Publié le 27 Avril 2023

Saison lyrique 2023/2024 du Théâtre Royal de la Monnaie / De Munt de Bruxelles

Dévoilée le 28 mars 2023, la seizième saison de Peter de Caluwe à la direction du Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles inscrit à nouveau cette maison très originale parmi les institutions les plus ambitieuses et les plus créatrices du réseau lyrique, et ce malgré les impacts très négatifs de la période covid sur la programmation originellement prévue.

La saison 2023/2024 propose ainsi 10 ouvrages lyriques dont une version de concert, 2 ouvrages patchwork basés sur des opéras de Verdi, 2 créations, 4 autres nouvelles productions (dont les deux premiers volets du Ring mis en scène par Romeo Castellucci) et une reprise, pour un total de 67 soirées.

La première particularité de cette programmation est de ne présenter aucun titre faisant partie des 50 opéras les plus représentés dans ce théâtre. Aucune autre maison dans le monde ne montre un tel esprit d'ouverture.

‘Nostalgia’ / ‘Rivoluzione’ - d'après Giuseppe Verdi

‘Nostalgia’ / ‘Rivoluzione’ - d'après Giuseppe Verdi

Le projet Verdi qui va permettre de présenter deux ouvrages ‘Nostalgia’ et ‘Rivoluzione’ constitués à partir de ses œuvres de jeunesse écrites entre 1840 et 1849 (Giorno di Regno, Nabucco, I Lombardi alla Prima Crociata, Ernani, I due Foscari, Giovanna d’Arco, Alzira, Attila, Macbeth, I Masnadieri, Jérusalem, Il Corsaro, La Battaglia di Legnano) sera l’occasion d’entendre la musique du compositeur italien à travers deux formes contemporaines mises en scène par Krystian Lada, premier lauréat du Prix Mortier Next Generation créé par Serge Dorny et remis le 12 janvier 2019 à Gand.
Carlo Goldstein, principal chef invité du Wiener Volksoper, assurera la direction musicale de ces 12 soirées.

Christophe Coppens - 'Turandot'

Christophe Coppens - 'Turandot'

Le répertoire traditionnel italien pourra également s’appuyer sur Christophe Coppens (La Petite Renarde rusée – 2017, Le Château de Barbe Bleue / Le Mandarin merveilleux – 2018, Norma – 2021) qui sera de retour à La Monnaie pour mettre en scène ‘Turandot’, avec Kazushi Ono à la direction musicale, dans un théâtre qui n’accorde pas plus de 5% de ses soirées aux œuvres de Giacomo Puccini (c’est à dire 2 à 3 fois moins que dans les maisons de répertoire).

Cecilia Bartoli - ‘Giulio Cesare’

Cecilia Bartoli - ‘Giulio Cesare’

Quant à la musique baroque, elle ne pourra compter que sur l’unique soirée en version de concert dédiée à ‘Giulio Cesare’ de Georg Friedrich Haendel, 2 jours avec son passage au Théâtre des Champs-Élysées, avec Cecilia Bartoli dans le rôle de Cléopâtre et Gianluca Capuano à la direction musicale.

Alain Altinoglu - ‘Das Rheingold’ et ‘Die Walküre’

Alain Altinoglu - ‘Das Rheingold’ et ‘Die Walküre’

La période classique sera cependant totalement absente, même si Mozart reste le compositeur le plus joué en ce théâtre, au profit des deux premiers volets, ‘Das Rheingold’ et ‘Die Walküre’, d’une nouvelle Tétralogie de Richard Wagner mise en scène par Romeo Castellucci, 32 ans après celle d’Herbert Wernicke qui avait marqué la fin du mandat de Gerard Mortier avec Sylvain Cambreling à la direction orchestrale. 
Ce nouveau cycle parachèvera la réussite d’Alain Altinoglu dans l’univers wagnérien, après les succès de ‘Lohengrin’ et ‘Tristan und Isolde’.

Benjamin Britten - ‘The Turn of the Screw’

Benjamin Britten - ‘The Turn of the Screw’

Le cœur du XXe siècle sera ensuite représenté par une nouvelle production de ‘The Turn of the Screw’, la troisième après celle de Keith Warner (juin 1998) et celle de Luc Bondy (mars 2005 en coproduction avec les Wiener Festwochen), ce qui confortera Benjamin Britten comme le septième compositeur le plus joué à La Monnaie (3% des soirées). On pourra donc s’attendre à une vision implacable de la part d’Andrea Breth, avec Antonio Méndez à la direction musicale.

On peut toutefois signaler qu’à ce jour, ‘Billy Budd’ n’a toujours pas connu les honneurs de la scène bruxelloise…

Marie-Eve Signeyrole - ‘Cassandra’

Marie-Eve Signeyrole - ‘Cassandra’

Le XXIe siècle prendra évidemment toute sa place à travers deux créations, ‘Cassandra’ de Bernard Foccroulle (l’ancien directeur de l’institution Bruxelloise de 1992 à 2007 qui succéda à Gerard Mortier), dont la mise en scène sera confiée à Marie-Eve Signeyrole et la réalisation musicale à Kazushi Ono, et ‘Ali’ de Grey Filastine qui relatera la vie d’Ali Abdi Omar, jeune somalien arrivé à Bruxelles en 2019. Ricard Soler Mallol assurera la conception scénique, avec Michiel Delanghe à la direction musicale

‘Le conte du Tsar Saltan’ - ms Dmitri Tcherniakov

‘Le conte du Tsar Saltan’ - ms Dmitri Tcherniakov

Enfin, unique reprise habilement mise en scène par Dmitri Tcherniakov, ‘Le conte du Tsar Saltan’ de Nikolay Rimsky-Korsakov, dirigée par Timur Zangiev, couvrira la période de Noël. Il s’agit d’une production qui a remporté le prix de « Best New Production » lors de la cérémonie des International Opera Awards 2020.

A travers cette nouvelle saison lyrique, La Monnaie de Bruxelles donne une leçon d’optimisme et de volontarisme dont nous avons tant besoin aujourd’hui.

Le lien vers la saison 2023/2024 intégrale c'est ici.

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Publié le 12 Avril 2023

Nixon in China (John Adams – 22 octobre 1987, Houston)
Répétition générale du 20 mars, et représentations du 25 mars, 10 et 12 avril 2023
Opéra Bastille

Richard Nixon Thomas Hampson
Pat Nixon Renée Fleming
Zhou Enlai Xiaomeng Zhang
Mao-Zedong John Matthew Myers
Henry Kissinger Joshua Bloom
Chiang Ch'ing Kathleen Kim
Nancy Tang Yajie Zhang
Deuxième secrétaire de Mao Ning Liang
Troisième secrétaire de Mao Emmanuela Pascu

Direction musicale Gustavo Dudamel
Mise en scène Valentina Carrasco (2023)

Nouvelle production
Retransmission en direct le 07 avril sur la plateforme de l'Opéra de Paris, puis en différé sur Mezzo à partir du 14 avril, et sur France Musique le 29 avril à 20h.

L’entrée de ‘Nixon in China’ au répertoire de l’Opéra national de Paris, 11 ans après la production de Chen Shi-Zheng montée au Théâtre du Châtelet, et 31 ans après sa première française accueillie le 14 décembre 1991 par la MC93 de Bobigny, dans la production de Peter Sellars – qui est partie prenante dans la naissance de ce projet -, permet à la musique de John Adams d’enfin connaître les honneurs de la première scène lyrique française, en présence même du compositeur invité à cette occasion.

Renée Fleming (Pat Nixon)

Renée Fleming (Pat Nixon)

L’œuvre fut écrite 10 ans après la rencontre historique entre Richard Nixon et Mao Zedong à Pékin en 1972, et fut créée le 22 octobre 1987 au Houston Grand Opera.

Dans le contexte actuel de rivalité entre la Chine et l’Occident, elle aborde la question du rapprochement de cultures antagonistes, ce qui engendre une résonance bien particulière.

Xiaomeng Zhang (Zhou Enlai), Thomas Hampson (Richard Nixon) et Renée Fleming (Pat Nixon)

Xiaomeng Zhang (Zhou Enlai), Thomas Hampson (Richard Nixon) et Renée Fleming (Pat Nixon)

Cette nouvelle production permet également à Valentina Carrasco de faire ses débuts sur une scène où elle a précédemment collaboré avec La Fura dels Baus à l’occasion de ‘Il Trovatore’.

Avec un grand sens de l’humour ludique, la metteuse en scène argentine introduit nombre de références à des symboles aussi bien diplomatiques, patriotiques et culturels, mais elle se montre également critique en alimentant le déroulé de la rencontre de nombreuses références vidéographiques aux conflits politiques qui se sont soldés par des millions de morts.

Joshua Bloom (Henry Kissinger), Thomas Hampson (Richard Nixon), John Matthew Myers (Mao-Zedong), Xiaomeng Zhang (Zhou Enlai) et les trois secrétaires

Joshua Bloom (Henry Kissinger), Thomas Hampson (Richard Nixon), John Matthew Myers (Mao-Zedong), Xiaomeng Zhang (Zhou Enlai) et les trois secrétaires

L’ouverture débute sur une rencontre de ping-pong, menée au ralenti, entre deux sportifs, l’un en bleu, l’autre en rouge, en clin d’œil au voyage de jeunes pongistes américains qui arrivèrent le 10 avril 1971 en Chine pour une rencontre amicale, un an avant le voyage de Nixon.

C’est ensuite l’ensemble du chœur qui est transformé en équipe sportive, entouré de tables de ping-pong bleues, qui entonne le chant enflammé initial avant que n’atterrisse sous forme d’impressionnant aigle de métal aux yeux rougeoyants – un Pygargue, le symbole des États-Unis – l’avion du président américain.

Nixon in China (Hampson Fleming Dudamel Carrasco) Opéra de Paris

La première rencontre avec le premier ministre chinois est sobre et protocolaire, étayée par les clichés des photographes, et les discussions avec Mao-Zedong se poursuivent dans ses appartements remplis de bibliothèques, alors qu’en sous-sol des gardes brûlent des centaines de livres et torturent les dissidents. 

Nous somme en pleine révolution culturelle prolétarienne initiée en 1966, à un moment où Mao-Zedong est en train reprendre la main de façon sanglante et s’apprête à lancer une campagne critique contre la pensée humaniste de Confucius.

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing) et Renée Fleming (Pat Nixon)

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing) et Renée Fleming (Pat Nixon)

C’est donc la cécité du couple présidentiel invité qui est mise en exergue au cours de ce tableau dominé par la nature feutrée des échanges.

Puis, la scène du banquet est transformée en une compétition amicale de ping-pong que le camp chinois gagne haut la main, dans une effervescence joyeuse qui marque, en apparence, la fin des vaines hostilités entre la Chine et les États-Unis. 

Renée Fleming (Pat Nixon)

Renée Fleming (Pat Nixon)

Le deuxième acte est le plus dense car l’innovation et la richesse des références musicales s’épanouissent sans temps mort, mais aussi parce que Valentina Carrasco utilise une variété de langages poétiques, d’imageries de propagande et de visions documentaires qui se mélangent en soulignant avec une grande force toute l’ambivalence de la situation.

Après un amusant match de double au ping-pong rythmé par les oscillations musicales, la visite de Pat Nixon se déroule devant un défilé d’images cartonnées mettant en valeur le soin accordé au peuple, à son éducation et à sa prospérité grâce à l’élevage du cochon. Puis, les quelques éléments de décors déplaçables à la main sont recouverts de tentures verdoyantes, et, devant un magnifique rideau en balles de ping-pong évoquant une tempête de neige en suspens, la femme du président se livre à une rêverie hypnotique ‘This is prophetic!’ accompagnée par un immense dragon chinois rouge, symbole de la noblesse d'âme et du succès, avec lequel la relation devient même affective.

Renée Fleming (Pat Nixon)

Renée Fleming (Pat Nixon)

Ce grand moment de respiration inoubliable est cependant suivi par la représentation du ‘Détachement féminin rouge’, ballet révolutionnaire créé le 26 septembre 1964 au Ballet national de Chine  – le Palais Garnier accueillit une production de ce ballet en janvier 2009 -, où la violence de la scène de lynchage de la jeune chinoise va révéler la grande sensibilité de Pat Nixon

Nixon in China (Hampson Fleming Dudamel Carrasco) Opéra de Paris

A partir de cet instant, le langage de Valentina Carrasco s’appuie beaucoup plus fortement sur des images d’archives superposées à la rythmique dramatique de la musique qui dénoncent autant les exécutions chinoises que les bombardements militaires américains menés en Asie au tournant des années 1970.  Le fait que, dans l’opéra, Kissinger joue dans le ballet des rôles détestables, devient le véritable déclencheur de ce moment de confrontation à la réalité.

La caractérisation de Chiang Ch'ing maniant aussi bien le revolver que le ‘Petit livre rouge’ de Mao-Zedong est, elle aussi, sans aucun égard pour la femme du dirigeant chinois. La scène finale où elle apparaît posant telle une Vestale, livre, drapeau et châle rouges bien en main, mais dans une marée de sang, résume assez bien sa personnalité sanguinaire pervertie par une fascination mythologique détournée.

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing)

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing)

Le dernier acte s’ouvre soudainement sur la projection d’extraits du film ‘From Mao to Mozart’ réalisé en 1979 à l’occasion du voyage en Chine du violoniste américain Isaac Stern – qui est né à Kremenets, ville ukrainienne de nos jours – et qui présente, à travers le portrait d’un professeur de musique, ce qu’endurèrent ceux qui étaient soupçonnés de défendre l’art occidental.

La démarche fait beaucoup penser à celle adoptée par Krzysztof Warlikowski en mars 2008 au début du 3e acte de ‘Parsifal’ lorsqu’il utilisa un extrait du film de Roberto Rossellini ‘Allemagne année zéro’ pour critiquer les idéologies criminelles. Le public avait alors très mal réagi du fait que ni musique, ni bande son, ne soutenaient l’image.

Mais ce soir, malgré la longueur des extraits vidéo, les commentaires du film apportent une force à l’image que d’aucun n’osera reprocher.

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing)

Kathleen Kim (Chiang Ch'ing)

Valentina Carrasco en reste cependant là pour l’analyse critique, et le dernier acte, très réflexif, se déroule dans un bleu nuit autour de tables de ping-pong disséminées dans tous les sens, et elle laisse le texte présenter les songes et les doutes de chaque protagoniste dans un atmosphère totalement surréaliste.

Il est rare de voir le travail d’un metteur en scène qui ne se limite pas au premier degré interprétatif de l’œuvre ne susciter aucune réaction négative lors d’une première représentation à l’Opéra de Paris, et pourtant, Valentina Carrasco réussit avec beaucoup d’intelligence à créer un consensus engagé autour de cette production qui est un véritable succès populaire comme chacun peut le constater en salle chaque soir.

Nixon in China (Hampson Fleming Dudamel Carrasco) Opéra de Paris

Bien entendu, la réalisation musicale est le pilier le plus important de cette entrée au répertoire, et la direction de Gustavo Dudamel fait honneur à la partition de John Adams, présent à l’opéra Bastille lors de la première représentation, en sachant créer des moments d’une très grande intimité tout en développant une complexité texturale qui fait beaucoup penser aux plus grandes orchestrations de Richard Strauss. Les cuivres sont utilisés avec des effets incisifs bien saillants, et les couleurs d’ensemble donnent beaucoup de lustre aux passages les plus spectaculaires.

Il est également fascinant de voir comment les deux pianos s’harmonisent avec les nappes orchestrales, de prendre la mesure des difficultés rythmiques à surmonter, et de sentir cette grande pureté qui se dégage dans la scène extatique de Pat Nixon, un moment de magie unique à vivre dans l’immensité de la scène Bastille.

Thomas Hampson (Richard Nixon) et Renée Fleming (Pat Nixon)

Thomas Hampson (Richard Nixon) et Renée Fleming (Pat Nixon)

Il y eut certes quelques effets de la sonorisation des chanteurs – une nécessité voulue par le compositeur - qui se sont fait entendre lors de la première, mais ils ont été mieux réglés par la suite. 

Thomas Hampson a conservé une présence vocale très appréciable qui se distingue par les couleurs très claires dans la tessiture aigüe ce qui contribue à donner une sensibilité rajeunie à son personnage qui est présenté ici de manière très sympathique. 

Ching-Lien Wu et le chœur de l'Opéra de Paris

Ching-Lien Wu et le chœur de l'Opéra de Paris

Il forme avec Renée Fleming un couple présidentiel très bien assorti, l’artiste américaine étant assez inhabituellement distribuée dans un rôle fort modeste qu’elle incarne avec une profondeur sans le moindre surjeu. Elle aime visiblement le côté rêveur de Pat Nixon, et l’on se surprend à retrouver les couleurs 'crème' qui ont fait sa renommée. La scène de jeu avec le Dragon rouge au second acte est un magnifique moment de laisser-aller à la poésie de l’enfance à laquelle elle s’adonne avec un très touchant sens de l’innocence retrouvée.

Gustavo Dudamel

Gustavo Dudamel

Le baryton chinois Xiaomeng Zhang offre au sombre ministre Zhou Enlai une très belle unité de timbre, mais aussi une tenue et une homogénéité austères qui donnent presque une image dépressive de cet homme complexe, mais qui résonnent aussi très bien avec ses dernières paroles, à la scène finale, où il s’interroge sur le bien fondé de toutes ses actions.

John Matthew Myers fait lui aussi ses débuts à l’Opéra de Paris, et Mao-Zedong prend sous ses traits une détermination assez vaillante soutenue par des qualités d’endurance très sollicitées, les aigus étant fermement soutenus sans que l’autoritarisme ne s’impose pour autant. Là aussi, un certain sentiment de jeunesse se dégage, en phase avec l’esprit surréaliste de l’ouvrage.

Renée Fleming, Gustavo Dudamel, Ching-Lien Wu, Valentina Carrasco et John Adams

Renée Fleming, Gustavo Dudamel, Ching-Lien Wu, Valentina Carrasco et John Adams

Kathleen Kim, que le public parisien a découvert en 2022 dans Cendrillon’ de Jules Massenet, réussit une réelle performance à incarner une femme, Chiang Ch'ing, qui est aux antipodes de ce qu’elle dégage habituellement. Ses couleurs vocales sont intégralement claires, mais elle vocalise avec une très grande précision, sait s’imposer dans une salle dont les dimensions ne lui sont pas forcément favorables, et elle s’imprègne d’une forme de mécanique militaire qui correspond bien à ce qu’incarne la femme de Mao.

Renée Fleming, Gustavo Dudamel, Ching-Lien Wu, Valentina Carrasco, John Adams et Thomas Hampson

Renée Fleming, Gustavo Dudamel, Ching-Lien Wu, Valentina Carrasco, John Adams et Thomas Hampson

Quant à Joshua Bloom, il se distingue principalement dans la scène du ballet où Henry Kissinger incarne plusieurs personnages du spectacles joués devant les Nixon, avec une vulgarité qui peut laisser penser qu’il y a peut-être une insinuation de la part de la metteuse en scène qui va au-delà de la simple représentation dans le spectacle.

Dans les rôles respectifs des trois secrétaires de Mao, Tang Yajie Zhang, Ning Liang, et Emmanuela Pascu forment un trio très bien phase et aux couleurs complémentaires, et le chœur, dirigé par Ching-Lien Wu, dont on reconnaît le visage parmi les personnages chinois représentés sur les estrades, fait montre d’une saisissante incisivité galvanique, mais aussi d’un style très épuré dans les moments contemplatifs.

Kathleen Kim, John Matthew Myers et Renée Fleming

Kathleen Kim, John Matthew Myers et Renée Fleming

Le magnétisme de ce spectacle est un jalon très important pour l’Opéra de Paris car il ouvre la porte à d’autres œuvres contemporaines écrites dans une veine lyrique séduisante tout en abordant des sujets de société actuels. Quand on sait que cet ouvrage a été programmé il y a plus de deux ans et qu’il se déroule au moment où le président français s’est rendu en Chine, impossible de ne pas être saisi par cette concordance des temps.

From Mao To Mozart: Isaac Stern In China (1979) - Documentaire intégral

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Publié le 7 Avril 2023

Symphonies 1  & 9 (Franz Schubert – 1815 & 1828)
Concert du 06 avril 2023
Philharmonie de Paris – Grande Salle Pierre Boulez

Franz Schubert
Symphonie no 1 en ré majeur, D 82
Symphonie no 9 en ut majeur, D 944

Direction musicale Herbert Blomstedt
Orchestre de Paris

Retrouver Herbert Blomstedt (96 ans le 11 juillet 2023) à la Philharmonie est d’avance l’assurance de vivre un très grand moment d’inspiration symphonique au relief bien marqué dans une absolue sérénité.

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Et personne n’a probablement été déçu ce soir, lorsque, une fois arrivé au bras du premier violon sous d’immenses applaudissements, et installé face aux musiciens avec un regard acéré et bienveillant, le doyen des chefs d’orchestre s'est mis à impulser avec précision et délicatesse les premiers motifs de la 'première symphonie' de Schubert. Souplesse de la rythmique, légèreté du tissu orchestral sensiblement irisé en surface, fluidité des vents qui laissent vivre des trainées de lumières ouatées très poétiques, c’est tout un champ de félicité douce et solaire qui est dispensé à travers la grande salle pour l’émerveillement et l’apaisement de chacun.

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

A cet esprit mélodiste très mozartien qui imprègne la première partie de ce concert, ne manquait donc plus que les grandes emphases.

On retrouve dans la 'neuvième symphonie' de Schubert cette façon subtile, d’un simple souffle de la main, de donner de l’élan, de la respiration, et de faire ressentir les frémissements de la vie à travers une vision d’ensemble ample et très lumineuse.

Herbert Blomstedt et l'Orchestre de Paris- Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Herbert Blomstedt et l'Orchestre de Paris- Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Mais le plus phénoménal est d'avoir vu tous les instrumentistes de l’Orchestre de Paris s’unir et s’engager de tout leur corps avec vivacité, et parfois même véhémence, comme s’ils ne jouaient que pour le plaisir extatique de leur chef, et toujours avec ces superbes mouvements d’une patine splendide, et un excellent alliage des cuivres aux cordes et aux vents.

Une inoubliable réflexion sur la jeunesse d’esprit de la vie et sur le bonheur de l’existence qui nous a emporté très haut vers un univers intemporel !

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

Herbert Blomstedt - Philharmonie de Paris, le 06 avril 2023

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Publié le 3 Avril 2023

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 de l’Opéra national de Paris
Le vendredi 31 mars 2023 à l’Hotel Intercontinental Paris Le Grand, et le samedi 01 avril 2023 à l’opéra Bastille

Présentation de la saison 2023/2024 de l'Opéra national de Paris aux couleurs de l'Ukraine

Présentation de la saison 2023/2024 de l'Opéra national de Paris aux couleurs de l'Ukraine

Le mercredi 29 mars 2023 à 12h00, la troisième saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris a été officiellement dévoilée au grand public sur le site internet de l’institution.

Elle comprend 4 nouvelles productions maison et 3 coproductions, dont 2 nouveautés pour le répertoire, et 12 reprises.

Aux 19 œuvres scéniques jouées dans les grandes salles, s’ajoute également une production de l’Académie de l’Opéra de Paris qui sera donnée à la MC93, Maison de la Culture de Seine Saint-Denis à Bobigny.
Au total, 186 représentations lyriques seront ainsi données.

La présentation de cette saison à l’Association pour le Rayonnement de L’Opéra de Paris a eu lieu le vendredi 31 mars à l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand, et Alexander Neef et José Martinez, le nouveau directeur de la danse depuis décembre 2022, ont réitéré cette présentation des œuvres lyriques et chorégraphiques aux abonnés, le lendemain matin à l’opéra Bastille.

De nombreuses interviews de metteurs en scène tels Kirill Serebrennikov, Lydia Steier, Peter Sellars, ou bien Damiano Michieletto, ont permis aux spectateurs d’avoir une première approche des questions que posent ces œuvres.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Après ‘The Dante project’, ballet de Wayne McGregor créé à Londres en octobre 2021 sur la musique de Thomas Adès, qui a fait son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris le 03 mai 2023, une autre pièce du compositeur britannique va faire son entrée au répertoire lyrique, ‘The Exterminating Angel’, dans la continuité bien affirmée d’une ligne attachée à la représentation du répertoire anglo-saxon des XXe et XXIe siècles.

Dans le contexte actuel très difficile, la programmation est ambitieuse mais présentée avec beaucoup d’humilité et de bienveillance.

José Martinez, Andréa Sarri, Hohyun Kang, Marine Chagnon, Alejandro Baliñas Vieites, Myriam Mazouzi et Alexander Neef

José Martinez, Andréa Sarri, Hohyun Kang, Marine Chagnon, Alejandro Baliñas Vieites, Myriam Mazouzi et Alexander Neef

Cette saison montre aussi, et nous le verrons plus loin, à quel point la nouvelle direction de l'Opéra de Paris s'attache à mettre en valeur le potentiel humain qui fait vivre l'institution, et met aussi beaucoup de cœur à assurer une forte cohésion humaine avec toutes les différences et particularités qui composent cet ensemble d'une richesse artistique unique.

Et à l'occasion de la présentation au Grand Hôtel, les lauréats des prix de l'AROP 2021/2022 ont été récompensés en personnes, Hohyun Kang et Andréa Sarri pour les Prix de la Danse, Marine Chagnon et Alejandro Baliñas Vieites pour les Prix Lyriques, en présence de Myriam Mazouzi, directrice de l'Académie de l'Opéra de Paris.

Kirill Serebrennikov (ms Lohengrin)

Kirill Serebrennikov (ms Lohengrin)

Les nouvelles productions

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – 1787) – Production du Staatsoper Unter den Linden, Berlin, en collaboration avec les Salzburger Festpiele
Du 13 septembre au 12 octobre 2023 (13 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Antonello Manacorda / Simone Di Felice, mise en scène Claus Guth
Peter Mattei, Kyle Ketelsen, Adela Zaharia, Julia Kleiter, Ben Bliss, Cyrille Dubois, John Relyea, Gaëlle Arquez, Tara Erraught, Alex Esposito, Bogdan Talos, Guilhem Worms, Ying Fang, Marine Chagnon
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 11 mars 2022

La dernière production d’Ivo van Hove (2019) étant coproduite avec le Metropolitan Opera de New-York où elle sera montée en mai 2023, c’est la production de Claus Guth mise en scène au Festival de Salzbourg en 2008 qui est invitée sur la scène Bastille. Dans son article commentant la création cette année là, le critique Renaud Machard parlait de la vision magnifique du metteur en scène allemand, et le public parisien va donc pouvoir découvrir comment deux ‘Robin des bois délinquants et héroïnomanes’ vont se sortir de la malédiction du Commandeur.
Peter Mattei, Don Giovanni de référence depuis plus de 15 ans, partagera le rôle avec Kyle Ketelsen.

Lohengrin (Richard Wagner – 1850) – Nouvelle production
Du 23 septembre au 27 octobre 2023 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Alexander Soddy, mise en scène Kirill Serebrennikov
Kwangchul Youn, Piotr Beczala, Johanni van Oostrum, Sinead Campbell Wallace, Wolfgang Koch, Nina Stemme, Ekaterina Gubanova, Shenyang, Bernard Arrieta, Chae Hoon Baek, Julien Joguet, John Bernard, Isabelle Escalier, Joumana El-Amiouni, Caroline Bibas, Yasuko Arita
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 18 février 2017

Auteur d’un fantastique ‘Parsifal’ pour l’opéra de Vienne en 2021, avec Jonas Kaufmann, Elīna Garanča et Ludovic Tézier, Kirill Serebrennikov fait ses débuts à l’Opéra national de Paris.
Le metteur en scène russe a dorénavant quitté sa résidence surveillée à Moscou et réside en Allemagne. 
Les cinéphiles qui ont pu apprécier son dernier film ‘La femme de Tchaïkovski’ (2022), peuvent s’attendre à une vision sombre de ce Lohengrin d’une très grande complexité scénique.
A cette occasion, Nina Stemme fera son retour sur la scène parisienne, et beaucoup découvriront les débuts dans la capitale de Johanni van Oostrum qui enchante l’opéra de Munich dans le rôle d’Elsa depuis plusieurs années.

Peter Sellars (ms Beatrice di Tenda)

Peter Sellars (ms Beatrice di Tenda)

Beatrice di Tenda (Vincenzo Bellini – 1833) - Coproduction avec le Gran Teatre del Liceu, Barcelone
Du 09 février au 07 mars 2024 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Mark Wigglesworth, mise en scène Peter Sellars
Quinn Kelsey, Tamara Wilson, Theresa Kronthaler, Pene Pati, Amitai Pati
Entrée au répertoire

Obsédé depuis 25 ans par ‘Beatrice di Tenda’, Peter Sellars a enfin l’occasion de monter l’avant-dernier opéra de Vincenzo Bellini composé deux ans avant ‘I Puritani’. Le compositeur cherchait à ouvrir le langage musical à travers cette œuvre qui parle de la brutalité des dictatures, un sujet ô combien d’actualité.

Le livret relate fidèlement les évènements tragiques qui amenèrent Béatrice Lascaris de Tende, épouse du duc de Milan, Filippo Maria Visconti, à être accusée d’adultère par ce dernier qui était en fait épris d’une autre femme. La jeune aristocrate sera alors emprisonnée, torturée et décapitée le 13 septembre 1418.

The Exterminating Angel (Thomas Adès – 2016) – Nouvelle production
Du 29 février au 23 mars 2024 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Adès / Robert Houssart, mise en scène Calixto Bieito
Jacquelyn Stucker, Gloria Tronel, Hilary Summers, Claudia Boyle, Christine Rice, Amina Edris, Nicky Spence, Frédéric Antoun, Jarrett Ott, Anthony Roth Costanzo, Filipe Manu, Philippe Sly, Paul Gay, Rod Gilfry
Entrée au répertoire

Créé au Festival de Salzbourg en 2016 dans une coproduction qui l’a amené à Toronto, New-York et Copenhague, ‘The Exterminating Angel’ est le troisième opéra de Thomas Adès
L’œuvre est basée sur le film de Luis Buñuel, ‘L’Ange exterminateur’ (1962), qui se déroule après une représentation d’opéra qui tourne mal lorsque plusieurs couples de riches bourgeois, réunis dans une villa pour finir la soirée, se trouvent dans l’incapacité de sortir de la demeure.

Avec Calixto Bieito à la mise en scène, les profils psychologiques des invités seront probablement décortiqués avec une dureté implacable.

Lea Desandre (Médée)

Lea Desandre (Médée)

Médée (Marc-Antoine Charpentier – 1693) – Production Grand Théâtre de Genève
Du 10 avril au 11 mai 2024 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale William Christie, mise en scène David McVicar
Lea Desandre, Reinoud Van Mechelen, Laurent Naouri, Ana Vieira Leite, Gordon Bintner, Emmanuelle de Negri, Elodie Fonnard, Lisandro Abadie, Julie Rost, Mariasole Mainini
Œuvre jouée pour la dernière fois à la première salle du Palais-Royal le 15 mars 1694

Inspiré de la mythologie grecque, ‘Médée’ de Marc-Antoine Charpentier fait partie de ces créations qui, après la mort de Lully en 1687, ne trouveront pas leur public à l’Académie Royale de Musique, car il était difficile à l’époque de faire accepter un ouvrage qui n’était pas assez fidèle à l’esprit de celui qui avait régné sans partage sur le genre de l’opéra courtisan.

Créé le 04 décembre 1693, ‘Médée’ sera pourtant bien accueilli, mais ne sera joué que pour 10 représentations jusqu’au 15 mars 1694, avant de disparaître du répertoire de l’Académie.

Cette tragédie a depuis retrouvé les planches des théâtres lyriques – il y eut une production mise en scène par Pierre Audi au Théâtre des Champs-Élysées en octobre 2012 avec Laurent Naouri en Créon -, mais est restée jusqu’à présent absente de son institution d’origine.

C’est donc William Christie, à la tête de son ensemble Les Arts Florissants, qui sera chargé de faire revivre ce chef-d’œuvre dont il a enregistré une version de référence chez Harmonia Mundi en 1984.


Don Quichotte (Jules Massenet – 1910) Nouvelle production
Du 10 mai au 11 juin 2024 (11 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Mikhail Tatarnikov, mise en scène Damiano Michieletto
Marianne Crebassa, Christian Van Horn / Gábor Bretz, Étienne Dupuis, Emy Gazeilles, Marine Chagnon, Maciej Kwaśnikowski, Nicholas Jones, Youngwoo Kim, Hyun Sik Zee
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 11 février 2002

‘Don Quichotte’  n’est pas le plus connu des opéras de Jules Massenet, mais il mène une jolie carrière à l’Opéra national de Paris depuis son entrée au répertoire le 01 avril 1972 – il y eut également une production à l’Opéra Comique en 1945 sous l’égide de la R.T.L.N –, où il a connu plusieurs mises en scène de la part de Peter Ustinov, Piero Faggioni et Gilbert Deflo.

Le livret n’est pas une adaptation du roman de Cervantès, mais celle du drame héroïque de Jacques Le Lorrain ‘Le Chevalier de la longue figure’, qui fut créé au Théâtre Victor Hugo (l’actuel Trianon situé sur le boulevard Marguerite-de-Rochechouart à Paris) le 30 avril 1904.

Lydia Steier (ms La Vestale)

Lydia Steier (ms La Vestale)

La Vestale (Gaspare Spontini – 1807) Nouvelle production
Du 15 juin au 11 juillet 2024 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Lydia Steier
Michael Spyres, Julien Behr, Jean Teitgen, Florent Mbia, Elza van den Heever, Eve-Maud Hubeaux
Œuvre jouée pour la dernière fois en français à la salle Le Peletier le 12 juin 1854
Œuvre chantée en italien par les artistes de la Scala de Milan au Palais Garnier le 24 janvier 1909

Alors que la période révolutionnaire avait fait subitement apparaître nombre d’hymnes incitant à l’agitation politique, c’est à Napoléon que l’on doit la reprise en main de l’Académie de Musique.

Sous son règne, l’institution fut prolifique, mais aucune œuvre lyrique de compositeurs français ne resta plus de 20 ans au répertoire.

La véritable renaissance artistique de l’Opéra de Paris aura finalement lieu à la salle Montansier, rue de Richelieu, le 15 décembre 1807.

Le compositeur italien Gaspare Spontini en est l’artisan, auteur de 29 opéras, mais dont la réputation tient à La Vestale (1807), Fernand Cortez (1809) et Olympie (1819).

Ce fils de cordonnier fou de musique et créateur d’une douzaine d'ouvrages lyriques en Italie, arriva en 1803 à Paris et fut nommé compositeur de la chambre de l’impératrice dès 1805.

Avec La Vestale qui, malgré le cadre antique, porte la grâce mélancolique du bel Canto romantique, et dont Maria Callas sera une inoubliable interprète de Julia à La Scala en 1954, Spontini renouvela l’esthétique du spectacle lyrique. Orchestration somptueuse, décors monumentaux et soin du détail, caractérisent désormais le grand opéra français. Il fut l’un des premiers chefs avec Spohr et Weber à se mêler de mise en scène dans un souci de cohérence.

L’ouvrage restera au répertoire près d’un demi siècle, jusqu’au 12 juin 1854, et il ne réapparaîtra qu’une seule fois au Palais Garnier le 24 janvier 1909, dans une version italienne, lors d’une tournée de la Scala de Milan.

Angela Denoke dans 'L'Affaire Makropoulos' mis en scène par Krzysztof Warlikowski en 2009

Angela Denoke dans 'L'Affaire Makropoulos' mis en scène par Krzysztof Warlikowski en 2009

Les reprises

Don Pasquale (Gaetano Donizetti – 1843)
Du 14 septembre au 13 octobre 2023 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Damiano Michieletto (2018)
Laurent Naouri, Florian Sempey, René Barbera, Julie Fuchs, Slawomir Szychowiak

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 16 avril 2019

L’Affaire Makropoulos (Leoš Janáček – 1926)
Du 05 au 17 octobre 2023 (5 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2007)
Karita Mattila, Pavel Černoch, Nicholas Jones, Ilanah Lobel-Torres, Johan Reuter, Cyrille Dubois, Károly Szemerédy, Peter Bronder

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 02 octobre 2013

Cendrillon (Jules Massenet – 1899)
Du 25 octobre au 16 novembre 2023 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Keri-Lynn Wilson, mise en scène Mariame Clément (2022)
Jeanine De Bique, Daniela Barcellona, Paula Murrihy, Caroline Wettergreen, Emy Gazeilles, Marine Chagnon, Laurent Naouri, Philippe Rouillon, Luca Sannai, Laurent Laberdesque, Fabio Bellenghi, Corinne Talibart, So-Hee Lee, Stéphanie Loris, Anne-Sophie Ducret, Sophie Van Den Woestyne, Blandine Folio-Peres

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 28 avril 2022

Turandot (Giacomo Puccini – 1926)
Du 06 au 29 novembre 2023 (13 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Marco Armiliato / Michele Spotti, mise en scène Robert Wilson (2021)
Anna Pirozzi, Irene Theorin, Tamara Wilson, Carlo Bossi, Mika Kares, Brian Jagde, Gregory Kunde, Ermonela Jaho, Adriana Gonzalez, Florent Mbia, Maciej Kwaśnikowski, Nicholas Jones, Guilhem Worms, Fernando Velasquez, Pranvera Lehnert, Izabela Wnorowska-Pluchrat

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 décembre 2021

L'Opéra Bastille, le samedi 01 avril 2023 matin, lors de la présentation de la saison 2023/2024

L'Opéra Bastille, le samedi 01 avril 2023 matin, lors de la présentation de la saison 2023/2024

Ma Mère l’Oye / L’Enfant et les Sortilèges (Maurice Ravel – 1912 / 1925)
Du 21 novembre au 14 décembre 2023 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Patrick Lange, Chorégraphie Martin Chaix (2023), mise en scène Richard Jones (1998)
Avec la participation des élèves de l’École de Danse, des artistes en résidence à l'Académie
Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris, avec la Maîtrise Notre-Dame de Paris, la Maîtrise des Hauts-de-Seine / Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris

A l’occasion de cette reprise, ‘Ma Mère l’Oye’, œuvre inédite à l’Opéra national de Paris, est ajouté en première partie, dans une nouvelle chorégraphie de Martin Chaix afin de proposer une soirée entière réunissant l’ École de Danse et les artistes de l'Académie.

L’Enfant et les Sortilèges fut joué pour la dernière fois au Palais Garnier le 26 janvier 2020.

Les Contes d’Hoffmann (Jacques Offenbach – 1881)
Du 30 novembre au 27 décembre 2023 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Eun Sun Kim, mise en scène Robert Carsen (2000)
Benjamin Bernheim, Dmitry Korchak, Pretty Yende, Antoinette Dennefeld, Rachel Willis-Sørensen, Christian Van Horn, Leonardo Cortellazzi, Christophe Mortagne, Cyrille Lovighi, Christian Rodrigue Moungoungou, Vincent Le Texier, Angela Brower, Sylvie Brunet-Grupposo, Alejandro Baliñas Vieites

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 14 février 2020

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea – 1902)
Du 16 janvier au 07 février 2024 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Jader Bignamini, mise en scène David Mc Vicar (2015)
Anna Netrebko, Anna Pirozzi, Yusif Eyvazov, Giorgio Berrugi, Ekaterina Semenchuk, Clémentine Margaine, Ambrogio Maestri, Sava Vemić, Leonardo Cortellazzi, Alejandro Baliñas Vieites, Nicholas Jones, Ilanah Lobel-Torres, Marine Chagnon, Se-Jin Hwang

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 juillet 2015

Giulio Cesare (Georg Friedrich Haendel – 1724)
Du 20 janvier au 16 février 2024 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Harry Bicket, mise en scène Laurent Pelly (2011)
Gaëlle Arquez, Adrien Mathonat, Wiebke Lehmkuhl, Emily D’Angelo, Lisette Oropesa, Iestyn Davies, Luca Pisaroni, Rémy Brès

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 18 juin 2013

Saskia de Ville (musicologue et journaliste), Alexander Neef, José Martinez et Sophie Gavriloff (Expérience spectateur) lors de la présentation à l'Opéra Bastille

Saskia de Ville (musicologue et journaliste), Alexander Neef, José Martinez et Sophie Gavriloff (Expérience spectateur) lors de la présentation à l'Opéra Bastille

La Traviata (Giuseppe Verdi – 1853)
Du 16 janvier au 07 février 2024 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giacomo Sagripanti, mise en scène Simon Stone (2019)
Nadine Sierra, Pretty Yende, Marine Chagnon, Cassandre Berthon, René Barbera, Ludovic Tézier,  Maciej Kwaśnikowski, Alejandro Baliñas Vieites, Florent Mbia, Hyun-Jong Roh, Olivier Ayault, Pierpaolo Palloni

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 16 octobre 2019

Simon Boccanegra (Giuseppe Verdi – 1881)
Du 12 mars au 03 avril 2024 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Calixto Bieito (2018)
Ludovic Tézier, Nicole Car, Mika Kares, Charles Castronovo, Étienne Dupuis,  Alejandro Baliñas Vieites, Paolo Bondi, Marianne Chandelier

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 13 décembre 2018

Salomé (Richard Strauss  – 1905)
Du 09 au 28 mai 2024 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Mark Wigglesworth, mise en scène Lydia Steier (2022)
Gerhard Siegel, Ekaterina Gubanova, Lise Davidsen, Johan reuter, Pavol Brelik, Katharina Magiera, Matthäus Schmidlechner, Eric Huchet, Maciej Kwaśnikowski, Nicholas Jones, Florent Mbia, Luke Stoker, Yiorgo Ioannou, Dominic Barbieri, Bastian Thomas Kohl,  Alejandro Baliñas Vieites,  Ilanah Lobel-Torres

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 05 novembre 2022

Cosi fan tutte (Wolfgang Amadé Mozart – 1787)
Du 10 juin au 09 juillet 2024 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Pablo Heras-Casado, mise en scène Anne Teresa De Keersmaeker (2017)
Vannina Santoni, Angela Brower, Hera Hyesang Park, Josh Lovell, Gordon Bintner, Paulo Szot

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 21 octobre 2017

 Eve-Maud Hubeaux (air d'Eboli de 'Don Carlos')

Eve-Maud Hubeaux (air d'Eboli de 'Don Carlos')

L’Académie de l’Opéra national de Paris 

Street Scene (Kurt Weill - 1947) 
Du 19 au 27 avril 2024 (5 représentations à la MC93 de Bobigny)

Direction musicale Yshani Perinpanayagam, mise en scène Ted Huffman
Artistes en résidence à l’Académie

Œuvre inédite à l’Opéra national de Paris

Affiche du Gala anniversaire des 100 ans de la naissance de Maria Callas, le 02 décembre 2023

Affiche du Gala anniversaire des 100 ans de la naissance de Maria Callas, le 02 décembre 2023

Premières impressions sur la saison 2023/2024

Avec 7 nouvelles productions dans les grandes salles, l’Opéra de Paris maintient un rythme de renouvellement conséquent dans un contexte économique fort difficile (et avec un niveau de subventions inférieur à 45% de son budget). 

Et aux deux entrées au répertoire de ‘Beatrice di Tenda’ et ‘The Exterminating Angel’, s’ajoute le retour de deux œuvres françaises créées au sein de l’institution qui n’y étaient plus apparues depuis au moins la fin du Second Empire, ‘Médée’ et ‘La Vestale’.

A cette ligne très claire que dessine Alexander Neef depuis le début de son mandat en faisant revivre la richesse du patrimoine créatif de l’Opéra de Paris, se déploie une autre ligne destinée à mieux faire connaître l’opéra anglo-saxon et les thèmes qu'il aborde. En seulement trois saisons, il aura progressé sur ces deux axes forts plus que n’importe quel autre directeur.

Ainsi, la langue française va occuper un tiers des soirées lyriques avec 6 ouvrages, depuis ‘Médée’ à ‘L’enfant et les sortilèges’ de Maurice Ravel, œuvre qui n’avait été donnée que pour un seul soir en janvier 2020. Les productions de ‘L’enfant et les sortilèges’ et des 'Contes d'Hoffmann' seront d'ailleurs les plus anciennes de la saison, puisqu'elles furent créées respectivement le 05 novembre 1998 et le 20 mars 2000. Le chef d'œuvre d'Offenbach en sera à sa neuvième série dans la production de Robert Carsen.

En revanche, le répertoire slave reste pour l’instant peu représenté, puisque seul ‘L’Affaire Makropoulos’ sera repris, mais avec un couple Karita Mattila / Krzysztof Warlikowski qui devrait se révéler explosif.

Toutefois, un seul metteur en scène, Kirill Serebrennikov, fait ses débuts sur les planches de l’institution, et Lydia Steier, auteure d’une ‘Salomé’ clivante, est confirmée pour ‘La Vestale’  dont on attend une vision tout aussi forte. Le fait que Calixto Bieito soit également choisi pour mettre en scène ‘The Exterminating Angel’ démontre aussi le positionnement très clair d’Alexander Neef sur des metteurs en scène ayant des univers très personnels.

Même si Gustavo Dudamel a dorénavant quitté l'Opéra de Paris, cette saison amènera de nouveaux chefs d’orchestre tels Keri-Lynn Wilson, Eun Sun Kim, Jader Bignamini, Pablo Heras-Casado (le directeur musical du Teatro Real de Madrid) et Yshani Perinpanayagam dans ‘Street Scenes’. La relation entre Alexander Soddy, remplaçant de Gustavo Dudamel à la direction musicale de 'Lohengrin', et l'orchestre de l'Opéra de Paris sera également sous tous les regards.

Et parmi les grands artistes invités, Lise Davidsen, l’une des voix actuelles les plus puissantes, et Tamara Wilson, distribuée dans le rôle meurtrier de ‘Turandot’ et dans celui, bel cantiste, de 'Beatrice di Tenda’, seront très attendues.

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 de l’Opéra de Paris

Nombre d’artistes francophones sont invités, Gaëlle Arquez, Cyrille Dubois, Frédéric Antoun, Laurent Naouri, Elodie Fonnard, Emmanuelle de Negri, Lea Desandre, Etienne Dupuis, Philippe Sly, Marianne Crebassa, Julien Behr, Jean Teitgen, Eve-Maud Hubeaux, Florian Sempey, Julie Fuchs, Benjamin Bernheim, Sylvie Brunet-Grupposo, Vincent Le Texier, Clémentine Margaine, Rémy Brès, Ludovic Tézier, Eric Huchet, et plusieurs artistes du chœur apparaissent dans les distributions : Bernard ArrietaJulien Joquet, Isabelle Escalier, Caroline Bibas, Laurent Laberdesque, Anne-Sophie Ducret, Rodrigue Moungoungou, Corinne Talibart, Olivier Ayault, Marianne Chandelier ...

Mais la grande nouveauté de cette saison est le début de la création de la troupe lyrique de l’Opéra de Paris. On pourra ainsi régulièrement retrouver Alejandro Baliñas Vieites, Maciej Kwaśnikowski, Ilanah Lobel-Torres, Marine Chagnon, Nicholas Jones, Florent Mbia (issu du chœur) et Emy Gazeilles dans nombre de rôles et à travers des ouvrages très divers.

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 de l’Opéra de Paris

Les tarifs 2023/2024

Les tarifs de cette saison sont en légère augmentation mais évoluent en dessous du niveau d’inflation national actuel.

Les prix sont inchangés pour les places inférieures à 90 euros afin de préserver l’accessibilité à tous, et une augmentation de 5 à 10 euros maximum est appliquée pour les catégories supérieures. 

Par ailleurs, ‘Don Giovanni’, ‘Lohengrin’ et ‘Turandot’ sont classés dans une tarification supérieure pour un total de 35 représentations, ce qui est le double de soirées par rapport à la saison en cours, mais reste en dessous de ce qui était pratiqué au cours du mandat de Stéphane Lissner.

Et il faut noter également que le plan de salle des prix à Bastille, présenté dans le programme, n’est valable que pour 'Don Giovanni’, ‘Lohengrin’, ‘Turandot’ et ‘La Traviata’.

Pour toutes les autres productions, des places sont déclassées au parterre et au second balcon (une centaine de places de catégorie 5 à 7 apparaissent sur les flancs latéraux de l’orchestre, par exemple), ce qui n’est pas mis en évidence dans la brochure de saison.

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2023/2024

Evolution du prix des places pour le lyrique à Bastille de 1998/1999 à 2023/2024

Et l’on retrouve à nouveau, comme chaque saison, deux spectacles à petits prix à Bastille, ‘L’Affaire Makropoulos’ et ‘Cendrillon’, mais dans ce second cas, le prix moyen des places passe à 57 euros, et les places optima coûtent moins de 100 euros. C’est la première fois que l’on voit des prix cassés à ce niveau là.

Résultat : il n'y a jamais eu autant de places à moins de 60 euros pour le lyrique à Bastille depuis la saison 2011/2012.

En revanche, l’augmentation semble plus marquée pour le ballet classique, ce qui se comprend très bien puisque la crise du covid a révélé que la demande pour ce genre artistique avait été moins affectée.

Globalement, l’enveloppe des prix progresse donc de 4,5 % à Bastille pour le lyrique, soit à peine de quoi compenser l’inflation, et correspond tout juste à ce qui est nécessaire pour couvrir l’augmentation des coûts en énergie de l’institution (l’augmentation était de 2,5 millions d’euros rien qu’entre 2019 et 2022, selon Martin Ajdari, le directeur général adjoint).

Le prix moyen des places est donc aujourd’hui le même que sous le mandat de Stéphane Lissner en 2018, alors que l’inflation en France a cru de 15 % depuis cette année là.

Cette politique tarifaire réaliste et très raisonnable va probablement obliger encore plus l’institution à se financer autrement, mais l’exercice semble déjà atteindre ses limites alors que le budget de l’Opéra de Paris frôle les 240 millions d’euros.

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 de l’Opéra de Paris

Le détail de la saison lyrique et chorégraphique 2023 / 2024 de l'Opéra national de Paris est accessible sous le lien suivant : Programmation & Billets - Opéra national de Paris (operadeparis.fr)

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Publié le 31 Mars 2023

TV-Web Avril 2023 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Samedi 01 avril 2023 sur France 4 à 21h10
Le Lac des Cygnes (Tchaikovski) - Ballet de l'Opéra national d'Ukraine

Dimanche 02 avril 2023 sur France 3 à 00h20
La Mégère apprivoisée (Maillot) - Ballets de Monte-Carlo

Dimanche 02 avril 2023 sur Arte à 18h40
Gustavo Dudamel à l'Opéra de Paris, avec les artistes de l'Académie

Lundi 03 avril 2023 sur Arte à 00h20
Picasso Dance - 8 chorégraphes s'emparent de Picasso

Lundi 03 avril 2023 sur Arte à 01h35
Les super pouvoirs de la musique

Mardi 04 avril 2023 sur France 4 à 21h10
Joséphine Baker en couleur

Vendredi 07 avril 2023 sur France 4 à 22h55
Le Parc (Prejlocaj) - Opéra national de Paris

Samedi 08 avril 2023 sur Arte à 07h35
La grâce des danseuses aveugles de Sao Paulo

Samedi 08 avril 2023 sur France 4 à 21h10
Les clefs de l'orchestre de Jean-François Zygel

Samedi 08 avril 2023 sur France 4 à 22h40
Pastoral for the Planet

Dimanche 09 avril 2023 sur France 3 à 01h30
Le Lac des Cygnes (Tchaikovski) - Ballet de l'Opéra national d'Ukraine

Dimanche 09 avril 2023 sur Arte à 18h10
Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier chantent Verdi

Lundi 10 avril 2023 sur Arte à 00h25
La Chana - Le flamenco est ma vie

Lundi 10 avril 2023 sur Arte à 22h50
Roméo et Juliette (Gounod) - Opéra de Zurich

Samedi 15 avril 2023 sur Arte à 03h15
L'aventure des manuscrits - "Don Giovanni" de Mozart

Samedi 15 avril 2023 sur France 4 à 21h10
Mythologies : Angelin Preljocaj,Thomas Bangalter

Samedi 15 avril 2023 sur France 4 à 22h45
Polina : danser sa vie - Drame de Valérie Müller, Angelin Preljocaj (2016)

Dimanche 16 avril 2023 sur France 3 à 01h15
Pastoral for the Planet

Dimanche 16 avril 2023 sur Arte à 18h45
En tournée avec Mozart - Felix Klieser et le Bournemouth Symphony Orchestra

Dimanche 16 avril 2023 sur Arte à 23h55
Le contre-ténor Jakub Jozef Orlinski

Lundi 17 avril 2023 sur Arte à 00h50
Les vêpres siciliennes (Verdi) - Teatro Massimo, Palermo

Mardi 18 avril 2023 sur France 4 à 23h10
Le Lac des Cygnes (Tchaikovski) - Ballet de l'Opéra national d'Ukraine

Samedi 22 avril 2023 sur France 4 à 21h10
La Ronde de Boris Charmatz

Samedi 22 avril 2023 sur France 4 à 22h40
Boris Charmatz face au Grand Palais

Samedi 22 avril 2023 sur France 4 à 23h35
De terre et de danse

Dimanche 23 avril 2023 sur France 3 à 00h55
Rigoletto (Verdi) - Opéra de Rouen - dm Glassberg - ms Brunel

Dimanche 23 avril 2023 sur Arte à 18h20
Luciano Pavarotti live in Central Park

Lundi 24 avril 2023 sur Arte à 01h10
Quatuor Ébène joue Beethoven

Samedi 29 avril 2023 sur France 4 à 21h10
Le Voyage dans la Lune (Offenbach) - Opéra Comique - dm Romano - ms Pelly

Samedi 29 avril 2023 sur France 4 à 22h55
Concert de la maîtrise populaire de l'Opéra Comique

Dimanche 30 avril 2023 sur France 5 à 14h35
Le Rouge et le Noir (Lacotte) - Opéra de Paris (2021)

Dimanche 30 avril 2023 sur Arte à 18h45
Harold en Italie (Berlioz) -  Sir John Eliot Gardiner, l’altiste Antoine Tamestit et l’Orchestre philharmonique de Radio France

Lundi 01 mai 2023 sur Arte à 00h35
John Eliot Gardiner - L’art de la direction d’orchestre

Lundi 01 mai 2023 sur Arte à 01h30
"Le songe d’une nuit d’été" par John E. Gardiner

TV-Web Avril 2023 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Samedi 01 avril 2023 sur Mezzo HD à 22h15
Manon Lescaut de Puccini au Gran Teatre del Liceu

Dimanche 02 avril 2023 sur Mezzo HD à 22h00
Les Boréades de Rameau à l'Opéra de Dijon

Mercredi 05 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
Elektra de Strauss au Festival de Salzbourg 2020

Samedi 08 avril 2023 sur Mezzo à 21h30
Manon Lescaut de Puccini au Gran Teatre del Liceu

Dimanche 09 avril 2023 sur Mezzo HD à 21h25
'Rigoletto' de Verdi à l'Opernhaus Zürich

Lundi 10 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
Platée de Rameau à l'Opéra de Paris

Mercredi 12 avril 2023 sur Mezzo à 22h20
Platée de Rameau à l'Opéra de Paris

Vendredi 14 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
'Nixon in China' de John Adams à l'Opéra de Paris

Samedi 15 avril 2023 sur Mezzo à 22h00
Nikolaus Harnoncourt dirige 'Fidelio' de Beethoven

Dimanche 16 avril 2023 sur Mezzo ett Mezzo HD à 20h30
Jonas Kaufmann chante 'Werther' de Massenet à l'Opéra de Paris

Mardi 18 avril 2023 sur Mezzo à 22h05
Il Trovatore de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Jeudi 20 avril 2023 sur Mezzo à 22h00
London Symphony Orchestra et Barbara Hannigan : Messiaen, Mahler

Vendredi 21 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
'La Femme sans ombre' de Strauss à Baden-Baden

Dimanche 23 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
La Walkyrie de Wagner à la Scala de Milan

Mardi 25 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
'Roméo et Juliette' de Gounod à l'Opernhaus de Zurich

Mercredi 26 avril 2023 sur Mezzo à 21h55
Il Trovatore de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Jeudi 27 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
Einstein on the beach de Philip Glass et Robert Wilson au Théâtre du Châtelet

Vendredi 28 avril 2023 sur Mezzo HD à 21h30
Il Trovatore de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Dimanche 30 avril 2023 sur Mezzo et Mezzo HD à 20h30
'Le Barbier de Séville' de Rossini au Royal Opera House

TV-Web Avril 2023 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Illimité

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Anna Karenine (Mariinsky)

                         Avril 2023

L'Ange de feu (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 05 avril 2023

Orfeo ed Euridice (New National Theater New-York) jusqu'au 7 avril 2023

Mignon (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 12 avril 2023

Polina : danser sa vie (Valérie Müller, Angelin Preljocaj) jusqu'au 14 avril 2023

Laurence Equilbey dirige Haendel jusqu'au 16 avril 2023

Le Lac des Cygnes (Ballet national de Kiev) jusqu'au 16 avril 2023

Orfeo (Garsington Opera) jusqu'au 20 avril 2023

L'Elixir d'Amour (Chorégies d'Orange 2022) jusqu'au 21 avril 2023

La Couronne d'Or (Liatochinski) jusqu'au 25 avril 2023

Les trésors du Paris haussmannien jusqu'au 26 avril 2023

                         Mai 2023

Les 30 ans des Talens Lyriques jusqu'au 05 mai 2023

De la Maison des Morts / Messe Glagolitique (Opéra national de Brno) jusqu'au 06 mai 2023

Salomé (Opéra d'Helsinki) jusqu'au 12 mai 2023

Cosi fan tutte (Théâtre des Champs Elysées) jusqu'au 12 mai 2023

The Listener (Den Norske Opera & Ballett) jusqu'au 12 mai 2023

Roméo et Juliette (Opéra de Zurich) jusqu'au 12 mai 2023

Der Rosenkavalier (La Monnaie) jusqu'au 16 mai 2023

Parsifal (Bergen Philharmonic Orchestra) jusqu'au 21 mai 2023

Kateryna (Opéra d'Odessa) jusqu'au 26 mai 2023 (Création 17 septembre 2022)

Le Rouge et le Noir (Opéra national de Paris) jusqu'au 28 mai 2023

Graines d'étoiles - La rentrée (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Au travail! (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Le progrès (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Un monde à part (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - En scène (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - Le temps des épreuves (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Danser classique (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - La liberté d'être soi (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Le chemin des étoiles (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - L'envol (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

Graines d'étoiles - 5 ans après - Danser sa vie (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mai 2023

                           Juin 2023

La Juive (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 07 juin 2023

Ariadne auf Naxos (Royal Swedish Opera) jusqu'au 09 juin 2023

Roméo et Juliette (Opéra de Zurich) jusqu'au 09 juin 2023

Falstaff (Opéra de Florence) jusqu'au 10 juin 2023

Graines d'étoiles, les années de maturité (Opéra national de Paris) jusqu'au 15 juin 2023

Les Noces de Figaro (Opéra de Vienne) jusqu'au 15 juin 2023

Der Freischütz (La Fura dels Baus) - moments choisis -  jusqu'au 16 juin 2023

Musique de chambre - Paul Hindemith Orchestra Academy (Frankfurt) jusqu'au 16 juin 2023

Jawnuta (Poznan Opera) jusqu'au 18 juin 2023

Fidelio (Opéra Comique) jusqu'au 20 juin 2023

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence 2018) jusqu'au 23 juin 2023

Simon Boccanegra (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 23 juin 2023

Giselle (Polish National Opera and Ballet) jusqu'au 26 juin 2023

Concert du Nouvel an (Orchestre national de France) jusqu'au 28 juin 2023

                           Juillet 2023

Rigoletto (Opéra de Montpellier) jusqu'au 01 juillet 2023

Les sept paroles du Christ (Vladimir Jurowski) jusqu'au 02 juillet 2023

Chefs-d’œuvre de musique française par François-Xavier Roth - "Les Siècles" fête ses 20 ans (Tourcoing) jusqu'au 04 juillet 2023

Le Moine noir (Festival d'Avignon 2022) jusqu'au 07 juillet 2023

Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier (Festspielhaus Baden-Baden) jusqu'au 07 juillet 2023

Moïse et Pharaon (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 11 juillet 2023

Résurrection - Castellucci (Festival d'Aix-en-Provence 2022) jusqu'au 12 juillet 2023

Guillaume Tell (Irish National Opera) jusqu'au 13 juillet 2023

Les Vêpres siciliennes (Teatro Massimo, Palermo) jusqu'au 14 juillet 2023

Luciano Pavarotti (Live in Central Park) jusqu'au 21 juillet 2023

L'Orfeo (Festival de Beaune) jusqu'au 22 juillet 2023

Agrippina (Drottningholm Palace Theatre) jusqu'au 27 juillet 2023

Ukrainian Freedom Orchestra (Concert de Varsovie) jusqu'au 29 juillet 2023

                           Août 2023

Fauteuil d'orchestre (Opéra Comique) jusqu'au 03 août 2023

Concert inaugural de l'Opéra national de Paris (dm Dudamel) jusqu'au 04 août 2023

Turandot (Finnish Opera & Ballet) jusqu'au 16 août 2023

Achille in Sciro (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 25 août 2023

Vivaldi sous les étoiles (Planétarium de Fribourg) jusqu'au 28 août 2023

T                       Septembre 2023

Guerre et Paix (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 05 septembre 2023

Jules César en Egypte (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 07 septembre 2023

Soirée Balanchine (Opéra national de Paris) jusqu'au 07 septembre 2023

Max Emanuel Cencic chante Haendel (Bayreuth 2022) jusqu'au 09 septembre 2023

Soirée de l'Opernstudio (Opéra de Frankfurt) jusqu'au 09 septembre 2023

Il matrimonio segreto (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 10 septembre 2023

Alessandro nell' Indie de Leonardo Vinci (Bayreuth 2022) jusqu'au 10 septembre 2023

Catone in Utica (Teatro Comunale di Ferrara) jusqu'au 17 septembre 2023

'Amazon' par Lea Desandre, Thomas Dunford et l'Ensemble Jupiter  jusqu'au 20 septembre 2023

La Boxeuse amoureuse de Marie Agnès Gillot et Arthur H  jusqu'au 21 septembre 2023

Concert en soutien au peuple ukrainien (Orchestre national de l'Opéra de Lituanie) jusqu'au 22 septembre 2023

Rigoletto (Opéra de Rouen) jusqu'au 23 septembre 2023

Boris Godounov (New National Theater Tokyo) jusqu'au 24 septembre 2023

Asmik Grigorian (Philharmonie de Paris) jusqu'au 30 septembre 2023

                           Octobre 2023

Cendrillon - Pauline Viardot (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 01 octobre 2023

Lakmé (Opéra Comique) jusqu'au 05 octobre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 06 octobre 2023

Aida (Teatro dell'Opera di Roma) jusqu'au 07 octobre 2023

La Décision (Birmingham Opera Company) jusqu'au 14 octobre 2023

Kaija dans le miroir jusqu'au 13 octobre 2023

Maria Callas : Renata Tebaldi, la Féline et la Colombe jusqu'au 13 octobre 2023

La décision (Birmingham Opera Company) jusqu'au 14 octobre 2023

Mythologies (Angelin Preljocaj) jusqu'au 15 octobre 2023

Prix Opera XXI (Theatre principal de Palma) jusqu'au 18 octobre 2023

Nathalie Stutzmann dirige l'Orchestre de Paris jusqu'au 20 octobre 2023

La Sonnambula (Deutsche Oper am Rhein) jusqu'au 21 octobre 2023

L'Oiseau de Feu (Philharmonique de Radio France) jusqu'au 24 octobre 2023

                           Novembre 2023

Atys (Opéra de Versailles) jusqu'au 09 novembre 2023

Les Talens Lyriques (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 11 novembre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 23 novembre 2023

                           Décembre 2023

Fromental Halévy : La Tempesta (Wexford Festival Opera 2022) jusqu'au 03 décembre 2023

La Finta Pazza (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 04 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (I/III) jusqu'au 12 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (II/III) jusqu'au 12 décembre 2023

Joyce DiDonato : Master Class au Carnegie Hall (III/III) jusqu'au 13 décembre 2023

Les Chemins de Bach / Dynasties à la Philharmonie de Paris jusqu'au 13 décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

Léa Desandre, récital baroque jusqu'au 31 décembre 2023

 

                           Janvier 2024

Les artistes de l'académie de l'Opéra national de Paris (dm Dudamel) jusqu'au 23 janvier 2024

                           Février 2024

Giulio Cesare (Opéra national des Pays-Bas) jusqu'au 01 février 2024

                          Mars 2024

Hamlet (Opéra national de Paris) jusqu'au 30 mars 2024

Asmik Grigorian (Philharmonie de Paris) jusqu'au 31 mars 2024

 

                       Avril 2024

Messe en si mineur (Chapelle Royale de Versailles) jusqu'au 07 avril 2024

Récital Pene Pati (Dvorak Rudolfinum de Prague) jusqu'au 19 avril 2024

                          Juin 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 30 juin 2024

                           Juillet 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 01 juillet 2024

                           Septembre 2024

Christiane Eda-Pierre, en scène jusqu'au 05 septembre 2024

                          Décembre 2024

Grand concert symphonique Saint-Saëns (Auditorium de Radio France) jusqu'au 14 décembre 2024

Concert de Noël (Philharmonique de Radio France) jusqu'au 21 décembre 2024

 

                           Février 2025

Voix des Outre-mer (Amphithéâtre de l'Opéra Bastille) jusqu'au 20 février 2025

 

                         Septembre 2025

Angelin Preljocaj : La visite (Picasso Danse) jusqu'au 19 septembre 2025

 

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 31 Mars 2023

Présentation de la saison Lyrique 2023 / 2024 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mardi 21 mars 2023, la quatorzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée à travers une visioconférence diffusée en matinée.

Cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 5 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 24 soirées, une pièce de théâtre 'Le malade imaginaire' jouée sur 16 soirées, 22 soirées d’opéras en version concert (dont 2 soirs pour ‘Giulio Cesare’ et un dimanche matin pour ‘Didon et Enée’) et 5 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour ‘Carmina Burana’ avec Ludovic Tézier), 20 concerts symphoniques (dont 4 avec Les Siècles), 11 récitals vocaux, 19 récitals de piano, 11 concerts de l’orchestre de chambre de Paris, 5 autres concerts de musique de chambre, 19 concerts du dimanche matin, 5 ballets dansés sur 16 soirées et 2 soirées de Théâtre musical (‘Le Carnaval Baroque’).

Par ailleurs, une version de ‘La Flûte enchantée’ ramenée à une durée d’une heure et trente minutes,  interprétée par l’ensemble Les Siècles, sera créée pour le jeune public, et donnée en onze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées et trois soirées tout public.

Ce spectacle sera une coproduction avec l’Atelier Lyrique de Tourcoing, l’opéra de Reims et l’opéra de Bordeaux

Cette ligne programmatique redonne également de la place aux opéras en version scéniques avec 5 nouvelles productions, et c’est cette fois la danse qui s’efface un peu pour laisser la place au théâtre à l’occasion des fêtes de Noël avec la reprise du ‘Malade imaginaire’ dans l’ancienne production de Claude Stratz (2001) de la Comédie française.

Les soirées d’opéras en version concert battent un nouveau record de représentations (plus de 20 soirées), mais les récitals vocaux sont fortement réduits par rapport aux saisons précédentes (une dizaine de soirées seulement).

'Boris Godounov' - Mise en scène Olivier Py

'Boris Godounov' - Mise en scène Olivier Py

Opéras en version scénique

La Cenerentola (Gioachino Rossini)
9, 11, 13, 15, 17, 19 octobre (6 représentations)

Direction musicale Thomas Hengelbrock  Mise en scène Damiano Michieletto
Marina Viotti, Levy Sekgapane, Edward Nelson, Peter Kálmán, Alice Rossi, Justyna Ołów, Alexandros Stavrakakis
Balthasar-Neumann-Ensemble, Balthasar-Neumann-Chor
Coproduction Semperoper Dresden

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart)
14, 16, 18, 20, 22, 24 novembre (6 représentations)

Direction musicale François-Xavier Roth, Mise en scène Cédric Klapisch
Cyrille Dubois, Regula Mühlemann, Florian Sempey, Catherine Trottmann, Jean Teitge, Marc Mauillon, Aleksandra Olczyk, Judith van Wanroij, Isabelle Druet, Marion Lebègue, Ugo Rabec, Blaise Rantoanina
Les Siècles, Chœur Unikanti-Maîtrise des Hauts-de-Seine
Coproduction Atelier Lyrique de Tourcoing, Théâtre Impérial–Opéra de Compiègne, Opéra de Nice-Côte d’Azur

Boris Godounov (Modeste Moussorgski)
28 février, 1, 3, 5, 7 mars (5 représentations)

Direction musicale Andris Poga, Mise en scène Olivier Py
Matthias Goerne, Victoire Bune, Lila Dufy, Svetlana Lifar, Marius Brenciu, Mikhail Timoshenko, Andreï Chtchelkalov, Roberto Scandiuzz, Airam Hernández, Yuri Kissi, Fabien Hyon, Sarah Laulan, Kristofer Lundin, Barnaby Re, Sulkhan Jaiani
Orchestre National de France, Chœur de l’Opéra National du Capitole, Maîtrise des Hauts-de-Seine Coproduction Opéra National du Capitole

David et Jonathas (Marc-Antoine Charpentier)
18, 19 mars (2 représentations)

Direction musicale Sébastien Daucé, Mise en scène Jean Bellorini
Petr Nekoranec, Gwendoline Blondeel, Jean-Christophe Lanièce, Lucile Richardot, Etienne Bazola, Alex Rosen, Hélène Patarot
Chœur et Orchestre Ensemble Correspondances
Production théâtre de Caen
Coproduction Théâtre des Champs-Élysées, Ensemble Correspondances, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Opéra National de Lorraine, Opéra de Lille, Théâtre National Populaire Villeurbanne

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi)
20, 23, 25, 27, 29 juin (5 représentations)

Direction musicale Jean-Christophe Spinosi, Mise en scène Emmanuel Daumas
Jakub Józef Orliński, Marina Viotti, Varduhi Abrahamyan, Delphine Galou, Jodie Devos, Luigi De Donato, Christian Senn
Choeur et Orchestre Ensemble Matheus
Ce projet a reçu le label Olympiade Culturelle

Elena Stikhina dans 'Adriana Lecouvreur'

Elena Stikhina dans 'Adriana Lecouvreur'

Opéras et oratorio en version de concert

Les Boréades (Jean-Philippe Rameau) le 23 septembre
Sabine Devieilhe, Reinoud Van Mechele, Thomas Doli, Tassis Christoyannis, Benedikt Kristjánsson, Philippe Estèphe, Gwendoline Blondeel

György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra,  Purcell Choir
       
Requiem (Wolfgang Amadé Mozart) le 10 octobre
Julia Lezhneva, Eva Zaïcik, Mauro Peter, Nahuel Di Pierro

Julien Chauvin direction, Chœur de chambre de Namur

Carmen  (Georges Bizet) le 22 octobre
Marianne Crebassa, Stanislas de Barbeyrac, Iulia Maria Dan, Jérôme Boutillier, Faustine de Monès, Floriane Hasler, Florent Karrer, Thomas Morris, Nicolas Brooymans, Yoann Dubruque

Ben Glassberg direction, Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Choeur Accentus / Opéra de Rouen Normandie 

Jules César en Égypte (Georg Friedrich Haendel le 23 et 25 octobre
Cecilia Bartoli, Carlo Vistoli, Sara Mingardo, Max Emanuel Cenčić , José Coca Loza, Kangmin Justin Kim

Gianluca Capuano direction Orchestre et Les Musiciens du Prince-Monaco

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea) le 05 décembre
Elena Stikhina, Brian Jagde, Misha Kiria, Clémentine Margaine, Maurizio Muraro, Robert Lewis, Giulia Scopelliti, Thandiswa
Mpongwana, Pete Thanapat
Daniele Rustioni direction Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon

Véronique Gens dans 'Iphigénie en Tauride', 'Alceste' et 'Atys'

Véronique Gens dans 'Iphigénie en Tauride', 'Alceste' et 'Atys'

Oratorio de Noël (Jean-Sébastien Bach) le 08 décembre
A
nna Dennis , Hugh Cutting, Guy Cutting, Dominic Sedgwick
Masaaki Suzuki direction, Orchestra & Choir of the Age of Enlightenment

L’Enlèvement au sérail (Wolfgang Amadé Mozart) le 11 décembre
Albina Shagimuratova, Julien Behr, Florie Valiquette, Sulkhan Jaiani, Sahy Ratia

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge, Chœur Fiat Cantus

La Chauve-souris (Johann Strauss) le 13 décembre
Huw Montague Rendall, Jacquelyn Stucker, Samuel Hasselhorn, Alina Wunderlin, Sandrine Buendia, Magnus Dietrich, Krešimir Špicer, Marina Viotti, Sunnyi Melles

Marc Minkowski direction, Les Musiciens du Louvre

Iphigénie en Tauride (Henry Desmarest / André Campra) le 09 janvier
Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, David Witczak, Olivia Doray, Floriane Hasle, Tomislav Lavoie , Antonin Rondepierre, Jehanne Amzal, Marine Lafdal-Franc

Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur Le Concert Spirituel

Les sept péchés capitaux (Kurt Weill) le 10 janvier
Marina Viotti, Judith Chemla

Marc Leroy-Calatayud direction, L’Orchestre de Chambre de Genève

Philippe Jordan dans 'Don Giovanni'

Philippe Jordan dans 'Don Giovanni'

Carmina Burana (Carl Orff) le 25 et 26 janvier
Regula Mühlemann, Matthias Rexroth, Ludovic Tézier

Kazuki Yamada direction, Orchestre National de France, Choeur de Radio France, Maîtrise de Radio France

Alceste (Jean-Baptiste Lully) le 01 février
Véronique Gens, Cyril Auvity, Luigi De Donato, Luc Bertin-Hugault , Camille Poul, Léo Vermot-Desroches, Geoffroy Buffières, Claire Lefilliâtre, Cécile Achille

Stéphane Fuget direction, Les Epopées

Rinaldo (Georg Friedrich Haendel) le 02 février
Carlo Vistoli, Emőke Baráth | Armida, Chiara Skerath, Lucile Richardot, Anthea Pichanick, Andrea Mastroni

Thibault Noally direction, Les Accents

Didon et Enée (Henry Purcell) le 04 février
Anna Wal, Yoann Dubruque, Apolline Raï-Westphal

Johannes Pramsohler direction, Ensemble Diderot
       
Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart) le 05 février
Christian Van Horn, Slávka Zámečníková , Bogdan Volkov, Federica Lombardi, Peter Kellner, Antonio Di Matteo, Martin Häßler, Patricia Nolz

Philippe Jordan direction, Orchestre et Chœur de l’Opéra de Vienne

Joyce DiDonato dans 'Didon et Enée'

Joyce DiDonato dans 'Didon et Enée'

Didon et Enée / Jephté (Henry Purcell / Giacomo Carissimi) le 08 février
Joyce DiDonato, Andrew Staples, Fatma Saïd, Beth Taylor, Carlotta Colombo, Alena Dantcheva, Anna Piroli, Massimo Altieri, Hugh Cutting

Maxim Emelyanychev direction, Il Pomo d’Oro

Les Pêcheur de perles (Georges Bizet) le 04 mars
Sandra Hamaoui, Xabier Anduaga, Benjamin Appl, Matthieu Lécroart

Lorenzo Passerini direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur de chambre de Rouen 

La Damnation de Faust (Hector Berlioz) le 21 mars
Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Jean Teitgen, Frédéric Caton

Cristian Măcelaru direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Passion selon Saint Matthieu (Jean-Sébastien Bach) le 22 mars
Maximilian Schmitt , Yannick Debus, Kateryna Kasper, Philippe Jaroussky, Emiliano Gonzalez Toro, Andreas Wolf

Francesco Corti  direction, Freiburger Barockorchester, Zürcher Sing-Akademie

Atys (Jean-Baptiste Lully) le 26 mars
Mathias Vidal, Véronique Gens, Deborah Cachet, Tassis Christoyannis, Floriane Hasler, Eléonore Pancrazi, David Witczak, Adrien Fournaison, Antonin Rondepierre, Carlos Rafael Porto, Marine Lafdal-Franc, François-Olivier Jean

Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs~La Grande Ecurie, Les Pages et les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles

Yannick Nézet-Séguin dans 'La Walkyrie'

Yannick Nézet-Séguin dans 'La Walkyrie'

Elektra (Richard Strauss) le 29 avril
Iréne Theorin, Violetta Urmana, Simone Schneider, Paweł Koni, Matthias Klink
Cornelius Meister direction, Staatsorchester Stuttgart

La Walkyrie (Richard Wagner) le 04 mai
Stanislas de Barbeyrac, Elza van den Heever, Soloman Howard , Brian Mulligan, Karen Cargill, Tamara Wilson, Justyna Bluj, Iris van Wijnen, Maria Barakova, Ronnita Miller, Bongiwe Nakani, Catriona Morison
Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Berenice (Georg Friedrich Haendel) le 21 mai
Sandrine Piau , Ann Hallenberg, Paul-Antoine Bénos-Djian, Hugh Cutting, Rupert Charleswort, John Chest
Francesco Corti direction, Il Pomo d’Oro

L’Heure espagnole (Maurice Ravel) le 22 mai
Isabelle Druet, Julien Behr, Loïc Félix, Thomas Dolié, Jean Teitgen
François-Xavier Roth direction, Les Siècles

Tolomeo (Georg Friedrich Haendel) le 31 mai
Franco Fagioli, Giulia Semenzato, Andrea Mastroni, Giuseppina Bridelli, Christophe Dumaux
Giovanni Antonini direction, Kammerorchester Basel

Les Grandes Voix d'Afrique

Les Grandes Voix d'Afrique

Récitals vocaux

Paris Opera Competition, le 15 septembre

Philippe Jaroussky (Hasse, Leo, Valentini, Traëtta, Bernasconi, Ferrandini, Haendel, J. C. Bach, Jommelli), le 26 novembre

Franco Fagioli (Rossini, Meyerbeer, Morlacchi, Nicolini), le 09 décembre

Golda Schultz, Amitai Pati, Pene Pati Donizetti, Mozart, Verdi, Gounod, Lehár), le 08 janvier

Les grandes voix lyriques d’Afrique, le 23 mars

Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim

Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim

Matthias Goerne (Schumann, Brahms), le 28 mars

Opera Fuoco fête ses 20 ans (Marcello, Telemann, Haendel, Mozart, Haydn, Mayr, Bizet, Rossini, Bellini, Offenbach), le 09 avril

Lisette Oropesa, Benjamin Bernheim (Rossini, Donizetti, Verdi, Offenbach, Bizet, Massenet, Gounod), le 26 avril

Lauranne Oliva, Eva Zaïcik, Bruno de Sá, Christophe Dumaux (Haendel, Porpora, Vivaldi), le 14 mai

Gala Belle Époque (Debussy, Saint-Saëns, Massenet, La Tombelle, Bonis, Dubois, Caplet), le 26 juin

Marina Viotti (Haendel), le 28 juin

'Le Malade imaginaire' - Comédie Française

'Le Malade imaginaire' - Comédie Française

Théâtre musical

Le Carnaval Baroque Art du cirque, musique et danse du XVIIe siècle D’Il Fàsolo à Monteverdi) le 13 et 15 janvier
Anaïs Bertrand, Paco Garcia, Martial Paulia, Igor Bouin, Stefano Amori, Julien Lubek

Vincent Dumestre direction, Cécile Roussat mise en scène
Le Poème Harmonique

 

Théâtre

Le Malade imaginaire (Molière) du 21 décembre au 7 janvier
Avec la troupe de la Comédie Française

Claude Stratz mise en scène

Vladimir Jurowski

Vladimir Jurowski

Concerts (sélection subjective)

Wiener Philharmoniker, Jakub Hrůša direction, Igor Levit piano (Brahms, Dvořak), le 14 septembre

Bayerisches Staatsorchester, Vladimir Jurowski direction, Yefim Bronfman, Elsa Dreisig (Wagner, Schumann, Mahler), le 21 septembre

Orchestre de chambre de Paris, Maxim Emelyanychev direction (Mendelssohn, Saint-Saëns), le 16 octobre

Les Siècles, François-Xavier Roth direction (Voyage musical de Mozart à Beethoven), le 14 octobre

Orchestre de chambre de Paris, Thomas Dausgaard direction, Elisabeth Leonskaja piano (Honegger/Pesson Rugby, Mozart, Mendelssohn), le 18 octobre

Dmitry Masleev piano (Rachmaninov, Cui, Liszt, Medtner, Balakirev, Glinka, Moussorgski), le 17 novembre

Quatuor Zaïde, Xavier Phillips violoncelle, Michel Portal clarinette (Mozart, Beethoven, Schubert), le 21 novembre

Orchestre national de France, Trevor Pinnock direction, Gil Shaham violon (Beethoven, Schubert), le 07 décembre

Emmanuel Pahud flûte, Maja Avramovic violon, Joaquín Riquelme García alto, Tim Park violoncelle (Mozart, Dvořák), le 17 décembre

Orchestre de chambre de Paris, Gábor Káli direction, Roger Muraro piano (Kodály, Chopin, Dvořák), le 11 janvier

Quatuor Hanson (Chostakovitch, Beethoven), le 21 janvier

Igor Levit piano (Mahler , Brahms, Beethoven), le 29 février

Maxim Emelyanychev piano, Aylen Pritchin violon (Brahms , Dvořák, Grieg), le 10 mars

Les Siècles, François-Xavier Roth direction, Marie-Nicole Lemieux contralto, Andrew Staples ténor (Rameau, Mahler Das Lied von der Erde), le 25 mars

Nikolaï Lugansky piano (Mendelssohn, Chopin Ballade , Wagner-Lugansky), le 27 mars

Andreï Korobeinikov piano (Beethoven, Schumann, Scriabine, Messiaen), le 12 avril

Orchestre Colonne, Marc Korovitch, Laurent Petitgirard direction (Dukas, Pierné, Berlioz, Petitgirard, Stravinsky, Ravel), le 28 avril

Les Siècles, François-Xavier Roth direction, Jean-Efflam Bavouzet piano, Renaud Capuçon violon (Alex Nante, Berg , Schoenberg), le 30 avril

Staatskapelle Dresden, Christian Thielemann direction (Weber, Wagner , Strauss), le 24 mai

Jean-Christophe Spinosi et Emmanuel Daumas dans 'L'Olimpiade'

Jean-Christophe Spinosi et Emmanuel Daumas dans 'L'Olimpiade'

Première impression sur la saison 2023 / 2024

Avec 8 opéras en version de concert d’après Lully, Desmarest, Gluck, Berlioz, Bizet et Ravel, la langue française prédomine parmi les soirées lyriques en version de concert pour la deuxième année consécutive, et tous les siècles depuis Louis XIV jusqu’à la Première Guerre mondiale sont représentés.

En revanche, pour défendre l'opéra français en version scénique, seuls deux soirs sont consacrés au ‘David et Jonathas’ de Marc-Antoine Charpentier mis en scène par Jean Bellorini.

Les opéras en italiens continuent de voir leur représentativité se réduire (aucun Monteverdi, Verdi, Puccini, Donizetti, Bellini ne sont programmés), mais la version scénique de ‘L’Olimpiade’ de Vivaldi est une vrai proposition, car rarement le compositeur vénitien a droit à une mise en scène (le dernier opéra de Vivaldi mis en scène remonte à la saison 2010/2011 avec ‘Orlando furioso’ dans la production de Pierre Audi dirigée par Jean-Christophe Spinosi).

Quant à ‘La Cenerentola’ de Gioachino Rossini, la mise en scène de Damiano Michieletto se substituera à celle d’Irina Brook dont la dernière reprise date de 2010.

‘Jephté’ de Giacomo Carissimi sera par ailleurs la découverte, en version de concert, de la saison.

Après deux saisons de mise en retrait, le répertoire allemand reprend des couleurs avec une version scénique de ‘La Flûte enchantée’, les versions de concert d’’Elektra’ de Richard Strauss et de ‘La Walkyrie’ de Richard Wagner, mais aussi des compositeurs tels Johann Strauss, Kurt Weill, et Jean-Sébastien Bach pour les oratorios.

Cette saison reflète d’ailleurs une certaine complétude du répertoire, car les langues slaves et anglaises y sont aussi représentées.

Stéphanie d'Oustrac dans 'La Damnation de Faust'

Stéphanie d'Oustrac dans 'La Damnation de Faust'

La nouvelle production de ‘Boris Godounov’ par Olivier Py, metteur en scène attaché à la maison, est un évènement qui s’inscrit dans la continuité d’’Eugène Onéguine’ mis en scène par Stéphane Braunschweig deux saisons auparavant.

Et pour les amoureux du baroque anglais, une matinée et une soirée sont dédiées à ‘Didon et Enée’ d’Henry Purcell interprété par deux équipes artistiques différentes, dont l’une avec Joyce Di Donato.

Quant à la langue latine, elle se limite au ‘Requiem’ de Mozart et ‘Carmina Burana’ de Carl Orff, où l’on retrouvera Ludovic Tézier dans la célèbre cantate.

Mais globalement, cette saison respecte les fondamentaux du théâtre centrés principalement sur le répertoire du XVIIIe et XIXe siècle, en s’appuyant sur 3 piliers équivalents, les répertoires italien, français et allemand.

Parmi les soirées très attendues, le ‘Don Giovanni’ dirigé par Philippe Jordan, la venue du Bayerisches Staatsorchester dirigé par Vladimir Jurowski, avec la participation d’ Elsa Dreisig, ‘Le Chant de la Terre’ par Les Siècles avec Marie-Nicole Lemieux et Andrew Staples, les ouvrages aussi surdimensionnés que sont ‘Elektra’ ou bien ‘La Walkyrie’, le récital de Lisette Oropesa et Benjamin Bernheim, ‘Atys’ avec Mathias Vidal et Véronique Gens, sont quelques exemples d’incontournables.

L'intégralité de la saison c'est ici.

Présentation de la Saison 2023-2024 du Théâtre des Champs-Elysées par Michel Franck

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Publié le 24 Mars 2023

Guerre et Paix (Sergueï Prokofiev – Léningrad, 12 juin 1946)
Représentation du 15 mars 2023
Bayerische Staatsoper

Natascha Rostowa Olga Kulchynska
Sonja Alexandra Yangel
Marja Dmitrijewna Achrossimowa Violeta Urmana
Peronskaja Olga Guryakova
Graf Ilja Andrejewitsch Rostow Mischa Schelomianski
Graf Pierre Besuchow Arsen Soghomonyan
Gräfin Hélène Besuchowa Victoria Karkacheva
Anatol Kuragin Bekhzod Davronov
Leutnant Dolochow Alexei Botnarciuc
Fürstin Marja Bolkonskaja Christina Bock
Fürst Nikolai Andrejewitsch Bolkonski Andrei Zhilikhovsky
Matrjoscha Oksana Volkova
Dunjascha Elmira Karakhanova
Gawrila Roman Chabaranok
Métivier Stanislav Kuflyuk
Französischer Abbé Maxim Paster
Denissow Dmitry Cheblykov
Tichon Schtscherbaty Nikita Volkov
Fjodor Alexander Fedorov
Matwejew Sergei Leiferkus
Wassilissa Xenia Vyaznikova
Trischka Solist(en) des Tölzer Knabenchors
Michail I. Kutusow Dmitry Ulyanov
Kaisarow Alexander Fedin
Napoleon Tómas Tómasson
Adjutant des Generals Compans Alexander Fedorov
Adjutant Murats Alexandra Yangel
Marschall Bertier Stanislav Kuflyuk
General Belliard Bálint Szabó
Adjutant des Fürsten Eugène Granit Musliu
Stimme hinter den Kulissen Aleksey Kursanov
Adjutant aus dem Gefolge Napoleons Thomas Mole
Händlerin Olga Guryakova
Mawra Kusminitschna Xenia Vyaznikova
Iwanow Alexander Fedorov

Direction Musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Dmitri Tcherniakov (2023)

Immense fleuve lyrique, ‘Guerre et Paix’ de Sergueï Prokofiev est rarement monté hors de sa ville de création, Saint-Pétersbourg, et de la capitale russe, Moscou, où il est régulièrement interprété plusieurs fois par décennies. Ailleurs, seuls 9 pays, l’Allemagne, la France, la Hongrie, la Suisse, l’Italie, l’Autriche, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis l’ont représenté au moins une fois sur scène au cours des 25 dernières années.

Programmer un tel ouvrage est donc une marque de prestige, et, originellement, Dmitri Tcheniakov et Vladimir Jurowski avaient l’intention de le jouer à l’opéra de Munich dans sa version intégrale.

War and Peace - Voyna i mir (Jurowski Tcherniakov Kulchynska Zhilikhovsky) Munich

Sa genèse est cependant fort complexe. La première représentation fut interprétée au piano par Sviatoslav Richter et Anatoly Vedernikov en mai 1942 à Moscou, puis, la première version orchestrale (avec 9 des 11 tableaux initiaux) fut donnée le 07 juin 1945 à la Grande Salle du Conservatoire de Moscou, et, finalement, la création scénique de la première partie, augmentée de la scène du bal, fut créée le 12 juin 1946.

Prokofiev n’achèvera la seconde partie, où fut rajoutée la scène du conseil de guerre (tableau n°10), qu’en mai 1947, et il poursuivit coupures, remaniements et ajouts jusqu’à l’édition de la partition définitive en 1958.

Olga Kulchynska (Natascha) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

Olga Kulchynska (Natascha) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

De cette partition, l’Opéra d’État de Bavière reprend complètement les 7 tableaux de la première partie, ‘La Paix’, mais opère plus de 30 minutes de coupures dans la seconde partie, ‘La Guerre’, afin de supprimer tous les passages aux élans trop patriotiques qu’il n’est plus possible d’entendre à l’heure de la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Sont ainsi omis dans cette nouvelle production le chœur des volontaires, l’air stalinien de Koutouzov et le chœur des Cosaques du 8e tableau situé avant la bataille de Borodino, le chœur final du 9e tableau à l’approche des Russes du camp de Napoléon, l’intégralité du 10e tableau qui se déroule au conseil de guerre, le chœur des Moscovites du 11e tableau, et les 3/4 du treizième tableau, dont le chœur final.

Violeta Urmana (Marja Dmitrijewna Achrossimowa)

Violeta Urmana (Marja Dmitrijewna Achrossimowa)

Il n’est pas impossible que, finalement, cette version revienne à la partition qui tenait le plus à cœur au compositeur russe. Et il est évidemment inutile d’attendre une lecture de l’œuvre au premier degré de la part de Dmitri Tcherniakov, qui interroge le texte du livret en profondeur et cherche à montrer sur scène ce qu’il révèle de la mentalité russe.

Il situe ainsi l’action du début à la fin au sein du somptueux décor de la ‘salle des colonnes’ du Palais des syndicats de Moscou, bâtiment destiné à célébrer des évènements importants, à accueillir des concerts symphoniques et, surtout, à honorer les funérailles des chefs d’État. Les corps de Lénine, Staline et Gorbatchev y ont été exposés.

Tous les détails de cette salle sont minutieusement reconstitués, les colonnes corinthiennes, les balcons, le parquet, la coupole ainsi que les multiples lustres en cristal, mais ce cadre magnifique est transformé en un lieu de refuge pour la population moscovite. Sacs de couchage, couvertures, vêtements recouvrent le sol occupé par le chœur et probablement des figurants.

Alexei Botnarciuc (Leutnant Dolochow) et Bekhzod Davronov (Anatol Kuragin)

Alexei Botnarciuc (Leutnant Dolochow) et Bekhzod Davronov (Anatol Kuragin)

Dans cette première partie, le metteur en scène dépeint un portrait sensible de Natacha comme il sait si bien le faire depuis l’inoubliable Tatiana d’’Eugène Onéguine’ qu’il fit connaître au Palais Garnier en 2008, production désormais reprise à l’Opéra de Vienne.

Au début de l’histoire, le prince André Bolkonskii erre seul au milieu de la salle comme s’il allait nous raconter ce qui a précipité le malheur de son monde.

Les gens qui étaient couchés au sol se relèvent petit à petit, et le passé se réactive à un moment où tous réunis dans l’enceinte semblent à la fois dans l’attente et en recherche de protection.

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Olga Kulchynska (Natascha)

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Olga Kulchynska (Natascha)

Ceux-ci revivent un moment festif dans une humeur bon enfant. Les différences sociales sont fortement atténuées, même si Peronskaja, incarnée par Olga Guryakova – une émouvante artiste qui insufflait un subtil glamour à ses interprétations de Natacha et Tatiana à l’Opéra Bastille au début des années 2000 et qui, ce soir, joue à fond, avec un timbre encore bien percutant, la bourgeoise heureuse parfaitement adaptée à l’environnement social -, s’affiche en manteau de fourrure pimpant.

La scène de bal s’insère naturellement dans cet état d’esprit sous la forme d’une mise en scène joyeuse de la présentation des multiples protagonistes.

Epigraphe en introduction du 8e tableau de 'Guerre et Paix'

Epigraphe en introduction du 8e tableau de 'Guerre et Paix'

Pour Olga Kulchynska, artiste lyrique ukrainienne qui s’est faite remarquée en 2018 à l’Opéra Bastille dans le rôle de Rosine du ‘Barbier de Séville’, le défi est grand à faire vivre les élans passionnés et cyclothymiques de Natacha, car il s’agit de faire ressentir son manque affectif désespéré qui s’anime d’abord sous le regard du Prince Bolkonskii, et qui, une fois celui ci écarté par son père, se reporte sur le dangereux et instable Kouraguine.

Le sentiment d’exaltation est très bien rendu, de par sa voix lumineuse et fruitée qui a la légèreté de l’oiseau de ‘Siegfried’ même dans les coups de sang les plus imprévisibles, avec une irrésistible envie de vivre qui contraste avec les angoisses de Sonja pour laquelle Alexandra Yangel offre une figure prévenante teintée de mélancolie sombre d’une très grande justesse.

Il faut dire que Dmitri Tcherniakov s’ingénie à donner vie aux dizaines d’artistes qui suivent de leur regard l’intimité de l’action autour de Natacha, comme s’ils avaient tous à conduire une ligne de vie bien spécifique qui accroît l’impression de réalisme d’ensemble. Leur présence permet également de mettre en exergue le décalage comportemental de la jeune fille avec son milieu social.

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

Arsen Soghomonyan (Pierre Besuchow) et Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski)

A cela s’ajoute une intégration de la rythmique musicale dans le jeu d’acteur qui, visuellement, la rend encore plus évidente au spectateur. Et ce travail musical peut aussi bien se traduire par une gestuelle futile et ludique, à l’instar de l’arrivée dansante de Kouraguine et ses amis, qu’engendrer une grande tension d’échange lorsque Achrossimowa se confronte à Natacha pour l’aider à remettre les pieds sur terre.

Avec ses habits de grand-mère qui la rendent adorablement touchante, Violeta Urmana est d’une authenticité magnifique, la figure même du cœur sur la main à la volonté ferme, et tout dans son chant et ses expressions sincères concoure à ennoblir le très beau portrait qu’elle fait vivre.

Dmitry Ulyanov (Michail I. Kutusow)

Dmitry Ulyanov (Michail I. Kutusow)

Naturellement, le mal-être de Natacha allant grandissant, après qu’elle ait appris de Pierre Besuchow que Kouraguine est marié, cette situation blessante conduit à une tentative de suicide jouée avec une sensibilité à fleur de peau fort poignante.

Arsen Soghomonyan manifeste avec un timbre de voix robuste, mature et adouci une grande densité expressive qui donne beaucoup de profondeur à ce comte épris d’une jeune fille qu’il cherche à protéger. L’homme est sérieux, intelligent, et son monologue est mené avec force de conviction, sans que le moindre geste ne soit laissé au hasard, avant qu’une voix en coulisses annonce l’arrivée de Napoléon, et qu’un jeune enfant pointe sur le pauvre homme une arme automatique à jets d’eau dans un esprit de dérision surprenant.

War and Peace - Voyna i mir (Jurowski Tcherniakov Kulchynska Zhilikhovsky) Munich

Car si la première partie est une vibrante mise en relief du caractère de Natacha dénuée de tout mélo-dramatisme facile, la seconde partie ne met plus en scène deux armées qui s’affrontent mais le peuple russe lui-même. L’épigraphe est d’ailleurs chanté en avant-scène dans l’ombre et avec une gestuelle fort vindicative qui dynamise l’excellent chœur puissant du Bayerische Staatsoper, qui devient dorénavant le principal sujet de l’action.

Dmitri Tcherniakov imagine que tous ces russes installés au centre de la salle se livrent à un jeu de simulation de guerre où tous les aspects sont abordés : combat, camouflage, évacuation des blessés, soins. Mais l’ennemi n’est jamais visible.

Olga Guryakova (Peronskaja)

Olga Guryakova (Peronskaja)

Le baryton moldave, Andrei Zhilikhovsky, prête son charme et sa chaleur de voix au rôle d’André Bolkonskii qui, avec le même détachement qu’en première partie, est encore perdu dans ses pensées pour Natacha, sans paraître pour un sou comme un des leaders du champ de bataille.

Kutusow, le général en chef des armées, auquel Dmitry Ulyanov prête une sereine envergure débonnaire, est présenté comme un chef relâché, vulgaire, et sans prestance.  Et l’on assiste ainsi à une description dérisoire de tous les symboles religieux ou militaires, les chœurs signant des croix orthodoxes de façon rapide et mécanique, allure saccadée et automatique que l’on retrouve pour décrire le Napoléon loufoque animé par Tómas Tómasson qui prend beaucoup de plaisir à forcer la caricature.

Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski) et Olga Kulchynska (Natascha)

Andrei Zhilikhovsky (Andrejewitsch Bolkonski) et Olga Kulchynska (Natascha)

Au début, cette approche semble bien légère et laisse craindre que Tcherniakov ne se contente de démythifier le volet sur ‘La Guerre’. Mais les lustres sont désormais recouverts d’un voile noir qui ne laisse présager rien de bon.
Et l’on assiste, sans s’en rendre compte au départ, à un début de tension entre les différentes individualités de la foule. Les gestes deviennent de plus en plus violents à partir du 11e tableau, avec exécutions arbitraires, tentatives de viols, et même vols des portraits de grands artistes russes tels Tchaïkovski ou Prokofiev.

En quelques images, le grand gâchis de l’histoire russe est illustré de façon glaçante avec un immense sentiment de dommage irréversible. Et c’est au cours du tableau de l’incendie de Moscou que la nature autodestructrice des Russes est le mieux mise en évidence, toujours dans un assombrissement sans retour, jusqu’au grand hommage rendu à Kutosow au moment où il s’allonge sur un nouveau lit mortuaire qui signe l’enterrement final de l’âme russe.

André Bolkonskii s’est finalement suicidé, Natacha s’est éteinte auprès de lui, et tout s’achève dans une grande impression de néant sous le regard malheureux de Pierre Besuchow.

Andrei Zhilikhovsky, Olga Kulchynska et Vladimir Jurowski

Andrei Zhilikhovsky, Olga Kulchynska et Vladimir Jurowski

Tout au long de cette représentation, l’unité artistique entre Vladimir Jurowski et les musiciens de l’Opéra de Bavière est évidente. L’évocation de la nature qui ouvre ce grand monument lyrique est un enchantement musical. La vie terrestre, les frémissements de sa verdoyance, et l’espoir d’un bonheur à portée de main sont magnifiquement évoqués, et ce splendide raffinement se double d’un art de la malléabilité qui fait rougeoyer d’une souplesse absolument crépusculaire la luxuriante matière qu’offre l'ensemble orchestral.

Très belle énergie sonore qui relance constamment l’action, les éclats des cuivres sont ciselés avec une formidable précision, mais sans en faire trop dans la grandiloquence épique.

Il y a aussi une recherche d’intimisme, de concentration du drame à sa juste mesure, et pour tout ce savant équilibre, Vladimir Jurowski et Dmitri Tcherniakov apparaissent comme deux des grandes valeurs artistiques russes d’aujourd’hui – ils sont nés tous les deux à Moscou au début des années 70 - dont on imagine bien la peine et la désolation qu’inspire le comportement de leur patrie d’origine, eux qui défendent au plus profond d'eux-mêmes un rapport éclairé et réfléchi à la vie.

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Publié le 19 Mars 2023

Die Teufel von Loudun (Krzysztof Penderecki – Hambourg, 1969)
Représentation du 14 mars 2023
Bayerische Staatsoper - Munich

Jeanne Ausrine Stundyte
Claire Ursula Hesse von den Steinen
Gabrielle Nadezhda Gulitskaya
Louise Lindsay Ammann
Philippe Danae Kontora
Ninon Nadezhda Karyazina
Grandier Nicholas Brownlee
Vater Barré Jens Larsen
Baron de Laubardemont Vincent Wolfsteiner
Vater Rangier Andrew Harris
Vater Mignon Ulrich Reß
Adam, Apotheker Kevin Conners
Mannoury Jochen Kupfer
d'Armagnac Thiemo Strutzenberger
de Cerisay Barbara Horvath
Prinz Henri de Condé Sean Michael Plumb
Vater Ambrose Martin Snell
Bontemps Christian Rieger
Gerichtsvorsteher Steffen Recks

Direction Musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Simon Stone (2022)

La reprise de ‘Die Teufel von Loudun’ qui fit son entrée au répertoire de l’Opéra de Munich le 19 juin 2022, alors que Hambourg, à la création, puis Stuttgart, Berlin ou bien Cologne avaient bien auparavant accueilli le premier opéra de Krzysztof Penderecki, s’inscrit dans une volonté de Serge Dorny de promouvoir des œuvres créées après 1945, et de montrer que la dureté de son intrigue tire les leçons des souffrances infligées par les grands états autoritaires du XXe siècle, tout en laissant la responsabilité au spectateur de mesurer les menaces qui pèsent encore aujourd’hui sur les sociétés du monde contemporain.

Ausrine Stundyte (Jeanne)

Ausrine Stundyte (Jeanne)

Suite à la commande de Rolf Liebermann, intentant de l’Opéra de Hambourg de 1957 à 1972, le compositeur polonais a lui même rédigé un livret sur la base du drame que l’écrivain John Whiting a tiré du livre ‘Die Teufel von Loudun’ (1952) d’Aldous Leonard Huxley qui relate les évènements qui survinrent en 1634 dans la commune de Loudun située au nord de Poitiers.

A cette époque, Louis XIII et Richelieu souhaitaient détruire nombre de forteresses françaises, au moins par soucis d’économie, sinon pour fragiliser les protestants qui y trouvaient refuge. 

A Loudun, Urbain Grandier, originaire du diocèse du Mans, s’opposa aux décisions du pouvoir royal, alors que ses aventures féminines commençaient à être bien connues. Mais au même moment, des Ursulines furent sujettes à des crises obsessionnelles et l’une d’elle, Jeanne, crut reconnaître le fantôme de Grandier.

L’affaire fut remontée à Richelieu qui envoya le Baron de Laubardemont, d’abord pour régler la question de la destruction du château de Loudun, puis pour s’occuper de l’affaire des possédées.

Pendant ce temps, les tentatives d’exorcismes menées par les Pères Mignon, Barré et Rangier échouèrent, et Grandier fut arrêté, questionné et jugé le 18 août 1634, et enfin torturé et exécuté.

Die Teufel von Loudun (Stundyte Brownlee Larsen Jurowski Stone) Munich

A travers cette histoire sordide, l’œuvre de Krzysztof Penderecki soulève des questions sur le célibat des prêtres, sur l’intolérance religieuse, la violence du pouvoir, qu’il soit politique ou religieux, mais aussi sur les mécanismes sociaux qui ont légitimé les dictatures au XXe siècle.

Après sa création, ‘Die Teufel von Loudun’ fut retouché à plusieurs reprises jusqu’en 2012, mais c’est la version originale qui est présentée à l’Opéra de Bavière, car sa partition laisse plus de degrés de liberté interprétatifs au chef et aux musiciens, ce qui est beaucoup plus stimulant.

L’abstraction de la musique n’est pas sans rappeler celle de Pascal Dusapin, où l’on retrouve d’étranges formations diffuses de textures originelles d’où émergent des chœurs liturgiques, et l’orchestre est prodigieusement étoffé en percussions qui recouvrent la totalité de l’arrière plan de la fosse.

Les basses entretiennent une tension sous-jacente permanente, les cordes arborent des frémissements mystérieux, des structures complexes et torturées soulignent les moments d’angoisse, et admirer la gestique parfaitement réglée de Vladimir Jurowski, qui domine un tel ensemble, fait partie du spectacle en lui même. 

Nadezhda Karyazina (Nineon) et Nicholas Brownlee (Grandier)

Nadezhda Karyazina (Nineon) et Nicholas Brownlee (Grandier)

Simon Stone a conçu un décor massif et cubique pivotant qui permet un enchaînement fluide des trente tableaux de l’ouvrage. Escaliers de la citadelle, chambre intime, petite chapelle des Ursulines, grand parvis d’un sanctuaire et cellule de prison, défilent dans une ambiance bleu-obscur. Et si les habits des religieuses restent intemporels, les citadins sont, eux, habillés en style contemporain.

La dramaturgie est parfaitement lisible, et le fait que ‘Die Teufel von Loudun’ comporte une forte dimension de théâtre parlé permet au metteur en scène de travailler, avec les chanteurs, le réalisme de chaque personnage de façon approfondie.

Die Teufel von Loudun (Stundyte Brownlee Larsen Jurowski Stone) Munich

Ausrine Stundyte est une artiste très intéressante pour le rôle de Jeanne, car elle est sait naturellement incarner des femmes sexuellement puissantes. La noirceur et le brillant métallique de son timbre de voix font ressentir une animalité blessée, et elle préserve un jeu sobre de telle manière à créer une opposition entre la nature spirituelle qu’elle représente et les tensions intérieures de son héroïne.

Tous ses partenaires s’inscrivent dans la même expressivité théâtrale qui crée une unité d’ambiance à la dureté implacable. Le baryton américain Nicholas Brownlee possède une forte présence physique et vocale, une massivité un peu brute et très colorée qui s’impose avec une soudaineté impressionnante, et il peut être très émouvant quand il défend la nature hédoniste de Grandier qui considère que c’est à travers ses aventures féminines qu’il exprime le mieux sa vie.

Ulrich Reß (Vater Mignon) et Ausrine Stundyte (Jeanne)

Ulrich Reß (Vater Mignon) et Ausrine Stundyte (Jeanne)

Dans la dernière partie, Simon Stone décrit sous forme de passion du Christ le supplice que vit Grandier au cours de sa marche ensanglantée à travers la ville, en montrant chaque habitant au visage fantomatique lui donner une frappe comme pour décharger sur lui leurs propres frustrations.

Il s’agit probablement de l’image de la plus puissante, car elle met en garde vis-à-vis de l’agressivité refoulée qui n’attend qu’une situation politique favorable pour pouvoir se libérer.

La scène de torture est difficilement soutenable, mais, à son point paroxysmique, le plateau tournant fait disparaître la chambre de torture alors que l’orchestre se déchaîne en un grand fracas qui exprime les cris d’horreur et de souffrance du condamné (on pense beaucoup au cri de désespoir de Katerina au dernier acte de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ de Dmitri Chostakovitch).

Vladimir Jurowski entouré de Nicholas Brownlee et Ausrine Stundyte

Vladimir Jurowski entouré de Nicholas Brownlee et Ausrine Stundyte

Et tous les représentants étatiques et ecclésiastiques, Père Barré, le Baron de Laubardemont, Père Rangier et Père Mignon, respectivement chantés par Jens Larsen (absolument terrible), Vincent Wolfsteiner, Andrew Harris et Ulrich Reß (à la retraite depuis juillet 2022, mais toujours disponible pour certains rôles), sont tellement crédibles et révulsifs qu’il devient presque difficile de les dissocier de leurs rôles lorsqu’ils réapparaissent au salut final.

Seule interprète à la fraîcheur moderne et virtuose, la jeune soprano grecque Danae Kontora offre également à Philippe une joie de vivre piquante et une luminosité qui contrastent avec les autres caractères plus sombres du drame.

Orchestre phénoménal de précision dont la patine ambrée se révèle fort malléable, chœur d’un fondu musical plaintif et harmonieux, tout concorde dans cette scénographie à créer un véritable malaise tout en chevillant le cœur du spectateur à la destinée d’un homme qui ne cesse de répéter depuis le début qu’il ne s’en ait pris à personne.

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Publié le 12 Mars 2023

Hamlet (Ambroise Thomas – 09 mars 1868, Salle Le Peletier)
Répétition générale du 06 mars et représentations du 11, 30 mars et 02, 09 avril 2023
Opéra Bastille

Hamlet Ludovic Tézier
Claudius Jean Teitgen
Laërte Julien Behr
Le Spectre Clive Bayley
Horatio Frédéric Caton
Marcellus Julien Henric
Gertrude Eve-Maud Hubeaux
Ophélie Lisette Oropesa (Mars) / Brenda Rae (Avril)
Polonius Philippe Rouillon
Premier Fossoyeur Alejandro Baliñas Vieites
Second Fossoyeur Maciej Kwaśnikowski

Direction musicale Pierre Dumoussaud
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2023)
Décors et costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Denis Guéguin
Chorégraphe Claude Bardouil
Nouvelle production

Diffusion en direct le 30 mars 2023 à 19h30 sur Arte Concert, et ultérieurement sur Arte
Diffusion sur France Musique le 22 avril 2023 à 20h

Après ‘Oedipe’ de George Enescu présenté en ouverture de la saison 2021/2022, Alexander Neef poursuit son exploration du patrimoine de l’Opéra de Paris en faisant revivre un grand opéra créé spécifiquement pour l’institution et qui connaîtra un grand succès (20ème opéra le plus joué à la salle Le Peletier avec 100 représentations, et 12ème opéra le plus joué au Palais Garnier jusqu’à la Seconde Guerre mondiale avec 267 représentations – il y aura aussi 10 représentations données à la salle Ventadour en 1874), avant de disparaître des planches du Palais Garnier au soir du 28 septembre 1938.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Cette renaissance à Bastille était d’autant plus nécessaire qu’’Hamlet’ est apparu un an après la création de ‘Don Carlos’ de Giuseppe Verdi (11 mars 1867) et un an avant l’entrée de ‘Faust’ de Charles Gounod (3 mars 1869) au répertoire, alors que ces deux derniers ouvrages ont été récemment joués à l’Opéra de Paris dans les productions respectives de Krzysztof Warlikowski (2017) et Tobias Kratzer (2022).

Hamlet - Acte 1, premier tableau

Hamlet - Acte 1, premier tableau

Et au-delà de la découverte que cette œuvre représente pour une large partie du public, l’intérêt est de voir comment ce grand opéra basé sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, lui même dérivé de l’’Hamlet, prince de Danemark’ d’Alexandre Dumas (1847), inspiré de Shakespeare mais adapté au goût de la bourgeoisie parisienne du XIX siècle, va trouver une nouvelle forme artistique qui touche et ne lâche pas le spectateur d’aujourd’hui.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Et à l’instar de Jean-Baptiste Faure, grand baryton français de la seconde partie du XIXe siècle qui créa le rôle de Rodrigue à Paris dans ‘Don Carlos’, et pour le lequel Ambroise Thomas transposa sa première version pour ténor d’’Hamlet’ (1863) afin de lui permettre d’assurer la création de ce nouveau rôle, Ludovic Tézier est à l’honneur de l’Opéra Bastille afin d’incarner ce grand personnage littéraire.

Revenir à ce rôle qu’il aborda au Capitole de Toulouse en avril 2000, en alternance avec Thomas Hampson qui y vit son meilleur successeur, et qu’il reprit en janvier 2001 à Turin dans la même production, c’est revenir aux origines de son parcours au moment où il atteint l’un de ses points culminants.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Krzysztof Warlikowski - Séance de travail d'Hamlet

Ludovic Tézier (Hamlet) et Krzysztof Warlikowski - Séance de travail d'Hamlet

Mais, alors que très souvent les directeurs d’opéras choisissent eux-mêmes, où en concertation avec leur directeur musical, les metteurs en scène qui devront apporter une lecture des œuvres qui soit signifiante, dans ce cas précis, c’est Alexander Neef qui a demandé au grand chanteur de choisir le directeur scénique avec lequel il souhaiterait travailler.

Il a alors proposé Krzysztof Warlikowski avec lequel il s’était très bien entendu dans la nouvelle production de ‘Don Carlos’ jouée à Bastille en 2017, car, comme le rappelle Ludovic Tézier lors de sa récente interview donnée le 27 février 2023 sur France Musique, il faut d’abord défendre l’intelligence du propos. 

Et ce terme d’’intelligence’, qu’il appuie avec force, montre bien que la pertinence de l’opéra aujourd’hui se mesure à des questions qui dépassent très largement celle de l’esthétique.

Les ombres de la Lune - Vidéo Denis Guéguin

Les ombres de la Lune - Vidéo Denis Guéguin

Krzysztof Warlikowski signe donc sa neuvième mise en scène à l’Opéra de Paris depuis ‘Iphigénie en Tauride’ (2006), et se retrouve face à un personnage d’inspiration shakespearienne, auteur dont il a abordé au théâtre une dizaine de mises en scène avec notamment ‘Le Marchand de Venise’ en 1994, ‘Hamlet’ en 1997 et 1999, ou bien ‘La Tempête’ en 2003 et ‘Macbeth’ en 2004.

C’est d’ailleurs avec ‘Hamlet’ qu’il se fit connaître en France au Festival d’Avignon de 2001 (avec Jacek Poniedzialek - présent ce soir - et Magdalena Cielecka dans les rôles d' Hamlet et Ophélie), au même moment où Ludovic Tézier triomphait à l’opéra dans le même rôle titre.
Hasard annonciateur?

Frédéric Caton (Horatio) et Julien Henric (Marcellus)

Frédéric Caton (Horatio) et Julien Henric (Marcellus)

Le cadre de cette nouvelle production se situe dans un immense décor enserré de grilles imposantes d’une froideur d’acier, conçu par Małgorzata Szczęśniak, qui accroît la sensation d’emprisonnement d’une âme livrée à un asile psychiatrique où la fonction de contrôle prédomine sur celle du soin.
Le long du sas, sur la droite, fous, gardes, et personnages y apparaissent, et ce long couloir crée une impression de tunnel sans espoir.

Clive Bayley (Le Spectre)

Clive Bayley (Le Spectre)

Cependant, la dramaturgie de la mise en scène ne suit pas tout à fait le déroulé temporel du livret, puisque le premier et le dernier acte sont situés 20 ans après la révolte d’Hamlet contre sa mère et son beau père, et l’histoire est donc racontée sous forme de souvenir comme dans ‘Les Contes d’Hoffmann’ de Jacques Offenbach.

Hamlet est ainsi un être vieillissant vivant auprès de sa mère dans un asile d’aliénés, hanté par la mémoire du couronnement de Claudius, souffrant des visions du spectre de son père dépeint sous une forme extrêmement poétique d’un Pierrot tout blanc au visage peint de traits noirs. La symbolique du Pierrot romantique renvoie à l’enfance du héros et à son mal être intérieur, et tend aussi à dissoudre le côté trop solennel du fantôme pour lui donner une valeur plus fantastique et même ironique. 

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Lisette Oropesa (Ophélie)

Dans ce premier acte, Ophélie et son frère Laërte jouent aux cartes avec Claudius, comme une remembrance d’une vie banale passée, alors que Gertrude, au seuil de sa vie, fixe obsessionnellement et mystérieusement un téléviseur où est diffusé ‘Les Dames du Bois de Boulogne’ de Robert Bresson, une histoire de vengeance.
Horatio et Marcellus, eux, sont moins des amis d’Hamlet que des surveillants douteux. 

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Une immense vidéo des phases de la Lune, un astre éteint, sur fond de ciel constellé d’étoiles, accentue l’impression de surnaturel et d’évocation de la mort, et, aux actes suivants, les rapprochements entre ces images de Lune et les splendides séquences de Denis Guéguin, le vidéaste, sur le visage du spectre modelé par les mêmes jeux d’ombre, créent des associations d’idées autour du 'Pierrot lunaire' d’Arnold Schönberg et l’âme mélancolique d’Hamlet.

Jean Teitgen (Claudius) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Jean Teitgen (Claudius) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

A partir du second acte, débute l’histoire passée d’Hamlet, interné une fois Gertrude et Claudius mariés suite au meurtre de son père, et Ophélie est présentée comme une femme littéraire qui cherche à intéresser le Prince avec son art du conte.

Mais lui, en apparence détaché et aidé par les autres malades, les courtisans, avec lesquels il vit, est occupé à préparer son grand spectacle destiné à démasquer le couple royal. Cette scène de vie dans l’hôpital rappelle celle que Krzysztof Warlikowski avait imaginé dans la maison de retraite de son ‘Iphigénie en Tauride’.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

L’immaturité du Prince, feinte ou réelle, est assez drôlement mise en scène lorsqu’il apparaît au commande d’une voiture de course téléguidée, dérisoire attribut de virilité inaboutie. Après la séquence d’effroi entre le Roi et la Reine, survient le grand moment de la pantomime qui va être jouée spectaculairement avec une joie irradiante.

Krzysztof Warlikowski s’appuie sur une troupe de figurants qui font partie de son univers artistique, et la danseuse Danielle Gabou, qui participe à toutes les mises en scène parisiennes du directeur polonais depuis ‘Don Carlos’ en 2017, mais que l’on a vu aussi dans la dernière production de ‘Manon’, incarne une impressionnante Reine Genièvre, au glamour expressif avec beaucoup d’emprise.

La beauté des lignes ornementales de son visage, surlignées par le maquillage, révèle aussi une concordance avec les traits du visage du spectre. 

Danielle Gabou et Ludovic Tézier (Hamlet)

Danielle Gabou et Ludovic Tézier (Hamlet)

Le meurtre du Roi Gonzague est joué avec deux autres acteurs noirs, scène fascinante par son mélange d’envoûtement et de folie macabre, et Daniel Gremelle, le joueur de saxophone – nouvel instrument introduit à l’Opéra de Paris par Ambroise Thomas en 1868 au moment où Adolphe Sax enseignait l’art de son invention au conservatoire de Paris –, achève son air solo sur une variation jazzy pleinement fantaisiste.

Danielle Gabou et Daniel Gremelle (saxophone)

Danielle Gabou et Daniel Gremelle (saxophone)

Puis, le troisième acte, qui débute sur le fameux ‘Etre ou ne pas être’, avec en arrière fond les motifs des phases de la Lune qui évoquent les mouvements de l’âme, les successions de nuits et de jours, et les cycles de la vie et de la mort, est celui qui révèle les grands talents vocaux mais aussi d’actrice d’Eve-Maud Hubeaux. Une séparation recouverte de velours fuchsia, couleurs royales que l’on retrouvait pareillement dans la production salzbourgeoise d’’Elektra’, rend l’espace plus intime.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Entrée théâtrale de la Reine dans un grand cri déchirant, magnifique et majestueuse projection du Pierrot sur un large fond d’écran, confrontation intense avec Ludovic Tézier, et impuissance d’Ophélie à interagir, la nuit d’épouvante et d’horreur s’achève par la couche du fils et de la mère dans le même lit en toute tranquillité, comme de bons amis. Une très forte affectivité est mise en avant dans cette partie.

Ces trois premiers actes, liés entre eux, auront duré 2h10 sans interruption jusqu’à l’entracte.

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Le IVe acte est le plus flamboyant. 
‘Hamlet’ est joué ce soir dans sa version intégrale - le duo du Roi et de la Reine au second acte n’est pas coupé - .  Cependant, seuls les deux premiers mouvements du ballet, les ‘Pas des chasseurs’ et la ‘Pantomime’, sont conservés, ce qui est mieux que rien car, habituellement, il est totalement omis de nos jours.

Les quatre autres passages, ‘Valse-Mazurka’, ‘Scène du bouquet’, ‘La Freya’ et la ‘Strette finale’ sont supprimés, ce qui fait que seules 4 minutes sont retenues sur les 17 minutes que constituent cet ensemble musical qui s’ajoute au divertissement qui ouvre cette nouvelle partie.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Tous les talents de l’équipe de figurants, mais aussi du chœur, sont mis à l’épreuve sous la direction chorégraphique de Claude Bardouil. Une ballerine ouvre le bal derrière la gigantesque grille, et le divertissement met en valeur un mélange de choristes et d’acteurs grimés en danseuses colorées qui défilent à la façon d’un gala humoristique, exécutant même des pas de trois. Nous assistons au grand spectacle joué par les pensionnaires de l’asile.

A nouveau, il s’agit de débarrasser l’œuvre de toute sa pompe, et de séduire un public plus jeune et bigarré, de la même façon que les images du Pierrot s’adressent aussi aux sentiments les plus enfantins de chacun d’entre nous.

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Eve-Maud Hubeaux (Gertrude) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Le couple royal, accompagné d’Ophélie et son père, Polonius, sont présents, mais lorsque Ophélie revient habillée d’une robe transparente parcourue de jolis motifs floraux, une orange à la main, c’est la nature sexuelle, vivante et joyeuse de la femme qui est mise en avant. A nouveau, elle chante sa ballade comme si elle lisait un conte, portée par un danseur, et c’est donc une performance qui est donnée sous le regard consterné de la Reine, et non plus un adieu mélancolique à la vie.

Clive Bayley (Le Spectre) et Ludovic Tézier (Hamlet)

Clive Bayley (Le Spectre) et Ludovic Tézier (Hamlet)

C’est uniquement au moment de la sortie du ballet qu’Ophélie retire sa perruque, retrouve une coupe de garçonne blonde, et se libère de son attente vis à vis d’Hamlet. Le suicide paraît plus symbolique qu’effectif à se moment là, lorsqu’elle disparaît en finesse dans une baignoire qui s’éloigne sous les applaudissements enchantés, comme si elle rejoignait pour le reste de sa vie l’univers de l’asile.

Acte IV : chœur et figurants - Chorégraphie Claude Bardouil

Acte IV : chœur et figurants - Chorégraphie Claude Bardouil

Le Ve acte signe le retour au temps du premier acte, mais cette fois, Hamlet s’est transformé en Pierrot noir, la figure du vengeur immature qui porte sur lui la malédiction de son père. Car nous sommes dorénavant dans la psyché de cet homme perturbée par le ressassement de son passé.
Les deux fossoyeurs chantent auprès d’un corps allongé sur un brancard – l’acteur est celui qui incarnait le roi meurtrier au cours de la pantomime -, en rappelant que chacun va recevoir la visite de la Mort, y compris ceux qui complotent. C’est le moment de réflexion sur notre préparation à cet évènement définitif.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Laërte apparaît en personnage plutôt sombre, un peu brigand, et il faut que le spectre réapparaisse pour qu’enfin Hamlet passe symboliquement à l’action et tue l’image de Claudius. Et à ce moment là, le rideau semi-transparent se baisse alors qu’Ophélie souffle sur sa main des poussières de cendres, peut-être celle de son bonheur illusoire, comme si c’était elle qui nous avait raconté cette histoire.

A travers une poétique visuelle magnifiée par les jeux de lumières, Felice Ross utilise beaucoup les perspectives des lignes du décor grillagé pour induire des jeux d’ombres et de lumières fascinants, jusqu’à ajouter des jeux de motifs étincelants sur le grand rideau d’avant scène.

Philippe Rouillon (Polonius), Lisette Oropesa (Ophélie) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Philippe Rouillon (Polonius), Lisette Oropesa (Ophélie) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Le grand mérite de cette production qui analyse l’émergence de la folie sous un cerveau en apparence calme, est de sortir d’une lecture simple et évènementielle, de mélanger plusieurs niveaux temporels en laissant l’ambiguïté sur qui est fou et qui est lucide, de privilégier le sourire mélancolique mais joyeux à la pompe dépressive et ennuyeuse, et, surtout, de transcender tous les chanteurs en renforçant la façon de jouer de chacun d’entre eux.

Le premier à en tirer profit est bien entendu Ludovic Tézier.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Depuis sa rencontre avec Krzysztof Warlikowski en 2017 dans Don Carlos’, puis son passage dans les mains de Calixto Bieito (‘Simon Boccanegra’ - 2018) et Kirill Serebrennikov à Vienne (‘Parsifal’ - 2021), le chanteur toulousain s’est métamorphosé. Il donne à Hamlet une ampleur dramatique inédite, un art déclamatoire qui s’appuie sur une force de geste et d’intonation qui en font un immense personnage.

Et ce sens de l’ironie et de l’influx sanguin font ici merveille. Le timbre est somptueusement massif et travaillé avec souplesse, tout n’est que justesse de sens, et son autorité, particulièrement dans son duo avec Gertrude, s’impose tout en ne se prenant pas au sérieux.

Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski (Les Fossoyeurs) et Danielle Gabou

Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski (Les Fossoyeurs) et Danielle Gabou

Et en même temps, il y a toute cette affection qui déborde au salut final, et il faut voir avec quelle chaleur il encourage ses partenaires, et va chercher Krzysztof Warlikowski pour le rejoindre afin de lui témoigner une reconnaissance riante qui fait plaisir à voir. 

Ambroise Thomas, ce soir, doit beaucoup à la  rencontre entre ces deux intelligences, mais pas seulement.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Eve-Maud Hubeaux (Gertrude)

Chaque apparition d’Eve-Maud Hubeaux à l’Opéra de Paris va crescendo et permet d’admirer son évolution artistique qui ne cesse de prendre de nouvelles dimensions. En Gertrude, elle démontre une capacité expressive fauve phénoménale, une irradiance incendiaire, un déploiement de noirceur hypnotique, au point qu’une telle énergie dramatique alliée à un physique splendide accroît la nature séductrice de la Reine.

Et, bien entendu, la précision et intelligibilité de son français sont impeccables, tout en affichant, au moment des saluts, une modestie très surprenante.

Ludovic Tézier (Hamlet) et Julien Behr (Laërte)

Ludovic Tézier (Hamlet) et Julien Behr (Laërte)

Lisette Oropesa est aussi l’une des stars de la soirée puisque le rôle d’Ophélie a été écrit pour mettre en valeur les grandes qualités de virtuosité des meilleurs cantatrices de l’Opéra. Progressivement, les colorations de sa voix s’imprègnent de teintes chaleureuses vivifiées par une fine vibration qui ne peut que déclencher l’enthousiasme. Clarté riante, agilité, abattage et plénitude d’élocution magnifiques, tout n’est qu’apparente candeur et éblouissement pour le public qui le lui rend pleinement aux derniers adieux.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

Il incarnait, cet hiver, Swallow dans ‘Peter Grimes’ joué au Palais Garnier, Clive Bayley revient ce soir dans le rôle du spectre en lui donnant un impact saisissant de par son costume de Pierrot, bien évidemment, mais aussi par sa déclamation qui parcelle d’éclats très clairs un timbre mordant d’une très grande présence. Ce n’est pas du tout un spectre fantomatique à la voix d’outre-tombe, mais bien un être sensible, larmoyant même, quand il s’adresse à Hamlet.

Son timbre de voix s’identifie beaucoup à cette figure de la Commedia dell’arte, et la beauté ambivalente des mimiques de son visage est, en outre, poétisée au fil de la musique avec une belle légèreté de mouvement par les vidéographies de Denis Guéguin.

Ludovic Tézier (Hamlet)

Ludovic Tézier (Hamlet)

D’une très grande résonance sonore qui fait ressortir le métal de sa voix, Jean Teitgen joue très bien ce nouveau Roi, Claudius, viril mais tourmenté qui laisse ressortir des failles très humaines, et Philippe Rouillon, en Polonius, lui oppose une personnalité plus feutrée et autoritaire.

Le père d’Ophélie apparaît ici comme la figure la plus inébranlable du drame, comme s’il était vis à vis de Claudius ce que le Grand Inquisiteur est à Philippe II, c’est à dire une froide autorité supérieure.

Lisette Oropesa (Ophélie)

Lisette Oropesa (Ophélie)

Tous les rôles secondaires révèlent des qualités ou des particularités de personnalité qui leur sont propres, comme la droiture de Laërte soutenue par Julien Behr, au timbre de voix sévère et fortement canalisé, l’Horatio souple et décontracté de Frédéric Caton, et le beau délié ombré de Julien Henric en Marcellus, chanteur qui fait ses débuts à l’Opéra de Paris après avoir remporté en 2022 le premier prix Mélodie française du Concours International de chant de Marmande.

Et c’est avec plaisir que l’on retrouve en fossoyeurs deux brillants artistes issus de l’Atelier Lyrique, Alejandro Baliñas Vieites et Maciej Kwaśnikowski qui, tous deux, projettent leurs lignes de chant très harmonieusement dans Bastille.

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin

Krzysztof Warlikowski, Małgorzata Szczęśniak, Felice Ross et Denis Guéguin

Si une partie des chœurs est scéniquement fortement sollicitée dans cette production, ce qui est très drôle à regarder, tous font preuve d’une expansivité fantastique par leur ardeur mais aussi leur extrême finesse dans le passage recueilli chanté à bouche fermée avant le dernier air d’adieux d’Ophélie.

Ludovic Tézier, Krzysztof Warlikowski, Alessandro di Stefano (Chef des Choeurs) et Pierre Dumoussaud

Ludovic Tézier, Krzysztof Warlikowski, Alessandro di Stefano (Chef des Choeurs) et Pierre Dumoussaud

Pierre Dumoussaud, appelé à la rescousse fin janvier pour remplacer Thomas Hengelbrock qui s’était accidentellement cassé un bras, est aussi pour beaucoup dans la réussite de ce retour d’Hamlet’ au répertoire de l’Opéra de Paris.
Dès l’ouverture, il fait ressortir les plus beaux alliages orchestraux de la partition, la rutilance des cuivres se mêlant au métal des cordes avec un sens ample de la respiration d’une très belle majesté.

La musique d’Ambroise Thomas comporte aussi beaucoup de passages où les lignes sont à peine esquissées pour souligner l’art déclamatoire des chanteurs, et là aussi, le chef d’orchestre français dessine avec beaucoup d’élégance et de poésie ces traits fins au fusain, ce qui montre qu’il sait tirer profit au mieux des couleurs que lui offre l’orchestre de l’Opéra de Paris.

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski

Avoir réussi à redonner une modernité à cet ‘Hamlet’ avec un tel lustre, et lui donner une capacité à toucher la part la plus jeune du public en la stimulant par des interrogations qui défient son sens de l’inventivité, est à mettre au crédit d’une équipe artistique qui réitère la grande réussite de ‘Lady Macbeth de Mzensk’ qui triompha en 2019 sur cette même scène.

Encore faut-il que chaque spectateur accepte de se laisser absorber par ces mouvements incessants entre intrigue, imaginaire et fantasmes psychiques, ce qui fait le charme de toutes les productions de Krzysztof Warlikowski.

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Publié le 7 Mars 2023

Cet article présente l’architecture d’'Hamlet' d’Ambroise Thomas et ses différentes altérations.

La création d’’Hamlet’ à l’Opéra de Paris le 09 mars 1868

Contrairement à ‘Benvenuto Cellini’ de Berlioz, ‘Don Carlos’ de Verdi ou ‘Faust’ de Gounod dont il existe plusieurs versions fortement différentes, ‘Hamlet’ d'Ambroise Thomas, qui fit partie des 20 opéras les plus joués à la salle Le Peletier, et des 12 opéras les plus représentés au Palais Garnier jusqu’en 1938, n’existe que dans une seule version majeure.

Toutefois, la partition piano et chant (édition Heugel) signale plusieurs coupures possibles, intègre des variantes dans l’andante et la ballade d’Ophélie du IVe acte destinées aux débuts de Caroline Miolan-Carvalho dans le rôle d’Ophélie à l’Opéra de Paris le 31 mars 1875, et indique également que le duo n°8 de la Reine et du Roi devait être supprimé pour la scène, et ne fut donc pas intégré à la partition d’orchestre.

Une première version d’’Hamlet’ en 4 actes et sans ballet fut achevée en 1863, sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré inspiré d'’Hamlet, Prince de Danemark’ d’Alexandre Dumas (1848), où le héros était un ténor. Mais cette première mouture ne fut pas publiée.

C’est donc pour l’Opéra de Paris que fut créée une version pour baryton en cinq actes avec ballet (avec partage de l'ancien 4e acte en deux nouveaux actes) dont la première aura lieu le 09 mars 1868 à la salle Le Peletier. 

Mais un an plus tard, le 19 juin 1869, une version en italien fut jouée à Covent Garden pour laquelle Ambroise Thomas réécrivit le final, plus court, afin d’achever la pièce sur la mort d’Hamlet, comme chez Shakespeare (le final d’Alexandre Dumas laisse Hamlet survivre ce que le public anglais n’aurait pas accepté par fidélité à William Shakespeare).

Hamlet d'Ambroise Thomas, lors de sa reprise au Palais Garnier en 1875 - DeAgostini/Getty Images

Hamlet d'Ambroise Thomas, lors de sa reprise au Palais Garnier en 1875 - DeAgostini/Getty Images

Les altérations possibles de la partition d’Hamlet

Afin de rendre facilement lisible l’architecture en cinq actes d’'Hamlet’ tel qu'il fut créé à l'Opéra de Paris le 08 mars 1868, les graphiques qui suivent cherchent à mettre en évidence les passages dont la partition autorise la suppression, et présente à titre de comparaison deux interprétations scéniques récentes, celle d’Olivier Py et Marc Minkowski créée le 23 avril 2012 au Theater an der Wien - mais avec un faux final de Covent-Garden (1869) ajouté après le final original -, et celle de Krzysztof Warlikowski et Pierre Dumoussaud créée à l’Opéra de Paris le 11 mars 2023.

Dans le premier acte, seules les 13 mesures du prélude de l’Esplanade qui précèdent la reprise du motif solo du trombone peuvent être omises, selon la partition d’orchestre.

Dans le second acte, le second volet ‘Les serments ont des ailes’ de l’air d’Ophélie peut être coupé, et le duo de la Reine et du Roi ‘Hélas ! Dieu m’épargne la honte’ du livret original est indiqué 'supprimé à la scène' et n’est pas présent dans la partition d’orchestre.

Ce duo, qui ne laisse aucun doute sur la culpabilité du couple, sera cependant joué en 2012 au Theater an der Wien et aussi à l’Opéra de Paris en 2023 (il est présent dans un manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de France).

Aussi étrange que cela puisse paraître, le 3e acte autorise la suppression du monologue d’Hamlet ‘Etre ou ne pas être’. Un peu plus loin, une partie de l’air du Roi ‘Ah ! Vains efforts !’ peut être coupée, et les dernières mesures du trio Hamlet, Ophélie et la Reine, ‘Quel funeste soupçon .. Mon âme est fermée … Adieu joie et bonheur ‘, ne furent pas jouées lors de la création parisienne, selon les indications de la partition chant et piano, mais elles le seront bien en 2023.

Variante pour Madame Carvalho dans l'air d'Ophélie (Acte 4)

Variante pour Madame Carvalho dans l'air d'Ophélie (Acte 4)

Le 4e acte est composé du traditionnel ballet parisien (plus de 17 minutes), qui ne sera pas repris à Vienne en 2012, mais dont l’Opéra de Paris a conservé les deux premières parties, les ‘Pas des chasseurs’ et la ‘Pantomime’, soit 4 minutes, pour sa nouvelle production en 2023. Après le ballet, plusieurs variantes pour Mme Carvalho dans l'air d'Ophélie sont signalées.

Enfin, il est autorisé dans le 5e acte de ne conserver qu’un des deux couplets du duo des fossoyeurs.

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski lors d'une séance de travail d'Hamlet à l'Opéra de Paris (2023)

Ludovic Tézier et Krzysztof Warlikowski lors d'une séance de travail d'Hamlet à l'Opéra de Paris (2023)

La version que présentera en 2023 l’Opéra de Paris sur la scène Bastille est donc la plus complète jouée à ce jour depuis 1938, puisque seuls les derniers mouvements du ballet la ‘Valse Mazurka’, la ‘Scène du bouquet’, la ‘Freya’ et la ‘Strette finale’ ne seront pas repris.

Des codes couleurs sont utilisés ci-après pour identifier les coupures possibles et les passages symphoniques et de ballet, ainsi que le duo du Roi et de la Reine et le Final de Covent Garden.
La durée des actes est fidèlement retranscrite (1er acte 45 mn, 2d acte 48 mn, 3e acte 37 mn, 4e acte 26 m + 17 mn de ballet, 5e acte 19 mn), soit 3h12 ballet compris.

Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023
Versions et architecture de l'Hamlet' d’Ambroise Thomas depuis la création en 1868 à sa renaissance à l’Opéra de Paris en 2023

Interprétation au disque : la version d’Antonio de Almeida (1993)

En 1993, le chef d’orchestre Antonio de Almeida (1928 – 1997), enregistra chez EMI la première intégrale complète d’'Hamlet', avec en appendice, le duo de la Reine et du Roi, le ballet et le final de Covent Garden.

Il reste aujourd’hui l’enregistrement de référence d’’Hamlet’ avec une distribution magnifique, Thomas Hampson, June Anderson, Samuel Ramey, Denyce Graves, Jean-Philippe Courtis et même Gregory Kunde et François Le Roux.

Hamlet - Antonio Almeida (1993)

Hamlet - Antonio Almeida (1993)

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