Publié le 1 Juin 2026

Depuis l’éclipse annulaire de Soleil du 03 octobre 2005, dont la ligne de centralité était passée au dessus de Madrid, plus aucune éclipse de Soleil n’avait touché le continent européen.

L’éclipse totale de Soleil du 12 août 2026 initie ainsi une série de quatre éclipses, deux totales et deux annulaires, qui croiseront l’Europe en quatre ans jusqu'en 2030, dont les trois premières en Espagne, et la dernière en Grèce et Bulgarie

La trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 12 août 2026 en Islande et Espagne. (C) Xavier Jubier : http://xjubier.free.f

La trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 12 août 2026 en Islande et Espagne. (C) Xavier Jubier : http://xjubier.free.f

Cette éclipse n’est pas la réplique de celle qui toucha la France le 11 août 1999, mais la reprise de celle qui pouvait être observée à la frontière de la Chine, de la Russie et de la Mongolie le 01 août 2008. En effet, les éclipses se répètent tous les 18 ans, 11 jours et 8 heures avec une légère modification de leur configuration à chaque fois.

En France, cette éclipse ne sera pas totale, mais elle restera un évènement, car il faudra attendre plus de 33 ans, jusqu’au 05 novembre 2059, pour qu’une éclipse ait un impact aussi fort sur le territoire.

Vue d'ensemble de la trajectoire de l'éclipse du 12 août 2026 - (C)  https://www.eclipseatlas.com/

Vue d'ensemble de la trajectoire de l'éclipse du 12 août 2026 - (C) https://www.eclipseatlas.com/

Cette éclipse totale va débuter dans la région polaire inhabitée du nord du kraï de Krasnoïarsk, en Russie, à 19h, heure de Paris, puis parcourra l’océan Arctique pour atteindre le Groenland à 19h12 où, possiblement, quelques dizaines de personnes situées dans des postes avancés pourront l’observer.

Puis, son ombre atteindra la façade ouest de l’Islande à 19h42, le village de pêcheurs Ólafsvík à 19h46 (où elle durera 2mn04), Reykjavik à 19h48 (où elle durera 1 mn), et poursuivra à travers l’Océan Atlantique pour atteindre le Nord-Ouest de l’Espagne un peu avant 20h27, jusqu’à Palma, aux Îles Baléares, à 20h31.

Eclipse de Soleil du 01 août 2008 observée à la frontière de la Mongolie et de la Chine (hauteur dans le ciel de 25°).

Eclipse de Soleil du 01 août 2008 observée à la frontière de la Mongolie et de la Chine (hauteur dans le ciel de 25°).

C’est bien sûr en Espagne que les conditions météorologiques seront statistiquement les plus favorables, même si l’on a pu constater en 2024 que le Québec était le meilleur endroit pour suivre l’éclipse de Soleil, à l’inverse de ce que les moyennes de couverture nuageuse laissaient penser.

Ainsi, à Oviedo, capitale de la province des Asturies, l’éclipse sera totale pendant 1mn et 48 secondes, à 10° au dessus de l’horizon, alors qu'elle durera 1mn et 39 secondes à Peníscola (province de Castellón) à 4° au dessus de l’horizon, et qu'à Palma il sera possible de profiter de 1mn et 36 secondes d'éclipse à 2° au dessus de l’horizon.

En cas d’absence de nuages, le spectacle sera absolument somptueux avec la couronne solaire dominant les paysages visibles à l’horizon.

A ce moment là, la Lune sera située à 366 370 km de distance de la Terre, ce qui rendra son diamètre apparent plus grand que celui du Soleil.

Durée de la totalité en Espagne - (C)  https://www.eclipseatlas.com/

Durée de la totalité en Espagne - (C) https://www.eclipseatlas.com/

Circonstances à Oviedo

Au centre d’Oviedo, le déroulement de l’éclipse comprendra quatre jalons importants :

1. A 19h31mn22s, heure locale, la Lune commencera à recouvrir le bord solaire, à 20° au-dessus de l’horizon Nord-Ouest.

2. 56 minutes plus tard, à 20h27mn06s, à 10° au-dessus de l’horizon, la Lune recouvrira entièrement le Soleil sous une spectaculaire couronne magnétique, laissant apparaître Vénus à 45° à gauche du Soleil, et Jupiter et Mercure à l’horizon à 15° à droite du Soleil. La vitesse de l’ombre au sol (300 km de largeur) sera de 7700 km/h.

3. Une minute et 48 secondes plus tard, à 20h28mn54s, la Lune commencera à se dégager de la surface solaire et le jour crépusculaire reviendra.

4. Enfin, à 21h21mn06s, la Lune aura totalement cessé d’occulter le Soleil qui se couchera 10 mn plus tard.

Circonstances de l’éclipse totale de soleil du 12 août 2026 en Espagne et impact en France

La situation en France

En France, c’est dans le sud-ouest que l’éclipse partielle aura l’effet le plus crépusculaire possible avec un taux de recouvrement du disque solaire par la Lune de 99,6 % à Hendaye, alors qu’au nord-est l’effet sera amoindri avec toutefois un taux de recouvrement de 89,8% à Strasbourg (voir tableau ci-dessous).

Selon votre localisation en France, l'éclipse partielle débutera entre 19h20 et 19h30, et le maximum sera atteint entre 20h15 et 20h30 toujours en fonction de votre localisation. Puis, il sera possible de suivre le dégagement du disque solaire jusqu'au coucher du Soleil, hormis à l'est, à Strasbourg, Metz et Lyon, où le Soleil se couchera avant la fin de la phase partielle.

L'utilisation de lunettes spéciales éclipse solaire est absolument obligatoire tout au long du phénomène.

Villes Horaire du début de l'éclipse partielle Horaire du Maximum de l'éclipse partielle Horaire de la fin de l'éclipse partielle  Part du Soleil éclipsée au maximum Hauteur sur l'horizon au moment du maximum
Hendaye 19h32 20h27 21h19 99,6%
Perpignan 19h33 20h27 21h18 98,2%
Marseille 19h32 20h25 21h16 96,3%
Nice 19h31 20h24 21h14 95%
Bordeaux 19h29 20h24 21h17 97,5%
Toulouse 19h31 20h26 21h18 97,8%
Aurillac 19h29 20h24 21h15 95,8%
Nantes 19h25 20h21 21h13 95,7%
Bourges 19h25 20h20 21h07 93,7%
Lyon 19h28 20h22 20h54 93,8%
Brest 19h22 20h19 21h13 96,4% 12°
Orléans 19h24 20h19 21h11 93,1%
Strasbourg 19h23 20h16 20h49 89,8%
Caen 19h21 20h17 21h10 93,2%
Paris 19h22 20h17 21h09 92%
Metz 19h22 20h16 20h57 90%
Lille 19h19 20h14 21h06 90,3%

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 31 Mai 2026

Programme Juin 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Chaînes publiques

Vendredi 05 juin 2026 sur France 4 à 21h05
Nuit espagnole avec Plácido Domingo

Vendredi 05 juin 2026 sur France 4 à 22h35
Vissi d'Arte : gala Maria Callas - Opéra national de Paris

Samedi 06 juin 2026 sur France 4 à 00h30
Il était une fois «Casse-Noisette»

Samedi 06 juin 2026 sur France 3 à 00h35
Vildanden - Le canard sauvage (Marit Moum Aune et le Ballet national de Norvège)

Samedi 06 juin 2026 sur Arte à 22h25
"Requiem" de Mozart à la basilique de la Sagrada Família

Samedi 06 juin 2026 sur Arte à 23h15
Mon nom est Pati - Le ténor Pati

Dimanche 07 juin 2026 sur France 5 à 14h35
Vissi d'Arte : gala Maria Callas - Opéra national de Paris

Dimanche 07 juin 2026 sur Arte à 18h45
"Les quatre saisons" à Venise - Théotime Langlois de Swarte et l’ensemble Le Consor

Jeudi 11 juin 2026 sur France 4 à 22h55
Chasing Rainbows, hommage à l'âge d'or de la comédie musicale

Vendredi 12 juin 2026 sur Arte à 06h10
À l’ombre des grands châteaux - Neuschwanstein

Vendredi 12 juin 2026 sur France 4 à 21h00
Roberto Alagna : «C'est magnifique»

Vendredi 12 juin 2026 sur France 4 à 22h50
Nuit espagnole avec Plácido Domingo

Samedi 13 juin 2026 sur France 3 à 00h20
Miniatures françaises (Concert à la Tout Eiffel - Orchestre national de Bretagne)

Dimanche 14 juin 2026 sur Arte à 00h05
Carl Maria von Weber : l'esprit libre

Dimanche 14 juin 2026 sur Arte à 01h00
Gustave Charpentier : Louise - Festival d'Aix-en-Provence 2025

Dimanche 14 juin 2026 sur Arte à 18h50
"Requiem" de Mozart à la basilique de la Sagrada Família

Mardi 16 juin 2026 sur Arte à 01h05
Le fantôme de l'opéra (film de Rupert Julian, 1925)

Mardi 16 juin 2026 sur Arte à 02h40
Joséphine Baker - Première icône noire

Mercredi 17 juin 2026 sur Arte à 03h00
"Berlin Alexanderplatz", du roman à l'opéra

Vendredi 19 juin 2026 sur France 3 à 21h00
Musiques en Fête, en direct des Chorégies d'Orange

Dimanche 21 juin 2026 sur Arte à 02h55
Les sept péchés capitaux - Par la compagnie Gauthier Dance

Dimanche 21 juin 2026 sur Arte à 15h30
Europiano (1/2) - Les plus beaux concertos pour piano à travers l’Europe
Johannes Brahms, Edvard Grieg, Frédéric Chopin, Ludwig van Beethoven, Maurice Ravel, Wolfgang Amadeus Mozart

Dimanche 21 juin 2026 sur Arte à 22h05
Europiano (2/2) - Les plus beaux concertos pour piano à travers l’Europe
Ludwig van Beethoven, Robert Schumann, Peter Iljitsch Tschaikowsky, Sergej Rachmaninow

Lundi 22 juin 2026 sur Arte à 01h10
They Shot the Piano Player

A compléter ultérieurement

Programme Juin 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Mezzo et Mezzo HD

Lundi 01 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
The Noseda effect

Mardi 02 juin 2026 sur Mezzo à 23h30
Platée de Rameau à l'Opéra de Paris

Mercredi 03 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Denisov: L'Ecume des jours - Opéra de Lille

Vendredi 05 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
'La Femme sans ombre' de Strauss à Baden-Baden

Vendredi 05 juin 2026 sur Mezzo à 22h30
'Roméo et Juliette' de Gounod à l'Opernhaus de Zurich

Samedi 06 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Berlioz : La Damnation de Faust - Théâtre des Champs-Elysées

Dimanche 07 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Puccini : Manon Lescaut - Opéra de Monte-Carlo

Lundi 08 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Jacques Loussier : quand le classique rencontre le jazz

Mardi 09 juin 2026 sur Mezzo à 23h25
Lully : Atys - Opéra de Versailles

Mercredi 10 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini : Cavalieri

Vendredi 12 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Massenet : Thaïs - Opéra de Monte-Carlo

Vendredi 12 juin 2026 sur Mezzo à 23h30
Puccini: Tosca - Arena di Verona

Samedi 13 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Tchaïkovski: Iolanta | Grand Théâtre de Bordeaux

Dimanche 14 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Ravel : L'Heure espagnole & L'Enfant et les sortilèges - Opéra de Monte-Carlo

Lundi 15 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
André Midani : dans les coulisses de la musique brésilienne

Mardi 16 juin 2026 sur Mezzo à 23h00
Charpentier : Médée - Théâtre des Champs-Elysées

Mercredi 17 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Karlsson: Fanny and Alexander - La Monnaie / De Munt, Bruxelles

Vendredi 19 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Berlioz : La Damnation de Faust - Pene Pati, Aude Extremo - Monte-Carlo

Vendredi 19 juin 2026 sur Mezzo à 23h05
Puccini : Il Trittico - Théâtre de la Monnaie

Samedi 20 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
'Eugène Onéguine' de Tchaïkovski à la Monnaie de Bruxelles

Dimanche 21 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
'La Femme sans ombre' de Strauss à Baden-Baden

Lundi 22 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Hans Van Manen - Moving to Music

Mardi 23 juin 2026 sur Mezzo à 23h00
Denisov: L'Ecume des jours - Opéra de Lille

Mercredi 24 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Weinberg : La Passagère - Opéra national du Capitole, Toulouse

Vendredi 26 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Strauss : Elektra - Baden-Baden

Vendredi 26 juin 2026 sur Mezzo à 23h30
Berlioz : La Damnation de Faust - Théâtre des Champs-Elysées

Samedi 27 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Chostakovitch : Le Nez - La Monnaie de Bruxelles

Dimanche 28 juin 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Massenet : Thaïs - Opéra de Monte-Carlo

Lundi 29 juin 2026 sur Mezzo à 20h30
Pierre Boulez, Académie du Festival de Lucerne

Programme Juin 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Accès illimité dans le temps

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Requiem de Verdi (Chorégies d'Orange)

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Michaël Denard, le « prince » de l'Opéra de Paris

Le Lac des Cygnes, l'Ambitieux projet de Tchaïkovski

Maria Callas - Il était une voix

Body and Soul (Opéra national de Paris)

Dans les coulisses de Casse-Noisette

Dans les coulisses de Roméo et Juliette

Dans les coulisses de La Fille mal gardée

Dans les coulisses de Don Quichotte

Dans les coulisses de Mayerling

Martha Graham, danser avec l'âme

Accès Live à l'Opéra Bastille pour « Le Lac des Cygnes »

Accès live à l'Opéra Garnier dans les coulisses de « La Cenerentola »

                           Juin 2026

"La Passion selon saint Jean" de Bach par Sasha Waltz jusqu'au 03 juin 2026

Leevi Madetoja : Les Ostrobothniens (Opéra national de Finlande, Helsinki) jusqu'au 04 juin 2026

Lucia di Lammermoor (Capitole de Toulouse) jusqu'au 04 juin 2026

Ifigenia in Aulide (Festival de Musique ancienne d'Innsbruck) jusqu'au 05 juin 2026

Mikael Karlsson : Melancholia (Opéra Royal de Suède, Stockholm) jusqu'au 09 juin 2026

Mozart : Don Giovanni (Opéra de Munich) jusqu'au 11 juin 2026

Natasha (Nouveau théâtre national de Tokyo) jusqu'au 12 juin 2026

Gluck : Orphée & Eurydice (Halle 47, Floirac) jusqu'au 14 juin 2026

Pēteris Vasks : The Fruit of Silence - Avec le Chœur national de Lettonie jusqu'au 16 juin 2026

Théâtre d'opéra et de ballet de Dnipro- La Chanson de la Forêt - Skorulskyi jusqu'au 19 juin 2026

Martynas Rimeikis : Coppélia (Ballet national de Lituanie) jusqu'au 22 juin 2026

Haendel : Le Messie - Cathédrale de Lausanne, 2025 jusqu'au 22 juin 2026

Royal Ballet and Opera - Cendrillon - Prokofiev jusqu'au 26 juin 2026

John Neumeier : Dona Nobis Pacem - Donne-nous la paix jusqu'au 28 juin 2026

"La Passion selon saint Jean" de Bach par Sasha Waltz jusqu'au 30 juin 2026

                           Juillet 2026

Lucrezia Borgia (Théâtre National de Mannheim) jusqu'au 01 juillet 2026

La Force du Destin, une saison à la Scala jusqu'au 03 juillet 2026

Clivia (Theater Magdeburg) jusqu'au 09 juillet 2026

Gustave Charpentier : Louise Festival d'Aix-en-Provence jusqu'au 12 juillet 2026

Kiev, un opéra en guerre (1/4) - Danser pour résister jusqu'au 12 juillet 2026

Cerrone - Disco symphonique à la Philharmonie jusqu'au 16 juillet 2026

El barberillo de Lavapiés (Theater Basel) jusqu'au 16 juillet 2026

Zaïde ou le chemin de la lumière (Festival de Salzbourg 2025) jusqu'au 17 juillet 2026

Il barbiere di Siviglia (Opéra de chambre de Varsovie) jusqu'au 23 juillet 2026

L’occasione fa il ladro (MusikTheater an der Wien au Kammeroper Wien) jusqu'au 30 juillet 2026

                           Août 2026

Soirée Génération Opéra (Studio de l'Opéra Bastille) jusqu'au 01 août 2026

Orfeo ed Euridice (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 06 août 2026

Asmik Grigorian (Festival de Salzbourg 2024) jusqu'au 07 août 2026

Cavalleria rusticana / Pagliacci (Opéra Orchestre National Montpellier Occitanie) jusqu'au 13 août 2026

Elīna Garanča chante Mahler (Festival de Lucerne 2025) jusqu'au 14 août 2026

Gala d'Opéra - Classic 2025 (Festival de Hanovre) jusqu'au 23 août 2026

Don Giovanni (Opéra Ballet des Flandres) jusqu'au 27 août 2026

Harnoncourt interprète “L’Orfeo” de Monteverdi - Le documentaire jusqu'au 27 août 2026

Elīna Garanča - My Playlist jusqu'au 28 août 2026

Concert du Nouvel An à la Fenice de Venise jusqu'au 31 août 2026

Resilient Man jusqu'au 31 août 2026

                           Septembre 2026

Masterclass avec Nicole Car (Opera for Peace) jusqu'au 07 septembre 2026

Carlo Vistoli (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 08 septembre 2026

Gala du centenaire de Victoria de los Angeles (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 08 septembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (2/4) - Exister ou disparaître jusqu'au 12 septembre 2026

Malena Ernman : Terra Mater - Bayreuth Baroque 2025 jusqu'au 12 septembre 2026

Julia Leshneva & Franco Fagioli (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 15 septembre 2026

María de Buenos Aires (Deutsche Oper am Rhein) jusqu'au 15 septembre 2026

Francesco Cavalli : Pompeo Magno (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 16 septembre 2026

Gala de l'Opéra de Vienne 2025 jusqu'au 17 septembre 2026

Marina Viotti - Bayreuth Baroque 2025 jusqu'au 19 septembre 2026

L'Écume des jours (Opéra de Lille) jusqu'au 20 septembre 2026

Ponchielli : La Gioconda (Teatro San Carlo, Naples) jusqu'au 25 septembre 2026

La Grande Affabulation (Opéra Comique) jusqu'au 27 septembre 2026

JR, Damien Jalet & Thomas Bangalter : Chiroptera (Parvis du Palais Garnier) jusqu'au 30 septembre 2026

L'heure espagnole & Pulcinella (Opéra-Comique, Paris) jusqu'au 30 septembre 2026

                           Octobre 2026

Fidelio (Opéra national de Vienne) jusqu'au 03 octobre 2026

Fête Chorale à Nuremberg : Les voix du Monde jusqu'au 06 octobre 2026

Barbara Hannigan dirige Ligeti et Stravinsky jusqu'au 10 octobre 2026

A Myth (O. Festival for Opera. Music. Theatre.) jusqu'au 10 octobre 2026

Dorian Gray (Opéra de Poznań) jusqu'au 11 octobre 2026

Rodelinda (Garsington Opera) jusqu'au 17 octobre 2026

La Fiancée vendue (Teatro Real) jusqu'au 23 octobre 2026

                         Novembre 2026

Le Corsaire (Ballet national estonien) jusqu'au 01 novembre 2026

Fauteuils d'Orchestre jusqu'au 06 novembre 2026

Le Roi d'Ys (Opéra national du Rhin) jusqu'au 08 novembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (3/4) - Exilés jusqu'au 14 novembre 2026

Medusa (La Monnaie / De Munt) jusqu'au 15 novembre 2026

Festival de piano de la Ruhr 2024 jusqu'au 22 novembre 2026

Così fan tutte (Opéra d'État hongrois) jusqu'au 23 novembre 2026

Les trois ballets de Stravinsky (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 25 novembre 2026

Pascal Rophé dirige Berio, Mahler et Gísladóttir avec Stéphane Degout jusqu'au 28 novembre 2026

I Lituani (Opéra national de Lituanie) jusqu'au 29 novembre 2026

                         Décembre 2026

Le grand concert des pyramides avec Fatma Saïd jusqu'au 11 décembre 2026

Le cinéma de John Williams (Indiana Jones, E.T., Star Wars..) jusqu'au 19 décembre 2026

Fauteuils d'orchestre (Natalie Dessay et Laurent Naouri) jusqu'au 22 décembre 2026

Béjart, 3 regards jusqu'au 22 décembre 2026

La Belle au Bois dormant (Opéra national de Paris) jusqu'au 25 décembre 2026

Concert du nouvel an de l'Orchestre national de France (Radio France) jusqu'au 30 décembre 2026

   

                          Janvier 2027

Samson (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Madame Butterfly (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Francis Lai : Love Story, Un homme et une femme (Auditorium de Radio France) jusqu'au 30 janvier 2027

                        Février 2027

Kiev, un opéra en guerre (4/4) - Transmettre jusqu'au 08 février 2027

Eugène Onéguine au Palais Garnier jusqu'au 09 février 2027

Haendel : airs allemands (Festival de musique sacrée de Madrid 2024) jusqu'au 11 février 2027

Robert Schumann : Le Paradis et la Péri (La Seine musicale) jusqu'au 17 février 2027

                        Mars 2027

Les Sentinelles (Opéra de Bordeaux) jusqu'au 09 mars 2027

                        Avril 2027

Les saisons de la danse (Max Richter) jusqu'au 08 avril 2027

Albéric Magnard : Guercœur (Opéra national du Rhin, Strasbourg) jusqu'au 21 avril 2027

                         Mai 2027

Dialogues des Carmélites (Opéra de Rouen) jusqu'au 05 mai 2027 

                         Juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 1 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 2 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 3 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 4 jusqu'au 16 juin 2027

                         Juillet 2027

"Louise" de Charpentier au Festival d'Aix-en-Provence jusqu'au 09 juillet 2027 

Jules Massenet : Werther (Opéra Comique, Paris) jusqu'au 22 juillet 2027 

Pascal Dusapin : Antigone (Philharmonie de Paris) jusqu'au 28 juillet 2027

Rituel - Millepied & Boulez, Stravinsky, Bartók jusqu'au 29 juillet 2027 

 

                       Octobre 2027

Le couronnement de Poppée par l’Ensemble I Gemelli jusqu'au 03 octobre 2027

                         Janvier 2028

John Williams : E.T. l'extra-terrestre (Auditorium de Radio France) jusqu'au 18 janvier 2028

                         Mars 2028

Adieu l'Opéra (Opéra national de Paris) jusqu'au 16 mars 2028

                         Avril 2028

Wartime Elegy - Ballet national d'Ukraine  jusqu'au 01 avril 2028

Baldassare Galuppi : L'uomo femina (Opéra de Rouen) jusqu'au 25 avril 2028

                         Juin 2028

Dream Requiem - Rufus Wainwright (Radio France) jusqu'au 13 juin 2028

 

                         Août 2028

Tchaïkovski : La Pucelle d'Orléans (Opéra national des Pays-Bas, Amsterdam) jusqu'au 02 août 2028

                         Septembre 2028

La grande affabulation à l'Opéra Comique jusqu'au 24 septembre 2028

                         Novembre 2028

Mikko Franck dirige Dutilleux, Mahler et Strauss (chant Marie-Nicole Lemieux) jusqu'au 21 novembre 2028

                         Décembre 2028

Carolyn Carlson : Midnight Souls - Palais des Papes, Avignon jusqu'au 15 décembre 2028

                         Mars 2029

Chelsea Zurflüh & Jonathan Tetelman (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Elīna Garanča chante Carmen (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Klaus Florian Vogt chante Mozart, Wagner et Strauss (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Stjepan Hauser joue Bach et Morricone (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Golda Schultz, Rolando Villazón et Ludovic Tézier (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

                     Juillet 2029

Finale du concours Voix des Outre-mer 2026 jusqu'au 20 juillet 2029

                      Septembre 2029

Arthur Honegger : Le Roi David Avec Amira Casar et Lambert Wilson jusqu'au 25 septembre 2029

                      Juillet 2030

John Neumeier : Casse-noisette (Ballet de Hambourg) jusqu'au 28 juin 2030

                      Mars 2031

Noureev (Ballet de Kirill Serebrennikov et Yuri Possokhov) jusqu'au 19 mars 2031

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 27 Mai 2026

Teatro Real - Nueva temporada 2026 / 2027

La douzième saison de Joan Matabosch à la direction artistique du Teatro Real de Madrid, révélée le mercredi 15 avril 2026, sera celle des 30 ans de la réouverture du théâtre madrilène, et cet anniversaire sera marqué par la prédominance de la langue italienne qui couvrira 70% des représentations.

Ainsi, cette nouvelle saison présentera dans la grande salle 8 spectacles lyriques en version scénique, soit 3 de moins que cette saison, et 8 soirées d’opéras et d’oratorio en version de concert, pour un total stable de 102 représentations, auxquelles s’ajouteront 4 représentations de ‘He who loves beauty’ au Teatro de La Abadía.

Et 5 ouvrages seront représentés sur cette scène pour la première fois.

Saison lyrique 2026/2027 du Teatro Real de Madrid

L’Opéra Italien du XIXe siècle

Le répertoire italien du XIXe siècle va représenter 56% des soirées, avec principalement quatre grands titres, un par saison, donnés en moyenne sur de longues séries de 14 représentations avec des distributions multiples, pour un total de 55 soirées.

A l’automne, ‘Manon Lescaut’ de Giacomo Puccini (en coproduction avec l’opéra de Cologne qui l’a représenté en septembre 2025) mis en scène par Carlos Wagner permettra de retrouver en alternance Sondra Radvanovsky et Saioa Hernández sous la direction de Nicola Luisotti.
Le premier grand succès du compositeur toscan n’avait plus été joué au Teatro Real depuis 1924, année de sa disparition.

Puis, au début de l’hiver, ‘Simon Boccanegra’ de Giuseppe Verdi reviendra sur scène après 16 ans d’absence dans une nouvelle coproduction avec le National Theatre, Tokyo et l’Opéra national de Finlande que Pierre Audi avait créé en avril 2024, un an avant sa disparition.
Nicola Luisotti et Daniel Montané se partageront la direction, et le rôle titre sera défendu par Ludovic Tézier et Daniel Luis de Vicente, selon les soirs.

Ludovic Tézier - 'Simon Boccanegra' et 'Tannhäuser'

Ludovic Tézier - 'Simon Boccanegra' et 'Tannhäuser'

Et au printemps 2027, la production de ‘Norma’ de Vincenzo Bellini mise en scène par Justin Way en 2021 reviendra pour 16 représentations sous la direction de Francesco Lanzillotta et John Fiore avec pas moins de quatre cantatrices dans le rôle principal, Lisette Oropesa, Jessica Pratt, Lidia Fridman, Marina Rebeka. Cette longue série, que probablement aucune autre grande maison ne se risquerait à programmer pour du belcanto, traduit à quel point Madrid dispose d’un très large public passionné par le grand répertoire romantique italien, du moment qu’il est défendu par de grands artistes.

Enfin, l’été ouvrira avec la production de l’Opéra national de Paris d’’Il Barbiere di Siviglia’ mise en scène par Damiano Michieletto, le grand succès romain de Gioachino Rossini n’ayant plus été joué depuis 14 ans. Giacomo Sagripanti assurera la direction musicale, et trois Rosine se partageront l’affiche, Marina Viotti, Isabel Leonard et Olga Syniakova.

Deux autres ouvrages seront donnés en version de concert pour deux soirs chacun, ‘La Gioconda’ d’Amilcare Ponchielli, avec Anna Netrebko, Eve-Maud Hubeaux et Lucile Richardot (direction Marco Armiliato), et ‘Fedora’ d’Umberto Giordano, avec Sonya Yoncheva et  Sabina Puertolas (direction Daniel Oren).

'Il Barbiere di Siviglia' - ms Damiano Michieletto

'Il Barbiere di Siviglia' - ms Damiano Michieletto

Les ouvrages du XXe et XXIe siècles

Face à la prédominance de l’opéra romantique italien, le répertoire des XXe et XXIe siècles résiste bien car il va occuper 15% des soirées.

Et c’est dans cette catégorie que le Teatro Real de Madrid va faire l’évènement, bien plus que dans le répertoire italien, en présentant en avant-première une nouvelle production de ‘Katja Kabanova’ de Leoš Janáček, coproduite avec ‘La Scala de Milan’ (prévue en 2030) et le Houston Grand Opera (prévue en 2028), mise en scène par Christof Loy, un grand habitué de la maison. 

Mané Galoyan, Bogdan Volkov, Christa Mayer et Michael Laurenz défendront, sous la direction musicale de Gustavo Gimeno, cet ouvrage qui n’avait plus été repris depuis 2008.

Mané Galoyan - ‘Katja Kabanova’ ms Christof Loy

Mané Galoyan - ‘Katja Kabanova’ ms Christof Loy

Et quatre jours après la dernière représentation de ‘Katja Kabanova’, le compositeur et chef d’orchestre Manuel Busto aura le double honneur de diriger en première mondiale sa première grande œuvre lyrique, ‘Bodas de sangre’, d’après le texte de Federico Garcia Lorca, afin de commémorer les 100 ans de la Génération de 27, ce groupe littéraire avant-gardiste qui fut brisé par la Guerre civile espagnole – les nationalistes exécuteront Federico Garcia Lorca à Grenade au cours de l’été 1936 -.

Bárbara Lluch mettra en scène cette création coproduite avec le Teatro de la Maestranza de Séville, qui sera interprétée par Marina Monzó, Ana Ibarra, Marina Pardo et José Antonio López.

Bárbara Lluch - ms ‘Bodas de sangre’

Bárbara Lluch - ms ‘Bodas de sangre’

Puis, le Teatro de La Abadía (500 places) accueillera pour 4 soirées l’hommage musical de Rafael R. Villalobos à Benjamin Britten inauguré à l’Espace Turina de Séville début 2026 sous le titre ‘He who loves beauty’, œuvre qui rassemble des partitions de Benjamin Britten (‘Sept sonnets de Michel-Ange’) d’Henry Purcell et John Downland. Cette célébration des 50 ans de la disparition du compositeur britannique mettra en valeur sa relation à Peter Pears, son compagnon de 40 ans de vie.

Enfin, Anna Netrebko fera sa prise de rôle de Judith dans ‘Le Château de Barbe-Bleue’ de Béla Bartók au Teatro Real de Madrid le 28 novembre 2026, auprès d’ Alexander Köpeczi, avec le Hungarian Radio Symphony Orchestra, sous la direction d’ Henrik Nánási.

Teatro de La Abadía (Madrid) - 'He who loves beauty’ - ms et dm Rafael R. Villalobos

Teatro de La Abadía (Madrid) - 'He who loves beauty’ - ms et dm Rafael R. Villalobos

Wolfgang Amadé Mozart

Absent de la saison 2025/2026, Wolfgang Amadé Mozart est de retour pour 13 représentations avec une nouvelle production des ‘Noces de Figaro’ réalisée en coproduction avec le New-York Metropolitan Opera et mise en scène par Robert Carsen, 30 ans après sa première version présentée au Théâtre des Champs-Élysées en 1997.

Sous la direction de Stefano Montanari, Elsa Dreisig et Olga Kulchynska se partageront le rôle de la Comtesse Almaviva.

Elsa Dreisig - 'Les Noces de figaro' (ms Robert Carsen)

Elsa Dreisig - 'Les Noces de figaro' (ms Robert Carsen)

Richard Wagner

Madrid est une place wagnérienne et elle le prouve en proposant une nouvelle production de ‘Tannhäuser’ pour 11 représentations, ce qui est considérable, mise en scène par David Hermann et présentée auparavant à l’Opéra de Lyon en 2022.

Clay Hilley et Andreas Schager assumeront selon les soirs le rôle titre,  Ludovic Tézier et Andrè Schuen incarneront Wolfram, Malin Byström et Elisabeth Teige seront Elisabeth, et Ausrine Stundyte et Irene Roberts exhaleront la sensualité de Vénus, sous la direction de Gustavo Gimeno.

 Teodor Currentzis -  ‘Matthäus-Passion’

 Teodor Currentzis - ‘Matthäus-Passion’

Les ouvrages baroques en version de concert

Enfin, le répertoire baroque n’aura droit qu’à cinq ouvrages en version de concert pour un soir chacun, ‘Riccardo Primo, re d’Inghilterra’ de Georg Friedrich Haendel, avec Jakub Josef Orlinski, Melissa Petit et Juliette Mey, ‘Mitridate’ de Nicola Antonio Porpora, avec Michael Spyres, ‘San Giovanni Battista’ d’Alessandro Stradella avec Jakub Józef Orlinski, Mélissa Petit, Alex Rosen et Emmanuelle de Negri, tous trois jamais joués sur cette scène, 'Le Messie' de Georg Friedrich Haendel, avec Julia Doyle et Tim Meadet une luxueuse ‘Matthäus-Passion’ dirigée par  Teodor Currentzis, avec Christophe Dumaux.

Manuel Busto - 'Bodas de sangre'

Manuel Busto - 'Bodas de sangre'

Cette saison sans opéras français ni opéras russes du XIXe siècle reste globalement diversifiée mais fortement réfléchie pour séduire un public amateur de grandes voix dans les œuvres du grand répertoire italien, et ne cherche que modérément à stimuler la curiosité de son public, ce qui est un peu dommage.

Néanmoins, le véritable moment fort se situera à la fin de l’hiver, début mars, avec les nouvelles productions de ‘Katja Kabanova’ et de ‘Bodas de sangre’, et ce choix de proposer six productions de plus de dix représentations chacune sera à suivre pour voir comment le Teatro Real de Madrid arrivera à maintenir un haut niveau de fréquentation.

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Publié le 24 Mai 2026

Les Lundis musicaux – Laurence Kilsby et Ella O’Neill
Récital du 18 mai 2026                
Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Noël Coward (1899-1973)
Parisian Pierrot

Francis Poulenc (1899-1963)
Voyage à Paris (Guillaume Apollinaire)
Montparnasse, Hyde Park (Deux mélodies de Guillaume Apollinaire, FP 127)

Arthur Honegger (1892-1955)
Jeanne, Adèle, Cécile, Irène, Rosemonde (Petit cours de morale, H. 148)

Ned Rorem (1923-2022)
For Poulenc (Four songs)
Ode (Poèmes pour la Paix)
Early in the morning

Aaron Copland (1900-1990)
Old Poem

Noël Coward (1899-1973)
Mad About the Boy

Earl Wild (1915-2010)
Embraceable you (‘Seven Virtuoso Etudes’ sur des chansons de George Gershwin)

Raoul Pugno (1852-1914) et Nadia Boulanger (1887-1979)
C’était en juin, S’il arrive jamais (Les heures claires)

Gabriel Fauré (1845-1924)
Prison, Soir (2 Mélodies, op. 83)

Reynaldo Hahn (1874-1947)
L'heure exquise (Sept chansons grises - Paul Verlaine)

James Golborn
Hemingway Songs

Kurt Weill (1900-1950)
I am a Stranger Here Myself (One Touch of Venus)

Cole Porter (1891-1964)
Where, oh where?

Ténor Laurence Kilsby
Piano Ella O’Neill

Avec le soutien de la Karolina Blaberg Stiftung

Le 18 novembre 2022, l’Opéra national de Paris présentait à l’amphithéâtre Messiaen, pour un seul soir, les artistes de son Académie à l’occasion d’un spectacle conçu par l’artiste vidéographique Denis Guéguin, et c’est au ténor britannique Laurence Kilsby que revint le plaisir d’ouvrir avec beaucoup de charme cette soirée sur les paroles de ‘Wandrers Nachtlied’ de Franz Schubert.

Depuis, il s’est produit sur la scène du Palais Garnier (‘Castor et Pollux’ – janvier 2025), puis il participera en janvier 2027 à la nouvelle production de ‘Theodora’ mise en scène par Krzysztof Warlikowski au Grand Théâtre de Genève, et sera ensuite sur la scène Bastille en mai 2027 pour la nouvelle production d’‘Idomeneo’ qui sera mise en scène cette fois par Wajdi Mouawad.

Mais il mène également des projets de concerts avec la pianiste Ella O’Neill, tel ce programme ‘Schumann’ donné à Heidelberg en septembre 2023, suivi d’un récital Brahms, Wolf, Schoenberg, Britten interprété à Londres en septembre 2024, alors que dorénavant ‘ Paris est une fête’ (‘A Moveable Feast’), inspiré du mémoire d’Ernest Hemingway, présenté d’abord à Londres en septembre 2025, puis à Madrid en février 2026, arrive au théâtre de l’Athénée de Paris.

Laurence Kilsby

Laurence Kilsby

En préambule, Alphonse Cemin, ancien membre de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris et directeur artistique des ‘Lundis musicaux’ depuis leur reprogrammation en 2014, rend hommage à Felicity Lott, disparue cinq jours plus tôt, qui est venue à 6 reprises (15 novembre 1982, 8 octobre 1984, 7 avril 1986, 5 octobre 1987, 24 février 2020 et 24 mars 2025) se produire sur les planches du théâtre du square de l’Opéra avec la bonne humeur qui lui est tant attachée.

Raffiné, voir maniéré, dans ses attitudes, afin d’évoquer l’élégance des dandys qui recherchaient l’évasion dans les cabarets de l’entre deux-guerres, et totalement vêtu de noir en écho au monde de la nuit, mais aussi plus subtilement en accord avec le vague à l’âme qui transparaît dans ces mélodies sur lesquelles plane souvent l’ombre d’un amour perdu ou impossible, Laurence Kilsby offre un visage d’une grande confiance pour lier ces compositeurs francophones et anglophones qui ont aimé dépeindre leurs impressions de Paris, tout en restant proche de ses origines britanniques et de son attachement à Londres.

Alors que Francis Poulenc évoque un Paris qui permet de s’évader des tristesses du monde (‘Le voyage à Paris’), puis emprunte le regard d’un étranger pour observer la vie dans le Hyde Park londonien, Arthur Honegger (‘Petit cours de morale’) visite l’Angleterre pour y rencontrer le monde, et émeut devant les larmes d’un Lord qui prend la mesure de l’amour de sa mère une fois celle-ci disparue.

Laurence Kilsby

Laurence Kilsby

Le jeune chanteur, qui atteindra bientôt 28 ans au cours de l'été, a déjà la maturité pour interagir avec le public de façon ludique sans surjouer, et, en fin musicien, il manie son timbre très homogène avec une agilité qui semble naturelle, aussi bien pour en extraire une clarté embaumante dans l’aigu que pour ancrer son caractère en affirmant un médium plus teinté.

S’il sait rendre la poésie du texte français avec netteté, c’est dans les mélodies anglaises qu’il peut beaucoup plus jouer avec les nuances du texte et des expressions pour faire vivre son personnage, d’autant plus que les airs choisis parlent pour la plupart à la première personne.

Ainsi, si le ‘Parisian Pierrot’ de Noël Coward plante d’emblée l’atmosphère parisienne et l’esprit d’un personnage brillant en société mais imprégné d’un spleen chevillé au corps, la seconde mélodie du dramaturge britannique que Laurence Kilsby interprète au cœur du récital, ‘Mad about the boy’, sur le thème d’un amour non partagé pour une star qui a été repris par de nombreux artistes, y compris de blues et de jazz telles Dinah Washington ou Eartha kitt, l’autorise à y jeter toute son âme dans une sorte d’extase désespérée absolument jubilatoire.

Ella O’Neill et Laurence Kilsby

Ella O’Neill et Laurence Kilsby

Il y a aussi ce délicieux rapprochement de ‘For Poulenc’, ‘Ode’ et ‘Early in the morning’ du compositeur américain Ned Rorem qui font résonner des mots français dans un texte anglais comme s’il s’agissait de rendre l’atmosphère, l’architecture des rues de Paris, leurs senteurs de café et de croissants et leurs jeux amoureux tels qu’un étranger pourrait l'imaginer.

Avec ‘L’heure exquise’ de Reynaldo Hahn, la subtilité mélodique qui touche immédiatement au cœur de cet air si connu ramène l’auditeur à sa mémoire nostalgique tout en appréciant l’extrême finesse avec laquelle Laurence Kilsby se l’approprie.

Et en reprenant deux poèmes extraits des ‘Heures claires’, ‘C’était en juin’ et ‘S’il arrive jamais’, de Nadia Boulanger et du pianiste Raoul Pugno, deux artistes qui se rencontrèrent au Conservatoire de Paris en 1904, suivis de deux mélodies de Gabriel Fauré qui en était le directeur, c’est toute l’ambiance des salons intellectuels parisiens et de leurs exigences esthétiques qui est recréée, surtout qu’il est ici question de la crainte d’avoir un jour à s’accrocher à un amour finissant, une émotion intérieure rendue ce soir avec un sens de la respiration fort palpable.

Ella O’Neill et Laurence Kilsby

Ella O’Neill et Laurence Kilsby

Puis, étonnante incursion du répertoire contemporain avec une création ‘Hemingway songs’ écrite spécialement par James Golborn pour Laurence Kilsby et Ella O’Neill, compositeur et pianiste basé à Londres qui sera salué à la fin de l’air, avant que nous ne replongions dans les émois de la rencontre et des attentes amoureuses avec ‘I am a Stranger Here Myself‘ de Kurt Weill, dont le chanteur canadien obsédé d’opéra qu'est Rufus Wainwright, qui fit ses débuts confidentiels à Paris au Batofar en octobre 2003, a lui même gravé une version jazzy au disque l’année dernière, suivi de ‘Where, oh where?’ de Cole Porter, deux mélodies qui replacent Laurence Kilsby dans un jeu démonstratif qui floute la frontière entre ce qui est du domaine de l’interprétation et ce qui relève du sentiment personnel.

Face à l'insistance du public, il interprétera en bis, accompagné de la dextérité généreusement pleine et cristalline d’ Ella O’Neill - qui eut droit à un passage solo dans la transcription ‘Embraceable you‘ d’Earl Wild composée d’après une chanson de George Gershwin -, deux airs crépusculaires, ‘Non, je ne regrette rien’ de Charles Dumont – immortalisé par Edith Piaf -, et, en hommage à la fine straussienne que fut Felicity Lott, ‘Morgen’ de Richard Strauss, chanté dans l’esprit d’un monde disparu, mais avec sérénité.

Pour retrouver Laurence Kilsby et Ella O’Neill à travers un nouveau programme, il faudra se rendre au Concertgebouw d’Amsterdam en avril 2027 pour les entendre dans un récital basé sur ‘La petite sirène’.

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Publié le 12 Mai 2026

Rusalka (Antonín Dvořák – 31 mars 1901, Prague)
Répétition générale du 30 avril et représentation du 08 mai 2026
Opéra Bastille

Le Prince Sergei Skorokhodov
La Princesse étrangère Ekaterina Gubanova
Rusalka Nicole Car
L'Esprit du lac Dimitry Ivashchenko
Ježibaba Jamie Barton
La Voix d'un chasseur Florent Mbia
Le Garçon de cuisine Seray Pinar
Première nymphe Margarita Polonskaya
Deuxième nymphe Maria Warenberg
Troisième nymphe Noa Beinart
Le Garde forestier Florent Mbia

Direction musicale Kazushi Ōno
Mise en scène Robert Carsen (2002)                                     
 Nicole Car

Diffusion en direct le vendredi 8 mai 2026 à 19h30 sur Paris Opera Play, la plateforme de l’Opéra national de Paris.

De la période d’Hugues Gall, le directeur de l’Opéra national de Paris de 1995 à 2004, seules trois productions ont été reprises par chacun des quatre directeurs qui ont successivement conduit l’institution : il s’agit de ‘Platée’ (Laurent Pelly - avril 1999), ‘Les Contes d’Hoffmann’ (Robert Carsen - avril 2000) et ‘Rusalka’ mis en scène également par Robert Carsen en juin 2002 lors de son entrée au répertoire.

Nicole Car (Rusalka)

Nicole Car (Rusalka)

Le chef d’œuvre d’Antonín Dvořák trouve en effet à travers l’épure soignée de cette production emblématique, qui démultiplie les troubles et le mal-être que doit traverser une jeune fille pour devenir totalement femme, une lecture moderne profondément humaine qui résiste au temps.

Tout est beau et signifiant dans cette production, le passage du milieu aquatique au confort de la société humaine avec ce lit et son reflet en suspension dans une ambiance bleutée, l’apparence d’un monde scindé en deux au second acte, entre vie réelle et vie désincarnée, pour lequel Rusalka n’éprouve que malaise, les roses rouges associées aux névroses du désir charnel, le feu qui anime Ježibaba et qui donne de la puissance au symbole du lit, tout cela dans une ambiance fantasmagorique subtilement baignée d’ondes marines vidéographiques où s’évanouissent, au final, les angoisses afin que s’accomplisse le destin de femme de Rusalka.

Jamie Barton (Ježibaba) et Nicole Car (Rusalka)

Jamie Barton (Ježibaba) et Nicole Car (Rusalka)

Et à l’occasion de cette reprise, le chef d’orchestre japonais Kazushi Ōno revient dans la fosse d’orchestre de l’Opéra Bastille 17 ans après y avoir dirigé avec une luxuriance mémorable ‘Le Roi Roger’ de Karol Szymanowski dans une mise en scène disruptive de Krzysztof Warlikowski.

Il offre ce soir une lecture extraordinaire où la musique s’imprègne d’une énergie fabuleuse avec des frémissements de cordes splendidement soyeux et iridescents, des déploiements orchestraux amples irrigués par des convolutions de courants instrumentaux fascinants qui rappellent, parfois, la complexité des mouvements wagnériens de ‘Parsifal’, une excellente coloration des vents, et une légèreté de geste dont l’onirisme peut soudainement entraîner une tension théâtrale d’un magnifique éclat, un émerveillement sensoriel de bout en bout.

Margarita Polonskaya, Maria Warenberg et Noa Beinart (les trois nymphes)

Margarita Polonskaya, Maria Warenberg et Noa Beinart (les trois nymphes)

Il faut espérer que les spectateurs néophytes - l’Opéra de Paris a d’emblée proposé pour ce spectacle des prix moitié moins élevés qu’à l’accoutumée, ce qui a contribué à rajeunir l’audience et à rendre l’ambiance plus familiale -  seront sensibles au raffinement de cette musique et à l’intensité de cette somptueuse peinture qui en magnifie les mouvements mélodiques.

Nicole Car (Rusalka)

Nicole Car (Rusalka)

D’autant plus que Nicole Car met en valeur son épanouissement vocal avec une incandescence dramatique éblouissante. La soprano australienne n’a abordé le rôle de Rusalka pour la première fois qu’en juillet 2025 à Sydney, avant de le reprendre à Vienne début 2026, ce qui lui permet de nourrir avec confiance ce personnage de petite sirène dont elle éprouve les soupirs rêveurs avec délicatesse, et restitue les tourments aussi bien à travers les déformations expressives de ses graves allégés qu’en extériorisant une impressionnante emprise sonore qui s’est dorénavant élargie au point de donner, là aussi, une dimension quasi-wagnérienne à son interprétation. 

Nicole Car (Rusalka) et Sergei Skorokhodov (Le Prince Sergei)

Nicole Car (Rusalka) et Sergei Skorokhodov (Le Prince Sergei)

On ne peut en effet s’empêcher de penser, en l’écoutant, à la ferveur romantique de Sieglinde, avec cette façon de jeter au visage de l’auditeur des aigus lumineux et puissants tout en dominant la forte présence orchestrale. Les limites ne semblent pas encore atteintes pour cette artiste qui sait traduire les tressaillements de ses héroïnes avec une vérité profondément poignante.

Nicole Car (Rusalka) et Ekaterina Gubanova (La Princesse étrangère)

Nicole Car (Rusalka) et Ekaterina Gubanova (La Princesse étrangère)

Dans le rôle du Prince, Sergei Skorokhodov lui oppose un personnage d’allure austère et très mature, impression qui se trouve par ailleurs renforcée par son costume contemporain, avec un chant aux intonations naturellement slaves qu’il teinte d’impulsions nuancées et bien affirmées, mais avec un timbre un peu rude et voilé qui tranche avec le brillant de sa partenaire.

De par son tempérament enflammé, Ekaterina Gubanova s’impose mieux en Princesse étrangère face à l’orchestre et retrouve de la couleur dans ses graves qui semblaient s’atténuer sensiblement lors des ses récentes incarnations wagnériennes à Munich (Fricka), New-York (Brangäne) ou Vienne (Vénus). Elle sait défendre ces caractères hautains et très sûrs d’eux-mêmes, et il faut lui souhaiter qu’elle ait à cœur de se préserver pour ses prochaines incarnations afin de leur donner une densité la plus centrée possible.

Seray Pinar (Le Garçon de cuisine) et Florent Mbia (Le Garde forestier)

Seray Pinar (Le Garçon de cuisine) et Florent Mbia (Le Garde forestier)

En Ježibaba, Jamie Barton joue des raucités impressionnantes de sa voix pour sculpter une personnalité vocale abrupte, avec des noirceurs bien contrastées qui lui donnent cette autorité qui ne peut que rendre plus inquiétant pour Rusalka le passage dans le monde humain qu’elle espère, alors que Dimitry Ivashchenko réussit bien à insuffler une certaine bienveillance dans les propos de l'Esprit du lac, ses couleurs basses mélancoliques et sa tessiture aiguë beaucoup plus couverte faisant presque ressentir une nature dépressive chez cette figure du père devant accepter l'émancipation de sa fille.

Ekaterina Gubanova et Florent Mbia

Ekaterina Gubanova et Florent Mbia

Et parmi les rôles secondaires, Florent Mbia se montre fort à l’aise dans ce répertoire slave qui met en avant la saillance de son phrasé et la belle coloration sombre de son timbre, ainsi que Seray Pinar qui incarne un garçon de cuisine impulsif avec une assise vocale éclatante et bien focalisée (c'est dans ce rôle que Karine Deshayes fit ses débuts à l'Opéra de Paris en 2002).

Florent Mbia, Ekaterina Gubanova, Jamie Barton, Kazushi Ōno, Nicole Car et Sergei Skorokhodov

Florent Mbia, Ekaterina Gubanova, Jamie Barton, Kazushi Ōno, Nicole Car et Sergei Skorokhodov

Enfin, Margarita Polonskaya, Maria Warenberg et Noa Beinart forment un trio de nymphes bien assorti, leurs colorations vocales se mélangeant harmonieusement, ce qui ajoute à la réussite poétique de cette reprise attachante.

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Publié le 3 Mai 2026

Lucie de Lammermoor (Gaetano Donizetti – 06 août 1839, Théâtre de La Renaissance, salle Ventadour)
Adaptation française (traduction par Alphonse Royer et Gustave Vaëz) de l’opéra ‘Lucia di Lammermoor’ créé le 26 septembre 1835 au Teatro San Carlo de Naples.

Représentation du 30 avril 2026
Opéra Comique - Salle Favart

Lucie Sabine Devieilhe
Henri Ashton Etienne Dupuis
Edgard Ravenshwood Léo Vermot-Desroches
Raymond Bidebent Edwin Crossley-Mercer
Lord Arthur Bucklaw Sahy Ratia
Gilbert Yoann Le Lan
Elisa Elisa Maître

Direction musicale Speranza Scappucci
Mise en scène Evgeny Titov
Insula Orchestra, Choeur Accentus                              
Etienne Dupuis (Henri)

Coproduction Opéra national du Rhin, Grand Théâtre de Genève, Palazetto Bru Zane – Centre de musique romantique française -, Opéra Orchestre National Montpellier
Opéra enregistré par France Musique et diffusé le samedi 30 mai 2026 à 20h.

La création de ‘Lucie de Lammermoor’, adaptation française de ‘Lucia di Lammermoor’ de Gaetano Donizetti, est liée à l’éphémère existence de la troupe du Théâtre de la Renaissance née du désir de Victor Hugo et d’Alexandre Dumas de disposer de leur propre troupe pour interpréter leurs drames romantiques.

Installé à la salle Ventadour, le Théâtre de la Renaissance fut inauguré le 08 novembre 1838 avec ‘Ruy Blas’. Mais, sous la pression de l’Opéra et de l’Opéra Comique qui y voyaient un concurrent, il dut fermer ses portes deux ans et demi plus tard, le 23 mai 1841. Et pour cause, plusieurs opéras qui lancèrent la carrière de Friedrich von Flotow y furent créés, ‘Lady Melvil’, ‘L’eau merveilleuse’ et ‘Le Naufrage de la Méduse’, mais c’est également grâce à cette troupe que furent créés ‘Zingaro’ d’Uranio Fontana, sur un livret en français de Thomas Sauvage, ‘La Chaste Suzanne’ d’Hippolyre Monpou, et surtout ‘Lucie de Lammermoor’, le 06 août 1839.

Sabine Devieilhe (Lucie) et Léo Vermot-Desroches (Edgard Ravenshwood) - Photo Stefan Brion

Sabine Devieilhe (Lucie) et Léo Vermot-Desroches (Edgard Ravenshwood) - Photo Stefan Brion

L’Opéra ne tardera pas à représenter les 3e et 4e actes de ‘Lucie de Lammermoor’ le 24 avril 1841, au cours d'un Gala donné au bénéfice du ténor Gilbert Duprez, avant que l’ouvrage ne soit joué intégralement pour la première fois à la salle Le Peletier le 20 février 1846, où il atteindra sa 256e représentation le 05 février 1866. Cette version reviendra par la suite au Palais Garnier le 09 décembre 1889, mais pour 13 représentations seulement.

C’est en 2002 que le public parisien la redécouvrit au Théâtre du Châtelet avec Marcelo Alvarez, Patricia Ciofi et Ludovic Tézier, dans la production de Patrice Caurier et Moshe Leiser qui avait été donnée quelques mois auparavant à l’opéra de Lyon avec Roberto Alagna, Natalie Dessay et aussi Ludovic Tézier, sous la direction d’Evelino Pidò.

Musicalement différente de la version originale en italien de par ses remaniements mélodiques et vocaux qui évoquent plus le style ornemental de Meyerbeer, cette version comprend également des arrangements dramaturgiques qui suppriment le personnage de la dame de compagnie, tout en renforçant celui du veneur d’Henri; Lucie ne s’en trouve donc que plus isolée.

Sabine Devieilhe (Lucie)

Sabine Devieilhe (Lucie)

Cette caractéristique est d’emblée très bien exploitée par la mise en scène d’Evgeny Titov qui dessine un portrait particulièrement froid et sadique de Gilbert, pour lequel Yoann Le Lan apparaît comme un interprète d’un impact vocal franc au galbe solide qui n’aura de cesse de marquer les esprits par sa droiture et sa grande clarté de diction.

Le metteur en scène kazakh choisit en effet de représenter un monde d’hommes pervers et dépravés, et d’en exprimer l’horreur par les cris d’effrois d’une jeune femme enchaînée et nue, au visage recouvert par sa noire chevelure, sollicitant l’aide de Lucie malheureusement impuissante à la sauver.

La massivité du décor, installé sur une scène tournante et peint d’un jaune ocre écrasant, a tendance à resserrer l’avant scène et donc à accentuer la sensation d’étouffement. Des teintes lumineuses rouges et verdâtres s'imposeront au moment du meurtre final. 

Des crânes de cerfs accrochés aux murs rappellent que nous nous situons en Écosse, mais aussi qu’Henri et son veneur ont comme passe-temps mortifère de massacrer la nature.

Le trait ainsi forcé donne de la puissance au propos, même si la cruauté omniprésente est entrecoupée d’humour noir. La scène où Henri se muscle torse-nu dans sa salle de sport fera sensation, à l’avantage d’Étienne Dupuis qui, de bout-en-bout, incarne le Lord Ashton avec une aura splendide, sa voix ayant une autorité incisive que ce soit par l’éclat viril de sa tessiture aiguë, que par la résonance et le beau métal de son chant qui atteint désormais sa pleine maturité.

Etienne Dupuis (Henri Ashton) et Yoann Le Lan (Gilbert) - Photo Herwig Prammer

Etienne Dupuis (Henri Ashton) et Yoann Le Lan (Gilbert) - Photo Herwig Prammer

Pour Sabine Devieilhe, le défi est grand et, pourtant, elle semble prédestinée à chanter le rôle de Lucie tant elle possède la finesse et l’endurance qui lui permettent de phraser avec délicatesse, de renvoyer une image d’ingénuité fidèle à la pureté de son timbre, et de se révéler fort démonstrative lorsqu’il s’agit de profiler des aigus longuement avec une hyper-focalisation du son.

Dans cette mise en scène, le spectateur assiste à la métamorphose de Lucie par l’apparition d’un grand miroir devant laquelle la jeune femme est en proie à des douleurs insupportables. Chacun peut ainsi éprouver comment les souffrances peuvent faire surgir en soi une personnalité qui laisse tomber ses illusions et qui se trouve renforcée afin de pouvoir réagir.

Toutefois, l’abjection de cette société décadente va transformer un ange en monstre.

Il est alors saisissant de voir comment la soprano colorature française s’empare de cette Lucie qui n’hésite pas à arracher le cœur de Lord Arthur Bucklaw (bien que Sahy Ratia l’humanise pourtant) pour en jouer telle une Salomé fascinée par la tête de Jochanaan.

Yoann Le Lan (Gilbert), Etienne Dupuis (Henri Ashton) et Léo Vermot-Desroches (Edgard Ravenshwood) - Photo Herwig Prammer

Yoann Le Lan (Gilbert), Etienne Dupuis (Henri Ashton) et Léo Vermot-Desroches (Edgard Ravenshwood) - Photo Herwig Prammer

Si Evgeny Titov est excessif, il en ressort tout de même une vision sans fard et animale dont le jusqu’au-boutisme tient sans relâche le spectateur jusqu’à la fin.

D’ailleurs, n’est-il pas préférable de confier une nouvelle production à un metteur en scène imaginatif et percutant, quitte à partager les frais de production entre plusieurs institutions, comme c’est le cas ici, plutôt que de laisser chaque maison produire à budget limité des mises en scène trop fades pour rendre l’expérience véritablement théâtrale ?

Surtout qu’il n’est pas sûr que tout soit saisissable de cette mise en scène dès le premier coup d’œil.

D’impact dramatique, Léo Vermot-Desroches n’en manque pas, et il le démontre lors de la scène finale où l’on assiste à l’effondrement total d’Edgard. Le jeune ténor français possède de la puissance et de l’expressivité, ainsi que des coloris de voix mats, modère ses aigus, et manie les nuances habilement avec des intonations assez sombres, ce qui s’inscrit dans l’esprit du malheur romantique, une qualité qui devrait également bien correspondre au personnage de ‘Werther’ qu’il incarnera la saison prochaine sur la scène Bastille.

Et tel un personnage fantomatique attaché à cet univers oppressant, Edwin Crossley-Mercer offre à Raymond un timbre de voix ouaté d’une parfaite homogénéité, une noirceur irréelle soyeuse qui semble convoquer des esprits de l’au-delà.

Speranza Scappucci, Etienne Dupuis et Yoann Le Lan

Speranza Scappucci, Etienne Dupuis et Yoann Le Lan

Mais quelles que soient les qualités dramaturgiques de cette production, elles ne peuvent vivre entièrement sans une direction musicale impulsive, et l’énergie que communique Speranza Scappucci aux musiciens d’Insula Orchestra dégage une brillante vitalité faite d’intenses accélérations qui densifient ardemment le lustre des cordes, tout en assurant une attention continue à la précision et à la luminosité des motifs scrupuleusement soignés, les ondes orchestrales évoluant avec une fluidité et une clarté sans la moindre lourdeur, ce qui dégage une étendue poétique au ‘punch’ luxueux qui contrebalance la dureté de ce qui se joue sur scène.

Quant au chœur Accentus, il s’inscrit dans ce même esprit prégnant, s’amusant à donner une tonalité joyeusement morte-vivante au drame, le cynisme de situation n’en étant que plus marqué.

Léo Vermot-Desroches, Javier Angeles, Sabine Devieilhe, Speranza Scappucci, Christophe Grapperon et Etienne Dupuis

Léo Vermot-Desroches, Javier Angeles, Sabine Devieilhe, Speranza Scappucci, Christophe Grapperon et Etienne Dupuis

Joué ainsi, cet ouvrage, plus connu à travers sa version italienne, montre qu’il peut avoir autant de force que l’original tout en permettant à des artistes de tessiture plus adaptée à la version française, ce qui est le cas du rôle principal en particulier, de faire vivre ce drame à travers des couleurs et un sens mélodique d'une sensibilité différente.

Léo Vermot-Desroches, Javier Angeles, Sabine Devieilhe, Speranza Scappucci, Christophe Grapperon et Etienne Dupuis

Léo Vermot-Desroches, Javier Angeles, Sabine Devieilhe, Speranza Scappucci, Christophe Grapperon et Etienne Dupuis

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Publié le 30 Avril 2026

Programme Mai 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Chaînes publiques

Vendredi 01 mai 2026 sur France 4 à 21h00
Renaud Capuçon à l'Olympia

Vendredi 01 mai 2026 sur France 4 à 22h30
Andrea Bocelli en concert à Central Park

Vendredi 01 mai 2026 sur France 4 à 23h55
Documentaire Un été en France : «Gautier Capuçon, les coulisses d'une tournée»

Samedi 02 mai 2026 sur France 3 à 01h40
Möbius Morphosis (Ballet de l'Opéra de Lyon)

Dimanche 03 mai 2026 sur Arte à 00h20
Picture a Day Like this - Festival d'Aix-en-Provence 2023

Dimanche 03 mai 2026 sur Arte à 16h45
Famous Orchestras - Les meilleurs orchestres du monde - L'Orchestre
philharmonique de Berlin

Dimanche 03 mai 2026 sur Arte à 17h50
Concert pour l’Europe 2026 - Avec les Berliner Philharmoniker

Mardi 05 mai 2026 sur France 4 à 21h00
Lucia di Lammermoor - Théâtre du Capitole de Toulouse

Mardi 05 mai 2026 sur France 4 à 23h30
Dialogues des Carmélites - Opéra de Rouen

Vendredi 08 mai 2026 sur France 5 à 21h05
Opéra de Paris : Roméo, Juliette, Thomas et les autres

Samedi 09 mai 2026 sur Arte à 00h00
Riccardo Chailly dirige la 9e de Beethoven - Scala de Milan

Samedi 09 mai 2026 sur France 3 à 01h20
Boris Godounov - Théâtre du Capitole de Toulouse

Dimanche 10 mai 2026 sur Arte à 00h15
Bruce Liu - Festival de piano de la Ruhr 2024

Dimanche 10 mai 2026 sur Arte à 01h50
Daniil Trifonov - Grâce à la musique

Dimanche 10 mai 2026 sur France 5 à 14h45
Lucia di Lammermoor - Théâtre du Capitole de Toulouse

Dimanche 10 mai 2026 sur Arte à 09h25
Famous Orchestras - Les meilleurs orchestres du monde - L'Orchestre
philharmonique de Vienne

Dimanche 10 mai 2026 sur Arte à 18h40
Alice Sara Ott et Francesco Tristano - Pianos duo

Lundi 11 mai 2026 sur Arte à 01h00
Asmik Grigorian - Festival de Salzbourg 2024

Jeudi 14 mai 2026 sur Arte à 02h45
And Me, I'm Dancing Too

Dimanche 17 mai 2026 sur Arte à 00h50
Gluck : Orphée & Eurydice - Halle 47, Floirac

Dimanche 17 mai 2026 sur Arte à 03h25
Tarmo Peltokoski avec l'Orchestre symphonique de Lettonie

Dimanche 17 mai 2026 sur Arte à 17h40
Famous Orchestras - Les meilleurs orchestres du monde - L'Orchestre
national de France

Dimanche 17 mai 2026 sur Arte à 18h40
Bernstein & Gershwin - Deux Américains à Paris

Lundi 18 mai 2026 sur France 5 à 01h15
Opéra de Paris : Roméo, Juliette, Thomas et les autres

Vendredi 22 mai 2026 sur France 4 à 00h20
Lucia di Lammermoor (Capitole de Toulouse)

Vendredi 22 mai 2026 sur Arte à 22h30
Gipsy Kings, le temps des gitans

Samedi 23 mai 2026 sur France 3 à 00h30
Notre sacre (Blanca Li, Abd al Malik et David Grimal)

Samedi 23 mai 2026 sur Arte à 23h55
"Les quatre saisons" à Venise

Dimanche 24 mai 2026 sur Arte à 18h40
John Eliot Gardiner dirige Monteverdi - Galerie Borghèse, Rome

Lundi 25 mai 2026 sur Arte à 00h05
Famous Orchestras - Les meilleurs orchestres du monde - Le Royal Concertgebouw Orchestra

Lundi 25 mai 2026 sur Arte à 01h05
Klaus Mäkelä, vers la flamme

Vendredi 29 mai 2026 sur France 4 à 21h00
Gautier Capuçon à l'Olympia

Vendredi 29 mai 2026 sur France 4 à 22h45
Gautier Capuçon : «Un été en France»

Samedi 30 mai 2026 sur France 3 à 01h25
Amor, Furor - Marina Viotti

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 00h00
Robert Schumann : Le paradis et la péri - La Seine musicale

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 01h35
Giora Feidman - L'âme de la clarinette

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 02h30
Dans le labyrinthe - Le musicien Jörg Widmann

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 03h25
John Eliot Gardiner - L’art de la direction d’orchestre

Dimanche 31 mai 2026 sur France 5 à 14h30
Ravel : la grande soirée de ballets (Ballets de Monte-Carlo)

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 18h00
Joséphine Baker - Première icône noire

Dimanche 31 mai 2026 sur Arte à 18h55
Elīna Garanča - My Playlist

Programme Mai 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Mezzo et Mezzo HD

Vendredi 01 mai 2026 sur Mezzo à 23h30
'Eugène Onéguine' de Tchaïkovski à la Monnaie de Bruxelles

Samedi 02 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Bellini : La Sonnambula - Opéra Royal de Wallonie Liège

Dimanche 03 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Wagner : Tristan und Isolde - Opéra Royal de Wallonie - Liège

Lundi 04 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
La vie que j'aime - Le pianiste Menahem Pressler

Mardi 05 mai 2026 sur Mezzo à 23h00
Mozart : Idomeneo - Opéra Royal de Wallonie-Liège

Mercredi 06 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Idoménée de Campra à l'Opéra de Lille

Vendredi 08 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Vinci : Alessandro nell'indie - Bayreuth Baroque Opera Festival

Vendredi 08 mai 2026 sur Mezzo à 22h40
Cilea : Adriana Lecouvreur - Opéra Royal de Wallonie-Liège

Samedi 09 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Puccini : Madama Butterfly - Greek National Opera

Dimanche 10 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Bellini: I Capuleti e i Montecchi - Opéra Royal de Wallonie Liège

Lundi 11 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Bruno Walter - Portrait

Mardi 12 mai 2026 sur Mezzo à 23h25
Vivaldi : Farnace - La Fenice

Mercredi 13 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Platée de Rameau à l'Opéra de Paris

Vendredi 15 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Monteverdi : L'Orfeo - Festival d'Opéra Baroque de Bayreuth

Vendredi 15 mai 2026 sur Mezzo à 22h50
Mozart : Don Giovanni - Staatsoper Berlin

Samedi 16 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
'Roméo et Juliette' de Gounod à l'Opernhaus de Zurich

Dimanche 17 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Wagner : Tristan und Isolde - Opéra Royal de Wallonie - Liège

Lundi 18 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Rachmaninov revisité

Mercredi 20 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Lully : Atys - Opéra de Versailles

Vendredi 22 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Haendel: Flavio - Festival Baroque de Bayreuth

Vendredi 22 mai 2026 sur Mezzo à 22h35
Bellini : La Sonnambula - Opéra Royal de Wallonie Liège

Samedi 23 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Puccini: Tosca - Arena di Verona

Dimanche 24 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
'Polifemo' de Porpora au Festival d'Opéra Baroque de Bayreuth

Lundi 25 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Jascha Heifetz - Le violoniste de Dieu

Mardi 26 mai 2026 sur Mezzo à 23h25
Idoménée de Campra à l'Opéra de Lille

Mercredi 27 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Charpentier : Médée - Théâtre des Champs-Elysées

Vendredi 29 mai 2026 sur Mezzo HD à 19h30 (en direct)
Bizet: Les Pêcheurs de perles - Opéra de Vienne

Vendredi 29 mai 2026 sur Mezzo à 22h15
Puccini : Madama Butterfly - Greek National Opera

Samedi 30 mai 2026 sur Mezzo à 20h30
Puccini : Il Trittico - Théâtre de la Monnaie

Dimanche 31 mai 2026 sur Mezzo HD à 21h00
Berlioz : La Damnation de Faust - Pene Pati, Aude Extremo - Monte-Carlo

Programme Mai 2026 Lyrique et Musique (Télévision & Streaming)

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Accès illimité dans le temps

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Requiem de Verdi (Chorégies d'Orange)

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Michaël Denard, le « prince » de l'Opéra de Paris

Le Lac des Cygnes, l'Ambitieux projet de Tchaïkovski

Maria Callas - Il était une voix

Body and Soul (Opéra national de Paris)

Dans les coulisses de Casse-Noisette

Dans les coulisses de Roméo et Juliette

Dans les coulisses de La Fille mal gardée

Dans les coulisses de Don Quichotte

Dans les coulisses de Mayerling

Martha Graham, danser avec l'âme

Accès Live à l'Opéra Bastille pour « Le Lac des Cygnes »

Accès live à l'Opéra Garnier dans les coulisses de « La Cenerentola »

                           Mai 2026

Le Trouvère (Wexford Festival Opera) jusqu'au 02 mai 2026

Maria Stuarda (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 mai 2026

Lohengrin (Festival de Pâques de Baden-Baden 2026) jusqu'au 05 mai 2026

Don Juan no existe (Festival Perelada) jusqu'au 08 mai 2026

Charles Gounod : Faust (Opéra national de Bavière, Munich) jusqu'au 09 mai 2026

Barry Lyndon Tribute jusqu'au 13 mai 2026

Michel Legrand, la musique enchantée (Dessay, Bertault) jusqu'au 13 mai 2026

Iolanta (Opéra National de Bordeaux) jusqu'au 14 mai 2026

Gustavia, l'histoire du prince de Suède inconnu (Pär Isberg, avec Guillaume Diop) jusqu'au 14 mai 2026

Ballet Flamenco de Andalucía : Origen Teatro de la Maestranza, Séville jusqu'au 18 mai 2026

L'Orchestre de la Garde Républicaine à l'Opéra Comique jusqu'au 19 mai 2026

Les 33es Victoires de la musique classique jusqu'au 20 mai 2026

Jocasta's Line (Opéra et ballet de Norvège) jusqu'au 21 mai 2026

Jean-Philippe Rameau : Platée (Théâtre national de Prague) jusqu'au 30 mai 2026

                           Juin 2026

"La Passion selon saint Jean" de Bach par Sasha Waltz jusqu'au 03 juin 2026

Leevi Madetoja : Les Ostrobothniens (Opéra national de Finlande, Helsinki) jusqu'au 04 juin 2026

Lucia di Lammermoor (Capitole de Toulouse) jusqu'au 04 juin 2026

Ifigenia in Aulide (Festival de Musique ancienne d'Innsbruck) jusqu'au 05 juin 2026

Mikael Karlsson : Melancholia (Opéra Royal de Suède, Stockholm) jusqu'au 09 juin 2026

Mozart : Don Giovanni (Opéra de Munich) jusqu'au 11 juin 2026

Natasha (Nouveau théâtre national de Tokyo) jusqu'au 12 juin 2026

Pēteris Vasks : The Fruit of Silence - Avec le Chœur national de Lettonie jusqu'au 16 juin 2026

Théâtre d'opéra et de ballet de Dnipro- La Chanson de la Forêt - Skorulskyi jusqu'au 19 juin 2026

Martynas Rimeikis : Coppélia (Ballet national de Lituanie) jusqu'au 22 juin 2026

Haendel : Le Messie - Cathédrale de Lausanne, 2025 jusqu'au 22 juin 2026

Royal Ballet and Opera - Cendrillon - Prokofiev jusqu'au 26 juin 2026

John Neumeier : Dona Nobis Pacem - Donne-nous la paix jusqu'au 28 juin 2026

"La Passion selon saint Jean" de Bach par Sasha Waltz jusqu'au 30 juin 2026

                           Juillet 2026

Lucrezia Borgia (Théâtre National de Mannheim) jusqu'au 01 juillet 2026

La Force du Destin, une saison à la Scala jusqu'au 03 juillet 2026

Clivia (Theater Magdeburg) jusqu'au 09 juillet 2026

Gustave Charpentier : Louise Festival d'Aix-en-Provence jusqu'au 12 juillet 2026

Kiev, un opéra en guerre (1/4) - Danser pour résister jusqu'au 12 juillet 2026

Cerrone - Disco symphonique à la Philharmonie jusqu'au 16 juillet 2026

El barberillo de Lavapiés (Theater Basel) jusqu'au 16 juillet 2026

Il barbiere di Siviglia (Opéra de chambre de Varsovie) jusqu'au 23 juillet 2026

L’occasione fa il ladro (MusikTheater an der Wien au Kammeroper Wien) jusqu'au 30 juillet 2026

                           Août 2026

Soirée Génération Opéra (Studio de l'Opéra Bastille) jusqu'au 01 août 2026

Orfeo ed Euridice (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 06 août 2026

Cavalleria rusticana / Pagliacci (Opéra Orchestre National Montpellier Occitanie) jusqu'au 13 août 2026

Elīna Garanča chante Mahler (Festival de Lucerne 2025) jusqu'au 14 août 2026

Gala d'Opéra - Classic 2025 (Festival de Hanovre) jusqu'au 23 août 2026

Don Giovanni (Opéra Ballet des Flandres) jusqu'au 27 août 2026

Harnoncourt interprète “L’Orfeo” de Monteverdi - Le documentaire jusqu'au 27 août 2026

Concert du Nouvel An à la Fenice de Venise jusqu'au 31 août 2026

                           Septembre 2026

Masterclass avec Nicole Car (Opera for Peace) jusqu'au 07 septembre 2026

Carlo Vistoli (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 08 septembre 2026

Gala du centenaire de Victoria de los Angeles (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 08 septembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (2/4) - Exister ou disparaître jusqu'au 12 septembre 2026

Malena Ernman : Terra Mater - Bayreuth Baroque 2025 jusqu'au 12 septembre 2026

Julia Leshneva & Franco Fagioli (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 15 septembre 2026

María de Buenos Aires (Deutsche Oper am Rhein) jusqu'au 15 septembre 2026

Francesco Cavalli : Pompeo Magno (Bayreuth Baroque 2025) jusqu'au 16 septembre 2026

Gala de l'Opéra de Vienne 2025 jusqu'au 17 septembre 2026

Marina Viotti - Bayreuth Baroque 2025 jusqu'au 19 septembre 2026

L'Écume des jours (Opéra de Lille) jusqu'au 20 septembre 2026

Ponchielli : La Gioconda (Teatro San Carlo, Naples) jusqu'au 25 septembre 2026

La Grande Affabulation (Opéra Comique) jusqu'au 27 septembre 2026

JR, Damien Jalet & Thomas Bangalter : Chiroptera (Parvis du Palais Garnier) jusqu'au 30 septembre 2026

L'heure espagnole & Pulcinella (Opéra-Comique, Paris) jusqu'au 30 septembre 2026

                           Octobre 2026

Fidelio (Opéra national de Vienne) jusqu'au 03 octobre 2026

Fête Chorale à Nuremberg : Les voix du Monde jusqu'au 06 octobre 2026

Barbara Hannigan dirige Ligeti et Stravinsky jusqu'au 10 octobre 2026

A Myth (O. Festival for Opera. Music. Theatre.) jusqu'au 10 octobre 2026

Dorian Gray (Opéra de Poznań) jusqu'au 11 octobre 2026

Rodelinda (Garsington Opera) jusqu'au 17 octobre 2026

La Fiancée vendue (Teatro Real) jusqu'au 23 octobre 2026

                         Novembre 2026

Fauteuils d'Orchestre jusqu'au 06 novembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (3/4) - Exilés jusqu'au 14 novembre 2026

Les trois ballets de Stravinsky (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 25 novembre 2026

Pascal Rophé dirige Berio, Mahler et Gísladóttir avec Stéphane Degout jusqu'au 28 novembre 2026

                         Décembre 2026

Le grand concert des pyramides avec Fatma Saïd jusqu'au 11 décembre 2026

Le cinéma de John Williams (Indiana Jones, E.T., Star Wars..) jusqu'au 19 décembre 2026

Fauteuils d'orchestre (Natalie Dessay et Laurent Naouri) jusqu'au 22 décembre 2026

Béjart, 3 regards jusqu'au 22 décembre 2026

La Belle au Bois dormant (Opéra national de Paris) jusqu'au 25 décembre 2026

Concert du nouvel an de l'Orchestre national de France (Radio France) jusqu'au 30 décembre 2026

   

                          Janvier 2027

Samson (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Madame Butterfly (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Francis Lai : Love Story, Un homme et une femme (Auditorium de Radio France) jusqu'au 30 janvier 2027

                        Février 2027

Kiev, un opéra en guerre (4/4) - Transmettre jusqu'au 08 février 2027

Eugène Onéguine au Palais Garnier jusqu'au 09 février 2027

Haendel : airs allemands (Festival de musique sacrée de Madrid 2024) jusqu'au 11 février 2027

Robert Schumann : Le Paradis et la Péri (La Seine musicale) jusqu'au 17 février 2027

                        Mars 2027

Les Sentinelles (Opéra de Bordeaux) jusqu'au 09 mars 2027

                        Avril 2027

Les saisons de la danse (Max Richter) jusqu'au 08 avril 2027

Albéric Magnard : Guercœur (Opéra national du Rhin, Strasbourg) jusqu'au 21 avril 2027

                         Mai 2027

Dialogues des Carmélites (Opéra de Rouen) jusqu'au 05 mai 2027 

                         Juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 1 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 2 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 3 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 4 jusqu'au 16 juin 2027

                         Juillet 2027

"Louise" de Charpentier au Festival d'Aix-en-Provence jusqu'au 09 juillet 2027 

Jules Massenet : Werther (Opéra Comique, Paris) jusqu'au 22 juillet 2027 

Pascal Dusapin : Antigone (Philharmonie de Paris) jusqu'au 28 juillet 2027

Rituel - Millepied & Boulez, Stravinsky, Bartók jusqu'au 29 juillet 2027 

 

                       Octobre 2027

Le couronnement de Poppée par l’Ensemble I Gemelli jusqu'au 03 octobre 2027

                         Mars 2028

Adieu l'Opéra (Opéra national de Paris) jusqu'au 15 mars 2028

                         Avril 2028

Wartime Elegy - Ballet national d'Ukraine  jusqu'au 01 avril 2028

Baldassare Galuppi : L'uomo femina (Opéra de Rouen) jusqu'au 25 avril 2028

                         Juin 2028

Dream Requiem - Rufus Wainwright (Radio France) jusqu'au 13 juin 2028

                         Septembre 2028

La grande affabulation à l'Opéra Comique jusqu'au 24 septembre 2028

                         Novembre 2028

Mikko Franck dirige Dutilleux, Mahler et Strauss (chant Marie-Nicole Lemieux) jusqu'au 21 novembre 2028

                         Décembre 2028

Carolyn Carlson : Midnight Souls - Palais des Papes, Avignon jusqu'au 15 décembre 2028

                         Mars 2029

Chelsea Zurflüh & Jonathan Tetelman (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Elīna Garanča chante Carmen (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Klaus Florian Vogt chante Mozart, Wagner et Strauss (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Stjepan Hauser joue Bach et Morricone (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

Golda Schultz, Rolando Villazón et Ludovic Tézier (Château de Neuschwanstein 2025) jusqu'au 18 mars 2029

                     Juillet 2029

Finale du concours Voix des Outre-mer 2026 jusqu'au 20 juillet 2029

                      Septembre 2029

Arthur Honegger : Le Roi David Avec Amira Casar et Lambert Wilson jusqu'au 25 septembre 2029

                      Juillet 2030

John Neumeier : Casse-noisette (Ballet de Hambourg) jusqu'au 28 juin 2030

                      Mars 2031

Noureev (Ballet de Kirill Serebrennikov et Yuri Possokhov) jusqu'au 19 mars 2031

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 26 Avril 2026

Satyagraha (Philip Glass –
5 septembre 1980, Stadsschouwburg de Rotterdam)
Livret de Constance DeJong 
d’après la Bhagavad-Gītā
Répétition générale du 04 avril et représentation du 14 avril 2026
Palais Garnier

Chanteurs : Anthony Roth Costanzo, Ilanah Lobel-Torres, Davóne Tines, Adriana Bignagni Lesca, Olivia Boen, Deepa Johnny, Amin Ahangaran, Nicky Spence, Nicolas Cavallier.

Danseurs : Alexander Bozinoff, Lorrin Brubaker, Jeremy Coachman, Jonathan Fredrickson, Marion Gautier de Charnacé, Héloïse Jocqueviel, Awa Joannais, Payton Johnson, Rachel McNamee, Adrien Ouaki, Mermoz Melchior, Ido Toledano

Direction musicale Ingo Metzmacher
Mise en scène et chorégraphie Bobbi Jene Smith et Or Schraiber (2026)
Entrée au répertoire

Diffusion en direct le vendredi 24 avril 2026 à 19h30 sur Paris Opera Play, la plateforme de l’Opéra national de Paris, puis sur France Musique le 23 mai 2026 à 20h dans l’émission  Samedi à l’Opéra présentée par Judith Chaine.

Après la réussite d'‘Einstein on the Beach’ qui avait enthousiasmé le Festival d’Avignon en 1976, et que le public parisien a pu redécouvrir au Théâtre du Châtelet en 2014, Philip Glass choisit Gandhi comme sujet de son second opéra, en partant d’un livret écrit en sanskrit par la romancière américaine Constance DeJong

Anthony Roth Costanzo

Anthony Roth Costanzo

Créé à Rotterdam en 1980, ‘Satyagraha ‘ évoque l’esprit du Mahatma Gandhi lors de son premier voyage à l’étranger qui l’amènera à rejoindre l’Afrique du Sud à l’âge de 24 ans.
Mais dans ce pays qui se sentait envahi par les Indiens, Gandhi découvrit les discriminations et s’engagea pour défendre la citoyenneté de ses compatriotes, d’autant plus qu’ils étaient réprimés violemment.

L’aboutissement de sa lutte contre les gouvernements autoritaires se résolut dans le Satyagraha, ‘la force née de la vérité et de l'amour ou non-violence’, où il prôna la nécessité de créer une force non violente par la patience tout en préservant le cœur de chacun et sa propre force d’amour.

Cette doctrine de 'désobéissance civile' élaborée à partir de 1907, pour s’opposer à toute loi raciste, deviendra un outil majeur de Gandhi pour obtenir l’indépendance de l’Inde face aux Britanniques et déjouer la loi du plus fort.

Jonathan Fredrickson

Jonathan Fredrickson

Et dans l’opéra de Philip Glass, la première partie se réfère à Tolstoï avec qui, dès 1909, Gandhi échangea une correspondance sur le sens de son engagement non-violent, la seconde partie évoque Tagore, philosophe indien qui soutint également la lutte pour l’indépendance de l’Inde, et la dernière partie est dédiée à Martin Luther King, dit le ' Gandhi américain'.

'Satyagraha' - Acte I

'Satyagraha' - Acte I

La musique de Philip Glass n’est pas étrangère au Palais Garnier puisqu’elle fut jouée pour la première fois en 1991 à l’occasion de l’entrée au répertoire du ballet de Jérôme Robbins, ‘Glass pieces’. En revanche, il s’agit du premier opéra du musicien américain a être représenté scéniquement à l’Opéra de Paris, une conséquence de la ligne programmatique que déroule Alexander Neef en invitant régulièrement des compositeurs anglo-saxons vivants, tels John Adams, Thomas Adès, et Tyshawn Sorey la saison prochaine, compositeurs qui appartiennent à notre monde et qui abordent donc des sujets qui nous touchent plus directement.

Anthony Roth Costanzo, Deepa Johnny, Adriana Bignagni Lesca, Davóne Tines

Anthony Roth Costanzo, Deepa Johnny, Adriana Bignagni Lesca, Davóne Tines

En confiant cette nouvelle production de ‘Satyagraha’ aux chorégraphes Bobbi Jene Smith et Or Schraiber, artistes en résidence au sein de la compagnie L.A Dance Project dirigée par Benjamin Millepied, les créateurs de ‘Pit’ en 2023, il s’agit aussi d’attirer un public plus large que le public lyrique traditionnel, possiblement plus jeune et qui n’est pas forcément passionné d’opéra.

Visuellement, l’espace scénique du Palais Garnier est dégagé au point de lui donner l’apparence d’un lieu anonyme, une sorte de salle de répétition flanquée de deux promontoires où sont installés Tolstoï, Tagore, Martin Luther King et Gandhi, observateurs silencieux. L’esprit qu’ils représentent est ainsi présent, mais le propos s’abstrait du contexte historique pour mettre en scène la résistance à l’oppression de façon plus ouverte et universelle, à travers une réponse fortement ritualisée.

Adriana Bignagni Lesca

Adriana Bignagni Lesca

Il est très impressionnant d’admirer Anthony Roth Costanzo, homme d’apparence frêle - qui est aussi, dans la vie, le directeur artistique de l’opéra de Philadelphie -, se tenir seul face à des hommes armés, exécutant froidement tout rebelle au système. Sa voix de contre-ténor, plus aiguë que l’écriture originelle du rôle conçue pour un ténor, accentue la sensation de fragilité et l’aspect plaintif, voir pleurant, de son chant. 

Et si, initialement, les danseuses ont une gestuelle déplorative en phase avec l’âme du guide, les danseurs, eux, sont surtout sollicités pour extérioriser cette violence inhérente aux groupes humains. Parmi eux, deux jeunes représentent cette vitalité combative comme si la chaîne de transmission d’un virilisme conformiste avait une emprise imparable. Car la violence n’est pas seulement du côté du pouvoir, elle est aussi présente dans le cœur de chaque personne, et à travers ces confrontations, la réflexion qui émerge en montrant une certaine confusion est qu’ une autre attitude doit émerger pour éviter de surréagir.

Anthony Roth Costanzo et Deepa Johnny

Anthony Roth Costanzo et Deepa Johnny

Dans le second acte, violent dans sa première partie où le chanteur principal est durement malmené autour d’une simple table, le chœur de l’Opéra de Paris est très impressionnant dans sa façon de tenir le rythme des rires machiavéliques qui le rendent complice du système oppressif. 

Le travail sur les ambiances lumineuses qui créent une impressive atmosphère crépusculaire faite de jeux d’ombres, et qui rendent même certains tableaux plus intimes, est l’un des points forts de ce spectacles qui attire le spectateur dans des noirceurs d’où, pourtant, la lumière surgit.

'Satyagraha' - Acte II

'Satyagraha' - Acte II

A travers les interventions féminines, notamment celle d’Adriana Bignagni Lesca, prête à se battre avec la vie, s’opère la transformation de Gandhi, d’abord dépouillé d’une partie de ses vêtements, avant qu’il ne devienne le chef de file d’une marche lente et solennelle qui entraîne les femmes au son des vents et cordes virevoltants. Puis, en suivant une danse en farandole, ce second acte s’achève sur une musique réflexive baignée du son des violons lancinants, musique qui sera popularisé par la musique du film de Stephen Daldry, ‘The Hours’, pour lequel Philip Glass a écrit en 2002 la bande son en s’inspirant de plusieurs de ses pièces. 

C’est alors le moment du pardon à ceux qui avaient cédé à la violence, le temps du dépôt des armes, afin que les gestes deviennent simplement bienveillants.

'Satyagraha' - Acte III

'Satyagraha' - Acte III

Et quel magnifique début de troisième acte lorsque le chœur, d’une élégie absolue, chante à capella depuis les couloirs des loges les plus hautes, enveloppant la salle du Palais Garnier faiblement éclairée dans une saisissante irréalité. Sur fond bleuté qui invite à l’apaisement, à l’instar de l’écriture musicale qui prolonge les notes en faisant varier subtilement leur hauteur, les mouvements lents deviennent circulaires, s’agissant dorénavant de baigner dans un état imperturbable qui permet à chacun de tendre à la réconciliation. 

Adriana Bignagni Lesca, Mermoz Melchior, Awa Joannais, Ching-Lien Wu, Ingo Metzmacher, Anthony Roth Costanzo, Amin Ahangaran et Jonathan Fredrickson

Adriana Bignagni Lesca, Mermoz Melchior, Awa Joannais, Ching-Lien Wu, Ingo Metzmacher, Anthony Roth Costanzo, Amin Ahangaran et Jonathan Fredrickson

Ingo Metzmacher est un grand défenseur du répertoire des XXe et XXIe siècles, mais n’est pas familier de la musique de Philip Glass. Il démontre pourtant une rigoureuse maîtrise de la synchronisation entre chœur, mouvement des danseurs et clarté orchestrale, et tend aussi à donner de la netteté aux variations de rythmes et de couleurs, de façon à éviter un flou orchestral qui pourrait sinon très vite s’instaurer.

L’immense succès de ce spectacle, qui est le miroir d’un monde où la violence semble prise dans un engrenage sans fin, traduit la réussite d’un engagement qui consiste, pour la première institution lyrique nationale, à défendre les valeurs qui lui tiennent à cœur sous le regard le plus international possible.

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Publié le 19 Avril 2026

Das Rheingold (Richard Wagner –
Munich, le 22 septembre 1869)
Représentation du 01 avril 2026
Osterfestspiele Salzburg
Felsenreitschule

Wotan Christian Gerhaher
Donner Gihoon Kim
Froh Thomas Atkins
Loge Brenton Ryan
Alberich Leigh Melrose
Mime Thomas Cilluffo
Fasolt Le Bu
Fafner Patrick Guetti
Fricka Catriona Morison
Freia Sarah Brady
Erda Jasmin White
Woglinde Louise Foor
Wellgunde Yajie Zhang
Floßhilde Jess Dandy

Direction musicale Kirill Petrenko
Mise en scène Kirill Serebrennikov (2026)
Berliner Philharmoniker                                                 
Jasmin White (Erda)

Inauguré le 19 mars 1967 avec ‘Die Wälkure’ mis en scène et dirigé par Herbert von Karajan, avec Jon Vickers, Martti Talvela, Thomas Stewart, Gundula Janowitz, Christa Ludwig et Régine Crespin en solistes principaux, galvanisés par le Philharmonique de Berlin, le Festival de Pâques de Salzbourg célébrera en 2027 ses 60 ans avec une nouvelle production du volet le plus célèbre du ‘Ring’ de Richard Wagner, qui s’inscrira plus largement dans la réalisation d’une nouvelle Tétralogie, la 3e après celle d' Herbert von Karajan (1967/1970) et celle de Stéphane Braunschweig (2007/2010) dirigée par Sir Simon Rattle.

Et en cette année 2026, la nouvelle production de ‘Rheingold’ est aussi l'occasion de fêter le retour du Philharmonique de Berlin à Salzbourg qui, sous la baquette de Kirill Petrenko, n’a pas manqué de démontrer à quel point il règne en maître absolu sur les grands paysages wagnériens.

Das Rheingold (Petrenko Berliner Philharmoniker Serebrennikov) Salzburg

On retrouve en effet avec sidération la précision théâtrale millimétrique, d’une netteté imparable, que sait si bien insuffler le chef d’orchestre russo-autrichien, une densité magmatique au lustre orchestral d’une puissance maîtrisée qui se double d’une mobilité dynamisante où les enlacements ensorcelants de cordes et de vents créent des effets de superposition d’une complexité telle que l’espace sonore en devient irréel.

Rien que pour ressentir ce grand geste magicien qui, de plus, accorde chaque interprète au drame avec la même rigueur indicative, il faut entendre cette interprétation qui forme le nerf de la mise en scène de Kirill Serebrennikov.

Brenton Ryan (Loge) et Leigh Melrose (Alberich) - photo Frol Podlesnyi

Brenton Ryan (Loge) et Leigh Melrose (Alberich) - photo Frol Podlesnyi

Pour ce prologue, le metteur en scène russe présente l’humanité aux prémisses de son existence, en premier lieu à travers un très beau film noir et blanc montrant Alberich sous forme d’un être humain primitif fuyant, seul et nu, dans un paysage désertique, le visage peint de manière très esthétique, la première manifestation d’une identité. Ces images évoquent inévitablement ‘La Guerre du feu’ de Jean-Jacques Annaud (1981), film adapté du roman de J.-H. Rosny ainé.

Sur scène, l’espace très étiré et peu profond de la Felsenreitschule recrée également ce paysage lunaire formé de lave vitrifiée et surmontée, au centre, par ce qui ressemble aux vestiges d’une civilisation disparue – quelques colonnes tronquées témoignent d’un savoir-faire passé sophistiqué -, et un habile jeu d’éclairages profile les formes de ce décor pour projeter des ombres qui l’enrichissent et lui donnent du volume.

Christian Gerhaher (Wotan) - photo Frol Podlesnyi

Christian Gerhaher (Wotan) - photo Frol Podlesnyi

L’Or tant convoité n’est pas dans cette production un amas de métal précieux, mais un imposant bloc de glace dont Alberich réussira à en prendre un échantillon, comme si la première richesse était celle d'une eau venue initialement des fins fonds du système solaire, et qui en tombant sur Terre aurait initié la vie.

Les différents groupes humains, géants ou nains, sont représentés avec des costumes, colliers, bracelets, fourrures, et s’y mêlent des acteurs et danseurs, pour certains noirs, qui accentuent cette impression que ce retour aux origines se déroule sur le continent originel, l’Afrique.

Kirill Petrenko

Kirill Petrenko

Wotan, vêtu d’une toge blanche qui laisse poindre le commencement d’un nouveau berceau civilisationnel évolué, apparaît comme celui qui cherche à fédérer toutes ces tribus en construisant une croyance de référence qui se matérialisera au final par un splendide anneau formé d’une constellation de neuf divinités sculptées comme dans un camée, symbole de l’achèvement spirituel d’un nouveau monde.

Il s’agit d’une vision qu’il faut rapprocher de celle de Tobias Kratzer à Munich, qui a présenté un ‘Rheingold’ où cette nouvelle religion s’avère plutôt factice.

Le Bu, Catriona Morison, Kirill Petrenko et Christian Gerhaher

Le Bu, Catriona Morison, Kirill Petrenko et Christian Gerhaher

Excellemment dirigés, les solistes forment un ensemble unifié de façon convaincante, et se démarquent surtout Christian Gerhaher, qui dépeint un Wotan saillant et d’une inhabituelle clarté, ainsi que d’une grande éloquence ennoblie par la qualité de son timbre agréablement poétique, l’Alberich de Leigh Melrose, acerbe et perçant, d’une mobilité rampante tonique, le Loge au langage vocal droit de Brenton Ryan, les géants Fasolt et Fafner très bien assortis et facilement dissociables sous les traits respectifs de Le Buet et Patrick Guetti, et surtout l’Erda somptueusement profonde de Jasmin White.

Enfin, Louise Foor, Yajie Zhang, Jess Dandy incarnent trois filles du Rhin au chant fort enthousiaste dans la largeur de cette salle dont le fond de scène rocheux ajoute à l’impression primitive de ce spectacle, surprenant du début à la fin, qui s'apprécie de façon introspective.

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Publié le 13 Avril 2026

Présentation de la saison Lyrique 2026 / 2027 de l’Opéra national de Paris
Le vendredi 27 mars 2026 à l’Hotel Intercontinental Paris Le Grand

Programme de la saison Lyrique 2026 / 2027 de l’Opéra de Paris

Le jeudi 26 mars 2026 à 12h00, la sixième saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris a été officiellement dévoilée au grand public sur le site internet de l’institution.

La saison 2026 / 2027 comprend ainsi 4 nouvelles productions maison et 2 nouvelles productions adaptées respectivement de l’Opéra d’Amsterdam et du Festival d’automne de Baden-Baden, dont 1 création mondiale et 1 nouveauté pour le répertoire, et 10 reprises auxquelles vont se joindre les deux reprises de la Tétralogie de Richard Wagner, ‘Der Ring des Nibelungen’, sous forme de festival.

Aux 19 œuvres scéniques jouées dans les grandes salles, s’ajouteront également une production de l’Académie de l’Opéra de Paris qui sera représentée à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet.

Au total, 170 représentations lyriques seront ainsi données, soit 12 de moins que la précédente saison, alors que le ballet proposera 195 représentations, en prenant en compte les spectacles de l’école de danse, à l’identique de cette saison. Le ballet conserve donc un avantage significatif sur le lyrique, d’autant plus que José Martinez a préparé une impressionnante programmation tournée vers des langages chorégraphique modernes qui risque de créer un engouement rendant encore plus difficile de trouver des places.

José Martinez (Directeur de la Danse de l'Opéra de Paris) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

José Martinez (Directeur de la Danse de l'Opéra de Paris) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Quant à la baisse du nombre de représentations lyriques, elle est surtout due au temps de répétition nécessaire au ‘Ring’ qui limite à Bastille les représentations publiques au cours du mois d’octobre qui précède le Festival.

Ainsi, si le nombre de soirées lyriques à Bastille reste stable (120), il est en baisse à Garnier de par la nécessité d’y laisser plus de places aux soirées chorégraphiques.

Néanmoins, les chiffres sont bons, la saison 2024/2025 ayant atteint 94 % de taux de fréquentation, dont 43 % de billets vendus au moins de 40 ans, et le mécénat a contribué à hauteur de 31 M€, soit 12 % du budget total de l’Opéra.
L’année 2025 a donc bien permis la consolidation de la trajectoire de croisière de l’Opéra de Paris.

La salle de Bal de l'Opéra de l'Hotel Intercontinental Paris Le Grand lors de la présentation de la Saison 2026 / 2027 de l'Opéra national de Paris

La salle de Bal de l'Opéra de l'Hotel Intercontinental Paris Le Grand lors de la présentation de la Saison 2026 / 2027 de l'Opéra national de Paris

En terme de répertoire, si aucune œuvre historique du répertoire de l’Opéra de Paris ne fera son retour sur scène cette saison, trois nouvelles productions d’ouvrages parmi les 40 les plus représentés vont contribuer à en renouveler le regard, ‘Idomeneo’ par Wajdi Mouawad, ‘Werther’ par Robert Carsen, et ‘Don Giovanni’ par Louisa Proske.

Par ailleurs, après Thomas Adès, John Adams et Philip Glass, un quatrième compositeur anglo-saxon sera invité à l’Opéra de Paris, Tyshawn Sorey, qui viendra lui même diriger ‘Perle Noire’, créé en 2016, dans une mise en scène de Peter Sellars.

La première création mondiale directement initiée par Alexander Neef, ‘Miroir de nos peines’, basée sur l’œuvre littéraire française éponyme de Pierre Lemaitre (2020), sur une musique d’Hèctor Parra, renforcera encore un peu plus le lien de l’institution avec son époque et son devoir de mémoire.

Présentation du calendrier prévisionnel des grands travaux qui concerneront les 4 bâtiments de l'Opéra national de Paris de 2025 à 2037

Présentation du calendrier prévisionnel des grands travaux qui concerneront les 4 bâtiments de l'Opéra national de Paris de 2025 à 2037

Il y aura cependant pas moins de cinq récitals lyriques donnés à Garnier, dont trois interprétés respectivement par Lise Davidsen, Diana Damrau et Piotr Beczała, et deux Galas, dont l’un dédié à Régine Crespin, et le second donné par les jeunes artistes de l’Académie.

Et comme chaque année, les équipes de communication de l’Opéra de Paris ont préparé un ensemble d’interviews de metteurs en scène, Louisa Proske, Robert Carsen, Wajdi Mouawad, Peter Sellars …ou même d’un compositeur actuel, Hèctor Parra.

Enfin, à l'occasion de la présentation au Grand Hôtel, les lauréats des prix de l'AROP 2024/2025 ont été récompensés, Nine Seropian et Lorenzo Lelli pour les Prix de la Danse, et Amandine Portelli et Luis-Felipe Sousa pour les Prix Lyriques – seuls les jeunes interprètes masculins ont toutefois pu se libérer pour la cérémonie.

Remise des prix de l'AROP 2024/2025 à Luis-Felipe Sousa et Lorenzo Lelli

Remise des prix de l'AROP 2024/2025 à Luis-Felipe Sousa et Lorenzo Lelli

Les nouvelles productions

Götterdämmerung (Richard Wagner – 1876) – Nouvelle production
Du 09 au 18 octobre 2026 (3 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Pablo Heras-Casado, mise en scène Calixto Bieito
Andreas Schager, Johannes Martin Kränzle, Mika Kares, Brian Mulligan, Tamara Wilson, Sinead Campbell Wallace, Eve-Maud Hubeaux, Aude Extrémo, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Margarita Polonskaya, Isabel Signoret, Katharina Magiera
Œuvre jouée pour la dernière fois en public à l’opéra Bastille le 26 juin 2013 (et à huis clos le 28 novembre 2020)

Dernier volet d’un ‘Ring’ qui aborde la question de la quête du pouvoir sous l’angle technologique si prégnant dans notre monde actuel, tenue par la direction d’acteur dure et acérée de Calixto Bieito dont on attend de voir comment vont finir ces dieux dorénavant dépassés par les évènements, de nouveaux interprètes entrent en jeu à cette occasion, Johannes Martin Kränzle, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Aude Extrémo et Sinead Campbell Wallace, tous entourant le couple sidérant formé par Andreas Schager et Tamara Wilson, sous la direction d’un Pablo Heras-Casado qui s’est montré particulièrement inspiré lors des deux journées précédentes.

Louisa Proske (metteuse en scène de 'Don Giovanni')

Louisa Proske (metteuse en scène de 'Don Giovanni')

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Nouvelle production
Du 28 janvier au 24 juin 2027 (20 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Finnegan Downie Dear / Stephanie Childress, mise en scène Louisa Proske
Peter Mattei / Davide Luciano, Slávka Zámečníková / Jeanine De Bique, Amitai Pati / Manase Latu, Kwangchul Youn / Alexander Tsymbalyuk, Jacquelyn Stucker / Tara Erraught, Joshua Bloom, Vartan Gabrielian / Morgan-Andrew King, Elena Villalón / Ilanah Lobel-Torres / Patricia Nolz
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 octobre 2023

La dernière production d’Ivo van Hove, conçue sous le mandat de Stéphane Lissner, ayant finalement trouvé sa place au Metropolitan Opera de New-York – la version de Claus Guth jouée en 2023 n’étant que de passage pour compenser l’impossibilité de rapatrier à temps la production de l’Opéra de Paris qui avait été retenue aux États-Unis plus longtemps que prévu à cause du covid -, Alexander Neef a préféré confier un nouveau regard sur le chef-d’œuvre de Mozart à une metteuse en scène allemande installée à New-York, Louisa Proske, qui commence à gagner les plus grandes scènes du monde, et qui fera l’ouverture de la saison 2026 / 2027 du MET avec ‘Macbeth’.

Peter Mattei, Don Giovanni de référence depuis plus de 20 ans – il incarnait déjà au Palais Garnier le noble libertin en janvier 2006 dans la production de Michael Haneke -, partagera le rôle avec Davide Luciano.

Peter Sellars (metteur en scène de 'Perle Noire, Méditations pour Joséphine')

Peter Sellars (metteur en scène de 'Perle Noire, Méditations pour Joséphine')

Perle Noire : méditations pour Joséphine (Tyshawn Sorey – 2016) – Commande de l’International Contemporary Ensemble, créée au Ojai Music Festival en Californie
Nouvelle production créée au Dutch National Opera, Amsterdam en 2023
Du 09 au 19 septembre 2026 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Tyshawn Sorey, mise en scène Peter Sellars
Julia Bullock, Tyshawn Sorey, Daniel Lippel, Alice Teyssier, Jennifer Curtis, Rebekah Heller, Travis Laplante
Entrée au répertoire

Initialement programmée en avril 2020 au Théâtre du Châtelet avant que la pandémie de covid n’oblige à reporter sa création scénique à l’Opéra d’Amsterdam 3 ans plus tard, ‘Perle Noire’ rend hommage à Joséphine Baker qui fut membre de la résistance française au cours de la Seconde Guerre mondiale, et qui apporta un fort soutien aux mouvements des droits des citoyens, elle qui fut victime de discriminations à New-York (on refusera de la servir au Stork Club en 1951).

Née comme Joséphine Baker à Saint-Louis, Missouri, Julia Bullock fera ses débuts à l’Opéra de Paris, artiste notamment connue pour avoir participé à plusieurs projets avec Peter Sellars tels ‘The Indian Queen’ (Madrid, 2013), ‘Girls of the Golden West’ (San Francisco, 2017) ou bien ‘El Niño’ (New-York – Cathedral St John the Divine, 2022).
Tyshawn Storey, le compositeur, assurera lui même la direction musicale de ‘Perle Noire’.

Robert Carsen (metteur en scène de 'Werther')

Robert Carsen (metteur en scène de 'Werther')

Werther (Jules Massenet – 1892) – Coproduction Festspielhaus Baden-Baden
Du 11 février au 12 mars 2027 (10 représentations à l'Opéra Bastille)

Direction musicale Nathalie Stutzmann, mise en scène Robert Carsen
Benjamin Bernheim / Léo Vermot-Desroches, Aigul Akhmetshina, Gordon Bintner, Sandra Hamaoui / Johanna Wallroth, Laurent Naouri, Christophe Mortagne, Franck Leguérinel
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 04 février 2016

Grand Prix Musique du Syndicat de la Critique 2009/2010 avec Jonas Kaufmann dans le rôle titre, sous la direction de Michel Plasson, la précédente production de Benoît Jacquot avait été créée à Londres en 2004 où elle fut reprise jusqu’en 2019.

Après 11 ans d’absence au répertoire de l’Opéra de Paris, ‘Werther’ revient sur la scène Bastille dans une nouvelle production de Robert Carsen qui sera sa quatorzième au sein de l’institution, 4 ans après sa création au Festival d’automne Baden-Baden.

A cette occasion, Nathalie Stuzmann fera ses débuts à l’Opéra de Paris en tant que cheffe d’orchestre après avoir dirigé un mémorable ‘Faust’ à l’Opéra de Munich au cours de la saison 2025/2026.

Mariame Clément (metteuse en scène de 'Miroir de nos peines')

Mariame Clément (metteuse en scène de 'Miroir de nos peines')

Miroir de nos peines (Hèctor Parra – 2027) – Création mondiale
Du 24 avril au 11 mai 2027 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Mariame Clément
Vannina Santoni, Léo Vermot-Desroches, Leigh Melrose, Laurent Naouri, Jérôme Boutillier, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Bastien Rimondi, Eugénie Joneau, Julie Boulianne, Yann Beuron
Entrée au répertoire

Prix Goncourt 2013 avec ‘Au revoir là-haut’, premier volet d’un cycle romanesque sur l’entre-deux-guerres, le romancier et scénariste français Pierre Lemaitre a poursuivi sa trilogie avec ‘Les enfants du désastre’, puis ‘Miroir de nos peines’ qui sera consacré à l’exode de 1940.
Sur la base de ce dernier opus littéraire, Alexander Neef a confié au compositeur espagnol Hèctor Parra, qui fut enseignant attaché au Cursus en informatique musicale de l'Ircam de 2013 à 2017, la création de cet ouvrage lyrique qui sera sa huitième œuvre scénique.

Et si pour ses deux dernières créations, ‘Orgia’ (2023), composée sur un livret de Pier Paolo Pasolini, et ‘Les Bienveillantes’ (2019), inspirée du roman de Jonathan Littell, il s’était associé au metteur en scène catalan Calixto Bieito, ce sera cette fois Mariame Clément qui dirigera la mise en scène, sa troisième à l’Opéra de Paris.

Wajdi Mouawad (metteur en scène d''Idomeneo')

Wajdi Mouawad (metteur en scène d''Idomeneo')

Idomeneo, re di Creta (Wolfgang Amadé Mozart – 1781) – Nouvelle production
Du 03 au 25 mai 2027 (8 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Wajdi Mouawad
Allan Clayton, Lea Desandre, Johanna Wallroth, Elsa Dreisig, Laurence Kilsby, Bergsvein Toverud, Morgan-Andrew King
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 février 2010

Œuvre inspirée de l’Idomeneo’ d’André Campra et entrée tardivement au répertoire de l’Opéra de Paris, il y a seulement 40 ans, le 24 juin 1987 à la salle Favart, ‘Idomeneo’ n’a pour l’instant connu que des productions qui n’ont pas tenu plus de 5 ans sur scène.

Pour faire vivre ce mythe lié à la guerre de Troie, c’est à nouveau le duo formé par Wajdi Mouawad – grand amoureux de la tragédie antique – et Antonello Manacorda – grand amoureux de la théâtralité mozartienne – qui est constitué, les deux artistes ayant collaboré avec succès, au cours de la saison 2024/2025, à la nouvelle production de ‘Pelléas et Mélisande’.

Et l’excellent équilibre entre grands solistes confirmés et jeunes interprètes prometteurs est un atout majeur de la distribution réunie.

Pablo Heras-Casado (directeur musical du 'Ring')

Pablo Heras-Casado (directeur musical du 'Ring')

Le Festival Ring

Der Ring des Nibelungen (Richard Wagner – 1869, 1870, 1876) – Nouvelle production
Du 06 au 22 novembre 2026 (2 cycles en 8 représentations à l’Opéra Bastille)

Direction musicale Pablo Heras-Casado, mise en scène Calixto Bieito (2025-2026)
Christopher Maltman, Simon O'Neill, Kwangchul Young, Gerhard Siegel, Stanislas de Barbeyrac, Günther Groissböck, Elza van den Heever, Andreas Schager, Johannes Martin Kränzle, Mika Kares, Brian Mulligan, Tamara Wilson, Sinead Campbell Wallace, Eve-Maud Hubeaux, Aude Extrémo, Marie-Nicole Lemieux, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Margarita Polonskaya, Isabel Signoret, Katharina Magiera, Florent Mbia, Matthew Cairns, Juliette Morel, Louise Foor, Laura Wilde, Jessica Faselt, Ida Aldrian, Marvic Monreal, Marie-Luise Dreßen, Ilanah Lobel-Torres.
Cycle joué pour la dernière fois en public à l’Opéra Bastille du 18 au 26 juin 2013

En moins de deux ans, l’Opéra de Paris aura non seulement pu représenter les quatre volets du nouveau ‘Ring’ mis en scène par Calixto Bieto, mais également pu le jouer sous forme de deux cycles sur un peu plus de deux semaines.

En juin 2013, seul un cycle du ‘Ring’ avait été donné, mis en scène par Günter Krämer, il s’agit donc d’un enjeu inhabituel et important pour l’institution qui se déroulera face à un public en grande partie international.

Aude Accary-Bonnery (Directrice générale adjointe), Alexander Neef et José Martinez

Aude Accary-Bonnery (Directrice générale adjointe), Alexander Neef et José Martinez

Les reprises

Il Barbiere di Siviglia (Gioacchino Rossini – 1816)
Du 12 septembre au 05 novembre 2026 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Jader Bignamini / François López-Ferrer, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
Lea Desandre / Marina Viotti, Huw Montague Rendall / Andrzej Filończyk, Jack Swanson / Josh Lovell, Nicola Alaimo, Adolfo Corrado, Isobel Anthony, Amin Ahangaran, Hyunsik Zee
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 juillet 2025

Grand succès rossinien repris quasiment tous les deux ans dans l’impressionnante scénographie de Damiano Michieletto qui reconstitue de façon très réaliste la vie d’un quartier populaire de Séville d’aujourd’hui, il bénéficiera cette saison de la richesse coloriste de la direction de Jader Bignamini et de deux nouvelles ‘Rosine’ sur la scène Bastille, Lea Desandre et Marina Viotti.

 

Hamlet (Ambroise Thomas – 1868)
Du 18 septembre au 09 octobre 2026 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michael Schønwandt, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2023)
John Osborn, Adela Zaharia, Clémentine Margaine, Jean Teitgen, Julien Henric, Laurent Naouri, Manase Latu, Vartan Gabrielian, André Heyboer, Morgan-Andrew King, Bergsvein Toverud
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 avril 2023

En 1863, une première version d’’Hamlet’ en 4 actes et sans ballet fut achevée sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré inspiré d'’Hamlet, Prince de Danemark’ d’Alexandre Dumas (1848), où le héros était un ténor. Mais cette première mouture ne fut pas publiée.
C’est donc pour l’Opéra de Paris que fut créée une version pour baryton en cinq actes avec ballet dont la première aura lieu le 09 mars 1868 à la salle Le Peletier.
Le 11 mars 2023, l’Opéra de Paris fit renaître sur la scène Bastille le chef-d’œuvre d’Ambroise Thomas dans une mise en scène de Krzysztof Warlikowski avec Ludovic Tézier dans le rôle titre, c’est donc la version d’origine pour ténor qui sera reprise en septembre 2026, avec John Osborn qui chante cette version depuis 2022 (Festival de Montpellier).


La Clemenza di Tito (Wolfgang Amadé Mozart – 1791)
Du 24 novembre au 25 décembre 2026 (10 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Harry Bicket, mise en scène Willy Decker (1997)
Pavol Breslik / Matthew Polenzani, Hanna-Elisabeth Müller, Johanna Wallroth, Emily D'Angelo, Maria Warenberg, Alex Rosen
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2021

Auprès des deux nouvelles productions mozartiennes, ‘Don Giovanni’ et ‘Idomeneo’, la reprise de la production de ‘La Clemenza di Tito’ célébrera la longévité exceptionnelle d’un autre spectacle mozartien qui va approcher ses 30 ans d’existence. Une production intelligente sur les complots et la solitude du pouvoir, où la soprano Hanna-Elisabeth Müller (Vitellia) fera ses débuts à l’Opéra de Paris auprès du Sesto d’Emily D’Angelo.
L’Opéra de Paris reste la seule institution lyrique au monde à inscrire ‘La Clemenza di Tito’ parmi les 20 titres les plus représentés sur scène.

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin (équipe de production d''Hamlet')

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin (équipe de production d''Hamlet')

Turandot (Giacomo Puccini – 1926)
Du 27 novembre au 27 décembre 2026 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Eun Sun Kim, mise en scène Robert Wilson (2021)
Elza van den Heever / Anna Pirozzi, Yusif Eyvazov, Adriana Gonzalez / Gabriella Reyes, Carlo Bosi, Alexander Tsymbalyuk, Biagio Pizzuti, Bergsvein Toverud, Manase Latu, Christian Rodrigue Moungoungou, Taesung Lee, Liliana Faraon, Isabelle Wnorowska-Pluchart
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 29 novembre 2023

Reprise d’une production emblématique de l’art symboliste de Robert Wilson qui en est à sa troisième série sous la direction d’Alexander Neef, avec la chef d’orchestre coréenne Eun Sun Kim à la direction musicale, et Elza van den Heever qui a abordé pour la première fois le rôle de Turandot en avril 2026, à l’opéra de Francfort.

 

Il Trovatore (Giuseppe Verdi – 1853) - Coproduction avec le Nederlandse Opera, Amsterdam et le Teatro dell'Opera, Rome
Du 16 janvier au 27 février 2027 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Timur Zangiev, mise en scène Alex Ollé (2016)
Yusif Eyvazov / Gwyn Hughes Jones, Tamara Wilson / Saioa Hernández, Quinn Kelsey / Artur Ruciński, Yulia Matochkina, Le Bu, Morgan-Andrew King, Margarita Polonskaya, Bergsvein Toverud, Fabio Bellenghi, Ook Chung
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 17 février 2023

Cette reprise d’’Il Trovatore’ dans la production d’Alex Ollé consolidera ce chef d’œuvre de Verdi comme le 15e titre le plus joué à l’Opéra de Paris, mais il verra également les débuts du jeune chef d’orchestre russe Timur Zangiev sur la plus grande scène lyrique de France.


Katia Kabanova (Leoš Janáček – 1921) – Production Festival de Salzbourg 1998
Du 27 janvier au 13 février 2027 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Simone Young / Aliisa Neige Barrière, mise en scène Christoph Marthaler (2004)
Corinne Winters, John Daszak, Doris Soffel, Sean Panikkar, Peixin Chen, Thomas Atkins, Seray Pinar, Marianne Chandelier, Trevor Haumschilt-Rocha, Stéphanie Loris
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 5 avril 2011

Excellente nouvelle que la reprise de ‘Katia Kabanova’ dans la production de Christoph Marthaler créée à Salzbourg en 1998 avec Angela Denoke, ce spectacle, absent du Palais Garnier depuis 15 ans, permettra de faire découvrir au public parisien Corinne Winters, soprano américaine qui défend dorénavant ce personnage sensible sur les plus grandes scènes du monde.

Angela Denoke dans 'Katia Kabanova' en 2011 (mise en scène Christoph Marthaler)

Angela Denoke dans 'Katia Kabanova' en 2011 (mise en scène Christoph Marthaler)

Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch – 1934)
Du 13 au 28 mars 2027 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2019)
Aušrinė Stundytė, Pavel Černoch, Dmitry Ulyanov, Oleksiy Palchykov, Ekaterina Sannikova, Marcel Beekman, Victoria Karkacheva, Michael Colvin, Margarita Polonskaya, Dmitry Belosselskiy, Vartan Gabrielian
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’Opéra Bastille le 25 avril 2019

Le succès unanime de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ en 2019 dans la production de Krzysztof Warlikowski avait permis de découvrir l’engagement jusqu’au-boutiste d’Aušrinė Stundytė dans le rôle de Katerina Lvovna Ismaïlova.

8 ans plus tard, une nouvelle chance est donnée à ce chef-d’œuvre pour faire l’évènement, à nouveau sous la direction d’ Ingo Metzmacher.

 

L’Elixir d’Amour (Gaetano Donizetti – 1832) - Coproduction avec le Royal Ballet and Opera, Covent Garden, Londres
Du 23 mars au 13 avril 2027 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Evelino Pidò, mise en scène Laurent Pelly (2006)
Pretty Yende, René Barbera, Davide Luciano, Ambrogio Maestri, Isobel Anthony
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 novembre 2021

Grand succès de la période ‘Gerard Mortier’, car le directeur était sensible à l’évocation de ‘Tristan et Yseult’ dans cette comédie très appréciée, Ambrogio Maestri sera à nouveau Dulcamara pour une production dont il avait inauguré la première en mai 2006.

Ingo Metzmacher et Aušrinė Stundytė dans 'Lady Macbeth de Mzensk' en avril 2019, mis en scène par Krzysztof Warlikowski

Ingo Metzmacher et Aušrinė Stundytė dans 'Lady Macbeth de Mzensk' en avril 2019, mis en scène par Krzysztof Warlikowski

Don Pasquale (Gaetano Donizetti – 1843) - Coproduction avec le Royal Ballet and Opera, Covent Garden, Londres et le Teatro Massimo, Palerme
Du 12 juin au 10 juillet 2027 (11 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Damiano Michieletto (2018)
Olga Kulchynska, Lawrence Brownlee, Pietro Spagnoli, Vito Priante, Jian Hong Zhao
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 octobre 2023

Après le succès dithyrambique, cette saison, d’'Un Ballo in Maschera’ à l’opéra Bastille, la perspective de retrouver Speranza Scappucci à la direction d’une comédie donizettienne, ‘Don Pasquale’, réjouit d’avance, surtout que la soprano ukrainienne Olga Kulchynska fera son retour sur les planches du Palais Garnier.

 

Roméo et Juliette (Charles Gounod – 1867) - Coproduction avec le Teatro Real, Madrid
Du 07 juin au 10 juillet 2027 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabien Gabel, mise en scène Thomas Jolly (2023)
Amina Edris / Nadine Sierra, Pene Pati / Juan Diego Flórez, Seray Pinar / Maria Warenberg
Maria Warenberg, Sylvie Brunet-Grupposo, Julien Henric, Matthew Goodheart, Leon Košavić, Trevor Haumschilt-Rocha, Amin Ahangaran, Jérôme Boutillier, Jean Teitgen, Vartan Gabrielian
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juillet 2023

Comme pour ‘Hamlet’, c’est à un metteur en scène shakespearien, Thomas Jolly, qu’est confiée la mise en scène de ‘Roméo et Juliette’, l'un des 12 titres les plus joués à l’Opéra de Paris jusqu’aux années 1970.

Une double distribution est associée à cette reprise dirigée par Fabien Gabel, le fils d’un ancien trompettiste de l’Orchestre de l’Opéra de Paris.

Elsa Dreisig dans 'Roméo et Juliette' en juin 2023 (mise en scène Thomas Jolly)

Elsa Dreisig dans 'Roméo et Juliette' en juin 2023 (mise en scène Thomas Jolly)

L’Académie de l’Opéra national de Paris

Ce qui brûle en silence (Claudio Monteverdi / Barbara Strozzi / Philippe Fenelon)
Du 11 au 20 mars 2027 (6 représentations à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet)

Direction musicale Evann Loget-Raymond, mise en scène Victoria Sitjà
Artistes en résidence à l’Académie
Œuvre inédite à l’Opéra national de Paris

Inspiré de 'La Dispute' de Marivaux, le nouveau spectacle des artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris entremêle des madrigaux de Monteverdi (1567-1643), Barbara Strozzi (1619-1677) et Philippe Fénelon (1952), dans une mise en scène de Victoria Sitjà, jeune metteuse en scène qui a collaboré à de grandes productions auprès de Robert Wilson, Lydia Steier et Deborah Warner.

Présentation aux abonnés de la Saison 2026/2027 de l'Opéra de Paris par Alexander Neef et José Martinez, le samedi 28 mars 2026 au Palais Garnier

Présentation aux abonnés de la Saison 2026/2027 de l'Opéra de Paris par Alexander Neef et José Martinez, le samedi 28 mars 2026 au Palais Garnier

Premières impressions sur la saison 2026/2027

Il faudra s’y habituer, l’Opéra de Paris s’en tient dorénavant à 6 nouvelles productions lyriques par an, soit le rythme de renouvellement le plus faible depuis l’ouverture de l’opéra Bastille, mais qui reste en ligne avec la tendance mondiale (6 nouvelles productions en salle principale à Vienne et Londres, 5 à New-York et Berlin, 7 à Munich).

Cependant, en 35 ans, l’Opéra de Paris s’est constitué un répertoire dont certaines productions restent emblématiques et signifiantes malgré les ans, ce qui permet de garantir une diversité de programmation tant que de bonnes productions reprenables sur au moins une quinzaine d’années restent disponibles.

On pourra le constater cette saison avec la reprise de ‘Katia Kabanova’ mise en scène par Christoph Marthaler, un spectacle absent pendant quinze ans de la scène Garnier et qui revient avec une brillante interprète, Corinne Winters, ou bien avec ‘La Clemenza di Tito’, vu sous le regard austère de Willy Decker, une des valeurs sûres de la période Hugues Gall depuis 1997.

D’ailleurs, seules 50% des soirées concerneront des spectacles déjà vus au cours des 5 dernières années (contre 60% cette saison), ce qui redonne de la dynamique à la programmation qui permettra d’accueillir, en plus du Festival Ring, la première création lyrique mondiale du mandat d’Alexander Neef , ‘Miroir de nos peines’, ainsi que ‘Perle Noire, méditations pour Joséphine’, créé à Amsterdam en 2023.

Ces deux dernières nouveautés sont à rapprocher de ‘Satyagraha’ de Philip Glass, entré au répertoire cette saison, qui sont des œuvres hommages à l’esprit de résistance face aux gouvernements criminels, dont beaucoup fondent leur pouvoir sur les discriminations.

Corinne Winters à l'issue de 'Katia Kabanova' dans la production de Krzysztof Warlikowski (Munich, 2025)

Corinne Winters à l'issue de 'Katia Kabanova' dans la production de Krzysztof Warlikowski (Munich, 2025)

Et, autre indicateur du degré d’originalité de la programmation, seuls deux ouvrages parmi les 10 plus joués, ‘Il Barbiere di Siviglia’ et ‘Don Giovanni’, seront représentés, le second bénéficiant d’une nouvelle production de Louisa Proske qui vise à être inscrite durablement au répertoire.

Saison peu verdienne et peu puccinienne, et sans baroque, il s’agira surtout d’une saison mozartienne avec près d’un quart des représentations dédié à l’enfant de Salzbourg, et le répertoire français sera également défendu par deux grands titres historiques de la maison, ‘Hamlet’ et ‘Roméo et Juliette’, un titre emblématique de l’Opéra Comique, ‘Werther’, et la création de ‘Miroir de nos peines’.

La reprise de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ de Dimitri Chostakovitch dans la production de Krzysztof Warlikowski contribuera avec ‘Katia Kabanova’ à donner une coloration slave à la programmation, et, enfin, ‘Perle Noire, méditations pour Joséphine’ permettra à Alexander Neef de poursuivre son fil ininterrompu autour d’œuvres anglo-saxonnes du XXe et XXIe siècles.

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas à l’Opéra de Paris, signe que sur la durée l’institution vise à explorer tous les plans d’un répertoire et à le rééquilibrer.

Ainsi, la première partie du mandat d’Alexander Neef pourra s’enorgueillir d’avoir présenté 82 ouvrages lyriques (‘Il Trittico’ comptant pour un ouvrage) de 41 compositeurs différents sur 6 ans, dans un contexte économique difficile, avec des nouvelles productions qui, pour l’instant, sont toutes suffisamment pertinentes pour être reprises.

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2026/2027

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2026/2027

Les tarifs 2026/2027

Malgré deux cycles du ‘Ring’ donnés au prix moyen de 188€ par soirée, soit 5% de plus seulement par rapport aux prix qui avaient été annoncés initialement en 2020, les prix restent stables à Bastille pour le lyrique avec un prix moyen de 128€ par place.

Pourtant, la grille de prix augmente en apparence de 1 à 5€ selon la catégorie de place, soit l’équivalent de deux ans d’inflation. On observe ainsi que le prix moyen de ‘Turandot’ passe de 146€ (2023/2024) à 153€, ‘Il Barbiere di Siviglia’ passe de 129€ (2024/2025) à 134€, ‘Roméo et Juliette’ passe de 127€ (2022/2023) à 134€, et ‘Il Trovatore’ passe même de 113€ (2022/2023) à 134€.

Mais le prix moyen de la reprise d’’Hamlet’ passe de 124€ (2022/2023) à 85€, celle de ‘L’Elisir d’amore’ passe de 91€ (2021/2022) à 63€, et trois nouvelles productions entrent avec des prix minorés : ‘Don Giovanni’ est ainsi proposé à 134€ (contre 143€ et 146€ lors des deux dernières reprises), ‘Werther’ à 124€, et ‘Idomeneo’ est présenté à un prix moyen de 110€, à l’instar de la reprise de ‘Lady Macbeth de Mzensk’.

Par ailleurs, le plan de salle par catégories présenté dans la brochure de saison n’est valable que pour ‘Turandot’, ‘Götterdämmerung’  et ‘L’Elisir d’amore’, mais dans ce dernier cas les places commencent à 10€ avec un maximum à 100€  (prix découverte).

Pour tous les autres spectacles, Festival Ring compris, le plan de salle déclasse des centaines de places en faisant apparaître de nombreuses places de catégories 6 et 7 sur les flancs du parterre.

Cette politique tarifaire a ainsi tendance à préserver la part de places à moins de 60€ pour le lyrique à Bastille (20% des places sur toute la saison), tout en augmentant la part des places à plus de 180€ (28 % des places sur toute la saison).

Le détail de la saison lyrique et chorégraphique 2026 / 2027 de l'Opéra national de Paris est accessible sous le lien suivant : Programmation & Billets - Opéra national de Paris (operadeparis.fr)

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