Publié le 4 Août 2018

Carmen (Georges Bizet)
Représentation du 03 août 2018
Erfurt Festspiele

Carmen Katja Bildt
Don José Won Whi Choi (invité)
Escamillo Mandla Mndebele (invité)
Micaela Margrethe Fredheim
Frasquita Julia Neumann
Mercedes Annie Kruger
Morales Ks. Máté Sólyom-Nagy

Direction musicale Myron Michailidis
Mise en scène Guy Montavon (2018)

 

Won Whi Choi (Don José) et Katja Bildt (Carmen)

Depuis 1994, le festival de théâtre musical d'Erfurt se déroule pendant tout le mois d'août, en prenant pour cadre la cathédrale Sainte-Marie et l'église Sainte-Sévère, deux édifices moyenâgeux splendides, surmontés de flèches élancées, emblèmes de la capitale de la Thuringe, le cœur vert de l'Allemagne.

Carmen est au programme de la 25e édition du festival avec trois distributions différentes, et le décor, un immense amas pyramidal de voitures multicolores et de caravanes, évoque une favela où vivent des gens du voyage.

Katja Bildt (Carmen)

Katja Bildt (Carmen)

On pense d'emblée à la mise en scène célèbre de Calixto Bieito, mais Guy Montavon, l'intendant de la manifestation, n'en reprend pas la violence excessive, et fait même apparaître, à plusieurs reprises, aussi bien au parterre que depuis les hauteurs de la cathédrale, des figurants qui représentent la bonne société bourgeoise allemande bousculée par les manières sans ambages des gitans.

La habanera

La habanera

Ce monde est très bien animé, il y a de l'action en permanence, des voitures foncent vers l’estrade de la scène, Carmen s’échappe à toute allure à bord d’un 4x4, et la sonorisation des artistes permet de pousser très loin le réalisme du jeu, puisque le dispositif n'oblige pas les chanteurs à être en permanence face au public.

Et l'actualisation de la réalité sociale n'occulte pas totalement les couleurs hispaniques, car la habanera est chantée pendant qu'une toute jeune fille s'initie au flamenco. Mais il est cependant dommage que l'ouverture du dernier tableau aux arènes de Séville ne serve qu'à changer de décor et ne soit pas utilisée pour une scène de pantomime.

Won Whi Choi (Don José) et Margrethe Fredheim (Micaela)

Won Whi Choi (Don José) et Margrethe Fredheim (Micaela)

La distribution est composée d'artistes solides issus de la troupe du théâtre d'Erfurt, auxquels se joignent quelques chanteurs invités.

Katja Bildt, jeune interprète du théâtre d’Erfurt, s’approprie le rôle-titre avec une apparente facilité, soignant la précision de diction liée à un beau timbre mezzo-clair, et dépeint un portrait qui respire la joie de vivre, sans zone obscure trop marquée, qui ne s’assombrit que pendant l’air des cartes.

Son partenaire du soir, Won Whi Choi, détaille plus en profondeur le portrait psychologique de Don José, et lui dédie non seulement un jeu d’une grande sensibilité, mais en plus chante avec une parfaite intelligibilité, un superbe style, la voix ayant une couleur crème homogène même dans les aigus. On comprend pourquoi le New-York Metropolitan Opera l’a déjà engagé, car il est au niveau des meilleurs artistes français d'aujourd'hui capables de chanter ce rôle avec le même engagement et la même musicalité.

Mandla Mndebele (Escamillo)

Mandla Mndebele (Escamillo)

Velouté et chair pulpeuse sont le point fort de Margrethe Fredheim, Micaela parfaitement classique dans sa composition, un galbe vocal au souffle généreux qui, toutefois, privilégie la sensualité aux détails des mots.

Et quelle prestance pour l’Escamillo de Mandla Mndebele, certes fortement nerveux et physique dans sa façon incisive de chanter, mais qui permet de compléter un quatuor qui offre un ensemble de qualités couvrant l'intégralité du spectre artistique que l’on attend à l’opéra!

Les seconds rôles sont tous bien tenus et enjoués, et parmi les différents chœurs, ce sont les enfants qui se distinguent par la netteté de leur chant.

Le choeur d'enfants

Le choeur d'enfants

L’orchestre et son directeur musical, Myron Michailidis, sont certes installés dans un studio situé à gauche de la scène, néanmoins, l’excellent équilibre de la sonorisation permet de préserver aussi bien le naturel du son des voix que celui des instrumentistes, et de profiter de toutes les nuances d’un ensemble manifestement au point, sans désynchronisation sensible avec les solistes.

Les lignes musicales ont un délié et un lustre magnifiques, la tension dramatique surgit sans effet de surtension exagérée, mais les différences perceptibles entre la version retenue et celles que nous connaissons au disque (souvent un mélange de Choudens et Oeser), ne permettent pas clairement de dire quelle est la référence choisie.

La cathédrale Sainte-Marie et l'église Sainte-Sévère d'Erfurt abritant le décor de Carmen

La cathédrale Sainte-Marie et l'église Sainte-Sévère d'Erfurt abritant le décor de Carmen

Carmen, c’est tous les soirs jusqu’au 26 août dans un décor historique monumental, et l’occasion de découvrir la vitalité du théâtre musical en Allemagne.

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Publié le 2 Août 2018

Parsifal (Richard Wagner)
Représentation du 01 août 2018
Bayreuth Festspiele

Amfortas Thomas Johannes Mayer
Titurel Tobias Kehrer
Gurnemanz Günther Groissböck
Parsifal Andreas Schager
Klingsor Derek Welton
Kundry Elena Pankratova

Direction musicale Semyon Bychkov
Mise en scène Uwe Eric Laufenberg (2016)

 

Thomas Johannes Mayer (Amfortas) - photo E. Nawrath

La troisième série de Parsifal dans l'interprétation de Uwe Eric Laufenberg marque les débuts à Bayreuth de Semyon Bychkov, ancien directeur musical de l'Orchestre de Paris dans les années 90 et nouveau directeur du Philharmonique Tchèque à partir d'octobre 2018.

Invité à deux reprises à l'opéra Bastille sous la direction de Gerard Mortier pour conduire Un Ballo in Maschera et Tristan und Isolde, il avait séduit pas sa manière d'instiller à la musique une verve passionnée et romantique évoquant les grands tableaux orchestraux slaves.

Dans la fosse obscure du Festspielhaus, il recouvre dès l'ouverture ce sens de l'épaisseur coulante qui se nourrit de la texture des cordes, pour soulever de grands mouvements majestueux et fluides qui obscurcissent d'emblée le climat musical. L'éclat des cuivres n'en émerge que ponctuellement, dans les passages les plus spectaculaires, et l'équilibre entre imprégnation sonore, contraste des lignes des vents et attention aux chanteurs est constamment entretenu par un flux vif et brun.

Elena Pankratova (Kundry) et Andreas Schager (Parsifal)  - photo E. Nawrath

Elena Pankratova (Kundry) et Andreas Schager (Parsifal) - photo E. Nawrath

Les chœurs y mêlent superbement la pureté de leur voile mélancolique dans les grandes évocations spirituelles, mais peuvent être également, dans la stupéfiante scène de la mort de Titurel, d'une force quasi-infernale absolument terrifiante.

Elle chante Kundry ici même depuis 2016, pourtant, jamais Elena Pankratova n'aura fait autant sensation que cette année. Dès le premier acte, où sa présence vocale est pourtant restreinte, elle fait entendre une noirceur animale qui glace le moindre silence de la salle, comme si elle recherchait le pouvoir de l'expression en un minimum de mots.

Au château de Klingsor, elle apparaît à nouveau dans son animalité la plus sombre, pour dépeindre à sa rencontre avec Parsifal une femme sensuelle au timbre légèrement vibrant noir-et-or, un débordement gorgé d'harmoniques, quasi-boudeur, qu'elle embaume de sa présence charnelle tout en réussissant les effets de surprise que ses aigus lancés avec une richesse de couleurs somptueuse rendent saisissants.

Elena Pankratova (Kundry) et Andreas Schager (Parsifal) - photo E. Nawrath

Elena Pankratova (Kundry) et Andreas Schager (Parsifal) - photo E. Nawrath

Face à elle, Andreas Schager peut paraître comme quelqu'un de plus primaire tant il domine par la puissance glorieuse et éclatante de son timbre incisif et quelque peu railleur, mais son Parsifal puissant et démonstratif, comme un enfant sûr de sa force, a aussi quelque chose de touchant, car une joie de vivre en émane à chaque instant.

Il est le premier grand soliste que l'on découvre au premier acte, Günther Groissböck, qui chantait deux mois auparavant Gurnemanz à l'opéra Bastille, se révèle fortement accrocheur par la manière, qu'on ne lui connaissait pas, d'incarner le doyen des chevaliers avec une subtile tonalité menaçante fort impactante. Son long discours l'impose comme un homme qui a conscience que la vie de sa communauté arrive à un moment clé, et, loin de se complaire dans la déploration, il fait ressentir au contraire la volonté de mettre en garde face à un péril certain.

Et Thomas Johannes Mayer, qui fait entendre quelques sons engorgés uniquement dans les premières mesures, libère très rapidement un jeu phénoménal, tressaillant et à l'article de la mort. Ce chanteur est un immense acteur doué aussi d'intonations humaines magnifiquement expressives, et son Amfortas prend des attitudes de bête blessée qui évoquent un lion sauvage, cerné et implorant avec une ampleur impressionnante la fin de son supplice.

Thomas Johannes Mayer (Amfortas) - photo E. Nawrath

Thomas Johannes Mayer (Amfortas) - photo E. Nawrath

Titurel grandement sonore par la voix autoritaire de Tobias Kehrer, Klingsor bien caractérisé de Derek Welton, avec on ne sait quoi de sympathique dans le geste malgré la violence du personnage, cette reprise de Parsifal vaut véritablement pour sa grande cohérence musicale et sa force expressive.

Bien entendu, la mise en scène de Uwe Eric Laufenberg ne peut faire oublier la réussite absolue du travail de Stefan Herheim dix ans plus tôt, mais les deux premières actes, dont les éclairages sont magnifiquement travaillés, clairs-obscurs de la scène du Graal, lumières chaleureuses de la scène de séduction de Kundry, transposent le livret avec une direction d'acteur fouillée, dans le contexte moyen-oriental d'aujourd'hui.

Et l'ouverture de la scène finale, qui invite à oublier les religions pour ne voir que la salle du Festpielhaus éclairée, conserve sa force naïve et plaisante.

Lire également le compte-rendu des représentations de 2016 : Parsifal (Vogt-Pankratova-Zeppenfeld-McKinny-Haenchen-Laufenberg) Bayreuth 2016

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Publié le 31 Juillet 2018

Der Fliegende Höllander (Richard Wagner)
Représentation du 30 juillet 2018
Bayreuth Festspiele

Daland Peter Rose
Senta Ricarda Merbeth
Erik Tomislav Mužek
Marie Christa Mayer
Der Steuermann Rainer Trost
Der Holländer Greer Grimsley

Direction musicale Axel Kober
Mise en scène Jan Philipp Gloger (2012)       
Ricarda Merbeth (Senta) - photo Enrico Nawrath

La dernière reprise de la production du Vaisseau Fantôme créée par Jan Philipp Gloger en 2012, et jouée chaque année jusqu'en 2016, amène avec elle un nouvel interprète du Hollandais en la personne de Greer Grimsley qui, s'il a dorénavant une longue carrière derrière lui depuis 1980, fait ses débuts à Bayreuth à l'âge de 62 ans.

Ricarda Merbeth (Senta) et Greer Grimsley (Le Hollandais) - photo Enrico Nawrath

Ricarda Merbeth (Senta) et Greer Grimsley (Le Hollandais) - photo Enrico Nawrath

Si on ne le connait pas, rien ne laisse transparaître son âge que son allure et sa vivacité rajeunissent étonnamment, et sa voix, devenue caverneuse avec le temps, fait entendre le Hollandais le plus noir et inquiétant de la série. Ce timbre de roc qui s'est développé ces dernières années laisse cependant passer un fond humain qui le préserve d'une incarnation caricaturale. Il est certes assez monolithique et dénué de tout velours, mais la personnalité blessée est sensible et il peut toucher facilement les cœurs.

Titulaire du rôle depuis 2013, Ricarda Merbeth est à nouveau une Senta hors-pair, une femme décidée douée d'une capacité à lancer des aigus profilés avec une vaillance phénoménale qui peut passer pour de la vanité, et elle forme avec Greer Grimsley un couple véritablement maudit. Car loin de nous entraîner dans un duo sensuel et pathéthique, leur volontarisme à tous deux donne surtout l'impression que leur couple est dirigé par un désir de se dégager de la fatalité avec une telle force qu'ils en payeront le prix fort au final.

Les jeunes filles - photo Enrico Nawrath

Les jeunes filles - photo Enrico Nawrath

Tomislav Mužek est donc le personnage le plus émouvant, une voix chargée et éclatante qui traduit spontanément le désarroi d'Erik, mais qui ne fait pas oublier une direction d'acteur qui ne le valorise pas.

Quant à Rainer Trost (Der Steuermann) et Peter Rose (Daland), si le premier dégage plus de présence que de poésie, le second accentue la nature comique du marchand mais peine parfois à se faire entendre, ce qui n'est pas le problème de Christa Mayer (Marie) qui se montre excessivement sonore.

La danse des marins - photo Enrico Nawrath

La danse des marins - photo Enrico Nawrath

Dans la fosse, Axel Kober joue la montre et entraîne l'orchestre dans un allant d'une très grande vélocité parfaitement maîtrisée, un flux excitant qui ne permet toutefois pas de gonfler la houle suffisamment pour submerger l'auditeur d'un flot qui lui fasse vivre la grande expérience des voyages marins.

Chœurs parfaitement réglés, et une mise en scène qui, quoi qu'on en dise, entre toujours en résonance avec notre monde hautement technique qui broie les relations affectives.

Lire également le compte-rendu de l'édition 2014 du Vaisseau Fantôme : Der fliegende Holländer (Merbeth-Youn-Thielemann) Bayreuth 14

 

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Publié le 31 Juillet 2018

L'éclipse totale de lune du 27 juillet 2018

Annoncée comme la plus longue du siècle de par ses 118 mn de totalité, l'éclipse de Lune du 27 juillet 2018 avait surtout pour particularité de se dérouler au coucher du soleil en Europe, et donc d'être facilement suivie par le plus grand nombre. Il faut cependant garder en mémoire que 87 éclipses de Lune auront lieu au cours du XXIe siècle, toutes visibles par la moitié de la Terre, et, pour la plupart, la totalité dépassera les 100 mn de durée.

Début de la sortie de l'ombre de la Terre à 23h17

Début de la sortie de l'ombre de la Terre à 23h17

Les conditions météorologiques étaient assez perturbées sur la France et la région parisienne en particulier, mais il était possible de la suivre dans de meilleures conditions en Bavière, où la Lune se levait une demi-heure plus tôt.

Ainsi, à Bayreuth la Lune s'est levée à 21h00, 35 mn après le début de l'entrée dans l'ombre de la Terre, et la totalité a ainsi pu débuter à 21h30 à 4° au dessus de l'horizon. Des nuages bloquant la visibilité vers le sud, c'est uniquement vers 21h40 que notre satellite est apparu dans la pâleur du crépuscule, mais il ne s'est totalement dégagé de ces nuages que vers 22h12.

Graphique de l'éclipse du 27 juillet 2018

Graphique de l'éclipse du 27 juillet 2018

A partir de ce moment là, la Lune d'une couleur ocre surplombait le Palais des Festivals, et Mars, au plus près de la Terre depuis 15 ans, s'est élevée avec sa belle couleur orangée par dessus les arbres de la colline la plus célèbre du monde lyrique.

A 10° au dessus de l'horizon, le tableau était splendide au moment du maximum de la totalité à 22h22, alors que le dernier acte de Tristan und Isolde s'était achevé, offrant aux spectateurs une image finale dans la même tonalité que l’œuvre la plus métaphysique de Richard Wagner.

Le Palais des Festivals et la Lune totalement éclipsée (en bas à droite) - 21h41

Le Palais des Festivals et la Lune totalement éclipsée (en bas à droite) - 21h41

Il était donc possible de présenter à certains d'entre-eux, fascinés et ravis, le tableau céleste qui s'offrait à tous.

Et le spectacle s'est poursuivi jusqu'à 23h13, à 15° au dessus de l'horizon sud-est, heure à partir de laquelle un fin croissant de Lune lumineux a commencé à surgir de derrière la courbe majestueuse de l'ombre de la Terre, dans le silence absolu.

A 00h19, la Lune retrouvait sa luminosité habituelle, mais ne sortait définitivement de la pénombre qu'à 01h29.

La Lune et Mars au dessus du Palais des Festivals au maximum de l'éclipse (22h22)

La Lune et Mars au dessus du Palais des Festivals au maximum de l'éclipse (22h22)

La prochaine éclipse de Lune aura lieu le 21 janvier 2019, entre 04h30 et 07h50 du matin depuis Paris (avec une totalité entre 05h40 et 06h45 à 20° au dessus de l'horizon ouest), et sera donc réservée aux lève-tôt.

La Lune et Mars une minute avant le début de la sortie de l'ombre de la Terre (23h12)

La Lune et Mars une minute avant le début de la sortie de l'ombre de la Terre (23h12)

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 31 Juillet 2018

Lohengrin (Richard Wagner)
Représentation du 29 juillet 2018
Bayreuth Festspiele

Lohengrin Piotr Beczala
Elsa Anja Harteros
Ortrud Waltraud Meier
Telramund Tomasz Konieczny
Le Roi Henri Georg Zeppenfeld
Le Héraut du Roi Egils Silins

Direction musicale Christian Thielemann
Mise en scène Yuval Sharon
Décors et costumes Neo Rauch et Rosa Loy

Nouvelle production

                            Georg Zeppenfeld (Le Roi Henri)

La nouvelle production de Lohengrin qui se substitue à celle de Hans Neuenfels, vision qui aura marqué Bayreuth pour sa distribution phénoménale et le monde de rats enlaidi décrit avec force et intelligence, est confiée cette année à Yuval Sharon, metteur en scène américain dont le travail s'ancrera profondément la saison prochaine dans plusieurs villes allemandes avec Lost Highway à Frankfurt, La petite Renarde rusée à Karlsruhe et La Flûte enchantée à l'opéra de Berlin.

Toutefois, les circonstances lui imposant à l'avance le travail des peintres-décorateurs Neo Rauch et Rosa Loy, mariés depuis 30 ans et issus de la nouvelle école de Leipzig, le concept de ce Lohengrin part de l'univers onirique de Neo Rauch, dont l'un de ses tableaux les plus célèbres semble totalement contraindre l'aspect visuel de ce spectacle : Der Former.

Waltraud Meier (Ortrud)

Waltraud Meier (Ortrud)

La direction du Festival fait ainsi le pari que la mise en mouvement de l'imagination des peintres peut trouver sa cohérence avec l’œuvre la plus romantique de Richard Wagner, et permettre à l'auditeur de s'imprégner et se laisser déborder par l'aspect visuel des différents tableaux.

On retrouve donc les couleurs bleu-électrique de la toile Der Former, en concordance avec la lumière bleu-argent qui annonce l'arrivée du Cygne de Lohengrin, symbolisé ici par une aile futuriste.

Palais en forme de transformateur électrique grandiose, chambre d'Elsa située en haut d'un phare isolé au milieu d'un marais au bord de l'Escaut, le tout baignant dans l'imaginaire subliminal d'une nature naïve, Lohengrin arrive dans ce monde irréel pour lui apporter l'étincelle qui en fera sa puissance.

Der Former (Neo Rauch)

Der Former (Neo Rauch)

La frontière entre le travail de Yuval Sharon et celui des décorateurs n'est clairement pas évidente à percevoir, ni la marge de manœuvre laissée au directeur scénique, mais l'on assiste à une mise en scène qui très clairement décrit la course d'un peuple trop sûr de sa puissance, et que Lohengrin finit par punir en supprimant l'énergie vitale née de son progrès.  Le Brabant revient alors à l'âge de la pierre taillée, et des silex luminescents brillent de tous feux.

Ce personnage est lui même assombri par son désir de brider la liberté de sa femme au cours d'une lutte dans une petite chambre aux teintes oranges et provocatrices qui s'achève par la neutralisation d'Elsa à l'aide d'une corde.

Yuval Sharon délivre finalement un message politico-écologique assez évident en faisant réapparaître le frère d'Elsa sous les traits d'un homme vert tendant un symbole de paix vert, et donc de paix avec la Terre, invitant ainsi chacun à passer à ce mode de vie pacifié.

Piotr Beczala (Lohengrin) et, de dos, Anja Harteros (Elsa) et Waltraud Meier (Ortrud)

Piotr Beczala (Lohengrin) et, de dos, Anja Harteros (Elsa) et Waltraud Meier (Ortrud)

Mais ce travail de mise en scène, qui désexualise les personnages et affaiblit leurs rapports physiques, n'aboutit finalement qu'à mettre en valeur le travail artistique troublant et fascinant de Neo Rauch et Rosa Loy.

Privés d'une véritable direction d'acteurs percutantes, les chanteurs doivent donc faire de leur mieux pour concilier leur conception acquise des caractères wagnériens afin d'entrer en osmose avec l'univers des peintres.

L'arrivée de Lohengrin est sans doute une des plus émouvantes plaintes entendues à ce jour, car Piotr Beczala la chante comme un Pierrot qui pleure. On le distingue à peine à ce moment là, et lorsqu'il se joint à la cour du Brabant, c'est un personnage humble, tenant une ligne musicale impeccablement densifiée par la puissance de son timbre dans le médium, qui se fait accepter sans pour autant donner l'impression de dominer.

Belle continuité du chant, brillant des vibrations aiguës qui s'atténue sans altérer l’homogénéité du velours vocal, rien ne rend son personnage antipathique avant la scène de confrontation avec Elsa. Et pourtant In fernem Land le rend à nouveau touchant.

Waltraud Meier (Ortrud)

Waltraud Meier (Ortrud)

Anja Harteros, dé-féminisée par la mise en scène pendant les deux premiers actes, laisse percevoir des accents tourmentés sauvages dans les graves, tiraillés dans les aigus, qui l'éloignent de la jeune fille éthérée qu'elle est au début, et trahissent des conflits intérieurs irrésolus exprimés avec force.

Mélisande hors du temps, elle révèle subitement, au dernier acte, un sens du drame poignant absolument saisissant et impressionnant par son intensité. Cette violence qui la rapproche d'Ortrud rend cependant moins palpable son affinité avec le caractère d'Elsa et affirme des émotions bien plus violentes.

Waltraud Meier paraît de fait la plus humaine avec son incarnation d'Ortrud totalement guidée par l'intelligence musicale, l'expressivité du geste et du regard, sa présence naturelle. Son goût pour le spectaculaire est nécessairement contrôlé, car elle doit dorénavant préserver sa voix, et c'est donc la précision des phrasés et les couleurs inimitables de son chant qui la rendent toujours unique.  Il y a évidemment énormément d'émotion à l'entendre dans ce rôle auquel elle devrait faire ses adieux à l'issue du festival.

Waltraud Meier (Ortrud), Piotr Beczala (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

Waltraud Meier (Ortrud), Piotr Beczala (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

En revanche, Tomasz Konieczny doit se sentir un peu perdu dans son personnage tellement esthétisé qu'il ne lui donne plus une véritable stature de méchant. Privé d'un caractère complexe à défendre, les limitations qu'il ressent peuvent influer sur son incarnation de Telramund plus monolithique qu'à l'accoutumée, lui dont on connait bien la capacité à déployer l'animalité du Comte.

Enfin, le Roi Henri de Georg Zeppenfeld n'a rien perdu de sa stature royale, qu'il doit autant à la longueur de son souffle qu'à la finesse de son corps, bien que l'on sente poindre les couleurs du temps sur ses fiers aigus. Quant au Héraut d'Egils Silins, sa présence sonore immédiate ne se départit pourtant pas d'une certaine épaisseur que l'on n'attend pas forcément dans ce rôle de privilégié.

Christian Thielemann, choeurs et orchestre

Christian Thielemann, choeurs et orchestre

Face à la difficulté de faire converger le travail des décorateurs et du metteur en scène, la direction de Christian Thielemann est l'élément clé pour faire fonctionner l'ensemble.

L'ouverture suggère une limpidité qui prépare à l'atmosphère lumineuse des grandes peintures bleues des décors, les solistes sont superbement mis en valeur, mais c'est au troisième acte qu'un grand élan emporte le drame, dès les premières notes de l'ouverture, dans un relief sonore électrisant qui galvanise tous les chanteurs et saisit l'auditeur sans relâche.

On se laisse donc séduire par la beauté des peintures et des lumières au premier acte, puis on s’agace de les voir prendre trop d'importance au second alors que l'action scénique reste paresseuse, on retrouve enfin une unité artistique totale au troisième avant que la conclusion précipitée par la mort de Telramund se révèle incongrue.

Les chœurs, eux, sont les maîtres chez-eux dans un temple bati à la hauteur de leur harmonie fusionnelle irrésistible.

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Publié le 29 Juillet 2018

Die Meistersinger von Nürnberg (Richard Wagner)
Représentation du 28 juillet 2018
Bayreuth Festspiele

Hans Sachs Michael Volle
Veit Pogner Günther Groissböck
Kunz Vogelgesang Tansel Akzeybek
Konrad Nachtigal Armin Kolarczyk
Sixtus Beckmesser Johannes Martin Kränzle
Fritz Kothner Daniel Schmutzhard
Balthasar Zorn Paul Kaufmann
Ulrich Eisslinger Christopher Kaplan
Augustin Moser Stefan Heibach
Hermann Ortel Raimund Nolte
Hans Schwarz Andreas Hörl
Hans Foltz Timo Riihonen
Walther von Stolzing Klaus Florian Vogt
David Daniel Behle
Eva Emily Magee
Magdalene Wiebke Lehmkuhl
Un veilleur de nuit Tobias Kehrer

Direction musicale Philippe Jordan                                 Barrie Kosky
Mise en scène Barrie Kosky (2017)

On retrouve avec plaisir la nouvelle production des Maîtres chanteurs de Nuremberg créée par Barrie Kosky l'année dernière au Festival de Bayreuth, car la manière avec laquelle il montre au premier acte, avec minutie et sens de la dérision, le petit monde pittoresque et charmant de l'univers des Wagner, pour mieux l'écarter et le réduire au second à un tas d'objets dignes des plus belles brocantes, et laisser finalement place à une reconstitution de la salle du Palais de Justice de Nuremberg dans la dernière partie, ménage la mémoire idéalisée et affective de l'auditeur tout en abordant sans ambages la question de l'antisémitisme sous-jacente à l’œuvre du compositeur et à son époque.

On peut ainsi relire le compte-rendu détaillé de ce travail en revenant à l'article Die Meistersinger von Nürnberg - Bayreuth 2017.

Klaus Florian Vogt (Walther)

Klaus Florian Vogt (Walther)

Et il y a beaucoup de Barrie Kosky dans cette mise en scène. Il suffit en effet de le voir déambuler nonchalamment en habits de tous les jours sous le balcon du Festspielhaus, et de retrouver peu après Johannes Martin Kränzle jouer formidablement Beckmesser dans la scène de séduction sous le balcon d'Eva, pour comprendre immédiatement comment il s'identifie à ce personnage.

Le propos n'est d'ailleurs plus inutilement perturbé par la présence d'une prairie, qui a disparu cette année du décor, et l'on apprécie toujours autant les impertinences de la direction d'acteurs des chœurs et des relations interpersonnelles d'Hans Sachs, Walter et Beckmesser, magnifiquement étreints par la direction lumineuse, si finement céleste, de Philippe Jordan, qui sublime tous ces grands duos à un point que l'on se surprend à ne plus distinguer les êtres de la musique qui les fait vivre.

Johannes Martin Kränzle (Beckmesser) et Michael Volle (Hans Sachs)

Johannes Martin Kränzle (Beckmesser) et Michael Volle (Hans Sachs)

Et on peut dire que le directeur musical de l'Opéra de Paris a bien de la chance, car il aura dirigé à Bayreuth deux productions majeures des ces dix dernières années avec le Parsifal de Stefan Herheim.

Prudent dans le premier acte, soignant la poétique aristocratique musicale tout en modérant spontanéité et pétillance des élans de vie, le chef d'orchestre s'impose impérialement par la suite en déployant un irrésistible envoutement sonore d'une clarté sidérale, sans virer pour autant au détachement du drame. Cuivres et courants instrumentaux sombres se renforcent brillamment avec un tranchant ferme qui respecte la lisibilité de l'influx orchestral.

Klaus Florian Vogt (Walther) et le portrait de Cosima Wagner

Klaus Florian Vogt (Walther) et le portrait de Cosima Wagner

On reconnait de fait intégralement la distribution de la création, hormis Emilie Magee qui ne reproduit pas le surprenant tempérament d'Anne Schwanewilms dans le rôle d'Eva, et à nouveau Michael Volle impose une personnalité implacable, un timbre sarcastique, des accents qui claquent avec un mordant ample, un sens de l'expression parfois brutale qui pourrait donner un impressionnant Iago, car on sent le monstre en lui, le tout dominé par une gestuelle nerveuse fortement autoritaire.

Les choeurs en costumes médiévaux.

Les choeurs en costumes médiévaux.

Johannes Martin Kränzle est encore et toujours un grand Beckmesser, à la fois élégant, fin acteur, versatile de caractère, et sa voix s’adoucit avec charme autant qu'elle révèle d'intonations comiques et directes.

Splendide Klaus Florian Vogt, mais comment se lasser de cette puissance clarté qui exprime si bien la sincérité de cœur, la croyance en un idéal, tout en ancrant une densité de plus en plus marquée au fil des années qui assoit la présence de son incarnation?

Ces trois grands personnages trouvent enfin en Günther Groissböck un Pogner sympathique et bien chantant, en Daniel Behle un David plus volontaire que séducteur, et une Magdalene démonstrative par la noirceur sauvage de Wiebke Lehmkuhl.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Chœurs superbes, grandioses et d'un souffle profond, capable aussi bien de maîtriser la cacophonie étourdissante de la fin du second acte qui fait surgir la caricature du péril juif, que d'achever le dernier dans une longue évocation élégiaque en hommage  à la musique de Wagner, l'expérience musicale leur vaut pour cette première une ovation dithyrambique égale à celle de ces grands solistes, du directeur musical et du metteur en scène forts touchés par cet accueil.

Klaus Florian Vogt (Walther) et Günther Groissböck (Pogner)

Klaus Florian Vogt (Walther) et Günther Groissböck (Pogner)

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Publié le 15 Juillet 2018

Dans la suite de l'article sur le Le répertoire de l’Opéra de Paris de l’inauguration du Palais Garnier (1875) à nos jours, le présent article rend compte du répertoire de l'Opéra de Paris (qui fut dénommé successivement, Académie Royale de Musique, Théâtre de l'Opéra, Théâtre de la Nation, Théâtre Impérial de l'Opéra, Théâtre National de l'Opéra) depuis l'ouverture de la salle Le Peletier en 1821 à l'ouverture de Garnier en 1875.

La salle Le Peletier par Gustave Janet en 1858

La salle Le Peletier par Gustave Janet en 1858

Il permet en un coup d’œil de comparer les œuvres les plus jouées du répertoire à cette époque, et de voir l'évolution à partir de l'ouverture de Garnier.

Ces données sont à prendre dans un premier temps avec précaution car la source (Chronopera) ne permet pas facilement de distinguer les ouvrages joués partiellement (un ou deux actes par exemple), des ouvrages joués intégralement. Les chiffres sont donc très approximatifs (par exemple, on sait que Louis Véron a donné 60 représentations tronquées de Guillaume Tell dont il doutait des valeurs théâtrales).

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

L’opéra de 1821 à 1874 sous la Restauration et le Second Empire

Avec l’ouverture de la salle Le Peletier le 19 août 1821, construite en 12 mois après la fermeture de la salle Richelieu témoin de l’assassinat du Duc de Berry, en plein cœur de la Restauration, l’Académie Royale de Musique s’apprête à vivre une révolution esthétique et dramaturgique qui va en faire le reflet des mentalités de la société bourgeoise triomphante à l’aube de la monarchie de juillet.

 

La poursuite de la tradition classique (Spontini, Gluck, Sacchini, Grétry)

Dans les mois qui suivent cette inauguration, Aladin et la Lampe merveilleuse, opéra-féérie en cinq actes de Nicolas Isouard, joué seulement après sa mort, est la première création de la nouvelle salle et le premier spectacle représenté sous les lumières du gaz.

Toutefois, lors des premières années d’exploitation, sous la tutelle du Ministre de la Maison du Roi, la programmation de la salle prolonge pour un temps le mouvement de renouvellement esthétique de l’Opéra de Paris dont Gaspare Spontini est l’artisan depuis la création de La Vestale en 1807, et de Fernand Cortez en 1809, œuvres qui, avec leur orchestration somptueuse et leurs décors monumentaux, annoncent le grand opéra français.

La tradition classique est maintenue avec les ouvrages parisiens de Gluck, et si Iphigénie en Tauride et Iphigénie en Aulide sont abandonnés au cours des deux premières années, Armide*, et surtout Alceste et Orphée et Eurydice, restent à l’affiche plus longtemps. On retrouve également l'Œdipe à Colone d'Antonio Sacchini qui poursuit sa brillante carrière jusqu’en 1844 avec 50 représentations.

* Armide reste l’œuvre tirée de la Jérusalem délivrée la plus représentée à l'Opéra : voir " La carrière de six ouvrages lyriques tirés de la Jérusalem délivrée à l'Opéra de Paris (1686-1913) : Lully, Campra, Desmarets, Gluck, Sacchini et Persuis », Le Répertoire de l’Opéra de Paris (1671-2009). Analyse & interprétation. Actes du colloque de l’Opéra Bastille, Paris, Honoré Champion, 2011.

Quant à André Grétry, compositeur qui vivait à Paris dès 1767, et toujours compositeur phare du Premier Empire, il se maintient pendant 8 ans avec son grand succès La Caravane du Caire joué 50 fois jusqu’en 1829, et il en va de même pour le Rossignol de Louis-Sébastien Lebrun, qui reste à l’affiche jusqu’en 1831 avec près de 100 représentations.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

L’avènement de l’opéra historique (Rossini, Auber, Scribe)

Mais depuis que Spontini a quitté la capitale en 1820 suite à l’échec d’Olympie, le paysage musical parisien est en pleine mutation. Gioacchino Rossini arrive à Paris en 1823 pour diriger le Théâtre des Italiens installé au Théâtre Louvois, puis à la première salle Favart.

Ce n’est pas un inconnu puisque 12 de ses opéras y ont déjà été joués. Il réussit à créer à la salle Le Peletier, en 1826 et 1827, Le Siège de Corinthe et Moïse et Pharaon, adaptations françaises respectives de Maometto II et Mosè in Egitto. Il s’impose alors comme un précurseur de l’opéra historique. Les deux ouvrages totaliseront à eux-deux plus de 250 représentations.

Et l’année 1823 est véritablement celle des rencontres parisiennes déterminantes, car l’élève de Cherubini, Daniel-François-Esprit Auber, s’associe au librettiste Eugène Scribe pour créer des ouvrages à l’Opéra-Comique, mais également pour tenter de séduire le public bourgeois avide de pièces historiques.

La Muette de Portici, créée à Le Peletier en 1828, devient leur plus grand succès commun à l’Opéra avec près de 450 représentations en 50 ans.

Dans la foulée, Rossini crée la même année à l’Opéra le Comte Ory, son dernier opéra-comique et grand succès de la salle Le Peletier, en collaboration avec Eugène Scribe, puis en 1829 son chef-d’œuvre, Guillaume Tell, qui totalisera à l’instar de La Muette plus de 450 représentations.

La Muette de Portici et Guillaume Tell vont devenir les deux pierres angulaires du genre du grand opéra français, genre caractérisé par une veine historique déployée sur 4 à 5 actes, des lignes mélodiques écrites pour le goût français, et un grand ballet central.

Parallèlement à ces succès, Giacomo Meyerbeer, compositeur berlinois, arrive à Paris en 1825 pour superviser les répétitions d’Il crociato in Egitto au Théâtre des Italiens. Le succès est tel qu’il décide de s’installer définitivement dans la capitale, et se met à la recherche de librettistes.

Dès 1827, il annonce qu’il débute sa collaboration avec Eugène Scribe et Germain Delavigne pour composer Robert Le Diable.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

L’âge d’or du grand opéra français (Meyerbeer, Auber, Halevy, Donizetti, Scribe)

Survient la révolution de juillet 1830 qui porte au pouvoir Louis-Philippe Ier.
Sous la monarchie de juillet, le 01 mars 1831, le gouvernement nomme à la tête de l’Opéra, nouvellement baptisé Théâtre de l’Opéra, un directeur-entrepreneur, Louis-Désiré Véron.

Il va s’agir pour lui de répondre aux attentes de la bourgeoisie parisienne tout en gérant l’institution comme une entreprise commerciale.

On peut lire en effet dans ses mémoires, au moment où il dut se décider à diriger l’Opéra, les propos suivants : « la révolution de Juillet est le triomphe de la bourgeoisie : cette bourgeoisie victorieuse tiendra à trôner, à s’amuser ; l’Opéra deviendra son Versailles, elle y accourra en foule prendre la place des grands seigneurs de la cour exilés.»

Robert le Diable de Meyerbeer, joué sans interruption de 1831 à 1860, devient le plus grand succès de l’histoire de la salle Le Peletier, et les Huguenots, créés en 1836, seront le deuxième grand succès de l’institution de toute son histoire après le Faust de Charles Gounod (1869), puisqu'ils totaliseront plus de 1000 représentations avant l’entrée dans la Seconde Guerre mondiale.

Le Prophète (1849) et L'Africaine (1865) sont également dans les 10 premiers au cours de cette période.

Préalablement au succès des superproductions de Giacomo Meyerbeer, 5 autres ouvrages de Daniel-François-Esprit Auber font partie des réussites de l’Opéra avec La Muette : Le Philtre (1831) – ouvrage basé sur le même livret que l’Elixir d’Amour de Donizetti créé l’année d’après à La Scala -, Le Dieu et la Bayadère (1830), Le Serment ou les Faux-monnayeurs (1832), Gustave III ou le Bal masqué (1833), L'Enfant prodigue (1850). Et avec 28 représentations, Le lac des Fées (1839) se situe tout juste dans les 50 premiers titres de la salle.

En 1833, Louis-Désiré Véron passe ensuite commande à Fromental Halévy, ancien chef de chant aux Italiens devenu chef de chant à l’Opéra depuis 1829, d’un opéra en cinq actes sur un livret de Scribe.

Ce sera La Juive (1835), un portrait de l’intolérance religieuse aussi puissant que celui des Huguenots programmé l’année suivante. La Juive atteint les 550 représentations à la fin du XIXe siècle.

Halévy n’en reste pas à un tel triomphe, et 5 autres ouvrages, Guido et Ginevra ou la peste de Florence (1838), La Reine de Chypre (1841), Charles VI (1843), Le Juif errant (1852), La Magicienne (1858) vont faire partie des 40 grands succès de la salle Le Peletier.

Cependant, si Scribe est l’auteur de tous les livrets des succès de Meyerbeer et Auber, seuls La Juive, Guido et Ginevra et Le Juif errant sont de lui.

Véron disait d’ailleurs de lui : "Je ne crains pas de le dire ici, M. Scribe est de tous les auteurs dramatiques celui qui comprend le mieux l'opéra."

Eugène Scribe est enfin l’auteur des livrets des deux grands opéras de Donizetti, La Favorite (1840) et Dom Sébastien, roi du Portugal (1843), et, au total, plus de la moitié des représentations d’opéras entre 1821 et 1873, et même 8 des 10 œuvres les plus jouées, permettent d'entendre ses vers, ce qui en fait une figure centrale du théâtre lyrique au XIXe siècle.

Même si Véron ne reste directeur que jusqu’en 1835, le fait qu’il mise sur Auber, Rossini, Meyerbeer, Halévy et Scribe, conditionne fortement la programmation que ses successeurs, Duponchel, Pillet et Roqueplan, vont prolonger jusqu’à la crise de 1854 – crise qui sera fatale à la carrière de La Nonne Sanglante de Charles Gounod, et qui va aboutir à une reprise en main du Théâtre Impérial par le gouvernement du second Empire -.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

Le répertoire de l'Opéra de Paris de 1821 à aujourd'hui. Classement des oeuvres les plus jouées.

Les autres compositeurs de grands opéras français (Niedermeyer, Marliani, David, Poniatowski, Mermet, Verdi, Thomas)

D’autres compositeurs, Niedermeyer avec Stradella (1837), Marliani avec La Xacarilla (1839), David avec Herculanum (1859), Poniatowski avec Pierre de Médicis (1860), Mermet avec Roland de Roncevaux (1864), apportent leur pierre au grand opéra français, et obtiennent pour un temps la reconnaissance du public parisien.

Giuseppe Verdi arrive même par quatre fois, avec Jérusalem (1847) – adaptation française d’ I Lombardi alla prima crociata -, Les Vêpres siciliennes (1855), Le Trouvère (1857) – adaptation française d’Il Trovatore -, et Don Carlos (1867), à se faire reconnaitre dans le genre du grand opéra. Les deux premiers livrets sont de Scribe, mais seul Le Trouvère va dépasser les 200 représentations.

Enfin, Ambroise Thomas crée en 1868 Hamlet, un grand opéra dont la carrière va se prolonger jusqu’à l’approche de la Seconde Guerre mondiale pour plus de 350 représentations.

 

L’introduction du romantisme (Mozart, Donizetti, Weber, Gounod)

Afin de ne pas totalement décrocher du développement de l’opéra romantique italien et allemand qui gagne tous les théâtres concurrents, des ouvrages déjà anciens sont créés et adaptés aux goûts du public de la salle Le Peletier.

Don Giovanni, opéra de Mozart charnière avec l'époque romantique, fait son entrée le 10 mars 1834 dans l’adaptation française de Castil-Blaze, Don Juan, en version 5 actes, et Lucie de Lammermoor de Donizetti s’impose dès le 20 février 1846 pour plus de 240 représentations.

Après l’échec de Benvenuto Cellini en septembre 1838, Hector Berlioz obtient commande en 1841 pour monter en version française le Freischütz de Weber. Avec plus de 100 représentations, cet opéra se maintient au répertoire jusqu’à l’entre-deux guerres.

En revanche, l’échec retentissant de Tannhaüser en 1861 n’est que partie remise pour Richard Wagner, qui, trente ans plus tard, fera un retour triomphal au Palais Garnier avec Lohengrin.

L’appropriation du Faust de Charles Gounod créé au Théâtre Lyrique, et réarrangé pour sa création à la salle Le Peletier le 03 mars 1869, va devenir par la suite le plus grand succès de toute l’histoire de l’Opéra de Paris avec plus de 2500 représentations au début des années 2000.

Plans et vues de la salle Le Peletier.

Plans et vues de la salle Le Peletier.

La Concurrence des salles parisiennes

La programmation à la salle Le Peletier du genre dit 'noble' ne doit pas faire oublier le grand courant créatif qui s'empare des scènes concurrentes au même moment.

A L'Opéra Comique (Théâtre Feydeau) sont créées des œuvres de François-Adrien Boieldieu (La Dame Blanche), Le pré aux Clercs d' Herold, Le Chalet et Le Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam, et Le Cheval de bronze et le Domino noir d’Auber.

Et c'est à la salle Favart II, louée pour l'occasion, que Berlioz crée La Damnation de Faust le 06 décembre 1846. L’œuvre est reprise le 20 décembre, mais le manque de public entraîne la ruine du compositeur.

Giacomo Meyerbeer présente également deux opéras comiques dans cette salle, L’Étoile du Nord (1854), à nouveau sur un livret de Scribe , et Le Pardon de Ploërmel (Dinorah) en 1859.

 

Au Théâtre des Italiens, Rossini monte le 19 juin 1825, Il Viaggio a Reims, et les premières parisiennes de Il barbiere di Siviglia (26 Octobre 1819), Otello (5 Juin 1821), et Tancredi (23 Avril 1822) y sont données également.

C'est dans ce théâtre, dorénavant installé salle Favart, que Bellini crée Les Puritains, le 25 janvier 1835, qui devient un immense succès populaire.

Stabat Mater, de Rossini, est créé en 1842 à la salle ventadour, et les œuvres populaires de Donizetti (Don Pasquale) et Verdi y sont régulièrement jouées - 3 ans après le scandale de sa création, La Traviata est montée aux Italiens, en 1856 -.

 

Enfin, depuis 1851, Le Théâtre Lyrique crée Si j’étais Roi d’Adolphe Adam (1852), Le Médecin Malgré lui (1858), Faust (1859) et Philémon et Baucis (1860) de Gounod .

Léon Carvalho, le directeur du théâtre depuis 1856, fait jouer les œuvres de Weber, Les Noces de Figaro et L’enlèvement au sérail de Mozart, Orphée de Gluck, Fidelio de Beethoven, tous en version française.

Puis on y entend des opéras italiens en version française, La Traviata, Rigoletto, Norma, et la version parisienne du Macbeth (1865) de Giuseppe Verdi.

C’est au cours de cette période faste que Les Pêcheurs de perles et La Jolie fille de Perth (Bizet), Les Troyens à Carthage (Berlioz), Mireille et Roméo et Juliette (Gounod) sont joués pour la première fois.
Enfin, la première française de Rienzi de Richard Wagner (1869) devient la production la plus importante des dernières années du Théâtre Lyrique.

 

Mais les Italiens ferment en 1871 à cause de cette concurrence, et la salle du Théâtre Lyrique est détruite la même année lors des combats de La Commune, deux ans avant que la salle Le Peletier ne soit emportée à son tour, dans la nuit du 29 octobre 1873, par un incendie qui va durer plus d’une journée.

La fin subite de ces théâtres survient ainsi à la fin d'une décade qui aura vu la disparition de tous les compositeurs et figures légendaires du Grand Opéra : Scribe en 1861, Halévy en 1862, Meyerbeer en 1864, Véron en 1867, Rossini en 1868, Berlioz en 1869, Auber en 1871.

Après un bref passage à la salle Ventadour, l’Opéra peut s’installer en janvier 1875 au Palais Garnier, monument initié sous le Second Empire, mais exploité au cours de la Troisième République.

L'incendie de la salle Le Peletier le 29 octobre 1873.

L'incendie de la salle Le Peletier le 29 octobre 1873.

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Publié le 8 Juillet 2018

Nefés (Pina Bausch)
Représentation du 07 juillet 2018
Théâtre des Champs-Elysées

Danseurs du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch
Mise en scène et chorégraphie Pina Bausch (21 mars 2003)
Décor et vidéos Peter Pabst
Costumes Marion Cito

Musique enregistrée :
Mercan Dede, Birol Topaloglu, Burhan Öçal, Istanbul Oriental Ensemble, Replicas, Bülent Ersoy, Candan Erçetin, Suren Asaduryan avec Yansimalar, Amon Tobin, Arild Andersen, Bugge Wesseltoft, Chris McGregor’s Brotherhood of Breath, Dr Rockit, Elektrotwist, Inner Zone Orchestra, Koop, Mardi Gras BB, Astor Piazzolla, Tom Waits, Uhuhboo Project

Coproduction International Istanbul Théâtre Festival, Istanbul Foundation for Culture and Arts

Au début des années 2000, Istanbul est en plein essor, et en août 2002, au moment où Pina Bausch et sa troupe se déplacent à Istanbul, la Turquie vient adopter un ensemble de réformes (abolition de la peine de mort, octroi de droits culturels pour les Kurdes, élargissement de la liberté de la presse...) préparatoires à son entrée dans l’Union européenne.

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

De cette rencontre, avec une capitale mythique qui accueille toutes sortes de communautés religieuses ou identitaires, est né un spectacle de 2h30 qui est, en premier lieu, une véritable découverte de la culture musicale du pays et de ses hybridations étranges : Mercan Dede et son alliage de musique traditionnelle et de sons électroniques, Burhan Öçal parcouru d’influences gitanes et turques, mais également l’univers jazzy d’Arild Andersen.

Tout dans les choix musicaux évoque cette confluence des cultures asiatiques, orientales et occidentales et ce croisement des traditions et de la modernité qui baignent en permanence la métropole turque.

Rainer Berhs

Rainer Berhs

Étrange ambiance des hammams, défilé de femmes sophistiquées dont les robes volent au vent sous les impulsions d’hommes serviteurs, scènes humoristiques autour d’une flaque d’eau qui s’étend petit à petit au milieu de la scène, mouvements des corps élancés par des gestes ornementaux d’une grâce absolue, déliés de chevelures aux lignes légères et sensuelles, les jeux de séduction se déroulent sans se prendre au sérieux, dans une joie mélodieuse et embaumante pour l’âme.

Nefés "Souffle" (Compagnie Tanztheater Wuppertal Pina Bausch) Champs-Elysées

Les hommes, souvent à terre et animés par une chorégraphie d’une très grande célérité, les femmes en perpétuel mouvement semblant raconter une intériorité parfois sereine, contrôlée, voir inquiète, cet enchaînement fluide d’une succession de tableaux qui incorporent des scènes de vie souvent très drôles et nimbées d’une nostalgie poétique fleurant bon l’insouciance (soirée au bord du Bosphore, pique-nique chic, scène de folie urbaine devant un flot de voitures fonçant vers un couple tendant d’échapper à l’enfer de la ville) attise les esprits les plus voyageurs.

Et c’est ce désir d’imprégnation de cultures brasées par l’Orient qu’éveille avant tout la fraicheur de ce voyage musical (Nefés, littéralement « souffle », est un hymne spirituel turc) où perfection et simplicité du cœur se côtoient en apparence tout naturellement.

 

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Publié le 1 Juillet 2018

Il Trovatore (Giuseppe Verdi)
Version de concert du 30 juin 2018

Opéra Bastille

Il Conte di Luna Željko Lučić
Leonora Sondra Radvanovsky
Azucena Anita Rachvelishvili
Manrico Marcelo Alvarez
Ferrando Mika Kares
Ines Élodie Hache
Ruiz Yu Shao

Direction musicale Maurizio Benini                              Marcelo Alvarez (Manrico)

Suite à un mouvement social ayant touché plusieurs représentations de la dernière semaine du mois de juin à l’opéra Bastille, celle d’Il Trovatore jouée le samedi 30 juin était donnée en version de concert avec la même distribution que celle du mercredi précédent, qui était également celle de la première.

Sondra Radvanovsky (Leonora) et Marcelo Alvarez (Manrico)

Sondra Radvanovsky (Leonora) et Marcelo Alvarez (Manrico)

Ce format détourne certainement nombre de spectateurs, mais ceux qui sont venus malgré tout n’ont pas été déçus, car ils ont assisté à une soirée lyrique exceptionnelle.
En effet, s’il n’y avait plus de décors, et uniquement la présence d’un simple éclairage sans variation lumineuse, les chanteurs, eux, jouaient dans l’esprit de la mise en scène en costumes scéniques.

Sondra Radvanovsky (Leonora)

Sondra Radvanovsky (Leonora)

Par ailleurs, un simple rideau noir dressé quelques mètres en arrière-scène réfléchissait les voix et le son de l’orchestre de façon optimale vers la salle.

Dès son entrée, le chœur flanqué autour du Ferrando de Mika Kares fait ainsi une démonstration de puissance et d’unité fantastique, et la basse finlandaise délivre une teinte fumée aux accents verdiens surnaturels qui conviendra parfaitement à son prochain Fiesco la saison prochaine, en y incorporant encore plus de mordant.

Anita Rachvelishvili (Azucena)

Anita Rachvelishvili (Azucena)

L’arrivée de Sondra Radvanovsky, nourrie d’applaudissements, marque l’instant où l’auditeur s’immerge dans un univers sonore fabuleux du début à la fin.

Souffle inimaginablement fuselé dans une lenteur majestueuse, où la richesse harmonique d’un timbre d’une ampleur phénoménale brille souverainement dans les aigus, mélancolie suppliante suivie d’exaltation fantastique, effets véristes uniquement au moment où elle avale un poison, il n'y a pas de mots suffisamment évocateurs pour décrire l’interprétation inouïe de Leonora par Sondra Radvanovsky, cherchant autant à émouvoir qu'à impressionner en faisant une démonstration technique et artistique hors du commun.

Sondra Radvanovsky (Leonora)

Sondra Radvanovsky (Leonora)

Et Marcelo Alvarez, encore et toujours le véritable Manrico dans l’âme, se montre par sa manière de vivre le rôle du Trouvère extrêmement touchant, car tout son métier est mis au service d’un personnage flamboyant dont il délivre les noirceurs, rayonne dans une fièvre solaire éperdue l’ardeur d’une voix brillante et chaleureuse, et réussit son ‘Di quella pira !’ sans rien lâcher à la fougue musicale, mais sans pousser non plus trop loin la longueur des suraigus.  Très attendue, sa dernière scène du supplice à la prison avec Leonora et Azucena est un monument de vérité dramatique poignant.

Marcelo Alvarez (Manrico)

Marcelo Alvarez (Manrico)

Anita Rachvelishvili, elle, c’est la flamme surgissant de la rondeur pulpeuse d’une voix d’ébène sensuel au charme envoutant, mais aussi un tempérament charnel et mystérieux. Azucena est ainsi une bohémienne dont le caractère noble et direct emprunte au tempérament caucasien tel qu’on peut le fantasmer à l’écoute de ces intonations sombres et vibrantes.

Anita Rachvelishvili (Azucena)

Anita Rachvelishvili (Azucena)

Enfin, Željko Lučić, en se posant nonchalamment en bord de scène, donne une leçon de chant verdien superbement liée par une souplesse merveilleuse qui assoit cette captivante autorité paternelle qu’il donne au Comte.  On aurait même envie de dire que la sensibilité impériale qu’il affiche sert trop favorablement le personnage qu’il défend.

Et sans oublier à nouveau le luxe sonore d’Élodie Hache et la vaillance juvénile de Yu Shao, cette soirée est aussi exceptionnelle par la direction de Maurizio Benini traversée d’ombres sinueuses, et dont le panache orchestral déchainé peut totalement se libérer sans que les artistes n’en soient pour autant submergés.

Željko Lučić (Il Conte di Luna)

Željko Lučić (Il Conte di Luna)

Il est souvent fait un distinguo entre opéra et art lyrique, car la version de concert est le moyen par excellence pour faire de l'art lyrique, alors que l'opéra fait intervenir une forte dimension théâtrale, là où l'art lyrique, au sens noble du terme, n’en est qu’une composante.

Et il va de soi que malgré l’absence de décor, un véritable jeu d'acteur imprègne la représentation de ce soir, car les chanteurs connaissent la production, ce qui n’en fait donc pas une version de concert au sens strict du terme.

Željko Lučić, Sondra Radvanovsky, Marcelo Alvarez et Anita Rachvelishvili

Željko Lučić, Sondra Radvanovsky, Marcelo Alvarez et Anita Rachvelishvili

Mais une soirée aussi exceptionnelle que celle-là laisse penser qu’avec une excellente distribution on peut imaginer insérer dans le programme de saison, au cours d'une série de représentations, une ou deux versions de concert additionnelles pour certains opéras, afin d'offrir la possibilité au public le plus mélomane d'entendre les mêmes voix dans des conditions idéales.

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Publié le 1 Juillet 2018

TV-Web Juillet-Août 2018 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 01 juillet 2018 sur Arte à 18h30
Symphonie n°2 (Brahms) - Phil Berlin - dm Sokhiev

Lundi 02 juillet 2018 sur Arte à 00h45
Concerto n°1 (Saint-Saëns) - Bolero / Daphnis et Cloé (Ravel) - dm Yamada

Lundi 02 juillet 2018 sur France 2 à 01h00
Le Vaisseau Fantôme (Wagner) - ms Schullin - dm Roth

Walker, Brimberg, Pëssati

Mercredi 04 juillet 2018 sur France 2 à 01h40
Le Songe d'une nuit d'été (Ekman) - Ballet Royal de Suède

Mercredi 04 juillet 2018 sur France 2 à 20h55
Fauteuil d'Orchestre

d’Oustrac, Fuchs, Devieilhe, Castronovo, de Barbeyrac, J.Wagner

Dimanche 08 juillet 2018 sur France 3 à 00h30
Bloody Daughter - Martha Argerich

Dimanche 08 juillet 2018 sur France 3 à 02h05
Carnaval Romain (Berlioz), Cto n°3 Poulenc - Martha Argerich

Dimanche 08 juillet 2018 sur Arte à 18h30
Concerto n°3 (Beethoven) - dm Denève

Lundi 09 juillet 2018 sur Arte à 00h20
La magnificence des grands opéras - Dans les coulisses de l'Opéra d'Etat de Bavière

Lundi 09 juillet 2018 sur Arte à 01h45
The Rake's Progress (Stravinsky) - Aix en Provence - ms Mc Burney - dm Gullbert Jensen

Lundi 09 juillet 2018 sur France 3 à 02h05
Concert d'adieux de Myung-Chung à Orange

Mardi 10 juillet 2018 sur Arte à 19h00
Steven Jones (Adamek) - dm Adamek, Warynski

Mercredi 11 juillet 2018 sur Arte à 22h00
Ariane à Naxos (Strauss) - Aix en Provence - ms Mitchell - dm Albrecht

Davidsen, Cutler, Devieilhe, Brower, Montague Rendall

Jeudi 12 juillet 2018 sur Arte à 22h35
Didon et Enée (Purcell) - Aix en Provence - ms Huguet - dm Luks

Besong, Traoré, Greenhalgh

Samedi 14 juillet 2018 sur France 2 à 20h55
Le Concert de Paris - Garifulina, DiDonato, Goerne, Jaroussky, Borras, Petibon ..

Dimanche 15 juillet 2018 sur France 3 à 00h30
Poliuto (Donizetti) - ms Clément - dm Mazzola

Fabiano, Martinez, Golovatenko, Rose, Robinson

Dimanche 15 juillet 2018 sur Arte à 18h30
Stabat Mater (Pergolèse) - dm Darchen

Lundi 16 juillet 2018 sur Arte à 00h05
Joel Pommerat - Le Théâtre absolu

Lundi 16 juillet 2018 sur Arte à 01h00
Te Deum (Charpentier) - Water Music (Haendel) - dm Niquet

Lundi 16 juillet 2018 sur Arte à 22h25
Thomas Ostermeier - Insatiable théâtre

Mercredi 18 juillet 2018 sur France 2 à 00h05
La Flûte enchantée (Mozart) - Opéra de Liège - dm Arrivabeni - ms Roussat et Lubek

Gillet, Zorzi Giustiniani, Cassi, Uyar, Buratto, Dreisig

Mercredi 18 juillet 2018 sur France 3 à 20h55
Le concert des étoiles - Verdi - Théâtre des Champs-Elysées (novembre 2017)

Mercredi 18 juillet 2018 sur France 3 à 22h55
Nabucco (Verdi) - Arènes de Vérone

Dimanche 22 juillet 2018 sur France 3 à 00h35
La Belle au Bois Dormant (Tchaïkovski) - orchestre du Deutsche Oper Berlin

Dimanche 22 juillet 2018 sur Arte à 18h30
Bach - Radulovic, Milosevic (violons)

Lundi 23 juillet 2018 sur Arte à 01h55
Magnificat (Bach) - dm Thomas Hengelbrock

Mercredi 25 juillet 2018 sur France 2 à 00h45
Alceste (Gluck) - La Fenice - ms Tourniaire - dm Pizzi

Remigio, Miller, Misseri, Markova

Dimanche 29 juillet 2018 sur France 3 à 00h30
Moïse et Pharaon (Rossini) - dm Arrivabeni

Abdrazakov, Lapointe, Massis, Shkoza, Roche

Dimanche 29 juillet 2018 sur Arte à 18h20
Concerto n°20 et 21 (Mozart) - Staatskapelle de Dresde

Mercredi 01 août 2018 sur France 2 à 00h45
Il Trovatore (Verdi) - Chorégies d'Orange 2015 - dm De Billy - ms Roubeau

Alagna, He, Lemieux, Petean, Testé

Samedi 04 août 2018 sur France 3 à 20h50 (date à confirmer)
La Flûte enchantée (Mozart) - Festival de Salzbourg - ms Steier - dm Carydis

Goerne, Peter, Shagimuratova, Karg, Eerens

Samedi 04 août 2018 sur France 3 à 20h55
Documentaire sur Roberto Alagna suivi du Barbier de Séville (Rossini) - Chorégies d'Orange

Dimanche 05 août 2018 sur France 3 à 00h30
"Dolce Vita" - Jonas Kaufmann - dm Rieder

Dimanche 05 août 2018 sur Arte à 18h20
Symphonie n°2 (Mahler) - Philharmonique de Vienne - Crowe, Fink

Lundi 06 août 2018 sur Arte à 00h50
Mozart à Prague

Lundi 06 août 2018 sur Arte à 01h40
Don Giovanni (Mozart) - Théâtre des États à Prague - direction musicale Placido Domingo

Mercredi 08 août 2018 sur France 2 à 00h30
Luisa Miller (Verdi) - ms Fall - dm Zanetti

Ciofi, Kunde, N.Alaimo, Szabo, Montanaro

Dimanche 12 août 2018  sur France 3 à 00h30
Ernani (Verdi) - ms Grinda - dm Callegari

Vinogradov, Vasseliva, Ohanyan, Pace, Ribis

Dimanche 12 août 2018 sur Arte à 18h30
Concerto pour Piano n°2 (Brahms) - Lahav Shani

Lundi 13 août 2018 sur Arte à 00h40
Roméo et Juliette (Prokofiev) - John Cranko - Ballet de Stuttgart

Mercredi 15 août 2018 sur France 2 à 00h30
Les Fêtes vénitiennes (Campra) - ms Carsen - dm Christie

De Negri, Fonnard, Redmond, Auvity

Dimanche 19 août 2018 sur France 3 à 00h30
D'Offenbach à Verdi autour de Paris - dm Franck

Lott, Gillet, Léger, santoni, behr, Bernheim

Dimanche 19 août 2018 sur Arte à 17h45
West Side Story, le hit de Leonard Bernstein

Dimanche 19 août 2018 sur Arte à 18h40
Danses symphoniques de West Side Story

Lundi 20 août 2018 sur Arte à 00h30
Leonard Bernstein - Le déchirement d'un génie

Lundi 20 août 2018 sur Arte à 01h30
Leonard Bernstein - Young People's Concerts

Dimanche 26 août 2018 sur Arte à 18h15
L'Orchestre de la Scala place du Dôme de Milan

Lundi 27 août 2018 sur Arte à 00h55
L'affaire Tchaïkovski

Lundi 27 août 2018 sur Arte à 01h50
Concerto pour violon (Tchaïkovski)

Mercredi 29 août 2018 sur France 2 à 00h05
Catone in Utica (Vivaldi) - dm Minasi

Fagioli, Sancho, Cencic, Mitterutzner


Mezzo et Mezzo HD

Dimanche 01 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Daniel Barenboim dirige Tannhäuser de Wagner au Staatsoper de Berlin

Mercredi 04 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Hippolyte et Aricie de JP Rameau à Glyndebourne

Vendredi 06 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Samedi 07 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
L'Enlèvement au Sérail de Mozart au Festival de Glyndebourne

Dimanche 08 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Valery Gergiev dirige Eugène Onéguine de Tchaïkovski au Mariinsky

Mercredi 11 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
La Traviata de Verdi au Festival de Glyndebourne

Vendredi 13 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
De la maison des morts de Janacek au Bayerische Staatsoper

Samedi 14 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
Macbeth de Verdi au Royal Opera House de Londres

Dimanche 15 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Mercredi 18 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
Poliuto de Gaetano Donizetti au Festival de Glyndebourne

Vendredi 20 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Daniel Barenboim dirige Tannhäuser de Wagner au Staatsoper de Berlin

Samedi 21 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
Saul de Haendel au Festival de Glyndebourne

Dimanche 22 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Benvenuto Cellini de Berlioz à Amsterdam

Mercredi 25 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
Platée de Rameau à 'Opéra Comique

Vendredi 27 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Valery Gergiev dirige Eugène Onéguine de Tchaïkovski au Mariinsky

Samedi 28 juillet 2018 sur Mezzo à 20h30
Didon et Enée de Purcell à l'Opéra de Rouen

Dimanche 29 juillet 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Daniel Barenboim dirige Tannhäuser de Wagner au Staatsoper de Berlin

Mercredi 01 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Don Giovanni de Mozart à La Fenice de Venise

Vendredi 03 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Samedi 04 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Riccardo Muti dirige Otello de Verdi à Salzbourg

Dimanche 05 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
L’Étoile de Chabrier à Amsterdam

Mercredi 08 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Daniel Barenboim dirige Tannhäuser de Wagner au Staatsoper de Berlin

Vendredi 10 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Valery Gergiev dirige La Dame de pique de Tchaïkovski

Samedi 11 août 2018 sur Mezzo à 20h30
L'Orfeo de Luigi Rossi dirigé par Raphaël Pichon

Dimanche 12 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Le Roi Carotte de Jacques Offenbach à l'Opéra de Lyon

Mercredi 15 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Benvenuto Cellini de Berlioz à Amsterdam

Vendredi 17 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Samedi 18 août 2018 sur Mezzo à 20h30
L'Africaine de Meyerbeer à La Fenice

Dimanche 19 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Valery Gergiev dirige La Dame de pique de Tchaïkovski

Mercredi 22 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Mozart : Les Noces de Figaro

Vendredi 24 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
L'Etoile de Chabrier à Amsterdam

Samedi 25 août 2018 sur Mezzo à 20h30
I Capuleti e I Montecchi de Bellini à la Fenice de Venise

Dimanche 26 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Mercredi 29 août 2018 sur Mezzo à 20h30
Jalil de Nazib Zhiganov au Théâtre d'Opéra et de ballet académique d'état Tatar, Kazan

Vendredi 31 août 2018 sur Mezzo HD à 21h00
Le Roi Carotte de Jacques Offenbach à l'Opéra de Lyon

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

La Folie Offenbach (Folies Bergères) jusqu'au 02 juillet 2018

L'Orfeo (New Belgrade Opera) jusqu'au 03 juillet 2018

Rigoletto (Chorégies d'Orange) jusqu'au 11 juillet 2018

Erismena (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 12 juillet 2018

Les Troyens (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 14 juillet 2018

Dans les coulisses du Festival d'Avignon jusqu'au 21 juillet 2018

Turandot (Teatro Regio Torino) jusqu'au 24 juillet 2018

Les Contes d'Hoffmann (Opéra de Monte-Carlo) jusqu'au 01 août 2018

The second violonist (Irish National Opera) jusqu'au 01 août 2018

Et in Arcadia ego (Opéra Comique) jusqu'au 09 août 2018

Philippe Jordan dirige les symphonies n°3 & 6 de Tchaïkovski jusqu'au 15 août 2018

Eros et Psychée (Polish National Opera) jusqu'au 20 août 2018

Guerre et Paix (Théâtre Mariinsky) jusqu'au 25 août 2018

Lessons in Love and Violence (Covent Garden) jusqu'au 25 août 2018

 

Placido Domingo dirige Don GIovanni (Opéra des Etats de Prague) jusqu'au 03 septembre 2018

La Flûte Enchantée (Festival de Salzbourg) jusqu'au 03 septembre 2018

Roméo et Juliette et Le Château de Barbe-Bleue (Helsinski) jusqu'au 13 septembre 2018

Cavalleria Rusticana & Pagliacci (La Monnaie) jusqu'au 13 septembre 2018

Aida (Royal Swedish Opera) jusqu'au 16 septembre 2018

Blaubart (Komische Oper) jusqu'au 16 septembre 2018

La Légende du roi Dragon (Opéra de Lille) jusqu'au 18 septembre 2018

Tristan und Isolde (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 18 septembre 2018

Macbeth (Staatsoper Berlin) jusqu'au 18 septembre 2018

Parsifal (Opera Ballet Vlaanderen) jusqu'au 20 septembre 2018

Cendrillon d'Alma Deutscher jusqu'au 21 septembre 2018

Le Radeau de la Méduse (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 25 septembre 2018

La Favorite (Maggio Musicale Fiorentino) jusqu'au 25 septembre 2018

Thamos, Roi d'Egypte (Seine Musicale) jusqu'au 25 septembre 2018

Les Contes d'Hoffmann (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 27 septembre 2018

Philippe Jordan dirige les symphonies n°2 & 4 de Tchaïkovski - jusqu'au 28 septembre 2018

Manon Lescaut (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 septembre 2018

Don Giovanni (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 29 septembre 2018

Lucia di Lammermoor (Opéra de Lausanne) jusqu'au 05 octobre 2018

Lucia di Lammermoor (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 octobre 2018

Il Corsaro (Palau de las Reina Sofia) jusqu'au 07 octobre 2018

La Traviata (Den Norske Opera & Ballet) jusqu'au 13 octobre 2018

Il Terremoto (Festival Misteria Paschalia) jusqu'au 18 octobre 2018

John Williams across the stars (Los Angeles Philharmonic Orchestra) jusqu'au 19 octobre 2018

Fra Diavolo (Théâtre de l'Opéra de Rome) jusqu'au 20 octobre 2018

Kein Licht (Opéra Comique) jusqu'au 20 octobre 2018

Don Giovanni (Teatro La Fenice) jusqu'au 21 octobre 2018

De La Maison des Morts (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 23 octobre 2018

I Puritani (Opéra de Stuttgart) jusqu'au 23 octobre 2018

Lohengrin (Théâtre Royal de la Monnaie) jusqu'au 25 octobre 2018

La Donna del Lago (Opéra de Lausanne) jusqu'au 26 octobre 2018

The Beggar's Opera (Bouffes du Nord) jusqu'au 28 octobre 2018

Norma (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 octobre 2018

Semele (Komische Oper Berlin) jusqu'au 11 novembre 2018

Trouble in Tahiti (Opera North) jusqu'au 24 novembre 2018

Nabucco (Opéra de Lille) jusqu'au 26 novembre 2018

Friar Cira and Friar Spira" de Dejan Despić au Armel Opera Festival jusqu'au 01 décembre 2018

Salomé (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 06 décembre 2018

Boris Godounov (Opéra National de Paris) jusqu'au 07 décembre 2018

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 07 décembre 2018 (Opéra vision)

La Nonne sanglante (Opéra Comique) jusqu'au 18 décembre 2018

Don Pasquale (Opéra National de Paris) jusqu'au 19 décembre 2018

Madame Butterfly (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 21 décembre 2018

Rinaldo (Théâtre Le Bateau Feu à Dunkerque) jusqu'au 25 décembre 2018

Le Devin du village (Opéra de Versailles) jusqu'au 29 décembre 2018

Le Prophète (Capitole de Toulouse) jusqu'au 29 décembre 2018

La Passion selon Saint-Jean (Philharmonie) jusqu'au 31 décembre 2018

Orphée et Eurydice (Armel Opera Festival) jusqu'au 31 décembre 2018

 

Friar Cira et Friar Spira (Armel Opera Festival) jusqu'au 01 janvier 2019

 The Giant Baby (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2019

Lady Sasharina (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2019

Calamity / Billy (Armel Opera Festival) jusqu'au 04 janvier 2019

Orfeo et Majnun (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 07 janvier 2019

Didon et Enée (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 08 janvier 2019

Seven Stones (Armel Opera Festival) jusqu'au 09 janvier 2019

Don Giovanni (Opéra de Lyon) jusqu'au 10 janvier 2019

L'Ange de Feu (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 14 janvier 2019

Le Concert de Paris du 14 juillet 2018 jusqu'au 17 janvier 2019

Nabucco (Arènes de Vérone) jusqu'au 18 janvier 2019

Le Concert des Etoiles - Hommage à Verdi jusqu'au 19 janvier 2019

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange) jusqu'au 01 février 2019

Carmen (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 03 février 2019

Vanessa (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 14 février 2019

Butterfly (Opéra de Limoges) jusqu'au 11 mars 2019

Le Couronnement du Roi à Versailles (Chapelle du Château de Versailles) jusqu'au 12 mars 2019

Les Noces de Figaro (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 11 avril 2019

Orlando Furioso (Teatro de la Fenice) jusqu'au 12 avril 2019

Musique for a while (Opéra de Linz) jusqu'au 19 avril 2019

Norma (Teatro de la Fenice) jusqu'au 19 mai 2019 (Culturebox)

Macbeth (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2019

Musique en fête aux Chorégies d'Orange jusqu'au 21 juin 2019

Debussy / Saint-Saëns / Franck (Festival de Grenade) jusqu'au 25 juin 2019

Karine Deshayes et l'ONF interprètent Ravel et Debussy jusqu'au 26 mars 2020

The Rake'sProgress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique