecture, Syrinx, puis la sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy constituent des interludes bienvenus, nous sommes ici dans l’univers musical de Paul Dukas.
 
Jonathan Drillet se pose alors à son tour, une caméra projette son visage en arrière plan si bien que les mouvements de la bouche en sont amplifiés alors que les yeux se cachent dans les ombres.
Abordant une attitude d’homme témoignant sans la moindre émotion devant un tribunal, les extraits de « Gilles et la Nuit » d’Hugo Claus exposent les détails de violences et d’abus faits sur des enfants.
Gilles de Montmorency (Baron de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc et surnommé Barbe-Bleue) montre une fascination pour un morbide extrêmement dérangeant.
Pour éviter d’être prisonnier de hauts le cœur, je cherche à ne plus faire attention aux mots et faire surgir un sentiment d’admiration pour ce très difficile rôle d’acteur.
Un des musiciens particulièrement ébranlé s’absente même quelques minutes.
 
Et ce n’est pas fini, les images du film de Nicole Garcia « L’Adversaire » nous maintiennent dans ce paroxysme de la démence avant qu’Emmanuel Carrère ne conclut sur quelques passages du livre.
 
Poésie, désirs brûlants et violence sordide constituent donc l’univers de ce Barbe-Bleue pour un public pas forcément averti.

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Rédigé par David

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Publié le 19 Septembre 2007

Capriccio (Richard Strauss)

Représentation du 17 septembre 2007
Opéra Garnier
 
Direction musicale Harmut Haenchen
Mise en scène Robert Carsen
 
Le Comtesse Solveig Kringelborn
Flamand Charles Workman
Clairon Doris Soffel
La Roche Jan-Hendrik Rootering
Le Comte Olaf Bär
Olivier Tassis Christoyannis
 
La reprise de la production qui acheva de façon éblouissante la période Hugues Gall va-t-elle inaugurer tout aussi brillamment la quatrième saison Mortier ?
Pas tout à fait en vérité. 

L'atmosphère si intime de l'œuvre est toujours là, l'entrelacement de l'argument musical et poétique avec les indécisions du cœur conserve la même force de suggestion, et enfin le double lever de rideau de la scène finale enchante tout autant.
 
De plus, pour mon bonheur en tout cas, Charles Workman anime un compositeur touchant, un chant sincère et rêveur.
Je le surnommerais bien "double crème" lui aussi mais madame Fleming a déjà déposé l'appellation.
Timbre très accrocheur.
                                                                                                                              Charles Workman (Flamand)
Olaf Bär fait surtout de la présence et court après Doris Soffel, Clairon exagérément cassante, presque maléfique. Mais aime t-elle ce rôle ?
Aucun doute sur ce point concernant Jan-Hendrik Rootering, le personnage de La Roche lui plaît, l'âme y est mais sa voix me touche peu : sonorités voilées, monotones et souvent trop basses.
Doris Soffel (Clairon)

Doris Soffel (Clairon)

Comtesse délicate, Solveig Kringelborn se fait instable mais pas trop, ne s'extériorise qu'au final et porte de très jolis filets de voix qui se fondent bien avec le tissu orchestral. Je suis sûr qu'elle peut être plus poignante.
 
Harmut Haenchen aime la luxuriance et semble noyer certains détails.
La lenteur n'était peut être pas si indispensable dans l'ultime séquence.

Et puis, à la fin de l'ouvrage, chacun sort de la salle pour longer les colonnes du grand escalier et se donner l'illusion de poursuivre le spectacle.
Solveig Kringelborn (la comtesse Madeleine)

Solveig Kringelborn (la comtesse Madeleine)

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Publié le 17 Septembre 2007

Genèse de l’œuvre

 
Depuis les répétitions d’ « Ernani», Verdi rêve de mettre en musique « Attila », et depuis Naples, il prie Solera de s’activer, d’autant plus qu’il le considère comme seul capable de donner vie à ce conquérant sanguinaire.
Déjà en mai 1845, Léon Escudier, rédacteur en chef du journal « La France Musicale », est venu à Milan et a obtenu du compositeur la propriété pour la France de toutes ses œuvres écrites en Italie.
Signe de la grande honnêteté de Solera, lorsque Nabucco est autorisé au Théâtre Italien de Paris, Vatel, son directeur, se trouve dans l’obligation de s’acquitter d’une somme de 1000 francs à un homme se déclarant l’auteur du mélodrame. Verdi n’ignorait pas ce fait.
 
A cette époque, Paris est la capitale musicale de l’Europe. « L’Attila pour le grand Opéra de Paris, comme cela serait beau » confie t-il à Escudier. C’est trop tôt, mais ce dernier prépare le terrain et contacte Pillet, le directeur de l’ « Académie de Musique ». La contrainte d’un livret en français obtient un rejet de la part de Verdi.
Ernani, représenté sous le titre « Le proscrit » à cause de l’opposition de Victor Hugo, est très bien accueilli au Théâtre des Italiens.
 
Mais avec Attila, Verdi revient à l’expression de son amour pour la patrie. Et les hommes qui préparent le Resorgimento connaissent la portée de l’action du compositeur.
Lors de la soirée du 17 mars 1846, la Fenice acclame l’œuvre mais aussi tout le patriotisme qui en émane.
On accompagne Verdi chez lui avec des couronnes, des orchestres, des torches, et le lendemain la Gazetta de Venise publie des louanges dithyrambiques.
 
Attila
 
A partir des années 370, la pression sur les frontières nord de l’Empire Romain s’accroît dramatiquement.
Les Huns, peuple nomade Turc parti des steppes d’Asie orientale au climat trop difficile pour établir un art de vivre agricole et sédentaire, se dirigent vers l’ouest. Leur cavalerie manie l’arc de façon redoutable, leur puissance déstabilise les tribus germaniques, rendant l’invasion de l’Empire inévitable.
 
Etabli sur les plaines hongroises au prix de la destruction des Ostrogoths d’Ukraine, Attila entraîne les Huns en direction de la Gaule en 451, mais est défait aux champs Catalauniques (quelque part en Champagne) par une coalition de Romains, Wisigoths, Francs et Burgondes conduite par Aetius.
 
Il poursuit alors sur l’Italie, qu’il pille en 452. Aquilée, située sur la côte adriatique, est détruite.
Le Pape Léon Ier obtient toutefois que Rome soit épargnée.
Attila meurt en 453, et son empire disparaît avec lui.
A l’est, un autre peuple Hun envahit la Perse et l’Inde, empêchant ainsi les Sassanides de tirer avantage des déboires Romains. Les Guptas sont détruits à la fin du Vième siècle.
 
L’Opéra se situe après la bataille d’Aquilée.
Attila détient des prisonnières de la cité ravagée menées par l’impressionnante Odabella.
L’émissaire de Rome, Ezio (le général Aetius), lui propose d’épargner la capitale et de conserver le reste du monde. Refus net.
Mais un rêve affole Attila, il accepte ainsi la trêve avec Rome.
La situation rebondit avec Foresto, rescapé également d’Aquilée et amoureux d’Odabella. Il propose à Ezio d’attaquer les Huns après avoir empoisonné leur chef.
 
Sauvé par sa prisonnière, Attila prépare une riposte, lorsque les hurlements des Romains attaquant son camp lui révèlent l’intention meurtrière d’Odabella : le tuer de sa propre main.
 
Attila est une œuvre sincère, ardente et directe.
Le déploiement de la partie orchestrale s’enrichit de descriptions empruntées à l’Ode symphonique de Félicien David, « Le désert » dont la beauté s’insère dans le lever de soleil du prologue.
 

 

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Rédigé par David

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Publié le 12 Septembre 2007

L'Elixir d'Amour (Donizetti)

Répétition générale du 11 septembre 2007 à l'Opéra Bastille
 
Mise en scène Laurent Pelly
Direction Evelino Pidò
Adina Désirée Rancatore
Belcore Laurent Naouri
Dulcamara Ambrogio Maestri
Nemorino Dmitry Korchak
 
Avec cette 4ième série de représentations réparties sur trois saisons, la lassitude risque fort d'être la fidèle compagne du soir, même si de petites loufoqueries viennent s'improviser.
 
Heureusement, Evelino Pidò distille toujours un piquant dans ses interprétations. L'ouverture peut sembler exagérément dramatique, mais très vite le chef aligne l'orchestre sur un discours rythmé avec le soucis de ne jamais ralentir l'entrain.
 
Laurent Naouri reprend avec facilité un Belcore grossier et étranger à toute délicatesse.
 
Reconnaissons que la manière de caler sa gestuelle sur la musique est réjouissante.
 
 
Il y cependant des chanteurs qui laissent perplexes et Dmitry Korchak fait parti de ceux-là. Honnêtement le timbre est sans intérêt, presque amer. En revanche, la justesse est irréprochable et le jeune homme, au physique plutôt agréable, porte son personnage à un niveau de gaucherie qui ne le rend jamais ennuyeux.
Désirée Rancatore (Adina)

Désirée Rancatore (Adina)

Également présent lors de la création avec Laurent Naouri, le gigantesque Ambrogio Maestri, tant par les proportions physiques que vocales, emballe la salle dès son arrivée à la cinquième scène.
Mais il va se faire voler la vedette par Désirée Rancatore. Adina fort honnête, aux graves parfois étranges, c'est une formidable transformation qui s'opère lorsqu'elle retrouve son amoureux désabusé après "Una furtiva lacrima".
"Nel dolce incanto del tal momento" initie un festival de vocalises, clin d'oeil à l'esprit de la poupée Olympia d' Offenbach, un feu d'artifice qui paraît sans limite et laisse le spectateur complètement ahuri.

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