Publié le 1 Janvier 2016

TV-Web Janvier 2016 Lyrique et Musique

Vendredi 01 janvier 2016 sur France 2 à 11h15
Concert du nouvel an à Vienne

Vendredi 01 janvier 2016 sur Arte à 18h40
Concert du nouvel an à la Fenice de Venise

Vendredi 01 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue (Dukas) - Liceu 2011 - dm Denève - ms Guth

van Dam, Charbonnet, Bardon

Samedi 02 janvier 2016 sur Mezzo à 20h30
Aïda de Verdi à l'Opéra de Paris
Philippe Jordan (Direction musicale), Olivier Py (Mise en scène)

Dimanche 03 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Alcina (Haendel) - Monnaie de Bruxelles 2015 - dm Rousset - ms Audi

Piau, beaumont, Noldus, Puertolas, Briot, Behle

Lundi 04 janvier 2016 sur Arte à 01h05
Concert d'ouverture de la Philharmonie de Paris

Mercredi 06 janvier 2016 sur Mezzo à 20h30
Le Songe d'une nuit d'été (Britten) - Liceu 2005 - dm Bicket - ms Carsen

Daniels, Sala, Gietz, Meek, Dazeley, Hahn, Rose, Gillett, Volk

Vendredi 08 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Tamerlano (Haendel) - Monnaie de Bruxelles 2015 - dm Rousset - ms Audi

Ovenden, Karthäuser, Galou, Hallenberg, Berg

Samedi 09 janvier 2016 sur Mezzo à 20h30
Norma (Bellini) - Liceu 2015 - dm Palumbo - ms Newbury

Kunde, Aceto, Radvanovsky, Gubanova

Dimanche 10 janvier 2016 sur Arte à 17h30
Si la musique m'était contée - Baroque Fantaisie - Série 1/4

Dimanche 10 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Manon Lescaut - Monnaie de Bruxelles 2013 - dm Rizzi - ms Trelinski

Westbroek, Argiris, Jovanovich, Antoine

Dimanche 10 janvier 2016 sur Arte à 23h10
Jean-Philippe Rameau, le maître du baroque - doc O. Simonnet

Lundi 11 janvier 2016 sur Arte à 00h40
Messe en si (Bach) - dm Biller

Thomarnerchor Leiptzig et le Freiburger Barockorchester

Lundi 11 janvier 2016 sur Mezzo à 20h30
Hercules (Haendel) - Opéra de Paris 2005 - dm Christie - ms Bondy

Shimell, DiDonato, Spence, Bohlin, Ernman

Vendredi 15 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Lulu (Berg) - Monnaie de Bruxelles 2013 - dm Boder - ms Warlikowski

Hannigan, Petrinsky, Bourne, Randle, Henschel, Workman, Hunka

Samedi 16 janvier 2016 sur Mezzo à 21h50
Siegfried (Wagner) - MET 2011 - dm Luisi - ms Lepage

Hunter Morris, Voigt, Terfel, Bardon, Siegel, Owens, König

Dimanche 17 janvier 2016 sur Arte à 17h30
Si la musique m'était contée - Classique viennois - Série 2/4

Dimanche 17 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Alcina (Haendel) - Monnaie de Bruxelles 2015 - dm Rousset - ms Audi

Piau, Beaumont, Noldus, Puertolas, Briot, Behle

Lundi 18 janvier 2016 sur Arte à 00h10
Mission Mozart - Lang Lang et Nikolaus Harnoncourt

Lundi 18 janvier 2016 sur Arte à 01h10
Nikolaus Harnoncourt dirige Mozart
Litaniae de venerabili altaris sacramento KV 243 - La Messe longue en do majeur KV 262

Lundi 18 janvier 2016 sur Arte à 02h25
La Création (Haydn)

Orchestre symphonique du Bayerischer Rundfunk - dm Bernard Haitink

Mercredi 20 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue (Dukas) - Liceu 2011 - dm Denève - ms Guth

van Dam, Charbonnet, Bardon

Vendredi 22 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Tamerlano (Haendel) - Monnaie de Bruxelles 2015 - dm Rousset - ms Audi

Ovenden, Karthäuser, Galou, Hallenberg, Berg

Samedi 23 janvier 2016 sur Mezzo à 20h30
Les Noces de Figaro (Mozart) - Montpellier 2012 - dm Goetzel - ms Scarpitta

Plachetka, Grimaldi, Guilmette, Wolff, Frenkel

Dimanche 24 janvier 2016 sur France 3 à 00h30
Carmen (Bizet) - Opéra de Lyon 2012 - dm Montanari - ms Olivier Py

Monaco, Galitskaya, Noldus, Lee, Manfrino, Caoduro

Dimanche 24 janvier 2016 sur Arte à 17h30
Si la musique m'était contée - Romantisme - Série 3/4

Dimanche 24 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Manon Lescaut - Monnaie de Bruxelles 2013 - dm Rizzi - ms Trelinski

Westbroek, Argiris, Jovanovich, Antoine

Dimanche 24 janvier 2016 sur Arte à 22h30
Maria Callas Assoluta - doc Philippe Kohly

Lundi 25 janvier 2016 sur Arte à 00h10
La Folie Wagner - doc Ralph Pleger

Lundi 25 janvier 2016 sur Arte à 01h40
Hilary Hahn interprète Brahms - dm Järvi

Mercredi 27 janvier sur Mezzo à 20h30
Capriccio ( Strauss) - MET 2011 - dm Davis - ms Cox

Fleming, Connolly, Kaiser, Fitch, Larsen, Braun, Rose

Vendredi 29 janvier 2016 sur France 2 à 03h30
Nabucco (Verdi) - Opéra de Rome 2011 - dm Muti -ms Scarpitta

Nucci, Poli, Beloselskiy, Matos, Butlu

Vendredi 29 janvier 2016 sur Mezzo HD à 20h30
Lulu (Berg) - Monnaie de Bruxelles 2013 - dm Boder - ms Warlikowski

Hannigan, Petrinsky, Bourne, Randle, Henschel, Workman, Hunka

Dimanche 31 janvier 2016 sur France 3 à 00h30
Les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Wagner) - Festival Glyndebourne 2011

dm Vladimir Jurowski - ms McVicar
Selinger, Lehtipuu, Miles, Martin Kränzle, Finley, Judson

Dimanche 31 janvier 2016 sur Arte à 17h30
Si la musique m'était contée - XXe siècle - Série 4/4

Dimanche 31 janvier 2016 sur Arte à 23h15
South Pole (Moroslav Srnka) - Bayerische Staatsoper Munich - dm Petrenko - ms Neuenfels

Villazon, Erraught, Power, Conners, Grills, Owen Mills, Hampson, Erdmann

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos

Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Les Noces de Figaro (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2016
Private View (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2016

The Perfect American (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 janvier 2016
Carmen (Chorégies d'Orange) jusqu'au 07 janvier 2016
Le Roi Lear par Olivier Py jusqu'au 07 janvier 2016
Le Monstre du Labyrinthe (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Alcina (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Cendrillon ( La Monnaie) jusqu'au 10 janvier 2016
Svabda (Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2016
Roberto Alagna (Ma vie est un opéra) jusqu'au 11 janvier 2016
Le Songe d'une nuit d'été (Aix en Provence) jusqu'au 13 janvier 2016
I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Katia Kabanova (Bouffes du nord) jusqu'au 28 janvier 2016


Tosca (Opéra de Munich) - Kaufmann - Bondy -  jusqu'au 03 février 2016
Le Trouvère (Chorégie d'Orange) jusqu'au 05 février 2016
L'Enlèvement au Sérail (Glyndebourne) jusqu'au 16 février 2016
Mikko Franck dirige le Philharmonique de Radio France jusqu'au 19 février 2016
Mort à Venise (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 24 février 2016


La Bohème mise en scène par Stefan Herheim (Opéra d'Oslo) jusqu'au 11 mars 2016
L'Elixir d'Amour (Aéroport de Milan) jusqu'au 17 mars 2016
Theodora (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 19 mars 2016
Les Troyens (Opéra d'Hambourg) jusqu'au 19 mars 2016

Moïse et Aaron (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 mars 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016


Powder her Face (Thomas Ades) jusqu'au 01 avril 2016
Balanchine-Millepied-Robbins (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 avril 2016
La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie de Paris) jusqu’au 04 avril 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Aïda (Teatro Regio Torino) jusqu’au 23 avril 2016


Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

Les Caprices de Marianne (Opéra d'Avignon) à partir de mai 2016

Straszny Dwor (Opéra National de Pologne) jusqu'au 18 mai 2016

Lucia di Lammermoor (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 26 mai 2016


Idomeneo (Théâtre an der Wien) jusqu'au 05 juin 2016

Rocio Marquez à Rio Loco jusqu'au 19 juin 2016

La Damnation de Faust (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 juin 2016

Le Roi Carotte (Opéra de Lyon) jusqu'au 03 juillet 2016

La Flûte Enchantée (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 06 juillet 2016

Le Barbier de Séville (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 23 octobre 2016

Gianni Schicchi (Opéra de Lyon) jusqu'au 31 octobre 2017

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 22 Décembre 2015

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Représentation du 19 décembre 2015
Philharmonie de Berlin

Mélisande Magdalena Kožená
Pelléas Christian Gerhaher
Geneviève Bernarda Fink
Arkel Franz-Josef Selig
Golaud Gerald Finley
Ynoild Solist des Tölzer Knabenchors Knabensopran
Ein Arzt Jörg Schneider Bass
Schäfer Sascha Glin
tenkamp

Mise en scène Peter Sellars                                            Peter Sellars (Photo: Monika Rittershaus)
Direction musicale Simon Rattle
Berliner Philharmoniker

La collaboration artistique entre Peter Sellars et le Berliner Philharmoniker existe depuis plus de cinq ans. Elle est à l’origine d’une version semi-scénique de la Passion selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien Bach, enregistrée à la Philharmonie en 2010, avec Magdalena Kosena et Christian Gerhaher dans les rôles principaux.

Ces interprètes, présents dès le début de cette aventure, se retrouvèrent en 2014 pour jouer une version semi-scénique de la Passion selon Saint Jean.
La mémoire de ces deux spectacles existe dorénavant en DVD.

Et nous retrouvons à nouveau ce même cœur humain pour incarner une nouvelle vision de l’opéra de Claude Debussy, Pelléas et Mélisande.

Dans le décor naturel de la Philharmonie où un dédale d’escaliers s’élève de part et d’autre de la vingtaine de balcons qui l’ornent comme des pétales de fleurs, Peter Sellars y fait évoluer les chanteurs depuis la scène principale jusqu’aux promontoires les plus élevés, et nous donne l’impression que le drame se joue à l’intérieur d’un palais souterrain imaginaire.

Christian Gerhaher (Pelléas) et Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Christian Gerhaher (Pelléas) et Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Des fuseaux lumineux bleus, verts, rouges ou violets, aux couleurs des chemises multicolores bien connues du metteur en scène, sont disposés aux endroits clés où les scènes vont se dérouler : à l’extrême hauteur à gauche et à droite, au fond sur les parois latérales, plus bas derrière l’orchestre, là où se tiendra pendant quasiment toute la représentation Arkel, et à l’avant-scène à proximité d’une sorte de pierre tombale noire.

Tous les personnages sont vêtus de noir, et aucun costume ne vient donner une image symbolique qui les différencie les uns les autres.

Dès l’ouverture, nous avons alors l’impression de nous trouver au troisième acte de Parsifal, dans un monde désenchanté. Mélisande, femme mûre, méprise plus qu’elle ne craint un Golaud infantilisé, Pelléas semble être le frère jumeau de ce dernier en plus mature, et Arkel est d’emblée le pivot patriarcal de ce monde clos.

La force du travail de Peter Sellars est qu’il interdit tout rapport romantique entre les êtres. A la limite du naturalisme, chaque relation est empreinte de souffrance, mais le petit Yniold est la lueur d’espoir qui semble insuffisante à réveiller cet univers mu par ses propres fantômes.

Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Magdalena Kožená (Mélisande) - Photo Monika Rittershaus

Et si la première partie se déroule sur tous les surplombs possibles de l’orchestre, elle se termine par une scène de voyeurisme saisissante de Golaud et Yniold dominant Pelléas et Mélisande figés selon une posture immobile. La course impressionnante d’Yniold à travers les escaliers labyrinthiques qui s’achève dans les bras de Mélisande, alors que Simon Rattle fait soudainement tendre et se resserrer le son métallique des cordes du Philharmonique, est une des plus belles surprises de ce spectacle.

La seconde partie se déroule autour du chef d’orchestre. Mélisande subit gestes violents ou libidineux, Pelléas lui déclare son amour mais personne n’y croit, et tout l’enjeu repose sur la survie de son enfant né d’un univers sans amour.

L’ensemble des artistes livre un chant d'une excellente diction, mordante et précise, qui respecte intégralement l'intelligibilité du texte. Gerald Finley et Christian Gerhaher se correspondent parfaitement, selon une même ligne franche et désespérée, presque agressive, le baryton allemand s’exprimant sur deux plans vocaux bien distincts, un chant parlé clair et naturel, et un chant grave dramatique qui rejoint donc celui du baryton canadien, théâtralement poussé aux limites de la folie possessive.

Simon Rattle - Photo Metropolitan Opera

Simon Rattle - Photo Metropolitan Opera

Magdalena Kožená surjoue, certes, stupeur et effroi, mais ce portrait de femme tranche avec l’image plus éthérée habituellement représentée. Mélisande n’en est pas moins une victime proche de la révolte. De plus, elle trouve en Bernarda Fink un visage humain compassionnel doublé d’une très agréable clarté vocale.

Et Franz-Joseph Selig a toujours cette stature vocale et pathétique inaltérable au temps, quand le jeune interprète d’Yniold, lui, oppose une très touchante candeur traversée de sentiments d’inquiétude, sans névrose et au cœur aimant.

Au centre de ce dispositif scénique, Simon Rattle débute une lecture fluide aux mouvements vifs et complexes, et soigne précautionneusement la finesse texturale du Berliner Philharmoniker où cordes, bois et vents se fondent très naturellement. Peu d’ombres, mais des frissonnements permanents sur la surface orchestrale, la prégnance subliminale de la musique est d’abord l’écrin de la force théâtrale des chanteurs.

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Publié le 11 Décembre 2015

Dios Proveera (David Bobee)
Représentation du 10 décembre 2015
Les Gémeaux / Scène nationale (Sceaux)

Artistes Circassiens de la Gata Cirko, Bogota
Edward Aleman, Gabriela Diaz, Diego Fajardo,
Gabriel Gómez, Valentina Linares, Laura Lloreda,
Wilmer Marquez, José Miguel Martinez,
Luisa Montoya, Felipe Ortiz, David Trivino

Ensemble les Nouveaux Caractères
Liselotte Emery (cornet à bouquin)
Etienne Floutier (viole de gambe)
Stephen Eelhart (percussions)
Caroline Mutel (soprano)

Direction musicale Sébastien d’Hérin (Clavecin)
Mise en scène et scénographie David Bobee

                                     José Miguel Martinez

David Bobee est un artiste qui adore mettre en scène la révolte de la jeunesse, et montrer son cœur mis à nu avec tout le déchainement de violence qu’engendre un monde qui ne lui reconnaît pas de droit à sa propre existence.

Au Théâtre des Gémeaux, il avait décuplé la révolte et le romantisme d’Hamlet en compagnie de la troupe du Studio 7 de Moscou, avec laquelle il s'était ensuite jeté dans la fresque d’Ovide, Les métamorphoses, au Théâtre national de Chaillot.

Dans le prolongement de cet élan, il s’est maintenant associé à une des toutes premières troupes indépendantes de cirque contemporain en Colombie, Gata Cirko.

 Valentina Linares et José Miguel Martinez

Valentina Linares et José Miguel Martinez

Et, émerveillé par la vitalité et la virtuosité de ces jeunes hommes et femmes, il a construit avec eux un spectacle qui décrit la hargne et le désir de vivre de la jeunesse de Bogota.

Sur scène, des barrières de sécurité encerclent le plateau vide plongé dans une atmosphère sombre et brumeuse, comme si nous étions dans une arrière-cour désolée uniquement éclairée par un lampadaire sans chaleur.

Un jeune homme s’approche au ralenti du public, fait mine de lui envoyer une bombe fumigène, puis est rejoint par 10 autres comparses. Les barrières valsent dans un vacarme amplifié par une musique qui accentue l’impression apocalyptique de ce tableau de rue.

David Trivino

David Trivino

Ce même jeune homme se saisit, depuis la salle, de boules en caoutchouc qu’il projette comme des pavés lancés contre les soldats de l’autorité, et improvise dessus des numéros de jonglerie tout en bousculant encore plus violemment les grilles de métal.

Le fond de scène révèle alors les façades blanches et tristes d'immeubles de banlieue, et les premières chorégraphies aériennes de ces jeunes tournoient sous les lumières ambrées pour lui redonner une âme libre et gracieuse.

Au fur et à mesure que l’on entre dans l’univers expressif de cette jeunesse, les corps des artistes s’exposent de plus en plus. Un des garçons, nu et musclé, parcourt les barrières sans la moindre pudeur, dans une lenteur qui magnifie son entière sculpture, la force et la beauté éphémère de ses mouvements souples et décidés.

 José Miguel Martinez et Gabriela Diaz

José Miguel Martinez et Gabriela Diaz

Un autre acrobate exécute des numéros libres à peine attaché aux extrémités de deux liens, comme une araignée formant et déformant sa toile et son apparence pour créer des images symboliques qui renvoient à une forme de pureté christique.

Pourtant, l‘environnement et l’histoire de ces jeunes les contraignent. Les forces de l’ordre, qui exécuteront une danse comme si nous étions dans le rêve d’un monde pacifié, ne leur laissent aucun répit.

Alors, ils doivent vivre avec la mémoire coloniale du passé des conquistadors, l’emprise des religieux qui cherchent à les contrôler, et même avec les illusions que drainent les super-héros imaginés par les vendeurs de rêves de l'Amérique du Nord.

Ils rejettent ces fausses valeurs, et ne peuvent que leur opposer la présence éclatante de leurs corps magnifiques, une énergie que l’on reçoit sans cesse tout au long de la soirée.

Les onze acrobates finiront même par s’exposer à nu tous ensemble, dos au mur sous les brusques aléas des lumières qui rendent volantes les ombres balayant leurs poitrines, afin d'afficher leur honneur et leur désir de résister debout au passage du temps.

Stephen Eelhart et Sébastien d’Hérin (Les Nouveaux Caractères)

Stephen Eelhart et Sébastien d’Hérin (Les Nouveaux Caractères)

Et pour les réconforter, et leur donner l’espoir d’une présence divine qui les entoure, le petit orchestre des Nouveaux Caractères joue des extraits d’œuvres de compositeurs espagnols, italiens ou sud-américains, tels Juan de Herrera, Diego Ortiz, Palestrina … dont la musique a un chatoiement intime véritablement semblable à celle d'Henry Purcell.

De plus, Caroline Mutel, la soprano du groupe, est d’une tendresse bienveillante, et les jeunes musiciens subtilement éclairés par les lueurs de scène expriment une complicité naturelle très agréable à admirer.

Violence extériorisée, plastique des corps sublimée, mouvements libérés, prévalence de l'humour et grâce de la musique, tout dans ce spectacle possède une force structurante qui permet à chacun de se recentrer sur soi.

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Publié le 8 Décembre 2015

La Damnation de Faust (Hector Berlioz)
Répétition du 02 décembre 2015 et                              Représentations des 11 & 13 décembre 2015

Opéra Bastille

Marguerite Sophie Koch
Faust Bryan Hymel (02) / Jonas Kaufmann (11&13)
Méphistophélès Bryn Terfel
Brander Edwin Crossley-Mercer
Voix Céleste Sophie Claisse

Stephen Hawking (Dominique Mercy)

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Alvis Hermanis

Vidéo Katrina Neiburga
Chorégraphie Alla Sigalova
Dramaturgie Christian Longchamp

                                                                                    Bryn Terfel (Méphistophélès)

Depuis plusieurs années, le physicien britannique Stephen Hawking prédit que l’homme devra coloniser la planète Mars d’ici un siècle, ne serait-ce que pour parer à la destruction de la Terre qui découlerait de l’extension des conflits armés ou du réchauffement climatique au cours du troisième millénaire.

Plusieurs programmes sont en cours, dont le plus sérieux, celui de la NASA, prévoit d’établir les premières colonies sur Mars dans les années 2030.

Bryan Hymel (Faust) et Dominique Mercy (Hawking)

Bryan Hymel (Faust) et Dominique Mercy (Hawking)

Il existe toutefois un autre projet, beaucoup moins coûteux, qui consisterait à envoyer des êtres humains sur Mars dès 2024, sans possibilité de retour.

Ce programme, dénommé Mars One, est jugé fantaisiste par une partie de la communauté scientifique, et a été imaginé par un ingénieur néerlandais, Bas Lansdorp, qui a reçu pas moins de 200.000 candidatures du monde entier. 200.000 personnes sont donc prêtes à se libérer définitivement de toutes attaches affectives vis-à-vis de leurs proches et de leur planète d’origine pour prendre un aller simple vers le Paradis du Dante. Seuls 50 hommes et 50 femmes ont cependant été retenus.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Alvis Hermanis, metteur en scène letton qui fait son entrée à l’Opéra National de Paris, voit dans ce choix assumé un élan inexplicable qu’il compare à la signature du pacte de Faust avec le Diable. Tout son travail consiste ainsi à hybrider la logique de ce programme spatial avec la trame poétique et tragique de la Damnation de Faust.

Dès l’ouverture apparaît donc, sous les traits du physicien, le danseur bien connu de la troupe de Pina Bausch, Dominique Mercy. Il rêve d'avenir depuis le fauteuil roulant qui fait corps avec lui, et Faust (Bryan Hymel) devient alors l’expression de son âme mélancolique.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Les projections vidéographiques présentent le projet Mars One, et, pour en souligner la réalité, certains profils des participants s’affichent. Une étudiante iranienne fait même partie des 100 personnes sélectionnées.

Par la suite, le spectacle fait la part belle à deux plans visuels, d’une part les vidéos qui illustrent le propos des scènes, et, d’autre part, le chœur et les danseurs qui représentent différents états d’évolution de la condition humaine.

Bryn Terfel (Mephistophélès)

Bryn Terfel (Mephistophélès)

Nous voyons ainsi ce peuple haut en couleur et exubérant – les paysans de la scène initiale – danser la vie devant une verrière représentant Adam et Eve dans les jardins d’Eden.

Puis, l’hymne de Pâques est chanté dans la pleine sérénité bleutée d’un lever de Soleil sur la Terre vu depuis l’Espace – l’évocation d’une montée vers les gloires éternelles, celle qu’espèrent les candidats au voyage – jusqu’à l’arrivée de Méphistophélès (Bryn Terfel) dissimulé sous les traits du médecin en chef du programme spatial, Norbert Kraft.

La Damnation de Faust (Kaufmann-Hymel-Koch-Terfel-Hermanis-Jordan) Bastille

Les vidéos et les danses évoluent pour montrer à quel point le regard de ce personnage sur les êtres est un regard manipulateur qui les considère comme des animaux – des rats - au cours de la scène de la cave d’Auerbach, avant que ne s’élèvent les premières images de Mars sur le rêve de Faust et l’Ode à des paysages bucoliques . Le ballet des Sylphes, puis celui des étudiants, devient une évocation sensuelle de corps entrelacés d’un charme plus charnel que chorégraphique.

Les dernières images convoquent avec surabondance et de façon décorative les machines préparatoires à la conquête de Mars, dont une machine gravitationnelle – l’alcôve embaumée – qui enserre Stephen Hawking, et le robot d’exploration Opportunity chargé de découvrir des sources d’eau.

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Dans la seconde partie, l’impression générale de ce que l’on voit est une incitation à considérer la valeur et la beauté de la vie à partir d’un enchainement d’images qui exhibent les lignes et rondeurs des corps d’hommes et de femmes exposées dans des cages en verre, pour se poursuivre en imagerie spectaculaire sur la vie de la nature.

Des baleines évoluant majestueusement sur les appels plaintifs et mystérieux des cordes, une fascinante et drôle de scène d’amour entre deux escargots, une éruption volcanique pendant l’invocation à la nature, Alvis Hermanis réalise un des plus grandioses hommages à notre Terre jamais vu à l’Opéra.

Bryan Hymel (Faust)

Bryan Hymel (Faust)

Mais malgré la force de cette réalité, Faust finit par signer son pacte avec Méphistophélès et le suivre vers l’enfer, au cours d’un voyage accéléré à travers l’espace jusqu’aux limbes de Mars – des extraits du documentaire Roving Mars (2006) nous font vivre en accéléré ce périple qui durerait plus de six mois dans la réalité.

On comprend la crainte personnelle sous-jacente du metteur en scène, qui se demande si les terriens prennent encore conscience de la chance qu’ils ont à vivre sur leur planète, s’ils font sincèrement quelque chose pour la préserver, et qui ne comprend pas pourquoi certains auraient envie d’aller sur Mars, alors qu’ils ne savent même pas vivre en harmonie chez eux.

Bryan Hymel (Faust)

Bryan Hymel (Faust)

Et le double de Faust, Stephen Hawking, finit en état de jubilation devant ceux qui ont été sélectionnés pour ce voyage sans retour.

L’inconvénient majeur de cette production est qu’elle relègue les chanteurs à des animateurs vocaux, des commentateurs, plus qu’à des acteurs de la vie.

Dans son rôle de médecin diabolique, Bryn Terfel chante Méphistophélès avec une excellente diction sans que pour autant il dégage une noirceur insondable. Son relief est avant tout physique, et la perversion de son personnage indéniablement présente.

Sophie Koch (Marguerite)

Sophie Koch (Marguerite)

Face à lui, Bryan Hymel est un Faust profondément lunaire, hors du présent, dont le timbre a des couleurs d’automne comparables à celle de Jonas Kaufmann auquel il est régulièrement associé. En effet, ce jeune chanteur américain avait déjà remplacé le ténor allemand à Londres, dès 2012, dans le rôle d’Enée (Les TroyensBerlioz), et son intelligibilité non dénuée d’accent est appréciable dans un répertoire si difficile pour les chanteurs du monde anglo-saxon. Son personnage semble abandonné par la vie.

Lors de la seconde représentation, on retrouve cette attitude réflexive chez Jonas Kaufmann, mais alors qu'il débute sur une tonalité très sombre et que l'ampleur de l'orchestre prend un peu le dessus, il découvre progressivement l'immensité de son talent. Ce talent est d'abord vocal, une technique qui donne de la densité au son, une voix dont le charme vous prend par la main avec un gant de velour, puis qui achève de vous mettre à genoux quand des suppliques incroyablement filées confinent aux murmures les doux accords des musiciens. Il est par ailleurs un acteur extraordinairement naturel, et quand on le regarde, son jeu paraît toujours nuancé et vrai.

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

Jonas Kaufmann (Faust) - le 11 décembre

La Damnation de Faust est construite sur une première partie qui ne présente pas Marguerite – on la remarque passer furtivement en fond de scène.  L’apparition de Sophie Koch crée alors un véritable moment de rupture, d’autant plus que le romantisme de son rayonnement vocal ample et subtilement grave est l’expression même de l’amour proche à cœur battant. Elle représente ici toutes les valeurs humaines et affectives de la vie auxquelles Faust se rattache.

Il reste peu de champ pour les rôles secondaires, mais Edwin Crossley-Mercer, que l’on vient d’entendre à Strasbourg dans Pénélope (Fauré), est à nouveau d’une droiture parfaite.

Dans cet opéra, les chœurs ont une présence prédominante. La puissance qu’ils affichent aux premières scènes s’assouplit, pour exprimer par la suite des couleurs tout autant spirituelles dans les évocations religieuses, qu’elles se révèleront d’une densité et d’une espérance sensiblement humaine dans les scènes de vie.

Sophie Koch (Marguerite) et Bryan Hymel (Faust)

Sophie Koch (Marguerite) et Bryan Hymel (Faust)

Philippe Jordan débute donc par cette œuvre un cycle Hector Berlioz qui va s’étaler sur quatre ans. Aux commandes de l'orchestre de l’Opéra National de Paris, il n’a aucune difficulté à exalter la sensualité des moments lents et envoûtants, finement limpides et gorgés d’une chaleur parfois flamboyante. Il réussit également à restituer la tonalité intime de la partition dont il fait ressentir détails et impressions de fragilité.

Cependant, au cours des premières représentations, percussions et cuivres estompent l’effet de fluidité des cordes lorsque la dynamique de la musique s’accélère et prend de l’ampleur. Il en résulte une sensation clinquante et peu subtile des impacts dramatiques et un manque d'élan sensible pour l'auditeur.

Mais, lors de la représentation du 13 décembre, Philippe Jordan et l'Orchestre de l'Opéra National de Paris effacent totalement cette impression. Cette fois, une inspiration épique irise la partition à en donner le frisson, œuvre du temps et de l'expérience qui permet d'affiner l'interprétation orchestrale pour lui donner le souffle aéré et galvanisant des grands espaces.

Sophie Koch - Philippe Jordan - Jonas Kaufmann - le 11 décembre

Sophie Koch - Philippe Jordan - Jonas Kaufmann - le 11 décembre

Et dans leur ensemble, les images de ce spectacle ont un pouvoir suggestif car elles nous renvoient à des questions et des aspects de la vie qui nous intriguent depuis l’enfance. Elles sont comme un avertissement que l'homme est sur le point de signer un irréversible adieux à la nature dont il est issu.

Mais ce montage original de séquences ne fait pas oublier pour autant le travail riche, coloré et naïf de Robert Lepage, le réalisateur de l'ancienne production, certes dénué de sens politique, mais porteur d'une beauté poétique intemporelle.

 

Diffusion de la Damnation de Faust sur CultureBox à partir du 19 décembre, et retransmission sur Mezzo le 24 décembre 2015 à 20h30.

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Publié le 5 Décembre 2015

Samedi 05 décembre, avant les lueurs de l’aube, la clarté du ciel permettait d’admirer un alignement de trois planètes autour de la Lune, le long d’un des bras de la constellation de la Vierge.

En partant de Vénus, la planète la plus brillante et la plus basse sur l’horizon, située proche de l’étoile Spica, le regard passait sur Mars, puis le croissant de Lune, et enfin, au plus haut, Jupiter.

Rapprochement Vénus-Mars-Lune-Jupiter - Focale 44mm - Iso 400 - Tpose 8s

Rapprochement Vénus-Mars-Lune-Jupiter - Focale 44mm - Iso 400 - Tpose 8s

148 millions de kilomètres à la Terre pour Vénus, 290 millions pour Mars et 820 millions pour Jupiter, cette observation était aussi l’occasion de montrer ce que l’on peut saisir de ce spectacle avec un appareil photo numérique posé sur un simple pied non motorisé.

Depuis une ville autant noyée par la pollution lumineuse que Paris, toutes les étoiles de magnitude inférieure à 4 sont visibles – il s’agit des étoiles au minimum 6 fois plus brillantes que les plus faibles étoiles visibles à l’œil nu sous un ciel de campagne pur.

De gauche à droite : Callisto, Ganymède, Europe et Jupiter - Focale 1200mm - Iso 400 - Tpose 1s

De gauche à droite : Callisto, Ganymède, Europe et Jupiter - Focale 1200mm - Iso 400 - Tpose 1s

Et, à partir d’un zoom optique de 1200mm, trois des quatre gros satellites de Jupiter, Callisto, Ganymède et Europe étaient parfaitement visibles, le quatrième, Io, étant trop proche du disque de la planète pour être repérable.

Il y a vingt ans, d’aucun n’aurait imaginé que les techniques grand-public permettraient de prendre des clichés astronomiques dans des conditions aussi rudimentaires.

Lundi 07 décembre 2015 - Vénus (en bas à gauche) est approchée par la Lune

Lundi 07 décembre 2015 - Vénus (en bas à gauche) est approchée par la Lune

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 1 Décembre 2015

TV-Web Décembre 2015 Lyrique et Musique

Mardi 01 décembre 2015 sur Mezzo à 18h25
Le Couronnement De Poppée De Monteverdi Au Liceu De Barcelone

Vendredi 04 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Dancing in living - portrait de Benjamin Millepied

Vendredi 04 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h35
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Samedi 05 décembre 2015 sur Mezzo à 22h00
Lulu (Alban Berg) à la Monnaie de Bruxelles

Orchestre Symphonique de la Monnaie, Michael Boder (direction)
Koninklijke Balletschool van Antwerpen,
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Dimanche 06 décembre 2015 sur Mezzo à 18h40
Don Giovanni de Mozart à la Monnaie de Bruxelles

Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie , Ludovic Morlot (direction)
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Lundi 07 décembre 2015 sur Mezzo à 18h50
Jonas Kaufmann chante Parsifal de Wagner au Metropolitan Opera de New York

Orchestre, choeur et ballet du Metropolitan Opera, Daniele Gatti (direction)
François Girard (mise en scène)

Lundi 07 décembre 2015 sur Arte à 22h30
Giovanna d'Arco (Verdi) en léger différé de La Scala de Milan

Netrebko, Meli, C.Alvarez
dir Riccardo Chailly - ms Moshe Leiser et Patrice Caurier

Mardi 08 décembre 2015 sur Mezzo à 18h20
Il Trovatore de Verdi au Met de New York

Marcelo Álvarez, Sondra Radvanovsky, Dmitri Hvorostovsky

Mercredi 09 décembre 2015 sur Mezzo HD à 22h40
William Christie dirige Hercules de Haendel à l'Opéra De Paris

Les Arts Florissants, William Christie (direction), Luc Bondy (mise en scène)

Jeudi 10 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige Le Château de Barbe-Bleue et La Voix humaine à l'Opéra de Paris
Le Château de Barbe-Bleue, de Béla Bartók
La Voix humaine, de Francis Poulenc
Krzysztof Warlikowski (mise en scène)

Vendredi 11 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Jenufa (Janacek)

Matthew, Workman, Spence, Charbonnet, Wilson, Ludlow, Vassiliev
La Monnaie de Bruxelles - ms Hermanis - dir Morlot

Vendredi 11 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h50
Aïda de Verdi à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (Direction musicale), Olivier Py (Mise en scène)

Samedi 12 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Valery Gergiev dirige La Khovanchtchina de Moussorgski au Mariinsky

Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, Valery Gergiev (direction)

Dimanche 13 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Folies (Sondheim)

Croisille, Bickley, Robertson
Opéra de Toulon - dur Abell - ms Bénézech

Dimanche 13 décembre 2015 sur Mezzo à 18h00
Le Prince Igor de Borodine au Bolchoï de Moscou

Nouvelle édition de Pavel Karmanov
Vassily Sinaisky (direction), Yuri Lyubimov (mise en scène)

Dimanche 13 décembre 2015 sur Arte à 18h30
Danses slaves (Dvorak)

Philh. tchéque - dir Belohlavek

Mardi 15 décembre 2015 sur Mezzo à 22h20
Valery Gergiev dirige Boris Godounov de Moussorgski au Mariinski

Yevgeny Nikitin, Yevgeny Akimov, Mikhail Kit, Sergei Semishkur

Vendredi 18 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Don Quichotte chez la Duchesse (Boismortier)

Geslot, Labonnette, Santon
Le Concert spirituel - ms Benizio - dm Niquet

Samedi 19 décembre 2015 sur Mezzo à 23h15
Le Ring De Wagner Au Met De New York : La Walkyrie

The Metropolitan Opera House Orchestra, James Levine (direction)

Dimanche 20 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Grand concert de Noël - Pleyel

Strauss, Tchaikovski, Brahms, Caccini
Choeur et Orch. Lamoureux - dir Karaoui

Dimanche 20 décembre 2015 sur Mezzo à 18h35
Jonas Kaufmann chante Parsifal de Wagner au Metropolitan Opera de New York

Orchestre, choeur et ballet du Metropolitan Opera, Daniele Gatti (direction)
François Girard (mise en scène)

Jeudi 24 décembre 2015 sur Arte à 16h40
Hansel et Gretel (Humperdinck)

Eröd, Baechle, Sindram, Reiss
Philh de Vienne - dir Thielemann - ms Noble

Jeudi 24 décembre 2015 sur Arte à 19h00
Juan Diego Florez et ses amis à Vienne

Mozart, Massenet, Puccini, Offenbach, Rossini
Pisaroni, Abrazakov, Nafortina, Grigolo, dir Yurkevych

Jeudi 24 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
La Damnation de Faust de Berlioz à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (direction), Alvis Hermanis (mise en scène)
Sophie Koch (Marguerite), Jonas Kaufmann (Faust), Bryn Terfel (Méphistophélès), Edwin Crossley-Mercer (Brander), Sophie Claisse (Voix céleste)
Enregistré les 15 & 17 décembre 2015 à l'Opéra-Bastille, Paris

Vendredi 25 décembre 2015 sur France 2 à 00h30
Le Concert de Paris 2015

Verdi, Gershwin, Mozart
DiDonato, Fusch, Sartori, Terfel
Maitrise et Choeur de Radio France - Orch. National de France - dm Gatti

Vendredi 25 décembre 2015 sur Arte à 18h45
Concert de Noël 2015 à Vienne

Nafortina, Kirchschlager, Beczala, Rucinski
Radio autrichienne - dir Ortner

Vendredi 25 décembre 2015 sur Mezzo HD à 21h50
Aïda de Verdi à l'Opéra de Paris

Philippe Jordan (Direction musicale), Olivier Py (Mise en scène)

Samedi 26 décembre 2015 sur Mezzo à 22h20
Roméo et Juliette de Gounod au Met avec Roberto Alagna et Anna Netrebko

Dimanche 27 décembre 2015 sur France 3 à 00h30
Les 30 ans des Musiciens du Louvre-Grenoble, Gala Mozart, 2012

Bonitatibus, Crebassa, Delunsch, Gens, Lezhneva, Yoncheva, Barbeyrac, Helmer, Jaroussky
dir Minkowski

Dimanche 27 décembre 2015 sur Arte à 18h15
Les trois ténors. Concert de Noël 1999

Carreras, Domingo et Pavarotti

Mardi 29 décembre 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Monstre du labyrinte de Jonathan Dove au Festival d'Aix

Livret d'Alasdair Middleton, adaptation française d'Alain Perroux

Jeudi 31 décembre 2015 sur Arte à 17h20
La Saint-Sylvestre avec les Berliner Philharmoniker

Ravel, Poulenc, Chabrier, Massenet, Saint-Saëns
Mutter (violon) - dir Rattle

Vendredi 01 janvier 2016 sur France 2 à 00h30
Dardanus (Rameau)

Gauvin, Arquez, Antoun, Sempey, Di Pierro
Pygmalion - ms Fau - dm Pichon

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos

Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 01 décembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Götterdämmerung (Opéra de Vienne) jusqu’au 07 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015

La Flûte Enchantée (Armel Opera Festival) jusqu'au 30 décembre 2015


Les Noces de Figaro (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2016
Private View (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2016
Carmen (Chorégies d'Orange) jusqu'au 07 janvier 2016
Le Roi Lear par Olivier Py jusqu'au 07 janvier 2016
Le Monstre du Labyrinthe (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Alcina (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Svabda (Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2016
Roberto Alagna (Ma vie est un opéra) jusqu'au 11 janvier 2016
Le Songe d'une nuit d'été (Aix en Provence) jusqu'au 13 janvier 2016
I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Katia Kabanova (Bouffes du nord) jusqu'au 28 janvier 2016
Le Trouvère (Chorégie d'Orange) jusqu'au 05 février 2016
L'Enlèvement au Sérail (Glyndebourne) jusqu'au 16 février 2016
Mikko Franck dirige le Philharmonique de Radio France jusqu'au 19 février 2016
Mort à Venise (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 24 février 2016
La Bohème mise en scène par Stefan Herheim (Opéra d'Oslo) jusqu'au 12 mars 2016
L'Elixir d'Amour (Aéroport de Milan) jusqu'au 17 mars 2016
Theodora (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 19 mars 2016
Les Troyens (Opéra d'Hambourg) jusqu'au 19 mars 2016

Moïse et Aaron (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 mars 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Powder her Face (Thomas Ades) jusqu'au 01 avril 2016
Balanchine-Millepied-Robbins (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 avril 2016
La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie de Paris) jusqu’au 04 avril 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Aïda (Teatro Regio Torino) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

Les Caprices de Marianne (Opéra d'Avignon) à partir de mai 2016

Moniuszko (Opéra National de Pologne) jusqu'au 18 mai 2016

Lucia di Lammermoor (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 23 mai 2016

Idomeneo (Théâtre an der Wien) jusqu'au 05 juin 2016

Rocio Marquez à Rio Loco jusqu'au 19 juin 2016

La Damnation de Faust (Opéra National de Paris) jusqu'au 21 juin 2016

Le Barbier de Séville (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 23 octobre 2016

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 23 Novembre 2015

Le Château de Barbe-Bleue (Bela Bartok) /               La Voix humaine (Francis Poulenc)
Représentation du 23 novembre 2015
Palais Garnier

Le Château de Barbe-Bleue

Le Duc Barbe-Bleue John Relyea
Judith Ekaterina Gubanova

La Voix humaine

Elle Barbara Hannigan
Lui Claude Bardouil

Direction musicale Esa-Pekka Salonen
Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Décors/Costumes Malgorzata Szczesniak
Vidéo Denis Guéguin
Dramaturgie Christian Longchamp
Coproduction Teatro Real de Madrid                        Ekaterina Gubanova (Judith)

Depuis 6 ans qu’il n’avait plus été invité à l’Opéra National de Paris pour y mettre en scène une œuvre lyrique, Krzysztof Warlikowski s’est internationalement affirmé comme un des grands artistes européens d’aujourd’hui à travers des spectacles tels 'Macbeth' (2010) et 'Lulu' (2012) au Théâtre Royal de la Monnaie, Die Frau Ohne Schatten (2013) à l’Opéra de Munich, et Alceste (2014) au Teatro Real de Madrid.

John Relyea (Barbe-Bleue)

John Relyea (Barbe-Bleue)

Et pour chacune de ces œuvres, les chanteurs ont été poussés à exprimer les torpeurs et les névroses de leurs caractères autant par leurs expressions corporelles que par leurs voix.

Retrouver ainsi les univers troublants et fantastiques de Krzysztof Warlikowski sur la scène du Palais Garnier engendre une émotion profonde, car c’est dans ce lieu qu’il fit ses débuts à l’Opéra de Paris avec 'Iphigénie en Tauride' de Gluck, et valut alors un « Mortier au Bûcher ! » au défunt directeur de l’institution, Gerard Mortier.

Ekaterina Gubanova (Judith) et John Relyea (Barbe-Bleue)

Ekaterina Gubanova (Judith) et John Relyea (Barbe-Bleue)

En apparence, le diptyque du 'Château de Barbe-Bleue' et de 'La Voix humaine' présenté en nouvelle production apparaît comme un assemblage de deux œuvres sans trame commune. La première parle de la passion dévorante d’une femme, Judith, pour le gouffre mental insondable d’un homme mystérieux, Barbe-Bleue, et la seconde dépeint les errances désespérées d’une femme délaissée par son amant.

Dès lors, l’enjeu pour le spectateur est d’admirer comment le metteur en scène polonais va unir ces deux histoires de couple sous la lecture extrêmement raffinée d’Esa-Pekka Salonen.

Ekaterina Gubanova (Judith) et John Relyea (Barbe-Bleue)

Ekaterina Gubanova (Judith) et John Relyea (Barbe-Bleue)

Le chef d’œuvre de Bela Bartok fut monté sous le mandat de Gerard Mortier en 2007, quand les vidéographies de la Fura Dels Baus utilisaient déjà pour décor les dédales du Palais Garnier. En homme de théâtre accompli, Krzysztof Warlikowski reprend donc le cadre des loges de cet opéra monumental pour décrire comment Judith, une spectatrice réfugiée sur un des fauteuils du parterre, va se laisser happer par le monde illusoire de Barbe-Bleue, afin de fuir son quotidien où l’alcool était, jusqu’à présent, son seul exutoire dans sa quête d’elle-même.

Ekaterina Gubanova (Judith)

Ekaterina Gubanova (Judith)

Une immense projection noir et blanc des loges embrumées de l’Opéra Garnier, dont on remarque avec malice l’absence de cloisons amovibles, domine John Relyea qui se tient face aux spectateurs, tel un magicien vêtu d’une longue cape noire attaché à présenter en premier lieu le spectacle à venir.

Progressivement, l’arrivée de Judith (Ekaterina Gubanova) se poursuit par une scène de séduction qui n’est pas sans rappeler celle de Kundry et de Klingsor dans la mise en scène controversée de 'Parsifal' en 2008.

John Relyea (Barbe-Bleue)

John Relyea (Barbe-Bleue)

Warlikowski est très tendre avec Barbe-Bleue, et la présence d’un enfant en arrière-plan évoque l’innocence originelle et perdue du Duc, et donc accentue le sentiment de compassion à son égard, plus que le sentiment d’effroi.

Une vidéo du film de Jean Cocteau avec Jean Marais et Josette Day, 'La Belle et la Bête', conforte ce côté compassionnel, et prépare au lien avec 'La Voix humaine', inspirée d’une pièce du même auteur, et mise en musique par Francis Poulenc.

Ekaterina Gubanova (Judith)

Ekaterina Gubanova (Judith)

D’autres vidéos, un visage d’enfant triste souillé de larmes de sang, assombrissent l’univers de ce personnage, mais le brillant des costumes des trois femmes, particulièrement sophistiquées, et les effets de profondeur à travers un enchevêtrement de vitres semi-réfléchissantes laissent une impression glacée esthétisante.

Barbara Hannigan (Elle)

Barbara Hannigan (Elle)

En filigrane, nous pouvons voir en Barbe-Bleue un homme de théâtre monstrueux, mais au cœur fondamentalement humain, auquel chacun de nous pourrait se laisser piéger par la fascination que nous serions tous prêts à lui céder.

John Relyea possède une stature dominante et hautaine taillée aux dimensions nobiliaires de cet homme bien à part, et son chant incisif lui permet de dégager une jeunesse là où d’autres interprètes auraient tiré ce personnage vers une noirceur encore plus mortifère.

Barbara Hannigan (Elle)

Barbara Hannigan (Elle)

Ekaterina Gubanova, en actrice à la chevelure rousse et dessinée d’une robe moulante verte – teintes récurrentes qui habillent les héroïnes chères à Warlikowski - , joue d’une sensualité naturelle et de ses accents slaves pour s’allier à l’atmosphère grave de la musique de Bartok, dont Esa-Pekka Salonen fait revivre les langues volcaniques avec une lenteur magnétique envoutante. Les cuivres colorent les mouvements des bois en donnant une impression de massivité souple, comme de l’or à chaud, et atteignent des sommets de véhémence dans les soudains emportements éruptifs. Et afin d’amplifier le spectaculaire des éclats orchestraux, une section de cuivres s’est installée dans une loge de trois-quarts, à hauteur des rangées de sièges de l’amphithéâtre.

Barbara Hannigan (Elle)

Barbara Hannigan (Elle)

La transition avec 'La Voix humaine' est réalisée à partir du visage de la Bête qui envahit la scène avant de s'évanouir à l’arrivée d’’Elle’, titubant dramatiquement le long des parois de verre, le regard macabre dégoulinant de noir, une autre Bête.

Barbara Hannigan est une actrice fétiche de Krzysztof Warlikowski – elle a chanté Lulu et Donna Anna au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles sous sa direction. Elle se plie au jeu torturé qu’affectionne le metteur en scène, et joue de la ductilité de son corps au point d’être le point focal constant et irradiant de toute la représentation.

Barbara Hannigan (Elle)

Barbara Hannigan (Elle)

Elle ne semble avoir aucune autre limite que la nécessité d’expulser - c’est le mot - son chant déclamé avec une diction française bien compréhensible, suspendue à un timbre vibrant d’aigus, peu teinté, et transcendée par une caractérisation tellement engagée que l'on aurait presque envie de lâcher ces émotions qui nous prennent lorsque l’on se trouve face à une telle artiste, qui est la plupart du temps tête à l’envers, cheveux étalés au hasard sur le sol, une féminité authentique et déchirée. Où va-t-elle rechercher la force de restituer cette vérité entière mise à nue sans retenue ?

Barbara Hannigan (Elle)

Barbara Hannigan (Elle)

Dans la mise en scène de Warlikowski, elle a d’emblée commis un crime, comme si elle était une autre femme de Barbe-Bleue qui aurait brisé des années de soumission. Au bout d’un moment, son amant blessé à mort apparaît au niveau de la première pièce ensanglantée du château, et rejoint lentement celle qui lui a tiré dessus.

La voix humaine est alors la voix d’une humanité qui tente de refouler la violence insoutenable de ses propres sentiments de culpabilité.

Et à nouveau, Esa-Pekka Salonen tisse des ondes de cordes d’un soyeux magnifique, et les bois résonnent toujours de leur chaleur mélancolique au sortir de la salle.

D’aucun avait peur que Krzysztof Warlikowski ne le bouscule, il nous a en fait intrigué, étonné par sa sobriété dans la première partie, et bouleversé dans la seconde.

 

Spectacle diffusé en direct sur Mezzo le jeudi 10 décembre 2015.

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Publié le 22 Novembre 2015

Casse-Noisette et la princesse Pirlipat                      E.T.A Hoffmann
Représentation du 21 novembre 2015
La Folie Théâtre

Mise en scène et interprétation Aurélie Lepoutre et Loïc Richard
Bruitages, sons, musique Isabelle Trancart
Chorégraphies América Mocq
Accessoires Catherine Gargat
Compagnie théâtrale de l’Alouette

Tout le monde connaît Casse-Noisette, le ballet composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski et régulièrement repris à l’Opéra Bastille dans la chorégraphie de Rudolf Noureev, dont une nouvelle version sera représentée au Palais Garnier au printemps prochain.

Le thème, basé sur un récit d’Alexandre Dumas, s’inspire lui-même du conte fantastique d’E.T.A Hoffmann. Mais le ballet est en fait un divertissement qui reprend les thèmes de la première partie de la nouvelle, et la forêt d’arbres de Noël pleine de contes de fées est une pure invention de Tchaïkovski. N’est pas racontée non plus l’histoire de la Princesse Pirlipat, qui avait été transformée par la Reine des Souris pour se venger de la mort de tous ses fils, neveux et nièces piégés par l’inventeur et maître horloger, Drosselmeier.

Loïc Richard et Aurélie Lepoutre - Compagnie de l'Alouette (DR placeminute.com)

Loïc Richard et Aurélie Lepoutre - Compagnie de l'Alouette (DR placeminute.com)

C’est ce récit extrait de la nouvelle, « L’histoire de la noix dure », qu’Aurélie Lepoutre et Loïc Richard ont eu l’idée de mettre en scène pour en faire un spectacle qui parcourt depuis un an la région parisienne (Maison des associations- Fontenay-sous-Bois, Théâtre Darius Milhaud – Paris XIX, Théâtre Pixel – Paris XVIII).

Au creux de la grande salle de la Folie Théâtre, ils recréent un décor intime et chaleureux parcellé d’objets en bois ou carton, parmi lesquels on peut distinguer un petit casse-noisette, soldat en uniforme.

Tous deux racontent et jouent les rôles du Roi et de la Reine et des personnages secondaires avec un humour joyeux et communicatif, tout en préservant un contact très proche avec les enfants qui les admirent. Leur tendresse pour ce très jeune public est naturelle et évidente. Aurélie Lepoutre pourrait même leur évoquer une jeune maitresse d’école un peu délurée au regard volubile et d’une aisance tourbillonnante sur scène.

Loïc Richard et Aurélie Lepoutre - Compagnie de l'Alouette (DR placeminute.com)

Loïc Richard et Aurélie Lepoutre - Compagnie de l'Alouette (DR placeminute.com)

Loïc Richard, lui, est à la fois dans la drôlerie mais aussi le charme. Fossettes espiègles, voix très présente aux belles sonorités, il y a en lui une communion entre gestes, expressions des yeux et variations des intonations vocales qui rendent son personnage totalement intégré à sa propre personne. On peut comprendre avec une très grande lisibilité les sentiments des personnages qu’il exprime par les nuances sensibles du regard. Et quelques traits et mimiques ne sont pas sans rappeler aussi bien ceux de Louis De Funès ou de Robin Williams (si l’on repense à la scène de la radio dans ‘Good Morning Vietnam’).

Les deux acteurs jouent mais dansent également sur les extraits de la musique féérique de Tchaïkovski et sur les bruitages orchestrés par Isabelle Trancart, elle-même étant parfois prise à partie par les comédiens.

Et au cours de ces 55 minutes de pure vitalité, on ne peut s’empêcher de mettre en correspondance ce jeu théâtral avec la passion du jeune héros du ‘Cercle des Poètes disparus’, film dans lequel le théâtre est une forme de résistance aux conformismes de la société.

On a alors véritablement l’impression de voir deux acteurs s’épanouir entièrement et personnellement, et le plus beau cadeau qu’ils nous font est de nous faire redécouvrir la vie dans tous ses élans et ses frémissements.

 

Spectacle joué à la Folie Théâtre - Paris XIème - jusqu'au 03 janvier 2016.

Lien vers le site de la Compagnie de l'Alouette.

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Publié le 11 Novembre 2015

Afin d’augmenter la capacité d’accueil de la salle du Palais Garnier, la direction de l’Opéra National de Paris a fait élaborer par l’architecte en chef des Monuments historiques un projet de restauration des 1er et secondes loges de face.

12 cloisons amovibles vont être remplacées par des nouvelles cloisons mobiles qui permettront, une fois retirées avant chaque spectacle, de proposer 30 places supplémentaires (prix moyen 170 euros pour un opéra, 90 euros pour un ballet).

Intimité d'une des loges de côté du Palais Garnier

Intimité d'une des loges de côté du Palais Garnier

Comme il est en premier lieu nécessaire de valider un concept qui préserve l’intégrité de la salle, un prototype a été installé, avec l’accord de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d’Ile de France, au cours de l’été 2015. Il s'agit d'un processus normal lorsque l'on souhaite définir une solution qui soit la meilleure possible.

Ce prototype a pour but de vérifier les mécanismes retenus, l’ergonomie et l’esthétique visuelle, et de définir les corrections à apporter à la configuration définitive qu’il faudra déployer. Une fois que la DRAC aura validé le concept final, l’Opéra National de Paris aura alors la charge de terminer les travaux d’ici le printemps 2016, en suivant les recommandations.

Ainsi, l’effet de ces modifications sera d’améliorer la visibilité et l’acoustique dans la salle, tout en dégageant une ressource financière supplémentaire estimée aux alentours de 500.000 euros par an.

Voute du Grand escalier du Palais Garnier

Voute du Grand escalier du Palais Garnier

Il est donc un peu triste de voir des activistes, dénués d'honnêteté intellectuelle, utiliser les photographies du prototype, qui n’est pas la solution définitive, pour provoquer des réactions sur internet et manipuler les esprits, et de lire également les propos totalement décalés de la part d’un ancien directeur de l’Opéra de Paris qui ose des comparaisons avec les destructions de Palmyre.

Ce sont ceux qui tentent d’apporter des solutions dans la vie qu’il faut comprendre, aider et soutenir, et non pas ceux qui souhaitent gêner les projets des autres.

 

Lire également :

France Musique : L’affaire des loges de l’Opéra Garnier en 5 questions

Opéra National de Paris : Palais Garnier : Modernisation des cloisons des loges

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Rédigé par David

Publié dans #Actualité, #Lissner

Publié le 7 Novembre 2015

Waltraud Meier - Wagner, Mahler : de la partition à l’incarnation

Master class du 05 novembre 2015
Abbaye de Royaumont

Waltraud Meier soprano
Vincent Huguet metteur en scène
Alphonse Cemin chef de chant

et les stagiaires :

Marc Haffner, Daniel Philipp Witte ténors
Julie Robard-Gendre, Marion Gomar mezzos-sopranos
Soumaya Hallak, Axelle Fanyo sopranos
Benjamin Mayenobe baryton
Douglas Henderson basse                                               Waltraud Meier
Tanguy de Williencourt, Sarah Ristorcelli piano

Pendant toute une semaine, l’Abbaye de Royaumont, un ancien monastère cistercien construit sous Saint-Louis, accueille la plus grande chanteuse wagnérienne des vingt dernières années, Waltraud Meier.

Accompagnée par Vincent Huguet - qui assista Patrice Chéreau sur Elektra de Strauss en 2013 -, elle offre la chance à dix chanteurs de travailler les cinq rôles principaux de Tannhaüser, Tannhäuser, Elizabeth, Venus, Wolfram, le Landgrave Herman.
Parmi ces chanteurs, on retrouve Marc Haffner, qui avait interprété Siegmund dans le Ring Saga qui avait été donné à la Cité de la Musique en 2011.

Waltraud Meier

Waltraud Meier

Avant d’entrer dans le cloitre, la traversée des jardins mène sur la vision gothique et chargée d’imaginaire médiéval des ruines de l’église abbatiale, puis, après avoir gravi les étages de l’hôtellerie, nous arrivons dans une grande pièce sous les toits, où les élèves, assis en demi-cercle comme les chevaliers autour de la table ronde, rendent un premier hommage à Waltraud Meier par cette simple disposition.

Face à eux, une centaine de spectateurs venus de toute la région parisienne n’attendent que le début de la leçon.

Edouard Fouré Caul-Futy, jeune présentateur, commence par rappeler, dans un hommage dit avec une très belle empathie et un ton très agréable à écouter, le parcours de la soprano allemande, et notamment son lien avec le metteur en scène Patrice Chéreau.

Waltraud Meier, telle une institutrice devant ses enfants, engage alors un échange avec le public afin de lui donner quelques rudiments de sa vision de l’incarnation. Le chant ne suffit pas, et ne peut rien exprimer s’il n’est pas vécu de l’intérieur.

Ruines de l’église abbatiale de Royaumont

Ruines de l’église abbatiale de Royaumont

Elle insiste donc sur la responsabilité que prend le chanteur en engageant pour un rôle - sur lequel il a préalablement réfléchi aux motivations et à la direction dans la vie – ses propres souvenirs émotionnels et  personnels qu’il va instrumentaliser pour vivre son personnage.

Elle démontre inconsciemment que l’opéra n’est pas la vie, puisque les émotions en jeu appartiennent à un passé qui est en fait déjà mort. Et pour l'auditeur, l'opéra est l'occasion de vivre ainsi des émotions qu'il ne vivra pas forcément dans sa vie réelle.

Elle pose ensuite la question du corps, de la capacité de chacun à l’utiliser et à savoir quoi en faire.
A travers un petit jeu avec le public, elle tente de lui faire prendre conscience de la difficulté à coordonner à la fois le chant et le geste.

Waltraud Meier

Waltraud Meier

Puis, elle se met à l’écart, sur une chaise simplement posée à gauche du public, pour assister à un extrait du deuxième acte de Tannhaüser, la scène du concours de chant qui dure jusqu’au chant de louange à Vénus qui va scandaliser l’assistance de la Wartburg.

Le travail des chanteurs est évident, pas uniquement vocalement, mais par la crédibilité des émotions qu’ils mettent en jeu. Daniel Philipp Witte, chanteur blond et bonhomme, a quelque chose dans la clarté franche du timbre qui rappelle Christopher Ventris, Marc Haffner, en Walther, joue le scandale avec une teinte de sympathie, Benjamin Mayenobe livre un Wolfram au souffle très bien canalisé, et Soumaya Hallak, en Elisabeth, fait ressentir ce conflit intérieur qu’engendrent les propos d’un homme qu’elle estime profondément.

Daniel Philipp Witte et Marc Haffner

Daniel Philipp Witte et Marc Haffner

Quant au timbre du jeune Douglas Henderson, qui chantait dans les jardins extérieurs, seul avant la classe, la gravité souple qu’il impose avec panache exprime un certain plaisir d’être.

Et pendant tout ce spectacle accompagné au piano et par Alphonse Cemin, le directeur de chant, Waltraud Meier est restée assise dans son coin à vivre aussi intensément cette scène avec les jeunes chanteurs comme le faisait Patrice Chéreau avec elle même.

Le metteur en scène avec lequel elle a longtemps travaillé lui manque énormément, et c’est ce que l’on aura ressenti le plus ce soir.
A la fin du spectacle, elle se lève simplement pour dire que c’est fini, et en remercie tout le monde y compris, bien entendu, le public.

Il n’est pas possible de rendre totalement la lumière incroyable dans son regard brillant d’émeraude au cours d'un bref échange de quelques mots personnels tenu avec elle sur sa carrière.

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