Publié le 20 Juin 2015

Maria Stuarda (Gaetano Donizetti)
Représentation du 18 juin 2015
Théâtre des Champs-Elysées

Maria Stuarda Aleksandra Kurzak
Elisabeth Carmen Giannattasio
Robert Dudley Francesco Demuro
Talbot Carlo Colombara
Cecil Christian Helmer
Anna Kennedy Sophie Pondjiclis

Mise en scène Moshe Leiser et Patrice Caurier
Direction Musicale Daniele Callegari  
Orchestre de chambre de Paris
Chœur du Théâtre des Champs-Élysées

                                                                                   Carmen Giannattasio (Elisabeth)

La vie a ses mystères qui la rendent passionnante. Comment ne pas être stupéfait devant les affiches de deux grandes salles lyriques parisiennes qui représentent au même moment, sur scène, deux œuvres dans lesquelles s’affrontent à mort deux femmes fortes, Adriana Lecouvreur et la comtesse de Bouillon à l’Opéra Bastille, et Maria Stuarda et Elisabeth Ier au Théâtre des Champs Élysées ? Et comment ne pas céder à l’esprit ‘people’ de la capitale parisienne qui remarquera que la comédienne de la Comédie Française et la Reine d’Ecosse sont interprétées par deux femmes qui comptent dans la vie du ténor Roberto Alagna ?

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Cette remarque dite, on peut ensuite entièrement s’abandonner aux élans passionnels qui sont la raison de cet ouvrage de Donizetti. Le décor simple, appartement bourgeois au premier acte, puis prison moderne aux second et troisième actes évoque peu, hormis la déconnexion à la vie que représente l’enfermement.

Mais la vie est d’abord dans la fosse d’orchestre, entrainée avec le même allant qu’avait insufflé Daniele Callegari à l’opéra de Strasbourg pour Ariane et Barbe-Bleue, le mois dernier. Le dynamisme de l’Orchestre de chambre de Paris se fait flux passionnel, sans excès, teinte fumée où les enlacements de petits motifs d’instruments émergent, furtivement, tout en ayant l’humilité de maintenir une intensité qui ne prenne pas le dessus sur les chanteurs. Sa soudaine surtension glacée au paroxysme de la confrontation entre les deux reines laisse la trace violente d’une profonde crispation du cœur.

Carmen Giannattasio (Elisabeth) et Francesco Demuro (Robert Dudley)

Carmen Giannattasio (Elisabeth) et Francesco Demuro (Robert Dudley)

Sur scène, Carmen Giannattasio fait une apparition spectaculaire en Elisabeth, s’attachant à peindre un portrait agressif et névrosé de la Reine d’Angleterre, pour mieux cliver la part défaillante de sa personnalité et celle de son rôle impérial. Les aigus d’ivoire percent, portés par un souffle qui n’a de cesse de couler en un seul lien ses exclamations saisissantes et son discours introspectif. Son chant est ainsi très bien mené si l’on en accepte sa froideur.

Et celle qu’elle jalouse, Marie Stuart, trouve en Aleksandra Kurzak une âme d’une sensibilité dramatique qui cache une assurance fatale. En effet, au second acte, sa présence repose sur un enchainement de nuances et de sons joliment filés, accompagnés en filigrane par de subtils sentiments noirs, qui font ressentir une intériorité profondément pathétique.

C’est pourtant dans la scène finale que le manque de soutien de la part des metteurs en scène, Moshe Leiser et Patrice Caurier, devient flagrant, car cette belle artiste n’arrive pas à prolonger par l’expression du geste et du corps l’accumulation des souffrances d’une histoire qui arrive à son terme et que son chant raconte. On ne croit donc pas assez à ce que l’on voit pour être touché par ce que l’on entend.

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

La sincérité totale s’incarne donc en Francesco Demuro, qui fait de Robert Dudley un homme intègre et passionné, voué corps et âme à la reine écossaise. Dans la première partie, il donne certes l’impression que sa tessiture aiguë limite la portée des éclats de son cœur, mais il gagne en densité au fil de la représentation, et il a constamment une musicalité qui exprime l’urgence de la jeunesse.

Quant aux deux rôles de basses, il esquissent des tempéraments très différents, la sagesse résignée, sombre et introvertie de Carlo Colombara en Talbot, et la noblesse claire et affirmée de Christian Helmer en Cecil. Sophie Pondjiclis est une Anna Kennedy royale, dans l’attente qu’un rôle plus important lui soit un jour confié.

Bel hymne de la mort pour le chœur, avant la scène ultime.

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Publié le 7 Juin 2015

Les éclipses de soleil dans le monde de 2016 à 2020

Au cours des 5 années à venir, 8 éclipses solaires (4 totales et 4 annulaires) vont se produire sur Terre. Elles seront toutes d’une durée modeste, au plus 3mn15, mais certaines seront assez spectaculaires.

L’article qui suit présente brièvement les régions où elles se dérouleront ainsi que les conditions astronomiques et climatiques.

Ces éclipses sont de véritables motifs pour découvrir la vie et les paysages du monde au dessus desquels elles se dérouleront, et toute suggestion de voyage pour aller les observer est bienvenue.

Lire également Les éclipses de soleil dans le monde de 2021 à 2025

Éclipse du 01 août 2008 en Mongolie.

Éclipse du 01 août 2008 en Mongolie.

Eclipse Totale du mercredi 09 mars 2016

Indonésie – Sumatra, durée 2mn 05, grandeur 1,01622, largeur 115 km, hauteur sur l’horizon 19°, Météo : 10% Soleil

Indonésie – Moluques du Nord, durée 3mn 15 mn, grandeur 1,02034, largeur 145 km, hauteur 48°, Météo : 20% Soleil

 

Trajectoire de l’éclipse totale du 09 mars 2016 en Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 09 mars 2016 en Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse sera la plus longue de ces 5 prochaines années, mais elle va parcourir la péninsule équatoriale indonésienne au moment de la saison humide. Elle est ainsi celle qui a le moins de chance d’être visible.

Aux Moluques du Nord, où elle durera 3mn15, elle aura un peu plus de chance qu’ailleurs de ne pas être couverte par les nuages, avec une probabilité de 20% seulement. De nombreux volcans en activités parsèment ces iles (Dukono, Ibu, Gamalama), promettant des randonnées spectaculaires.

Les Moluques du Nord. Photo : Croisée-des-routes.

Les Moluques du Nord. Photo : Croisée-des-routes.

Eclipse Annulaire du 01 jeudi septembre 2016

Tanzanie – Sud-Est, durée 3mn05, grandeur 0.98659, largeur 100 km, hauteur 70°, Météo : 60% Soleil

Madagascar – Nord-Ouest, durée 3mn05, grandeur 0.98627, largeur 100 km, hauteur 64°, Météo : 65% Soleil

La Réunion – Sud, durée 2mn50, grandeur 0.98091, largeur 110 km, hauteur 50°, Météo : 50% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 01 septembre 2016 en Tanzanie, Madagascar et Ile de la Réunion. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 01 septembre 2016 en Tanzanie, Madagascar et Ile de la Réunion. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire se déroulera très haut dans le ciel, et l’anneau solaire sera très brillant. Elle pourrait être le prétexte pour parcourir les parcs nationaux du nord de la Tanzanie, proches du Kilimanjaro, bien que l’éclipse ait lieu au sud, au-dessus du lac Tanganyka. Toutefois, la Tanzanie est un pays où le braconnage a entrainé sur les cinq dernières années la disparition de 60% de la population d’éléphants afin de satisfaire la demande chinoise en ivoire.

Autre destination possible, Madagascar, riche d’une nature où prolifèrent nombre de lémuriens, l’éclipse y aura la même grandeur et les conditions météorologiques y seront également très favorables (probabilité d’ensoleillement de 65%). Mais là aussi, il s’agit d’un territoire où le braconnage de tortues sévit pour répondre à la demande asiatique.

Reste alors la possibilité de l’observer depuis l’Ile de la Réunion où elle durera 2mn50 (2mn15 au-dessus du piton de la Fournaise) avec des conditions météorologiques favorables (50% de probabilité d’ensoleillement). Par ailleurs, l’ile dispose d’un observatoire astronomique ouvert aux astronomes amateurs, l’observatoire des Makes.

Volcan de la Fournaise. Photo : île-de-la-réunion.

Volcan de la Fournaise. Photo : île-de-la-réunion.

Eclipse Annulaire du dimanche 26 février 2017

Argentine – pointe Est, durée 1mn, grandeur 0.99345, largeur 50 km, hauteur 38°, Météo : 40% Soleil

Argentine – Frontière du Chili, durée 1mn05, grandeur 0.99297, largeur 55 km, hauteur 33°, Météo : 35% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 février 2017 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 février 2017 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

D’une durée d’une minute seulement, cette éclipse annulaire devrait être assez spectaculaire au-dessus des plateaux arides de la Patagonie d’Argentine. A 250 km au nord, les baleines auront déjà quitté la péninsule de Valdès, mais manchots, dauphins, lions et éléphants de mers y seront très abondants le long des plages. Les orques y seront également présentes.

Forêt fossile de Sarmiento. Photo : Helloworld.

Forêt fossile de Sarmiento. Photo : Helloworld.

Les conditions météorologiques sont assez favorables sur la côte atlantique (40% de chance d’avoir un ciel dégagé).

Lire également le compte-rendu Eclipse annulaire de soleil du 26 février 2017 en Patagonie Argentine.

Photomontage de l'éclipse du 26 février 2017, vue depuis le lac Musters (nord de Sarmiento).

Photomontage de l'éclipse du 26 février 2017, vue depuis le lac Musters (nord de Sarmiento).

Eclipse Totale du lundi 21 août 2017

USA – Oregon, durée 2mn 00, grandeur 1,01318, largeur 100 km, hauteur 39°, Météo : 60% Soleil

USA – Idaho Est, durée 2mn 20, grandeur 1,01419, largeur 105 km, hauteur 49°, Météo : 60% Soleil

USA – Wyoming Centre, durée 2mn 25, grandeur 1,01451, largeur 110 km, hauteur 53°, Météo : 50% Soleil

USA – Nebraska Centre, durée 2mn 35, grandeur 1,01498, largeur 110 km, hauteur 59°, Météo : 50% Soleil

USA – Kentucky, durée 2mn 40, grandeur 1,01528, largeur 115 km, hauteur 64°, Météo : 40% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale du 21 août 2017 aux États-Unis. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 21 août 2017 aux États-Unis. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse totale est très attendue car elle est la réplique de l’éclipse du 11 août 1999 qui était passée à 50km seulement au nord de Paris. En 2017, elle va traverser d’ouest en est les Etats-Unis pendant la période estivale, ce qui va faire de l’Amérique du Nord une destination touristique très prisée.

L’ombre de la lune arrivant par l’océan Pacifique va traverser plusieurs Etats où se sont déroulés des films très intimistes, ‘Old Joy’ en Oregon, ‘My own private Idaho’ en Idaho, ‘Brokeback Mountain’ au Wyoming, ‘Boys don’t Cry’ au Nekraska. Les prévisions météorologiques sont très favorables à cette période, mais se dégradent vers l’est.

Coucher de soleil au Wyoming. Photo : MTI-USA.

Coucher de soleil au Wyoming. Photo : MTI-USA.

De 2mn00 en Oregon, l’éclipse durera 2mn20 en Idaho et 2mn40 au Kentucky.

Lire également le compte-rendu Eclipse totale de soleil du 21 août 2017 au Wyoming.

Eclipse Totale du mardi 02 juillet 2019

Chili –La Serena, durée 2mn 35, grandeur 1,01834, largeur 145 km, hauteur 14°, Météo : 50% Soleil

Argentine–Ouest, durée 2mn 25, grandeur 1,01786, largeur 140 km, hauteur 9°, Météo : 55% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse sera très spectaculaire car elle aura lieu une heure avant le coucher du soleil au-dessus de l’océan Pacifique face à la ville coloniale de La Serena. Il sera également possible de la suivre depuis l’Argentine, de l’autre côté de la frontière du Chili. Les conditions météorologiques sont favorables, et, à cette époque, les baleines et les dauphins de Commerson fréquentent les côtes Pacifique et Atlantique.

Coucher de soleil sur La Serena. Photo : Panoramio.

Coucher de soleil sur La Serena. Photo : Panoramio.

Eclipse Annulaire du jeudi 26 décembre 2019

Oman – pointe Est, durée 3mn, grandeur 0.97914, largeur 150 km, hauteur 11°, Météo : 65% Soleil

Inde – pointe Sud-Ouest, durée 3mn10, grandeur 0.98222, largeur 130 km, hauteur 33°, Météo : 60% Soleil

Singapour, durée 3mn40, grandeur 0.98496, largeur 120 km, hauteur 66°, Météo : 15% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 décembre 2019 sur la Péninsule arabique, l’Inde et l’Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 décembre 2019 sur la Péninsule arabique, l’Inde et l’Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire très brillante va parcourir le nord de l’Océan indien, depuis la pointe de la péninsule arabique, jusqu’à l’archipel indonésien.

Le meilleur endroit pour l’observer est l’Inde, dans la province de Kerala, région riche et luxuriante. Il sera également possible de l’observer au lever du soleil depuis Oman, mais, 6 mois plus tard, une autre éclipse annulaire va à nouveau traverser le Sultanat.

Paysage du Kerala (Inde). Photo : Travel-nationalgeographic.

Paysage du Kerala (Inde). Photo : Travel-nationalgeographic.

Eclipse Annulaire du 21 juin 2020

Ethiopie-Nord, durée 1mn10, grandeur 0.99223, largeur 55 km, hauteur 27°, Météo : 40% Soleil

Oman – pointe Est, durée 0mn50, grandeur 0.99544, largeur 33 km, hauteur 56°, Météo : 50% Soleil

Inde – Uttarakhand, durée 0mn40, grandeur 0.99695, largeur 20 km, hauteur 83°, Météo : 20% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 21 juin 2020 sur le Soudan, l’Éthiopie, le Yémen, Oman, le Pakistan, l’Inde et le Tibet. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 21 juin 2020 sur le Soudan, l’Éthiopie, le Yémen, Oman, le Pakistan, l’Inde et le Tibet. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire très spectaculaire, presque perlée car le diamètre apparent de la Lune sera très proche de celui du soleil, passera au-dessus des montagnes de la région de Uttarakhand en Inde, mais sous des conditions météorologiques très défavorables.

Oman sera le meilleur endroit pour observer cette éclipse, mais il fera très chaud au sud de Mascate, la capitale, tout comme en Éthiopie, ce qui permet d’envisager uniquement un déplacement de courte durée.

Le Royal Opera House Muscat. Photo : Archaeoadventures.

Le Royal Opera House Muscat. Photo : Archaeoadventures.

Eclipse Totale du lundi 14 décembre 2020

Chili –Ouest, durée 2mn 05, grandeur 1,01256, largeur 90 km, hauteur 71°, Météo : 55% Soleil

Argentine–Centre, durée 2mn 10, grandeur 1,01263, largeur 90 km, hauteur 73°, Météo : 50% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale de soleil du 14 décembre 2020 sur le Chili et l’Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale de soleil du 14 décembre 2020 sur le Chili et l’Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Pour la troisième fois en cinq ans, l’Amérique du Sud est parcourue par l’ombre de la Lune en pleine journée à 100 km au nord de la péninsule de Valdès en Argentine. Le soleil est très haut (plus de 70°), et en cette période, la faune maritime est variée, même si les baleines et les dauphins de Commerson se font rares.

Baleine au large de la péninsule de Valdés. Photo : Theargentinaspecialists.

Baleine au large de la péninsule de Valdés. Photo : Theargentinaspecialists.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 6 Juin 2015

TV-Web Juin 2015 Lyrique et Musique

Mardi 02 juin 2015 sur Mezzo à 19h30
Le Roi Arthus (Chausson)

Alagna, Koch, Hampson, Dubois, de Barbeyrac
ms Vick, dir Jordan, Opéra National de Paris

Mercredi 03 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Hippolyte et Aricie (Rameau)

Degout, Connolly, Gillet, dir Haïm, ms Alexandre
Opéra National de Paris

Jeudi 04 juin 2015 sur France 3 à 1h30
La Traviata (Verdi)

Dunn, Wade, Hipp ...
dir Elder, ms Cairns - Glyndebourne 2014

Vendredi 05 juin 2015 sur France 2 à 0h30
La Force du destin (Verdi)

Luperi, Urmana, Alvarez, Stoyanov
dir Jordan, ms Auvray - Opéra National de Paris

Dimanche 07 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

dir Cambreling, ms Marthaler - Teatro Real de Madrid

Lundi 08 juin 2015 sur Arte à 00h30
Satie's fictions, promenades avec Erik Satie

Documentaire de Anna-Kathrin Peitz

Vendredi 12 juin 2015 sur France 2 à 0h30
Schumann : symph n°1 et 4

Introduction et Allegro appassionato

Vendredi 12 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Iolanta/Perséphone (Tchaikovski/Stravinsky)

dir Currentzis, ms Sellars - Teatro Real de Madrid

Samedi 13 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Parsifal (Wagner)

MET (Kaufmann, Gatti)

Dimanche 14 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
La Traviata (Verdi)

Opéra National de Paris (Damrau)

Lundi 15 juin 2015 sur Arte à 0h15
Road Movie, un portrait de John Adams

Lundi 15 juin 2015 sur Arte à 1h10
Prokofiev, Gounod, Tchaïkovski

Mardi 16 juin sur Mezzo à 20h30
Le Crépuscule des Dieux (Wagner)

MET (Owens, Meier, Morris, Voigt, Luisi)

Mercredi 17 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Hippolyte et Aricie (Rameau)

Degout, Connolly, Gillet, dir Haïm, ms Alexandre
Opéra National de Paris

Jeudi 18 juin 2015 sur France 3 à 0h30
Carmen (Bizet)

Sememchuk,Lungu, Ventre, Alvarez ...
dir Nanasi, ms Zeffirelli

Vendredi 19 juin 2015 sur France 2 à 0h30
Messe du Couronnement (Mozart)

Le Roi Etienne (Beethoven)
Bataille et Victoire (Weber)

Vendredi 19 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Aida (Verdi)

Dyka, Alvarez, dir Jordan, ms Py
Opéra National de Paris

Vendredi 19 juin 2015 sur France 3 à 20h50
Musiques en fête

En direct des chorégies d'Orange.

Samedi 20 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Prince Igor (Borodine)

Bolchoi de Moscou (Azizov, Shulakov, Shilova, Sinaisky)

Dimanche 21 juin 2015 sur Arte de 12h55 à 00h30
Fête de la musique

13h00 Staatskapelle de Berlin, Barenboim

15h00 La Belle Hélène (Offenbach) - Châtelet

18h40 Le manège des rochers (Bartabas) - David Penitente

20h50 La Traviata (Verdi) - ms Villazon

23h15 Les trois ténors (Rome - 1990)

Dimanche 21 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

dir Cambreling, ms Marthaler - Teatro Real de Madrid

Mardi 23 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Rinaldo (Haendel)

Orch. of the Age of Enlightenment, ms Carsen.

Vendredi 25 juin 2015 sur France 2 à 0h30
La Gioconda (Ponchielli)

Urmana, Intino, Anastassov, Montiel, Alvarez
dir Oren, ms Pizzi - Opéra National de Paris

Samedi 27 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Guerre et Paix (Prokofiev)

Mariinsky de St-Petersbourg, dir Gergiev, ms Vick.

Dimanche 28 juin 2015 sur Arte à 18h30
Mondonville : In exitu Israel (extraits)

Rameau : Les Indes Galantes (extraits)
dir Christie.

Dimanche 28 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
The Indian Queen (Purcell)

dir Currentzis, ms Sellars - Teatro Real de Madrid

Lundi 29 juin 2015 sur Arte à 1h00
Mahler : Symphonie n°7

Orch. du Gewandhaus de Leipzig, dir. Chailly.

Mercredi 01 juillet 2015 sur France 2 à 0h30
Strauss, Nielsen, Grieg, Sibelius

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos
Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Moïse et Pharaon (Opéra de Marseille) jusqu’au 03 juin 2015
La Clémence de Titus (Théâtre des Champs Elysées) jusqu’au 18 juin 2015
Artaserse de Vinci (Opéra National de Lorraine) jusqu’au 23 juin 2015
Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 30 juin 2015


Tamerlano (La Monnaie) jusqu’au 06  août 2015
Don Quichotte de Shirley et Dino (Opéra Royal de Versailles) jusqu’au 08  août 2015
Alcina (La Monnaie) jusqu’au 10  août 2015
Médée (Bâle) jusqu’au 16  août 2015
Francesca da Rimini (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Aleko (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Les Fêtes Vénitiennes (Opéra Comique) jusqu’au 27 août 2015
El Publico (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Pasquale (Opéra de Vichy) jusqu'au 06 septembre 2015
Platée (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Indes Galantes (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Paladins (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Giovanni (Opéra de Monte Carlo) jusqu'au 23 septembre 2015
Alceste (La Fenice de Venise) jusqu'au 23 septembre 2015
Orfeo Chaman de Pluhar (Teatro Mayor de Bogota) jusqu'au 24 septembre 2015
Parsifal (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 20 octobre 2015
Médée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 24 octobre 2015
La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu’au 09 novembre 2015
Le Roi Roger (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 17 novembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015


I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 3 Juin 2015

Benvenuto Cellini (Hector Berlioz)
Version parisienne en deux actes
Représentation du 31 mai 2015
De Nationale Opera – Amsterdam

Benvenuto Cellini John Osborn
Giacomo Balducci Maurizio Muraro
Fieramosca Laurent Naouri
Le pape Clement VII Orlin Anastassov
Francesco Nicky Spence
Bernadino Scott Conner
Pompero André Morsch
Le Cabaretier Marcel Beekman
Teresa Mariangela Sicilia
Ascanio Michèle Losier

Direction Musicale Sir Mark Elder 
Orchestre Philharmonique de Rotterdam & Chœur du National Opera
Mise en scène Terry Gilliam (2014) 

Coproduction avec l’English National Opera et le Teatro dell’Opera di Roma

Premier opéra d’Hector Berlioz dont l’échec parisien le poussera à trouver soutien hors de France, Benvenuto Cellini a connu un nombre de modifications et de versions aussi important que le Don Carlos de Verdi.

La version que présente l’Opéra d’Amsterdam est basée sur la version originale de 1838, la version des répétitions dite Paris 1, à laquelle sont intégrés des passages ajoutés lors de la création, en 1839, comme la Romance de Cellini et l’Air d’Ascanio. Berlioz tenait énormément à ces airs.

Mariangela Sicilia (Teresa)

Mariangela Sicilia (Teresa)

Cette seconde version, dite Paris 2, aurait pu être celle retenue si elle ne comprenait pas de nombreuses modifications dues, en partie, à la censure qui ne voulait pas que l’on représente le Pape sur scène.

Au disque, il existe une version qui se rapproche de celle jouée au Nationale Opera, qui mixte le meilleur des deux versions parisiennes. Elle fut dirigée par Sir Colin Davis pour Philips en 1972, et est basée sur la version créée à Covent-Garden en 1966. Cependant, on note, à Amsterdam, un certain nombre de coupures dans le premier tableau durant les quarante premières minutes : l’air d’introduction de Balducci et l’air des masques sont écourtés, l’ensemble qui suit comprend d’importantes simplifications, et le duo entre Cellini et Teresa « Oui, la mort est éternelle » est supprimé.

Néanmoins, cette version respecte l’esprit et la dramaturgie souhaitée par Berlioz, et conserve la part de burlesque qui disparut plus tard dans la version dite de « Weimar » composée par Liszt en 1853.

Benvenuto Cellini – Photo : English National Opera

Benvenuto Cellini – Photo : English National Opera

Terry Gilliam, réalisateur de cinéma et membre des Monty Python, en est à son deuxième opéra, le premier étant ‘La Damnation de Faust’ représenté à l’English National Opera en 2011.

Son travail est d’une vitalité époustouflante, incroyable même pour une personnalité qui ne vient pas du monde du théâtre et encore moins du monde de l’opéra.

Les scènes de carnaval sont travaillées avec une rigueur invisible sous la confusion apparente des mouvements de foules, et des acrobates et contorsionnistes fascinants ajoutent une virtuosité qui démultiplie celle de la musique de Berlioz. Les caractères sensibles sont traités avec beaucoup de finesse : Teresa encore immature et narcissique,  Ascanio au cœur sur la main mais les pieds sur terre, Benvenuto Cellini romantique un peu perdu.

Mariangela Sicilia (Teresa)

Mariangela Sicilia (Teresa)

Les lumières et couleurs sont un mélange de luxuriance et d’ombres macabres, les éclairages chaleureux et dorés mettent en valeur principalement l’avant-scène, alors que l’arrière scène laisse deviner l’architecture gothique de Rome, puis, les rougeurs magmatiques de l’atelier.

Le réalisateur décrit une ambiance décadente et paillarde, et le Pape apparaît en sorte d’empereur extrême-oriental fantaisiste sensible aux formes humaines bien en chair qui meublent l’atelier du sculpteur. On peut y voir une allusion au goût du clergé catholique pour l’art humaniste de la Renaissance…Mais ce côté bouffe bien assumé a quand même pour inconvénient de provoquer les rires un peu trop faciles dans l’assistance.

John Osborn (Benvenuto Cellini) et Mariangela Sicilia (Teresa)

John Osborn (Benvenuto Cellini) et Mariangela Sicilia (Teresa)

Au final, on ne sait plus trop si l’on se trouve à la cour du Duc de Mantoue, dans la taverne d’Hoffmann ou dans la forge de Siegfried, tant cet univers est étourdissant.

Dans la fosse, l’orchestre Philharmonique de Rotterdam et Mark Elder animent la partition de Berlioz d’un courant fluide, dynamisant et caressant, qui lisse de manière très sensuelle les sonorités des instruments solos. Les noirceurs des cordes creusent également des sous-entendus maléfiques,  mais la texture d’ensemble ne détaille pas suffisamment le foisonnement novateur de la musique pour la rendre stimulante et jubilatoire.

Sur scène, Laurent Naouri brille par la clarté de sa diction, l’humour et la folie de son personnage qui éclipsent un peu tout le monde. Certes, John Osborn a de la vaillance et compose une romance empreinte d’une mélancolie faustienne qui fait ressentir le mal-être de l’artiste face à son besoin de création, mais il est loin de donner une image charismatique du sculpteur. Il apparaît plus comme un anti-héros écorché vif, un peu à la manière avec laquelle joue et chante Rolando Villazon.

John Osborn (Benvenuto Cellini)

John Osborn (Benvenuto Cellini)

Mariangela Sicilia, remplaçante de Patricia Petibon, incarne Teresa avec aisance, espièglerie et chaleur, et les rondeurs de sa voix semblent fondre en une seule voix la personnalité d’Olympia et d’Antonia, deux femmes inspiratrices des Contes d’Hoffmann. Elle a cependant plus le sens du charme que le sens de l’intelligibilité,  sens que Michèle Losier détient plus naturellement pour brosser un très touchant portrait d’Ascanio, juvénile et attendrissant.

Avec un grand sens du burlesque, Orlin Anastassov pousse son interprétation du Pape vers une caricature de mauvais goût, et semble être le contraire de Maurizio Muraro, terne et parfois inaudible. Et les seconds rôles sont d’une vitalité qui compense le manque de compréhensibilité de leurs paroles

Quant au Chœur du National Opera, il est entrainé dans un tourbillon éclatant qui doit être un régal pour les chanteurs, d’autant plus que ceux-ci sont mis en avant comme un des personnages fondamentaux de ces trois jours de fête dans les rues de Rome.

La production de Terry Gilliam sera reprise à l’Opéra Bastille lors de la saison 2017/2018, un grand spectacle parisien en perspective.

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Publié le 28 Mai 2015

Les six années de Nicolas Joel à la direction de l’Opéra National de Paris ont été vécues comme un violent contrepied artistique opposé aux cinq années de direction de son prédécesseur, Gerard Mortier.

A la rencontre du monde du théâtre européen, des problèmes de sociétés et des œuvres musicales les plus audacieuses, Nicolas Joel a en effet préféré une sensibilité avant tout vocale, proposé des ouvrages pour mettre en valeur ses artistes fétiches, et privilégié des directeurs scéniques nationaux.

Par ailleurs, un directeur adjoint, Christophe Tardieu, a été nommé pour le seconder dans la gestion administrative de la maison, induisant de fait une culture de résultat inspirée du secteur privé et appliquée à une structure publique.

Toutefois, la programmation de la dernière saison, elle, a été partiellement modifiée par le nouveau directeur, Stéphane Lissner, passé aux commandes un an plus tôt afin d’assurer la transition.

Nicolas Joel a donc été le directeur de l’Opéra de Paris de 2009 à 2014, et il reste très largement l’inspirateur de la saison 2014/2015. Sur ces 6 ans, ce sont environ 19 ouvrages lyriques qui ont été présentés chaque saison.

Cet article peut se lire comme la suite de l'article Opéra de Paris 1995-2009 : Bilan comparé Gerard Mortier / Hugues Gall .

Opéra de Paris 2009-2015 : Bilan des saisons lyriques de Nicolas Joel

La diversité des ouvrages

En 5 ans, de 2004 à 2009, Gerard Mortier proposa 98 spectacles basés sur 76 œuvres différentes et représentatives de 42 compositeurs de toutes origines.

En 6 ans, Nicolas Joel a proposé 113 spectacles composés de 85 œuvres différentes et représentatives de 42 compositeurs également.

L’ancien directeur artistique du Capitole de Toulouse aura donc monté un nombre d’ouvrages différents plus important que son prédécesseur – même en prenant en compte l’année supplémentaire dont il a bénéficié. Le nombre de compositeurs invoqués reste identique.

Cependant, si 33% de la programmation de Gerard Mortier reposait sur la reprise d’œuvres créées par Hugues Gall ou Pierre Bergé, Nicolas Joel a bâti ses saisons à 50% sur ces reprises.

La diversité des ouvrages repose donc sur un recours très important aux productions anciennes, jusqu’à la résurrection des Noces de Figaro de Giorgio Strehler (1973) ou de Salomé mis en scène par André Engel (1994).

Jommelli, Beethoven, Halevy, Charpentier, Dukas, Bartok, Martinu, Schoenberg, Szymanowski, Chostakovitch, Dallapiccola, Poulenc, Messiaen, Sciarrino, Saariaho, Haas, Boesmans ont donc disparu de la programmation.

Cependant, Ponchielli, Gounod, Bizet, Lehar, Humperdinck, Giordano, Zandonai, Mascagni, Leoncavallo, Chausson, Cilea, Zemlinsky, Ravel, Korngold, Britten, Fenelon et Mantovani entrent ou reviennent au répertoire.

Les Noces de Figaro – ms Strehler (ONP 2010)

Les Noces de Figaro – ms Strehler (ONP 2010)

L’augmentation du prix des places

Comme sous le mandat Mortier, le prix moyen des places a augmenté de 25% en 6 ans. Mais l’application de cette augmentation n’est pas répartie de la même manière.

Alors que Mortier avait préservé la part de places bon marché (10% d‘augmentation seulement sur les 500 places les moins chères), l’équipe Joel-Tardieu a augmenté de 50%, en moyenne, le prix des 500 places les moins chères.

Chaque soir, en 2014, seules 4 % des places valent moins de 30 euros, et 600 places valent moins de 75 euros pour le lyrique à Bastille.

Bien que le mécénat ait poursuivi l’accroissement de ses dons – sa contribution passant de 7 à 11 millions d’euros par an -, il n‘a pas empêché une réduction importante de l‘accessibilité aux personnes les moins fortunées.

Et alors que la masse salariale a grimpé de 10 millions d’euros en 5 ans, la subvention d’état a baissé de 9 millions d’euros sur la même période, alors qu‘elle avait toujours accompagné, jusqu‘à présent, le mouvement des salaires.

C’est donc progressivement un manque à gagner de 19 millions d’euros annuels qu’il a fallu compenser.

Salle de l‘Opéra Bastille (Tous à l’Opéra – 2015)

Salle de l‘Opéra Bastille (Tous à l’Opéra – 2015)

 

L’Opéra du XVIIe et XVIIIe siècle

 

Avec Nicolas Joel, les deux premiers siècles de l’histoire de l’Opéra représentent 20% de la programmation, comme cela fut le cas avec Mortier et Gall.

Mozart, Rameau et Haendel constituent la majorité des auteurs programmés, Gluck se maintient et bénéficie d’une nouvelle production d’Alceste – mise en scène par Olivier Py -, ainsi que Monteverdi avec la nouvelle production du Couronnement de Poppée mis en scène par Robert Wilson.

A Paris, le Théâtre des Champs-Élysées consacre 50% de ses ouvrages à ce répertoire majeur, ce qui est son rôle reconnu.

 

Le Couronnement de Poppée – ms Robert Wilson (ONP 2014)

Le Couronnement de Poppée – ms Robert Wilson (ONP 2014)

L’Opéra du XIXe siècle

Par goût, Nicolas Joel augmente alors la part de l’Opéra du XIXe siècle, en le distribuant sur plus de 50% de sa programmation comme le faisait Hugues Gall.

Berlioz ne se maintient plus qu’avec un ouvrage, Roméo et Juliette chorégraphié par Sasha Waltz, mais Gounod, Bizet et Massenet sont à l’affiche à plusieurs reprises.

Ils seront les auteurs liés à la controverse sur les choix artistiques de Nicolas Joel, car les nouvelles productions de Faust, Carmen, Manon mises en scène par des directeurs français, respectivement Jean-Louis Martinoty, Yves Beaunesne et Coline Serreau, seront les pires réalisations scéniques de son mandat, mettant en danger la motivation et le talent des chanteurs.

Anna Caterina Antonacci souffrit beaucoup de ce Carmen, elle se rattrapera six mois plus tard en interprétant une grande Pénélope (Gabriel Fauré) au Théâtre des Champs-Élysées. Elle reprendra ce rôle à Strasbourg, en octobre 2015, dans une mise en scène d’Olivier Py.

I Puritani – Maria Agresta & Dmitry Korchak (ONP – 2013)

I Puritani – Maria Agresta & Dmitry Korchak (ONP – 2013)

Bellini et Rossini seront cependant à la fête (I Puritani, I Capuleti e i Montecchi, la Sonnambula, L’Italienne à Alger, la Cenerentola, la Donna del lago, le Barbier de Séville), auteurs d’un répertoire belcantiste et virtuose, mais peu dramatique.

En revanche, Verdi, le grand dramaturge du XIXe siècle avec Wagner, ne représente plus que 8% du répertoire de l‘Opéra de Paris (15% avec Hugues Gall et Gerard Mortier), et aucun de ses opéras de jeunesse, c’est-à-dire ceux qui précèdent Luisa Miller, n‘est joué.

Cependant, Aida et la Force du Destin font leur retour à l’Opéra National de Paris dans de nouvelles productions, sous la direction de Philippe Jordan.

La Forza del Destino – Violeta Urmana (ONP – 2011)

La Forza del Destino – Violeta Urmana (ONP – 2011)

L’Opéra du XXe et XXIe siècle

Sous Nicolas Joel, le répertoire du XXe et XXIe siècle perd en représentativité pour revenir à la part que lui consacrait Hugues Gall, soit 25% des soirées.

Trois ouvrages de Janacek sont repris (La Petite Renarde Rusée, Katia Kabanova, L’Affaire Makropoulos), Britten revient sur scène (Billy Budd), Strauss reste très présent, mais globalement, la part du répertoire slave du XXe siècle est réduite de moitié.

Billy Budd – Lucas Meachem (ONP – 2010)

Billy Budd – Lucas Meachem (ONP – 2010)

Les œuvres tardives de Puccini, Il Trittico et La Fanciulla del West, entrent au répertoire, et Nicolas Joel met en scène la création d’Akhmatova sur la musique de Bruno Mantovani. Cet hommage à la poétesse russe est un moment fort qui rend palpable son univers mélancolique et son amour de la vie.

Enfin, une splendeur est créée sur la scène de l’Opéra Bastille : Mathis der Maler. Olivier Py réalise une magnifique mise en scène de cet opéra de Paul Hindemith, où il y trouve tous les thèmes qu’il affectionne, les guerres de religions, la révolte, l’oppression nazi, l’art et l’amour.

Après la belle mise en scène de Cardillac conçue par André Engel, Hindemith a dorénavant deux productions éblouissantes à l’opéra de Paris.

Mathis der Maler – Matthias Goerne, ms Olivier Py (ONP – 2010)

Mathis der Maler – Matthias Goerne, ms Olivier Py (ONP – 2010)

L’Opéra Français

Beaucoup attendaient de Nicolas Joel un renforcement de l’opéra français. Il ne représente cependant qu’à peine 20% de la programmation, ce qui est un peu plus qu’avec Gerard Mortier (15%), mais moins qu’avec Hugues Gall (25%).

Néanmoins, les nouvelles productions d’opéras français sont confiées à des metteurs en scène nationaux. Si Werther (Benoit Jacquot) et Alceste (Olivier Py) sont bien défendus, Faust, Manon, Carmen ne le sont pas.

Seul opéra français dirigé par un metteur en scène britannique, Le Roi Arthus est interprété  – par Jordan, Alagna, Koch, Hampson – avec une telle magnificence, qu’il surmonte la déception visuelle.

Pelléas et Mélisande – Stéphane Degout (ONP – 2015)

Pelléas et Mélisande – Stéphane Degout (ONP – 2015)

Pelléas et Mélisande, repris deux fois de la production de Robert Wilson (1997), sous la direction de Philippe Jordan et sous le charme d’Elena Tsallagova et de Stéphane Degout, est aussi une des grandes reprises de ce mandat.

Un DVD immortalise cette production, résultat d’une compétition avec le Teatro Real de Madrid où Mortier monta la version pour ténor – Yann Beuron – dans la même mise en scène.

Autre production enregistrée en DVD, Werther, chanté par Jonas Kaufmann sous la direction de Michel Plasson, est unanimement reconnue.

Werther – Jonas Kaufmann (ONP – 2010)

Werther – Jonas Kaufmann (ONP – 2010)

L’Opéra Italien

L’Opéra italien est le genre dominant, voir écrasant, du mandat de Nicolas Joel. Avec plus de 50% des soirées à lui seul, il est plus représenté que sous Hugues Gall (45%) et Gerard Mortier (40%).

Giuseppe Verdi est certes moins joué qu'au cours des 20 années précédentes, mais deux ouvrages symbolisant l’héritage de Verdi sont interprétés sur la scène de Bastille : La Gioconda (Ponchielli) et Francesca da Rimini (Zandonai).

Ce dernier opéra est, comme le Roi Arthus l'est pour la France, le témoignage d’une volonté d’intégrer le wagnérisme dans le renouvellement de l’art lyrique national.

C’est par ailleurs dommage qu’il n’y ait pas eu une volonté dramaturgique de rapprocher ces œuvres.

I Pagliacci – Vladimir Galouzine (ONP – 2012)

I Pagliacci – Vladimir Galouzine (ONP – 2012)

En parallèle de Verdi et de ses successeurs, Nicolas Joel introduit le vérisme à l’Opéra National de Paris, Andrea Chénier, Cavalleria Rusticana, Paillasse, Adrienne Lecouvreur, genre absent depuis 20 ans.

Cependant, La Wally, prévue pour la dernière saison, est supprimée par Stéphane Lissner.

Il double également la présence de Puccini, en en faisant, pour la première fois, le compositeur italien le plus représenté (11%).

Le Triptyque – Oksana Dyka ( ONP – 2010)

Le Triptyque – Oksana Dyka ( ONP – 2010)

L’Opéra Allemand

Avec un peu moins de 25% de la programmation, l’Opéra Allemand est légèrement plus à l‘affiche que sous Mortier ou Gall (20%).

Les productions de Strauss d’Hugues Gall et de Pierre Bergé sont à nouveau réemployées (deux productions différentes de Salomé, deux reprises d’Ariane à Naxos, une reprise de Capriccio), et deux coproductions d’Arabella et d’Elektra en provenance respectivement de Graz et de Florence sont données à Bastille.

La Walkyrie – ms Günter Krämer ( ONP – 2010)

La Walkyrie – ms Günter Krämer ( ONP – 2010)

Mais pour la première fois depuis 50 ans, l’Anneau des Nibelungen est joué intégralement à l’Opéra National de Paris.

La tétralogie de Richard Wagner occupe ainsi la moitié des saisons de Nicolas Joel, et la mise en scène de Günter Krämer en donne une couleur fortement germanique bien plus intéressante que les versions tape-à-l‘œil de Robert Lepage à New-York ou de Guy Cassier à Milan et Berlin.

Tristan et Isolde, dans la mise en scène de Peter Sellars et de Bill Viola, est repris un mois après la disparition de Gerard Mortier, et deux mois après sa reprise au Teatro Real de Madrid.

Tristan & Isolde – Violeta Urmana, Robert Dean Smith (ONP – 2014, reprise de la production de Bill Viola et Peter Sellars – 2005)

Tristan & Isolde – Violeta Urmana, Robert Dean Smith (ONP – 2014, reprise de la production de Bill Viola et Peter Sellars – 2005)

Bien que complètement opposé aux conceptions du directeur flamand, Nicolas Joel lui rendra hommage à la première de Tristan, par une minute de silence, et les artistes, Violeta Urmana, Robert Dean Smith et Philippe Jordan, vont se surpasser pour laisser au public un des plus beaux souvenirs de cette période.

En revanche, la production de Parsifal dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski a été détruite. Un dommage irréparable et irrespectueux pour les spectateurs qui ont apprécié ce spectacle comme pour les citoyens qui ont contribué à son financement public.

Hors Wagner et Strauss, les deux chefs-d’œuvre d’Alban Berg, Wozzeck et Lulu, sont repris, et Die Tote Stadt d’Erich Wolfgang Korngold est représenté dans la belle production de Willy Decker.

Die Tote Stadt – Stéphane Degout (ONP – 2009)

Die Tote Stadt – Stéphane Degout (ONP – 2009)

L’Opéra Slave

Mis à l’honneur avec 20% de la programmation par Gerard Mortier, l’opéra slave est le grand perdant du mandat de Nicolas Joel.

Sa présence est réduite de deux tiers (plus que 7% des spectacles), et aucune nouvelle production ou coproduction ne lui est dédiée.

Et toutes les œuvres reprises sont des ouvrages joués sous le mandat de Gerard Mortier, hormis la Khovantchina mise en scène par André Serban. Cette reprise remplacera la nouvelle production de la Légende de la ville invisible de Kitezh initialement prévue.

La Dame de Pique – Vladimir Galouzine, Larissa Diadkova (ONP – 2012)

La Dame de Pique – Vladimir Galouzine, Larissa Diadkova (ONP – 2012)

Les reprises et nouvelles productions

En moyenne, Nicolas Joel a présenté 7 nouvelles productions par an, c’est-à-dire le niveau minimum de nouveautés, très en dessous des 10 productions par an de Gerard Mortier.

Et seule la moitié de ces productions sont des Nouvelles Productions de l’Opéra National de Paris. Beaucoup viendront de Toulouse, Londres, Vienne et d’autres théâtres européens.

50% des spectacles sont donc des reprises des productions d’Hugues Gall, Pierre Bergé, Gerard Mortier, et même Rolf Liebermann (Les Noces de Figaro).

Cependant, nombre de ces reprises vont être très bien distribuées et laisser le souvenir de très grandes soirées : Billy Budd (Meachem,Tate), Les Noces de Figaro (Tézier, Pisaroni), La Dame de Pique (Galouzine, Guryakova, Jurowski), Ariane à Naxos (Mattila, Vogt), Luisa Miller (de Biasio, Stoyanova), Rusalka (Aksenova, Hrusa), La Clémence de Titus (d’Oustrac, Gerzmava), Lucia di Lammermoor (Yoncheva, Fabiano), Pelléas et Mélisande (Degout, Tsallagova, Jordan), Tristan et Isolde (Urmana, Dean Smith, Jordan), Lulu (Aikin, Schonwandt).

Lucia di Lammermoor – Sonya Yoncheva (ONP – 2013)

Lucia di Lammermoor – Sonya Yoncheva (ONP – 2013)

Quant aux nouvelles productions, elles vont souffrir de la préférence de Nicolas Joel pour les metteurs en scène nationaux, métier qu’il reprendra lui-même pour Mireille, en ouverture de mandat, et Akhmatova.

Les productions de Jean-Louis Martinoty, Yves Beaunesne et Coline Serreau pour Faust, Carmen et Manon seront une catastrophe.

Celles de Jean-Claude Auvray, Marianne Clément, Zabou Breitman, Laurent Pelly, Pierre Audi et Benoit Jacquot, respectivement pour La Force du destin, Hansel et Gretel, L’enlèvement au sérail, Jules César et Les Puritains, Tosca et Traviata ne soulèveront pas l’enthousiasme non plus.

Restent les productions confiées à Olivier Py, véritable homme de théâtre, avec lesquelles Mathis le peintre, Alceste, et la très controversée Aida empreinte de colonialisme, auront enchanté ou secoué le public.

Le Ring et Le Roi Arthus, dirigés par Philippe Jordan, seront confiés respectivement à Günter Krämer et Graham Vick, mais il est peu probable qu’ils soient repris.

Aida – ms Olivier Py – Oksana Dyka (ONP – 2013)

Aida – ms Olivier Py – Oksana Dyka (ONP – 2013)

Vers un retour sur la scène internationale

Après le passage de Gerard Mortier et sa vision dramatique de la condition humaine, l’orientation de Nicolas Joel et de Christophe Tardieu a donné le sentiment d’une plus grande légèreté dans le choix des œuvres afin de privilégier la rentabilité financière de l’Opéra national de Paris.

Le doublement de la présence de Puccini et de Rossini, fait bien plus marquant que l’introduction du répertoire purement vériste, le recours quasi-exclusif à des metteurs en scène français, la reprise d’un nombre record d’anciennes productions, la réalisation d’une seule création mondiale, sont les signes d’un goût modéré pour la prise de risques.

Cela a du bon quand il s’agit de donner de l’éclat à des reprises illuminées par l’interprétation orchestrale et vocale, ce qui a souvent été le cas.

Il s’agit ici de la réussite incontestable de Nicolas Joel.

On pardonne donc d’autant moins les ratages scéniques des nouvelles productions d’opéras français, survenus à mi-parcours, alors que, grand paradoxe, la première saison Joel a été couronnée par le prix du syndicat de la critique pour la production de Werther (mis en scène par Benoit Jacquot) réunissant Michel Plasson, Jonas Kaufmann, Sophie Koch, Anne Catherine Gillet et Ludovic Tézier.

Alceste – ms Olivier Py – Sophie Koch (ONP – 2013)

Alceste – ms Olivier Py – Sophie Koch (ONP – 2013)

Seul Olivier Py a sauvé l’image du théâtre français, et l’on se demande toujours pourquoi Jean-François Sivadier, Vincent Boussard et Stéphane Braunschweig ne sont pas invités à l’Opéra National de Paris, alors qu’ils sont des directeurs plus subtils que ceux dont on a vu le travail ces dernières saisons ?

L’Opéra est théâtre et il n’est plus possible de le penser aujourd’hui autrement s’il n’est pas raccroché à notre monde. Gerard Mortier l’a prouvé, et son héritage est précieux pour nombre d’artistes.

Cela est d’autant plus vrai que l’Art lyrique est un art fragile et couteux, que l’on ne peut justifier uniquement, même s’il en est la base fondamentale, par le seul choix des interprètes musicaux.

Le Roi Arthus – ms Graham Vick – Roberto Alagna (ONP – 2015)

Le Roi Arthus – ms Graham Vick – Roberto Alagna (ONP – 2015)

Et malgré un Ring musicalement fabuleux, la grande fresque de Mathis der Maler et la résurrection du Roi Arthus, il y a maintenant nécessité à retisser les liens avec ce qui s’est construit jusqu’en 2009, tout en conservant le meilleur du passage de Nicolas Joel.

Stéphane Lissner est nommé pour cette tâche jusqu’en 2021, Philippe Jordan l’accompagnera jusqu’à cette échéance – une chance fantastique -, et c’est à lui maintenant de donner cohérence et sens à la vie artistique de l’Opéra National de Paris.

Cela commencera, la saison prochaine, par le retour de grands metteurs en scène internationaux, Dmitri Tcherniakov, Krzysztof Warlikowski, La Fura dels Baus, Claus Guth, Stefan Herheim, Alvis Hermanis, Katie Mitchell, Romeo Castellucci, Calixto Bieito, et par la présence de quatre œuvres de Verdi, compositeur fortement lié à l’histoire de notre Opéra.

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Publié le 17 Mai 2015

Le Roi Arthus (Ernest Chausson)
Répétitions piano et générale des 09 et 13 mai 2015
Représentation du 16 mai 2015

Genièvre Sophie Koch
Arthus Thomas Hampson
Lancelot Roberto Alagna
Mordred Alexandre Duhamel
Lyonnel Stanislas de Barbeyrac
Allan François Lis
Merlin Peter Sidhom
Le laboureur Cyrille Dubois
Un Chevalier Tiago Matos
Un Ecuyer Ugo Rabec

Mise en scène Graham Vick
Direction musicale Philippe Jordan

Nouvelle production                                                        Roberto Alagna (Lancelot)

C’est à une semaine entièrement dédiée à la création du Roi Arthus sur la grande scène de l’Opéra Bastille que le public curieux a été convié depuis le week-end Tous à l’Opéra ! du 9 et 10 mai, jusqu’à la première représentation le week-end d’après.

Parrain de la neuvième édition d’une manifestation couverte par une centaine de maisons lyriques en Europe, le directeur musical de l’Opéra National de Paris et du Wiener Symphoniker, Philippe Jordan, s’est considérablement impliqué, aussi bien dans les médias que sur scène, pour faire partager sa passion de la musique.

Roberto Alagna (Lancelot)

Roberto Alagna (Lancelot)

Ainsi, a t-il proposé de mener une master-classe à l’amphithéâtre Bastille, afin de faire progresser au chant de Mozart des élèves de l’Atelier Lyrique, non sur le plan de la pure technique vocale, mais plutôt par l’analyse de la logique rythmique et expressive de son écriture musicale. Pour l’auditeur, la confrontation directe aux exigences de cet art fragile change le regard qu’il peut avoir sur l’interprète comme sur l’interprétation.

Mais la veille, durant tout le samedi après-midi, le public a eu également la chance d'investir les deux balcons de la salle principale, afin d’assister à la répétition piano des deux premiers actes du Roi Arthus, l’unique opéra d’Ernest Chausson.
Sans l’orchestre, et accompagnés seulement par une pianiste talentueuse jouant depuis la fosse déserte, les artistes ont donc pu répéter par intermittences, sous la supervision de Graham Vick, le metteur en scène, et sous le regard bienveillant de Philippe Jordan.

Adriana Gonzales (Soliste) et Philippe Jordan – Master-classe Tous à l’Opéra!

Adriana Gonzales (Soliste) et Philippe Jordan – Master-classe Tous à l’Opéra!

Roberto Alagna, chantant avec une aisance déconcertante, nous a prouvé avec quelle évidence il tient un rôle immense, à croire qu’il fut écrit pour lui.

Puis, quatre jours plus tard, la répétition générale publique permit de faire découvrir aux parisiens la version intégrale d’un opéra jamais représenté sur la scène de l’Opéra National de Paris. Le premier rapport avec cette œuvre, pour les connaisseurs de la musique de Wagner, est de constater dans quelle mesure l’imaginaire musical d’Ernest Chausson a subi l’influence prégnante de son modèle allemand, que ce soit par le duo de Tristan et Isolde au premier acte, les préludes névrotiques des seconds actes de Lohengrin et de Siegfried qui enchainent des motifs inquiétants de violoncelles et de contrebasses suivis des convolutions du basson dans le troisième acte, les enchantements lumineux inspirés par Parsifal ou Lohengrin, et par un enchevêtrement incessant de références sans, toutefois, la récurrence de leitmotivs facilement identifiables.

Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Le prolongement du Roi Arthus dans l’histoire de Tristan et Isolde est clair, comme le fut l'évolution de Tristan en chevalier de la cour du Roi par des poètes médiévaux. L’évocation des combats avec l’envahisseur saxon permet également de situer l’action au VIe siècle, et il n’est guerre question d’un filtre pour unir les deux amants, sinon, que l’amour de Lancelot et Genièvre prend sa source dans l’amour et l’admiration qu’ils portent à un même homme, un Roi.

Mais c'est à la première représentation du samedi 16 mai que nous allons entendre une restitution musicale miraculeuse.

Depuis son passage à Bayreuth, en 2012, où il dirigea Parsifal dans la dernière reprise de la mise en scène de Stefan Herheim – une lecture fantastico-historique de l’histoire allemande du XXe siècle -, Philippe Jordan a considérablement fait évoluer sa direction, et gagner en ampleur et richesse de timbres, ce qui nous a valu une reprise de l’Anneau des Nibelungen fabuleuse à l’Opéra Bastille l’année suivante.

Roberto Alagna (Lancelot) et Sophie Koch (Genièvre)

Roberto Alagna (Lancelot) et Sophie Koch (Genièvre)

Toutes ses interprétations d’opéras symphoniques tels Tristan et Isolde ou Pelléas et Mélisande en font des mondes immersifs fascinants, et le Roi Arthus est à nouveau un ouvrage dont sa lecture va rester dans les mémoires et l’histoire de l’Opéra.

Car dès l’ouverture, la fluidité allante de l’orchestre déroule une légèreté grisante, suivie par l’introduction d’un chœur éclatant et sans limites, encore plus puissant que dans Les Troyens de Berlioz. L’auditeur est alors saisi par un ensemble de plans sonores spectaculaires ou irréels, un univers qui démultiplie les mouvements instrumentaux tout en les unifiant par une architecture d’ensemble qui wagnérise considérablement la musique d’Ernest Chausson, sans l’alourdir pour autant.

Sophie Koch (Genièvre)

Sophie Koch (Genièvre)

Il suffit ainsi de se laisser submerger par le lyrisme de l’interlude du deuxième acte qui suit l’échange conflictuel et passionnel entre Lancelot et Genièvre, pour y vivre une émotion aussi puissante que celle des adieux de Wotan à Brunhilde dans la Walkyrie.

Énergie et hédonisme se rejoignent en une grande fresque épique et romantique peinte de couleurs flamboyantes et d’une profusion d’ornements, alors que la violence sous-jacente des sentiments sublime le rythme du discours musical qui aurait pu se complaire dans une esthétique purement poétique.

Le drame gagne en corps et en esprit, et il est fort probable que si le compositeur avait pu assister à cette représentation, ses propres débordements d’émotion lui auraient tiré des pleurs de joie.

Thomas Hampson (Arthus), Roberto Alagna (Lancelot) et Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Thomas Hampson (Arthus), Roberto Alagna (Lancelot) et Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Et ce Roi Arthus est de surcroît défendu par une distribution exceptionnelle qui se surpasse dès ce premier soir.

Roberto Alagna est d’une profondeur impressionnante, son chant, une référence à vie pour sa clarté de diction et ses belles couleurs fauves, et le personnage de Lancelot l’enrichit car il lui permet à la fois de jouer avec cœur les grands élans chevaleresques hors du temps qu’il affectionne, mais également de gagner en théâtralité par sa manière de décharger des accumulations de tension très crédibles et très surprenantes chez lui.

Il donne tout avec une intense générosité à laquelle se rallie Sophie Koch dans un état de surtension elle aussi incroyable. Les aigus flambent à travers la salle, sa fierté rayonnante imprègne Genièvre dès le duo du premier acte, puis, elle se transforme en une Vénus dominante et extraordinaire au deuxième acte quand elle sent qu’elle perd Lancelot, et livre un portrait pathétique et bouleversant au dernier acte comme l’était sa Charlotte dans Werther.

Thomas Hampson (Arthus)

Thomas Hampson (Arthus)

Ces deux immenses personnages gravitent autour d’un Thomas Hampson vaillant et vocalement intègre, chantant dans une langue qu’il a toujours affectionné au cours de sa carrière, depuis le Don Carlos interprété avec Roberto Alagna au Théâtre du Châtelet en 1996.

Il brosse une ligne noble, charmeuse et quelque peu innocente du Roi Arthus, ne lui laissant des noirceurs névrotiques qu’au cours de l’entrevue avec Merlin ainsi qu'au dernier acte. Ses affectations impressionnantes donnent cependant le sentiment qu’il recherche plus l’effet que le réalisme psychologique. Il a en fait quelque chose de Philippe II aussi bien au cours de sa rencontre avec l’enchanteur Merlin, tenu par un Peter Sidhom complexe et dépressif – un échange à la hauteur du duo Empereur/Inquisiteur de Don Carlos –, qu'à son grand moment d’abandon final.

Cyrille Dubois, Stanislas de Barbeyrac, Sophie Koch et Roberto Alagna

Cyrille Dubois, Stanislas de Barbeyrac, Sophie Koch et Roberto Alagna

Et les seconds rôles sont défendus par des chanteurs issus de l’Atelier Lyrique, tous resplendissants. Alexandre Duhamel est un jeune Mordred noir et humain, Cyrille Dubois un laboureur splendide et incroyablement poétique – son passage en arrière scène évoque l’appel lunaire du marin dans Tristan et Isolde -, et Stanislas de Barbeyrac offre une très belle émission colorée et légèrement sombre, dont il travaille maintenant la teneur dramatique, qui laisse présager un futur grand Cassio.

Avec un Orchestre et un Chœur de l’Opéra National de Paris monumentaux et inflexibles, tous ces artistes se surpassent pour une œuvre qui vaut un tel investissement musical et interprétatif.

Cyrille Dubois, Philippe Jordan, Sophie Koch, Roberto Alagna

Cyrille Dubois, Philippe Jordan, Sophie Koch, Roberto Alagna

Face à ce déferlement de beautés sonores, les décors, costumes et lumières de la mise en scène de Graham Vick jurent par leur contemporanéité et leur détachement avec ce que l’on entend. Rarement se fondent-ils dans la musique, mais le propos est cohérent.
Le régisseur britannique suit une logique qui montre comment le rêve de bonheur très bourgeois du Roi Arthus – la construction d’une maison, son ameublement avec son canapé et ses petits meubles en bois, son jardin de fleurs jaunes anecdotique – a quelque chose de dérisoire, et va être pulvérisé par l’histoire d’amour entre son ami et sa femme, puis par la guerre.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Au fur et à mesure des scènes, le décor éclate, l’illusion du sens de l’honneur explose – la demeure sort du champ d’épées entourant la table ronde – et ne restent que des débris et un canapé calciné à la fin.

On rêve d’un Bill Viola et d’un Peter Sellars à la mise en scène, tant Philippe Jordan aura été prodigieux.

 

Diffusion de la représentation du 02 juin en direct sur Culturebox, et en différé sur France Musique le samedi 06 juin.

 

 

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Publié le 5 Mai 2015

Macbeth (Giuseppe Verdi)
Représentation du 04 mai 2015
Théâtre des Champs-Élysées

Macbeth Roberto Frontali
Lady Macbeth Susanna Branchini
Banco Andrea Mastroni
Macduff Jean-François Borras
Malcolm Jérémy Duffau
Dama di Lady Macbeth Sophie Pondjiclis
Servo / Araldo Grégoire Guerin
Medico Patrick Ivorra
Duncan / Messager Georges Blanches
Fleance Alex Gallais

Mise en scène Mario Martone
Décors et costumes Ursula Patzak
Lumières Pasquale Mari

Direction Musicale Daniele Gatti
Orchestre National de France
Chœur de Radio France
                                                  Roberto Frontali (Macbeth)

Coproduction Radio France 

Quelques jours après la dernière représentation de ‘Macbeth’ à l’opéra d’Amsterdam qui, malheureusement, n’a pas bénéficié d’une mise en scène convaincante, le Théâtre des Champs Élysées en présente à son tour une nouvelle production.

La direction scénique est cette fois confiée au cinéaste Mario Martone, dont le dernier film, ‘Leopardi, Il giovane favoloso’, est sorti en salle il y a à peine un mois. Ainsi, après avoir révélé la vie du plus grand poète de l’Italie du XIXe siècle, il s’empare d’une des œuvres née d’un éclat de génie du grand compositeur italien de ce même XIXe siècle, Giuseppe Verdi.

Susanna Branchini (Lady Macbeth)

Susanna Branchini (Lady Macbeth)

Sa conception symbolique peut, au premier abord, apparaître comme un contrepied aux lectures modernes et souvent violentes de ces dernières années – Dmitri Tcherniakov à l’Opéra Bastille, Martin Kusej au Staatsoper de Munich et, surtout, l’inoubliable et fantastique mise en scène de Krzysztof Warlikowski à la Monnaie de Bruxelles. Elle va se révéler, pourtant, d’une fascinante sobriété propre à humaniser chacun des rôles, même les plus secondaires.

Chaque scène est donc dépeinte au centre d’un tableau ceint d’un abysse scénique obscur et subtilement éclairci.

Les sorcières en haillons, le (vrai) cheval du messager, noir, et celui du Roi Duncan, blanc, les trônes d’argent symboles du pouvoir, le grand miroir incliné narcissique et reflet de l’avenir, la longue table du banquet, les cadres de portes qui dessinent des issues vers l’inconnu, posent les éléments essentiels de la tragédie de Shakespeare.

Les somptueux costumes d'Ursula Patzak nous remémorent, inévitablement, les images d'une époque où Renato Bruson était le Macbeth de référence.

Les protagonistes entrent par les portes d'avant-scène, mais s'évanouissent dans les ombres de l'arrière-scène.

Roberto Frontali (Macbeth)

Roberto Frontali (Macbeth)

A ce décor qui canalise l’attention du spectateur dans un monde de plus en plus introspectif, Mario Martone incruste judicieusement plusieurs séquences vidéographiques – le fantôme enflammé de Banquo, la forêt de Birnam à laquelle se mêlent le chœur et la cérémonie d’enterrement des enfants de Macduff, le défilé des fils-rois de Banquo -, évitant habilement toute figuration incongrue.

Extraite d’un de ses courts métrages, ‘La meditazione di Hayez’ accompagne enfin, en prélude, la scène de somnambulisme. Lady Macbeth n’a plus qu’à prolonger la belle chorégraphie hors-du-temps de Raffaella Giordano, qui éveille la compassion du spectateur à l’égard de la meurtrière par procuration.

Andrea Mastroni (Banquo) et Alex Gallais (Fleance)

Andrea Mastroni (Banquo) et Alex Gallais (Fleance)

En introduction de cet univers clos, l’intensité très mesurée de l’Orchestre National de France, en apparence excessivement contrôlée par Daniele Gatti, s’écarte des lectures spectaculaires que l’on a pu notamment entendre de la part de chefs tels Teodor Currentzis, à Paris et Munich, ou de Claudio Abbado, au disque.

Mais l’on se rend très vite compte que cette tonalité chambriste concourt à un climat d’ensemble qui resserre encore plus le drame sur la tragédie intérieure des acteurs, et non sur les grands élans épiques. Cet orchestre est en effet celui qui a interprété ‘Parsifal’ dans cette même salle, et qui y interprétera ‘Tristan et Isolde’ la saison prochaine.

Roberto Frontali (Macbeth)

Roberto Frontali (Macbeth)

On découvre donc avec quelle flexibilité il peut modifier sa texture, pour faire ressortir les moindres vibrations naturelles, presque brutes, de chaque instrument, peindre avec finesse les moindres inflexions poétiques et pathétiques, et empreindre ce chef-d’œuvre d’un charme suranné qui met en valeur sa psychologie musicale.

Daniele Gatti allonge les tempi, mais ne lâche pas la bride non plus quand il s’agit de donner de l’impulsion au drame, laissant à peine un motif s’achever pour tisser une nouvelle trame encore plus dynamique.

On aurait alors envie d’entendre cette interprétation dans un théâtre italien, tel celui de Parme ou de Busseto, afin que la correspondance avec l’esprit du compositeur soit totale, bien que la version de ‘Macbeth’ choisie aujourd'hui, la plus communément représentée, soit celle que Verdi réécrivit en partie pour l’Opéra de Paris, en y ajoutant des effets impressionnants.

Roberto Frontali (Macbeth) et Susanna Branchini (Lady Macbeth)

Roberto Frontali (Macbeth) et Susanna Branchini (Lady Macbeth)

Cette version (1865) est par ailleurs rendue intégralement ce soir, hormis le ballet des sorcières prévu avant que Macbeth ne vienne les revoir, le chœur des Sylphes étant, lui, conservé.

Dans le même esprit, le chœur de Radio France enlaidit volontairement ses voix féminines pour incarner la méchanceté sauvage des sorcières, et ne retrouver une humanité intègre que dans les scènes populaires, depuis la soirée festive au château du seigneur d’Ecosse jusqu’à la déploration dans la forêt. Et la marche finale, sans la moindre pompe, laisse une dernière empreinte belle par sa justesse et sa dignité.

Et l’on mesure avec quel sens de l’unité les solistes ont été choisis pour incarner tous ces personnages.

Susanna Branchini (Lady Macbeth)

Susanna Branchini (Lady Macbeth)

La Lady Macbeth de Susanna Branchini a, à la fois, des accents complexes et torturés, de belles lignes longues et sombres dans les aigus, une diction incisive, et des couleurs nettement plus confidentielles dans les graves.

Et si elle se ménage dans les suraigus, aux deux premiers actes, elle compose une fascinante scène de somnambulisme tout en nuances et notes filées, comme si son âme s’évanouissait dans la nuit. Au cours de ce dernier passage, l’Orchestre National de France l’accompagne avec une lenteur déchirante qui fait ressortir ce que la musique de Verdi contient en prémisses du futur 3ème acte de ‘Traviata’ composé six ans après sa première version de ‘Macbeth’ (1847).

Son jeu reste parfois empreint de conventions, les notes pointées s’accompagnent d’à-coups physiques, mais un sang bouillonnant coule dans les veines de cette grande artiste italienne aux origines caribéennes, et on le ressent dans les intonations de sa voix.

Roberto Frontali (Macbeth) – scène des sorcières, Acte III

Roberto Frontali (Macbeth) – scène des sorcières, Acte III

Et le courant passe bien avec son partenaire, Roberto Frontali. Ce baryton clair, dont le timbre rappelle la présence de José Van Dam, exprime des états d’âmes attendrissants que l’on pourrait retrouver dans la figure damnée et paternelle de Rigoletto. Ses déchirements intérieurs le poussent également à prendre des risques en anticipant des attaques – comme celui succédant au ballet des Sylphes – qu’il réussit alors à tenir et amplifier pour laisser le temps à l’orchestre de le rejoindre dans une même communion musicale. Impulsivité, puissance, terreurs maîtrisées, accélérations subites pour ne rien relâcher en tension, ce chanteur est, en effet, un acteur de la musique.

Nettement plus en retrait, et bien qu’il ne fasse de Banco une antre de sonorités inquiétantes, Andrea Mastroni soigne, en revanche, la musicalité de ce rôle souvent confié à des basses volumineuses. Son doux air d’adieu à Fleance, avant de trouver la mort, prend inévitablement une pudeur résignée.

Chœur de Radio France (Ballet des Sylphes)

Chœur de Radio France (Ballet des Sylphes)

Quant à Jean-François Borras, au cœur de la forêt de cendres stylisée, il interprète une déploration magnifiquement chantée, dans la même tonalité, quasi-religieuse, du chœur.

Et chacun aura été impressionné par la dimension nobiliaire de Sophie Pondjiclis, qui hisse la Dama di Lady Macbeth au niveau des couleurs vocales de la princesse Eboli (‘Don Carlo’),

Jérémy Duffau (Malcolm) et Patrick Ivorra (Le Médecin) participent, eux-aussi, à l’équilibre de cette composition vocale réussie.

Un Verdi au surnaturel atténué, tourné vers l’intimité et l’enfermement de ses personnages, une pénombre omniprésente et une peinture musicale qui s’approfondit au cours de la soirée, voilà ce que l’on a entendu avec un recueillement presque trop serein face à la tragédie humaine racontée sur scène.

 

Retransmission de la dernière représentation du samedi 16 mai sur France Musique dès 19h.

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Publié le 1 Mai 2015

TV-Web Mai 2015 Lyrique et Musique

Vendredi 01 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Idomeneo (Mozart)

Theater an der Wien (Micheletto, Jacobs)

Samedi 02 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
La Flûte Enchantée (Mozart)

Baden-Baden (Simon Rattle, Robert Carsen)

Dimanche 03 mai 2015 sur Mezzo à 17h00
Don Pasquale (Donizetti)

MET (Schenk, Levine) avec A.Netrebko

Mardi 05 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Messie (Haendel)

Theater an der Wien (Guth, Spinosi)

Mercredi 06 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Or du Rhin (Wagner)

MET (Terfel, Owens,Levine)

Jeudi 07 mai 2015 sur France 3 à 00h30
Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy)

Cto en sol (Ravel), Symphonie fantastique (Berlioz)
Chamayou, Sokhiev

Vendredi 08 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
La Walkyrie (Wagner)

MET (Terfel, Kaufmann, Voigt,Levine)

Samedi 09 mai 2015 sur Mezzo à 21h30
Don Giovanni (Mozart)

Badeb Baden (Netrebko-Schrott)

Dimanche 10 mai 2015 sur Arte à 00h00
Jules César (Haendel)

Festival de Pentecôte de Salzbourg
Bartoli, Scholl

Dimanche 10 mai 2015 sur Arte à 17h30
Ténors mythiques, les héros de la scène lyrique

Portraits de Kaufmann, Vogt, Grigolo, Seiffert, Calleja

Dimanche 10 mai 2015 sur Arte à 18h30
Schubert (Matthias Goerne)

Dir Jordan

Dimanche 10 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Tristan et Isolde (Wagner)

MET (Dean Smith, Voigt,Levine)

Dimanche 10 mai 2015 sur Arte à 23h00
Une voix pour César

Scholl (contre-ténor)

Mardi 12 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Couronnement de Poppée (Monteverdi)

Opéra de Lille (Yoncheva, Cencic, Haim)

Mercredi 13 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Siegfried (Wagner)

MET (Terfel, Morris, Voigt,Levine)

Jeudi 14 mai 2015 sur France 3 à 00h30
Shéhérazade (Rimski-Korsakov)

Philh. de Saint-Pétersbourg, dir. Temirkanov

Vendredi 15 mai 2015 sur France 2 à 00h30
6ème symphonie (Beethoven), Lever de soleil (Haydn)

Les Dissonances, dir et violon David Grimal

Vendredi 15 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Crépuscule des Dieux(Wagner)

MET (Terfel, Morris, Voigt,Levine)

Dimanche 17 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Parsifal (Wagner)

MET (Kaufmann, Gatti)

Jeudi 21 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Or du Rhin (Wagner)

MET (Terfel, Owens,Levine)

Vendredi 22 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
La Walkyrie (Wagner)

MET (Terfel, Kaufmann, Voigt,Levine)

Samedi 23 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
Tosca (Puccini)

MET (Mattila, Alvarez)

Vendredi 22 mai 2015 sur France 2 à 00h30
Wozzeck (Berg)

Nigl, Byers, Muravitsky, Théâtre du Bolchoi
ms Tcherniakov, dir Currentzis

Dimanche 24 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Tristan et Isolde (Wagner)

MET (Dean Smith, Voigt,Levine)

Lundi 25 mai 2015 sur Arte à 00h45
Messe en si (Bach)

Freiburger Barockorchester, dir. Biller

Mardi 26 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
Arabella (Strauss)

Opéra de Vienne (Magee, Kuhmeier)

Mercredi 27 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Siegfried (Wagner)

MET (Terfel, Morris, Voigt,Levine)

Mercredi 27 mai 2015 sur France 3 à 23h50
La belle excentrique

Poulenc, Fauré, Satie, Rosenthal, Hahn (Patricia Petibon)
Mise en espace Olivier Py

Vendredi 29 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Crépuscule des Dieux(Wagner)

MET (Terfel, Morris, Voigt,Levine)

Samedi 30 mai 2015 sur Mezzo à 20h30
L'Or du Rhin (Wagner)

MET (Terfel, Owens,Levine)

Dimanche 31 mai 2015 sur Arte à 17h30
Histoire de la Scala de Milan

Dimanche 31 mai 2015 sur Mezzo HD à 20h30
La Traviata (Verdi)

Opéra de Paris (Damrau)

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos
Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Le Roi Roger (Royal Opera House - Covent Garden) à partir du 16 mai 2015

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) à partir du 06 mai 2015

Doctor Atomic (Opéra de Strasbourg) jusqu’au 06 mai 2015

Dance – Lucinda Childs (Théâtre de la Ville) jusqu’au 06 mai 2015
Penthesilea (La Monnaie de Bruxelles) jusqu’au 13 mai 2015
Didon et Enée (Opéra de Rouen) jusqu’au 17 mai 2015
Moïse et Pharaon (Opéra de Marseille) jusqu’au 03 juin 2015
La Clémence de Titus (Théâtre des Champs Elysées) jusqu’au 18 juin 2015
Artaserse de Vinci (Opéra National de Lorraine) jusqu’au 23 juin 2015
Tamerlano (La Monnaie) jusqu’au 06  août 2015
Don Quichotte de Shirley et Dino (Opéra Royal de Versailles) jusqu’au 08  août 2015
Alcina (La Monnaie) jusqu’au 10  août 2015
Médée (Bâle) jusqu’au 16  août 2015
Francesca da Rimini (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Aleko (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Les Fêtes Vénitiennes (Opéra Comique) jusqu’au 27 août 2015


El Publico (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Pasquale (Opéra de Vichy) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Giovanni (Opéra de Monte Carlo) jusqu'au 23 septembre 2015
Alceste (La Fenice de Venise) jusqu'au 23 septembre 2015
Orfeo Chaman de Pluhar (Teatro Mayor de Bogota) jusqu'au 24 septembre 2015
Parsifal (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 20 octobre 2015
Médée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 24 octobre 2015
La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu’au 09 novembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015


I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 29 Avril 2015

Ariane et Barbe-Bleue (Paul Dukas)
Livret de Maurice Maeterlinck
Représentation du 26 avril 2015
Opéra national du Rhin (Strasbourg)

Barbe-Bleue Marc Barrard
Ariane Jeanne-Michèle Charbonnet
La Nourrice Sylvie Brunet-Grupposo
Sélysette Aline Martin
Ygraine Rocio Perez
Mélisande Gaëlle Alix
Bellangère Lamia Beuque
Alladine Délia Sepulcre Nativi
Un vieux paysan Jaroslaw Kitala
Deuxième paysan Peter Kirk
Troisième paysan David Oller

Direction musicale Daniele Callegari
Mise en scène Olivier Py                                            
Sylvie Brunet-Grupposo (La Nourrice)
Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Orchestre symphonique de Mulhouse

Pour l’ouverture de sa quatrième saison à la direction de l’Opéra national de Paris, au début de l’automne 2007, Gerard Mortier fit découvrir au public de la grande salle Bastille l’unique opéra achevé de Paul Dukas, Ariane et Barbe-Bleue, cent ans après sa création à l’Opéra-Comique.

Dans la salle, un spectateur en particulier fut ébloui tant par la musique que par le livret de Maurice Maeterlinck, Olivier Py.

Olivier Py

Olivier Py

Moins de huit ans plus tard, l’Opéra national du Rhin lui offre naturellement la direction scénique de cette œuvre puissante et rarement jouée, ainsi que le pouvoir d’imaginer une théâtralité qui mette en relief le sens de la poésie des mots.

Et alors que l’on entend en fond sonore le souffle d’un vent lugubre, l’ouverture quelque peu cinématographique, proche en plus feutré de celle qu’écrivit Leos Janacek pour l’Affaire Makropoulos, nous entraine vers deux mondes, l’un souterrain, sur la partie inférieure de la scène, et l’autre, extérieur et fantastique, sur sa partie supérieure.

Dans le sous-sol délabré et faiblement éclairé, Ariane et sa nourrice sont à la recherche des portes du château parmi des décombres désolés, alors qu’en surface, le décor change incessamment en passant d’une forêt d’arbres blancs et fantomatiques à la chambre de Barbe-Bleue, éclairée en contre-jour par un lustre de cristal, pour tendre vers des scènes de plus en plus fantasmagoriques et érotiques.

L’intérieur du château de Barbe-Bleue

L’intérieur du château de Barbe-Bleue

Barbe-Bleue – chanté en quelques répliques par Marc Barrard – prend, par la suite, l’apparence d’un acteur au physique impeccablement sculpté, orné d’une tête de taureau, symbole évident du Minotaure, tapi au centre du labyrinthe intérieur, et de ses propres forces animales.

Ce magnétisme est ce qui a piégé les cinq premières femmes, et la lutte entre le seigneur et Ariane évolue en scène de séduction sexuelle. Mais cela ne change rien à la détermination de la jeune femme.

Olivier Py profite alors d’amples mouvements symphoniques pour représenter nombre de scènes de nus féminins ou masculins, superbement éclairées par des jeux d’ombres et de lumières irréels, une beauté des gestes souple et mystérieusement silencieuse.

Jeanne-Michèle Charbonnet (Ariane)

Jeanne-Michèle Charbonnet (Ariane)

Son décor réunit en un même monde la forêt extérieure où se sont retranchés les paysans en colère et les méandres glauques, rougeoyants, et violents de l’univers mental de Barbe-Bleue.

A travers les vitres brisées du château, la sensualité panthéiste des prisonnières sublimée par le chœur se mélange à des rites païens. Les danses exposent les corps, et la disposition des femmes, dans la scène finale, autour de Barbe-Bleue, nu, de dos, évoque très fortement les tableaux de Goya El Gran Cabron.- Le Sabbat des sorcières.

Car tout l’enjeu de la mise en scène, fascinante et réussie dans sa démonstration du pouvoir attractif d’un monde sinistre, est de révéler ces forces occultes qui vont étouffer tout désir de liberté et de vérité chez les victimes du monstre.

Combat de Barbe-Bleue et des paysans

Combat de Barbe-Bleue et des paysans

Elle interroge chacun sur sa propre situation face à toutes les libertés de mouvement, de rêve et de penser, et nous renvoie à notre propre constat que l’être humain ne souhaite pas nécessairement accéder, à des degrés divers, à une vie libre et indépendante psychologiquement des désirs d’autrui.

L’esthétique homo-érotique, contenue en partie dans le texte, imprime également des tableaux d’une beauté saisissante – la scène de lutte entre Barbe-Bleue et les paysans dans la clairière de la forêt -, loups et faucons vivants apparaissant même très furtivement pour accentuer le fantastique de la situation.

Il est d’ailleurs jubilatoire d’assister aux libertés signifiantes que prend Olivier Py, alors que la leçon de liberté d’Ariane vire à l’échec complet. La foi est impuissante face à l’obscurantisme choisi.

Ariane et Barbe-Bleue (J.M Chardonnet, S.Brunet, D.Callegari, Olivier Py) Strasbourg

Mais si nous nous laissons aussi facilement prendre par la scénographie, nous le devons à l’immédiateté de ses résonances avec la musique de Dukas. La patine de l’orchestre symphonique de Mulhouse a, certes, une pâte âpre, mais son énergie bouillonnante et flamboyante charrie des flots d’humeurs noires qui relancent le drame avec force, tout en lui donnant une opacité qui rappelle les couleurs qu’avait tiré Marc Minkowski de l’orchestre de La Monnaie, lorsqu’il dirigea le Trouvère de Verdi.

Daniele Callegari peut donc autant lâcher la bride que soigner les traits lumineux et éphémères de la partition, tout en privilégiant le vivant de cette masse orchestrale impressionnante. La qualité des drapés musicaux n’atteint cependant pas l’esthétique très germanique que Sylvain Cambreling avait sculptée précieusement avec les musiciens de l’Opéra national de Paris.

Jeanne-Michèle Charbonnet (Ariane) et Marc Barrard (Barbe-Bleue)

Jeanne-Michèle Charbonnet (Ariane) et Marc Barrard (Barbe-Bleue)

Car la musique est aussi considérée comme le souffle qui porte les chanteurs dans leurs élans exaltés. Jeanne-Michèle Charbonnet a ainsi une voix immense pour la salle, et un tempérament presque fanatique qui peut compter sur l’expressivité d’une tessiture grave complexe, et sur la puissance d’un vibrato qui dénature trop ses aigus.
Mais ce personnage d’Ariane lui convient bien, car elle incarne une solidité humaine, malgré les fragilités, et une forme de naïveté qui la rapprochent de l’Élisabeth du Tannhäuser de Wagner.

Olivier Py est, vraisemblablement, autant responsable de cette impression de similitude entre l’œuvre de Dukas et celle du musicien allemand.

Ariane et Barbe-Bleue (J.M Chardonnet, S.Brunet, D.Callegari, Olivier Py) Strasbourg

Seulement, une autre chanteuse éveille notre fibre dramatique, Sylvie Brunet-Grupposo. Depuis quelques années, nous avons l’impression d’assister chez elle à un épanouissement artistique très émouvant, car toutes ses incarnations – Geneviève, Azucena, Gertrude – allient expressivité vocale, unicité d’un timbre parfaitement identifiable, vérité du geste et sensibilité à l’urgence de situation.
La tessiture de sa voix, très homogène, permet pourtant de faire passer des sentiments très humains et très proches, comme peu de mezzo savent les communiquer avec autant de simplicité.

Et c’est parmi les femmes de Barbe-Bleue, Aline Martin, Rocio Perez, Gaëlle Alix, Lamia Beuque et Délia Sepulcre Nativi que l’on entend les éclats les plus purs de la langue française, sans la moindre altération.

Daniele Callegari, Olivier Py et Jeanne-Michèle Charbonnet

Daniele Callegari, Olivier Py et Jeanne-Michèle Charbonnet

Le chœur, lui, disposé dès l’ouverture dans les loges de côté, chante dans la même tonalité mystérieuse et virile de la musique. A son écoute, on pense beaucoup à l’écriture de Benjamin Britten, musicien pourtant postérieur à Paul Dukas.

La saison prochaine, au mois d’octobre, l’Opéra national du Rhin programmera Pénélope de Gabriel Fauré, poème composé six ans après Ariane et Barbe-Bleue. Olivier Py sera à nouveau à la mise en scène, et, à nouveau, on viendra y retrouver un univers intérieur dangereux et fascinant.

 

La dernière représentation sera diffusée en direct sur Culture Box le 6 mai à 20h (lien ci-dessous).

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) à partir du 06 mai 2015

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Publié le 25 Avril 2015

Les Cassandres animent Milhaud en fête
Récital du 19 avril 2015
Allée Darius Milhaud – Paris 19ème

L’Elixir d’amour (Gaetano Donizetti – 1832)
Come Paride vezzoso
Les Noces de Figaro (W.A Mozart – 1786)
Voi che sapete
Don Pasquale (Gaetano Donizetti – 1843)
Bella siccome un angelo
Les Noces de Figaro (W.A Mozart – 1786)
Non so piu cosa son, cosa faccio
Don Giovanni (W.A Mozart – 1787)
La ci darem la mano

Avec Virginie Rodde (piano), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Emmanuel Gendre (Baryton)
Mise en espace Dorothée Daffy
Assistant technique et président des Cassandres Florian Dintilhac

                                            Emmanuel Gendre (Don Giovanni) et Charlotte Schumann (Zerline)

Après la fermeture des abattoirs de la Villette en 1974, le quartier nord-est de Paris situé entre le canal de l’Ourcq et le parc des Buttes-Chaumont fut profondément remanié.
D’un vaste plan d’urbanisation naquit une cité culturelle à l’origine du Zénith (1983), de la Géode (1985), de la Cité des sciences et de l’industrie (1986), du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (1991) et de la cité de la musique (1995) dont la dernière grande réalisation, la Philharmonie, vient d’être inaugurée en janvier 2015.

Milhaud en fête

Milhaud en fête

Cette réhabilitation s’est prolongée dès 1990 par l’aménagement de la ZAC Manin-Jaurès située au sud du parc, et de ce grand bouleversement urbain apparurent des rues nommées en hommage aux musiciens du Groupe des Six, dont quatre d’entre elles, la rue Georges Auric, la rue Erik Satie, la place Francis Poulenc et l’allée Darius Milhaud se croisent en son centre.

C’est donc en plein milieu d'un quartier où vit une population mixte par ses origines et ses cultures religieuses que, chaque année, une grande journée donne l’occasion à tout le monde de se retrouver autour d’animations alliant vide-grenier, jeux de société et apéro-participatif.

Charlotte Schumann et Dorothée Daffy

Charlotte Schumann et Dorothée Daffy

Pour la nouvelle édition de Milhaud en fête, la compagnie de théâtre lyrique Les Cassandres est venue discrètement se fondre dans le brouhaha entourant une des écoles maternelles participant aux festivités en ce jour ensoleillé, afin de surprendre les passants baignés, jusqu’à leur arrivée, dans une ambiance musicale électronique et répétitive.

Seule la pianiste, Virginie Rodde, jouant les premières mesures au milieu des stands, attirait les regards. Mais lorsque le jeune baryton de la troupe, Emmanuel Gendre, commença à chanter la demande en mariage ‘Come Paride vezzoso’ de l’Elixir d’amour, l’étonnement et les timidités du public apparurent au grand jour. Car la voix lyrique, inhabituelle, est en écart avec le quotidien, et renvoie toujours à l’expression de sentiments exceptionnels.

Emmanuel Gendre (Malatesta) et un passant jouant à son insu Don Pasquale

Emmanuel Gendre (Malatesta) et un passant jouant à son insu Don Pasquale

Le chanteur gagne en aisance alors que ses interlocuteurs sourient d’étonnement et de plaisir.

Jouant avec le même émoi que les auditeurs, car elle est le symbole désiré de ce premier air, la Mezzo-soprano Charlotte Schumann enchaîne naturellement l’air de Cherubin, ‘Voi che sapete’, qui est à nouveau une déclaration d’amour, mais cette fois destinée à la Comtesse Rosine des Noces de Figaro.

Dans cet air, c’est Cherubin qui est censé être intimidé. Pourtant, un jeune garçon réfugié auprès de sa mère le sera encore plus, pris qu’il est sous les regards de la chanteuse.

Charlotte Schumann (Cherubin)

Charlotte Schumann (Cherubin)

Vient alors l’air qui va déclencher une réaction inattendue de la part d’un spectateur.
‘Bella siccome un Angelo’ est un air de Donizetti enivrant par lequel le docteur Malatesta présente à Don Pasquale, un riche célibataire, la jeune fille qu’il souhaite lui faire épouser.

Emmanuel Gendre n’a même pas achevé sa dernière mélopée virtuose, qu’un habitant du quartier, touché au cœur, s’adresse au chanteur pour que lui et l’ensemble de la troupe n’en restent pas là, et fassent quelque chose de plus grand, tant l’emprise avec les gens est géniale et spontanée.

Emmanuel Gendre et un spectateur ému par son interprétation de ‘Bella siccome un angelo’

Emmanuel Gendre et un spectateur ému par son interprétation de ‘Bella siccome un angelo’

Mais Chérubin est toujours présent, et Charlotte Schumann interprète ‘Non so piu cosa son, cosa faccio ‘, le deuxième air d’un des personnages les plus attachants de Mozart, alors qu’il déclare flamme et désarroi à la Comtesse.

Et pour achever ce récital de rue par un duo mozartien, les deux chanteurs se réunissent dans la complicité de ‘La ci darem la mano’, scène de séduction de Don Giovanni et Zerline, donnant ainsi aux spectateurs un exemple d’air où deux voix se rejoignent dans des tonalités pourtant bien distinctes. La difficulté, pour les deux chanteurs, est alors de ne pas se laisser emporter par la ligne musicale de l’autre.

Air de Don Giovanni ‘La ci darem la mano’. Emmanuel Gendre (Baryton), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Virginie Rodde (piano), Florian Dintilhac (assistant)

Air de Don Giovanni ‘La ci darem la mano’. Emmanuel Gendre (Baryton), Charlotte Schumann (Mezzo-soprano), Virginie Rodde (piano), Florian Dintilhac (assistant)

François Dagnaud, le maire du 19ième arrondissement, et Mahor Chiche, adjoint chargé de la démocratie locale, de la mémoire et des relations avec le monde combattant, ont pu par eux-mêmes constater comment l’Art lyrique est un révélateur émotionnel fabuleux, qui n’est pas ancré uniquement dans la vie affective de celles et ceux qui fréquentent les salles de concerts, mais également dans l’inconscient de nombre de gens qui l’ont intégré plus simplement dans leur vie de tous les jours.

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