Publié le 3 Juin 2019

TV-Web Juin 2019 - Lyrique et Musique

Dimanche 02 juin 2019 sur France 3 à 00h05
Samson et Dalila (Saint-Saëns) - ms Kokkos - dm Gergiev
Semenchuk, Kunde, Burdenko, Petrenko

Dimanche 02 juin 2019 sur Arte à 18h15
Stravaganza d'Amore - dm Pichon
Desandre, Zaïcik, Richardot, Comillot, Gonzalez Toro

Vendredi 07 juin 2019 sur France 5 à 00h50
Emmanuelle Haïm, la femme orchestre

Vendredi 07 juin 2019 sur France 2 à 01h40
Lucio Silla (Mozart) - dm Equilbey

Fagioli, Pudova, Liberatore, Skerath, Eerens

Dimanche 09 juin 2019 sur France 3 à 00h30
Don Pasquale (Donizetti) - ms Cigni - dm Fores Veses

Del Savio, Sohn, Romanovsky, Martini

Dimanche 09 juin 2019 sur Arte à 18h30
Le Carnaval des animaux (Saint-Saëns)

Lundi 10 juin 2019 sur France 3 à 02h00
Samson et Dalila (Saint-Saëns) - Théâtre Mariinski 

Mardi 11 juin 2019 sur Arte à 00h30
Luchino Visconti, entre vérité et passion

Vendredi 14 juin 2019 sur France 2 à 00h05
Agrippina (Haendel) - ms Carsen - dm Hengelbrock

De Niese, Mineccia, Kares, Pass, Verney, Seidi

Dimanche 16 juin 2019 sur Arte à 18h30
5e symphonie (Beethoven) - dm Immerseel

Lundi 17 juin 2019 sur France 3 à 02h25
Don Pasquale (Donizetti) - ms Cigni - dm Fores Veses

Del Savio, Sohn, Romanovsky, Martini

Mercredi 19 juin 2019 sur Arte à 21h00
Musique en fête! En direct du théâtre antique d'Orange.

Dimanche 23 juin 2019 sur France 3 à 00h30
Iolanta-Casse-Noisette (Tchaïkovski) - ms Tcherniakov - dm Altinoglu

Tsymbalyuk, Yoncheva, Rutkowski, Zaremba

Dimanche 23 juin 2019 sur Arte à 02h30
Elton John - a singular man

Dimanche 23 juin 2019 sur Arte à 18h05
5e symphonie (Beethoven) - dm Ozawa

Lundi 24 juin 2019 sur Arte à 01h45
Orphée et Eurydice (Glück) - ms Bory - dm Pichon

Crebassa, Guilmette, Desandre

Vendredi 28 juin 2019 sur France 2 à 00h05
Le Retour d'Ulysse dans sa patrie (Monteverdi) - ms Clément - dm Häim

Villazon, Kozena, Watson, Spicer, Gillet, druet

Mercredi 03 juillet 2019 sur France 2 à 00h05
Hip Hop symphonique - dir Krimi

Mercredi 03 juillet 2019 sur Arte à 22h35
L'héritage de Pina Bausch

Dimanche 07 juillet 2019 sur France 3 à 00h05
Aida (Verdi) - ms Fourny - dm Arrivabeni

O'Connor, Alvarez, Rachvelishvili, Courjal, Kelsey, Gomberg

Dimanche 07 juillet 2019 sur Arte à 18h15
Mimi, Carmen, Violetta : romantiques et fatales


Mezzo et Mezzo HD

Samedi 01 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Norma de Bellini au Royal Opera House

Dimanche 02 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
La Clémence de Titus de Mozart au Festival de Glyndebourne

Mercredi 05 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns

Vendredi 07 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Les Fiançailles au Couvent de Prokofiev au Staatsoper de Berlin

Samedi 08 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Madama Butterfly de Puccini au Royal Opera House

Dimanche 09 juin 2019 sur Mezzo et Mezzo HD à 19h30
Mazepa de Tchaïkovski au Mariinski de Saint-Pétersbourg (direct)

Mercredi 12 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Les Noces de Figaro de Mozart à l'Opéra de Wallonie-Liège

Vendredi 14 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Falstaff de Verdi au Teatro Real de Madrid

Samedi 15 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Katerina Ismaïlova de Chostakovitch au Bolchoï de Moscou

Dimanche 16 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Poliuto de Gaetano Donizetti au Festival de Glyndebourne

Mercredi 19 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Jalil de Nazib Zhiganov au Théâtre d'Opéra et de ballet académique d'état Tatar, Kazan

Vendredi 21 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Vendredi 21 juin 2019 sur Mezzo à 22h15
Les Chants des possibles: rencontre lyrique internationale à Paris

Samedi 22 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Joyce DiDonato chante La Donna del Lago de Rossini au Metropolitan Opera

Dimanche 23 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
La Traviata de Verdi au Festival de Glyndebourne

Mercredi 26 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Aquagranda de Filippo Perocco à la Fenice de Venise

Vendredi 28 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
La Clémence de Titus de Mozart au Festival de Glyndebourne

Samedi 29 juin 2019 sur Mezzo à 20h30
Norma de Bellini au Liceu de Barcelone

Dimanche 30 juin 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Les Noces de Figaro de Mozart à l'Opéra de Wallonie-Liège

Mercredi 03 juillet 2019 sur Mezzo à 20h30
La Clémence de Titus de Mozart au Festival de Glyndebourne

Vendredi 05 juillet 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns

Samedi 06 juillet 2019 sur Mezzo à 20h30
La Traviata au Festival de Glyndebourne

Dimanche 07 juillet 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Ariane à Naxos de Richard Straus au Festival d'Aix-en-Provence

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

Attention : depuis le 15 avril 2019, le site Culturebox a été renommé, et pour le trouver il faut aller sur www.France.TV, sélectionner en haut du menu "Catégorie", puis "Culture". Ensuite, se rendre aux vidéos "Opéra et Musique Classique". Les dates de fin de validité des vidéos d'opéras ne sont pas toujours correctes, et certaines vidéo toujours accessibles directement, ne sont plus visibles depuis ce nouveau site.

La Traviata (Chorégie d'Orange 2016, avec Placido Domingo) jusqu'à une durée indéterminée.

Macbeth (Teatro de la Fenice) jusqu'au 06 juin 2019

Caligula (Opéra avec l'Arcal et le Poème de l'Harmonie) jusqu'au 11 juin 2019

Tosca (Opéra de Rome) jusqu'au 12 juin 2019

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Simon Boccanegra (Opéra de Paris) jusqu'au 15 juin 2019

Le concert des étoiles - Hommage à Mozart jusqu'au 15 juin 2019

Katia Kabanova (Teatro San Carlo) jusqu'au 19 juin 2019

Lessons in love and violence (Royal Opera House, Londres) jusqu'au 21 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Angelin Preljocaj, danser l'invisible jusqu'au 22 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Vienne, capitale de l'Europe musicale, jusqu'au 25 juin 2019

Maria Callas, une vie d'Opéra jusqu'au 27 juin 2019

Tristan und Isolde (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 27 juin 2019

 

Le Roi Arthur (Vox Luminis) jusqu'au 04 juillet 2019

Ariane à Naxos (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 10 juillet 2019

Pierre et le loup jusqu'au 10 juillet 2019

Manru (Polish National Opera) jusqu'au 18 juillet 2019

La Bohème (Komische Oper Berlin) jusqu'au 26 juillet 2019

Xerxès (Deutsche Oper Am Rhein) jusqu'au 31 juillet 2019

La Damnation de Faust (Opéra de Versailles) jusqu'au 01 août 2019

Billy Budd (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 07 août 2019

Les Vêpres de Monteverdi jusqu'au 10 août 2019

La Gioconda (La Monnaie) jusqu'au 11 août 2019

L'incantesimo (Opéra National de Lettonie) jusqu'au 20 août 2019

Pagliacci (Opéra de Riga) jusqu'au 20 août 2019

Le Lac des Cygnes (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 août 2019

Roxy und ihr Wunderteam (Komische Oper Berlin) jusqu'au 30 août 2019

Alceste (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 30 août 2019

 

Ice (Finnish National Opera & Ballet) jusqu'au 04 septembre 2019

Trois Contes (Opéra de Lille) jusqu'au 13 septembre 2019

Frankenstein (Théâtre de La Monnaie) jusqu'au 14 septembre 2019

Il Trionfo del Tempo (Festival d'Ambronay) jusqu'au 19 septembre 2019

Werther (Bergen National Opera) jusqu'au 21 septembre 2019

Il Trovatore (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 22 septembre 2019

Falstaff (Garsington Opera) juqu'au 25 septembre 2019

La Juive (Opera Vlaanderen) jusqu'au 05 octobre

Nuit Erik Satie (Philharmonie de Paris) jusqu'au 07 octobre 2019

Orfeoe Euridice (Irish National Opera) jusqu'au 11 octobre 2019

Rodelinda (Opéra de Lille) jusqu'au 12 octobre 2019

Madrigaux de Dowland, Wert, Monteverdi (Ambronay 2018) jusqu'au 23 octobre 2019

La Khovantchina (Theatre Stanislavsky)  jusqu'au 25 octobre 2019

Il bravo (Festival de Wexford) jusqu'au 26 octobre 2019

Sémiramide (Opéra La Fenice) jusqu'au 30 octobre 2019

Oprhée et Eurydice (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 02 novembre 2019

Antropocène (Scottish Opera) jusqu'au 16 novembre 2019

Le concert des étoiles (Chorégies d'Orange) jusqu'au 17 novembre 2019

La Traviata (Icelandic Opera) jusqu'au 23 novembre 2019

Aida (Teatro de la Fenice) jusqu'au 26 novembre 2019

Macbeth (La Fenice) jusqu'au 04 décembre 2019

El Prometeo (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 05 décembre 2019

Play (Opéra National de Paris) jusqu'au 07 décembre 2019

Agrippina (The grande festival) jusqu'au 11 décembre 2019

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 12 décembre 2019

L’oca del Cairo, ossia Lo sposo deluso (Hungarian State Opera) jusqu'au 20 décembre 2019

 

Ariane et Barbe Bleue (Capitole de Toulouse) jusqu'au 14 janvier 2020

Il Sogno Di Scipione (La Fenice) jusqu'au 18 février 2020

Aida (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 09 mars 2020

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

Anna Bolena (Opéra Royal de Walloni) jusqu'au 16 avril 2020

Phaéton (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 24 avril 2020

La Passion selon Saint-Jean (Festival de Pâques) jusqu'au 04 mai 2020

La Clémence de Titus (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 24 mai 2020

La messe en si (Philharmonie de Paris) jusqu'au 26 mai 2020

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

Laurence Equilbey dirige Thamos de Mozart (Seine Musicale) jusqu'au 13 décembre 2020

Barbara Hannigan dirige Bartok, Haydn, Ligeti et Kurtag (Radio France) jusqu'au 24 juillet 2021

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 23 Mai 2019

Tristan und Isolde (Richard Wagner)
Représentation du 17 mai 2019
Théâtre de la Monnaie (Bruxelles)

Tristan Bryan Register
King Marke Franz-Josef Selig
Isolde Ann Petersen
Kurwenal Andrea Foster Williams
Melot Wiard Witholt
Brangäne Nora Gubisch
Stimme eines jungen Seemanns Ed Lyon

Direction musicale Alain Altinoglu
Concept artistique Ralf Pleger & Alexander Polzin (2019)

Coproduction Teatro Communale di Bologna

                                                                                                    Bryan Register (Tristan)

Dans la continuité de sa vibrante interprétation de Lohengrin mis en scène par Olivier Py la saison dernière, Alain Altinoglu se mesure dorénavant à l'ouvrage le plus fantasmé des amoureux de la musique de Richard Wagner, Tristan und Isolde, dans une scénographie confiée à Ralf Pleger et Alexander Polzin.

Ann Petersen (Isolde)

Ann Petersen (Isolde)

Au cours de ces vingt dernières années, ces deux artistes allemands se sont principalement illustrés, pour le premier, dans la réalisation de portraits de compositeurs ou d’interprètes (Simone Young, Joyce DiDonato, Anne-Sophie Mutter), et, pour le second, dans la conception de sculptures et de décors pour des opéras et des événements musicaux.

Ainsi, lors de son passage fécond au Teatro Real de Madrid, Gerard Mortier fit régulièrement appel à Alexander Polzin pour imaginer les décors de plusieurs de ses nouvelles productions telles La Pagina en blanco, La Conquista de México, Lohengrin ou bien, peu après sa disparition, El Publico.

Leur approche du poème de Tristan et Isolde se révèle, ce soir, esthétique et fortement contemplative, et s’ils délaissent totalement l’analyse psychologique et le sens théâtral, les deux concepteurs concentrent exclusivement leur attention sur l’intemporalité de la musique en lui attachant, à chaque acte, une image de la nature qui caractérise le mieux l’infini de la vie.

Bryan Register (Tristan)

Bryan Register (Tristan)

Dans cet esprit, la première partie se déroule dans une grotte dont les stalactites se reflètent sur les miroirs du sol et de l’arrière scène, si bien que, avec un peu de hauteur, le spectateur peut admirer tout un jeu de reflets qui démultiplient non seulement les formes des structures calcaires, mais également les chanteurs, le chef d’orchestre, et même le public. Le volume de l’espace scénique s’élargit considérablement, et l’imperceptible évolution des concrétions tombant vers les sous-sols de la Terre renvoie à un irrésistible sentiment de lenteur.

Le lien avec le long voyage marin d’Irlande vers les Cornouailles n'appairait pas plus évident, mais l’on perçoit une tentative d’illustration de la difficulté de deux êtres à se rejoindre.

Ann Petersen (Isolde), Alain Altinoglu et Nora Gubisch (Brangäne)

Ann Petersen (Isolde), Alain Altinoglu et Nora Gubisch (Brangäne)

Le second acte est par la suite aggloméré autour d’un immense récif corallien blanc ouaté aux branches torturées, comme s’il s’agissait d’une forêt impénétrable où, en effet trompe-l’œil, s’animent les corps de danseurs se fondant avec le squelette de calcite. A nouveau, l’on éprouve une inévitable sensation de pétrification de la vie.

Enfin, au cours de  la dernière partie, les souffrances de Tristan s’exacerbent sur un fond d’univers où des silhouettes obscures et dorées d’étoiles et de planètes font apparaître des structures tubulaires et transparentes créées par des faisceaux lumineux, laissant à l’imagination la possibilité d’y voir des espace-temps parallèles, et donc l’espoir de croire à des passages inconnus pour voyager à travers l’univers.

La poétique de l’amour absolu et de la mort inhérent à Tristan und Isolde prend forme dans une réflexion visuelle sur la faculté de l’univers à déjouer le long écoulement du temps. A charge de l’audience d’y trouver une inspiration pour sa propre conscience, ou d’en rester à l’admiration artistique du travail de la matière et de la lumière.

L'espace temps (3eme acte)

L'espace temps (3eme acte)

En choisissant une lecture fine et évanescente, chambriste par sa faculté à laisser aux chanteurs leur plein impact vocal, Alain Altinoglu s’adapte habilement au thème désincarné du temps absolu que véhicule la scénographie, et l’orchestre symphonique de la Monnaie fait honneur à cette souplesse d’approche. Les passionnés de remous noirs et violents ne s’y retrouveront pas, les oreilles sensibles aux délicatesses bien plus. Certes, quelques sonorités de vents pourraient se dissoudre plus subtilement dans le flux sonore, et la tonicité du tissu musical gagnerait à s’affermir d’avantage, mais les miroitements et les caresses orchestrales ont leur charme qui incite constamment au rêve.

Franz-Josef Selig (King Marke) et Nora Gubisch (Brangäne)

Franz-Josef Selig (King Marke) et Nora Gubisch (Brangäne)

Et l’unité qui lie les solistes, comme s’ils représentaient une humanité un peu perdue dans un univers qui les dépasse, se ressent à chaque instant. Ann Petersen, le pivot central de la distribution, ne semble aucunement affectée par l’importance du rôle d’Isolde, et son chant teinté de pathétisme, reposant sur un médium complexe qui mêle sonorités graves et poitrinées, se libère soudainement dans un élan de vaillance d’une magnifique clarté satinée dans les aigus, clarté d’une couleur de timbre fort semblable à celle de Ricarda Merbeth qui alterne avec elle dans cette production..

Toute la scène finale d’ « Ich bin’s, ich bin’s » à la mort d’Isolde est par ailleurs interprétée avec une sensibilité et une plénitude qui emplissent le cœur de grâce.

Bryan Register (Tristan)  et Ann Petersen (Isolde)

Bryan Register (Tristan) et Ann Petersen (Isolde)

Bryan Register est une agréable découverte, un grain vocal mûr qui conserve sa riche texture quelles que soient les tensions du chant, ni Tristan joueur et idéaliste, ni Tristan profondément névrosé, il incarne une constance de sentiment en toutes circonstances. On ne ressent que dans les dernières minutes un certain essoufflement.

Nora Gubisch porte Brangäne au même niveau qu’Isolde pendant la première partie, que ce soit par son caractère ou son étoffe vocale, mais soutient moins sa dimension élégiaque lors de l’appel à la Lune, et Franz-Josef Selig, dont on connait le potentiel tragiquement expressif qu’il peut donner à Marke, est simplement maintenu dans une posture plus solennelle qui permet uniquement de profiter de la magnanimité de son chant si bien posé.

Ann Petersen (Isolde)

Ann Petersen (Isolde)

Quant à Andrea Foster-Williams, entier dans son incarnation, il rend à Kurnewal tout son volontarisme, et parait être le seul à se départir du statisme du jeu scénique, alors que le Melot de Wiard Witholt semble en revanche délaissé par la direction d’acteur.

Et la belle présence d'Ed Lyon, surlignée par la plénitude de son chant d'ébène, fait intensément passer au premier plan un marin habituellement mis en retrait.

Au sein de ce spectacle à la fois déroutant et prégnant, ce sont donc l’inédit du travail artistique sur les formes et la suavité interprétative de la direction orchestrale qui s’imposent sur le destin des êtres.

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Publié le 19 Mai 2019

Tosca (Giacomo Puccini)
Représentation du 16 mai 2019 
Opéra Bastille

Floria Tosca Anja Harteros
Mario Cavaradossi Vittorio Grigolo (16 mai)
                                Jonas Kaufmann (5 juin)
Il Barone Scarpia Željko Lučić
Cesare Angelotti Sava Vemić
Il Sagrestano Nicolas Cavallier
Spoletta Rodolphe Briand
Un prisonnier Christian Rodrigue Moungoungou 

Mise en scène Pierre Audi (2014)
Direction musicale Dan Ettinger

2 ans et demi après la première Tosca d’Anja Harteros à l’opéra Bastille sous la direction de Dan Ettinger et dans la mise en scène de Pierre Audi, une nouvelle série de représentations est jouée cette saison avec ces mêmes artistes, auxquels se joignent Vittorio Grigolo, pour la première, et Željko Lučić dans les rôles respectifs de Cavaradossi et Scarpia.

Anja Harteros (Tosca)

Anja Harteros (Tosca)

3e opéra le plus interprété au monde après La Traviata et La Bohème, œuvres de Verdi et Puccini qui évoquent toutes deux le Paris post-révolutionnaire, Tosca révèle également un lien avec la France, puisque l’intrigue se déroule à Rome peu après son détachement de la République française par les Napolitains, marquée par la bataille de Marengo qui permettra à Napoléon Bonaparte de porter un coup décisif lors de sa campagne d’Italie, et de reprendre quelques années plus tard la ville.

Et en confiant cette nouvelle première représentation de Tosca à un ténor toscan ayant vécu toute son enfance à Rome, l’Opéra de Paris ne pouvait trouver meilleur remplaçant de Jonas Kaufmann que Vittorio Grigolo, qui incarne la fougue de la jeunesse romaine avec un splendide impact vocal solaire dont, probablement, seul Roberto Alagna pourrait atteindre la même franchise de rayonnement.

Anja Harteros (Tosca) et Vittorio Grigolo (Cavaradossi)

Anja Harteros (Tosca) et Vittorio Grigolo (Cavaradossi)

Cet artiste exceptionnel se montre en fait irradiant, comme s’il cherchait à se consumer lui-même face à un public sidéré par l’animal qui se comporte comme un monstre de sentiments exubérants qu’aucun des spectateurs ne sera capable d’être dans sa vie.  En exprimant ainsi un désir aussi ardent, Vittorio Grigolo fait alors resurgir la mémoire des Cavaradossi de légende, Carlo Bergonzi et Luciano Pavarotti en tête, et atteint un summum d’intensité lorsqu’il se débat pour défendre ses idéaux de liberté universelle sous la menace des sbires du chef de la police, Scarpia.

On peut trouver cette générosité excessive, mais, dans une salle telle Bastille, cet engagement hors mesure est l’essence même de l’art vivant de l’opéra, une exaltation des plus pures et des plus extrêmes de l’extraversion des idéaux humains. Et pourtant, E Lucevan le Stelle semble sortir d’outre-tombe, enseveli sous l’accablement, coupant le souffle de l’audience qui se demande ce qui va émerger d’une telle force éruptive entièrement sous contrôle. 

Vittorio Grigolo (Cavaradossi)

Vittorio Grigolo (Cavaradossi)

Željko Lučić n’a sans doute pas la même prégnance, mais son approche, directe à sa manière, exempte de toute caricature manichéenne, habite le baron Scarpia d’une forme de cynisme désinvolte pour lequel la violence est inhérente. Son timbre sibyllin contribue au manque de netteté de caractère qu’il dessine avec aisance non sans ironie, comme s’il ne prenait pas au sérieux sa propre présence.  Ses désirs sont entièrement assumés, nimbés d’un voile fumé dans la voix qui ne diminue pourtant pas la présence sourde et venimeuse de son personnage.

Željko Lučić (Scarpia)

Željko Lučić (Scarpia)

Entourée ainsi de la plus belle expression du désir brûlant de la part de son amant et des désirs sournois de son tortionnaire, Anja Harteros offre à Bastille une Tosca passionnante de subtilité, acharnée dans la violence, et élégiaque dans ses soupirs. Son jeu scénique recherche les poses expressives, se départit des mouvements tournoyants un peu inutiles que l’on avait remarqué à l’automne 2016, et l’impulsivité ne prend jamais le dessus sur l’élégance aristocratique qui la dépeint si finement. L’incarnation est approfondie dans les moindres détails, tels ces spasmes d’excitation qui la saisissent à la découverte du sauf-conduit qui les libéreront, elle et Mario, de l’enfer romain, et sa fluidité de geste est un plaisir à suivre de chaque instant.

Anja Harteros (Tosca)

Anja Harteros (Tosca)

L’acharnement sauvage avec lequel elle achève Scarpia n’en est que plus stupéfiant. Et ses couleurs de voix, noires et anguleuses dans le médium, parcellées d’éclats enfantins dans les aigus, qui enveloppent les lignes d’un galbe vocal profilé avec grâce, définissent le mieux une inflexible personnalité au cœur discret mais vibrant de fulgurance.

Au dernier acte, elle rend avec une simplicité dénuée de tout artifice le portrait d'une femme qui mime les gestes d'un être que l'on a vu emporté par la panique et l'instinct de survie à la scène précédente.

On ne peut ainsi trouver, au rideau final, de plus fort contraste entre le comportement ému et réservé d’Anja Harteros et celui absolument cabotin de Vittorio Grigolo, cherchant et réussissant à entraîner l’enthousiasme de la salle, mais il en est ainsi de ces soirées de grand répertoire assorties d’artistes d’exception, dont l’engagement personnel dépasse les enjeux même de l’œuvre qu’ils défendent.  

Vittorio Grigolo et Anja Harteros

Vittorio Grigolo et Anja Harteros

Et tout au long de la soirée, Dan Ettinger entretient une flamme et une atmosphère obsédantes, un tissu orchestral immersif et des cordes sublimes qui allient majesté à théâtralité tonnante du début à la fin, rendant ainsi au chef-d’œuvre de Puccini une grandeur qui dépasse le simple statut de référence du répertoire auquel l’histoire a tendance à l’attacher.

Paris attend maintenant de savoir si elle aura la chance de comparer cette interprétation à celle du couple que Jonas Kaufmann et Anja Harteros forment régulièrement à Munich dans les œuvres romantiques italiennes du XIXe siècle.

Anja Harteros et Vittorio Grigolo

Anja Harteros et Vittorio Grigolo

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Publié le 11 Mai 2019

Circonstances de l’éclipse totale de soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine

Après l’éclipse annulaire du 26 février 2017 (voir le lien Eclipse annulaire de soleil du 26 février 2017 en Patagonie Argentine) qui avait traversé les régions préhistoriques et peu peuplées de la Patagonie, le Chili et l’Argentine seront à nouveau le théâtre d’une spectaculaire éclipse de Soleil au couchant, le mardi 02 juillet 2019.

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 - (c) www.greatamericaneclipse.com

Trajectoire de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 - (c) www.greatamericaneclipse.com

Au Chili, l’éclipse traversera toute la partie nord de la région de Coquimbo ainsi que l’extrême sud de l’Atacama, et, en Argentine, la région de San Juan sera aux premières loges, alors que La Rioja, San Luis, Cordoba, et la province de Buenos Aires, assisteront à un coucher de Soleil se noyant à l’horizon derrière la Lune.

La Cordillère des Andes sera donc un cadre magnifique pour assister à cet événement solaire, à une centaine de kilomètres au nord d’Uspallata, là où le film de Jean-Jacques Annaud, ‘Sept ans au Tibet’, fut en partie tourné.

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Tracé de l'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L’éclipse sera ainsi totale du fait de la relative proximité de la Lune à la Terre à ce moment précis (368 310 km de distance), ce qui rendra son diamètre apparent plus grand que celui du Soleil.

La durée de l’éclipse variera de 2mn 30s, à 30 km au Nord de La Serena, à 2 mn 05s à 60 km, au sud-ouest de Buenos Aires.

L'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 à Bella Vista (San Juan) - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

L'éclipse totale de Soleil du 02 juillet 2019 à Bella Vista (San Juan) - (c) Xavier Jubier - xjubier.free.fr

Au creux de la Cordillère des Andes, depuis le petit village de Bella Vista situé à 1945 m d’altitude, sous les températures d’hiver, le déroulement de l’éclipse comprendra quatre jalons importants :

1.    A 16h25mn32s, heure locale, la Lune commencera à recouvrir le bord solaire, à 24° au-dessus de l’horizon Nord-Ouest.

2.    Une heure et quart plus tard, à 17h39mn32s, à 12° au-dessus de l’horizon, la Lune recouvrira entièrement le Soleil sous une spectaculaire couronne magnétique, laissant apparaître Vénus à l’horizon, et Mars et Mercure à une quinzaine de degrés au-dessus du Soleil, sur sa droite. La vitesse de l’ombre au sol (550 km de longueur) dépassera 12000 km/h. 

3.    Deux minutes et 27 secondes plus tard, à 17h42mn0s, la Lune commencera à se dégager de la surface solaire et le jour crépusculaire reviendra.

4.    Enfin, à 18h45mn, le Soleil se couchera au même moment que la Lune aura cessé de l’occulter.

La largeur du tracé de l’ombre, au sol, aura atteint en ce point 143 km.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 1 Mai 2019

TV-Web Mai 2019 - Lyrique et Musique

Le programme qui suit sera complété après le 06 mai 2019.

Chaînes publiques

Dimanche 05 mai 2019 sur France 3 à 00h05
Viva la mamma (Donizetti) - Opéra de Lyon - ms Pelly - dm Viotti

Dimanche 05 mai 2019 sur Arte à 18h30
Symphonie n°3 (Mendelssohn) - dm Nelsons

Vendredi 10 mai 2019 sur France 2 à 00h05
King Arthur (Purcell) - ms Bechtolf - dm Jacobs

Dimanche 12 mai 2019 sur Arte à 18h30
L'Alhambra en musique

Dimanche 12 mai 2019 sur Arte à 23h45
Les Aventures de l'Histoire du soldat

Vendredi 17 mai 2019 sur France 2 à 00h05
La Damnation de Faust (Berlioz) - Opéra Royal de Wallonie - ms Raimondi - dm Davin

Dimanche 19 mai 2019 sur Arte à 18h30
Le Cinéma d'Alexandre Desplat

Dimanche 19 mai 2019 sur France 3 à 00h05
Luciano Pavarotti, le concert des étoiles - dm Cassar

Behr, Borras, Calleja, Laconi, Peretyatko, Matshikiza

Lundi 20 mai 2019 sur Arte à 00h55
De la berceuse au chant de guerre, pourquoi la musique existe-t-elle?

Vendredi 24 mai 2019 sur France 2 à 00h05
Charpentier, Du Mont, Lully - Ensemble Correspondance - dm Daucé

Mezzo et Mezzo HD

Jeudi 02 mai 2019 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h00 (direct)
Falstaff de Verdi au Teatro Real de Madrid

Vendredi 03 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Madama Butterfly de Giacomo Puccini au Festival de Glyndebourne

Samedi 04 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Dimanche 05 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Norma de Bellini au Royal Opera House

Mercredi 08 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Vendredi 10 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Madama Butterfly de Puccini au Royal Opera House

Samedi 11 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
Rodelinda de Haendel à l'Opéra de Lille

Dimanche 12 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Un bal masqué de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 15 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Didon et Enée de Purcell à l'Opéra Comique

Vendredi 17 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
La Bohème de Puccini au Liceu de Barcelone

Samedi 18 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Atys de Lully à l'Opéra Comique

Dimanche 19 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Madama Butterfly de Puccini au Royal Opera House

Mercredi 22 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Hercules de Haendel à l'Opéra national de Paris

Vendredi 24 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Norma de Bellini au Royal Opera Hous

Samedi 25 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Armide de Lully au Théâtre des Champs-Elysées

Dimanche 26 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Anna Bolena de Donizetti à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Mercredi 29 mai 2019 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige La Didone de Francesco Cavalli au Théâtre de Caen

Vendredi 31 mai 2019 sur Mezzo HD à 21h00
A compléter ultérieurement

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

 

Cosi fan Tutte (Opéra de Lausanne) jusqu'au 01 mai 2019

Ero the Joker (Croatian National Theatre in Zagreb) jusqu'au 05 mai 2019

Hommage à Jérôme Robbins (Opéra de Paris) jusqu'au 09 mai 2019

Hippolyte et Aricie (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 15 mai 2019

Cunning Little Vixen (National Theatre Brno) jusqu'au 17 mai 2019

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 22 mai 2019 (Culturebox)

Thamos (Festival de Salzbourg) jusqu'au 27 mai 2019

Team Mead à la Sainte-Chapelle jusqu'au 27 mai 2019

Juditha Triumphans (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 30 mai 2019

 

Macbeth (Teatro de la Fenice) jusqu'au 06 juin 2019

Caligula (Opéra avec l'Arcal et le Poème de l'Harmonie) jusqu'au 11 juin 2019

Tosca (Opéra de Rome) jusqu'au 12 juin 2019

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Simon Boccanegra (Opéra de Paris) jusqu'au 15 juin 2019

Le concert des étoiles - Hommage à Mozart jusqu'au 15 juin 2019

Katia Kabanova (Teatro San Carlo) jusqu'au 19 juin 2019

Lessons in love and violence (Royal Opera House, Londres) jusqu'au 21 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Maria Callas, une vie d'Opéra jusqu'au 27 juin 2019

 

Le Roi Arthur (Vox Luminis) jusqu'au 04 juillet 2019

Ariane à Naxos (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 10 juillet 2019

Manru (Polish National Opera) jusqu'au 18 juillet 2019

La Bohème (Komische Oper Berlin) jusqu'au 26 juillet 2019

Xerxès (Deutsche Oper Am Rhein) jusqu'au 31 juillet 2019

La Damnation de Faust (Opéra de Versailles) jusqu'au 01 août 2019

Le concert des révélations des Victoires de la Musique jusqu'au 02 août 2019

Billy Budd (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 07 août 2019

Les Vêpres de Monteverdi jusqu'au 10 août 2019

La Gioconda (La Monnaie) jusqu'au 11 août 2019

L'incantesimo (Opéra National de Lettonie) jusqu'au 20 août 2019

Pagliacci (Opéra de Riga) jusqu'au 20 août 2019

Le Lac des Cygnes (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 août 2019

Ice (Finnish National Opera & Ballet) jusqu'au 04 septembre 2019

Trois Contes (Opéra de Lille) jusqu'au 13 septembre 2019

Frankenstein (Théâtre de La Monnaie) jusqu'au 14 septembre 2019

Il Trionfo del Tempo (Festival d'Ambronay) jusqu'au 19 septembre 2019

Werther (Bergen National Opera) jusqu'au 21 septembre 2019

Il Trovatore (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 22 septembre 2019

Falstaff (Garsington Opera) juqu'au 25 septembre 2019

La Juive (Opera Vlaanderen) jusqu'au 05 octobre

Nuit Erik Satie (Philharmonie de Paris) jusqu'au 07 octobre 2019

Orfeoe Euridice (Irish National Opera) jusqu'au 11 octobre 2019

Rodelinda (Opéra de Lille) jusqu'au 12 octobre 2019

Madrigaux de Dowland, Wert, Monteverdi (Ambronay 2018) jusqu'au 23 octobre 2019

La Khovantchina (Theatre Stanislavsky)  jusqu'au 25 octobre 2019

Il bravo (Festival de Wexford) jusqu'au 26 octobre 2019

Sémiramide (Opéra La Fenice) jusqu'au 30 octobre 2019

Oprhée et Eurydice (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 02 novembre 2019

Antropocène (Scottish Opera) jusqu'au 16 novembre 2019

La Traviata (Icelandic Opera) jusqu'au 23 novembre 2019

Macbeth (La Fenice) jusqu'au 04 décembre 2019

 

Ariane et Barbe Bleue (Capitole de Toulouse) jusqu'au 14 janvier 2020

Il Sogno Di Scipione (La Fenice) jusqu'au 18 février 2020

Aida (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 09 mars 2020

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

La Passion selon Saint-Jean (Festival de Pâques) jusqu'au 03 mai 2020

La Clémence de Titus (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 20 mai 2020

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

Laurence Equilbey dirige Thamos de Mozart (Seine Musicale) jusqu'au 13 décembre 2020

Barbara Hannigan dirige Bartok, Haydn, Ligeti et Kurtag (Radio France) jusqu'au 24 juillet 2021

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 8 Avril 2019

Lady Macbeth de Mzensk (Dmitri Chostakovitch - 1934)
Répétition générale du 31 mars 2019 et représentations du 06, 09 13 et 16 avril 2019

Opéra Bastille

Katerina Ismaïlova Aušrinė Stundytė
Boris Timoféiévitch Ismaïlov Dmitry Ulyanov
Zinovy Boorisovitch Ismaïlov John Daszak
Sergueï Pavel Černoch
Le Pope Krzysztof Baczyk
Le Chef de la police Alexander Tsymbalyuk
Un maître d'école Andrei Popov
Le Balourd miteux Wolfgang Ablinger‑Sperrhacke
Sonietka Oksana Volkova
Aksinya Sofija Petrovic
La bagnarde Marianne Croux
Danseuse Danièle Gabou
Circassiens Victoria Bouglione, Tiago Eusébio

Direction musicale Ingo Metzmacher
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2019)
Décors, costumes Małgorzata Szczęśniak 
Lumières Felice Ross 
Vidéo Denis Guéguin
Animation vidéo Kamil Polak
Chorégraphie Claude Bardouil 
Dramaturgie Christian Longchamp 

                                Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)
 
Reconnu comme un artiste capable de bouleverser l’interprétation d’ouvrages lyriques à partir de sa propre culture personnelle, qu’elle soit théâtrale, littéraire ou bien cinématographique, ré-humanisant ainsi les héroïnes mythiques (Iphigénie, Médée, Lulu), croisant les destins de femmes célèbres (L’Affaire Makropoulos, Alceste), analysant la lente déstructuration des hommes (Macbeth, Le Roi Roger, Don Giovanni), questionnant l’identité sexuelle en filigrane de façon parfois inattendue (Eugène Onéguine), et affrontant même les périodes les plus sombres de l’Histoire (Parsifal), Krzysztof Warlikowski s’est également imposé comme l’un des grands directeurs scéniques des œuvres du XXe siècle. 

En effet, sur les 25 opéras qu’il a mis en scène à ce jour sur près de 20 ans, 15 sont issus du siècle de de Debussy, Szymanowski, Schreker et Penderecki.

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Et après lui avoir confié, en 2017, une nouvelle mise en scène de Don Carlos, une œuvre créée pour l’Opéra de Paris il y a plus de 150 ans, Stéphane Lissner ne pouvait que lui donner crédit pour réinterpréter l’ouvrage que Pierre Berger annonçait, le 25 mai 1989, comme la nouvelle production qui devait inaugurer l’opéra Bastille dès janvier 1990, suivie par une autre nouvelle production, Macbeth de Giuseppe Verdi. 

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) - le 13 avril 2019

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) - le 13 avril 2019

Les difficultés budgétaires ne permirent cependant pas de tenir cet engagement, mais Lady Macbeth de Mzensk fit son entrée au répertoire sur la grande scène Bastille le 04 février 1992, sous la baguette de Myung-Whun Chung, dans une mise en scène d’André Engel, et avec Mary Jane Johnson comme interprète principale, trois ans après la création française jouée le 26 mai 1989 au Grand Théâtre de Nancy dans la mise en scène d’un comédien français, Antoine Bourseiller.

Dmitry Ulyanov (Boris) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Dmitry Ulyanov (Boris) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Œuvre dont les rythmes musicaux empreints de violence représentent les pulsions qui animent le quotidien de la vie de chacun, Lady Macbeth de Mzensk est issue de l’esprit d’un jeune compositeur de 26 ans pour qui les principes de libération sexuelle et de résistance aux conceptions du pouvoir soviétique s’imposaient dans une société étouffée par les préjugés.

La force d’expression hors du commun de cette musique signifiante, aussi bien de l’action présente que des pressentiments angoissants, est ainsi un formidable atout pour la précision théâtrale de Krzysztof Warlikowski, qui choisit de ne pas souligner le contexte russe mais plutôt de caractériser le contraste entre une femme extraordinairement vivante et un environnement social machinal et glacial. 

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Le décor élaboré par Małgorzata Szczęśniak est constitué d’une vaste salle parallélépipédique recouverte de carrelage blanc qui évoque un environnement clinique, au milieu duquel les scènes intimes se déroulent sur une chambre mobile surélevée et allongée pouvant pivoter sur elle-même et se retirer en arrière de la scène principale. A la fois salon, chambre, église, puis prison, les possibilités de scénographie deviennent infinies et permettent de rendre perceptibles sur cette scène dans la scène les moindres frémissements et désirs humains face à une salle de plus de 2700 spectateurs. 

Pavel Černoch (Sergueï), John Daszak (Zinovy) et Dmitry Ulyanov (Boris)

Pavel Černoch (Sergueï), John Daszak (Zinovy) et Dmitry Ulyanov (Boris)

Et l'agencement des lumières (Felice Ross) achève d'isoler la chambre en assombrissant tout ce qui l’environne, et projette les ombres des protagonistes sur les flancs du décor démultipliant autrement la présence et l’expression de leurs corps. Ce visuel est absolument fascinant, d’autant plus qu’une grille située au-dessus de la chambre permet de créer un effet de maille sur les visages, suggérant l’enfermement de la prison sociale, tout en embellissant de façon orientalisante le mélange de teintes bleue, vert et magenta, associées à la féminité, qui décore le sol de la pièce.

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Ainsi, le spectateur est d’emblée happé par l’esseulement de Katerina Ismaïlova qu’Aušrinė Stundytė dépeint avec une voix d’une noirceur farouche fortement impressive, qui se prolonge vers des aigus en détresse créant une sorte de sentiment d’urgence saisissant. 

Le public parisien la découvre pour la première fois, mais cette chanteuse lituanienne athlétique, entièrement imprégnée par son incarnation, est familière de la Lady de Mzensk qu’elle a incarné à l’Opéra des Flandres sous la direction de Calixto Bieito, et à Lyon sous celle de Dmitri Tcherniakov. 

Sofija Petrovic (Aksinya)

Sofija Petrovic (Aksinya)

Car qu’Aušrinė Stundytė est véritablement plus qu’une chanteuse, mais une artiste accomplie capable de nous entrainer dans la vie d’un personnage avec un réalisme captivant. Les scènes de lutte et les scènes lascives d’effleurements corporels sont splendidement rendues, et ce qu’elle dit avec le corps est tout aussi important que ce qu’elle dit par son chant qui exprime ses déchirements intérieurs.

Et quand défilent les cadavres d’animaux prêts à la consommation, l’apparition d’une salle d’abattage révèle un entourage où le dégoût de la chair et la prégnance de la mort sont le commun de la société laborieuse dans laquelle vit Katerina. 

Dmitry Ulyanov (Boris) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Dmitry Ulyanov (Boris) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Survient le formidable Boris de Dmitry Ulyanov, d’un impact vocal éclatant, autoritaire et débonnaire à la fois, que l’on découvre accompagné d’Aksinya, chantée par Sofija Petrovic, une jeune soprano de l’atelier lyrique de l’Opéra de Paris au galbe vocal généreux et riche en couleurs, très fine physiquement. 

L’une des lignes de force de la dramaturgie de Krzysztof Warlikowski est de donner un rôle majeur à ce personnage qui n’intervient habituellement que dans la scène de viol initiale pour disparaitre par la suite. Il fait d’elle une femme opportuniste, absolument pas victime, prête à coucher avec qui l’aidera à survivre et avancer dans la société.

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) et Pavel Černoch (Sergueï)

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) et Pavel Černoch (Sergueï)

On comprend qu’elle a une liaison avec Boris, puis elle subit, non sans se défendre, l’agression sexuelle de Sergueï, exulte et participe à sa punition quand il est surpris avec Katerina, et sera même l’amante du chef de la police une fois Boris tué. La mise en scène laisse imaginer qu’elle aurait pu elle-même dénoncer le couple assassin par vengeance envers Sergueï. Et tout ceci est montré en la faisant exister sans qu’elle n’ait besoin de chanter. 

Dans la peau du minable mari, John Daszak, lui qui fut Sergueï de sa voix claquante aux accents chantants dans la mise en scène de Dmitri Tcherniakov, dessine un fils d’industriel pas si faible que cela, mais plutôt uniquement absorbé par ses affaires. 

Krzysztof Baczyk (Le Pope) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Krzysztof Baczyk (Le Pope) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Par comparaison, Pavel Černoch a un timbre plus sombre qui le rend très touchant dans les grands personnages romantiques, mais comme il doit faire vivre un personnage plus antipathique que Laca (Jenůfa), accoutré en cow-boy vaguement séducteur, il s’impose par les résonances d’un médium noir qui fait son effet, et un engagement scénique qui ne le ménage pas, notamment lorsqu’il doit assumer des actes sexuels les fesses exposées à l’air libre.

Lui qui incarnait récemment un Don Carlos dépressif, le changement de caractère est saillant parce qu’il s’y engage avec un tempérament aussi passionné qu’excentrique, et, bien qu’il incarne un salaud, il lui attache pourtant une touche sympathique totalement naturelle.

Wolfgang Ablinger‑Sperrhacke (Le Balourd miteux)

Wolfgang Ablinger‑Sperrhacke (Le Balourd miteux)

Au cours du déroulement dramatique, si Krzysztof Warlikowski traite les scènes de sexe avec la plus banale des trivialités, le plus crûment possible, la vidéographie de Denis Guéguin vient par la suite, lorsqu’elles se prolongent en arrière-plan, les fondre dans une évocation de la nature excellemment esthétisée. La vidéo est également utilisée pour montrer ce qui se passe en coulisse, notamment pour révéler le vrai visage en joie de Katerina Ismaïlova au moment de l’enterrement de Boris.

Tiago Eusébio (Circassien) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Tiago Eusébio (Circassien) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Et c’est une autre grande force du metteur en scène polonais que de savoir utiliser les interludes musicaux pour imaginer des scènes qui ne sont pas clairement décrites. Lui qui avait refusé de représenter le défilé lors de la scène d’autodafé de Don Carlos, il profite cette fois avantageusement de la transition qui mène de l’intervention du Pope facétieux et enjoué de Krzysztof Baczyk vers la chambre des amants, pour faire intervenir une procession mortuaire parfaitement en phase avec la musique de Chostakovitch, un des grands moments de ce spectacle. 

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) - le 13 avril 2019

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova) - le 13 avril 2019

Tous sont vêtus de noirs, y compris Katerina, et l’on découvre à l’une des extrémités une autre veuve qui n’est autre qu’Aksinya. Quant à Aušrinė Stundytė, elle se livre au jeu de la veuve éplorée, adaptation nécessaire à des conventions hypocrites et inévitables dans une société bourgeoise faussement croyante.

Alexander Tsymbalyuk (Le Chef de la police)

Alexander Tsymbalyuk (Le Chef de la police)

Après le meurtre du fils, Zinovy, la seconde partie ouvre directement sur la salle aux murs rouge-sang où l’on célèbre le mariage de Katerina et Sergueï, non pas que Warlikowski ait supprimé les scènes du cadavre et des policiers, mais il les a incorporés à la cérémonie festive. Le balourd miteux devient un chanteur de show-biz extravagant qui sied parfaitement au naturel scénique déjanté de Wolfgang Ablinger‑Sperrhacke, et les policiers, menés par un Alexander Tsymbalyuk drôle et dont on reconnait les couleurs de voix pathétiques particulières, font également partie du divertissement, car la musique suggère une forme de légèreté. 

Pavel Černoch (Sergueï) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Pavel Černoch (Sergueï) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Ces deux premiers tableaux ne sont donc pas pris au sérieux, malgré les propos inquiétants, et sont suivis de numéros de cirque et de danse rythmés par les mesures endiablées de la transe orchestrale. Danielle Gabou, danseuse, chorégraphe et comédienne passionnée par le corps, le mouvement et le mot, s’est récemment associée au travail de Krzysztof Warlikowki et de Claude Bardouil, et réalise ce soir un formidable jeu d’excitation devant Sergueï. Toute cette scène qui enchante d’abord les mariés, puis les spectateurs, bascule finalement au retour de la police et d’Aksinya, à la découverte du corps de Zinovy pendu à un croc de boucher.

Pavel Černoch (Sergueï) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Pavel Černoch (Sergueï) et Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Puis survient un autre moment magnifique, l’insertion dans l’opéra du premier mouvement du quatuor n°8 en ut mineur que le violoniste et chef d’orchestre russe, naturalisé israélien, Rudolf Barshaï, ami de Chostakovitch, avait réarrangé pour être interprété par un orchestre de chambre. Sur cette musique méditative gorgée de chaleur et traversée de sarments sombres, une vidéographie de Kamil Polak recrée poétiquement le corps d’Aušrinė Stundytė nageant dans une prison noyée sous un lac afin d’en trouver l’issue.

Ce désir d’évasion qui inscite au rêve est cependant soudainement suivi par l’ouverture sur la scène de la prison, disposée telle un wagon allongé d’où sortent les prisonniers et le chœur absolument évocateur des grands ensembles russes par ses accents mélancoliques si spirituels.

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Aušrinė Stundytė (Katerina Ismaïlova)

Krzysztof Warlikowki insiste sur la dimension affective en jeu, et Katerina Ismaïlova n’est plus qu’une petite fille qui a régressé, une femme qui a besoin d’amour, ce qu’elle démontre par ses gestes d’attachement envers son amant qui ne la désire plus. La Sonietka insolente et pragmatique d’Oksana Volkova la domine, et lorsque Katerina comprend qu’elle est abandonnée, elle n’a plus qu’un seau froid et vide à tenir dans les bras absolument seule sous un fracas orchestral monumental. Cette scène, par la naïveté avec laquelle Katerina croit encore en Sergueï, reste absolument insoutenable.

La noyade dans le lac, esthétisée par une dernière vidéographie, qui reprend celle projetée au début de l’œuvre, n’est plus qu’une échappatoire salutaire.

Aušrinė Stundytė et Pavel Černoch

Aušrinė Stundytė et Pavel Černoch

Ce monde entraîné sur scène dans une aventure réaliste, mais aussi onirique et fantasmatique, l’est tout autant par la luxuriance qui émane de l’orchestre de l’Opéra de Paris porté par la direction merveilleuse d’Ingo Metzmacher. Ce chef d’orchestre a l’habitude de travailler avec Krzysztof Warlikowki et sa chaleureuse équipe (The Rake's Progress, Le Château de Barbe-Bleue/La Voix Humaine, Les Stigmatisés), et fait émerger un univers sonore semblable à une nébuleuse riche en matière et en couleurs délicates, donne de la profondeur et révéle la complexité des structures qui l’animent, insuffle des cadences sans exagérer la violence que l’ouvrage autorise, exaltant ainsi un bouillonnement instrumental fabuleusement étincelant.

Ingo Metzmacher (Direction musicale)

Ingo Metzmacher (Direction musicale)

Et à grand renfort de cuivres disposés dans deux galeries latérales à une dizaine de mètres au-dessus de l’orchestre, l’expérience sensorielle pour l’auditeur devient entière, d’une plénitude galvanisante sans pour autant que les instruments ne sonnent trop agressifs.

Krzysztof Warlikowski, José Luis Basso, Małgorzata Szczęśniak, Aušrinė Stundytė et Felice Ross

Krzysztof Warlikowski, José Luis Basso, Małgorzata Szczęśniak, Aušrinė Stundytė et Felice Ross

Nous savons tous qu’il est rare dans la vie de trouver des équipes multidisciplinaires qui s’entendent suffisamment bien sur le long terme, tout en sachant croiser leurs talents artistiques, afin d’aboutir à une œuvre unique qui mérite d’être admirer. C’est ce qui fait la valeur de ce Lady Macbeth de Mzensk qui en dit beaucoup par son sujet mais aussi sur les qualités qu’il faut avoir pour pouvoir le créer avec un tel niveau d’achèvement.

Pavel Černoch, Claude Bardouil, Kamil Polak, Denis Guéguin et Christian Longchamp 

Pavel Černoch, Claude Bardouil, Kamil Polak, Denis Guéguin et Christian Longchamp 

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Publié le 1 Avril 2019

TV-Web Avril 2019 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 31 mars 2019 sur Arte à 23h40
Don Carlos (Verdi) - Opéra de Paris - dm Jordan - ms Warlikowski

Kaufmann, Yoncheva, Tézier, Abdrazakov, Garanca

Lundi 01 avril 2019 sur France 3 à 02h05
Lucia di Lammermoor (Donizetti) - dm Jésus Lopez-Cobos - ms Mazzonis di Pralafera

Vendredi 05 avril 2019 sur France 2 à 00h05
Manon Lescaut (Aubert) - Opéra Royal de Wallonie - dm Englebert - ms Fourny

Dimanche 07 avril 2019 sur France 3 à 00h35
La Traviata (Verdi) - Opéra de Bordeaux - dm Rustioni - ms Désiré

Dimanche 07 avril 2019 sur Arte à 18h15
L'Apprenti sorcier (Dukas) - Bolero, Cto en sol (Ravel) - dm Chailly

Dimanche 07 avril 2019 sur Arte à 22h35
Ava Gardner - La gitane d'Hollywood

Dimanche 07 avril 2019 sur Arte à 23h30
"Traviata, vous méritez un avenir meilleur" - ms Lazar

Vendredi 12 avril 2019 sur France 2 à 00h05
Jean-François Zygel - Symphonie n°8 de Schubert

Dimanche 14 avril 2019 sur France 3 à 00h35
Jonas Kaufmann chante l'Italie

Dimanche 14 avril 2019 sur Arte à 18h30
Sabine Meyer et sa clarinette

Dimanche 14 avril 2019 sur Arte à 22h45
Joséphine Baker - Première icône noire

Dimanche 14 avril 2019 sur Arte à 23h40
la route du saz - Les secrets d'un instrument légendaire

Lundi 15 avril 2019 sur Arte à 00h35
Une soirée indienne avec Anoushka Shankar et Patricia Kopatchinskaja

Lundi 15 avril 2019 sur Arte à 22h00
La Passion selon saint Jean (Bach) - Eglise Gothique Saint-Laurent de Nuremberg - dm Dijkstra

Vendredi 19 avril 2019 sur France 2 à 00h05
Passion selon St Matthieu (Bach) - dm Pychon

Prégardien, Boden, Hobbs, Immler, Ancely, Buffières, Devieilhe, Le Chenadec, Guillon, Richardot

Dimanche 21 avril 2019 sur Arte à 17h20
Mozart, Beethoven, Willimans - Piano Lang - Mutter violon

Lundi 22 avril 2019 sur Arte à 01h45
Messe en si mineur (Bach) - dm Dijkstra

Vendredi 26 avril 2019 sur France 2 à 00h05
Dialogues des Carmélites (Poulenc) - dm Rhorer - ms Py

Petibon, Gens, Piau, Plowright, Letipuu, Rouillon

Samedi 27 avril 2019 sur France 3 à 00h05
L'Enlèvement au Sérail (Mozart) - Opéra de Lyon - dm Montanari - ms Mouawad

Archibald, Dubois, Laurenzn Wydorska

Dimanche 28 avril 2019 sur Arte à 18h15
Vivaldi - Mead, Les Accents - dm Noally

Lundi 29 avril 2019 sur Arte à 00h05
Monteverdi, aux sources de l'opéra

Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 03 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
Cadmus et Hermione de Lully à l'Opéra Comique

Vendredi 05 avril 2019 sur Mezzo HD à 21h00
L'Enlèvement au Sérail de Mozart au Festival de Glyndebourne

Samedi 06 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
Un bal masqué de Verdi au Liceu de Barcelone

Dimanche 07 avril 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Le Barbier de Séville de Rossini au Festival de Glyndebourne

Mercredi 10 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
Les Vêpres Siciliennes de Verdi au Mariinski

Vendredi 12 avril 2019 sur Mezzo HD à 22h15
Vanessa de Samuel Barber, Festival de Glyndebourne

Samedi 13 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
Roméo et Juliette de Gounod au Liceu de Barcelone

Dimanche 14 avril 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Tristan et Isolde de Wagner au Staatsoper de Berlin

Mercredi 17 avril 2019 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h00
Anna Bolena de Donizetti à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège (direct)

Vendredi 19 avril 2019 sur Mezzo HD à 22h05
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Samedi 20 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
I Capuleti e i Montecchi de Bellini au Liceu de Barcelone

Dimanche 21 avril 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Vanessa de Samuel Barber, Festival de Glyndebourne

Lundi 22 avril 2019 sur Mezzo HD à 19h30
Les Fiançailles au Couvent de Prokofiev au Staatsoper de Berlin (direct)

Mercredi 24 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
L'Histoire du soldat de Stravinsky à Lausanne

Samedi 27 avril 2019 sur Mezzo à 20h30
Così fan tutte de Mozart à l'Opéra de Lausanne

Dimanche 28 avril 2019 sur Mezzo HD à 21h00
L'Enlèvement au Sérail de Mozart au Festival de Glyndebourne

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

 

Sanatorio Express (Finnish Opera & Ballet) jusqu'au 01 avril 2019

Le viol de Lucrèce (Festival de Glyndebourne 2015) jusqu'au 04 avril 2019

Tosca (Opéra National de Finlande) jusqu'au 05 avril 2019

Medea (Moscow Stanivslavsky Theater) jusqu'au 11 avril 2019

Les Noces de Figaro (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 11 avril 2019

Orlando Furioso (Teatro de la Fenice) jusqu'au 12 avril 2019

Thamos, roi d'Egypte (La Seine Musicale) jusqu'au 13 avril 2019

Mam'zelle Nitouche (Opéra de Lausanne) jusqu'au 14 avril 2019

La Traviata (Capitole de Toulouse) jusqu'au 17 avril 2019

Musique for a while (Opéra de Linz) jusqu'au 19 avril 2019

Le radeau de la méduse (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 25 avril 2019

Libuse (Opéra National de Prague) jusqu'au 26 avril 2019

T.H.A.M.O.S (direction Alondra de la Parra - ms Carlus Peadrissa) jusqu'au 26 avril 2019

Obéron (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 29 avril 2019

Don Carlos (Opéra National de Paris) jusqu'au 29 avril 2019

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris jusqu'au 30 avril 2019

Les Troyens (Opéra National de Paris) jusqu'au 30 avril 2019

 

Cosi fan Tutte (Opéra de Lausanne) jusqu'au 01 mai 2019

Ero the Joker (Croatian National Theatre in Zagreb) jusqu'au 05 mai 2019

Hommage à Jérôme Robbins (Opéra de Paris) jusqu'au 09 mai 2019

Hippolyte et Aricie (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 15 mai 2019

Cunning Little Vixen (National Theatre Brno) jusqu'au 17 mai 2019

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 19 mai 2019 (Culturebox)

Juditha Triumphans (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 30 mai 2019

 

Macbeth (Teatro de la Fenice) jusqu'au 06 juin 2019

Caligula (Opéra avec l'Arcal et le Poème de l'Harmonie) jusqu'au 11 juin 2019

Tosca (Opéra de Rome) jusqu'au 12 juin 2019

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Simon Boccanegra (Opéra de Paris) jusqu'au 15 juin 2019

Le concert des étoiles - Hommage à Mozart jusqu'au 15 juin 2019

Katia Kabanova (Teatro San Carlo) jusqu'au 19 juin 2019

Lessons in love and violence (Royal Opera House, Londres) jusqu'au 21 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Maria Callas, une vie d'Opéra jusqu'au 27 juin 2019

Le Roi Arthur (Vox Luminis) jusqu'au 04 juillet 2019

Ariane à Naxos (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 10 juillet 2019

Manru (Polish National Opera) jusqu'au 18 juillet 2019

La Bohème (Komische Oper Berlin) jusqu'au 26 juillet 2019

Xerxès (Deutsche Oper Am Rhein) jusqu'au 31 juillet 2019

La Damnation de Faust (Opéra de Versailles) jusqu'au 01 août 2019

Le concert des révélations des Victoires de la Musique jusqu'au 02 août 2019

Billy Budd (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 07 août 2019

Les Vêpres de Monteverdi jusqu'au 10 août 2019

La Gioconda (La Monnaie) jusqu'au 11 août 2019

L'incantesimo (Opéra National de Lettonie) jusqu'au 20 août 2019

Pagliacci (Opéra de Riga) jusqu'au 20 août 2019

Le Lac des Cygnes (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 août 2019

Ice (Finnish National Opera & Ballet) jusqu'au 04 septembre 2019

Trois Contes (Opéra de Lille) jusqu'au 13 septembre 2019

Frankenstein (Théâtre de La Monnaie) jusqu'au 14 septembre 2019

Il Trionfo del Tempo (Festival d'Ambronay) jusqu'au 19 septembre 2019

Werther (Bergen National Opera) jusqu'au 21 septembre 2019

Il Trovatore (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 22 septembre 2019

Nuit Erik Satie (Philharmonie de Paris) jusqu'au 07 octobre 2019

Rodelinda (Opéra de Lille) jusqu'au 12 octobre 2019

Madrigaux de Dowland, Wert, Monteverdi (Ambronay 2018) jusqu'au 23 octobre 2019

Sémiramide (Opéra La Fenice) jusqu'au 30 octobre 2019

Macbeth (La Fenice) jusqu'au 04 décembre 2019

 

Il Sogno Di Scipione (La Fenice) jusqu'au 18 février 2020

Aida (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 09 mars 2020

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

Laurence Equilbey dirige Thamos de Mozart (Seine Musicale) jusqu'au 13 décembre 2020

Barbara Hannigan dirige Bartok, Haydn, Ligeti et Kurtag (Radio France) jusqu'au 24 juillet 2021

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 29 Mars 2019

Totenfeier (Gustav Mahler) - Babi Yar (Dmitri Chostakovitch) 
Concert du 23 mars 2019
Théâtre des Champs-Elysées

Gustav Mahler Totenfeier, poème symphonique
Dmitri Chostakovitch Symphonie n°13 « Babi Yar »

Basse Mikhail Petrenko
Direction musicale Yannick Nézet-Séguin
Rotterdams Philharmonisch Orkest

Chœur du Bayerischer Rundfunk

                                               Yannick Nézet-Séguin 

Depuis l’ouverture de La Philharmonie en janvier 2015, le Théâtre des Champs-Elysées a vu progressivement plusieurs orchestres habitués de sa grande salle à l’italienne réserver dorénavant leurs concerts au nouvel auditorium parisien de l’extrême est de la capitale.

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest fait néanmoins partie des ensembles qui restent partenaires privilégiés de ce théâtre plus que centenaire, que ce soit pour interpréter des concerts symphoniques, ou bien pour y jouer des œuvres lyriques. Et Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss sera l’un des grands moments attendus de la saison prochaine sur l’avenue Montaigne.

Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin

Et bien que Yannick Nézet-Séguin soit depuis 2018 le nouveau directeur musical du New-York Metropolitan Opera, en charge de redonner une nouvelle aura à cette institution de référence, il est également devenu le chef honoraire de l’orchestre qu’il dirigea pendant 10 ans, ce qui permet ainsi au public parisien de continuer à profiter de la force d’âme qui émane de ce jeune chef, vif et talentueux, lorsque son itinérance le mène en France.

D’énergie sombre il est pourtant question, ce soir, à travers la Marche funèbre de Gustav Mahler, qui devint par la suite le premier mouvement de sa seconde symphonie, et à travers la treizième symphonie de Chostakovitch dont le premier mouvement, Babi Yar, évoque avec une force implacable l’un des plus grands massacres de masse antisémite de la Seconde guerre mondiale. 

Le chœur du Bayerischer Rundfunk

Le chœur du Bayerischer Rundfunk

Ainsi, dès le trémolo des cordes qui ouvre le Totenfeier, évocation immédiate de la tempête de la Walkyrie de Richard Wagner, le ton se fait d’abord brutal et écorché avant que l’ensemble du Philharmonique de Rotterdam ne se cristallise en une structure d’une belle élasticité, tonique, qui entretient très clairement plusieurs strates musicales aux timbres entrelacés, avec un relief nettement dessiné. Le volontarisme de Yannick Nézet-Séguin, fascinant d’inspiration, est le garant de la vivacité du tissu orchestral et du délié des ornements de chaque instrument à vent.

Yannick Nézet-Séguin et Mikhail Petrenko

Yannick Nézet-Séguin et Mikhail Petrenko

En seconde partie, la symphonie Babi Yar prend d’emblée l’allure d’une marche inéluctable dirigée frontalement à la salle. Immense et dressé avec défiance face aux spectateurs, le crâne chauve et le regard pénétrant, Mikhail Petrenko donne aux poèmes d’Evgueni Evtouchenko, écrits à l’âge de 30 ans, un mordant hypnotique tant la détermination du chant semble infaible. Il exprime ici la mémoire des atrocités passées, et rappelle que ce ne sont pas seulement des russes mais bien des juifs qui furent exterminés pendant la guerre; l’antisémitisme est un mal obscur qui s’immisce dans l’âme de nombre de peuples européens depuis bien des siècles. 

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest

Le Rotterdams Philharmonisch Orkest

Le texte prend également une tournure plus légère lorsqu’il évoque des scènes de la vie quotidienne, mais la puissance de la musique, soutenue par un chœur monochrome et verveux, ne faiblit pas d’intensité. Le Philharmonique de Rotterdam se montre épique et percutant sans jamais perdre de sa souplesse et de son impulsivité, et Yannick Nézet-Séguin s’impose comme un chef d’orchestre que la monumentalité historique et humaine d’une telle œuvre n’impressionne pas, une oeuvre avec laquelle il bataille pour susciter un élan revitalisant et immuablement saisissant.

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Publié le 23 Mars 2019

Présentation de la saison Lyrique 2019 / 2020 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le samedi 23 mars 2019, la dixième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée devant une partie du public venue au théâtre en matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 19 soirées, 16 opéras en version concert et 16 oratorio et œuvres religieuses, 28 concerts symphoniques, 13 récitals vocaux, 20 récitals de piano, 12 concerts de musique de chambre, 24 concerts du dimanche matin (dont Vienne Eternelle avec le Secession Orchestra, Purcell In Love avec l’ensemble Les Surprises, et Pinocchio pour le jeune public) et 6 ballets dansés sur 34 soirées, dont 3 classes du ballet de l’opéra national de Kiev données en matinées.

Par ailleurs, une version des Noces de Figaro, Les Petites Noces, ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en douze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur quatre matinées ou soirées tout public. Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra Grand Avignon, l’opéra de Toulon Provence Méditerranée et l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique prévoit donc un opéra scénique de plus que la saison passée, mais surtout 10 oratorios et œuvres religieuses supplémentaires. Le nombre d’opéras en version concert passe de 18 à 16, ce qui signifie que globalement le nombre de soirées d’opéras tout format confondu reste stable à 35 soirées, auquel s’ajoutent 16 soirées d’ouvrages religieux. C'est donc un total de plus de 50 soirées qui est dédié à des œuvres vocales.

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras en version scénique

Le Freischütz (Carl Maria von Weber)
19, 21, 23 octobre (3 représentations)

Direction musicale Laurence Equilbey Mise en scène Clément Debailleul et Raphaël Navarro
Stanislas de Barbeyrac, Johanni Van oostrum, Chiara Skerath, Vladimir Baykov, Christian Immler, Thorsten Grümbel, Daniel Schmutzhard, Anas Séguin, Clément Dazin
Insula orchestra, accentus
Coproduction les Théâtres de la ville de Luxembourg, Théâtre de Caen, Opéra de Rouen Normandie, Ludwigsburger Schossfestspiele

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart)
26, 29 novembre et 1, 3, 5, 7 (6 représentations)

Direction musicale Jérémie Rhorer, Mise en scène James Gray
Sabine Devieilhe, Robert Gleadow, Stéphane Degout, Vannina Santoni, Eléonore Pancrazi, Carlo Lepore, Florie Valiquette, Mathias Vidal, Matthieu Lécroart, Rodolphe Briand
Le Cercle de l’Harmonie
Coproduction Théâtres de la ville de Luxembourg, Los Angeles Opera, Opéra National de Lorraine

Roberto Devereux (Gaetano Donizetti)
20, 22, 25, 28, 30 mars (5 représentations)

Direction musicale Roberto Abbado, Mise en scène David McVicar
Maria Agresta, Artur Rucinski, Karine Deshayes, Francesco Demuro, Pierr-Antoine Chaumien, Anas Séguin
Orchestre National de France, Chœur de Radio France
Coproduction Metropolitan Opera

Le Couronnement de Poppée (Claudio Monteverdi)
11, 14, 16, 18, 20 juin (5 représentations)

Direction musicale Christophe Rousset, Mise en scène Stephen Landgridge
Anne-Catherine Gillet, Marie-Nicole lemieux, Alice Coote, Chantal Santon-Jeffery, Dephine Galou, Reinoud Van Mechelen, Emilie Renard, Judith van Xanroij, Mathias Vidal, Catherine Trottmann, Lucia Martin Carton, Philippe Estèphe, Pierre Derhet, Emilio Gonzalez Toro, Thibault De Damas
Les Talens Lyriques
Coproduction Théâtre du Capitole de Toulouse

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Roberto Devereux - mise en scène David McVicar (2016)

Opéras et oratorios en version de concert de septembre à décembre 2019

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) le 19 septembre
Jonathan McGovern, David Ireland, Camila Titinger, Sky Ingram, Trystan Llyr Griffiths, Mireille Asselin, Paul Whelan, Thomas Faulkner
Douglas Boyd direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de l’Opéra Garsington
Production donnée au Wormsley de Garsington 2019

Giulio Cesare (Georg Friedrich Haendel) le 24 septembre
Christophe Lowrey, Karina Gauvin, Eve-Maud Hubeaux, Ann Hallenberg, Kacper Selazk, Assley Riches
Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques 

Gloria (Antonio Vivaldi) & Dixit Dominus (Georg Friedrich Haendel) le 25 septembre
Ekaterina Gubanova, Marlène Assayag
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s) 

Elias (Felix Mendelssohn) le 08 octobre
Brenden Gunnell, Carolyne Sampson, Anna Stephany, Roderick Williams
Massaki Suzuki direction, Orchestra and Choir of the Age of Enligthenment 

Stabat Mater (Francis Poulenc) le 11 octobre
Emoke Barath, Jean-Luc Bourré (violoncelle)
Bertrand de Billy direction, Orchestre National de France, Chœur et Maitrise de Radio France 

Ernani (Giuseppe Verdi) le 08 novembre
Francesco Meli, Carmen Giannattasio, Amartuvshin Enkhbat, Roberto Tagliavani
Daniele Rustioni direction, Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon

Platée (Jean-Philippe Rameau) le 02 décembre
Anders J.Dahlin, Chantal Santon-Jeffery, Thomas Dolié, Hasnaa Bennani, Arnaud Richard, Philipp Kapeller, Victor Sicard
Alexis Kossenko direction, Orchestre et Chœur Les Ambassadeurs

Pastorale de Noël (Marc-Antoine Charpentier) le 04 décembre
Violaine Le Chenadec, Caroline Weynants, Caroline Bardot, Lucile Richardot, Davy Cornillot, Etienne Bazola, Renaud Bres, Nicolas Brooymans
Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Isis (Jean-Baptiste Lully) le 06 décembre
Eve-Maud Hubeaux, Ambroisine Vré, Bénédicte Tauran, Robert Getchell, Fabien Hyon, Philippe Estèphe, Edwin Crossley-Mercer
Christophe Rousset direction, Chœur de chambre de Namur

Stabat Mater (Pergolèse) & Stabat Mater (Alessandro Scarlatti) le 10 décembre
Véronique Gens, Marie-Nicole Lemieux
Thibault Noally violon et direction, Les Accents

Stabat Mater (Gioachino Rossini) le 13 décembre
Maria Agresta, Daniela Barcelona, René Barbera, Vitalij Kowaljow
Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Wiener Singverein

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert de janvier à mars 2020

L’Italienne à Alger (Gioachino Rossini) le 11 janvier
Margarita Gritskova, Veronica Camgemi, Peter Kalman, Maxim Mironov, Christian Senn, Rosa Bove, José Coca Loza
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

Orlando (Georg Friedrich Haendel) le 13 janvier
Franco Fagioli, Kathryn Lewek, Delphinez Galou, Nuria Rial, Adam Plachetka
Francesco Corti direction, Il Pomo d’Oro

Magnificat (Carl Philipp Emanuel Bach) & Magnificat (Jean-Sébastien Bach) le 21 janvier
Marie Henriette Reinhold, Patrick Grahl
Hans-Christop Rademann direction, Chœur et Orchestre du Gaechinger Cantorey

Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 29 janvier
Emöke Barath, Anthea Pichanick, Zachary Wilder, Istvan Kovacs
György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra, Purcell Choir

La Création (Joseph Haydn) le 01 février
Mari Eriksmoen, Patrick Grahl, Florian Boesch
Philippe Herreweghe direction, Orchestre des Champs-Elysées, Collegium Vocale Gent

Messe en ut (Ludwig van Beethoven) le 03 février
Balthasar-Neumann-Chor & Solisten
Thomas Hengelbrock direction, Balthasar-Neumann-Ensemble

Juditha triumphans (Antonio Vivaldi) le 11 février
Marie-Nicole Lemieux, Ekaterina Gubanova, Sonia Prina, Benedetta Mazzucato, Natalia Kawalek
Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

La Femme sans ombre (Richard Strauss) le 17 février
Amber Wagner, Michaela Schuster, Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle, Katrien Baerts, Bror Magnus Todenes, Andreas Conrad, Michael Wilmering, Thomas Oliemans, Nathan Berg
Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest, Rotterdam Symphony Chorus, Maitrise de Radio France
Concert joué également à Dortmund (20 février) et Rotterdam (23 février)

Petite Messe solennelle (Gioachino Rossini) le 24 février
Hasmik Toroskyan, Anthea Pichanik, Cyrille Dubois, Daniele Antonagenli
Tanguy de Williencourt piano, Bart Van Reyn direction, Chœur de la Radio Flamande

Fidelio (Ludwig van Beethoven) le 27 février
Nina Stemme, Michael Weinius, Malin Christensson, John Lundgren, Karl-Magnus Fediksson, Johan Schinkler
Thomas Dausgaard direction, Swedish Chamber Orchestra, Swedish Radio Choir

Passion selon Saint-Jean (Jean-Sébastien Bach) le 23 mars
Hana Blazikova, Damien Guillon, James Gilchrist, Zachary Wilder,  Christian Immler
Masaaki Suzuki direction, Bach Collegium Japan

Acanthe et Césiphe (Jean-Philippe Rameau) le 24 mars
Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Thomas Dolié, Chantal Santon-Jeffery, Eugénie Lefebvre, Anders J.Dahlin, David Witczak, Marine Lafdal-Franc, Anne Sophie Petit, Mélodie Ruvio
Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs, Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles 

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Opéras et oratorios en version de concert d'avril à juin 2020

Roméo et Juliette (Charles Gounod) le 01 avril
Vannina Santoni, Jean-François Borras, Jean Teitgen, Guillaume Andrieux, Eléonore Pancrazi, Matthieu Justine, Marie Lenormand ; Kevin Amiel, Marc Scoffoni, Christian Helmer, Luc Hertin-Hugault, Guilhem Worms, Laurent Sérou
David Reiland direction, Orchestre et chœur de l’Opéra National de Montpellier

Serse (Georg Friedrich Haendel) le 04 avril
Emily D’Angelo, Mari Eriksmoen, Jakub Jozef Orlinski, Emöke Barath, Lucile Richardot, Luigi De Donato, Biagio Pizzuti
Enrico Onofri direction, Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie

Passion selon Saint-Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 08 avril
Julien Prégardien, Florian Boesch, Dorothee Mields, Damein Guillon, Reinoud Van Mechelen, Peter Kooij, Grace Davidson, William Shelton, Hugo Hymas, Tobias Berndt
Philippe Herreweghe direction, Orchestre et Chœur du Collegium Vocale Gent

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartok) le 19 avril
Matthias Goerne, Michelle De Young
Gianandrea Noseda direction, Orchestre National de France

Missa solemnis (Ludwig van Beethoven) le 22 avril
Mari Eriksmoen, Varduhi Abrahamyan, Pavol Breslik, Christof Fischesser
Jérémie Rhorer direction, Le Cercle de l’Harmonie, Vokalakademie Berlin

L’Orfeo (Claudio Monteverdi) le 11 mai
Rolando Villazon, Anne-Kathryn Olsen, Luciana Mancini, Céline Scheen, Benedetta Mazzucato, Vincenzo Capezuto, Aidan Coburn, Zachary Wilder, John Taylor Ward, Dingle Yandell, Benoît Arnould
Christina Pluhar direction, L’Arpeggiata

Requiem (Gabriel Fauré) & Messe de Clovis (Charles Gounod) le 16 mai
Regula Mühlemann, Jean-Sébastien Bou
Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

Alessandro (Georg Friedrich Haendel) le 18 mai
Bejun Metha, Julia Lezhneva, Lucia Cirillo, Raffaele Pe, Sonia Prina, Carlo Allemano
Diego Fasolis direction, Kammerorchester Basel

Psyché (Ambroise Thomas) le 25 juin
Jodie Devos, Karine Deshayes, Tassis Christoyannis, Ludivine Gombert, Marie Gautrot, Artavazd Sargsyan, Jérôme Boutillier, Patrick Bolleire
Pierre Bleuse direction, Orchestre de chambre de Paris, chœur de la Radio Flamande

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Les Récitals vocaux

Palazetto Bru Zane, gala des 10 ans – Saint-Saens, Gounod, Hervé, Audran … le 07 octobre
Elina Garanca – Airs de Don Carlo , Adriana Lecouvreur … le 14 octobre
Jakub Jozef Orlinski – Cavalli, Haendel, Boretti, Conti, Hasse le 19 décembre
Vannina Santoni, Saimir Pirgu – Mozart, Donizetti, Gounod, Massenet... le 07 janvier
Jonas Kaufmann le 20 janvier
Philippe Jaroussky – Lieder de Schubert le 24 janvier
Elsa Dreisig – Strauss, Rachmaninov, Duparc le 28 janvier
Roberto Alagna le 06 février
Renée Fleming – Brahms, Liszt, Duparc, Debussy le 19 mars
Emöke Barath, Andrea Pichanick, Philippe Jaroussky, Emilio Gonzalez Toro – Monteverdi, Carissimi, Cavalli … le 30 avril
Matthias Goerne – Lieder de Beethoven le 07 mai
Philippe Jaroussky – Vivaldi, Haendel le 15 mai
Aleksandra Kurzak – Verdi, Ponchielli, Massenet, Puccini le 19 mai

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Concerts (sélection subjective)

Orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg – Yuri Termikarov, Boris Berezovsky – Brahms, Dvorak le 21 septembre
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Lahav Shani, Nelson Freire (piano) – Haydn, Rachmaninov, Stravinsky le 28 septembre
Boris Berezovsky (piano) – Ravel, Debussy, Messiaen le 10 octobre
Andreï Korobeinikov (piano) – Chopin, Schubert, Scriabine, Liszt, Beethoven le 05 novembre
Quatuor de Jérusalem – Hila Baggio (soprano) – Schulhoff, Desyatnikov, Korngold le 27 novembre
Nelson Goerner (piano) – Schumann, Brahms, Liszt le 09 décembre
Orchestre National de France – James Gaffigan, Seong-Jin Cho (piano) – Rachmaninov, Prokofiev le 12 décembre
Secession Orchestra – Clément Mao-Takacs – Marie-Laure Garnier (Soprano), Eléonore Pancrazi (mezzo-soprano) – Vienne éternelle le 15 décembre matin
Arcadi Volodos (piano) – Liszt, Schumann le 08 janvier
Orchestre de chambre de Paris – Douglas Boyd – Stéphanie d’Oustrac (mezzo-soprano) – Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier
Orchestre National de France – Emmanuel Krivine, Julia Fischer (violon) – Debussy, Bartok, Moussorgsky, Ravel le 10 janvier
Jean-Philippe Collard (piano) – Chopin, Fauré, Granados le 17 janvier
Orchestre Symphonique d’Euskadi – Roberto Trevino, Jennifer Johnson (mezzo-soprano), Corby Welch (ténor) – Ravel, Mahler le 25 janvier
Francesco Piemontesi (piano) – Schubert, Liszt le 27 janvier
Elisabeth Leonskaja (piano) – Cycle Schubert le 30 et 31 janvier
Rotterdams Philharmonisch Orkest – Yannick Nézet-Séguin - Mahler le 18 février
Wiener Philharmoniker – Andris Nelsons, Annette Dasch, Gerhild Romberger, Klaus Florian Vogt, Günher Groissböck – Beethoven le 29 février
Purcell in love – Ensemble Les Surprises, Eugénie Lefebvre (soprano), Etienne Bazola (baryton) le 08 mars matin
Pinocchio – Elliot Jenicot, Ensemble instrumental le 15 mars 11h et 15h
Elena Galitskaya (soprano), Michel Portal (clarinette), Michel Dalberto (piano) – Schubert, Brahms le 22 mars matin
Philharmonia Orchestra – Esa-Pekka Salonen, Rebecca Nelsen (soprano) – Berg, Mahler le 26 mars
Nemanja Radulovic (violon), Laure Favre-Kahn (piano), Michel Vuillermoz (narrateur) – Beethoven, Tolstoï le 29 mars
Orchestre de chambre de Paris – Antoine Tamestit – Bach, Hindemith, Britten, Brahms le 6 mai
Double sens - Nemanja Radulovic – Baika (Rimski-Korsakov, Sedlar, Tchaikovski) le 15 juin
Quatuor Modigliani – Nicholas Angelich (piano), Marie-Agnès Gillot (danse) – Schumann, Ravel, Schubert le 24 juin

Théâtre des Champs-Elysées - Saison 2019 / 2020

Première impression sur la saison 2019 / 2020

Avec six opéras et œuvres en version de concert (réunissant Rameau - qui a droit à deux ouvrages -, Lully, Charpentier, Thomas et Gounod), mais pas de titre en version scénique, la langue française est un peu en retrait cette saison. Cependant, les œuvres religieuses en latin de Gabriel Fauré, Francis Poulenc et Charles Gounod viennent en partie compenser ce manque en augmentant la présence de compositeurs français.

Isis (Lully), Psyché (Thomas), La Pastorale de Noël (Charpentier) et Acanthe et Césiphe (Rameau) sont ainsi quatre raretés à découvrir.

La langue latine est donc subitement mise en avant à travers les oratorios, car 10 soirées lui seront consacrées. Carl Philipp Emanuel Bach, Jean Sébastien Bach, Ludwig van Beethoven, Alessandro Scarlatti, Gioachino Rossini, Pergolese, Antonio Vivaldi, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadé Mozart seront représentés au moins une fois chacun dans ce genre musical.

Le répertoire italien reste naturellement dominant (3 des 4 opéras en version scénique) et couvre 7 des 16 opéras en version de concert. Sur ces 16 versions de concert, 4 titres ont déjà été chantés cette saison : Don Giovanni, Serse, Orfeo et  Fidelio.  Très attendue, nous verrons comment la mise en scène de David McVicar pour Roberto Devereux, conçue aux dimensions du MET, s'adaptera à celles plus modestes du Théâtre. Mais c'est l'interprétation scénique des Noces de Figaro par le réalisateur et cinéaste James Gray qui pourrait revisiter avec le plus de force le chef-d'oeuvre de Mozart. Et Vivaldi fait son grand retour, après 3 ans d'absence, avec Juditha Triomphans et Gloria. Majoritairement, ce sont les opéras français et italiens d'avant 1800 qui sont mis en avant.

Quant au répertoire allemand, il sera représenté par la nouvelle production du Freischütz, dont la mise en scène de Clément Debailleul et Raphaël Navarro devrait passionner les rêveurs, et par les versions concert de La Femme sans ombre, Fidelio et Elias.

Et dans la continuité de cette saison, Georg Friedrich Haendel a droit à quatre opéras en version de concert, un rythme soutenu auquel il est habitué dans cette maison.

Surement, Ernani avec Carmen Giannattasio, Orlando avec Franco Fagioli, Juditha Triomphans avec Marie-Nicole Lemieux et Ekaterina Gubanova, La Femme sans ombre avec Elza van den Heever, Stephen Gould, Michael Volle et Yannick Nézet-Séguin, Fidelio avec Nina Stemme, Romeo et Juliette avec Vannina Santoni et Jean-François Borras, Le Château de Barbe-Bleue avec Matthias Goerne et Michelle de Young et Alessandro avec Bejun Metha et Karine Deshayes devraient être des sommets de la programmation.

Enfin, en récital, le retour d'Elina Garanca sera un autre moment fort de la saison, et il sera possible de retrouver Stéphanie d'Oustrac avec l'orchestre de chambre de Paris, au cours d'un programme Mozart, Lavandier, Mendelsshon, Berlioz le 09 janvier 2020, 

L'intégralité de la saison est accessible sous le lien suivant Saison 2019/2020 du Théâtre des Champs-Elysées.

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Publié le 19 Mars 2019

Otello (Giuseppe Verdi)
Représentations du 07 et 16 mars 2019
Opéra Bastille

Otello Roberto Alagna (mars)
           Aleksandr Antonenko (avril)
Iago George Ganidze
Cassio Frédéric Antoun
Roderigo Alessandro Liberatore
Lodovico Paul Gay
Montano Thomas Dear
Desdemona Aleksandra Kurzak (mars)
                    Hibla Gerzmava (avril)
Emilia Maris Gautrot

Direction Musicale Bertrand de Billy
Mise en scène Andrei Serban (2004)                                 
Frédéric Antoun (Cassio)

C’est dans une nouvelle production d’Otello par Andrei Serban que le public parisien découvrit, le 08 mars 2004, un jeune ténor fougueux, Jonas Kaufmann, incarner avec un jeu d’acteur inoubliablement éclatant le rôle de Cassio. Et peu soupçonnaient qu'il serait plus tard l'un des grands interprètes d'Otello de sa génération. 

Et au cours du mois d’avril qui suivit, le public de Bastille put assister à la prise de rôle du chevalier Des Grieux (Manon) par Roberto Alagna. Depuis, la voix du ténor sicilien dans l’âme s’est solidifiée d’un bronze doré chaleureux, si bien qu’il incarne le rôle du Maure de Venise avec un timbre vaillant et solaire qui montre des versants sombres et torturés quand la paranoïa prend possession de tout son corps.

Roberto Alagna (Otello) et Aleksandra Kurzak (Desdemone)

Roberto Alagna (Otello) et Aleksandra Kurzak (Desdemone)

Nous en avons à nouveau la démonstration au cours de la représentation de ce soir dès l’’Esultate !’ chanté avec un rayonnement qui, progressivement, se gorge d’un son chaud et ambré alors que les aigus poursuivent leur émission ascendante avec un sentiment de plénitude absolument somptueux. Et l’on peut même dire que sa belle chevelure aux reflets cuivrés appariée au rouge profond de son long manteau est en harmonie avec cette émission mordante d’une présence insolente, présence aujourd’hui absolument inimitable par sa clarté d’élocution. Et il y a toujours ce timbre unique au chanteur qui exprime sa personnalité entière même dans la force de ses suraigus.

Roberto Alagna (Otello)

Roberto Alagna (Otello)

Et avec son épouse, Aleksandra Kurzak, ils forment à eux deux le véritable pivot central du spectacle de par l’alchimie amoureuse naturelle en jeu, bien évidemment, mais aussi par une complémentarité de voix, subtile et finement filée de la part de la soprano polonaise, qui prend des accents plus corsés et réalistes dans les moments de grande tension qui font écho à cette entièreté unique que l’on retrouve dans les expressions de son homme

Roberto Alagna joue plutôt un être troublé et humain sans exagération animale, Aleksandra Kurzak se voue à un rôle fortement admiratif et soumis qui vire au mélodrame puccinien au dernier acte, et leur duo atteint un magnifique sommet fusionnel dans la première partie, lorsque l’ombre des voiles de scènes immatériels sublime une vision fortement classique de leur couple idéalisé.

Aleksandra Kurzak (Desdemone)

Aleksandra Kurzak (Desdemone)

Dans le rôle du triste manipulateur, Iago, George Ganidze soigne particulièrement sa grande scène du ‘Credo’ jouée seul devant le rideau noir et soutenue par une appréciable homogénéité de timbre et de souffle. Il évite de forcer la caricature de son personnage, manque sans doute d’incisivité, mais ne peut imposer une stature à la hauteur de celle de Roberto Alagna, même si ce dernier dessine une faiblesse attachante.

En revanche, le Roderigo d’Alessandro Liberatore fait forte impression par son impact vocal, et dépasse même la présence un peu éteinte de Frédéric Antoun qui prête à Cassio une ligne vocale noble et fumée qui s’assourdit néanmoins dans les graves.

Roberto Alagna (Otello)

Roberto Alagna (Otello)

Et l’Emilia de Maris Gautrot, quoique fortement conventionnelle par son jeu scénique, n’incite à aucune réserve si ce n’est une précaution inutile quand il s’agit d’incarner une révolte outrancière face à la folie d’Otello.

Quant à la mise en scène d’Andrei Serban, s’il ne reste plus grand-chose des incongruités des premières représentations, elle offre un cadre illustratif visuellement agréable, dont les plus belles images restent celles des voiles du dernier acte, flottant aux vents, ou recouvrant des paravents semi-transparents, autour d’un lit virginal glacial comme une tombe. 

La vidéographie de mers déchaînées illustre clairement l'agitation des débuts et fins d’actes, la perspective des arcades évoque le sentiment de solitude des tableaux de Chirico, les lumières délimitent les scènes d’intérêt et les zones d’ombre qui les entourent, et le tout enferme le drame passionnel dans une atmosphère neutre et énigmatique qui agit en filigrane de l’action scénique.

Aleksandra Kurzak (Desdemone) et Roberto Alagna (Otello)

Aleksandra Kurzak (Desdemone) et Roberto Alagna (Otello)

Il faut dire aussi que Bertrand de Billy épouse une ligne dénuée de toute fulgurance, centre totalement sa direction sur le rythme des chanteurs principaux, comme si l’essentiel pour lui était de mettre à l’aise les solistes en renonçant à une interprétation engagée qui pourrait trop les contraindre, délaissant ainsi la force d’une ligne dramatique irréversible.

Et c’est bien dommage, car le chœur a un bel éclat qui ne demande qu’à être encore plus empreint d’urgence, mais l’on apprécie énormément le chœur d’enfant chantant ‘Dove guardi spiendono’ sur scène et non plus en coulisses comme lors de la création.

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