Publié le 3 Janvier 2018

Quand Rolf Liebermann arriva à la direction du Palais Garnier, il prit à cœur de faire aimer l’opéra au plus grand nombre. Pour y parvenir, il ouvrit les répétitions générales au public et signa des accords de diffusion des spectacles de l’Opéra de Paris sur les chaînes de télévisions publiques.

Ainsi, le 24 septembre 1975 et le 30 mars 1976, Don Giovanni et Faust, diffusés en direct du Palais Garnier, réunirent respectivement 20% et 12% de l’audience sur Antenne 2 (le record d'audience absolu pour un opéra en France reste la diffusion sur la premoère chpâine de l'ORTF, le 12 avril 1973, de la représentation d' Il Trovatore captée aux Chorégies d'Orange le 23 juillet 1972 avec Montserrat Caballe, Ludovico Spiess, Irina Arkhipova, Peter Glossop, Nicola Zaccaria et Heather Begg, qui avait réuni 3,9 millions de téléspectateurs).

Suivirent La Cenerentola et Otello, au cours des étés 77 et 78, puis, le dimanche 15 avril 1979, week-end de Pâques, une des représentations de Lulu d’Alban Berg dans sa version en 3 actes fut diffusée en direct sur Antenne 2. Un entretien avec le journaliste Jean Michel Damian et le metteur en scène Patrice Chéreau encadrait par ailleurs cette captation réalisée par Bernard Sorel.

Au cours de la décennie qui suivit, le service public adopta une politique culturelle ambitieuse (Saint-François d'Assise le 12 décembre 1983 sur Antenne 2), pouvant compter sur la volonté de directeurs de programmes et d’hommes de cultures tels Yves Jaigu. Ce dernier, en effet, n’hésita pas à retransmettre sur FR3, de midi à 23h heures, au cours du lundi de Pâques 1989, Le Soulier de satin mis en scène par Antoine Vitez et créé au Festival d’Avignon en juillet 1987.

Yves Jaigu collaborera par la suite à la création de la chaîne franco-allemande La sept qui deviendra, en 1992, Arte.

Depuis, la compétition pour l’audimat a pris le dessus sur les obligations de qualité, et le mouvement de dérégulation de l'audiovisuel, initié en 1986, a engendré la disparition de la diffusion en prime des spectacles de l'Opéra de Paris pendant 20 ans, jusqu'au Simon Boccanegra programmé en direct par Gerard Mortier le 23 mai 2006 sur Arte.

Dorénavant, la diffusion des œuvres lyriques en première partie de soirée est le plus souvent délaissée par France Télévisions au profit d’Arte et de Mezzo.

Ce glissement vers Arte, Mezzo et internet, salutaire pour les passionnés d’opéra, n’est cependant pas sans conséquence sur l’impact de ces retransmissions envers le grand public.

En s’appuyant sur les audiences relevées au cours des 15 dernières années, cet article cherche à identifier les tendances et les enjeux de la diffusion d’œuvres lyriques sur les chaînes de télévision.

Teresa Stratas (Lulu) - 1979 - Opéra National de Paris

Teresa Stratas (Lulu) - 1979 - Opéra National de Paris

Les ouvrages lyriques diffusés sur France Télévisions (France 2 ou France 3) captent 5 % de part d’audience

Quand on sait qu’une chaîne de télévision peut espérer capter en prime-time 15 à 25% d’audience, soit 3 à 5 millions d’auditeurs, on comprend bien pourquoi une chaîne privée telle TF1 ne s’aventure plus à diffuser un opéra à 20h55 comme elle le fit pour Moise et Pharaon en 1984.

En effet, les audiences des spectacles de l’opéra de Paris ou des Chorégies d’Orange programmés sur France Télévisions (France 2 ou France 3) font en moyenne 5 % d’audience quel que soit l’horaire de diffusion.

Ainsi, en septembre 2009, Mireille en direct du Palais Garnier réunit 1,1 million de téléspectateurs (5,2% d’audience) en prime sur France 3, puis, en août 2012, La Bohème, en direct des Chorégies d’Orange, attira, après 22h00, 882.000 de téléspectateurs (6% d’audience).

Et il peut aussi bien arriver des contre-performances (Faust en direct de Bastille en 2011 avec Roberto Alagna avait réuni en prime 730.000 téléspectateurs, soit 3.3% d’audience), que des exploits (La Traviata en direct d’Orange en 2016 avait rassemblé 1,4 million de téléspectateurs après 22h00, soit 9,5% d’audience).

Mais même en pleine nuit, à 03h30 du matin, TF1 a réussi à capter 42.000 téléspectateurs en juillet 2016 pour regarder le Giulio Cesare enregistré à Garnier en 2011, soit 5,3% du public à cette heure-là.

Cette part d'audience de 5% se retrouve d'ailleurs sur toutes les émissions à dominante classique, comme on a pu le voir récemment pour les Victoires de la Musique Classique 2023 (976.000 de téléspectateurs sur France 3 en mars 2023 - soit 5,4%) ou bien Le Grand Echiquier au Château de Versailles, en décembre 2022, avec 966.000 téléspectateurs sur France 3, soit 4,9%.

Toutefois, sur France 5 cette audience est deux à 3 fois plus faible (1,5% à 2,5%). Ainsi, en juin 2017, Les Contes d'Hoffmann a obtenu 304.000 téléspectateurs, et Carmen, en juillet 2023, 371.000 téléspectateurs.

Natalie Dessay (Cléopatre) - 2011 - Opéra National de Paris

Natalie Dessay (Cléopatre) - 2011 - Opéra National de Paris

Les ouvrages lyriques diffusés sur Arte réunissent 4 fois moins de téléspectateurs que sur France Télévisions, soit environ 250.000 téléspectateurs en prime

Perçue comme élitiste de par la haute valeur culturelle de ses contenus, la chaine franco-allemande Arte réalise un peu plus de 2% d’audience sur une année soit 5 à 8 fois moins que les grandes chaines populaires télévisées.

Par conséquent, un opéra diffusé sur cette chaîne obtient en moyenne une audience de 1,2 % soit 250.000 téléspectateurs environ s’il est diffusé en prime, alors qu’il pourrait toucher 4 fois plus de spectateurs s’il était programmé sur France Télévisions.

Ainsi, Simon Boccanegra avait réuni 280.000 téléspectateurs en 2006, Werther, 321.000 téléspectateurs en 2010, Don Carlos 190.000 téléspectateurs en 2017 (accompagné par une large diffusion au cinéma), œuvres toutes retransmisses en direct de l’opéra Bastille.

Il en va de même pour le Festival d’Aix en Provence qui réunit 331.000 téléspectateurs pour Rigoletto en 2013 et 302.000 téléspectateurs pour Carmen en 2017, ce qui constitue une véritable performance.

Quant au Don Carlo de Salzbourg, seuls 112.000 téléspectateurs le suivirent en 2013, alors que le Fidelio de La Scala de Milan réunit 215.000 téléspectateurs en 2014, et Tosca, en direct de Baden Baden, attira 273.000 téléspectateurs en 2017.

Jonas Kaufmann (Don Carlos) - 2017 - Opéra National de Paris

Jonas Kaufmann (Don Carlos) - 2017 - Opéra National de Paris

Depuis 2011, plus aucune œuvre lyrique de l’Opéra National de Paris n’est diffusée à heure de grande écoute sur les deux grandes chaînes de France Télévisions, France 2 et France 3

Sous la direction de Nicolas Joel, l’Opéra de Paris a obtenu le droit de diffuser trois ans d’affilée, de 2009 à 2011, un opéra en prime time sur France Télévisions. Mireille, Les Noces de Figaro et Faust eurent cette chance, mais ces œuvres, toutes mises en scène par des régisseurs des années 70/80, étaient loin de donner une image actuelle et rénovée de l’Art Lyrique.

Elles réunirent chacune entre 750.000 et 1 million de téléspectateurs soit 2 à 3 fois plus de spectateurs que n’accueille l’institution au cours d’une saison complète de 190 soirées lyriques.

Depuis, l’Opéra de Paris obtient des diffusions d’œuvres lyriques en prime uniquement sur Mezzo, chaîne payante qui ne représente que 0,4% d’audience, et très rarement sur Arte (Don Carlos en 2017), le ballet lui étant éventuellement préféré (Don Quichotte le 04 janvier 2013).

Snegourotchka - 2017 - Opéra National de Paris

Snegourotchka - 2017 - Opéra National de Paris

Le rythme de diffusion d’œuvres lyriques de l’Opéra National de Paris sur Arte, en seconde partie de soirée, ou en pleine nuit sur France Télévisions et TF1 se maintient (un tous les 2 mois en moyenne).

En 2017, Snegourotchka, Le Barbier de Séville, Rigoletto, La Damnation de Faust, Carmen, Tosca, La Traviata, et, en 2016, Les Puritains, La Fanciulla del West, La Traviata, La Gioconda, Falstaff, Giulio Cesare, Hansel und Gretel, furent diffusées la nuit sur les chaines télévisées gratuites.

En effet, l’Opéra de Paris conclut chaque saison des accords avec France Télévisions, Arte et, parfois, TF1, pour retransmettre la nuit des captations tout au long de l’année.

La Damnation de Faust - 2015 - Opéra National de Paris

La Damnation de Faust - 2015 - Opéra National de Paris

Plus de 60 spectacles lyriques du monde en entier sont accessibles gratuitement sur les plates-formes en ligne dont 4 de l’Opéra de Paris

Au 1er janvier 2018, plus de 60 spectacles lyriques du monde entier sont accessibles gratuitement sur les sites internet de Culturebox (France Télévisons), Concert Arte (Arte), Medici.TV, Operavision, dont certains jusqu’à la fin de l’année. Il n’y en avait que 20 au début de l'année 2014.

Et parmi ceux-ci, Snegourotchka, Carmen, Don Carlos et La Bohème, 4 œuvres de l’Opéra de Paris de l’année 2017 peuvent être revus à tout moment depuis le premier soir de leur diffusion en prime-time sur internet.

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie) - 2017 - Opéra National de Paris

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie) - 2017 - Opéra National de Paris

Pour conclure

Pour les passionnés d’Opéra, la seconde décennie du XXIème siècle est d’une richesse médiatique inégalée avec le renforcement d'Arte par les plateformes en ligne. Mais elle ne bénéficie qu’à environ 300.000 à 400.000 lyricophiles de l’hexagone qui est un public déjà conquis.

Quant aux diffusions payantes sur Mezzo ou au cinéma, elles ne concernent pas plus de 100.000 spectateurs de l'hexagone par an

Ce panorama de la diffusion des spectacles de l’Opéra de Paris montre que le média le plus puissant reste les chaines de France Télévisions (France 2 et France 3 principalement, l'audience sur France 5 étant moitié moindre) malgré la compétition des nombreuses petites chaînes spécialisées.

Car même avec 5% de part d’audience, c’est entre 700.000 et 1.000.000 de téléspectateurs qui peuvent être touchés en première partie de soirée, dont les ¾ n’auraient pas regardé un opéra si la diffusion était portée par internet ou Arte. C'est donc bien sur France 2 et France 3 que l'on peut conquérir un nouveau public. Mais cela doit se faire avec des spectacles innovants.

D’ailleurs, on constate que les émissions de musique classique de France Télévisions (France 2 et France 3), telles Le Concert des Etoiles, Musique en fête, Fauteuil d’Orchestre (Anne Sinclair) ou bien La Folie Offenbach, dépassent toutes le million d’auditeurs, ce qui reste très encourageant.

Ainsi, le mouvement qui consiste depuis 6 ans à diffuser les contenus lyriques sur les plateformes numériques et au cinéma ne remplace pas la force d'attraction d’une diffusion sur une grande chaîne généraliste, qui, nous l’espérons, reprendra à l’orée de l’anniversaire des 350 ans de l’Académie Royale de Musique.

Olga Guyakova (Amelia) - 2007 - Opéra National de Paris

Olga Guyakova (Amelia) - 2007 - Opéra National de Paris

Quelques mesures d'audiences de programmes musicaux depuis 1993

La Traviata - Chorégies d'Orange - 20 juillet 1993, 21h40 - France 3 : 3.750.000 téléspectateurs
La Flûte enchantée - Festival de Schwetzingen - 01 mai 2002, 19h00 - Arte : ? téléspectateurs
Eugène Onéguine - Festival d'Aix-en-Provence - 10 juillet 2002, 21h35 - Arte : ? téléspectateurs
Turandot - Festival de Salzbourg - 22 août 2002 - Arte : ? téléspectateurs

Les Troyens - Théâtre du Châtelet - 26 octobre 2003, 14h00 - France 3 et France 2 : 1.000.000 téléspectateurs
La Traviata - Réouverture de la Fenice de Venise - 18 novembre 2004, 19h00 - Arte : 800.000 téléspectateurs
La Bohème - Chorégies d'Orange - 02 août 2005, 21h30 - France 2 : 670.000 téléspectateurs
Simon Boccanegra - Opéra de Paris - 23 mai 2006, 19h30 - Arte : 280.000 téléspectateurs

La Fille du Régiment - Royal Opera House - Covent Garden - 21 juin 2007, 20h45 - Arte : 575.000 téléspectateurs (yc Allemagne?)
Il Trovatore - Chorégies d'Orange - 31 juillet 2007, 22h00 - France 2 : 1.500.000 téléspectateurs

Orphée et Eurydice - Opéra de Paris - 16 février 2008, 19h30 - Arte : 238.000 téléspectateurs
Faust - Chorégies d'Orange - 05 août 2008, 21h30 - France 2 : 1.800.000 téléspectateurs
Marius et Fanny - Opéra de Marseille - 06 novembre 2008, 21h00 - Arte : 369.000 téléspectateurs
Le Crépuscule des Dieux - Acte III- Festival d'Aix-en-Provence - 09 juillet 2009, 23h10 - France 3 : 200.000 téléspectateurs
La Traviata - Chorégies d'Orange - 15 juillet 2009, 21h45 - France 2 : 1.200.000 téléspectateurs
Mireille - Opéra de Paris - 07 septembre 2009, 19h30 - France 3 : 1.100.000 téléspectateurs

Carmen - Scala de Milan - 07 décembre 2009, 20h45 - Arte : 678.000 téléspectateurs
La Dame de Pique - Opéra de Paris - 24 décembre 2009, 02h15 - TF1 : 350.000 téléspectateurs
Carmen - Opéra Comique - 02 janvier 2010, 20h35 - France 3 : 1.000.000 téléspectateurs
Werther - Opéra de Paris - 26 janvier 2010, 20h35 - Arte : 321.000 téléspectateurs

Tosca - Chorégies d'Orange - 18 juillet 2010, 21h35 - France 2 : 600.000 téléspectateurs
Rigoletto - Palazzo Te de Mantoue - 04 septembre 2010, 20h35 - France 3 : 541.000 téléspectateurs
Rigoletto - La Fenice de Venise - 02 octobre 2010, 20h30 - Arte : 355.000 téléspectateurs
Les Noces de Figaro - Opéra de Paris - 03 novembre 2010, 19h30 - France 3 : 731.000 téléspectateurs

Musique en fête 2011 en direct du Théâtre antique d’Orange - 20 juin 2011, 20h55 - France 3 : 2.000.000 téléspectateurs
Faust - Opéra de Paris - 10 octobre 2011, 19h30 - France 3 : 730.000 téléspectateurs
Don Quichotte (ballet) - Opéra de Paris - 04 janvier 2013, 20h50 - Arte : 508.000 téléspectateurs
Rigoletto - Festival d'Aix-en-Provence - 12 juillet 2013, 21h30 - Arte : 331.000 téléspectateurs
Don Carlo - Festival de Salzbourg - 16 août 2013, 17h30 - Arte : 112.000 téléspectateurs
La Flûte enchantée - Festival d'Aix-en-Provence - 10 juillet 2014, 20h50 - Arte : 385.000 téléspectateurs
Otello - Chorégies d'Orange - 05 août 2014, 21h50 - France 2 : 436.000 téléspectateurs

Il Trovatore - Festival de Salzbourg - 15 août 2014, 20h50 - Arte : 200.000 téléspectateurs
Fidelio - Scala de Milan - 07 décembre 2014, 20h45 - Arte : 215.000 téléspectateurs
Giulio Cesare - Opéra de Paris - 22 juillet 2016, 03h30 - TF1 : 42.000 téléspectateurs
Le concert des étoiles - Hommage à Pavarotti - 09 septembre 2016, 20h55 - France 3 : 1.190.000 téléspectateurs
Tosca - Baden-Baden - 17 avril 2017, 20h50 - Arte : 273.000 téléspectateurs

Les Contes d'Hoffmann - Opéra de Paris - 01 juin 2017, 20h50 - France 5 : 304.000 téléspectateurs
Carmen - Festival d'Aix-en-Provence - 06 juillet 2017, 20h55 - Arte : 302.000 téléspectateurs
Le concert de Paris - 14 juillet 2017, 20h55 - France 2 : 3.088.000 téléspectateurs
Don Carlos - Opéra de Paris - 19 octobre 2017, 20h55 - Arte : 190.000 téléspectateurs

Fauteuils d'orchestre - Émission d'Anne Sinclair - 18 décembre 2017, 20h50 - France 3 : 1.122.000 téléspectateurs
Concert du nouvel - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2018, 12h15 - France 2 : 3.095.000 téléspectateurs
La Folie Offenbach - 01 janvier 2018, 21h00 - France 3 : 1.314.000 téléspectateurs

Les victoires de la musique classique 2018 - 23 février 2018, 21h00 - France 3 : 1.270.000 téléspectateurs
Le Roi Arthus - Opéra de Paris - 06 avril 2018, 00h05 - France 2 : ? téléspectateurs

Tosca - Opéra de Paris - 17 mai 2018, 00h05 - France 3 : ? téléspectateurs
Musique en fête 2018 en direct du Théâtre antique d’Orange - 20 juin 2018, 20h55 - France 3 : 1.456.000 téléspectateurs
Macbeth - Staatsoper Berlin - 21 juin 2018, 20h55 - Arte : 228.000 téléspectateurs
Le concert des étoiles - Hommage à Giuseppe Verdi - 18 juillet 2018 , 20h55 - France 3 : 921.000 téléspectateurs

Roberto Alagna, l'homme à la voix d'or - 01 août 2018 , 20h55 - France 3 : 1.230.000 téléspectateurs
Attila - Scala de Milan - 07 décembre 2018, 22h25 - Arte : 85.000 téléspectateurs
Le concert des étoiles - Hommage à Mozart - 14 décembre 2018 , 21h10 - France 3 : 1.107.000 téléspectateurs
Maria Callas - une vie d'opéra - 26 décembre 2018 , 21h00 - France 3 : 833.000 téléspectateurs
Notre-Dame : le grand concert depuis les Invalides - 20 avril 2019, 21h00 - France 2 : 2.030.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2019 - 14 juillet 2019, 20h55 - France 2 : 3.127.000 téléspectateurs
Cavalleria Rusticana dans les rues de Matera - 03 août 2019, 20h55 - Arte : 212.000 téléspectateurs
Les Trésors de l'Opéra de Paris - 26 décembre 2019, 20h50 - France 5 : 832.000 téléspectateurs
La Flûte enchantée - Opéra Royal de Versailles - 4 décembre 2020, 20h50 - France 5 : 747.000 téléspectateurs
Le Lac des Cygnes - Opéra de Kiev - 19 décembre 2020, 13h00 - Arte : 338.000 téléspectateurs
Gala - Scala de Milan - 20 décembre 2020, 17h20 - Arte : 413.000 téléspectateurs

Concert du nouvel An - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2021, 11h10 - France 2 : 2.100.000 téléspectateurs
Concert du nouvel An - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2021, 12h15 - France 2 : 3.300.000 téléspectateurs
Concert du nouvel An - La Fenice - 01 janvier 2021, 17h40 - Arte : 695.000 téléspectateurs

Chantons Faisons tapage - Opéra Comique -15 janvier 2021, 20h55 - France 5 : 312.000 téléspectateurs
Titon et l'Aurore - Opéra Comique - 19 janvier 2021, 20h00 - Medici.tv: 42.000 téléspectateurs en direct (90 000 avec le replay)
Créer aujourd'hui - Opéra de Paris - 29 janvier 2021, 20h50 - France 5 : 289.000 téléspectateurs
Un opéra pour un Empire - Opéra de Paris - 30 janvier 2021, 20h50 - Arte : 791.000 téléspectateurs
Aida - Opéra de Paris - 21 février 2021, 14h00 - Arte: ? téléspectateurs
Les victoires de la musique classique 2021 - 24 février 2021, 21h00 - France 3 : 1.076.000 téléspectateurs
Faust - Opéra de Paris - 26 mars 2021, 20h50 - France 5: 199.000 téléspectateurs
L'école des rêves - Opéra de Paris - 09 avril 2021, 20h55 - France 5: 611.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Théâtre des Champs-Elysées - 17 avril 2021, 20h55 - France 5: 502.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2021 - 14 juillet 2021, 21h10 - France 2 : 3.540.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2021 - 20 juillet 2021, 21h10 - France 4 : 256.000 téléspectateurs
Madame Butterfly - Glyndebourne - 10 août 2021, 21h10 - France 4 : 320.000 téléspectateurs
Tristan und Isolde - Berlin Staatsoper - 17 août 2021, 21h10 - France 4 : 356.000 téléspectateurs
Les Noces de Figaro - Théâtre des Champs-Elysées - 24 août 2021, 21h10 - France 4 : 198.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Émission d'Anne Sinclair - 10 septembre 2021, 20h55 - France 5 : 525.000 téléspectateurs
Macbeth - Scala de Milan - 07 décembre 2021, 19h50 - Arte : 198.000 téléspectateurs

Macbeth - Scala de Milan - 07 décembre 2022, 17h45 - Rai 1 : 2.064.000 téléspectateurs (10,5% d'audience)
Une saison (très) particulière - Opéra de Paris - 17 décembre 2021, 20h55 - France 5 : 730.000 téléspectateurs

Les victoires de la musique classique 2022 - 09 mars 2022, 21h00 - France 3 : 1.030.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Théâtre du Châtelet - 17 juin 2022, 20h55 - France 5 : 395.000 téléspectateurs
Musiques en Fête 2022 en direct du Théâtre antique d’Orange - 20 juin 2022, 21h05 - France 3 : 1.237.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2022 - 14 juillet 2022, 21h10 - France 2 : 2.960.000 téléspectateurs
L'Elixir d'Amour - Chorégies d'Orange - 22 juillet 2022, 21h00 - France 5 : 159.000 téléspectateurs

Le Grand Echiquier - Château de Versailles - 05 décembre 2022, 21h00 - France 3 : 966.000 téléspectateurs
Boris Godounov - Scala de Milan - 07 décembre 2022, 17h45 - Rai 1 : 1.495.000 téléspectateurs (9,1% d'audience)
Les 30e victoires de la musique classique 2023 - 01 mars 2023, 21h00 - France 3 : 976.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Théâtre des Champs-Elysées - 09 juin 2023, 21h00 - France 5 : 379.000 téléspectateurs
Musiques en Fête 2023 en direct du Théâtre antique d’Orange - 19 juin 2023, 21h05 - France 3 : 1.100.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2023 - 14 juillet 2023, 21h10 - France 2 : 3.260.000 téléspectateurs
Carmen - Chorégies d'Orange - 28 juillet 2023, 21h00 - France 5 : 371.000 téléspectateurs
Don Carlo - Scala de Milan - 07 décembre 2023, 17h45 - Rai 1 : 1.411.000 téléspectateurs (8,4% d'audience)
Concert du nouvel An - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2024, 11h15 - France 2 : 1.940.000 téléspectateurs
Les 31e victoires de la musique classique 2024 - 29 février 2024, 21h00 - France 3 : 804.000 téléspectateurs
Hommage à Patrick Dupond - Opéra de Paris - 01 mars 2024, 21h00 - France 5 : 320.000 téléspectateurs
Roméo et Juliette - Opéra de Paris - 03 mai 2024, 21h00 - France 5 : 276.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Opéra Comique - 14 juin 2024, 21h00 - France 5 : 331.000 téléspectateurs
Musiques en Fête 2024 en direct du Théâtre antique d’Orange - 19 juin 2024, 21h05 - France 3 : 831.000 téléspectateurs
Roméo, Juliette, Thomas et les autres - Opéra de Paris - 05 juillet 2024, 21h00 - France 5 : 145.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2024 - 14 juillet 2024, 20h45 - France 2 : 3.010.000 téléspectateurs
L'Olympiade - Théâtre des Champs-Elysées - 19 juillet 2024, 21h00 - France 5 : 60.000 téléspectateurs
Roberto Alagna aux Folies Bergère, le concert anniversaire - 11 octobre 2024, 21h05 - France 5 : 816.000 téléspectateurs
Fauteuils d'orchestre - Opéra Comique - 06 décembre 2024, 21h00 - France 5 : 495.000 téléspectateurs
La Forza del Destino - Scala de Milan - 07 décembre 2024, 18h00 - Rai 1 : 1.603.000 téléspectateurs (10,2% audience)
George Balanchine - Ballet impérial - Who Cares ? - Opéra de Paris - 27 décembre 2024, 21h05 - France 5 : 299.000 téléspectateurs
Concert du nouvel An - Musikverein de Vienne - 01 janvier 2025, 12h15 - France 2 : 2.710.000 téléspectateurs
La Reine des neiges- Théâtre des Champs-Elysées - 03 janvier 2025, 21h05 - France 5 : 428.000 téléspectateurs (2,4% d'audience)
Une journée (extra)ordinaire : 24h à l'opéra Garnier - Opéra de Paris - 24 janvier 2025, 21h00 - France 5 : 745.000 téléspectateurs (3,9% d'audience)
Gala d'anniversaire des 150 ans de l'Opéra Garnier  - Opéra de Paris - 24 janvier 2025, 22h15 - France 5 : 385.000 téléspectateurs (3,3% d'audience)
Les 32e victoires de la musique classique 2025 - 05 mars 2025, 21h00 - France 3 : 968.000 téléspectateurs
Gala des Ambassadeurs Rolex - Opéra de Paris - 30 mai 2025, 21h00 - France 5 : 624.000 téléspectateurs (3,9% d'audience)
Fauteuils d'orchestre - Théâtre du Châtelet - 13 juin 2025, 21h00 - France 5 : 325.000 téléspectateurs
Musiques en Fête 2025 en direct du Théâtre antique d’Orange - 20 juin 2025, 21h05 - France 3 : 1.167.000 téléspectateurs
Entre duel et duo - Jean-François Zygel & André Manoukian - Festival Les Baux Pianos - 05 juillet 2025, 21h05 - France 5 : 323.000 téléspectateurs
Le concert de Paris 2025 - 14 juillet 2024, 21h10 - France 2 : 2.941.000 téléspectateurs
La Belle au Bois dormant - Opéra de Paris - 26 décembre 2025, 21h05 - France 5 : 254.000 téléspectateurs
La force du destin : une saison à la Scala - 02 janvier 2026, 21h05 - France 5 : 184.000 téléspectateurs

Principales dates de diffusion d’œuvres lyriques de l'Opéra de Paris en prime-time de 1958 à 1986

Création de la RTF le 04 février 1949.

Callas à Paris - La grande nuit de l'Opéra - 19 décembre 1958, 21h20 - RTF 1er chaine
Carmen - 10 novembre 1959, 20h20 - RTF 1er chaine

Les Perses (Tragédie d'Eschyle mis en scène sous forme d'oratorio) - 31 octobre 1961, 20h30 - RTF 1er chaine

Création de l'ORTF le 27 juin 1964.

Le Bolshoi à l'Opéra - Extraits de Boris Godounov - 09 mars 1970, 20h30 - ORTF 1er chaine
Le Bolshoi à l'Opéra - Extraits de Eugène Onéguine - 13 avril 1970, 20h30 - ORTF 1er chaine
Falstaff - 29 juin 1971, 20h35 - ORTF 2e chaine

Démantèlement de l'ORTF et création de TF1, Antenne 2 et FR3 le 01 janvier 1975.

Don Giovanni - 24 septembre 1975, 20h30 - Antenne 2

Faust - 30 mars 1976, 20h30 - Antenne 2

L'enlèvement au Sérail - 12 mai 1977, 20h30 - Antenne 2
Der Rosenkavalier - 25 juin 1977, 20h30 - Antenne 2

Platée - 09 juillet 1977, 20h30 - Antenne 2
La Cenerentola - 01 octobre 1977, 20h30 - Antenne 2

Les Contes d'Hoffmann - 04 mars 1978, 20h30 - Antenne 2
Otello - 13 juillet 1978, 20h30 - Antenne 2

Werther - 20 juillet 1978, 20h30 - Antenne 2
Simon Boccanegra - 03 décembre 1978, 20h30 - Antenne 2
Samson et Dalila - 21 décembre 1978, 20h30 - Antenne 2
Véronique - 30 décembre 1978, 21h35 - Antenne 2

Lulu - 15 avril 1979, 20h30 - Antenne 2
L'enfant et les sortilèges / Oedipe Rex - 27 mai 1979, 20h30 - Antenne 2
Le Marchand de Venise - 12 juillet 1979, 20h40 - Antenne 2

Tom Jones - 10 septembre 1979 - TF1
Viva Offenbach - 20 décembre 1979, 20h35 - Antenne 2

La Fille du Régiment - 01 janvier 1980, 15h50 - Antenne 2
Nabucco - 06 janvier 1980, 20h30 - Antenne 2
Carmen - 15 mai 1980, 20h30 - Antenne 2
Les Noces de Figaro - 14 juillet 1980, 20h30 - Antenne 2

Boris Godounov - 24 août 1980, 20h30 - Antenne 2
Die Frau ohne Schatten - 21 novembre 1980, 20h30 - TF1

La Bohème - 17 décembre 1980, 20h35 - Antenne 2 (représentation du 11 juillet 1980)

Peter Grimes - extraits - 01 février 1981, Antenne 2
Jenufa - 06 mars 1981, 20h30 - TF1
Le Vaisseau fantôme - 17 avril 1981, 20h30 - TF1
Un bal Masqué - 22 mai 1981, 20h30 - TF1
La Force du Destin - 10 juillet 1981, 20h30 - TF1
Turandot - 03 août 1981, 20h30 - Antenne 2
Dardanus- 07 août 1981, 20h30 - TF1

Le Barbier de Séville - 01 janvier 1982, 20h30 - FR3
Tosca - 29 mars 1982 - FR3
L'Opéra de Paris - 23 mai 1982, 23h00 - TF1

Fin du monopole d’État sur l'audiovisuel public le 29 juillet 1982 - Création de la Haute Autorité chargée de la régulation.

Roméo et Juliette 14 février 1983, 20h30 - Antenne 2
Eugène Onéguine 30 mai 1983, 20h35 - Antenne 2
Falstaff - 04 juillet 1983, 20h35 - Antenne 2
Saint-François d'Assise - 12 décembre 1983, 20h35 - Antenne 2

La Belle Hélène - 31 décembre 1983, 20h30 - TF1

La Chauve Souris - 06 février 1984, 20h30 - Antenne 2
Jérusalem - 14 mai 1984, 20h30 - Antenne 2
Moïse et Pharaon - 28 août 1984, 20h30 - TF1
Werther - 20 novembre 1984, 20h30 - Antenne 2
L’Étoile - 31 décembre 1984, 20h30 - Antenne 2

Macbeth - 04 mars 1985, 20h30 - Antenne 2

La Fille du Régiment - 09 juillet 1986, 21h35 - TF1
Tristan und Isolde - 06 août 1987, 22h35 - Antenne 2
Atys - 31 décembre 1987, 20h30 - FR3

Création de La Cinq, première chaine privée nationale gratuite, le 20 février 1986.
Création de La Sept, chaine française d'éducation à vocation européenne, le 27 février 1986.
Remplacement de la Haute Autorité par la Commission nationale de la communication et des libertés, le 30 septembre 1986.
Privatisation de TF1 le 06 avril 1987.

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Publié le 1 Janvier 2018

TV-Web Janvier 2018 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Lundi 01 janvier 2018 sur France 2 à 11h15
Concert du Nouvel An de Vienne - dm Muti

Lundi 01 janvier 2018 sur Arte à 18h40
Concert du Nouvel An à la Fenice de Venise - dm Chung

Lundi 01 janvier 2018 sur France 3 à 21h00
La folie Offenbach - ms Duffaut - dm Didier Benetti

Orchestre de l'Opéra de Rouen - Ensemble Fiat Cantus

Mardi 02 janvier 2018 sur Arte à 05h00
Bal viennois avec l'orchestre de Paris

Mardi 02 janvier 2018 sur Arte à 13h35
West Side Story (film) - chorégraphie Jérome Robbins

Mercredi 03 janvier 2018 sur Arte à 05h00
L'orchestre de la Scala place du Dôme de Milan

Mercredi 03 janvier 2018 sur Arte à 22h45
Florence Fosgter Jenkins - La véritable histoire de la soprano qui chantait faux

Avec Joyce Di Donato

Vendredi 05 janvier 2018 sur France 3 à 00h40
La folie Offenbach - ms Duffaut - dm Didier Benetti

Orchestre de l'Opéra de Rouen - Ensemble Fiat Cantus

Vendredi 05 janvier 2018 sur France 2 à 02h00
Dardanus (Rameau) - ms Fau - dm Pichon

Arquez, Antoun, Sempey, Watson

Dimanche 07 janvier 2018 sur France 3 à 00h40
Don Giovanni (Mozart) - ms Poivre d'Arvor, Savary, dm Gravoin

Saint-Martin, Lécroart, Knecht, Revault d'Allones, Guliashvili

Dimanche 07 janvier 2018 sur Arte à 05h30
Pavarotti, hommage aux Arènes de Vérone

Dimanche 07 janvier 2018 sur Arte à 18h30
Max Raabe et la Palast Orchester

Dimanche 07 janvier 2018 sur Arte à 23h30
Le Pays du sourire (Lehar) - ms Homoki - dm Luisi

Kleiter, Beczala, Lang, Olvera, Davidson

Lundi 08 janvier 2018 sur Arte à 02h10
Mstislav Rostropovitch - L'archer indomptable

Lundi 08 janvier 2018 sur Arte à 03h30
La Philharmonie de Paris, un rêve musical

Mercredi 10 janvier 2018 sur Arte à 05h00
Oum Kalthoum, la voix du Caire

Jeudi 11 janvier 2018 sur Arte à 05h00
Max Raabe et la Palast Orchester

Dimanche 14 janvier 2018 sur France 3 à 02h45
La folie Offenbach - ms Duffaut - dm Didier Benetti

Orchestre de l'Opéra de Rouen - Ensemble Fiat Cantus

Dimanche 14 janvier 2018 sur Arte à 18h25
Œuvres de Mozart - Prohaska, Ottensamer, Frantz

Lundi 15 janvier 2018 sur France 3 à 02h15
Don Giovanni (Mozart) - ms Poivre d'Arvor, Savary, dm Gravoin

Saint-Martin, Lécroart, Knecht, Revault d'Allones, Guliashvili

Dimanche 21 janvier 2018 sur Arte à 18h20
Le Sacre du printemps - dm Nelsons - Gewandhaus de Leipzig

Dimanche 21 janvier 2018 sur Arte à 23h30
Mythos Carmen (documentaire) - Alagna, Garanca, Domingo

Lundi 22 janvier 2018 sur Arte à 00h20
Lucio Silla (Mozart) - ms Kratzer - dm Manacorda - La Monnaie

Ovenden, Ruiten, Bonitatibus, Saturova, Eerens, Allemano

Vendredi 26 janvier 2018 sur France 2 à 00h00
Tamerlano (Haendel) - ms Audi - dm Rousset

Dumaux, Ovenden, Karthauser, Galou, Berg, Hallenberg, D'Haese

Samedi 28 janvier 2018 sur Arte à 18h20
Nisi Dominus et Stabat Mater (Vivaldi) - Tim Mead

Dimanche 29 janvier 2018 sur Arte à 00h20
Airs de Lully, Charpentier, Delalande, Couperin, Desmaret, de Visée

William Christie


Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 03 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Macbeth de Verdi au Royal Opera House de Londres

Vendredi 05 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
I Capuleti e I Montecchi de Bellini à la Fenice de Venise

Samedi 06 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
La Bohème de Puccini au Liceu de Barcelone

Dimanche 07 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
L'Etoile de Chabrier à Amsterdam

Mercredi 10 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
I Capuleti e i Montecchi de Bellini au Liceu de Barcelone

Vendredi 12 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
Wozzeck d'Alban Berg au Nationale Opera d'Amsterdam

Samedi 13 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Riccardo Muti dirige Otello de Verdi à Salzbourg

Dimanche 14 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
Don Giovanni de Mozart à La Fenice de Venise

Mercredi 17 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Einstein on the beach de Philip Glass et Robert Wilson au Théâtre du Châtelet

Vendredi 19 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
Alceste de Gluck à La Fenice de Venise

Samedi 20 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Agrippina de Haendel au Theater an der Wien

Dimanche 21 janvier 2018 sur Mezzo HD à 22h05
Wozzeck d'Alban Berg au Nationale Opera d'Amsterdam

Mercredi 24 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Don Giovanni de Mozart à Fontainebleau

Vendredi 26 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
L'Etoile de Chabrier à Amsterdam

Samedi 27 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
William Christie dirige Hercules de Haendel à l'Opéra national de Paris

Dimanche 28 janvier 2018 sur Mezzo HD à 20h30
Don Giovanni de Mozart à La Fenice de Venise

Mercredi 31 janvier 2018 sur Mezzo HDà 20h00 (Direct)
Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach à l'Opéra de Monte-Carlo

Mercredi 31 janvier 2018 sur Mezzo à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Concert Arte, Medici.Tv et Br Klassik

Die Meistersinger von Nüremberg (Bayreuth) - ms Barrie Kosky

 

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

Operetka (Armel Festival Opera) jusqu'au 01 janvier 2018

Le Barbier de Séville (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 janvier 2018

Les Noces de Figaro (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 janvier 2018

Figaro divorce (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 janvier 2018

Pinocchio (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 08 janvier 2018

Don Giovanni (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2018

Rigoletto (Chorégies d'Orange) jusqu'au 12 janvier 2018

Barbara Hannigan vue par Mathieu Amalric jusqu'au 12 janvier 2018

Le Concert de Paris (Champs-de-Mars) jusqu'au 15 janvier 2018

Snegourotchka (Opéra National de Paris) jusqu'au 16 janvier 2018

Carmen (Opéra National de Paris) jusqu'au 17 janvier 2018

L'écume des jours (Opéra de Stuttgart) jusqu'au 21 janvier 2018

La Damnation de Faust (ms Ruggero Raimondi) jusqu'au 01 février 2018

La clémence de Titus (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 03 février 2018

Les amants magnifiques (Opéra de Rennes) jusqu'au 04 février 2018

Les pêcheurs de perles (Auditorium du nouveau siècle) jusqu'au 05 février 2018

L'ombre de Venceslao (Capitole de Toulouse) jusqu'au 06 février 2018

Aida (Chorégies d'Orange) jusqu'au 10 février 2018

Tosca (Opéra National de Norvège) jusqu'au 02 mars 2018

André Chénier (Teatro alla Scala) jusqu'au 07 mars 2018

Aida (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 13 mars 2018

Le retour d'Ulysse dans sa patrie (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 13 mars 2018

Don Carlos (Opéra National de Paris) jusqu'au 18 mars 2018

Sonate d'automne (Finnish National Opera) jusqu'au 22 mars 2018

Jérusalem (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 24 mars 2018

Miranda (Opéra Comique) jusqu'au 29 mars 2018

Semele (Garsington Opera) jusqu'au 01 avril 2018

Pelléas et Mélisande (Komische Oper Berlin) jusqu'au 14 avril 2018

Kein Licht (Opéra Comique) jusqu'au 20 avril 2018

Guillaume Tell (Sarrebruck) jusqu'au 20 avril 2018

L'Or du Rhin (Opera North) jusqu'au 27 avril 2018

Les Noces de Figaro (Garsington Opera) jusqu'au 02 mai 2018

Lucio Silla (La Monnaie) jusqu'au 09 mai 2018

Le Barbier de Séville (Théâtre des Champs Élysées) jusqu'au 15 mai 2018

La Walkyrie (Opera North) jusqu'au 17 mai 2018

Faust (Opéra de Lettonie) jusqu'au 21 mai 2018

Tannhäuser (Staatsoper Berlin) juqu'au 24 mai 2018

La Chauve-Souris (Opéra de Marseille) jusqu'au 27 mai 2018

Siegfried (Opera North) jusqu'au 08 juin 2018

Le chant de la Terre (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 09 juin 2018

Legenda Baltyku (Poznan Opera House) jusqu'au 09 juin 2018

Le songe d'une nuit d'été (Alexandre Ekman) jusqu'au 14 juin 2018

Dialogues des Carmélites (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 14 juin 2018

La Bohème (Opéra National de Paris) jusqu'au 15 juin 2018

Le Barbier de Séville (Théâtre des Champs-Élysées) jusqu'au 15 juin 2018

Hänsel und Gretel (Hungarian State Opera) jusqu'au 21 juin 2018

Gtterdämmerung (Opera North) jusqu'au 21 juin 2018

Otello (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 27 juin 2018

Le Comte Ory (Opéra Comique) jusqu'au 30 juin 2018

Rigoletto (Chorégies d'Orange) jusqu'au 11 juillet 2018

Erismena (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 12 juillet 2018

Dans les coulisses du Festival d'Avignon jusqu'au 21 juillet 2018

Roméo et Juliette et Le Château de Barbe-Bleue (Helsinski) jusqu'au 13 septembre 2018

Manon Lescaut (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 septembre 2018

Lucia di Lammermoor (Opéra de Lausanne) jusqu'au 05 octobre 2018

Il Terremoto (Festival Misteria Paschalia) jusqu'au 18 octobre 2018

Fra Diavolo (Théâtre de l'Opéra de Rome) jusqu'au 20 octobre 2018

Don Giovanni (Teatro La Fenice) jusqu'au 21 octobre 2018

Norma (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 octobre 2018

Le Devin du village (Opéra de Versailles) jusqu'au 29 décembre 2018

The Rake'sProgress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 24 Décembre 2017

Lohengrin (Richard Wagner)
Représentation du 17 décembre 2017
Deutsche Oper - Berlin

Heinrich der Vogler Ain Anger
Lohengrin Klaus Florian Vogt
Elsa von Brabant Anja Harteros
Friedrich von Telramund Simon Neal
Ortrud Petra Lang
Der Heerrufer des Königs Thomas Lehman

Mise en scène Kasper Holten (2012)
Direction musicale Axel Kober

                           Ain Anger (Heinrich der Vogler)

Porté sur la scène du Deutsche Oper la même année que la production de Claus Guth pour la Scala de Milan, le regard de Kasper Holten sur Lohengrin n’en renouvelle pas la lecture et le dépouille non seulement de tout espoir mais de tout sentiment véritable.

Un rideau noir sur lequel le nom de Lohengrin est griffonné en blanc avec une larme de peinture mal contenue, une météorite qui s’écrase à l’horizon, le premier acte se révèle misérabiliste et primitif. Des corps jonchent le sol, bien que neuf ans de paix avec les Hongrois se soient écoulés, Elsa apparaît enchainée, et l’arrivée de Lohengrin dans une brume lumineuse spectaculaire, au moment où il revêt ses deux ailes de cygne blanc, joue le jeu du symbole emphatique naïvement attendu par la jeune fille.

Le combat avec Telramund est également masqué par ce même brouillard.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

En seconde partie, une croix noire pointée vers la salle surplombe, à l’image de l’envol d’un cygne noir, le couple païen d’Ortrud et Telramund pris au piège d’une foi chrétienne naissante mais incertaine, et le mariage d’Elsa et Lohengrin au pied de la cathédrale est représenté comme une mise en scène de théâtre devant l’image d’un édifice en perspective se dressant vers un ciel uniformément bleu. Tout sonne faux et arrangé, mais le public peut tout à fait prendre ce tableau au premier degré et le trouver beau, alors qu'il s'agit d'une vision bourgeoise du mariage figurée comme une voie possible vers Dieu.

Le dernier acte commence par un pressage funèbre, le lit d’Elsa étant une tombe blanche qui fera écho, après l’échec de l’attentat de Telramund sur Lohengrin, au spectre d’un champ de tombes noires évoquant le Mémorial de l’holocauste de Berlin, sauf que la croix gravée sur chaque stèle met en garde les chrétiens et non les juifs. Au récit du Graal, le peuple se prosterne et supplie le messager divin de ne pas partir, mais celui-ci, voyant Elsa revenir avec dans ses bras le corps inanimé de son petit frère, désigne ce dernier comme leur nouveau chef, une véritable punition qui annonce la fin du Brabant.

Anja Harteros (Elsa)

Anja Harteros (Elsa)

Et même si la direction d’acteur de Kasper Holten reste finalement peu travaillée, elle comprend au moins l’originalité de rendre le personnage de Lohengrin particulièrement antipathique, puisqu’on le voit à chaque acte avoir un geste violent soit envers Elsa, soit envers Ortrud. Il s’agit d’un être en mission commandée qui, si on considère qu’il éprouve de l’amour pour ce peuple, l’exprime en tout cas avec la volonté de le secouer sans ménagement.

Car ce Lohengrin n’est pas venu pour sauver les Allemands, sinon pour les mettre en garde de la fin prévisible du monde chrétien.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin)

Quoi qu’il en soit, l’intérêt de cette reprise est de retrouver Klaus Florian Vogt et Anja Harteros qui formaient un couple magnifique dans la nouvelle production de Tannhäuser à l’opéra de Bavière au printemps dernier.

La soprano munichoise est une actrice née, son visage un reflet des tortures de l’âme beau à pleurer, majestueuse femme fragile, des mimiques enfantines, et en même temps il y a cette voix tragique et projetée comme un cri du cœur pudique mais tendu, une lumière jaillie d’une noirceur sensiblement affectée.

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

Absolument immense et déjà légendaire, le Lohengrin de Klaus Florian Vogt commence par dominer la scène de sa voix magnifiquement puissante et éthérée, mais, par la suite, les attaques deviennent fortement marquées et même colériques, ce qui accroît encore plus le caractère ancré dans la réalité de son personnage. Ce portrait, le plus convaincant entendu de sa part à ce jour, est toujours un émerveillement de chaque instant, et cette clarté de timbre phénoménale est véritablement un don exceptionnel pour l’art lyrique.

Petra Lang, Ortrud sauvage et aguerrie aux accents les plus menaçants, use de son magnétisme maléfique et de son impressionnante longueur de souffle pour peindre une figure du mal calculateur saisissante, mais, moins bien dirigée que dans la production de Hans Neuenfels à Bayreuth, elle ne retrouve pas pleinement le même impact spectaculaire.

Petra Lang (Ortrud)

Petra Lang (Ortrud)

Roi Henri solide, Ain Anger endosse d’une humaine prestance le rôle du monarque, alors que Simon Neal ne réussit pas suffisamment à faire vivre les contrastes violents de Friedrich von Telramund.

Et doté de la musicalité naturelle de l’orchestre et du chœur du Deutsche Oper, Axel Kober restitue un Lohengrin d’une sensualité fusionnelle irrésistible mais dont le peu de relief théâtral ne permet pas une immersion totale et ininterrompue, ce qui peut aussi expliquer un manque d’énergie galvanisatrice sur scène.

 

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

Klaus Florian Vogt (Lohengrin) et Anja Harteros (Elsa)

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Publié le 23 Décembre 2017

Le Prophète (Giacomo Meyerbeer)
Représentation du 16 décembre 2017
Deutsche Oper - Berlin

Jean de Leyde Gregory Kunde
Fidès Clémentine Margaine
Berthe Elena Tsallagova
Zacharie Derek Welton
Jonas Gideon Poppe
Mathisen Noel Bouley
Le Comte Oberthal Seth Carico

Direction musicale Enrique Mazzola
Mise en scène Olivier Py (2017)
Orchestre, chœur et danseurs du Deutsche Oper Berlin

Nouvelle production                                                                     Elena Tsallagova (Berthe)

La révolte des anabaptistes de Münster, qui embrasa de 1532 à 1535 la cité allemande située dans l’ancienne région occidentale de Wesphalie, est le prolongement direct du soulèvement des paysans qui fut noyé dans le sang, plus au sud, en Bavière, entre 1524 et 1526.

Alimentée par la réforme luthérienne qui s’étendait dans une société où le poids des taxes et des privations de liberté oppressait le monde paysan, cette révolte portait en elle un désir d’autonomie face au pouvoir des princes et de la classe nobiliaire, mais fut un tel déchainement de violence que Luther même dut finalement s’y opposer.

Gregory Kunde (Jean) et l'Ange de l'apocalypse

Gregory Kunde (Jean) et l'Ange de l'apocalypse

Cette insurrection, la plus importante en Europe avant la Révolution française de 1789, a cependant inspiré le sujet d’un opéra de Paul Hindemith, Mathis der maler, pour lequel Olivier Py a réalisé une mise en scène à l’opéra Bastille en 2010 qui est reconnue comme la plus grande réussite sous la direction de Nicolas Joel.

C’est pourquoi on pouvait appréhender la nouvelle production du Prophète, confiée au directeur du festival d’Avignon par le Deutsche Oper de Berlin, comme une continuité historique et artistique du travail époustouflant présenté à Paris.

En effet, dix ans après l’écrasement des paysans, un mouvement radical issu de la Réforme, l’anabaptisme, fuit vers le nord et prit le contrôle de la ville de Münster. Un de ses leaders, Jan Matthys, reconnu par ses fidèles comme un nouveau prophète, la renomma ‘Jérusalem céleste’.

Le Prophète (Kunde-Margaine-Tsallagova-Carico-Bouley-Mazzola-Py) Deutsche Oper

Les richesses de la cité furent partagées avec tous ceux qui y vinrent, les images à portée religieuse ou politique furent détruites et la communauté de bien proclamée. La répression de cette révolte ne tarda pas, et le 24 juin 1535 les armées du prince-évêque François de Waldeck reprirent la ville.

Sur la base d’un livret qui, certes, s’écarte de la vérité historique – Jean de Leyde est porté ici à la tête de la ville alors qu’il n’était qu’un disciple de Jan Matthys, lui-même présenté comme un des trois anabaptistes, qui mourut lors d’une sortie pour briser le siège mené par le Prince -, Olivier Py fait d’emblée planer une de ses figures masculines privilégiées, l’ange de l’apocalypse, comme mauvais présage des conséquences de l’extrémisme religieux.

Noel Bouley (Mathisen)

Noel Bouley (Mathisen)

Le décor, d’un gris sinistre du début à la fin, représente différents lieux d’une ville en guerre décrite par un enchevêtrement architectural véritablement complexe centré sur un plateau pivotant, afin de permettre une totale fluidité dans les changements de points de vue.

Il y a beaucoup de force dans cet univers chaotique où des véhicules renversés en feu rappellent les images de banlieues insurgées, et la montée inexorable du faux prophète, depuis ses premières illuminations adoubées sous un drapeau rouge révolutionnaire jusqu’au couronnement et la réalisation de miracles instrumentalisés par les anabaptistes, est menée dans un élan théâtral parfaitement lisible.

Gideon Poppe (Jonas), Seth Carico (Le Comte Oberthal) et Noel Bouley (Mathisen)

Gideon Poppe (Jonas), Seth Carico (Le Comte Oberthal) et Noel Bouley (Mathisen)

En revanche, la présence de drapeaux français du second acte au quatrième acte perturbe la compréhension du drame, d’autant plus que le peuple guerrier arbore des tenues militaires aux coupes et couleurs grises semblables à celles que portaient les Allemands au cours des deux guerres mondiales, ce qui peut donner l’impression d’évoquer cette funeste période.

Il en va de même des affiches colorées représentant aussi bien des corps désirables que des images cosmiques (galaxie d’Andromède, nébuleuse d’Orion), un volcan en éruption ou bien deux vues de Jérusalem et du Dôme du Rocher, qui illustrent aussi bien la provocation du sensualisme que le rapport à l’immensité du monde et la prégnance des symboles religieux, qui donnent finalement un effet plaqué et peu subtil aux réflexions en jeu. Mais on en comprend l’idée sous-jacente.

Gregory Kunde (Jean)

Gregory Kunde (Jean)

Provocant pour certains spectateurs, le ballet du troisième acte, qui se déroule dans ce qui ressemble à un camp d’entrainement, est une des scènes les plus fortes jamais vue dans un incontournable passage chorégraphique du Grand Opéra français. Les scènes d’altercations, mêlant hommes et femmes,sont dirigées à un rythme étourdissant, et le metteur en scène n’oublie pas de pousser son utilisation des corps masculins à des fins artistiques en montrant un des soldats prenant des poses lascives tel un Saint-Sébastien étirant son corps tout en se lavant.

On retrouvera cette exploitation homo-érotique lors de l’inévitable bacchanale finale qui se déroule sous les éclairages rouges et infernaux, en arrière-plan du palais.

Si la confusion scénique accentue l’impression d’une folie meurtrière inexplicable qui enserre l’histoire intime de Jean, Berthe, sa fiancée, et Fidès, sa mère, tous les tableaux qui les réunissent reflètent une sensibilité touchante, si bien que les longueurs ressenties notamment au dernier acte ne le doivent qu’au compositeur lui-même.

Ballet du camp des anabaptistes

Ballet du camp des anabaptistes

Et la direction orchestrale d’Enrique Mazzola fait chanter finement les lignes orchestrales sans révolutionner pour autant leur mise en relief, si bien que l’intensité va crescendo avec une puissance qui s’accumule dans la fosse jusqu’au dernier acte. Le matériau musical n’a sans doute pas la facture de l’écriture wagnérienne, mais la passion de l’interprétation au service aussi bien des chanteurs que de la mise en scène construit un tout cohérent qui montre que cette œuvre conserve un pouvoir fascinant sur le spectateur.

Surtout que tous les artistes réunis ont chacun des caractères vocaux bien distincts qui enrichissent la vie et renforcent la vérité de leurs personnages avec un impact saisissant.

Elena Tsallagova, dans le rôle aussi naïf de Berthe, offre au public un portrait mélancolique et rayonnant, brillant dans l’aigu, charmant et tout en grâce également, à l’opposé de la noirceur dépressive avec laquelle Clémentine Margaine, méconnaissable physiquement, imprime à la mère de Jean un chant verdien pathétique, grain complexe et tremblant, proche de celui d’une Azucena.

Seth Carico (Le Comte Oberthal)

Seth Carico (Le Comte Oberthal)

Ce Jean, décrit comme capable de renier sa fiancée, puis sa mère, pour sauver sa crédibilité d’homme messianique qu’il s’imagine incarner, est interprété par un Gregory Kunde dont on a de cesse d’admirer la puissance autant que la clarté et la précision de la diction française.

Il dégage également une impression de solidité qui laisse percer des accents à la Pavarotti, l’art du grand chant expressif sur lequel repose la valeur d’une telle partition. Qui imaginait en 2003, lorsque l'on le découvrit dans le rôle d’Énée au Théâtre du Châtelet, qu'il serait, quinze ans plus tard, l'athlète incomparable du Grand Opéra ?

Seth Carico, totalement voué au rôle antipathique du Comte Oberthal, sentiment accentué par son costume d’officier fasciste, possède dans le timbre une couleur noir étain qui renvoie une froideur métallique qui n’est pas sans charme, et, malgré la violence du personnage, il y a quelque chose en lui qui suscite la compassion.

Clémentine Margaine (Fidès)

Clémentine Margaine (Fidès)

Le véritable manipulateur de cette histoire, Mathisen, est un personnage bien construit pas Noel Bouley, très affirmé et sans états d’âme, Derek Welton, lui, en second anabaptiste, est plus doux et dénué d’agressivité, et Gideon Poppe se révèle être un très beau ténor, neutre en première partie, puis plus coloré et lyrique en faisant penser aux nombreux rôles de marins que l’on retrouve dans Tristan und Isolde, Les Troyens ou bien Le Vaisseau Fantôme.

La musicalité du chœur du Deutsche Oper est encore et toujours un modèle d’harmonie et de pureté élégiaque indispensable à la beauté d’une des œuvres majeures de Giacomo Meyerbeer.

Dans ce spectacle sombre et vivant, Olivier Py se rapproche en définitive plus du traitement impitoyablement guerrier, vainement nationaliste et scéniquement lourd avec lequel il recouvrit d'or les palais d'Aida à Bastille, que de sa production profondément esthétique de Mathis le peintre, mais il est vrai également que le livret n'a pas non plus la même portée philosophique que ce dernier, car le rapport de l'Art à la société n'est pas un des thèmes marquant du Prophète.

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Publié le 18 Décembre 2017

Elektra (Richard Strauss)
Version de concert du 15 décembre 2017
Philharmonie de Paris - Grande salle Pierre Boulez

Elektra Nina Stemme
Klytämnestra Waltraud Meier
Chrysothémis Gun-Brit Barkmin
Orest Matthias Goerne
Ägisth Norbert Ernst
Die Erste Magd Bonita Hyman
Die zweite Magd Yaël Raanan Vandoor 
Die dritte Magd Valentine Lemercier
Die vierte Magd Lauren Michelle
Die fünfte Magd Kirsi Tiihonen
Die Aufseherin Amélie Robine

Direction musicale Mikko Franck                                  Mikko Franck
Orchestre philharmonique de Radio France
Chœur de Radio France

Alors qu'elle vient de mettre un terme à tous ses grands rôles wagnériens, hormis celui maléfique d'Ortrud qu'elle reprendra à Bayreuth l'été prochain, Waltraud Meier est de retour ce soir pour incarner la mère adultère et criminelle d'Elektra sur la scène de la Philharmonie.

Mikko Franck et Nina Stemme (Elektra)

Mikko Franck et Nina Stemme (Elektra)

Une entrée fantastique, le regard légèrement incurvé vers Nina Stemme, les épaules décidées et la démarche assurée, le magnétisme de cette artiste est d'une telle puissance, et son art déclamatoire d'une telle précision, que la force de la beauté affirmée de son personnage peut encore et toujours engendrer les larmes d'une émotion subjuguée par tant de vérité dans l'incarnation.

Et les fulgurances de sa voix ont un souffle et une tenue pénétrante totalement intimidants. Clytemnestre nerveuse, humaine et d'une noirceur morbide peu prononcée, prenant à partie le spectateur saisi par un regard défiant, même son retrait après sa grande confrontation avec Elektra est une leçon de vie et de théâtre que l'on ne peut oublier.

Waltraud Meier (Clytemnestre)

Waltraud Meier (Clytemnestre)

Nina Stemme, elle, portant une robe noire subtilement scintillante, enrobe sa violence d'un magnifique timbre sombrement ambré, puissant sans en forcer les appuis et sans altérer son unité. Elektra est bien une jeune femme tourmentée, mais qui n'a rien cédé à sa stature de femme aristocratique.

Et quelle énergie positive émane de Gun-Brit Barkmin, mariant finesse straussienne et expressivité bergienne, tant elle évoque l'élan pour la vie d'une amoureuse et l'élan intrépide et excitant d'une Lulu dangereuse!

Le Philharmonique de Radio France

Le Philharmonique de Radio France

Ces trois grandes chanteuses formidablement appariées sont ainsi le cœur vibrant de cette unique soirée qui s'est ouverte sur un accueil haut en couleur par les servantes et leur surveillante, une palette d'expressions riches en sentiments névrotiques et hystériques dominée par le trait de lumière irradiant de la personnalité glamour de Lauren Michelle.

On le connaissait poète lunaire au timbre caressant et moelleux, Matthias Goerne se fait terriblement noir, ce soir, les boyaux en torsion et l'âme répugnée, un Oreste que l'on croirait animé par la haine au moindre mot exprimé.

Lauren Michelle (La quatrième servante)

Lauren Michelle (La quatrième servante)

Quant à l'Egisthe de Norbert Ernst, ne lui manque qu'un masque horrifié plus saisissant quand il bascule de sa légèreté habituelle vers la crise de panique engendrée par l'arrivée d'Oreste.

D'ailleurs, les deux climax qui marquent l'aboutissement des deux crimes vengeurs ne sont pas les points les plus intenses de cette interprétation qui valorise, avant tout, la cohésion d'ensemble et le lyrisme fusionnel.

Gun-Brit Barkmin (Chrysothémis), Waltraud Meier (Clytemnestre) et Matthias Goerne (Oreste)

Gun-Brit Barkmin (Chrysothémis), Waltraud Meier (Clytemnestre) et Matthias Goerne (Oreste)

Depuis le parterre, en effet, le son grave des cuivres et des basses forme une matière chaude et malléable que les cordes et les vents innervent de leurs lignes et sinuosités dynamisées en permanence par Mikko Franck. Habituellement assis, on le voit alors prendre pied au cœur de l'orchestre pour soulever en lui une houle épique qui enveloppe ainsi les artistes d'une tension si chaleureuse qu'elle se garde de toute expression trop agressive.

Une merveille sonore, un règlement de comptes hypnotisant au point d'être parcouru soi-même de frissons irisants, une telle beauté laisse rêveur surtout lorsqu'elle ne surgit que pour un soir.

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Publié le 5 Décembre 2017

La Bohème (Giacomo Puccini)
Répétition générale du 25 novembre et représentations du 04 et 26 décembre 2017

Mimì, Sonya Yoncheva, Nicole Car (04, 07 et du 16 au 31)
Musetta Aida Garifullina
Rodolfo Atalla Ayan, Benjamin Bernheim
(du 18 au 31)
Marcello Artur Ruciński
Schaunard Alessio Arduini, Andrei Jilihovschi 
(du 23 au 31)
Colline Roberto Tagliavini
Alcindoro Marc Labonnette
Parpignol Antonel Boldan
Sergente dei doganari Florent Mbia
Un doganiere Jian-Hong Zhao
Un venditore ambulante Fernando Velasquez

Le maître de cérémonie Guérassim Dichliev (mime)

 

Direction musicale Gustavo Dudamel, Manuel López-Gómez          Nicole Car (Mimi)      
Mise en scène Claus Guth (2017)

Nouvelle production

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Extrait des Fleurs du mal (1857) de Charles Baudelaire.

Nicole Car (Mimi)

Nicole Car (Mimi)

Le sentiment de dérive et de désespoir de vivre n’est pas le privilège de notre temps puisque, dès la seconde partie du XIXe siècle, l’aspiration à se libérer de l’enfermement d’une réalité ennuyeuse et mortifère trouva en Charles Baudelaire le plus saisissant poète des mouvements de l’âme.

Ainsi, quand les journées de révoltes de juin 1848 saignèrent Paris suite à la décision de l’assemblée constituante de supprimer les ateliers nationaux, la répression qui s’en suivit eut pour conséquence la destruction des quartiers rebelles de la capitale par Haussmann.

Benjamin Bernheim (Rodolfo)

Benjamin Bernheim (Rodolfo)

De ces évènements naquit le spleen baudelairien, mais, prenant le contrepied de cette tendance, Henry Mürger publia en 1851 Scènes de la vie de bohème, une ode à la jeunesse qui voyait en la bohème une façon d’échapper au vide et à l’ennui avant de passer pleinement à la vie d’adulte.

Le livret de Giacomo Puccini, basé sur ce court roman, reprend la même vision nostalgique si prégnante dans la musique, ce qui a convaincu Claus Guth de mettre en scène l’œuvre dans un contexte futuriste où la bohème deviendrait une échappatoire délirante née des images formées par le cerveau d’un astronaute pris dans un voyage stellaire sans aucune chance de retour possible.

Benjamin Bernheim (Rodolfo)

Benjamin Bernheim (Rodolfo)

L’intérieur du vaisseau spatial, magnifiquement conçu et évocateur des lignes que l’on retrouve dans nombre de décors cinématographiques, symbolise la prison mentale du héros dont les défaillances techniques et la prise de conscience d’une mort prochaine vont initier la remémoration de scènes terrestres et la réapparition idéalisée de l’être aimé.

A l’ouverture du rideau, l’effet de surprise est cependant si fort qu’il faut un peu de temps pour comprendre où ce parti-pris va nous mener, tant cet univers croise les images et les problématiques existentielles soulevées par les films cultes de 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick ou d’Interstellar de Christopher Nolan.

Nicole Car (Mimi) et Benjamin Bernheim (Rodolfo)

Nicole Car (Mimi) et Benjamin Bernheim (Rodolfo)

La première réaction du spectateur est alors de faire revivre en lui-même les scènes traditionnelles qu’il connait des productions habituelles de La Bohème, car lui aussi est un peu perdu dans cet univers si décalé à l’opéra.

Puis, c’est au tour de Rodolfo de faire apparaître sur scène le souvenir d’une Mimi évanescente que Nicole Car incarne avec un inoubliable regard lunaire hors du temps.

La Bohème (Yoncheva-Car-Ayan-Bernheim-Garifullina-Rucinski-Guth-Dudamel) Bastille

Ce mélange troublant et fantaisiste s’en suit d’un défilé de figures enfantines qui évoquent les souvenirs d’Hergé et de sa fusée qui nous mena de la terre à la lune, de gamins impertinents vêtus de noir, et d’un cercueil prémonitoire qui traverse l’espace immaculé du vaisseau coloré par la touche rouge et légère de la jeune fille dont le double repose à l’intérieur du linceul.

Dans un tel univers, la sensation de la petite main gelée est celle d’un être irréel, et les lueurs du feu deviennent celles d’une nébuleuse que traverse le vaisseau. Mais le traitement morbide de Benoît, lui, ressemble plutôt à un arrangement artificiel avec le livret. Et lorsque le rêve s’évapore, Mimi quitte seule Rodolfo au son d’aigus filés qui se séparent sur fond d’orchestre intensément chatoyant.

Nicole Car (Mimi) et Atalla Ayan (Rodolfo)

Nicole Car (Mimi) et Atalla Ayan (Rodolfo)

Ces deux premiers actes où l’on voit également éclore Musette dans une lumineuse loge dorée raniment dans cet espace froid un esprit de foire, et l’image la plus poétique est naturellement celle de Mimi posant sur les bords d’une large baie vitrée donnant sur le vide sidéral.

Inévitablement, l’apparition au troisième acte d’un sol lunaire dévasté où s’est écrasé le vaisseau ne manque pas de provoquer des réactions négatives de la part d’une faction du public, et fait étonnamment écho à la réaction qu’avait engendré le troisième acte de Parsifal mis en scène par Krzysztof Warlikowski à Bastille en ouvrant sur les images d’un Berlin détruit par les bombardements de la guerre. L’image de désolation est-elle considérée à l’opéra comme une provocation car opposée à un idéal de beauté ?

La Bohème (Yoncheva-Car-Ayan-Bernheim-Garifullina-Rucinski-Guth-Dudamel) Bastille

Quoiqu’il en soit, le sort de ces astronautes perdus poétiquement sous les flocons de neige prend pour un temps le pas sur le drame humain qui se joue en avant-scène, et le mime au chapeau devient le grand magicien qui fait revivre au dernier acte un spectacle de cabaret sous les reflets d’un rideau d’argent dont l’iridescence bleutée illumine de son ondoyance opaline les spectateurs de la salle entière. C’est très beau à voir depuis les galeries situées en hauteur et de côté.

La mort de Mimi, qu’à nouveau un double d’elle-même fait pressentir au moment où Nicole Car interprète les passages les plus pathétiques, n’est plus que la mort d’un imaginaire qui accompagne le dernier souffle de Rodolfo, ultime survivant du voyage vers la Barrière d’Enfer.

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie)

Nicole Car (Mimi), Benjamin Bernheim (Rodolfo) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie)

C’est tout le charme de cette mise en scène que de donner un second sens aux mots du livret et d’alléger la fin en faisant mourir Mimi de façon purement allégorique.

Une direction d’acteurs fouillée, des références au music-hall et des apparitions de doubles disparus, sont quelques exemples d’éléments que l’on retrouve dans les mises en scène de Claus Guth telle celle de Rigoletto, et ce spectacle a de quoi enchanter et ramener le public à sa jeunesse sans aucune autre prétention, ce qui est le propre de l’esprit de bohème que concevait Mürger et Puccini.

Nicole Car (Mimi) et Artur Ruciński (Marcello)

Nicole Car (Mimi) et Artur Ruciński (Marcello)

Et quand la direction d’orchestre est confiée à un chef aussi charismatique et talentueux que Gustavo Dudamel, les musiciens font entendre des fondus de lumières scintillants et majestueux, émerger toute une symphonie d’ornements de cordes tressaillantes ou de papillonnements de flûte chantante qui prennent un relief saisissant sur une ample soierie riche en couleurs tchaïkovskiennes, une transcendance de la musique de Puccini que l’on n’entend que rarement à l’opéra.

Par ailleurs, les grandes respirations orchestrales sont à l’unisson des mouvements lents des acteurs et chanteurs de la seconde partie ce qui donne une dimension sidérale à la composition d’ensemble.

Nicole Car (Mimi) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie)

Nicole Car (Mimi) et Guérassim Dichliev (Le maître de cérémonie)

Dans cette conception imaginaire, la poésie naturelle et authentique de Nicole Car est d’un charme fou, ce qui ne veut pas dire qu’elle s’abstient d’inflexions écorchées, et ses accents noirs facilement identifiables font la valeur touchante d’un portrait tendre et délicat.

Remplaçant ainsi Sonya Yoncheva pour la seconde représentation, elle est ce soir associée à Atalla Ayan dont le chant ténébreux, moelleux et expressif s’allie chaleureusement à celui de la soprano australienne. En seconde partie de série, on retrouvera Benjamin Bernheim qui joue plus sur l’optimisme héroïque avec toutefois la même sensibilité. Ce sont en tout cas deux ténors différents dont on n’a pas toujours entendu de semblables qualités au cours des précédentes reprises de La Bohème.

Aida Garifullina (Musetta)

Aida Garifullina (Musetta)

Dans la même veine, Artur Ruciński incarne un Marcello classieux et Roberto Tagliavini se donne une allure de chanteur traditionnel dont la profondeur de timbre se charge d’une tristesse russe qui magnifie le rôle de Colline.

On ne peut cependant pas faire plus opposé au rôle innocent de Snegourotchka, qu’elle interprétait au printemps dernier, que le personnage exubérant et provocant de Musetta chanté avec un érotisme piquant, et parfois exaspérant, par Aida Garifullina. Un tel contraste de personnalité trouble en effet totalement l’image de cette jeune artiste dont on ne serait pas étonné d’un goût certain pour l’insaisissable.

Gustavo Dudamel (Répétition générale)

Gustavo Dudamel (Répétition générale)

Lire également la présentation de la nouvelle production de La Bohème par Claus Guth à l'opéra Bastille ici

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Publié le 2 Décembre 2017

Conférence du mercredi 29 novembre 2017, Salon Florence Gould, Palais Garnier

Né en 1964 à Frankfurt am Main, Claus Guth a commencé par étudier la littérature et la philosophie, a beaucoup voyagé, exercé différents métiers, et longtemps hésité entre le théâtre et le cinéma avant de passer par une école de cinéma à la suite de laquelle il a été engagé comme cameraman au festival de Bayreuth afin de filmer Le Vaisseau Fantôme mis en scène par Harry Kupfer en 1985.

Il a ensuite travaillé avec Axel Monteil, le décorateur de Ruth Berhauss, une metteur en scène importante d’Allemagne, et sa carrière a débuté dans les années 90 avec des créations contemporaines telles El Cimarrón de Hans Werner Henze (Atlanta, 1995) et Cronaca del luogo de Luciano Berio (Salzbourg, 1999).

En 2003, il fit ses débuts au festival de Bayreuth avec Le Vaisseau Fantôme, et dirigea à Salzbourg une nouvelle trilogie Da Ponte de 2006 à 2009 qui fera date sous la direction musicale de Nicolaus Harnoncourt.

Ses débuts à l’Opéra National de Paris datent de l’année dernière avec une nouvelle production de Rigoletto, suivie par la reprise de Lohengrin créé à La Scala de Milan en 2012.

L’article qui suit restitue une partie de la conférence accordée par Claus Guth au Palais Garnier pour présenter, avec le soutien d’une interprète, son travail sur La Bohème.

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

Nicole Car (Mimi) - La Bohème 2017

La Bohème de Giacomo Puccini s’inspire des Scènes de la vie de bohème d’Henry Murger, une suite de tableaux de couleurs, de bruits et d’ambiances dont l’épilogue voit les personnages de La Bohème exercer sur leur passé un regard rétrospectif et se rappeler leur jeunesse.
Comment avez-vous abordé cette œuvre qui fait partie des rares opéras à n’avoir jamais connu une relecture profondément radicale ?

J’ai beaucoup travaillé avec Stéphane Lissner à la Scala de Milan et l’on a réfléchi à une nouvelle manière d’approcher les œuvres centrales du répertoire. La Bohème fait donc partie de ces œuvres dont je souhaitais que la musique, l'une parmi celles que je préfère le plus, puisse être entendue différemment à travers une nouvelle mise en scène.

Je me suis donc mis à écouter en boucle la musique et les notes en allant marcher en forêt avec un walkman, tout en marquant les images qui me viennent en ignorant le texte et en suivant mon intuition.

Par la suite, le travail classique du metteur en scène a pu démarrer par la lecture du livret, et je me suis également intéressé aux Scènes de la vie bohème d’Henry de Murger, court roman dont on s’aperçoit à la fin qu’il s’agit d’hommes âgés qui se souviennent de leur folle jeunesse à Paris. Et cette nostalgie est également présente dans le livret de Puccini, ce sentiment de dire que ce sont les derniers moments et que ces instants de vie ne pourront plus se reproduire.

En suivant cette idée-là, je me suis dit que ce Paris dont ils parlaient n’existait même plus, et j’ai décidé, à un moment politiquement difficile où l’on voit des horreurs tous les jours aux actualités, que mon interprétation de La Bohème allait se dérouler dans le futur, en initiant une histoire parallèle de quatre amis qui sont dans un vaisseau spatial. Ces gens sont vivants mais n’ont plus aucun contact avec personne d’autre, et l’idée est de faire qu’ils arrivent à supporter la réalité qui est la leur en se remémorant les souvenirs qu’ils chérissent. Rodolphe fait réapparaître Mimi, la femme qu’il a tant aimée, et ce voyage s’achève par une vision très radicale puisque les quatre astronautes meurent, cet opéra étant leurs dernières images de vie.

On peut penser que cette interprétation est un peu trop poussée, mais si l’on écoute vraiment la musique, on peut comprendre que c’est quelque chose qui se trouve au cœur de cette histoire.

Claus Guth

Claus Guth

Vous êtes dérangé par le côté cliché de la vie parisienne, et surtout de la vie d’artiste, que l’on trouve dans La Bohème, et vous pointez du doigt que l’on ne trouve pas dans le livret une seule phrase intéressante sur l’art, et que ce n’est donc pas le véritable sujet de l’œuvre.  Vous vous êtes donc intéressé, d’une part, à l’idéalisation de ce passé et, d’autre part, à la différence entre les aspirations que l’on a pu avoir et la vie que l’on a eu en réalité.

C’est effectivement une chose assez fascinante lorsque l’on assiste à une mise en scène classique de La Bohème, par exemple celle où ont chanté Rolando Villazon et Anna Netrebko, car le spectacle est plaisant alors que nous avons également l’impression que l’on est en train de nous raconter un énorme mensonge parce que cela n’a rien à voir avec la vie d’artiste.

On est nourri avec tous ces clichés sur Paris, tous ses cafés et ses lieux formidables, où l’on sait bien que s’y retrouvent plutôt les touristes alors que les artistes construisent les choses dans d’autres endroits. Et je me suis donc dit que ce qui était central dans cet opéra était la vie de ces jeunes gens qui se sentent perdus et appartiennent à une génération qui a perdu ses repères, cherchent à vivre dans l’intensité, cherchent à trouver un sens à sa vie, alors que l’on voit Musette, Mimi, Rodolphe qui n’arrêtent pas de se séparer ou de se retrouver.

Et du coup, j’ai décidé de situer l’opéra dans une autre dimension. Et quand j’ai vu l’intégralité de l’opéra pour la première fois hier soir, alors que ce froid dont parlent les jeunes gens, qui n’a de cesse de les tirailler, nous touche habituellement peu, ici, dans un nouvel espace, ce vaisseau spatial donne un caractère plus essentiel aux mots et les enracine d’avantage dans la réalité que l’on voit sur scène.

Cependant, s’il est vrai que des spectateurs ont pu dire de mes productions qu’elles étaient un peu difficiles à comprendre, ce n’est pas du tout le cas pour La Bohème, c’est même quelque chose d’assez simple, mais soit les gens vont aimer le parti-pris de la mise en scène, soit il ne vont pas l’aimer, bien qu’il n’y ait rien de compliqué dans ce travail.

Je crois cependant que dans cette Bohème il y a une véritable dimension poétique même si ce que j’ai pu vous dire a pu vous faire penser à un film d’horreur. Je ne suis pas intéressé par le réalisme, et s’il est présent juste au début pour comprendre où l’on est, c’est ensuite tout ce qui peut se trouver dans l’inconscient, tout ce qui peut produire des images, tout notre rapport au souvenir, qui nous amène au surréalisme et au voyage de l’imaginaire, ce qui est la qualité de l’art pour lui-même.

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

Conférence sur La Bohème - salon Florence Gould, Palais Garnier

L’extrême précision des déplacements et de la chorégraphie d‘ensemble frappe dans toutes vos mises en scène. A l’issu de ce travail collectif avec votre équipe, vous avez à chaque mesure une vision très précise de ce que va faire chaque chanteur, mais vous l’adaptez dès que vous vous retrouvez avec les artistes. Pouvez-vous décrire ce processus de travail ?

Avant de travailler sur la production avec chaque chanteur, je fais de petits croquis très détaillés, tout en me disant que je pourrai m’en passer une fois arrivé sur le plateau face à eux, en espérant qu’il va se passer quelque chose, c'est-à-dire une proposition d’univers et de voyage dans laquelle ils vont se mouvoir pour proposer autre chose. Si rien ne provient des répétitions, ces notes servent alors de sécurité afin que nous puissions avancer.

Dans le cas de La Bohème, Sonya Yoncheva était souffrante au début des répétitions. J’ai donc travaillé longuement avec Nicole Car, mais quand finalement la première est revenue en pleine forme, je me suis aperçu que j’avais vraiment orienté le travail avec Nicole Car dans une direction qui ne convenait pas du tout à Sonya Yoncheva.

Or, le public sent bien si une direction de jeu et de chant colle bien à la personnalité du chanteur. J’ai donc travaillé sur deux visions différentes, car les deux chanteuses ont deux personnalités très différentes. Sonya Yoncheva est quelqu’un qui donne toute une profondeur émotionnelle et toute une force dans sa lutte contre le destin, alors que Nicole Car est quelqu’un qui joue d’avantage sur la fragilité et sur le fait qu’elle a déjà un pied ailleurs, et c’est quelque chose d’absolument fascinant à voir.

Présentation de la nouvelle production de La Bohème par Claus Guth pour l'Opéra Bastille

Pour lire le compte rendu de la représentation de La bohème à l'opéra Bastille, c'est ici.

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Publié le 1 Décembre 2017

TV-Web Décembre 2017 - Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 03 décembre 2017 sur France 3 à 00h30
Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy & Michel Legrand) - Comédie musicale

Dimanche 03 décembre 2017 sur France 3 à 02h15
L’Étoile (Chabrier) - ms Pelly

Dimanche 03 décembre 2017 sur Arte à 18h15
Tchaïkovski, Rota et Respighi

Nikolaj Znaider (violon) - Scala de Milan - dm Chailly

Dimanche 03 décembre 2017 sur Arte à 23h30
Brut, sauvage, magique : le son de Finlande

Lundi 04 décembre 2017 sur France 3 à 02h00
Le Barbier de Séville (Rossini) - Opéra de Paris - ms Michieletto

Jeudi 07 décembre 2017 sur Arte à 22h50
Andrea Chénier (Giordano) - ms Martone - dm Chailly

Netrebko, Eyvazov, Salsi, Stroppa

Vendredi 08 décembre 2017 sur Arte à 05h00
Soirée Lyrique à l'Opéra National de Paris (Radvanovsky-Rachvelishvilli-Antonenko-Jordan)

Lundi 11 décembre 2017 sur France 3 à 01h50
Les parapluies de Cherbourg (Jacques Demy & Michel Legrand) - Comédie musicale

Mercredi 13 décembre 2017 sur Arte à 05h00
Soirée Lyrique à l'Opéra National de Paris (Radvanovsky-Rachvelishvilli-Antonenko-Jordan)

Vendredi 15 décembre 2017 sur France 2 à 00h15
Le songe d'une nuit d'été (Ballet d'Alexander Ekman)

Dimanche 17 décembre 2017 sur Arte à 18h30
Soirée viennoise - Orchestre de Paris - dm Hengelbrock

Lundi 18 décembre 2017 sur Arte à 00h40
Snegourotchka (Rimsky-Korsakov) - Opéra de Paris - ms Tcherniakov - dm Tatarnikov

Garifullina - Mynenko - Serafin - Johannes Mayer

Mardi 19 décembre 2017 sur Arte à 05h00
Soirée Lyrique à l'Opéra National de Paris (Radvanovsky-Rachvelishvilli-Antonenko-Jordan)

Vendredi 22 décembre 2017 sur France 3 à 20h55
Fauteuils d'orchestre (Bach, Verdi, Haydn, Donizetti, Beethoven, Mozart)
Alagna, Kurzak, Casadesus, Buniatishvili, Dessay, Devos, Nemtanu, Damrau

Vendredi 22 décembre 2017 sur France 2 à 00h00
Rigoletto (Verdi) - Opéra de Paris - ms Guth - dm Rustioni

Grigolo, Lucic, Sierra, Youn, Maximova, Pomakov

Samedi 23 décembre 2017 sur Arte à 18h10
Concert en hommage à Luciano Pavarotti - Arènes de Vérone

Dimanche 24 décembre 2017 sur France 3 à 0h30
Roberto Alagna chante à l'Opéra Royal de Versailles

Lundi 25 décembre 2017 sur Arte à 00h45
Cantantes de Noel (Bach) - Collegium vocal de Gand - Herreweghe

Lundi 25 décembre 2017 sur Arte à 18h40
Noël à Vienne. Peretyatko, Mariotti, Von Otter, Florez, Haumer

Vendredi 29 décembre 2017 sur France 2 à 00h00
Don Quichotte chez la Duchesse (Boismortier) - ms Benizio - dm Niquet

Geslot, Labonnette, Santon Jeffery, Ancely

Vendredi 29 décembre 2017 sur Arte à 22h25
Le Barbier de Séville (Rossini) - Théâtre des Champs Elysées - dm Rhorer - ms Pelly

Sempey, Angelini, Trottmann

Dimanche 31 décembre 2017 sur Arte à 13h25
L'Elbphilharmonie à Hambourg (Documentaire)

Dimanche 31 décembre 2017 sur Arte à 18h20
Joyce DiDonato - Philharmonique de Berlin - Simon Rattle


Mezzo et Mezzo HD

Vendredi 01 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Valery Gergiev dirige Samson et Dalila de Saint-Saëns

Samedi 02 décembre 2017 sur Mezzo à 22h38
Didon et Enée de Purcell à l'Opéra de Rouen

Dimanche 03 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Il Trovatore de Verdi au Liceu de Barcelone

Mercredi 06 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
L'Orfeo de Monteverdi au Festival de Saint-Denis

Vendredi 08 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Daniel Barenboim dirige Parsifal de Richard Wagner au Staatsoper de Berlin

Samedi 09 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
L'Etoile de Chabrier à Amsterdam

Dimanche 10 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Daniel Barenboim dirige la Fiancée du Tsar au Staatsoper Berlin

Mercredi 13 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
La Cenerentola de Rossini à l'Opéra de Rennes

Vendredi 15 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Samedi 16 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Dimanche 17 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Daniel Barenboim dirige Parsifal de Richard Wagner au Staatsoper de Berlin

Mercredi 20 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
Le Roi Carotte de Jacques Offenbach à l'Opéra de Lyon

Vendredi 22 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Daniel Barenboim dirige Tannhäuser de Wagner au Staatsoper de Berlin

Samedi 23 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
La Veuve Joyeuse de Lehár avec Renée Fleming au Metropolitan Opera

Dimanche 24 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Vendredi 29 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
Turandot de Puccini aux Arènes de Vérone

Vendredi 29 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
Il Trovatore de Verdi au Liceu de Barcelone

Samedi 30 décembre 2017 sur Mezzo à 20h30
René Jacobs dirige King Arthur de Purcell au Staatsoper Berlin

Dimanche 31 décembre 2017 sur Mezzo HD à 20h30
L'Africaine de Meyerbeer à La Fenice

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Concert Arte, Medici.Tv et Br Klassik

Die Meistersinger von Nüremberg (Bayreuth) - ms Barrie Kosky

 

Sur Operavision, Culturebox, ConcertArte etc...

Acis et Galatea (Opera Theatre Company de Dublin) jusqu'au 13 décembre 2017

Barbara - Chansons pour une absente jusqu'au 17 décembre 2017

La fille de neige (Opéra National de Paris) jusqu'au 17 décembre 2017

La Passion selon Saint-Marc - Une passion après Auschwitz jusqu'au 20 décembre 2017

Joyce DiDonato (Grand Théâtre du Liceu) jusqu'au 23 décembre 2017

L'Orfeo (La Fenice) jusqu'au 23 décembre 2017

Le retour d'Ulysse dans sa patrie (La Fenice) jusqu'au 24 décembre 2017

Le couronnement de Poppée (La Fenice) jusqu'au 25 décembre 2017

La Cenerentola (Palais Garnier) jusqu'au 26 décembre 2017

Le Vaisseau Fantôme (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 27 décembre 2017

Prima Donna (Rufus Wainwright) jusqu'au 27 décembre 2017

Weisse Rose (Armel Festival Opera) jusqu'au 29 décembre 2017

Madame Butterfly (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 29 décembre 2017

La Bohème (Festival d'Opéra en plein air) jusqu'au 29 décembre 2017

Operetka (Armel Festival Opera) jusqu'au 01 janvier 2018

Pinocchio (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 08 janvier 2018

Don Giovanni (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2018

Rigoletto (Chorégies d'Orange) jusqu'au 12 janvier 2018

Barbara Hannigan vue par Mathieu Amalric jusqu'au 12 janvier 2018

Le Concert de Paris (Champs-de-Mars) jusqu'au 15 janvier 2018

Carmen (Opéra National de Paris) jusqu'au 17 janvier 2018

L'écume des jours (Opéra de Stuttgart) jusqu'au 21 janvier 2018

La Damnation de Faust (ms Ruggero Raimondi) jusqu'au 01 février 2018

La clémence de Titus (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 03 février 2018

Les amants magnifiques (Opéra de Rennes) jusqu'au 04 février 2018

Les pêcheurs de perles (Auditorium du nouveau siècle) jusqu'au 05 février 2018

L'ombre de Venceslao (Capitole de Toulouse) jusqu'au 06 février 2018

Aida (Chorégies d'Orange) jusqu'au 10 février 2018

Tosca (Opéra National de Norvège) jusqu'au 02 mars 2018

André Chénier (Teatro alla Scala) jusqu'au 07 mars 2018

Aida (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 13 mars 2018

Le retour d'Ulysse dans sa patrie (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 13 mars 2018

Don Carlos (Opéra National de Paris) jusqu'au 18 mars 2018

Le Barbier de Séville (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 19 mars 2018

Les Noces de Figaro (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 21 mars 2018

Figaro divorce (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 21 mars 2018

Sonate d'automne (Finnish National Opera) jusqu'au 22 mars 2018

Jérusalem (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 24 mars 2018

Miranda (Opéra Comique) jusqu'au 29 mars 2018

Semele (Garsington Opera) jusqu'au 01 avril 2018

Pelléas et Mélisande (Komische Oper Berlin) jusqu'au 14 avril 2018

Kein Licht (Opéra Comique) jusqu'au 20 avril 2018

L'Or du Rhin (Opera North) jusqu'au 27 avril 2018

Les Noces de Figaro (Garsington Opera) jusqu'au 02 mai 2018

Lucio Silla (La Monnaie) jusqu'au 09 mai 2018

Le Barbier de Séville (Théâtre des Champs Élysées) jusqu'au 15 mai 2018

La Walkyrie Acte I (Opera North) jusqu'au 17 mai 2018

Faust (Opéra de Lettonie) jusqu'au 21 mai 2018

Tannhäuser (Staatsoper Berlin) juqu'au 24 mai 2018

Siegfried Acte I (Opera North) jusqu'au 08 juin 2018

Le chant de la Terre (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 09 juin 2018

Le songe d'une nuit d'été (Alexandre Ekman) jusqu'au 14 juin 2018

La Bohème (Opéra National de Paris) jusqu'au 15 juin 2018

Otello (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 27 juin 2018

Rigoletto (Chorégies d'Orange) jusqu'au 11 juillet 2018

Erismena (Festival d'Aix en Provence) jusqu'au 12 juillet 2018

Dans les coulisses du Festival d'Avignon jusqu'au 21 juillet 2018

Roméo et Juliette et Le Château de Barbe-Bleue (Helsinski) jusqu'au 13 septembre 2018

Manon Lescaut (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 septembre 2018

Lucia di Lammermoor (Opéra de Lausanne) jusqu'au 05 octobre 2018

Il Terremoto (Festival Misteria Paschalia) jusqu'au 18 octobre 2018

Fra Diavolo (Théâtre de l'Opéra de Rome) jusqu'au 20 octobre 2018

Don Giovanni (Teatro La Fenice) jusqu'au 21 octobre 2018

Norma (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 29 octobre 2018

The Rake'sProgress (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 10 juillet 2020

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 29 Novembre 2017

La Clémence de Titus (Wolfgang Amadè Mozart)
Représentation du 28 novembre 2017
Palais Garnier

Tito Vespasiano Ramón Vargas / Michael Spyres
Vitellia Amanda Majeski / Aleksandra Kurzak
Servilia Valentina Naforniţă
Sesto Stéphanie d'Oustrac / Marianne Crebassa
Annio Antoinette Dennefeld / Angela Brower
Publio Marko Mimica

Direction musicale Dan Ettinger
Mise en scène Willy Decker (1997)

                                             Ramón Vargas (Tito)

Le succès populaire de La Clémence de Titus est une spécificité parisienne, car aucune autre capitale n’affiche le dernier opéra de Mozart parmi les 20 œuvres lyriques les plus jouées sur la scène nationale.

Ceci est d’autant plus remarquable que sa montée au répertoire de l’Opéra de Paris s’est intégralement déroulée sur les deux dernières décennies à partir de la production de Willy Decker, reprise ce soir, en ayant toutefois accordé l’alternance à deux séries représentées dans la mise en scène de Ursel et Karl-Ernst Hermann sous la direction de Gerard Mortier (2004-2009), moins austère et plus fouillée.

Ramón Vargas (Tito)

Ramón Vargas (Tito)

Que les deux grands dramaturges classiques auprès de Molière, Pierre Corneille et Jean Racine, aient tous deux adapté pour le théâtre, en 1670, la vie du fils de Vespasien sous les titres respectifs de 'Tite et Bérénice' et 'Bérénice' est naturellement la principale raison de cette reconnaissance unique dans le monde.

Et si la première pièce fut jouée au Théâtre du Palais Royal – qui deviendra en 1673 la première véritable salle de l’Académie Royale de musique -, la seconde fut créée à l’Hôtel de Bourgogne qui sera la première salle de l’Opéra-Comique dès 1762.

Dans la continuité de cette reprise, Stéphane Lissner a de plus passé commande auprès de Michael Jarrell pour créer un nouvel opéra intitulé 'Bérénice' et basé sur la pièce de Racine, la tragédie la plus proche de La Clémence de Titus. Il sera donné en première mondiale au cours de la saison 2018/2019.

La Clémence de Titus (Vargas-Spyres-Majeski-Kurzak-d'Oustrac-Crebassa-Decker-Ettinger) Garnier

Malgré son âge et ses lumières qui semblent devenir de plus en plus blafardes avec le temps, la vision de Willy Decker pour le personnage de Titus conserve une réelle force, car elle n’a de cesse de confronter la solitude de l’empereur face au symbole de grandeur qu’il représente au fur et à mesure qu’il endure les épreuves que lui inflige son entourage.

La scénographie est en effet totalement axée sur la transformation d’un énorme cube de marbre qui se fracture petit à petit pour révéler une vision idéalisée et immuable du souverain. On peut y lire un double mouvement inverse entre la construction d’une image sociale et politique intemporelle et l’accumulation de cassures intérieures.

Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Deux distributions sont réunies pour cette reprise, l’une composée de chanteurs aguerris à ce répertoire et à cet ouvrage en particulier, l’autre plus jeune, ce qui promet une comparaison stylistique et théâtrale captivante.

On retrouve dans la première l’exceptionnel Sesto de Stéphanie d'Oustrac, sombre et tourmenté, d’un impact vocal à la fois sensuel et véhément qui est une de ses grandes incarnations depuis 2011, date où elle incarna ce personnage dans la même mise en scène sur les planches du Palais Garnier.

Ramon Vargas, par une composition humble et sensible, dépasse le léger retrait initial pour revenir dans la seconde partie du premier acte avec un chant bien timbré et d’une musicalité homogène et harmonieuse qui en fait toujours, après plus de 30 ans de carrière, un interprète profond de la mélancolie mozartienne.

Amanda Majeski (Vitellia)

Amanda Majeski (Vitellia)

Amanda Majeski, elle aussi grande technicienne mozartienne, possède des couleurs froides et oriente la personnalité de Vitellia vers des lignes taillées au fusain, ce qui lui permet de dessiner une personnalité intrigante fine et intellectuelle, plus que charnelle.

Elle se départit en effet de toute variation vériste, et se montre d’une habilité stylistique qui renforce l’impression de maîtrise d’elle-même et des évènements sur le complot qu’elle n’a de cesse de renouer.

Antoinette Dennefeld (Annio)

Antoinette Dennefeld (Annio)

Par contraste, les portraits de Servilia et d’Annio, brossés respectivement par Valentina Naforniţă et Antoinette Dennefeld, offrent une même chaleur dont la fraicheur vocale distingue, et ce n’est pas toujours le cas, leur idéal de jeunesse des névroses qui, désormais, ont gagné les autres protagonistes de l’intrigue.

Marko Mimica, bien moins mis en valeur que dans le Banquo noir et sonore qu’il a incarné au Théâtre des Champs-Elysées le mois dernier, donne en tout cas une prestance fantomatique à Publio qui mériterait d’être appuyée par un jeu plus prononcé.

Amanda Majeski (Vitellia) et Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Amanda Majeski (Vitellia) et Stéphanie d'Oustrac (Sesto)

Dans la fosse d’orchestre, Dan Ettinger donne l’impression de vouloir forcer une certaine indolence tout en travaillant la plénitude du son, mais déploie également une flamboyance aux couleurs d’airain qui préserve le classicisme de son interprétation entièrement vouée à l’aisance des chanteurs.

Le chœur, lui, soigne musicalité et élégie, mais, limité à une composition d’une dizaine d’artistes, ne peut rendre la dimension emphatique et l’essence divine de la grande scène du jugement final.

 

Cet article fera prochainement l'objet d'un complément à propos de la seconde distribution.

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Publié le 19 Novembre 2017

Z mrtvého domu (Leoš Janáček)

Répétition générale du 13 novembre 2017
et représentation du 18 novembre 2017
Opéra Bastille

Alexandre Petrovitch Gorjantchikov Willard White
Alieïa Eric Stokloßa
Filka Morozov (Louka) Stefan Margita
Le grand prisonnier Peter Straka
Le petit prisonnier Vladimír Chmelo
Le commandant Jiri Sulzenko
Le vieux prisonnier Graham Clark
Skuratov Ladislav Elgr
Tchekounov Jan Galla
Le prisonnier ivre Tomáš Krejčiřík
Le cuisinier Martin Bárta
Le pope Vadim Artamonov
Le jeune prisonnier Olivier Dumait
Une prostituée Susannah Haberfeld
Dom Juan/ Brahmane Aleš Jenis
Kedril Marián Pavlovič
Chapkin Peter Hoare
Chiskov Peter Mattei
Tcherevine Andreas Conrad                             
               Peter Mattei (Chiskov)          

Direction musicale Esa-Pekka Salonen
Mise en scène Patrice Chéreau (2007)
Collaboration artistique Thierry Thieû Niang
Décors Richard Peduzzi

Production des Wiener Festwochen, Vienne, coproduction Holland Festival Amsterdam, Festival d’Aix-en-Provence, Metropolitan Opera New York, et le Teatro alla Scala Milan

Monter De la Maison des morts dans la mise en scène de Patrice Chéreau, une production créée 10 ans auparavant au Theater an der Wien à l'initiative de Luc Bondy, est un pari risqué pour Stéphane Lissner, car les résurrections ne valent la peine que si elles préservent le travail du metteur en scène disparu, et si elles bénéficient d'une excellente interprétation musicale.

Pour preuve, le peu de soin avec lequel Nicolas Joel avait malencontreusement restauré Les Noces de Figaro de Giorgio Strehler en 2013.

Stefan Margita (Filka Morozov) et Eric Stokloßa (Alieïa)

Stefan Margita (Filka Morozov) et Eric Stokloßa (Alieïa)

Ce soir de première à l'Opéra National de Paris, les spectateurs ont pourtant bien assisté à un miracle, car non seulement l'âme de Patrice Chéreau s'est lue sur les visages, les expressions et les danses des artistes, mais encore mieux, le génie théâtral de la musique de Leoš Janáček s'est enflammé sous la direction d'Esa-Pekka Salonen tout en se liant avec une extraordinaire précision à une action scénique saisissante.

Les prisonniers

Les prisonniers

On connaît le goût du metteur en scène pour le monumental, la muraille de béton bleuté qui resserre et enserre le bagne où se déroule le drame est donc le premier contact avec son univers torturé des profondeurs humaines, et dépourvu de toute vue sur le fleuve ou la mer.

Mais l'on comprend surtout, au second acte, comment il a pu vraisemblablement reconnaître l'essence même de son métier de cœur à travers ce tableau qui comprend une mise en abyme du sordide par des prisonniers qui deviennent eux-mêmes à la fois acteurs et spectateurs de leurs propres pulsions en improvisant une pièce de théâtre aux pieds de quelques tréteaux.

Ladislav Elgr (Skuratov)

Ladislav Elgr (Skuratov)

L'action des chanteurs est en effet intégralement définie et exprimée par la richesse des motifs musicaux jusque dans les gestes les plus vulgaires et triviaux. Le théâtre, reflet de l'âme et exutoire afin d'échapper à la folie, on ne pouvait mieux le représenter que dans une société vouée au désespoir.

Mais pour un instant, sous le faisceau ovale d'un projecteur de théâtre, Skuratov fait revivre en acteur principal les humiliations qui l'ont conduit au crime.

Stefan Margita (Filka Morozov)

Stefan Margita (Filka Morozov)

Et ce désespoir est le plus signifiant quand Patrice Chéreau fait de l'aigle une maquette construite pour évoquer le désir de liberté tel que l'évoque Alieïa, au début du troisième acte, à propos de Jésus qui fit un oiseau d'argile avant qu'il ne s'envole.

Le rideau tombe alors sur ce second acte de la même façon que la chute spectaculaire d'immondices, qui s'effondrent à la fin du premier acte, arrive au point culminant d'une montée en tension dramatique, cristallisant ainsi sa force autour de l'apparition de prisonniers se présentant nus à la sortie de sombres douches communes.

Impossible de ne pas penser à l'histoire des camps concentrationnaires.

Eric Stokloßa (Alieïa) et Willard White (Gorjantchikov)

Eric Stokloßa (Alieïa) et Willard White (Gorjantchikov)

Quant aux portraits intimes, Patrice Chéreau réussit le plus magnifiquement possible celui de la construction de la relation paternelle entre Goriantchikov et Alieïa, dont la compassion du second pour la déchéance du premier évolue vers une tendre amitié scellée par l'adversité du milieu carcéral où plus rien n'est refoulé.

Peter Mattei (Chiskov)

Peter Mattei (Chiskov)

Tous les chanteurs sont fantastiques d'engagements, que ce soit Stefan Margita, terrible Louka aux accents saillants et claquants, Ladislav Elgr, qui dépeint un Skouratov sensible, presque innocent, et d'une agilité scénique fougueuse et drôle, ou bien l'immense Peter Mattei dont la voix au charme de crooner semble trop belle, même dans les intonations les plus sévères, pour son grand monologue du dernier acte.

Touchant et d'une vérité poignante dans ses moments de faiblesse qu'il joue comme une bête blessée, Willard White transpire de son humanité au timbre sombre et voilé, et forme un duo magnifique avec le jeune Eric Stokloßa dont la voix exprime si bien l'urgence et la détresse.

Eric Stokloßa (Alieïa) et Willard White (Gorjantchikov)

Eric Stokloßa (Alieïa) et Willard White (Gorjantchikov)

Le chœur, dissimulé dans l'ombre de l'arrière scène, crée des atmosphères soupirantes aux couleurs âpres mais élégiaques, et l'envoutement de la direction d'Esa-Pekka Salonen, aussi virevoltante qu'elle peut être percutante, opère avec un réalisme prenant, tant la vivacité du discours qui raconte à lui seul une histoire en soi est restituée avec une exubérance qui n'oublie aucun pupitre, aucun effet, même le plus menaçant.

Traits de lumières et sinuosités s'hybrident ainsi dans une régénérescence perpétuelle dont la splendeur rehausse la déchéance visuelle qu'offre l'image de ce lieu de perdition humaine.

Graham Clark, Peter Mattei, Esa-Pekka Salonen, Stefan Margita, Susannah Haberfeld et Willard White (fin de répétition générale)

Graham Clark, Peter Mattei, Esa-Pekka Salonen, Stefan Margita, Susannah Haberfeld et Willard White (fin de répétition générale)

En ce jour de première, s'ouvre également au public l'exposition phare de l'hiver à la Bibliothèque-musée du Palais Garnier, Patrice Chéreau, mettre en scène l'opéra, qui permet à chacun d'appréhender les influences familiales, amicales et esthétiques qui ont fondé le théâtre de ce metteur en scène qui fut au centre du renouveau artistique du demi-siècle passé.

Et c'est jusqu'au 04 mars 2018.

Maquette de décor pour De la Maison des morts présentée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra

Maquette de décor pour De la Maison des morts présentée à la Bibliothèque-musée de l'Opéra

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