Publié le 12 Mars 2019

Présentation de la saison Lyrique 2019 / 2020 de l’Opéra National de Paris
350 ans depuis le 28 juin 1669, et le regard résolument tourné vers l'avenir
Le 11 mars 2019, Palais Garnier

Alors que débute l’année de célébration des 350 ans de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner a révélé sa cinquième saison aux amis et mécènes de l’Opéra, depuis le Palais Garnier, le lundi 11 mars 2019.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner et Aurélie Dupont

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'Arop), Stéphane Lissner et Aurélie Dupont

La Tétralogie de Richard Wagner est le point d’orgue de cette saison rien que par les effectifs techniques et artistiques qu’elle mobilise. L’Or du Rhin et La Walkyrie seront représentés en avril et mai 2020, suivis par Siegfried, Le Crépuscule des Dieux, et deux cycles intégraux, au cours de la saison suivante, d’octobre à décembre 2020.

6 nouvelles productions, incluant celles de L’Or du Rhin et de La Walkyrie, sont ainsi présentées, ce qui est moins que les 8 à 10 nouvelles productions des années précédentes. Et si aucune création n’est prévue, la reprise d’Yvonne, princesse de Bourgogne, créée sous le mandat de Gerard Mortier au Palais Garnier, est un petit événement en soi, car il est rare de voir des créations être rejouées quelques années plus tard.

Au total, ce sont 21 œuvres du répertoire qu’il sera possible d’entendre dans les deux grandes salles au cours de 200 soirées lyriques, parmi lesquelles 2 soirées seront dédiées à une version de concert d’Il Pirata, inédit à l’Opéra de Paris, et 6 soirées à la reprise de l’Enfant et les sortilèges par les artistes de l’Académie. Une place prépondérante sera en fait accordée aux compositeurs italiens du XIXe siècle.

Il s’agit donc d’une saison orientée autour de trois axes, la consolidation du répertoire le plus connu, défendus par d’excellents artistes à travers des productions exigeantes pour les spectateurs, le Ring monumental de Richard Wagner, et les ouvrages moins couramment joués.

Hibla Gerzmava et Jonas Kaufmann (Don Carlos - 2017)

Hibla Gerzmava et Jonas Kaufmann (Don Carlos - 2017)

Les nouvelles productions

L’Or du Rhin (Richard Wagner – 1869) – Nouvelle Production
Du 02 avril au 15 avril 2020 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Iain Paterson, Lauri Vasar, Matthew Newlin, Norbert Ernst, Jochen Schmeckenbecher, Gerhard Siegel, Wilhelm Schwinghammer, Dimitry Ivashchenko, Ekaterina Gubanova, Anna Gabler, Wiebke Lehmkuhl, Tamara Banjesevic, Megan Marino, Claudia Huckle

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 18 juin 2013

Alors que la production de Günter Krämer de 2010/2011 permettait de porter sur la scène Bastille Der Ring des Nibelungen qui n’avait plus été donné à l’Opéra National de Paris depuis 1957, dix ans plus tard, on peut s’attendre à ce que la nouvelle production par Calixto Bieito, qui a mis en scène Parsifal à l’opéra de Stuttgart en s’inspirant d’une nouvelle post-apocalyptique de Cormac McCarthy, vienne remettre en question la vision de ce monde légendaire, tout en en préservant sa poésie.
La saison suivante, les deux autres volets, Siegfried et le Crépuscule des Dieux, seront joués, et la Tétralogie pourra être entendue deux fois sous forme de cycle dans la continuité de ces représentations.

Après le Châtelet (1994-1995), Aix-en-Provence (2006 à 2009) et la Scala de Milan (2010 à 2013), Stéphane Lissner monte donc son quatrième Ring de sa carrière.

La Walkyrie (Richard Wagner – 1870) – Nouvelle Production
Du 5 mai au 27 mai 2020 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Calixto Bieito
Jonas Kaufmann, Eva-Maria Westbroek, John Releya, Iain Paterson, Martina Serafin, Ekaterina Gubanova, Sonja Saric, Celine Byrme, Christina Bock, Katharina Magiera, Regine Hangler, Julia Rutigliano, Noa Beinart, Marie-Luise Dressen

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 19 juin 2013

Présentation de la saison lyrique 2019 / 2020 de l'Opéra National de Paris"

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853) – Coproduction Wiener Staatsoper
Du 12 septembre au 16 octobre 2019 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Michele Mariotti / Carlo Montanaro, mise en scène Simon Stone
Pretty Yende / Nino Machaidze, Catherine Trottmann, Marion Lebègue, Benjamin Bernheim / Atalla Ayan, Ludovic Tézier / Jean-François Lapointe, Julien Dran, Christian Helmer, Marc Labonette, Thomas Dear, Luca Sannai, Enzo Coro, Olivier Ayault

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 29 décembre 2018

A partir de 1852, les représentations de la « Dame aux camélias » d’Alexandre Dumas fils faisaient pleurer les spectateurs parisiens.
Le personnage féminin, Marguerite Gautier, était inspiré de Marie Duplessis, fille de concierge devenue hétaïre (courtisane) que connut le dramaturge.
En reprenant ce personnage, Giuseppe Verdi entendait décrire les mœurs bourgeoises d’une société capitalistique, très attachée à la propriété, la famille et l’économie, et sa morale hypocrite où le problème de l’héritage est important.
Mais alors que La Traviata fait maintenant partie des 3 ouvrages lyriques les plus joués dans le monde, c’est seulement depuis cette saison que cet opéra, que Verdi considérait comme son meilleur, rejoint les 10 titres les plus représentés à l’Opéra de Paris.
Il reviendra à Pretty Yende et Nino Machaidze de porter le personnage principal et d'investir la mise en scène de Simon Stone, dont on peut attendre une lecture radicale à l’occasion du retour de La Traviata au Palais Garnier. La Trilogie de la vengeance, qui débute le 12 mars jusqu'au 21 avril 2019 aux ateliers Berthier, est une occasion de découvrir le travail de ce régisseur qui aime adapter les grands rôles de femme à notre époque.

Les Indes Galantes (Jean-Philippe Rameau – 1735) – Nouvelle production
Du 27 septembre au 15 octobre 2019 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Leonardo Garcia Alarcon, Orchestre Capella Mediterranea, mise en scène Clément Cogitore, chorégraphie Bintou Dembélé
Sabine Devieilhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Edwin Crossley-Mercer, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 27 septembre 2003

Considérée comme une « pièce de festival » de par la profusion d’artistes nécessaires à la faire vivre, Les Indes Galantes sera confié à une jeune génération de chanteurs français et un metteur en scène, Clément Cogitore, associé à la chorégraphe Bintou Dembélé, dont le travail sur le corps entre en résonance avec l’histoire et l’histoire coloniale en particulier.

Stéphane Lissner

Stéphane Lissner

Prince Igor (Alexandre Borodine – 1890) – Nouvelle Production
Du 28 novembre au 26 décembre 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Barrie Kosky
Evgeny Nikitin, Elena Stikhina, Pavel Cernoch, Smitry Ulyanov, Dimitry Ivashchenko, Anita Rachvelishvili, Adam Palka, Andrei Popov, Vasily Efimov, Marina Haller, Irina Kopylova

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 janvier 1970

Inspirée probablement des événements décrits dans le poème médiéval Le Dit de la campagne d’Igor, l’œuvre relate la lutte entre les jeunes états russes chrétiens et les tribus eurasiennes de Coumans (les Polovtsiens – en russe Les couleurs fauves) qui percèrent en Europe jusqu’au Royaume de Hongrie au XIIe siècle, avant l’arrivée des Mongols. Sa musique est l'une des plus somptueuses du répertoire russe.
A sa mort, en 1887, Borodine laissa une partition plusieurs fois remaniée mais inachevée, que Rimski-Korsakov et Glazounov complétèrent dès 1885.
La création eut lieu à Moscou en 1890, mais l’Opéra de Paris n’accueillit une troupe que fin 1969 pour 7 représentations seulement.
En 1983, les travaux de Pavel Lamm furent publiés. Ils révélèrent que Rimski-Korsakov et Glazounov avaient supprimé un cinquième de la partition. Ainsi, c’est en 1993 que Valery Gergiev interpréta la version intégrale.
A l’occasion de cette nouvelle production, le metteur en scène australien Barrie Kosky fera ses débuts dans la maison, et Philippe Jordan dirigera son premier opéra russe. Les deux artistes se connaissent bien et s'apprécient, car c'est à eux qu'est confiée l'interprétation de la nouvelle production des Maîtres Chanteurs de Nuremberg du Festival de Bayreuth depuis 2017.

Manon (Jules Massenet – 1884) – Nouvelle Production
Du 29 février au 10 avril 2020 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger, mise en scène Vincent Huguet
Pretty Yende / Sofia Fomina, Benjamin Berheim / Stephen Costello, Ludovic Tézier, Roberto Tagliavini, Rodolphe Briand, Pierre Doyen, Cassandre Berthon, Alix Le Saux, Jeanne Ireland, Philippe Rouillon, Julien Joguet, Laurent Laberdesque

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 février 2012

Créée le 19 janvier 1884 à l’Opéra-Comique, Manon n’est entré au Palais Garnier que le 02 juillet 1974, entraîné par le grand mouvement d’intégration des œuvres de la salle Favart au répertoire de l’Opéra. Depuis, ce grand succès mondial de Massenet s’est imposé et fait partie des 20 ouvrages les plus joués de l’institution, avec plus de 80 représentations à son actif.
Face aux adaptations par Auber (1856) et Puccini (1893) du roman de l’abbé Prévost L’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, celle de Massenet est la plus fidèle dans sa déclinaison des sentiments d’une jeunesse qui virent au tragique.
Vincent Huguet, metteur en scène et historien qui rencontra Patrice Chéreau à la Villa Médicis à Rome en 2008, et qui travailla avec lui sur plusieurs de ses derniers projets, dont Elektra, dirigera cette nouvelle production afin de redonner à Manon une interprétation scénique qui se substitue avantageusement à celle de Coline Serreau.  

Installation de Claude Lévêque - Les Saturnales - autour du bassin de la Pythie, Palais Garnier

Installation de Claude Lévêque - Les Saturnales - autour du bassin de la Pythie, Palais Garnier

Version de Concert

Il Pirata (Vincenzo Bellini – 1827)
Le 16 et 19 décembre 2019 (2 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Riccardo Frizza
Sondra Radvanovsky, Michael Spyres, Ludovic Tézier, Kevin Amiel, Krzysztof Baczyk, Valentine Lemercier

Œuvre inédite à l’Opéra de Paris

Adapté de la pièce Bertram ou le Pirate créée au Panorama-Dramatique – un théâtre parisien du boulevard du Temple -, Il Pirata témoigne de la première coopération entre le célèbre librettiste italien du moment, Felice Romani, et le compositeur italien Vincenzo Bellini.
Cet opéra, comme les suivants, I Capuleti e i Montecchi, La Sonnanbula, Norma, I Puritani, nécessite une équipe entière d’excellents chanteurs. L’Opéra romantique italien et ses grandes scènes de folie seront dorénavant promis à un avenir prolifique. Cette version de concert n'aurait pas été proposée s'il elle ne réunissait pas Sondra Radvanovsky, Michael Spyres et Ludovic Tézier, qui sont trois artistes exceptionnels.

L’Académie de l’Opéra national de Paris

L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel – 1925)
Œuvre associée dans la même soirée au ballet d’Anne Teresa de Keersmaeker L’Après-midi d’un faune (Claude Debussy – 1894) interprété par la Compagnie Rosas.

Du 20 janvier au 29 janvier 2020 (6 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Vello Pähn, mise en scène Richard Jones (1998)
Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 février 2013

La reprise de la production de Richard Jones est l’occasion de découvrir sur la scène Garnier les jeunes artistes de l’Académie, dans un opéra de Maurice Ravel, basé sur un livret de Colette, commandé par Jacques Rouché, le directeur de l’Opéra en 1914.

I Puritani - ms Laurent Pelly (2013)

I Puritani - ms Laurent Pelly (2013)

Les reprises

I Puritani (Vincenzo Bellini – 1835)
Du 07 septembre au 05 octobre 2019 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Riccardo Frizza, mise en scène Laurent Pelly (2013)
Elsa Dreisig, Luc Hertin-Hugault, Alexander Tsymbalyuk, Javier Camerana / Francesco Demuro, Igor Golovatenko, Jean-François Borras, Gemma Ni Bhriain

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 19 décembre 2013

Madame Butterfly (Giacomo Puccini – 1904)
Du 14 septembre au 13 novembre 2019 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Robert Wilson (1993)
Ana Maria Martinez / Dinara Alieva, Marie-Nicole Lemieux / Eve-Maud Hubeaux, Giorgio Berrugi / Dmytro Popov, Laurent Naouri, Rodolphe Briand, Tomasz Kumiega, Jeanne Ireland, Robert Pomakow, Jian-Hong Zhao, Chae-Wook Lim, Hyoung-Min Oh, Laura Agnoloni, Carole Colineau, Sylvie Delaunay

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 octobre 2015

Don Carlo (Giuseppe Verdi – version 5 actes de Modène 1886 en italien)
Du 25 octobre au 23 novembre 2019 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2017)
René Pape, Roberto Alagna / Michael Fabiano, Etienne Dupuis, Vitalij Kowaljow, Sava Vemic, Aleksandra Kurzak / Nicole Car, Anita Rachvelishvili, Eve-Maud Hubeaux, Tamara Banjesevic, Julien Dran, Pietro Di Bianco, Daniel Giulianini, Mateuz Hoedt, Tomasz Kumiega, Tiago Matos, Danylo Matviienko, Vincent Morell

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 11 novembre 2017 dans la version parisienne de 1866.

Lear (Aribert Reimann – 1978)
Du 21 novembre au 07 décembre 2019 (6 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Fabio Luisi, mise en scène Calixto Bieito (2016)
Bo Skovhus, Gidon Sacks, Andreas Scheibner, Michaël Colvin, Kor-Jan Dusseljee, Lauri Vasar, Andrew Watts, Andreas Conrad, Evelyn Herlitzius, Erika Sunnegardh, Annette Dasch, Ernst Alisch, Luca Sannai, Lucas Prisor

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 juin 2016.

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito (2016)

Lear - Annette Dasch et Bo Skovhus - ms Calixto Bieito (2016)

La Barbier de Séville (Gioacchino Rossini – 1816) – Production originale du Grand Théâtre de Genève
Du 11 janvier au 12 février 2020 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Montanaro, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
Xabier Anduaga, Carlo Lepore, Lisette Oropesa, Florian Sempey / Andrzej Filonczyk, Krzysztof Bacyk, Davide Giangregorio, Marion Lebègue, Bernard Arrieta

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 février 2018

Les Contes d’Hoffmann (Jacques Offenbach – 1881)
Du 21 janvier au 14 février 2020 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Mark Elder / Pierre Vallet, mise en scène Robert Carsen (2000)
Jodie Devos, Véronique Gens, Ailyn Pérez, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Michael Fabiano, Rodolphe Briand, Hyung-Jong Roh, Jean Teitgen, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Olivier Ayault, Jean-Luc Ballestra

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 novembre 2016

Les Contes d'Hoffmann - ms Robert Carsen (2016)

Les Contes d'Hoffmann - ms Robert Carsen (2016)

Yvonne, princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans – 2009) – Coproduction La Monnaie, Bruxelles et Wiener Staatsoper
Du 26 février au 08 mars 2020 (6 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène Luc Bondy (2009)
Dörte Lyssewski, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Jean teitgen, Antoinette Dennefeld, Loïc Félix, Christophe Gay, Guilhem Worms

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 08 février 2009

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 21 mars au 24 avril 2020 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Philippe Jordan, mise en scène Ivo Van Hove (2019)
Luca Pisaroni, Alexander Tsymbalyuk, Jacquelyn Wagner, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Philippe Sly, Mikhail Timoschenko, Zuzana Markova

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2019

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea – 1902) – Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres, Gran Teatre de Liceu, Barcelone, Wiener Staatsoper, San Francisco Opera
Du 27 avril au 12 mai 2020 (6 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène David McVicar (2015)
Anna Netrebko / Elena Stikina, Yusif Eyvazov, Ekaterina Semenchuk, Sava Vemic, Zeljko Lucic, Rodolphe Briand, Christophe Gay, Julien Dran, Sofija Petrovic, Farrah El Dibany, Vadim Artamonov

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juillet 2015

Adriana Lecouvreur - Luciana d'Intino et Angela Gheorghiu - ms David McVicar (2015)

Adriana Lecouvreur - Luciana d'Intino et Angela Gheorghiu - ms David McVicar (2015)

Boris Godounov (Modest Moussorsky – 1869)
Du 23 mai au 29 juin 2020 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michael Schonwandt, mise en scène Ivo van Hove (2018)
René pape, Evdokia Malevskaya, Ruzan Mantashyan, Elena Zaremba, Andreas Conrad, Lauri Vsar, Dmitry Golovnin, Evgeny Nikitin, Elena Manistina, Vasily Efimov, Michal Partyka, Wotjek Smilek, John Bernard

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 juillet 2018

Boris Godounov - Ildar Abdrazakov - ms Ivo van Hove (2018)

Boris Godounov - Ildar Abdrazakov - ms Ivo van Hove (2018)

Rigoletto (Giuseppe Verdi – 1851)
Du 02 juin au 12 juillet 2020 (14 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Claus Guth (2016)
Frédéric Antoun, Zeljko Lucic, Elsa Dreisig, Rafal Wiwek, Aude Extremo, Jeanne Ireland, Sava Vemic, Jean-Luc Ballestra, Maciej Kwasnikowski, Danylo Matviienko, Adèl Charvet, Marie Perbost, Chae-Wook Lim

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 juin 2017

La Bohème (Giacomo Puccini – 1896)
Du 13 juin au 13 juillet 2020 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Lorenzo Viotti, mise en scène Claus Guth (2017)
Ermonela Jaho / Elena Stikhina / Marina Costa-Jackson, Julie Fuchs / Elena Tsallagova, Francesco Demuro / Vittorio Grigolo / Benjamin Bernheim, Lucas Meachem / Gabriele Viviani, Andrzej Filonczyk, Krzysztof Baczyk, Franck Leguérinel, Cyrille Lovighi, Florent Mbia, Chrsitian-Rodrigue Moungoungou, Hyoung-Min Onh

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 31 décembre 2017

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth (2017)

La Bohème - Nicole Car - ms Claus Guth (2017)

Cosi fan tutte (Wolfgang Amadé Mozart – 1790)
Du 19 juin au 13 juillet 2020 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Antonello Manacorda, mise en scène Anne Teresa de Keersmaeker (2017)
Jacquelyn Wagner, Stéphanie Lauricella, Stephen Costello, Philippe Sly, Paulo Szot, Ginger Costa-Jackson

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 21 octobre 2017

Loges du Palais Garnier au cours d'une représentation

Loges du Palais Garnier au cours d'une représentation

Premières impressions sur la saison 2019/2020

Cette saison se particularise par une forte représentativité des blockbusters de l’Opéra de Paris, les 2/3 des représentations étant dédiés à 11 des 20 ouvrages les plus joués de l’institution depuis près de 50 ans, le tiers restant étant des opéras plus rarement joués (Le Ring, Lear, Yvonne,princesse de Bourgogne, Prince Igor, I Puritani, I Pirata, Adriana Lecouvreur, Les Indes Galantes, L’Enfant et les sortilèges).
Il y a donc principalement la volonté d’assurer une large fréquentation du public vers des œuvres fortement accessibles en parallèle du Ring.

Le Ring

Même si elle ne compte que 10 représentations sur la saison pour les deux premiers volets, L’Or du Rhin et la Walkyrie, la nouvelle production de l’Anneau des Nibelungen confiée à Calixto Bieito est l'évènement de l’année 2020, qui se prolongera avec les deux autres volets ainsi que deux cycles complets sur une semaine. Avec une distribution totalement renouvelée par rapport à 2010/2011, Philippe Jordan dirigera donc son deuxième Ring à l’Opéra de Paris en 10 ans, et son troisième après celui du New-York Metropolitan Opera au printemps 2019.

L’opéra en langue française

Pour sa cinquième saison à la direction de l’Opéra National de Paris, Stéphane Lissner propose pas moins de 5 œuvres en langue française, dont deux nouvelles productions : un opéra ballet, Les Indes galantes, un opéra comique, Manon, un opéra fantastique, Les Contes d’Hoffmann, une comédie tragique, Yvonne, princesse de Bourgogne, et enfin, une fantaisie lyrique, L’Enfant et les sortilèges.

Les meilleurs chanteurs francophones, Sabine Devielhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac, Véronique Gens, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Benjamin Bernheim, seront réunis pour défendre ces œuvres qui couvrent quatre siècles de répertoire. 

Et pour la première fois, une création lyrique du Palais Garnier, Yvonne, princesse de Bourgogne, est reprise dans sa production d’origine, ce qui permet au compositeur Philippe Boesmans de revenir sur la scène de l’Opéra.  Hommage est également rendu à Luc Bondy qui était un ami proche de Stéphane Lissner.

Parallèlement à cette reprise, l’enjeu, avec la nouvelle production de Manon, est de ramener au répertoire une interprétation de l’ouvrage de Massenet qui ait du sens, et qui fasse oublier le ratage du spectacle de Coline Serreau commandé par Nicolas Joel en 2012.

Quant aux Indes Galantes, il s’agit de substituer à l’ancienne production, naïve mais plaisante d’Andrei Serban, un spectacle qui sorte des codes habituels des maisons internationales, afin de redonner de la puissance à une œuvre qui fut parmi les cinq grands tubes de l’Opéra avec plus de 280 représentations entre 1952 et 1965.

Le répertoire slave

Stéphane Lissner continue à soutenir sans relâche le répertoire slave qui avait été délaissé par Nicolas Joel, et présente une nouvelle production du Prince Igor, ouvrage qui n’avait été joué au Palais Garnier que pour 7 représentations, il y a 50 ans. Avec la reprise de Boris Godounov, ce sont deux compositeurs attachants, Alexandre Borodine et Modest Moussorsky, liés dans le passé par le désir de baser leurs œuvres sur les traditions populaires russes, qui seront à l’affiche cette saison. 
Par ailleurs, Boris Godounov fait dorénavant partie des 20 ouvrages les plus joués à l’Opéra de Paris.

Rigoletto - Michael Fabiano et Vesselina Kasarova - ms Claus Guth (2016)

Rigoletto - Michael Fabiano et Vesselina Kasarova - ms Claus Guth (2016)

Giuseppe Verdi et le répertoire italien

La saison 2019/2020 est véritablement centrée sur le répertoire italien du XIXe siècle qui présente pas moins de 9 ouvrages de 5 compositeurs, Bellini, Rossini, Verdi, Puccini, Cilea, du bel canto au vérisme, sur près de 50% des soirées.

La nouvelle production de La Traviata sera une nouvelle occasion d’ancrer le chef-d’œuvre de Verdi au Palais Garnier, après la tentative de Gerard Mortier et Christoph Marthaler. Et c’est un metteur en scène polémique australien, venu du monde du théâtre, Simon stone, qui devra renouveler la vision de ce monument populaire

La reprise de Don Carlo, dans la version 5 actes de Modène en italien, rarement chantée à l’Opéra de Paris, 2 ans après l’euphorie engendrée par l’interprétation saisissante de la version parisienne des répétitions de 1866, sera dirigée par Fabio Luisi, qui, fin novembre, conduira également en alternance les représentations de Lear, les deux spectacles se superposant au cours d’une même semaine.

Par ailleurs, la version de concert d’Il Pirata, jamais jouée en ces lieux, interprétée par Sondra Radvanovsky, et l’affrontement d’Anna Netrebko et d’Ekaterina Semenchuk dans Adriana Lecouvreur, devraient rendre un versant spectaculaire à ces incarnations quelque peu inhumaines.

La forte représentativité du répertoire du XIXe siècle se prolonge pour la cinquième année consécutive

Le répertoire du XXe et XXIe siècle est par conséquent celui qui n’est défendu que symboliquement depuis 5 ans : Benjamin Britten n’est plus représenté dans une grande salle depuis 2010, Richard Strauss est absent de la programmation pour la 4e année consécutive, et seuls Lear et Yvonne, Princesse de Bourgogne, deux ouvrages de moins de 50 ans, permettront de retrouver deux pièces de théâtre célèbres adaptées à l’opéra avec succès.

La programmation de Stéphane Lissner est en effet similaire, par l’esprit et le prestige, à celle d’Hugues Gall (1995 à 2004), à la différence que ce dernier insistait plus fortement sur le répertoire allemand et britannique du XXe siècle, alors que l’actuel directeur se focalise surtout sur le répertoire italien et français du XIXe siècle, comme aucun autre directeur ne l’avait fait auparavant.

Les artistes français

A l’instar de la saison passée, une place de choix est laissée aux chanteurs francophones, Sabine Devielhe, Florian Sempey, Jodie Devos, Julie Fuchs, Mathias Vidal, Alexandre Duhamel, Stanislas de Barbeyrac, Véronique Gens, Gaëlle Arquez, Sylvie Brunet, Philippe Talbot, Laurent Naouri, Béatrice Uria-Monzon, Julien Behr, Benjamin Berheim, Etienne Dupuis, Elsa Dreisig, Luc Bertin-Hugault, Marion Lebègue, Jean-François Lapointe, Julien Dran, Christian Helmer, Marie-Nicole Lemieux, Eve-Maud Hubeaux, Stéphanie d’Oustrac, Roberto Alagna, Frédéric Antoun, aussi bien dans les œuvres françaises qu’italiennes.
On remarque cependant l’absence, cette saison, de Cyrille Dubois, Karine Deshayes, Stéphane Degout et Marianne Crebassa.

Les stars, les chefs, les metteurs en scène

Distribués dans nombre de nouveaux spectacles et de reprises, Andreas Schager, Johannes Martin Kränzle,  Ricarda Merbeth, Ain Anger, Gerhard Siegel, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Eva-Maria Westbroek, Javier Camarena, Pretty Yende, Nino Machaidze, René Pape, Michael Fabiano, Aleksandra Kurzak, Anita Rachvelishvili, Bo Skovhus, Evelyn Herlitzius, Elena Stikhina, Anna Netrebko, Ekaterina Semenchuk, Pavel Cernoch, Dmitry Ulyanov, Sondra Radvanovsky, Michael Spyres, Lisette Oropesa, Luca Pisaroni, Aleksander Tsymbalyuk, Ermonela Jaho, Vittorio Grigolo, entre autres, attisent déjà la curiosité de ceux qui pourront les découvrir dans des rôles soit éprouvés, soit nouveaux, et riches en surprises.

Et avec l’arrivée des metteurs en scène Vincent Huguet, Clément Cogitore, Simon Stone et Barrie Kosky, qui rejoindront les productions de Calixto Bieito, Krzysztof Warlikowski, Ivo van Hove, Robert Wilson, Anne Teresa de Keersmaeker, Robert Carsen, Luc Bondy et Claus Guth, le renouveau théâtral se poursuit et se renforce sûrement.

Quant aux chefs d’orchestre, beaucoup reviendront dans leur répertoire de prédilection (Dan Ettinger, Giacomo Sagripanti, Leonardo Garcia Alarcon, Fabio Luisi, Riccardo Frizza, Mark Elder, Lorenzo Viotti), et Speranza Scappucci, nouvelle chef d’orchestre principal de l’opéra de Wallonie, fera ses débuts à l’Opéra de Paris dans Rigoletto.

Et Philippe Jordan, voué aux représentations du Ring, Prince Igor et Don Giovanni, auxquelles s’ajouteront 3 concerts parisiens à la Philharmonie, la grande nef du Musée d’Orsay et l’Opéra Bastille, dirigera un total de 35 représentations.

Enfin, Susanna Mälkki, qui tient à cœur les œuvres du XXe et XXIe siècle, reviendra pour diriger Yvonne, princesse de Bourgogne, puis, le merveilleux Michael Schonwandt reprendra Boris Godounov, et Antonello Manacorda défendra Cosi fan tutte, après s’être confronté à la trilogie Da Ponte de La Monnaie de Bruxelles début 2020.

Présentation de la saison lyrique 2019 / 2020 de l'Opéra National de Paris"

Les tarifs 2019/2020 – baisse sensible du prix moyen des places à Bastille pour le lyrique

Pour plus d'informations sur la politique tarifaire de 1998 à aujourd'hui, lire l'article Prix des places et politique tarifaire - Opéra National de Paris de 1998 (Hugues Gall) à 2020 (Stéphane Lissner) .

S’il est vrai que les 10 représentations du Ring seront données au prix des soirées de Gala de Réveillon (175 euros en moyenne par soirée), nombre de spectacles seront proposés à Bastille à des prix beaucoup plus bas que les saisons précédentes. Ainsi, les reprises de Boris Godounov et de Rigoletto seront 20% moins chères que lors des dernières représentations, celle de La Bohème sera 25% moins chère qu'en 2017, celles de Madame Butterfly et d'I Puritani seront 30% moins chères respectivement qu'en 2015 et 2013, et celle des Contes d'Hoffmann coûtera en moyenne 40% de moins qu'en 2016. 

En effet, trois productions seront vendues dans la catégorie 5 à 145 euros, et il y aura même 5 soirées où toutes les places hors premières catégories seront inférieures à 100 euros.

Ainsi, le prix moyen d’une place à l’opéra Bastille va baisser de 8% pour se stabiliser à 118 euros, et la répartition des places inférieures à 120 euros retrouvera sa configuration d’il y a 8 ans, c'est-à-dire que plus de la moitié des places à Bastille pour le lyrique sera dorénavant inférieure à 120 euros.

On peut, certes, voir cette réduction des prix comme une conséquence de la reprise de 8 spectacles joués à Bastille au cours des 5 dernières années, mais on peut aussi souligner que cet effort permettra de redonner de l’accessibilité au plus grand nombre, et est un premier pas conséquent vers un assagissement des tarifs depuis l’ouverture de l’opéra Bastille, dont on fête les 30 ans cette année.

Tous les détails et les possibilités de réservations sont accessibles sur le site de l'Opéra de Paris selon le lien suivant : https://www.operadeparis.fr/programmation-et-billets/saison-19-20

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Publié le 1 Mars 2019

TV-Web Mars 2019 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 03 mars 2019 sur France 3 à 00h35
Pas sur la bouche (Yvain) - ms Clin Delmotte - dm Conti

Dimanche 03 mars 2019 sur France 3 à 02h30
Le médecin malgré lui (Gounod) - Grand Théâtre de Genève - ms Pelly - dm Woodbridge

Barbeyrac, Leguérinel, Tilquin, Lamprecht

Dimanche 03 mars 2019 sur Arte à 17h30
Stars de demain avec Rolando Villazon

Dimanche 03 mars 2019 sur Arte à 23h40
Bartoli and Friends

Lundi 04 mars 2019 sur Arte à 00h35
Hommage aux grandes divas orientales

Jeudi 07 mars 2019 sur Arte à 02h15
Adam's passion (Arvo Pärt) - ms Robert Wilson

Vendredi 08 mars 2019 sur France 2 à 00h05
La Flûte Enchantée (Mozart) - Opéra de Wallonie - dm Arrivabeni

Gillet, Zorzi, Giustiniani, Cassi, Uyar, Buratto, Dreisig

Dimanche 10 mars 2019 sur Arte à 18h30
Stars de demain avec Rolando Villazon

Dimanche 10 mars 2019 sur Arte à 23h35
La cheffe d'orchestre Mirga Grazinyté-Tyla

Lundi 11 mars 2019 sur Arte à 00h30
Thamos, roi d'Egypte (Mozart) - ms Kokkos - dm Equilbey

Piau, Martin, Van Mechelen, Wolf

Lundi 11 mars 2019 sur France 3 à 02h00
Pas sur la bouche (Yvain) - ms Clin Delmotte - dm Conti

Vendredi 15 mars 2019 sur France 2 à 00h05
Les clefs de l'orchestre de Jean-François Zygel - Les tableaux d'une exposition

Dimanche 17 mars 2019 sur France 3 à 00h05
Requiem (Verdi) - dm Sokhiev

Stoyanova, Gubanova, Calleja, Kowaljow

Dimanche 17 mars 2019 sur Arte à 18h30
Stars de demain avec Rolando Villazon

Dimanche 17 mars 2019 sur Arte à 23h45
Clara Haskil, le mystère de l'interprète

Vendredi 22 mars 2019 sur France 2 à 00h05
Parsifal (Wagner) - ms Tcherniakov - dm Barenboim - Opéra de Berlin

Kampe, Schager, Pape, Tomasson

Dimanche 24 mars 2019 sur France 3 à 00h05
Lucia di Lammermoor (Donizetti) - ms Bélier-Garcia - dm Rizzi-Brignoli

Markova, Karall, Borras, Sempey, Guagliardo, Dran

Dimanche 24 mars 2019 sur Arte à 18h50
Stars de demain avec Rolando Villazon

Dimanche 31 mars 2019 sur France 3 à 00h05
Benjamin, dernière nuit (Tabachnik) - Opéra de Lyon - ms Fuljames - dm Tabachnik

Briend, Lolov, Kustekova, Selinger

 

Mezzo et Mezzo HD

Vendredi 01 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Rigoletto de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 02 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Dimanche 03 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
L'Africaine de Meyerbeer à La Fenice

Mercredi 06 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
L'Enlèvement au Sérail de Mozart au Festival de Glyndebourne

Vendredi 08 mars 2019 sur Mezzo HD à 22h20
Orlando Furioso de Vivaldi à Venise

Samedi 09 mars 2019 sur Mezzo à 20h35
Les Troyens de Berlioz au Royal Opera House

Dimanche 10 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Semiramide de Gioachino Rossini, Teatro La Fenice

Mercredi 13 mars 2019 sur Mezzo à 20h35
Béatrice et Bénédict d'Hector Berlioz à l'Opéra Comique

Vendredi 15 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Norma de Vicenzo Bellini, Teatro La Fenice

Samedi 16 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
Le Barbier de Séville de Rossini au Festival de Glyndebourne

Dimanche 17 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Orlando Furioso de Vivaldi à Venise

Mercredi 20 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
Il Corsaro de Giuseppe Verdi au Palau de les Arts de Valencia

Vendredi 22 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
L'Africaine de Meyerbeer à La Fenice

Samedi 23 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
Lucio Silla de Mozart au Teatro Real de Madrid

Dimanche 24 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Norma de Vicenzo Bellini, Teatro La Fenice

Mercredi 27 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
La Bohème de Puccini au Liceu de Barcelone

Vendredi 29 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Programme communiqué ultérieurement

Samedi 30 mars 2019 sur Mezzo à 20h30
Programme communiqué ultérieurement

Dimanche 31 mars 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Programme communiqué ultérieurement

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

 

Bank Ban (Hungarian State Opera) jusqu'au 06 mars 2019

Butterfly (Opéra de Limoges) jusqu'au 11 mars 2019

Le Couronnement du Roi à Versailles (Chapelle du Château de Versailles) jusqu'au 12 mars 2019

The Magic Flute (Garsington Opera) jusqu'au 13 mars 2019

Orphée et Eurydice (Opéra Comique) jusqu'au 17 mars 2019

Les Victoires de la Musique classique jusqu’au 17 mars 2019

Albert Herring (Royal College of Music) jusqu'au 20 mars 2019

Attila (Scala de Milan) jusqu'au 20 mars 2019

La Flûte enchantée (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 26 mars 2019

Les Noces de Figaro (Royal College of Music) jusqu'au 26 mars 2019

The Flying Dutchman (Latvian Opera & Ballet) jusqu'au 27 mars 2019

Die Tote Stadt (Komische Oper Berlin) jusqu'au 29 mars 2019

La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie) jusqu'au 31 mars 2019

Gala des 350 ans de l'Opéra de Paris jusqu'au 31 mars 2019

 

Sanatorio Express (Finnish Opera & Ballet) jusqu'au 01 avril 2019

Le viol de Lucrèce (Festival de Glyndebourne 2015) jusqu'au 04 avril 2019

Tosca (Opéra National de Finlande) jusqu'au 05 avril 2019

Medea (Moscow Stanivslavsky Theater) jusqu'au 11 avril 2019

Les Noces de Figaro (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 11 avril 2019

Orlando Furioso (Teatro de la Fenice) jusqu'au 12 avril 2019

Thamos, roi d'Egypte (La Seine Musicale) jusqu'au 13 avril 2019

Mam'zelle Nitouche (Opéra de Lausanne) jusqu'au 14 avril 2019

La Traviata (Capitole de Toulouse) jusqu'au 17 avril 2019

Musique for a while (Opéra de Linz) jusqu'au 19 avril 2019

Le radeau de la méduse (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 25 avril 2019

Libuse (Opéra National de Prague) jusqu'au 26 avril 2019

T.H.A.M.O.S (direction Alondra de la Parra - ms Carlus Peadrissa) jusqu'au 26 avril 2019

Obéron (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 29 avril 2019

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris jusqu'au 30 avril 2019

Les Troyens (Opéra National de Paris) jusqu'au 30 avril 2019

 

Cosi fan Tutte (Opéra de Lausanne) jusqu'au 01 mai 2019

Ero the Joker (Croatian National Theatre in Zagreb) jusqu'au 05 mai 2019

Hommage à Jérôme Robbins (Opéra de Paris) jusqu'au 09 mai 2019

Hippolyte et Aricie (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 15 mai 2019

Cunning Little Vixen (National Theatre Brno) jusqu'au 17 mai 2019

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 19 mai 2019 (Culturebox)

Juditha Triumphans (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 30 mai 2019

Macbeth (Teatro de la Fenice) jusqu'au 06 juin 2019

Caligula (Opéra avec l'Arcal et le Poème de l'Harmonie) jusqu'au 11 juin 2019

Tosca (Opéra de Rome) jusqu'au 12 juin 2019

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Simon Boccanegra (Opéra de Paris) jusqu'au 15 juin 2019

Le concert des étoiles - Hommage à Mozart jusqu'au 15 juin 2019

Katia Kabanova (Teatro San Carlo) jusqu'au 19 juin 2019

Lessons in love and violence (Royal Opera House, Londres) jusqu'au 21 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Maria Callas, une vie d'Opéra jusqu'au 27 juin 2019

Le Roi Arthur (Vox Luminis) jusqu'au 04 juillet 2019

Ariane à Naxos (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 10 juillet 2019

Manru (Polish National Opera) jusqu'au 18 juillet 2019

La Bohème (Komische Oper Berlin) jusqu'au 26 juillet 2019

Xerxès (Deutsche Oper Am Rhein) jusqu'au 31 juillet 2019

La Damnation de Faust (Opéra de Versailles) jusqu'au 01 août 2019

Le concert des révélations des Victoires de la Musique jusqu'au 02 août 2019

Billy Budd (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 07 août 2019

Les Vêpres de Monteverdi jusqu'au 10 août 2019

La Gioconda (La Monnaie) jusqu'au 11 août 2019

L'incantesimo (Opéra National de Lettonie) jusqu'au 20 août 2019

Pagliacci (Opéra de Riga) jusqu'au 20 août 2019

Le Lac des Cygnes (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 août 2019

Ice (Finnish National Opera & Ballet) jusqu'au 04 septembre 2019

Trois Contes (Opéra de Lille) jusqu'au 13 septembre 2019

Frankenstein (Théâtre de La Monnaie) jusqu'au 14 septembre 2019

Il Trionfo del Tempo (Festival d'Ambronay) jusqu'au 19 septembre 2019

Werther (Bergen National Opera) jusqu'au 21 septembre 2019

Il Trovatore (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 22 septembre 2019

Nuit Erik Satie (Philharmonie de Paris) jusqu'au 07 octobre 2019

Rodelinda (Opéra de Lille) jusqu'au 12 octobre 2019

Madrigaux de Dowland, Wert, Monteverdi (Ambronay 2018) jusqu'au 23 octobre 2019

Sémiramide (Opéra La Fenice) jusqu'au 30 octobre 2019

Macbeth (La Fenice) jusqu'au 04 décembre 2019

 

Il Sogno Di Scipione (La Fenice) jusqu'au 18 février 2020

Aida (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 09 mars 2020

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

Laurence Equilbey dirige Thamos de Mozart (Seine Musicale) jusqu'au 13 décembre 2020

Barbara Hannigan dirige Bartok, Haydn, Ligeti et Kurtag (Radio France) jusqu'au 24 juillet 2021

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 26 Février 2019

Les lundis musicaux - Stéphane Degout (Baryton) et Alain Planès (Piano)

Récital du 25 février 2019
Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Claude Debussy 1862-1918 : Chansons de France (1904, Charles d’Orléans) / Le Promenoir des deux amants (1910, Tristan L’Hermite)
Gabriel Fauré : 1845-1924 : Les berceaux (op. 23, 1882, René François Sully-Prudhomme) / Au bord de l’eau (op. 8 1871, René François Sully-Prudhomme) / Clair de Lune (op.46 1887, Paul Verlaine) / Mandoline (extraits des Mélodies de Venise, op 58, 1891, Paul Verlaine) / Danseuse (extraits de Mirages, op. 113, 1919, René de Brimont) / Après un rêve (op.7 1878, Romain Bussine)
Emmanuel Chabrier 1841-1894 : L’île heureuse (1890, Ephraïm Mikhaël) /Chanson pour Jeanne (1886, Catulle Mendès)
Henri Duparc 1848-1933 : La Vie antérieure (1884, Charles Baudelaire) /Sérénade (1869, Gabriel Marc) / Chanson triste (1869, Jean Lahor) / Elégie (1874, Thomas Moore) / Lamento (1883, Théophile Gaultier) / Le Galop (1869, Théophile Gautier)

Quelques jours après son incarnation splendide de Chorèbe dans la tragédie lyrique des Troyens d’Hector Berlioz, nous retrouvons Stéphane Degout au petit Théâtre de l’Athénée, un lundi soir propice aux réflexions introspectives, dans une incarnation magnifiquement unifiée des âmes poétiques décrites par les mélodistes français du tournant du XXe siècle, d’Henri Duparc à Claude Debussy.

Stéphane Degout

Stéphane Degout

La voix de Stéphane Degout se fond avec justesse dans l’intimité lovée de la salle semi-circulaire, elle qui s’épanouissait également si largement dans l’immensité de la scène Bastille, et le talent du baryton français est d’interpréter ces mélodies en les portant intérieurement par une délicatesse d’expression du regard, de légers froncements de sourcils, et des appuis obliques du corps qui s’adressent à l’auditeur en l’invitant à accueillir les poèmes sans forcer l’affectation.

Le Théâtre de l'Athénée le long du square de l'Opéra Louis-Jouvet

Le Théâtre de l'Athénée le long du square de l'Opéra Louis-Jouvet

Le sentiment de dignité et de joie mélancolique, qui innerve cet inaltérable souffle embrumé d’une clarté obscure, est ainsi le vecteur d’une vigueur à laquelle se mêle l’harmonie chaleureuse qu’Alain Planès distille à travers un rendu sonore hyalin, qui nimbe précieusement le relief subtilement creusé autour de de chaque mot. 

Ce chant ne pleure pas, mais conte le désarroi de la vie avec honneur et une accroche immédiate.

Et les spectateurs, en réponse à leurs chaleureux rappels, entendront trois mélodies supplémentaires, dont l’une de Maurice Ravel, Chanson romanesque (Don Quichotte à Dulcinée), et Diane Séléné de Gabriel Fauré.

Stéphane Degout

Stéphane Degout

Enfin, parmi le public, Barbara Hannigan, partenaire de Stéphane Degout à l’opéra dans Pelléas et Mélisande et Lessons in love and violence, et interprète passionnée d’œuvres contemporaines, est venue l’écouter avant de faire revivre dans deux jours, à la Philharmonie, la création française d’Hans Abrahamsen, Let me tell you.

Stéphane Degout et Alain Planès

Stéphane Degout et Alain Planès

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Publié le 22 Février 2019

Avec 214 représentations lyriques au cours de la saison 2019/2020, le MET diversifie un peu plus sa programmation que cette saison en présentant 25 ouvrages de 16 compositeurs différents, soit 2 de plus qu’actuellement, parmi lesquels 5 nouvelles productions sont présentes.

Et si 2018/2019 est une saison verdienne, la saison 2019/2020 sera une saison puccinienne (Tosca, Manon Lescaut, La Bohème, Turandot, Madame Butterfly) avec un quart des représentations dédié au compositeur toscan.

A cette occasion, Madame Butterfly devient le 5e ouvrage le plus représenté au MET depuis 1973, devant Aida de Verdi, et rejoint donc La Bohème et Tosca parmi les 5 premiers titres à l'affiche depuis près de 50 ans.

Le compositeur parmesan est, quant à lui, représenté par La Traviata, Simon Boccanegra et Macbeth.

Mozart fait également bonne figure avec 15% des représentations, devant Verdi, et sera défendu par Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée et Cosi fan tutte.

Akhnaten - Photo English National Opera

Akhnaten - Photo English National Opera

Les 14 représentations de Porgy & Bess (production du DNO et de l’English National Opera) sont l'un des rendez-vous majeurs de la saison, ainsi que l’entrée au répertoire d’Akhnaten de Philip Glass (8 représentations de la production de l’English National Opera), deux ouvrages qui célébreront deux compositeurs anglo-saxons.

Et le répertoire français sera servi par Massenet (Manon et Werther), ainsi que par La Damnation de Faust de Berlioz, même si cette dernière sera jouée en version de concert, la production de Robert Lepage ayant été annulée.

Par ailleurs, un opéra baroque, Agrippina de Haendel (production de la Monnaie), fait son entrée au répertoire, et les ouvrages du XXe siècle seront représentés par Der Rosenkavalier de Strauss, Katia Kabanova de Janacek (3 représentations) et par une nouvelle production de Wozzeck d’Alban Berg (production du Festival de Salzburg). La reprise de Maria Stuarda, entré au répertoire en 2012, signera également l'unique présence de Donizetti cette saison.

Wagner n’est représenté que par Le Vaisseau Fantôme, dans une nouvelle production en provenance du DNO, et le répertoire slave repose sur La Dame de Pique de Tchaïkovski aux côtés de Katia Kabanova.

Ainsi, sur les 5 nouvelles productions, 3 sont dévolues à des œuvres du XXe siècle, et toutes sont des productions ou des coproductions européennes.

Enfin, en ajoutant l’Orphée et Eurydice de Gluck, on peut constater que plus de 20% du répertoire sera voué au baroque et au classique, ce qui est un exploit dans une salle de près de 4000 places.

Parmi les grands artistes présents cette saison, il sera possible d'entendre Joyce DiDonato et Kate Lindsey (Agrippina), Roberto Alagna et Maria Agresta (La Bohème), Javier Camarena (La Cenerentola), Nicole Car, Luca Pisaroni et Gerald Finley (Cosi fan tutte), Elina Garanca, Michael Spyres et Ildar Abdrazakov (La Damnation de Faust), Anja Kampe, Bryn Terfel  et Valery Gergiev (Le Vaisseau Fantôme), Anna Netrebko, Placido Domingo et Ildar Abdrazakov (Macbeth), Placido Domingo (Madame Butterfly), Lisette Oropesa et Michael Fabiano (Manon),  Sonya Yoncheva et Marcelo Alvarez (Manon Lescaut), Diana Damrau (Maria Stuarda), Anita Hartig, Marianne Crebassa, Mariusz Kwiecen (Les Noces de Figaro), Nadine Sierra, Gaëlle Arquez, Luca Pisaroni (Les Noces de Figaro), Angel Blue et Denyce Graves (Porgy & Bess), Lise Davidsen (La Dame de Pique), Anna Netrebko, Michael Volle (Tosca), Aleksandra Kursak, Lisette Oropesa, Dmitry Popov, Vittorio Grigolo (La Traviata), Nina Stemme, Hibla Gerzmava (Turandot), Yannick Nézet-Seguin, Elsa van den Heeven, Peter Mattei, Christopher Ventris (Wozzeck), Yannick Nézet-Seguin, Joyce DiDonato, Aida Garifullina, Piotr Beczala, Etienne Dupuis (Werther).

Tous les détails de la programmation sont consultables sous le lien suivant : Met 2019/2020 season.

Saison 2019/2020 du New-York Metropolitan Opera

La saison 2019/2020 du MET au cinéma 

10 spectacles, dont les 5 nouvelles productions, seront diffusés au cinéma au cours de la saison 2019/2020

Turandot - samedi 12 octobre 2019
Manon - samedi 26 octobre 2019
Madame Butterfly - samedi 09 novembre 2019
Akhnaten - samedi 23 novembre 2019
Wozzeck - samedi 11 janvier 2020
Porgy & Bess - samedi 01 février 2020
Agrippina - samedi 29 février 2020
Der Fliegende Holländer - samedi 14 mars 2020
Tosca - samedi 11 avril 2020
Maria Stuarda - samedi 09 mai 2020

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Publié le 15 Février 2019

La Gioconda (Amilcare Ponchielli)
Représentation du 10 février 2019
Théâtre de La Monnaie - Bruxelles

La Gioconda Hui He
Laura Adorno Szilvia Vörös
Enzo Grimaldo Stefano La Colla
Barnaba Scott Hendricks
La Cieca Ning Liang
Alvise Badoero Jean Teitgen
Isèpo Roberto Covatta
Zuane / Un pilot Bertrand Duby
Un Barnabotto / Una voce Bernard Giovani
Un cantore René Larya
Una voce Alejandro Fonté 

Direction musicale Paolo Carignani                               Hui He (La Gioconda)
Mise en scène Olivier Py (2019)
Nouvelle production en co-production avec le Théâtre du Capitole de Toulouse et Teatr Wielki Warszawa

Œuvre peu jouée de par la difficulté qu’elle représente pour les artistes constamment mis sous tension vocale – L’Italie entière n’en donne aucune représentation cette saison -, La Gioconda préfigure par sa richesse musicale un basculement d’époque.

En effet, depuis le début des années 1870, les grandes figures du Grand Opéra (Meyerbeer, Rossini, Auber, Halevy) ont disparu, et Verdi, après Don Carlos (1867) et Aida (1871), vient d’entrer dans une longue période de voyages artistiques et de révisions de ses œuvres (Simon Boccanegra, Don Carlo), dont il ne ressortira qu’en 1887 avec l’époustouflant Otello.

La Gioconda (He-Vörös-La Colla-Hendricks-Liang-Teitgen-Carignani-Py) La Monnaie

Et c’est également à partir de la seconde partie des années 1880 que vont apparaître les œuvres réalistes de Leoncavallo, Mascagni et Puccini, tournées vers des drames quotidiens.

Ainsi, avec le célèbre ballet ‘La danse des heures’, qui symbolise la lutte éternelle entre les forces du bien et du mal, subsiste toujours dans La Gioconda un écho du Grand Opéra passé.

Et le livret d’Arrigo Boito, le poète auquel Verdi s’associera pour Otello, basé sur la pièce de Victor Hugo ‘Angelo, tyran de Padoue’, mais transposé à Venise, rapproche d’autant plus Ponchielli de Verdi que ce dernier s’était déjà inspiré de deux ouvrages du dramaturge français, Hernani et Le Roi s’amuse, respectivement pour Ernani et Rigoletto.

Par ailleurs, l’œuvre comprend des passages virtuoses alliant le chœur et l’orchestre qui annoncent ce même Otello.

Pourtant, Ponchielli met aussi les chanteurs à rude épreuve avec une écriture dramatique que l’on va retrouver dans les opéras véristes les plus durs.

Jean Teitgen (Alvise Badoero)

Jean Teitgen (Alvise Badoero)

Et la mise en scène d’Olivier Py ne fait qu’éloigner l’ouvrage le plus célèbre de Ponchielli de la pompe du Grand Opéra, en plongeant les protagonistes dans un univers sous-terrain noir, sans lumière, là où l’eau croupit et où erre un clown triste et inquiétant, évoquant à la fois le personnage de Rigoletto et celui de Canio dans Il Pagliacci de Leoncavallo.

On ne pouvait pas mieux trouver comme scénographie qui jette un pont entre plusieurs univers, renforçant ainsi la position de confluence esthétique du chef-d’œuvre de Ponchielli. L’enchaînement des tableaux est brillamment réalisé sans temps morts, avec une sensation d’enfermement permanente accentuée par les structures frontales en forme de chambres carcérales, ou bien par l’effet d’infini en trompe-l’œil de la chambre photographique projetée en arrière-scène.

Le metteur en scène n’évite pas la complaisance pour les scènes sordides d’éventrement ou de viol, manie avec grâce les corps masculins des danseurs, et crée un climat surréaliste où le pouvoir apparaît nettement dissocié de la vie des bas-fonds, créant une tension exacerbée par la présence machiavélique de Barnaba.

Scott Hendricks (Barnaba)

Scott Hendricks (Barnaba)

Ce n’est donc pas une interprétation qui met à l’aise ou flatte l’œil, mais une mise en mouvement de l’histoire du sacrifice inhumain d’une artiste, La Gioconda, pour sa rivale en amour, un enchevêtrement de sentiments contradictoires à la hauteur des tensions vocales qu’elles engendrent, et qui prend ici une inexorable force théâtrale chevillée au corps. Nullement la production ennuyeuse de Pier Luigi Pizzi en 2013 à l’Opéra Bastille n’avait laissé une telle impression mémorable.

Cette sensation de coup de poing permanent doit aussi beaucoup à la direction nerveuse et sans relâche de  Paolo Carignani, qui n’était pourtant pas aussi prenante lors des représentations d’Il Trovatore à Munich dans la mise en scène d’Olivier Py. L’association des deux artistes est ici sans faille, et si les couleurs vrillées des cordes manquent sans doute de lustre et de raffinement, l’énergie sombre de cet orchestre survolté est avant tout au service d’un spectacle fort.

Hui He (La Gioconda) et Ning Liang (La Cieca)

Hui He (La Gioconda) et Ning Liang (La Cieca)

Et les chanteurs, dont on admire l’endurance, se montrent à la hauteur d’un enjeu extrêmement exigeant pour leur voix. La Gioconda de Hui He surmonte sans problème les redoutables aigus de la partition tout en s’appuyant sur une tessiture grave poignante, et ne donne jamais l’impression de vaciller. Splendide Suicidio ! et un engagement douloureusement fatal qu’elle exprime avec une dignité saisissante.

Stefano La Colla fait également partie de cette catégorie de ténors expressifs qui tiennent la distance face à la violence des propos chantés. Couleurs claires teintées d’intonations réalistes, solidité et fluidité du souffle, il s’abandonne à l’art de la plainte puissante en jouant avec des fragilités auxquelles il ne succombe pas.

Szilvia Vörös, en Laura, possède également une excellente résilience et un timbre d’airain monochrome, mais c’est Ning Liang qui, de par son rôle et la souplesse d’une voix touchante, est l’un des point émotionnel majeur de la soirée.

Hui He (La Gioconda)

Hui He (La Gioconda)

Enfin, Jean Teitgen se tire bien des incantations tendues du rôle d’Enzo, et, sans trop de surprise, le texan Scott Hendricks, fidèle à la Monnaie et à son public assidu, libère à nouveau sa capacité à incarner avec férocité un personnage aussi dur que celui de Barnaba.

Chœur endiablé et débarrassé de toute bride, on a bien compris qu’il s’agissait de ne laisser aucun répit et aucune perte d’attention aux spectateurs.

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Publié le 31 Janvier 2019

TV-Web Février 2019 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 03 février 2019 sur France 3 à 00h40
Don Giovanni (Mozart) - Théâtre des Champs Elysées - ms Braunschweig - dm Rhorer

Werba, Persson, Behle, Marin-Degor, Gleadow

Dimanche 03 février 2019 sur Arte à 17h30
La Folle journée de Nantes

Dimanche 03 février 2019 sur Arte à 23h45
Alondra de la Parra, la Maestra

Lundi 04 février 2019 sur Arte à 00h40
Le Radeau de la Méduse (Henze) - ms Castellucci - dm Metzmacher

Ruiten, Skovhus, Duesing

Lundi 04 février 2019 sur France 3 à 02h00
Le Roi Carotte (Offenbach) - Opéra de Lyon - ms Pelly - dm Aviat

Boulianne, Beuron, Mortagne, Briot, Dennefeld

Vendredi 08 février 2019 sur France 2 à 00h10
Music for a while - chorégraphie Lin - dm Pluhar

Vendredi 08 février 2019 sur France 2 à 21h00
Les victoires de la Musique 2019

Dimanche 10 février 2019 sur France 3 à 00h30
La Damnation de Faust (Berlioz) - Opéra de Paris - ms Hermanis - dm Jordan

Kaufmann, Koch, Terfel, Crossley-Mercer

Dimanche 10 février 2019 sur Arte à 18h30
Symphonie n°2 (Rachmaninov) - Staatskapelle de Dresde - dm Pappano

Lundi 11 février 2019 sur Arte à 02h05
Brahms, Chostakovitch et Kaija Saariaho - Renaud Capuçon (violon)

Mercredi 13 février 2019 sur France 3 à 21h00
Les 26e victoires de la Musique classique

Jeudi 14 février 2019 sur Arte à 03h10
Graine d'étoiles ... cinq ans après. Danser sa vie.

Vendredi 15 février 2019 sur France 2 à 00h05
Orphée et Eurydice (Gluck) - ms Carsen - dm Fasolis
Jaroussky, Petibon, Barath

Vendredi 15 février 2019 sur France 3 à 21h00
300 choeurs chantent les plus belles chansons des années 60

Dimanche 17 février 2019 sur France 3 à 00h35
Le médecin malgré lui (Gounod) - Grand Théâtre de Genève - ms Pelly - dm Woodbridge

Leguérinel, Tilquin, De Barbeyrac, Mhamdi, Lamprecht

Lundi 17 février 2019 sur France 3 à 02h25
Le Roi Carotte (Offenbach) - Opéra de Lyon - ms Pelly - dm Aviat

Boulianne, Beuron, Mortagne, Briot, Dennefeld

Dimanche 17 février 2019 sur Arte à 18h10
Wang piano - Festival de Lucerne - dm Petrenko

Dimanche 24 février 2019 sur France 3 à 00h30
Requiem (Donizetti) - Festival de Saint-Denis - dm Garcia Alarcon

Bré, Bridelli, Trümpy, Borchev

Dimanche 24 février 2019 sur Arte à 18h50
Sabine Meyer et sa clarinette


Mezzo et Mezzo HD

Vendredi 01 février 2019 sur Mezzo HD à 22h15
Macbeth de Verdi - Opéra royal de Wallonie

Samedi 02 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Carmen de Bizet à l'Opéra Royal de Wallonie

Dimanche 03 février 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Don Pasquale de Donizetti à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 06 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Norma de Vicenzo Bellini, Teatro La Fenice

Vendredi 08 février 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Samedi 09 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Daniele Gatti dirige Salome de Strauss au Dutch National Opera & Ballet Amsterdam

Dimanche 10 février 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Rigoletto de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 13 février 2019 sur Mezzo à 21h00
Orlando Furioso de Vivaldi à Venise

Vendredi 15 février 2019 sur Mezzo HD à 20h30
Il Trovatore de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 16 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Mitridate de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées

Dimanche 17 février 2019 sur Mezzo HD à 21h00
Le Vaisseau fantôme de Wagner au Teatro Real de Madrid

Mercredi 20 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Semiramide de Gioachino Rossini, Teatro La Fenice

Vendredi 22 février 2019 sur Mezzo HD à 23h00
Street Scene de Kurt Weill au Teatro Real de Madrid

Samedi 23 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Tristan et Isolde de Wagner au Staatsoper de Berlin

Dimanche 24 février 2019 sur Mezzo HD à 21h00
l Trovatore de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 27 février 2019 sur Mezzo à 20h30
Don Giovanni de Mozart au Festival d'Aix-en-Provence

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

 

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange) jusqu'au 01 février 2019

Vanessa (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 14 février 2019

 

Bank Ban (Hungarian State Opera) jusqu'au 06 mars 2019

Butterfly (Opéra de Limoges) jusqu'au 11 mars 2019

Le Couronnement du Roi à Versailles (Chapelle du Château de Versailles) jusqu'au 12 mars 2019

The Magic Flute (Garsington Opera) jusqu'au 13 mars 2019

Orphée et Eurydice (Opéra Comique) jusqu'au 17 mars 2019

Les Victoires de la Musique classique jusqu’au 17 mars 2019

Albert Herring (Royal College of Music) jusqu'au 20 mars 2019

Attila (Scala de Milan) jusqu'au 20 mars 2019

La Flûte enchantée (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 26 mars 2019

Les Noces de Figaro (Royal College of Music) jusqu'au 26 mars 2019

The Flying Dutchman (Latvian Opera & Ballet) jusqu'au 27 mars 2019

Die Tote Stadt (Komische Oper Berlin) jusqu'au 29 mars 2019

La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie) jusqu'au 31 mars 2019

Gala des 350 ans de l'Opéra de Paris jusqu'au 31 mars 2019

 

Sanatorio Express (Finnish Opera & Ballet) jusqu'au 01 avril 2019

Le viol de Lucrèce (Festival de Glyndebourne 2015) jusqu'au 04 avril 2019

Tosca (Opéra National de Finlande) jusqu'au 05 avril 2019

Medea (Moscow Stanivslavsky Theater) jusqu'au 11 avril 2019

Les Noces de Figaro (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 11 avril 2019

Orlando Furioso (Teatro de la Fenice) jusqu'au 12 avril 2019

Thamos, roi d'Egypte (La Seine Musicale) jusqu'au 13 avril 2019

Mam'zelle Nitouche (Opéra de Lausanne) jusqu'au 14 avril 2019

La Traviata (Capitole de Toulouse) jusqu'au 17 avril 2019

Musique for a while (Opéra de Linz) jusqu'au 19 avril 2019

Le radeau de la méduse (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 25 avril 2019

Libuse (Opéra National de Prague) jusqu'au 26 avril 2019

T.H.A.M.O.S (direction Alondra de la Parra - ms Carlus Peadrissa) jusqu'au 26 avril 2019

Obéron (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 29 avril 2019

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui à l'Opéra de Paris jusqu'au 30 avril 2019

Cosi fan Tutte (Opéra de Lausanne) jusqu'au 01 mai 2019

Les Troyens (Opéra National de Paris) jusqu'au 01 mai 2019

Ero the Joker (Croatian National Theatre in Zagreb) jusqu'au 05 mai 2019

Hommage à Jérôme Robbins (Opéra de Paris) jusqu'au 09 mai 2019

Cunning Little Vixen (National Theatre Brno) jusqu'au 17 mai 2019

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 19 mai 2019 (Culturebox)

Macbeth (Teatro de la Fenice) jusqu'au 06 juin 2019

Caligula (Opéra avec l'Arcal et le Poème de l'Harmonie) jusqu'au 11 juin 2019

Tosca (Opéra de Rome) jusqu'au 12 juin 2019

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Simon Boccanegra (Opéra de Paris) jusqu'au 15 juin 2019

Le concert des étoiles - Hommage à Mozart jusqu'au 15 juin 2019

Katia Kabanova (Teatro San Carlo) jusqu'au 19 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Maria Callas, une vie d'Opéra jusqu'au 27 juin 2019

Le Roi Arthur (Vox Luminis) jusqu'au 04 juillet 2019

Ariane à Naxos (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 10 juillet 2019

Manru (Polish National Opera) jusqu'au 18 juillet 2019

La Bohème (Komische Oper Berlin) jusqu'au 26 juillet 2019

Xerxès (Deutsche Oper Am Rhein) jusqu'au 31 juillet 2019

La Damnation de Faust (Opéra de Versailles) jusqu'au 01 août 2019

Billy Budd (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 07 août 2019

Les Vêpres de Monteverdi jusqu'au 10 août 2019

La Gioconda (La Monnaie) jusqu'au 11 août 2019

L'incantesimo (Opéra National de Lettonie) jusqu'au 20 août 2019

Le Lac des Cygnes (Opéra National de Paris) jusqu'au 22 août 2019

Il Trionfo del Tempo (Festival d'Ambronay) jusqu'au 19 septembre 2019

Il Trovatore (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 22 septembre 2019

Nuit Erik Satie (Philharmonie de Paris) jusqu'au 07 octobre 2019

Rodelinda (Opéra de Lille) jusqu'au 12 octobre 2019

Madrigaux de Dowland, Wert, Monteverdi (Ambronay 2018) jusqu'au 23 octobre 2019

Sémiramide (Opéra La Fenice) jusqu'au 30 octobre 2019

Macbeth (La Fenice) jusqu'au 04 décembre 2019

 

Il Sogno Di Scipione (La Fenice) jusqu'au 18 février 2020

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

The Rake's Progress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 31 Janvier 2019

Rusalka (Antonín Dvořák)
Représentations du 29 janvier et du 01, 07 et 13 février 2019
Opéra Bastille

Le Prince Klaus Florian Vogt
La Princesse étrangère Karita Mattila
Rusalka Camilla Nylund
L'Esprit du lac Thomas Johannes Mayer
Ježibaba Michelle DeYoung
La Voix d'un chasseur Danylo Matviienko
Le Garçon de cuisine Jeanne Ireland
Première nymphe Andreea Soare 
Deuxième nymphe Emanuela Pascu.
Troisième nymphe Élodie Méchain      

Le Garde forestier Tomasz Kumiega                             Klaus Florian Vogt et Karita Mattila  

Direction musicale Susanna Mälkki
Mise en scène Robert Carsen (2002)

Depuis son entrée au répertoire en juin 2002, à l'initiative d'Hugues Gall, Rusalka a été repris par chaque directeur, Gerard Mortier, Nicolas Joel et, dorénavant, Stéphane Lissner, démontrant l'unanimisme non seulement pour le chef-d’œuvre d'Antonín Dvořák, mais également pour la mise en scène si belle et si sensible de Robert Carsen.

Double inversé de la chambre suspendue au-dessus du lac où vit la créature des eaux, lumières tamisées et roses rouges entourant le lit nuptial, ondes marines qui se projettent devant les nymphes, la scénographie épure et entrelace réalité et fantastique avec une virtuosité qui fait de cette production un incontournable du metteur en scène canadien, avec celle de Capriccio qu’il réalisa pour le Palais Garnier deux ans plus tard.

Camilla Nylund (Rusalka)

Camilla Nylund (Rusalka)

Et, contrairement aux dernières reprises, ces nouvelles représentations s’abstiennent de faire appel dans les rôles principaux à des chanteurs d’origine slave, et sont confiées à une directrice musicale finlandaise.

Passionnée par les œuvres du XXe et XXIe siècle - elle a en effet déjà dirigé Siddharta, L’Affaire Makropoulos et Trompe-la-mort à l’Opéra de Paris-, Susanna Mälkki s’applique sans relâche à entretenir la tonicité de l’orchestre, tout en tirant sur les cuivres, les percussions et les sonorités métalliques, parfois fort tranchantes, avec une technicité indéniable, mais également une volonté de maintenir les cordes dans des teintes froides, sans effet de rubato qui pourrait évoquer une atmosphère trop sentimentale.

Camilla Nylund (Rusalka) et Klaus Florian Vogt (Le Prince)

Camilla Nylund (Rusalka) et Klaus Florian Vogt (Le Prince)

Camilla Nylund, dont la diction claire montre ses affinités avec l’univers des héroïnes straussiennes, décrit dans le premier acte une jeune fille un peu extérieure à ses douleurs, et se situe sur le même plan vocal que Michelle DeYoung, en Ježibaba, qui ne diffère d’elle que pas des couleurs légèrement plus sombres, sans grande différence d’ampleur.

Karita Mattila (La Princesse)

Karita Mattila (La Princesse)

Dans le second acte, l’arrivée triomphale de Karita Mattila, somptueuse de chaleur et de rayonnement, ne fait que mettre plus à mal le personnage de Rusalka, écrasée par cette princesse si sûre de sa volupté. C’est donc au dernier acte, après l’injonction au meurtre proférée par Ježibaba, que Camilla Nylund donne plus de consistance à son personnage, épanouissant ainsi Rusalka dans son être de femme entière.

Elle est également la seule, parmi les premiers rôles, à faire entendre des sonorités typiques de la langue du livret.

Jeanne Ireland (Le garçon de cuisine) et Tomasz Kumiega (Le Garde forestier)

Jeanne Ireland (Le garçon de cuisine) et Tomasz Kumiega (Le Garde forestier)

Et le cœur de l'Esprit du lac de Thomas Johannes Mayer bat tel celui de l'esprit de la mélancolie noire, et bienveillante, entouré des trois nymphes d'Andreea Soare, Emanuela Pascu et Elodie Méchain, aux voix homogènes.

Quant à Klaus Florian Vogt, immense chanteur wagnérien associé aux rôles de Tannhäuser, Lohengrin et Parsifal, il trouve, à l’instar du personnage de Paul dans Die Tote Stadt, une incarnation qui lui convient bien, que ce soit par le charme du Prince ou par l’éclat juvénile de son timbre. Il doit toutefois composer avec une écriture qui lui offre moins d’occasions de déployer sa puissance et sa largeur vocale, et qui devient plus exigeante dans les aigus au dernier acte, ce qui tend à renforcer la clarté nasale de ses intonations. L’inimitable unicité de ce chanteur n’en est pas moins totalement captivante à admirer.

Klaus Florian Vogt et Camilla Nylund

Klaus Florian Vogt et Camilla Nylund

Et finalement, c’est parmi les seconds rôles, tous des artistes issus de l'Académie de Musique de l'Opéra, que l'on retrouve des sonorités slaves, notamment chez Danylo Matviienko, jeune chanteur ukrainien qui n'incarne la voix du chasseur qu’en coulisse, et Tomasz Kumiega, dont on sent poindre les accents graves et nonchalants d'Eugène Onéguine. 

Jeanne Ireland, en garçon de cuisine, montre aussi une belle présence et de la brillance, et nous rappelle que c’est dans ce rôle, il y a 16 ans, que nous découvrions Karine Deshayes pour la première fois sur la scène de l’opéra Bastille.

Danylo Matviienko (la voix d'un chasseur), Jeanne Ireland (le garçon de cuisine) et Tomasz Kumiega (le garde forestier)

Danylo Matviienko (la voix d'un chasseur), Jeanne Ireland (le garçon de cuisine) et Tomasz Kumiega (le garde forestier)

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Publié le 28 Janvier 2019

Les Troyens (Hector Berlioz)
Répétition du 19 janvier et représentations du 25 janvier et 03 février 2019
Opéra Bastille

Cassandre Stéphanie d'Oustrac
Ascagne Michèle Losier
Hécube Véronique Gens
Énée Brandon Jovanovich
Chorèbe Stéphane Degout
Panthée Christian Helmer
Le Fantôme d'Hector Thomas Dear
Priam Paata Burchuladze
Un Capitaine Grec Jean-Luc Ballestra
Hellenus Jean-François Marras
Polyxène Sophie Claisse
Didon Ekaterina Semenchuk
Anna Aude Extrémo
Iopas Cyrille Dubois
Hylas Bror Magnus Tødenes
Narbal Christian Van Horn

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Dmitri Tcherniakov (2019)                           
Ekaterina Semenchuk (Didon)
Nouvelle production
Diffusion sur Arte et sur Arte Concert le 31 janvier 2019 à 22h45

Composé pour le Théâtre Lyrique en 1863, où seule la seconde partie Les Troyens à Carthage sera représentée, Les Troyens n’est entré au répertoire de l'Opéra de Paris qu'en 1921, et a eu l'honneur de faire l’ouverture de Bastille dans une mise en scène de Pier-Luigi Pizzi, le 17 mars 1990, sous la direction de Myung-whun Chung. 

Le rideau de scène bleu Lapis Lazuli, orné de figures symboliques tracées au trait blanc, était confié à Cy Twombly, et avait la même fonction que le nouveau plafond peint par Marc Chagall en 1964 pour le Palais Garnier, c'est-à-dire, attirer le spectateur vers la modernité théâtrale.

Le fantôme d'Hector et Brandon Jovanovich (Enée)

Le fantôme d'Hector et Brandon Jovanovich (Enée)

Puis, en 2007, Gerard Mortier reprit la mise en scène forte et élégante d'Herbert Wernicke, imaginée pour le Festival de Salzbourg, qui supprimait toutefois les ballets originels, sous la direction de Sylvain Cambreling. 

Et c'est donc une version quasi-intégrale – les ballets des constructeurs, matelots et laboureurs ainsi que la scène des sentinelles et de Panthée à Carthage étant cependant coupés – qui est proposée pour célébrer à la fois les 30 ans de l’ouverture de l’opéra Bastille (13 juillet 1989), les 60 ans de la création du Ministère des affaires culturelles (03 février 1959), les 150 ans de la mort d’Hector Berlioz (8 mars 1869) et les 350 ans de l’Académie de Musique (28 juin 1669). 

De plus, si l’on sait que seuls 7 autres opéras ont pour l’instant bénéficié d’au moins 3 productions différentes à Bastille (La Flûte Enchantée, Boris Godounov, Carmen, Simon Boccanegra, Parsifal, Elektra, Lady Macbeth de Mzensk), l’hommage qui est rendu au compositeur, malheureux de son vivant avec l’institution parisienne, dépasse probablement tout ce qu’il pouvait imaginer.

Les Troyens (d'Oustrac-Degout-Jovanovich-Semenchuk-Jordan-Tcherniakov) Bastille

Toutefois, en confiant cette nouvelle production à Dmitri Tcherniakov, que l’on retrouvera au printemps pour la reprise de Iolanta / Casse-Noisette à Garnier, et dans deux ans pour une nouvelle production de La Dame de Pique, il est entendu que l’on ne va pas assister à un spectacle simplement magnifiquement illustratif, comme ce fût le cas au Théâtre du Châtelet en 2003 avec la mise en scène de Yannis Kokkos.

En effet, Dmitri Tcherniakov montre deux faces très différentes de son talent à travers les deux volets des Troyens, l’une, la maîtrise du croisement entre l’ampleur épique et la narration des destins individuels à travers une direction d’acteurs d’un foisonnement et d’une précision hors pair, l’autre, la transfiguration d’une intrigue personnelle en une analyse psychologique ramenée dans un contexte social contemporain.

Stéphanie d'Oustrac (Cassandre) et Stéphane Degout (Chorèbe)

Stéphanie d'Oustrac (Cassandre) et Stéphane Degout (Chorèbe)

Pour Troie, le metteur en scène a conçu un décor d’une incroyable complexité représentant les rues enserrées d’une cité du Moyen-Orient ravagée par la guerre, dans laquelle s’insère un luxueux écrin en bois laqué donnant à voir la vie dans une pièce du palais royal. 

Et au deuxième acte, à l’apparition du fantôme d’Hector enflammé traversant en diagonale le plateau, ce décor s’ouvre et se déplie pour créer un nouvel espace totalement dégagé en son centre, l’ombre des immeubles lugubres planant en fond de scène face à Enée, en garde comme dans une posture de cinéma. Souhaitons que les mécanismes de ce dispositif fabuleux ne défaillent pas, car c’est véritablement une fantastique prouesse technologique qui est mise en œuvre ici.

Stéphanie d'Oustrac (Cassandre)

Stéphanie d'Oustrac (Cassandre)

Et lors de la première scène jouée en silence, Tcherniakov présente méthodiquement l’ensemble de la famille de Priam, un par un. Puis, débute la musique animée par le peuple en liesse, et survient une Cassandre enfant ruminant sa révolte, qui s’adresse à des médias télévisés pour révéler son confit avec sa famille et la rue. En même temps, Priam est décrit comme un homme honni par Cassandre pour avoir abusé d’elle, et méprisé par Enée qui prépare un coup d’Etat avec les Grecs.

Stéphanie d’Oustrac, le regard vipérin, se prend facilement aux jeux d’affrontement face à Chorèbe, Priam et Hécube, et offre à Cassandre une voix déliée d’une belle teinte brune aux accents lyriques et angoissés, sans forcer sur la puissance, et son personnage exprime une colère entière jouée avec une crédibilité infaillible. Elle est véritablement une chanteuse qui sait être sur scène.

La famille royale, au premier plan Véronique Gens (Hécube) et Paata Burchuladze (Priam)

La famille royale, au premier plan Véronique Gens (Hécube) et Paata Burchuladze (Priam)

L’autre joyau de la distribution est Stéphane Degout, sagement posé, mais d’une flambante pulsation vocale, une virilité soyeuse d’une profondeur bien affirmée qui lui donne un charme autoritaire séduisant.

Dans cette partie, grâce à son travail avec le metteur en scène, le chœur gagne une vitalité débordante et une maîtrise de son action grandement réussie, que ce soit lors de l’hymne « Dieu protecteur de la vie éternelle » qui entoure une procession royale marchant face à la scène le long d’un étroit couloir humain, ou bien , plus encore, lors du grand chœur des troyennes qui entament une enthousiasmante danse exaltée avec Stéphane d’Oustrac, avant le spectaculaire suicide final.

Brandon Jovanovich (Enée), Stéphane Degout (Chorèbe), Astyanax (Emile Goasdoué), Andromaque (Mathilde Kopytto) et Stéphanie d'Oustrac (Cassandre)

Brandon Jovanovich (Enée), Stéphane Degout (Chorèbe), Astyanax (Emile Goasdoué), Andromaque (Mathilde Kopytto) et Stéphanie d'Oustrac (Cassandre)

Et si Véronique Gens est une Hécube de luxe ayant peu à chanter, elle est en revanche bien mise en valeur au sein du chœur, si bien qu’elle se distingue vocalement très nettement lors des grands élans de la masse chorale.

Ainsi, chaque personnage, même muet, semble avoir une ligne de vie propre travaillée par le metteur scène, mais il devient difficile en une seule soirée de tout suivre en détail.

Et après une première partie d’une force inégalée, soutenue par des chœurs excellemment dirigés, la seconde partie, dans sa forme, prend le risque de décontenancer une partie du public.

Le décor unique représente avec grand réalisme une salle d’un centre de rééducation pour blessés de guerre, avec coin télévision, baby-foot, du mobilier simple, et des dessins d’enfants et photos de familles comme décoration murale.

Ekaterina Semenchuk (Didon)

Ekaterina Semenchuk (Didon)

Ici, Tcherniakov se place sur le plan purement psychologique. A la fin de Troie, dans sa mise en scène, Creusée, la femme d'Enée, s'est suicidée, déçue par la trahison de son époux envers son royaume. Bien entendu, cela ne correspond à aucune légende connue aujourd'hui (soit Creusée fut enlevée par les Grecs, soit Enée, après l'avoir perdue, la retrouva sous forme de fantôme l'encourageant à refaire sa vie ailleurs), mais lorsque l'on arrive à Carthage, on retrouve deux personnages principaux ayant besoin de se détacher de leur passé sentimental pour poursuivre leur vie. Enée ne peut oublier Creusée, et Didon ne peut oublier le meurtre de Sychée, 7 ans plus tôt, qui l'a poussée à quitter Tyr.

Ekaterina Semenchuk (Didon)

Ekaterina Semenchuk (Didon)

La rencontre dans ce lieu imaginé par Tcherniakov a donc pour finalité d'arriver, par une relation de transfert réciproque, à permettre à chacun d'eux de guérir de leurs blessures et de repartir. Le moment où chacun porte le coup qui va créer ce détachement est symbolisé par la séquence de tir à l'arc sensée "tuer" le double de soi.

Enée surmonte l'épreuve, et peut repartir pour Rome, mais Didon échoue et est la grande perdante de cette relation psychologique.

Ce que met donc en scène Tcherniakov est quelque chose de très humain qui se joue parfois dans les relations interpersonnelles, et des personnes qui ont déjà vécu cela dans leur vie, ou qui savent que cela peut arriver, par effet miroir peuvent être captée par ce dénouement dramatique

Brandon Jovanovich (Enée)

Brandon Jovanovich (Enée)

Plusieurs séquences sont par ailleurs de véritables petits exploits scéniques, le combat au sol d’Enée face à un adversaire mené de manière très réaliste, ou bien le duo de Narbal et Anna chanté en jouant au ping-pong. 

Seul inconvénient majeur de cette scénographie, elle ne s’adapte pas visuellement au lyrisme de la pantomime de la scène de chasse ou au duo d’amour rêveur de Didon et Enée, ne serait-ce que par des variations lumineuses, ce qui ne permet pas de renforcer l’impact romantique de ces magnifiques pages berlioziennes.

Michèle Losier (Ascagne)

Michèle Losier (Ascagne)

Vocalement impressionnant dès la première partie, Brandon Jovanovich rend à Enée une stature d’une considérable solidité. Ténor massif doté d’une tessiture assombrie et mue par un flux vocal vigoureux, l’homogénéité de timbre et de couleur, qui le rapproche de celle de Stéphane Degout, dessine de lui un guerrier d’un grand charisme généreux. La diction est par ailleurs correctement intelligible.

Il forme donc avec Ekaterina Semenchuk un couple au tempérament bien assorti, et c’est un authentique plaisir que de retrouver cette grande chanteuse russe, pour une fois présentée sans maquillage qui ne la travestisse, et son naturel est particulièrement plaisant à admirer. A nouveau, belle homogénéité de timbre, résistance aux tensions les plus aiguës du rôle, excellente actrice qui se plie aux exigences d’un jeu qui évacue le moindre geste convenu, elle accorde un soin exemplaire à la musicalité, et n’accentue aucun effet de poitrine pour grossir la voix, avec un respect total pour le texte de Berlioz.

Cyrille Dubois (Iopas)

Cyrille Dubois (Iopas)

Et parmi les rôles secondaires, Cyrille Dubois remporte un joli succès pour son air « Ô blonde Cérés » chanté avec une naïve légèreté qui touche au cœur, alors que Michèle Losier s’attache le public pour l’aplomb et la saisissante longueur de souffle avec laquelle elle met en avant le jeune Ascagne.

La bonne humeur et le mezzo bien charpenté d’Aude Extrémo trouvent enfin leur pendant vocal dans la présence et le timbre métallique de Christian Van Horn, et leur duo est l’une des distinctions de la représentation.

Brandon Jovanovich (Enée) et Ekaterina Semenchuk (Didon)

Brandon Jovanovich (Enée) et Ekaterina Semenchuk (Didon)

Mais c’est à Philippe Jordan et à la finesse d’exécution des musiciens de l’Opéra de Paris que Berlioz doit beaucoup ce soir, et le son de ce raffinement musical est patiné à la fois par l’acier luisant des cordes, et par la ductilité éclatante des cuivres qui donnent un caractère particulièrement élancé à l’interprétation. Sensationnelle est la fusion théâtrale avec les chœurs, parfois démonstratif mais jamais pompeux est l’emportement sonore, le ravissement des pulsations et les chatoiements des instruments à vent sont toujours magnifiques d’irréalité. Probablement, une accentuation de la chaleur des bois permettrait aussi d’enfler la sensualité passionnelle, même si le parti-pris scénique tend, dans la seconde partie, à la contraindre. 

Philippe Jordan

Philippe Jordan

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Publié le 26 Janvier 2019

Il Primo Omicidio (Alessandro Scarlatti)
Répétition du 21 janvier et représentation du 24 janvier 2019
Palais Garnier

Caino Kristina Hammarström
Hippolyte Chapuis (21) / Charles Le Vacon (24)
Abele Olivia Vermeulen
Rémi Courtel (21) / Arthur Viard (24)
Eva Birgitte Christensen
Alma Perrin (21) / Lucie Larras (24)
Adamo Thomas Walker
Armand Dumonteil (21) / Anton Bony (24)
Voce di Dio Benno Schachtner

Riccardo Carducci (21) / Mayeul Letellier (24)
Voce di Lucifero Robert Gleadow

Léo Chatel (21) / Andréas Parastatidis (24)

Direction musicale René Jacobs
Mise en scène Roméo Castellucci (2019)
B’Rock Orchestra

Avec la participation de la Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d'enfants de l'Opéra national de Paris
Nouvelle production et coproduction avec le Staatsoper Unter Den Linden, Berlin et le Teatro Massimo, Palerme

Après Francesco Cavalli, Alessandro Scarlatti est le second compositeur baroque à faire son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris sous la direction de Stéphane Lissner.

Et pour rendre compte de cet événement, il suffit de se rappeler que le dernier compositeur, issu de cette longue période qui suivit la Renaissance jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, à avoir intégré le répertoire de l’Académie de Musique est Henry Purcell, avec Didon et Enée, joué à la salle Favart en mars 1984.

Birgitte Christensen (Eve)

Birgitte Christensen (Eve)

Auteur de 125 opéras, 700 cantates et oratorios, de messes et de madrigaux, Alessandro Scarlatti est ainsi le représentant le plus connu de l’école napolitaine, et son style fort et parfois violent, sans recherche de virtuosité facile, qui introduit pour la première fois des cors dans l’orchestration, l’identifie comme le précurseur de l’opéra moderne qui inspira Gluck et Mozart. 

C’est pourtant avec un oratorio composé lors de son passage à Venise, en 1707, que le Palais Garnier l’accueille aujourd’hui à travers un sujet biblique pour lequel le plasticien Roméo Castellucci, à l’instar de son travail pour Moise et Aaron, à Bastille, ou de Salomé, à Salzbourg, est un metteur en scène inspirant.

Birgitte Christensen (Eve) et Thomas Walker (Adam)

Birgitte Christensen (Eve) et Thomas Walker (Adam)

Les puristes critiqueront le fait que l’orchestre soit considérablement enrichi afin d’emplir de son la grande salle de Charles Garnier, mais il s’agit d’une condition pour créer un spectacle qui puisse toucher le plus grand nombre.

Roméo Castellucci se montre par ailleurs lisible, et propose une vision moins déroutante que ce qu’il sait faire, la première partie se déroulant devant un écran opaque situé à l’avant-scène, derrière lequel un système luminescent varie les ambiances visuelles.

Une copie de L’annonciation de Simone Martini et Lippo Memmi (1333) descend du ciel en position inversée afin de figurer une main de Dieu, pointue, à laquelle Abel accroche une poche de sang, symbole de son sacrifice, les lumières prenant par la suite des teintes rougeâtres, avant de s’achever sur une figure géométrique aux traits dorés qui peuvent suggérer un visage divin.

Kristina Hammarström (Caino)

Kristina Hammarström (Caino)

L’image de la famille formée par Adam et Eve et leurs deux enfants montre par la suite une première fissure par l’attitude de Caïn qui s’en sépare. On peut voir dans ce premier tableau abstrait une image esthétisante de la préférence de Dieu, présence informe, pour les dons de sang, et donc la destruction de la vie.

Dans la seconde partie, le décor devient pastoral, un sol verdoyant, jonché en son centre de plantes que Caïn cultive, fait face à un ciel noir étoilé. L’image est poétique et glaciale à la fois, car elle exprime également un immense sentiment de solitude.  

Cependant, ce sentiment est plus sensible vu depuis le parterre, que depuis les hauteurs des loges qui permettent à peine de saisir ce ciel fixe.

Kristina Hammarström (Caino), Hippolyte Chapuis (Caino) et Riccardo Carducci (Voce di Dio)

Kristina Hammarström (Caino), Hippolyte Chapuis (Caino) et Riccardo Carducci (Voce di Dio)

Et au moment du meurtre d’Abel, des enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine se substituent aux chanteurs pour continuer à mimer le reste de l’action, l’isolement de Caïn, couronné Roi mais banni, et la transformation du martyr d’Abel en martyr christique, toujours pour souligner la soif de sang de Dieu, devenant poignants par le processus d’identification que représente cette relation entre frères.

Ces enfants, par leur expérience du chant, réussissent avec virtuosité à bouger leur corps et prendre des poses tout en imitant les chanteurs principaux disposés dorénavant dans la fosse, légèrement en hauteur, mais il y a toujours le risque que cette innocence ne soit pas prise au sérieux, alors qu’elle le devrait, car Castellucci illustre finalement comment l’enfance peut être pervertie par la vision du monde des adultes.

Hippolyte Chapuis (Caino)

Hippolyte Chapuis (Caino)

Cet oratorio transformé en drame musical n’est pourtant pas le seul élément atypique de cette nouvelle production, car l’enrichissement de l’orchestre, augmenté aux dimensions de l'espace de Garnier, l’est tout autant.

Alors que son enregistrement d’Il primo Omicidio (1997) repose sur une vingtaine d’instruments, plus de 35 entourent René Jacobs ce soir, les musiciens à cordes du B'Rock Orchestra restant debout tout le long de la soirée.

Le son gagne en chaleur et densité, les jeux de réponses entre la légèreté aérienne des violons et les couleurs de basse continue lancinante sont renforcés, mais certains détails se perdent, comme ceux du théorbe, ce qui ne dispense donc pas chacun de découvrir, un jour, la version originelle, mais dans un cadre plus restreint, afin d’apprécier la simplicité plus frustre de cette musique tant évocatrice.

Benno Schachtner, Birgitte Christensen, Olivia Vermeulen, Kristina Hammarström, Thomas Walker et Robert Gleadow

Benno Schachtner, Birgitte Christensen, Olivia Vermeulen, Kristina Hammarström, Thomas Walker et Robert Gleadow

L’ensemble de la distribution possède par ailleurs une homogénéité de timbre ocre, hormis Robert Gleadow, Lucifer inquiétant fort bien caractérisé, d’où se distingue le charme langoureux et plaintif de Birgitte Christensen, une Eve absolument humble et émouvante à écouter et admirer. Tous chantent très bien, mais sans sensualité dominante, ce qui donne une patine austère à la composition vocale.

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Publié le 23 Janvier 2019

Les Idoles (Christophe Honoré)
Représentation du 18 janvier 2019
Odéon, Théâtre de l’Europe

Bernard-Marie Koltès Youssouf Abi-Ayad
Cyril Collard Harrison Arévalo
Serge Daney Jean-Charles Clichet
Hervé Guibert Marina Foïs
Jean-Luc Lagarce Julien Honoré
Jacques Demy Marlène Saldana
Bambi Love Teddy Bogaert

Conception et mise en scène Christophe Honoré
Scénographie Alban Ho Van

                                                        Cyril Collard

Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, Théâtre National de Bretagne, TAP – Théâtre Auditorium de Poitiers, TANDEM, scène nationale, Comédie de Caen, CDN de Normandie, TNT – Théâtre National de Toulouse, Le Parvis Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, La Criée, Théâtre National de Marseille, MA Scène Nationale, Pays de Montbéliard

Créée au Théâtre Vidy-Lausanne en septembre 2018, Les Idoles est un hommage viscéral de Christophe Honoré à toutes les figures artistiques et philosophiques qui inspirèrent sa jeunesse des 20 ans au tournant des années 90, et qui disparurent à ce moment-là (entre 1989 et 1995), détruits par le virus du Sida.

Julien Honoré (Jean-Luc Lagarce) et Harrison Arévalo (Cyril Collard) - Photo : Théâtre de l'Odéon

Julien Honoré (Jean-Luc Lagarce) et Harrison Arévalo (Cyril Collard) - Photo : Théâtre de l'Odéon

Six acteurs incarnent six de ces figures emblématiques, tel l’écrivain Bernard-Marie Koltès, qui connut une longue collaboration avec Patrice Chéreau (Combat de nègre et de chiens, Quai Ouest, Dans la solitude des champs de coton, Le Retour au désert), Cyril Collard, inspiré par Jean Genet, dont Les Nuits fauves reçu 4 César en 1992, Serge Daney, critique de cinéma, qui défendait notamment Jean-Luc Godart, Marguerite Duras et Jacques Demy, Jacques Demy, justement, qui fut marié à Agnès Varda et reconnu pour ses films musicaux dont Peau d’âne avec Catherine Deneuve, Hervé Guibert, écrivain et journaliste, qui révéla sa séropositivité dans A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, et Jean-Luc Lagarce, dont la pièce Juste à la fin du monde fut adaptée par Xavier Nolan en 2016.

Harrison Arévalo (Cyril Collard) et Youssouf Abi-Ayad (Bernard-Marie Koltès) - Photo : Théâtre de l'Odéon

Harrison Arévalo (Cyril Collard) et Youssouf Abi-Ayad (Bernard-Marie Koltès) - Photo : Théâtre de l'Odéon

Tous sont réunis dans un au-delà imaginaire, et évoquent leur vie passée autour des piliers d’un décor imposant, avec ses zones d’ombre et ses alcôves, dont l’une accueillera Youssouf Abi-Ayad pour jouer le rôle d’un Bernard-Marie Koltès mimant fort sensuellement John Travolta dans Staying Alive. D’autres séquences rétro, dont l’extraordinaire numéro de danse et de chant de Marlène Saldana (Jacques Demy), à l’aise dans son corps sans être une pin-up pour autant, colorent d’un sens festif ces moments de mémoire.

Puis survient, dans un état de recueillement fort émouvant, l’interprétation toute en délicatesse de Marina Foïs qui fait sortir de la bouche d’Hervé Guibert un hommage à cœur serré à celui dont il tira une immense fascination, Michel Foucault, décédé un peu plus tôt du Sida, en 1984, et dont il révèle un portrait masqué dans A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. En fond de scène, un portrait du maître, en noir et blanc, fixe les spectateurs.

Teddy Bogaert (Bambi Love), Harrison Aravelo, Marina Foïs, Youssouf Abi-Ayad, Marlène Saldana, Julien Honoré, Jean-Charles Clichet - Photo : Julien Weber / Paris Match

Teddy Bogaert (Bambi Love), Harrison Aravelo, Marina Foïs, Youssouf Abi-Ayad, Marlène Saldana, Julien Honoré, Jean-Charles Clichet - Photo : Julien Weber / Paris Match

Et le rôle le plus charismatique repose sur Harrison Arévalo, qui brosse une figure totalement provocante de Cyril Collard, bien qu’il n’en imite pas l’ambiguïté sensuelle. Mots forts lorsqu’il rappelle le sens des Nuits Fauves et de la scène où Cyril se taillade les veines pour menacer un voyou, le virus du Sida devenait une arme contre le virus de l’extrême droite.

Il joue également avec la salle, utilise des mots crus, revit en un clin d’œil la cérémonie des César, et évoque enfin l’acteur de cinéma Rock Hudson et la façon dont il fut rapatrié seul dans un Boeing 747, après un séjour à Paris et la révélation de sa maladie.

Si l’écriture des dialogues ne rend pas compte des qualités littéraires de ces artistes, sa familiarité facilite une emprise directe du cœur sur la vie qui se joue sur scène, l’inventivité de la sexualité et la joie de vivre d’une époque dominant le drame comme si un paradis avait depuis disparu.

Et pour le plaisir, l’acteur Teddy Bogaert apparaît simplement pour stimuler l’imagination érotique des héros ressuscités.

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