Publié le 19 Septembre 2026
Hamlet (Ambroise Thomas – 09 mars 1868, Salle Le Peletier)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_5d4674_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
Répétition générale du 15 septembre et
représentations du 18 et 30 septembre 2026
Opéra Bastille
Hamlet John Osborn
Claudius Jean Teitgen
Laërte Julien Henric
Le Spectre Laurent Naouri
Horatio Vartan Gabrielian
Marcellus Manase Latu
Gertrude Clémentine Margaine
Ophélie Adela Zaharia
Polonius André Heyboer
Premier Fossoyeur Morgan-Andrew King
Second Fossoyeur Bergsvein Toverud
Les comédiens itinérants Danielle Gabou, Sean Patrick Mombruno, Djeff Tilus
Le danseur Nicolas Mariot
Direction musicale Michael Schønwandt
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2023)
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Denis Guéguin
Chorégraphie Claude Bardouil
De retour sur la scène de l'Opéra national de Paris depuis le 11 mars 2023, dans sa version baryton et après 85 ans d'absence, le chef-d’œuvre d'Ambroise Thomas est repris à l'Opéra Bastille dans sa version d'origine écrite pour ténor (1863) qui n'a connu une renaissance mondiale que le 15 juillet 2022 à l'occasion du Festival Radio-France Montpellier, sous la direction de Michael Schønwandt.
C'est donc une magnifique opportunité pour le chef danois que de diriger à nouveau ce 'Hamlet' pour ténor en version scénique, en outre dans la production de Krzysztof Warlikowski, qui est un metteur en scène auquel l'institution lyrique nationale a déjà confié deux autres lectures de chefs-d’œuvre lyriques historiquement créés en ses murs, 'Iphigénie en Tauride' de Christoph Willibald Gluck, en juin 2006, et 'Don Carlos' de Giuseppe Verdi, en octobre 2017.
Ce spectacle n'a rien perdu de son pouvoir de fascination, non seulement parce qu'il se déroule au centre d'un décor puissant, les grilles d'acier monumentales d'un centre d'internement où Hamlet ressasse son passé, mais aussi parce qu'il est traversé par une poétique inspirée du téléfilm d'Ingmar Bergman 'Larmar och gör sig till' ('En présence d'un clown') qui représente le spectre du père d'Hamlet sous les traits d'un clown blanc, ce qui a pour effet de renvoyer à des images d'enfance angoissantes, auxquelles est associée une impressionnante vidéographie réalisée par Denis Guéguin qui met en regard les jeux de clair-obscur de la Lune, entourée d'un amas d'étoiles, avec les ombres du visage de ce clown, une manière de suggérer une âme malade et l'imminence de la mort. C'est aussi une saisissante façon de traduire la défiance d'Hamlet vis à vis du Soleil, du jour et de la lumière, telle qu'il exprime dès la première scène.
Plus discrètes, des images noir et blanc du film de Robert Bresson, 'Les Dames du Bois de Boulogne', une histoire d'amour, d'infidélité et de vengeance, s'immiscent dans la scénographie avec le personnage tout en noir et vengeur incarné par Maria Casarès qui suggère, en filigrane, le mal qui ronge Hamlet.
D'ailleurs, ce que voit le spectateur sur scène est la représentation du monde tel qu'Hamlet le vit en son for intérieur, à l'image de la séquence festive en ouverture où tous les courtisans sont en deuil alors que se rejoue de façon imaginaire la scène de couronnement de Claudius et de la Reine désormais vieillissante.
Étrange peut paraître le fait de contempler le Roi, Ophélie et son frère jouer aux cartes ensemble dans la scène introductive, mais la réaction perturbée, voir horrifiée, d'Hamlet à les voir tous les trois - il s'agit toujours d'une fantasmagorie mentale - questionne le spectateur sur ce qui a pu se passer pour qu'il éprouve un tel choc, ce qui va effectivement être raconté dans les séquences qui suivront.
Le décalage temporel induit par la mise en scène, qui projette 20 ans après les faits les premier et dernier actes, structure ainsi la narration, à la base linéaire, comme dans 'Les Contes d'Hoffmann' d'Offenbach, si bien que le centre de la représentation se joue dans cet asile où les pensionnaires répètent un grand spectacle, à l'instar d'Hamlet qui prépare une reconstitution du 'Meurtre de Gonzague', avec une vitalité scénique souvent fort drôle, alors que le contexte triste d'enfermement et de dégénérescence mentale est aussi montré dans l'espace qui longe la paroi latérale du décor.
Danielle Gabou, Sean Patrick Mombruno et Djeff Tilus, trois fidèles comédiens noirs qu'apprécie Krzysztof Warlikowski, et que l'on avait pu voir dans la production de 'Der Rosenkavalier' au Théâtre des Champs-Élysées, utilisent la plastique de leurs corps, silhouette à la Niki de Saint Phalle pour l'une, longiligne comme le dépeindrait El Greco pour le second, et leur forte expressivité du visage pour induire au premier abord un loufoque irrésistible, avant de quitter cette apparence légère pour arborer une attitude calculatrice et meurtrière bien plus inquiétante quand s'achève la pantomime fictive destinée à confondre le nouveau Roi.
Mais il y a aussi le talent envoutant de Felice Ross à organiser et fusionner les lumières qu'elle nuance poétiquement et harmonise continuellement, pour assombrir où pour colorer subtilement les échanges et confrontations entre protagonistes, au point de donner une impression d'irréalisme et de vie à travers le décor, comme on peut le ressentir au 3e acte où Hamlet rejette Ophélie injustement quand il découvre la relation entre son père et le Roi, mais aussi quand il reproche à sa mère d'être complice du meurtre, tout en lui restant attaché lorsqu'il lui suggère de dormir en paix.
Et cette mise en scène atteint son summum de poésie et de flamboyance au IVe acte qui rétablit les deux premiers mouvements du ballet composé pour la création parisienne d''Hamlet' en 1868, où choristes de l'Opéra de Paris, comédiens et danseurs interprètent le spectacle qui était en préparation avec une verve réjouissante mais aussi une tonalité macabre par l'emploi de masques blancs. Il y a également dans cette scène l'idée que même dans sa folie et à l'approche de la mort, l'homme peut s'inventer son propre espace de liberté. Véritablement un immense travail de coordination maîtrisé et aéré mené par Krzyzstof Warlikowski et Claude Bardouil pour créer des poses sculpturales et esthétiques impressives.
Un élégant danseur, Nicolas Mariot, vêtu de noir et coiffé de la même chevelure blonde qu'Ophélie l'accompagne avec une grâce inoubliable, alors que Sean Patrick Mombruno s'approche d'elle sous les traits d'ombres et de lumières projetés par les grilles du décor, le tout subjugué par le chant mélodieux de la jeune femme perdant la raison sous le regard de son père, du Roi et de la Reine consternés, mais en vrais coupables qu'ils sont.
Enfin, le retour à la situation de départ révèle un Hamlet ayant pris les traits de son père mais avec un prestigieux costume de Pierrot noir, car dans son ressassement, et sous l'impulsion du spectre de son père, il a trouvé la volonté d'être et d'assumer son désir de vengeance en tuant son beau père, même de façon symbolique, après que le frère d'Ophélie lui ait appris la fin tragique de celle qu'il aimait, que l'on voit disperser des cendres au premier plan, un bonheur perdu et l'âme consumée d'Hamlet.
Si, en ce soir de première, ce spectacle est aussi magnifiquement abouti, c'est non seulement du à l'implication de toute l'équipe de production venue pendant quatre semaines répéter avec la nouvelle distribution, mais aussi parce que celle-ci s'engage théâtralement avec un vrai désir de servir la cohérence du drame.
Seul artiste lyrique depuis Etienne Dereims (1890) à chanter la version originale pour ténor d''Hamlet' en version scénique, d'abord à Turin en 2025, dans une production de Jacopo Spirei, puis dorénavant à l'Opéra Bastille dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, John Osborn est un exceptionnel soliste américain qui se fait fort de défendre le grand opéra français du XIXe siècle sur les grandes scènes du monde, sans véritable concurrence aujourd'hui.
A l'Opéra national de Paris, nous l'avons seulement entendu en 2018 dans un premier rôle du répertoire français à l'occasion du retour sur scène de 'Benvenuto Cellini' d'Hector Berlioz, et il offre à nouveau au public un chant superbement naturel et une maîtrise de l'élocution qui le rendent facilement compréhensible, tout en faisant résonner Hamlet avec le personnage d'Hoffmann, tant la mélancolie attendrissante, mais aussi héroïque, de son timbre le rapproche de l'amoureux malchanceux auquel Jacques Offenbach a voué son seul véritable opéra.
Il s'imprègne d'ailleurs parfaitement du jeu dépressif et détaché appuyé par la mise en scène, et exhale un souffle long, puissant et vibrant avec des accents enfantins qui changent la perception plus noire et névrosée qu'un baryton tel Ludovic Tézier avait dépeint en 2023 de façon plus inquiétante, et qui lui donnent aussi une certaine jeunesse et une clarté plus romantique.
Il retrouve dans le rôle de sa mère celle qui l'incarnait déjà à Turin l'année dernière, Clémentine Margaine, qui prend possession de ce personnage avec un ancrage phénoménal, un art de la signature vocale d'une noirceur fort autoritaire, une rage théâtrale brute très bien rendue lorsqu'elle surgit dans son appartement après l'affront de la pièce présentée par Hamlet, et, par ailleurs, elle ne craint pas de se montrer plus démonstrative que de raison, son goût pour le vérisme et sa violence prenant aisément le dessus.
D'une plénitude vocale incendiaire, Adela Zaharia compense le peu de contraste dans sa formulation de la langue française par une aisance technique et une polychromie éclatante qui laissent cependant peu de place au sentiment de fragilité. Son Ophélie exubérante fait sensation tant elle prend possession de la salle avec un galbe vocal séduisant.
Son frère, Laërte, est chanté par Julien Henric avec de belles impulsions dans les lignes vocales, et son père, Polonius, est incarné par le baryton français André Heyboer qui fait son retour à l'Opéra de Paris après 10 ans d'absence, caractérisé par une noirceur anthracite adéquate dans ce rôle de conspirateur.
A l'inverse, Laurent Naouri est la noirceur extravertie par excellence, un relief franc fortement présent qui lui permet d’asseoir une personnalité percutante, tout en prenant soin de la clarté de sa diction, et en s'appropriant minutieusement la personnalité clownesque du spectre. Les vidéographies qu'en tire Denis Guéguin, avec de vives transitions entre allures comiques, starisées ou bien diaboliques, sont absolument magnétiques et ont tendance à parfois divertir de l'action scénique.
Seul chanteur à reprendre son rôle de la création en 2023, Jean Teitgen a lui aussi un impact sonore massif, une noirceur autrement plus caverneuse que celle de Laurent Naouri, avec des nuances de couleurs assez complexes qui décrivent un personnage puissant mais perturbé intérieurement. Il se prête bien au jeu lui aussi, tout en restant sobre et avec une humanité qui adoucit le portrait du Roi criminel.
Respectivement Horatio et Marcellus, Vartan Gabrielian et Manase Latu défendent un beau délié vocal, ce dernier, ténor polynésien, ayant en plus un timbre soyeux qui le prédestine à des rôles belcantistes de tout premier ordre.
Enfin, Morgan-Andrew King et Bergsvein Toverud se montrent imparablement directs et froids au cours de leur réflexion sur la faiblesse des vanités face à la mort que les deux fossoyeurs racontent devant le corps de Sean Patrick Mombruno, l'assassin dans la pièce du 'Meurtre de Gonzague', sous les pleurs émouvants de Danielle Gabou et Djeff Tilus.
En grand architecte musical qu'il est, Michael Schønwandt insuffle une intensité iridescente à l'écriture orchestrale, et rend à la musique d'Ambroise Thomas une splendide fluidité narrative, ostentatoire quand il le faut, et d'une délicatesse diaphane qui fait honneur à l'inspiration du musicien français.
Par ailleurs, les grands ensembles de chœurs jouissent d'une excellente synchronisation surtout quand ils doivent jouer et danser afin de donner de la vie à cet environnement carcéral, avec un grand sens de la clameur populaire propice à galvaniser l'audience, et aussi une capacité à recréer une atmosphère intimiste avec une douceur unifiée.
Une reprise de 'Don Carlos' sous la direction de Michael Schønwandt, et dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski, s'impose donc absolument à l'avenir. Espérons-le!
Liens à lire également :
Hamlet (Tézier Oropesa Rae Hubeaux Dumoussaud Warlikowski) Opéra de Paris
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_6ca008_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_adadb3_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_d7792f_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_ff7f94_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_c0526a_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_89f64f_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_6513cf_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_0bbe46_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_edcac4_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_69d286_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_57ed22_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_8f19fb_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_cbfdb1_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_a699c3_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_fa5b08_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_75deeb_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_f7fc15_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_b34f4c_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_9c0ff2_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_8ac843_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260920%2Fob_53e006_hamlet-osborn-zaharia-schonwandt-warl.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_e749bd_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_e5da57_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_3ed1e5_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_9f1fc6_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_550deb_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_1c87c9_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_7d60c0_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_5358ed_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_22b57f_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_57ea8d_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260915%2Fob_4bad27_goetterdaemmerung-kent-nagano-dresdner.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_58d5ca_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_1099c3_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_dd2348_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_3228dc_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_38878e_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_33a806_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_59a515_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260913%2Fob_a1856d_le-cercle-des-poetes-disparus-gallai.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_daba1d_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_71f505_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_a3be1d_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_db41c7_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_2c190f_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_16b7f6_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260910%2Fob_40be52_perle-noire-meditions-pour-josephine.jpg)
/image%2F1429287%2F20260906%2Fob_24f482_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260906%2Fob_13e859_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260906%2Fob_b042e1_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260906%2Fob_83a006_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260906%2Fob_1fc53d_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260903%2Fob_04144e_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260903%2Fob_6a8535_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260903%2Fob_81a81e_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260903%2Fob_e98734_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260903%2Fob_385a79_the-met-orchestra-yannick-nezet-se.jpg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_2bbee3_fondtv3.jpg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_ac9cf8_neuschwanstein-ostansicht-www-kreativ.jpg)
/image%2F1429287%2F20260914%2Fob_3e7293_belle-au-bois-dormand-opera-paris.jpg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_012cd1_la-chauve-souris-lille.jpeg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_b22508_gotterdamerrung-zuricj-vogt.jpeg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_039bcd_ernani-valence.jpg)
/image%2F1429287%2F20260831%2Fob_795b69_operavision-arte.png)
/image%2F1429287%2F20260824%2Fob_887eb5_jacques-rouche.jpg)
/image%2F1429287%2F20260824%2Fob_ba463f_image-1429287-20220828-ob-5625e0-rouch.png)
/image%2F1429287%2F20260824%2Fob_35e28f_jacques-rouche-directeur.jpg)
/image%2F1429287%2F20260824%2Fob_66383f_vincent-d-indy-a-son-bureau.jpg)
/image%2F1429287%2F20260824%2Fob_b650e0_decor-mavra.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_2db8f5_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_7cb364_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_5eda18_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_67828f_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_abb9c0_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_261fbb_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_5bac5f_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_a11ba9_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_67eaff_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_c119a7_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_182044_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_5eaa86_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_638079_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_7f559e_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_34d714_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_0aa8c6_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_eddb27_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_fac7bc_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_3a60b6_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_69d65b_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_1da165_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_59a8b2_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260819%2Fob_89cf3e_a-eclipse-totale-de-soleil-sur-les-ast.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_692279_a-ring-bayreuth-02.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_4538fa_a-ring-bayreuth-07.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_6d4226_a-ring-bayreuth-01.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_f09695_a-ring-bayreuth-12.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_8c6b9e_a-ring-bayreuth-08.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_3a2a22_a-ring-bayreuth-09.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_dedc0a_a-ring-bayreuth-06.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_9644d6_a-ring-bayreuth-03.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_00ed83_a-ring-bayreuth-05.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_227acf_a-ring-bayreuth-10.jpg)
/image%2F1429287%2F20260809%2Fob_31546d_a-ring-bayreuth-04.jpg)