Publié le 30 Janvier 2013

Manon Lescaut (Puccini)
Représentation du 27 janvier 2013
Théâtre Royal de la Monnaie (Bruxelles)

Manon Lescaut Amanda Echalaz
Lescaut Lionel Lhote
Il Cavaliere Renato Des Grieux Hector Sandoval
Geronte de Ravoir Giovanni Furlanetto
Edmondo Julien Dran
Il Maestro di Ballo & Un Lampionaio Alexander Kravets
Un Sergente Guillaume Antoine
Un Musico Camille Merckx
L’Oste  Guillaume Antoine
Coro del Madrigale    Amalia Avilán, Anne-Fleur Inizian, Audrey Kessedjian, Julie Mossay

Direction Musicale Carlo Rizzi
Mise en scène Mariusz Trelinski

 

                                                                                                        Amanda Echalaz (Manon Lescaut)

En décembre dernier, pour les fêtes de Noël, la nouvelle production de La Traviata mise en scène par Andrea Breth avait suscité une polémique, car la seconde partie comportait une scène sensiblement dérangeante qui rappelait celle de l’orgie d’« Eyes Wide Shut ».

Au-delà du malaise personnel qu’elle créa, cette vision ne traduisait pas l’esprit de Verdi dénonciateur d’une haute société bourgeoise qui refuse à une femme, hypocritement, la liberté d’aimer, afin de protéger ses propres intérêts financiers.
Si l’on y ajoute une distribution dont seule Simona Saturova se distingua, nous n’avions pas là un spectacle pouvant avoir un impact intime fort.

Amanda Echalaz (Manon Lescaut)

Amanda Echalaz (Manon Lescaut)

Mais cela fait partie des risques pris par une Maison d’Opéra dynamique, et le Théâtre Royal de la Monnaie vient de se rattraper en présentant Manon Lescaut confiée, cette fois, à la direction scénique de Mariusz Trelinski, le directeur artistique du Grand Théâtre de Varsovie.

La scénographie est transposée dans un univers nocturne situé au centre d’un décor unique écrasé par un plafond bas, étouffant, de manière à créer une impression de claustrophobie.

Le soin accordé à la stylisation se lit avant que la musique ne commence, alors qu’un subtil liseré violacé éclaire et adoucit l’atmosphère depuis les pourtours de l‘espace central, au fond duquel défile la vue sur les lumières des immeubles d’une ville moderne, Paris, en pleine nuit.

Les étudiants et bourgeois du livret original deviennent des hommes et femmes affairés entre leur travail mécanisant et leur course effrénée à travers les transports suburbains de la capitale. On retrouvait déjà cette description froide de notre monde contemporain dans la mise en scène de Macbeth par Ivo van Hove à l’Opéra de Lyon, en octobre dernier, mais son concept ne s’était pas suffisamment développé au fil du drame.

Madrigal : en arrière plan, Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Lionel Lhote (Lescaut)

Madrigal : en arrière plan, Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Lionel Lhote (Lescaut)

Ici tout fait sens. DesGrieux est un de ces citoyens soumis à un rythme déshumanisant qui ne peut que tomber amoureux d’une créature éblouissante de vie, insaisissable et troublante par son comportement non conformiste.

Au début, Hector Sandoval paraît jouer très caricaturalement ce rôle d’homme trop fier et un peu idiot de son amour, mais, par la suite, le ténor mexicain s’empreint d’une profondeur blessée fort émouvante. Il soigne chaque mot afin de faire jaillir de son chant une lumière idéaliste, et cette poésie authentique portée par un souffle naturel lui donne une présence discrète qui s’amplifie au fur et à mesure, alors qu’il n’a pourtant pas d’atouts charismatiques immédiats. Son incarnation, entière, en devient humainement magnifique.

A l’apparition de Manon, Mariusz Trelinski l’entraîne dans un univers proxénète avec lequel elle prend plaisir à jouer, dont le frère est manifestement complice. Géronte de Ravoir se présente alors en consommateur avide et sans scrupule, affublé d’un costume blanc à la Al Capone.

Baryton brillant et sympathique, Lionel Lhote n’a aucun problème à imposer un Lescaut fort, avec un aplomb vocal certain, auquel Giovanni Furlanetto associe un timbre fortement nasal, mais une diction précise, qui restitue la vérité cynique de Géronte.

Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Hector Sandoval (Des Grieux)

Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Hector Sandoval (Des Grieux)

Summum d’une description feutrée où la femme est transformée en un produit de luxe, le madrigal, chanté par des interprètes féminines vêtues de couleurs dorées comme souvent Warlikowski les représente également dans ses opéras, est joué sous forme de numéro de cabaret langoureux, en avant-scène, ce qui lui donne un charme surprenant, une ode chantant l’insensibilité de la femme fatale à son soupirant.

Amanda Echalaz est complètement mystérieuse en Manon, en premier lieu parce nombre de changements de chevelures et d’habillements la transforment constamment, mais aussi parce qu’elle varie en continue couleurs et densité du timbre de voix, parfois s’écaillant dans les graves, ou s’allégeant finement dans ‘In quelle trine morbide’. L’impression d’impureté permanente, aussi liée à un faible tissage du legato, est alors compensée par la stabilité du souffle et le brillant des aigus, sans écorchure.

Toutefois, le parti pris de la mise en scène se focalise sur Des Grieux et son emprise phantasmatique, Manon n’étant plus qu’une image changeante. L’héroïne ne peut donc plus toucher aussi fortement, à la dernière scène notamment, puisqu’elle apparaît moins incarnée, moins souffrante.

Amanda Echalaz (Manon Lescaut)

Amanda Echalaz (Manon Lescaut)

Mariusz Trelinski poursuit sa vision avec des images très fortes. L’asservissement de femmes défilant, torturées et exposées comme des bêtes, en partance pour la Louisiane, laissées sous le regard de spectateurs tapis dans l’ombre sans esquisser le moindre geste pour leur porter secours, ouvre le troisième acte sur la scène la plus sombre de l’opéra.

Mais la suivante, au cours de laquelle se retrouvent Des Grieux et Manon, prend une ampleur cinématographique incroyable. 
La solitude et le désespoir du Chevalier y sont exprimés en le séparant de son amour inaccessible, lui appuyé seul contre un pilier de scène les deux mains accrochées à son téléphone, elle lui répondant derrière une paroi de verre, alors que se déroulent en arrière plan les lumières de la ville, comme un long travelling qui suit le rythme de la musique sans fin.

Nous sommes alors quelque part dans un univers aussi noir et étrange que ceux de David Lynch, Alfred Hitchcock ou Ridley Scott, sous l’influence d’une musique qui souligne le mystère d’une incommunicabilité humaine fondamentale.

Avant de voir et entendre, pour la première fois, le premier grand succès de Puccini, jamais il ne serait venu à l’idée que cette musique puisse être aussi évocatrice et moderne, sans doute plus que La Bohème ou Tosca.

Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Hector Sandoval (Des Grieux)

Amanda Echalaz (Manon Lescaut) et Hector Sandoval (Des Grieux)

Face à l’Orchestre de l’Opéra Royal de la Monnaie, Carlo Rizzi ne ménage pas beaucoup la partition pendant les deux premiers actes, entretenant de façon inexplicable une précipitation qui pousse les vents, et les flûtes en particulier, à des dérapages stridents inutiles. Il y a un écart constant entre l’image d’une gestuelle impliquée à cœur ouvert, et une raideur, presque brutale, qui n’engage pas l’orchestre à détailler la finesse de la partition, alors que les motifs devraient être caressés avec la douceur du velours d’une patte de chat.
Après l’entracte, la chaleur regagne la fosse, le lyrisme généreux également, et les deux derniers actes combinent superbement dramatisme orchestral, scénographie sombre, et variations des ambiances lumineuses selon les vagues ombreuses de la musique.

Avec une distribution réunissant à la fois un véritable caractère vocal et une vérité scénique saisissante, Mariusz Trelinski réussit à la fois à porter Manon Lescaut dans notre monde immédiat, et à révéler la puissance et l’intimisme d’une partition, pour ma part négligée.

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Publié le 23 Janvier 2013

Tannhäuser (Richard Wagner)
Représentation du 13 janvier 2013
OpernHaus Zürich

Tannhäuser Peter Seiffert
Elisabeth Anja Harteros
Venus Vesselina Kasarova
Wolfram Michael Nagy
Hermann Jan-Hendrik Rootering
Walther Fabio Trümpy
Biterolf Erik Anstine
 
Direction Musicale Marc Albrecht
Mise en scène Harry Kupfer (2011)

 

                                                                                                      Peter Seiffert (Tannhäuser)

En transposant la légende de Tannhäuser dans le monde de la haute société fréquentant les greens de golf et les réceptions dans les Grands hôtels particuliers, Harry Kupfer a sans doute voulu séduire une bonne partie du public zurichois. Cependant, il élimine tant de la symbolique de l’œuvre, que d’aucun en phase avec la musique ne peut sincèrement y trouver la moindre inspiration intellectuelle et profonde.
 

La scène du Vénusberg mêlant rite païen et érotisme de fines dentelles, sous le regard d’ecclésiastiques dissimulés, semble montrer une volonté d’y impliquer l’institution cléricale, mais rien ne sortira de plus de ces images. En fait, seule la superbe chorégraphie hédonisme d’un des danseurs, au corps parfait, avec une des créatures de cet univers libertin laisse une impression furtivement fascinante.

Le modernisme de façade, avec cette idée lumineuse de substituer une guitare électrique à la harpe, et le peu de consistance donnée à l’interprétation psychologique des caractères, ne font ainsi que transformer un tel opéra en divertissement de luxe.



Vesselina Kasarova (Vénus)

Heureusement, l’interprétation musicale a de la force et une intensité à laquelle les chanteurs se livrent à cœur perdu, dans une salle où l’acoustique trop peu réverbérée ne permet pas aux voix d’y trouver une forme de dissipation plus aérée.

Vesselina Kasarova n’est pas, à priori, une interprète habituelle de Wagner, pourtant, Vénus prend des traits méphistophéliques et une assurance dominatrice sur Tannhäuser qui peut faire penser à la puissante Lady Macbeth de Verdi. Elle détient une richesse de couleurs, de noirceurs appuyées même, qui lui donne un caractère déterminé et exempt de toute sensualité languissante, laissant à part le mystère de sa propre féminité.

Anja Harteros (Elisabeth)

Anja Harteros (Elisabeth)

Anja Harteros en est le contraire, campée dans le rôle d’une femme compassionnelle et tournée vers la condition de l’autre, une ligne aristocratique qui se prolonge par la manière de glisser d’une tessiture à l’autre, de laisser filer des sons mystérieusement éthérés, et de canaliser avec aplomb la force d’aigus beaux et effilés.

Dans une conception qui en fait un musicien de rock, Peter Seiffert n’est pas scéniquement mis en valeur. Toute son interprétation repose ainsi sur son impressionnante brillance virile, quelles que soient les tensions exigées pour traduire la personnalité tourmentée de Tannhäuser avec, cependant, un excès de volonté qui masque le fond d’âme, un peu perdu, que l’on aimerait mieux ressentir

Il y a beaucoup de douceur chez Michael Nagy, son Wolfram respire ainsi l’évidence simplicité. « Ô du mein holder Abendstern », soutenu par un orchestre plongé dans une profondeur magnifiquement méditative, est rendu avec un pathétisme d’autant plus touchant qu’il est exprimé à travers un spectacle tant superficiel dans son propos.

Tannhäuser (Kasarova-Harteros-Seiffert-Albrecht) Zürich

Grand artiste de la soirée, celui qui en a fait le liant incontestable, Marc Albrecht inssufle tout au long de cette matinée une énergie et une théâtralité enlevées, quitte à parfois légèrement morceler la ligne musicale flamboyante, tout en accordant une importance dramatique aux cuivres qu'il ne laisse pour autant s’imposer trop bruyamment au flot des cordes.

Le chœur, descendu des interstices des hauteurs de la salle, semble être enregistré - mais il peut s’agit d’une fausse impression - au final de la scène du Vénusberg. Plus loin, le naturel des voix provenant de l’arrière de la salle se révèle cette fois évident, faisant entendre un superbe allant beau par sa fluidité.

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Publié le 15 Janvier 2013

Cavalleria Rusticana - Il Pagliacci

(Mascagni-Leoncavallo)
Représentation du 12 janvier 2013
OpernHaus Zürich

Santuzza Waltraud Meier
Turiddu Zoran Todorovitch
Lucia Irène Friedli
Alfio Lucio Gallo

Nedda Elena Mosuc
Canio Zoran Todorovitch
Tonio Lucio Gallo
Beppe Boguslaw Bidzinski
Silvio Alex Lawrence

Direction musicale Alexander Vedernikov
Mise en scène Grischa Asagaroff (2009)

                                                                                                       Waltraud Meier (Santuzza)

Au cours de la saison dernière, l’Opéra National de Paris a porté sur sa scène le diptyque si couramment joué dans les Maisons de répertoire, Cavalleria Rusticana & Il Pagliacci.
Ce fut, pour nombre d’entre nous, l’occasion de découvrir la puissance théâtrale de la seconde pièce, transcendée par l’extraordinaire engagement de Vladimir Galouzine et Brigitte Kele, qui nous laissèrent une image forte et viscérale des profondeurs de la douleur humaine et de l’insoutenable désir de vivre.

A l’inverse, la mise en scène de Cavalleria Rusticana s’échoua sur un décor glacial, malgré les beautés ombreuses de la direction d’orchestre.

La production imaginée par Grischa Asagaroff pour l’Opéra de Zürich respecte l’idée que l’on peut se faire de la place d’un village de Sicile enserrée de murs et de piliers flanqués des marches menant à l’entrée d’une église, le tout couvert d’une tonalité triste et grise. Dans la seconde partie, elle se pare de couleurs voyantes et artificielles, orange et fushia, pour accueillir le défilé de jongleurs et d’acrobates qui rythme la vie rurale en Calabre, et au cœur duquel le numéro vaudevillesque des saltimbanques va rejoindre, par surprise, la réalité.

Rien de contraire à l’idée que l’on se fait de cet univers, sauf que deux artistes justifient d’aller réécouter ces deux œuvres, l’immense Waltraud Meier, et l’exubérante Elena Mosuc.

Waltraud Meier (Santuzza)

Waltraud Meier (Santuzza)

On trouve sur internet des témoignages de l’incarnation violemment passionnée de Santuzza que la soprano allemande livrait brutalement sur scène il y a plus de quinze ans mais, depuis, en grande admiratrice de Patrice Chéreau, elle a poursuivi son travail d’expression qui approche dans les moindres détails la vérité des sentiments de résignation et de désolation, avec une maturité que l’on observait déjà chez Marie, la femme de Wozzeck, ou Isolde.

Sa voix est restée étonnamment claire, la tension imposée n’atteint pas perceptiblement le galbe de sa tessiture, et la fascination visuelle de ce visage et de ce regard qui mord dans la vie est toujours aussi forte.

Elena Mosuc, dans Il Pagliacci, est une étourdissante Nedda, joueuse et pleine de charme et de vie, mais quand on entend ses qualités virtuoses qu’elle étale avec un sens du défi périlleux, la crainte qu’elle n’abîme prématurément une telle brillance se fait sentir.

Pour accompagner ces deux phénomènes scéniques, les deux rôles masculins majeurs des deux opéras sont confiés aux mêmes chanteurs, ce qui est courant pour le baryton, mais l’est beaucoup moins pour le ténor dont la voix est fortement sollicitée, et malmenée, par des exigences véristes proches du déchirement.

Elena Mosuc (Nedda)

Elena Mosuc (Nedda)

Zoran Todorovitch donne toute son énergie en suivant une ligne un peu rustre mais authentique, ce qui le rend peut être trop sympathique et insuffisamment noir pour traduire une complexité vitale inintelligible et impénétrable.

Lucio Gallo réussit à donner des aspects faux et manipulateurs au personnage de Tonio en jouant sur des variations de tonalité parfois enjôleuses et humaines, sans tomber dans l’outrance vulgaire, ce qui le rend plus crédible ici que lorsqu’il se projette dans la malfaisance de Iago, d’une toute autre dimension.

Parmi les rôles secondaires se distinguent les belles couleurs dorées d’Irène Friedli (Lucia) et la très juste incarnation de Silvio par Alex Lawrence, remplaçant de dernière minute du titulaire du rôle prévu ce soir.

Grand interprète du répertoire russe, Alexander Vedernikov semble prendre un immense plaisir à diriger ces œuvres emblématiques de la vigueur italienne. Après une quinzaine de minutes où l’on entend l’orchestre chercher la fluidité dans l’unité, les motifs solo des instruments à vent regorgent de sonorités chaudes et aérées, les élans symphoniques prennent de l’ampleur, et, dans le feu théâtral de l’opéra de Leoncavallo, le soutien et l’empathie dus aux chanteurs sont tenus sans la moindre faille.

Ensuite, c’est une affaire de goût et d’état d’esprit, on sent tout de même une certaine mesure de la part du régisseur pour ne pas chercher à accentuer la noirceur du drame, et le rendre trop réaliste, voir sordide.

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Publié le 5 Janvier 2013

Orchestre Philharmonique de Radio France - Richard Wagner
Version de concert du 04 janvier 2013
Salle Pleyel

Le Vaisseau fantôme : Ouverture
Lohengrin : Prélude de l'acte I
Lohengrin : Prélude de l'acte III
Lohengrin : Scènes 1 et 2 de l'acte III
Tannhäuser : Ouverture et Venusberg
Tristan et Isolde : Prélude et mort d'Isolde

Elsa Annette Dasch
Lohengrin Stephen Gould
Isolde Violeta Urmana

Direction Marek Janowski
Orchestre Philharmonique et Choeurs de Radio France

                                                                                                             Annette Dasch (Elsa)

Puisque 2013 est une année exceptionnelle par bien des aspects, et que l’on y commémorera en particulier le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner, la Salle Pleyel ouvre naturellement cette année avec deux concerts dédiés au maître de Bayreuth.

Si l’on exclut la toute dernière partie de ce premier concert, le Philharmonique de Radio France, conduit par Marek Janowski, est apparu en manque de souffle et de précision.
L’ouverture du Vaisseau Fantôme s’appuie principalement sur la fluidité allante des cordes, mais toute l’évocation fantastique de ce Vaisseau maudit et la violence des éléments qui le bousculent ne sont pas rendues.

Orchestre Philharmonique de Radio France et Marek Janowski

Orchestre Philharmonique de Radio France et Marek Janowski

Orchestralement, le prélude de  Lohengrin suit le même mouvement sans trop de relief et sans que ne se perçoive nettement la lumière mystique qui émane de la pointe des archers, les chœurs se contentant de chanter dans le second prélude sans la hauteur quasi sidérale que ces voix devraient atteindre.

Les deux scènes qui suivent permettent enfin de découvrir Annette Dasch, elle qui fit dans l’urgence l’ouverture de la Scala de Milan, le mois dernier, pour remplacer Anja Harteros dans le même rôle. L’incarnation est nettement plus contenue, moins éthérée, mais l’on retrouve ces petits gestes de poupée mécanique attachants, et un grand raffinement dans l’expression touchante de la fragilité féminine.
Stephen Gould, monumental, en devient un Lohengrin distancié par la largeur monocolore et stable de sa voix, évoquant un Tristan noir et sans illusion.

Annette Dasch (Elsa)

Annette Dasch (Elsa)

La seconde partie débute par l'ouverture de Tannhäuser et un Venusberg malheureusement totalement plats, sans la moindre tension infernale, le moindre courant entraînant, la vigueur des mouvements de la bacchanale se concluant même sur une défaillance ironique des cuivres.

Rien ne laissait donc présager d'un prélude de Tristan et Isolde d’une ampleur somptueuse, comme un grand voyage au cours duquel l’on tombe dans les accidents de l’âme mahlérienne, et où l’on ne peut que se laisser porter les yeux fermés.

Violeta Urmana (Isolde)

Violeta Urmana (Isolde)

Et soudain, apparue du fond de ce flot surnaturel, la voix de Violeta Urmana vient nous surprendre et nous convier à la suivre dans la plénitude lumineuse et confiante de la mort. Rien n’est dramatique, la voix et les couleurs sont inflexibles, et les subtiles vibrations font de ce grand appel une expression de la douleur humaine purifiée inexplicablement bouleversant.

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Publié le 3 Janvier 2013

Mardi 01 janvier 2013 sur France 2 à 11h10

Concert du nouvel an
Philh. de Vienne, dir. Welser-Möst

Mardi 01 janvier 2013 sur Arte à 19h00
Concert du nouvel an à la Fenice

Vendredi 04 janvier 2013 sur Arte à 20h50
Ballet. Don Quichotte. Chorégraphie de Rudolf Noureev (1981), d'après Marius Petipa
Avec les Etoiles du Ballet de l'Opéra de Paris: Dorothée Gilbert, Marie-Agnès Gillot, Karl Paquette
Paris, Opéra Bastille, 2012

Dimanche 06 janvier 2013 sur France 3 à 00h15
La Fille de madame Angot (Lecoq)
Avec Tauran, Gonzalez Toro, Bou, Fallot, Vernhes
Mise en scène Anémone, Direction Chalvin, Sinfonietta de Lausanne

Dimanche 06 janvier 2013 sur Arte à 16h20
Les petits chanteurs de Dresde (1/3)

Dimanche 06 janvier 2013 sur Arte à 18h55
Concerto N°3 (Rachmaninov)
Y.Wang (Piano), Staatskapelle de Dresde, direction Xian Zhang

Jeudi 10 janvier 2013 sur TF1 à 02h20
Le voyage à Reims (Rossini)
avec Irma Guigolachvili, Anna Kiknadze Orchestre et choeurs de l'opéra Marlinski
direction de Valery Gergiev mise en scène Alain Maratrat Théatre du Châtelet Paris 2005


Dimanche 13 janvier 2013 sur France 3 à 00h15
Rinaldo (Haendel)
Avec Prina, Fritsh, Rae, Pisaroni, Abrahamyan, Mead, Towers, Mercer
Mise en scène Carsen, Direction Dantone, Le Siècle des Lumières

Dimanche 13 janvier 2013 sur Arte à 15h55
Les petits chanteurs de Dresde (2/3 et 3/3)

Dimanche 13 janvier 2013 sur Arte à 19h15
Les 12 violoncellistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin
Musique : Astor Piazzolla, Claude Debussy, Ennio Morricone, Thelonius Monk, etc.
Avec : Annette Dasch, Till Brönner, etc.

Dimanche 20 janvier 2013 sur France 3 à 00h15
Le Tour d'écrou (Britten)
Avec Persson, Spence, Bickley, Allen, Songi, Parfit
Mise en scène Kent, Direction Hrusa, Philh. de Londres

Dimanche 20 janvier 2013 sur Arte à 15h15
50 ans du Traité de l'Elysée (Florilège Offenbach)
Musiciens du Louvre, direction Minkowski

Mardi 22 janvier 2013 sur Arte à 17h15


Dimanche 27 janvier 2013 sur Arte à 15h55
Les petits chanteurs de Dresde (2/3 et 3/3)

Dimanche 27 janvier 2013 sur Arte à 16h50
La Truite (Schubert)

Ballet de Martin Schläpfer


Dimanche 27 janvier 2013 sur Arte à 19h15
Symphonie n°3 de Brahms
Philh. de Radio France, direction Dudamel

 

Web : Opéras en accès libre

(Lien direct sur les titres et sur les vidéos)  

Phaeton   (Festival de Beaune) jusqu'au 27 janvier 2013

A Death in the Family (William Mayer) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 5 avril 2013

Andrea Chénier (Umberto Giordano) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 6 avril 2013

In The Penal Colony (Philip Glass) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 7 avril 2013

Mileva (Aleksandar Kojic) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 10 avril 2013

Maria Theresa (Roland Baumgartner et Rainer Lewandowski) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 13 avril 2013

Cavalleria Rusticana et Pagliacci (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 14 juin 2013

La Traviata (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 15 juin 2013

Stradella (Cesar Franck) à l'Amel Opera Festival jusqu'au 19 septembre 2013

Le Couronnement de Poppée (Opéra de Lille) jusqu'au 12 avril 2014

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 28 Décembre 2012

Conférence Trilogie Médée : Krzysztof Warlikowski. Théâtre des Champs Elysées
Le 11 décembre 2012 Atrium du Théâtre des Champs Elysées

Le lendemain de la première de Médée de Cherubini mise en scène par Krzysztof Warlikowski au Théâtre des Champs Elysées, Michel Franck, le directeur du Théâtre, a eu l’idée de consacrer toute une journée au thème de Médée.

C’est une façon, pour lui, de conclure ce cycle automnal sur Médée par un grand échange entre le public et les artistes, ce qui aura permis de voir et entendre trois versions différentes musicalement (Dusapin, Charpentier, Cherubini), scéniquement (Sasha Waltz, Pierre Audi, Krzysztof Warlikowski), et orchestralement (Akademie für Alte Musik Berlin/Marcus Creed, Le Concert d’Astrée/Emmanuelle Haïm, Les Talens Lyriques/Christophe Rousset).

Après une brève introduction par le directeur, cette conférence comprenait, le matin, des études littéraires et musicales menées par des étudiants et, l’après-midi, Emmanuelle Haïm et Krzysztof Warlikowski sont venus parler respectivement de leur version de Médée.

L’article qui suit restitue les réflexions du metteur en scène polonais suscitées par les questions des interviewers et du public.

Film d'avant ouverture de Médée : la Monnaie de Bruxelles, septembre 2011

Film d'avant ouverture de Médée : la Monnaie de Bruxelles, septembre 2011

Il existe de nombreuses versions de Médée depuis l’antiquité, Euripide, Sénèque, Corneille, Anouilh etc., mais aviez-vous une vision personnelle de cette femme mythique avant de l’aborder à travers l’opéra de Cherubini,  et comment avez-vous actualisé la figure de ce personnage présente dans l’œuvre?

Toute cette aventure a débuté à Bruxelles, lieu où la production a été créée il y a quatre ans, au moment où je finissais Parsifal à l’Opéra National de Paris. Je suis arrivé dans la capitale belge sous l’influence d’un film des frères Dardenne, « L’enfant ».

J’arrivais donc avec un héritage très lourd en pensant à ces adolescents qui, dans le désespoir, étaient allés jusqu’à vendre leur enfant pour l’argent et la drogue.

Bruxelles a fait une impression forte sur moi car le Théâtre Royal de La Monnaie se trouve dans une zone très différente de l’avenue Montaigne à Paris.
De cette zone, les Bruxellois sont partis mais, en revanche, de nombreux émigrés se sont installés.
Ainsi, je n’ai pu m’empêcher de penser à la place de l’étranger dans la Belgique d’aujourd’hui, et à Liège, en particulier, que je connaissais pour y avoir présenté mes pièces de théâtre. Il y a, notamment, un quartier qui s’appelle « Le Carré », un endroit où j’ai eu l’impression de retrouver un lieu qui fût une sorte d’enfer pour moi.

Je n’imaginais rien, je voulais simplement comprendre le contexte d’ici.
L’idée était d’aborder cette histoire en s’éloignant de ce côté sorcière, magicienne.

Les enfants de Médée devant le fond de scène : Théâtre des Champs Elysées, décembre 2012.

Les enfants de Médée devant le fond de scène : Théâtre des Champs Elysées, décembre 2012.

L’un de mes films préférés de Pasolini, « Médée », est en partie tourné sur la place des Miracles à Pise, où il y a des monuments datant du Moyen âge d’art, mais avec un style annonciateur de la Renaissance faisant penser à la civilisation grecque. Et, dans ce film, on voit toute la contradiction entre l’univers tiré de l’Occident auquel appartiennent Créon et Jason, et celui de l’étrangère, la barbare, et ses dieux de la Colchide.

Que faire à partir d’un tel sujet? Dans la première version à Bruxelles de Médée, on pouvait entendre certains gémissements de Médée en arabe. J’essayais ainsi d’approcher la vie de ce personnage, et d’accrocher ce personnage à la vie d’aujourd’hui, alors que ce grand mythe s’est reproduit si souvent au XXème siècle, dans des contextes bien différents.
C’est l’histoire d’une femme étrangère, abandonnée avec ses deux enfants par un homme, dans une société qui ne reconnait pas un ancien mariage issu d’un rite barbare. On retrouve alors Jason se mariant à nouveau selon une tradition qui appartient, cette fois, à la culture de l’Occident.


Cette figure de Médée a donné son nom à un syndrome complexe étudié par les psychanalystes. Son influence se retrouve t’elle dans votre travail?

Avec Nadja Michael, qui était présente dans les trois reprises de ce spectacle, nous avons vite compris qu’il nous fallait réaliser un voyage intérieur, faire tomber Médée dans une histoire qui ne pouvait se dérouler autrement. On ne peut imaginer une mère qui tue ses propres enfants.


En revenant à la source créatrice grecque qui montre toujours les tabous des débuts de la civilisation, les peurs de cette jeune civilisation passent sur nous sans que l’on puisse dire qu’elles ne sont plus les nôtres.
Il s’agit ainsi, malgré le côté conventionnel XVIIIème siècle de l’opéra de Cherubini, d’aller vers une œuvre non pas esthétique mais dérangeante, puisque, le soir où l’on va au théâtre voir Médée, quelque chose d’horrible va se dérouler sous nos yeux.

Nadja Michael (Médée) : la Monnaie de Bruxelles, septembre 2011.

Je me rappelle d’un voyage à Stuttgart, alors que j’allais voir l’opéra, et j’ai aperçu dans le centre de cette ville un immense immeuble couvert de noir. C’était le théâtre qui jouait Œdipe et imposait le deuil sur la malédiction de cette famille à toute la ville.

Quelque part, on en revient toujours aux questions que nous ont laissé les Grecs, c’est pourquoi il faut les aider aujourd’hui, car toute notre culture provient de leur histoire.


Vous parlez de vivre dans le présent. Vous avez radicalement adapté les récitatifs, pouvez-vous évoquer les enjeux de cette adaptation?

A l’origine, les récitatifs sont en alexandrins. Si l’on pense à ce qu’il s’est passé hier soir, j’en venais d’abord à me dire que le langage quotidien n’est pas acceptable sur le plateau, ce qui m’a fait ressentir un stress incroyable.

Jusqu’à ce que nous vîmes l’indécence de gens et leur désertion sur la manière d’aborder le théâtre. Il y avait bien le refus par une minorité, je crois, du théâtre qui est pourtant inclus dans cet opéra.

Nous avons donc d’un côté ces alexandrins qui sont difficiles, très bavards, et la musique d’un autre côté.
Mais nous avons cependant besoin de suivre l’histoire, dans une mise en scène qui est une proposition parmi des centaines d’autres propositions, et j’imagine bien qu’il doit y avoir des metteurs en scène qui apprécient ces vers comme signes inscrivant cette œuvre dans le XVIIIème siècle.


Il semble que l’on retrouve des éléments d’autres versions, des fragments d’Euripide ou plus contemporains. Dans quelle mesure y a t-il une continuité avec le travail de « portage » que vous avez pratiqué depuis (A)pollonia?

Il n’y a pas de rajouts, mais un texte préparé à partir du texte ancien, raccourci et rendu plus sévère.
Le langage est plutôt quotidien, je cherche ainsi à retrouver l’esprit des dialogues de Sarah Kane, influencé par le théâtre de Shakespeare et le théâtre grec, qui se base sur des dialogues très courts et très concentrés, afin de les renforcer.

Christophe Rousset, Krzysztof Warlikowski, Nadja Michael lors des saluts de Médée : Théâtre des Champs Elysées décembre 2012.

Christophe Rousset, Krzysztof Warlikowski, Nadja Michael lors des saluts de Médée : Théâtre des Champs Elysées décembre 2012.

Du fait de la présence du texte parlé, vous êtes vous senti plus proche du théâtre dans cet opéra là, et pourquoi avez-vous amplifié les dialogues?

Nous sommes au théâtre lyrique, et non pas dramatique. J’ai vécu un cauchemar, hier, car il y avait deux personnes qui n’ont pas jeté un œil au plateau. Ils étaient tournés un peu de côté, les yeux fermés, et jouaient des mains comme pour diriger la musique, de temps en temps, quand ils retrouvaient les passages qu’ils adorent.

Je ne sais pas si c’est un parti pris ou autre chose, mais cela me fait du mal de penser que l’on puisse aller au théâtre, surtout dans le cadre de quelque chose qui appartient à la ville, et de réduire cette soirée, ce compositeur, cette histoire de Médée, à juste quelques barres de musique que l’on puisse diriger pour soi-même. Je ne sais pas comment qualifier cela.

Mon univers, que je dirais esthétique au théâtre, est encore plus fort à l’opéra. Je ne suis pas dans une analyse objective, extérieure, réaliste ou quelconque, car ce que je montre est de l’ordre du mental. Je suis là pour suivre la folie qui commence dans la tête de Médée, et la musique m’aide à la saisir.

Lorsque vous vous arrêtez à des opéras du XVIIIème siècle ou baroques, vous vous apercevez que les compositeurs ne sont pas encore dans cet univers du XIXème siècle où l’on oublie les paroles et les scènes parlées. Il y a une contradiction très forte, des moments chantés, des moments parlés, des instants de silence qui créent un choc avec la musique.

Pour que les moments intimes ne soient pas couverts par la musique, alors que les artistes restent nus avec leurs émotions, il faut un support pour leur permettre de se faire comprendre. Le but est de ne pas interrompre ce voyage émotionnel que la musique crée, et que la parole reprend, pour nous pousser plus loin dans les émotions que l’on vit, et pour atterrir sur un nouveau morceau musical, avec un nouvel air.


Pour en venir à l’interprétation, le choix de Jason n’est pas une quête de pouvoir mais une quête de normalité, le confort d’une vie peut être bourgeoise. Mais la catastrophe a pourtant lieu. Est-elle causée par Médée, qui veut se venger, ou bien est-elle inévitable car l’on ne peut changer sa condition humaine?
 

Médée n’est rien d’autre qu’une femme et, pour la plupart d’entre nous, nous avons connu des moments passionnés où nous sommes tombés dans des états de folie, prêts à commettre quelque chose d’horrible. C’est la condition humaine.
J’ai toujours ressenti cette contradiction qui réside dans l’impossibilité de relation entre homme et femme comme dans (A)pollonia.

Au théâtre on parle de « Magicienne » parce que cela nous éloigne, cela nous divertit, alors je ne suis pas personnellement enchanté par cette perspective de me confronter à ce personnage par un divertissement qui tourne autour de quelque chose d’exotique.

Même si j’ai cherché à conserver l’étrangeté de Médée, je ne sais pas si elle est réellement une étrangère, cette Amy Whinehouse, je lui ai donné un look auquel on puisse identifier la femme en quête de liberté, identifier la couleur du deuil, reconnaître le « fatum ».
Nadja Michael (Médée) : Théâtre des Champs Elysées décembre 2012.

 
Les images que l’on voit montrent un carcan, celui d’une société - on croit voir une croix sur scène, les enfants sortir d’une école religieuse.  Quelque part, cette Médée - peut-être vous - cherche à s’extraire de ce carcan. Est-ce que ces images vous échappent, ou bien en avez-vous conscience?

Le début du film de Pasolini se passe dans la réalité contemporaine, puis se poursuit dans l’antiquité, jusqu’aux images, assez fortes, du baptême dans un décor très beau.

Les vidéos de mariages et de processions qui sont projetées au début de l’opéra font écho à celles que l’on a pu voir en Belgique ou en Espagne. Elles me permettent de montrer cet univers occidental et cette religion qui nous pèse, même si c’est la nôtre, et d’arriver à ce troisième acte qui me touche particulièrement. Médée est cette femme qui se comporte comme une étrangère qui voudrait que ses enfants soient élevés dans la religion chrétienne pour les protéger, même si ce n‘est pas la sienne.  Vous pouvez y voir un propos politique bien sûr.


Il y a un érotisme et une énergie incroyable à travers les corps, encore plus qu’à travers les images. Pouvez-vous nous expliquer votre vision particulière du couple entre ces deux êtres singuliers?

Cette question ouvre tellement de possibilités … Est-ce que Médée ne plait plus à Jason? Souhaite-t-il finalement la normalité, faire partie de cette société sans problème, sans avoir une femme qui est trop forte et qui le dérange dans sa carrière car il en a assez d’être vu comme un étranger?

Peut-être ne veut-il plus de ce monument, de quelqu’un qui le secoue toutes les cinq minutes pour lui dire combien il est nul, et combien il n‘est plus celui qu‘elle a connu à l‘époque de leur voyage à travers la Mer Noire?

Il y a aussi le souvenir du passé mystérieux de ces deux aventuriers, avec les meurtres que l’on connait du mythe.

Les enfants de Médée : Théâtre des Champs Elysées décembre 2012.

Les enfants de Médée : Théâtre des Champs Elysées décembre 2012.

Que voulez-vous faire passer avec ce dérangement, alors que beaucoup de choses nous dérangent dans la vie, et que proposez-vous d’autre que de rappeler la souffrance de l’étrangère?

Je crois que l’on est dans le même lieu, dans la même salle pendant trois heures, parce que l’on fait partie de la « Polis », avec nos repères culturels, religieux, esthétiques, et cette communauté doit vivre en pensant à nos ancêtres qui nous ont donné cet héritage théâtral que l’on trouve tout autour de nous.
Il faut bien nous déranger pour sortir de ce quotidien où l’on retombe pour être calme, pour ne pas devenir malade.

Et pour arriver à ce dérangement, il y a ce terme magnifique de « catharsis », une représentation qui nous purifie. Dans le théâtre on se rencontre, on commence à s’influencer, quelqu’un crie «  faites du théâtre ailleurs mais pas ici! », un autre réplique « ferme là! ».
On est là pour recevoir, vivre quelque chose, sinon pourquoi aurait-on défini ces endroits?

Ce théâtre est finalement là pour nous dire que nous ne sommes pas normaux, et non pas pour y venir applaudir à des conventions.

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Publié le 25 Décembre 2012

Vénus et Adonis (John Blow)
Représentation du 15 décembre 2012
Opéra Comique

Vénus Céline Scheen
Adonis Marc Mauillon
Cupidon Romain Delalande

Direction Musicale et Clavecin Bertrand Cuiller
Chœur La Maîtrise de Caen
Chœur et Orchestre Les Musiciens du Paradis

Mise en scène Louise Moaty
Chorégraphie Françoise Denieau

Coproduction Opéra Comique, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Angers-Nantes Opéra, Opéra de Lille, Centre de Musique Baroque de Versailles.

                                                                                                            Céline Scheen (Vénus)

Voir et entendre Vénus et Adonis sur scène est une occasion rare de revenir aux origines de l’opéra anglais, tout en se laissant prendre aux sentiments d’insouciance et d’intimité qu’une telle musique subtile réveille.

Dés la restauration de Charles II sur le trône d’Angleterre en 1660, les théâtres qui avaient été fermés par les parlementaires puritains de Cromwell retrouvèrent vie et, sous l’influence des tragédies lyriques françaises de Lully, des pièces commencèrent à incorporer de larges pans de musique, l’opéra pouvait ainsi naître sur le territoire anglican plus d’un demi-siècle après l’Italie.

Intitulée « A Masque for the Entertainment of the King », la composition de « Venus and Adonis » par John Blow en 1682 fut dédiée à la vie libertine du roi et, ce dernier ayant lui-même  insisté pour que les rôles féminins ne soient plus joués dans les théâtres par des garçons, sa maîtresse, Moll Davies, et sa fille, Lady Marie Tudor, interprétèrent Vénus et Cupidon lors de la création.

Romain Delalande (Cupidon) et le Choeur de la Maîtrise de Caen

Romain Delalande (Cupidon) et le Choeur de la Maîtrise de Caen

L’Œuvre est parcourue de réflexions évocatrices sur la logique du sentiment amoureux, Vénus insufflant à Adonis, son amant, le désir d’aller à la chasse, espérant ainsi que l’absence en grandira son amour pour lui. Malgré les avertissements des bergers, elle n’en tirera qu’une longue déploration lorsqu’il en reviendra mortellement blessé.

La musique est un magnifique flux serein et poétique porté par un orchestre de dix-huit musiciens, Les Musiciens du Paradis, dont le choix des couleurs et le fondu des instruments, les flûtes en particulier, évoquent la lumière ambrée et sombre de la scène.

L’esthétique des éclairages à la bougie, une technique que Louise Moaty travaille depuis quelques années avec Benjamin Lazare, offre une restitution sur toute la profondeur noire du champ scénique qui rapproche plus facilement chacun de nous de son intériorité propre.
L’Œil s’habitue naturellement à la faible luminosité initiale pour cerner tous les détails bucoliques de la scène, le front d’arbres, la chaleur des halos de lumière sur les meubles anciens, la danse avec les tourterelles battant des ailes en cadence.

Céline Scheen (Vénus) et Marc Mauillon (Adonis)

Céline Scheen (Vénus) et Marc Mauillon (Adonis)

Néanmoins, quelques détails distraient inutilement, comme les pas de danse sans musique aussi inopportuns que ceux que conserva ironiquement Mozart pour présenter à l’Empereur Joseph II le ballet des Noces de Figaro sur une chorégraphie muette.

Pour maintenir ce passage en silence, une autre idée d’action scénique, lente, se serait mieux insérée pour laisser le spectateur en osmose avec l’esprit de la pièce.

L’interprétation vocale est très agréable à écouter, même les approximations d’accent du jeune soliste Romain Delalande libèrent une fraîcheur charmante, Céline Scheen et Marc Mauillon composant un couple sensuel vocalement à quelques frémissements près dans les aigus, et le chœur, présent de bout en bout, achève au devant de la scène une imploration superbe d’homogénéité et de recueillement vers lequel le regard traverse les dernières lueurs très ému.

Le plaisir à suivre Bertrand Cuiller, à la fois chef et claveciniste, par la simplicité et l’attention chaleureuse de sa direction, est aussi une vision humaine attendrissante.

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Publié le 15 Décembre 2012

Médée (Cherubini)
Représentations du 10 et 16 décembre 2012
Théâtre des Champs Elysées

Médée Nadja Michael
Jason John Tessier
Néris Varduhi Abrahamyan
Créon Vincent Le Texier
Dircé Elodie Kimmel
Première servante Ekaterina Isachenko
Deuxième servante Anne-Fleur Inizan

Direction Musicale Christophe Rousset
Les Talents Lyriques

Scénographie Malgorzata Szczesniak
Mise en scène et dialogues parlés de Krzysztof Warlikowski

                                                                                                        Nadja Michael (Médée)

Alors que la nouvelle production de Carmen désespère un public bien en peine de retrouver à l’Opéra National de Paris un peu d’intelligence scénique, on n’ose même plus y poser l’attente d’un évènement culturel marquant, le Théâtre des Champs Elysées ouvre ses portes à un metteur en scène exclu des salles musicales parisiennes depuis plus de trois ans, Krzysztof Warlikowski.

Il eut été excitant de découvrir une création lyrique signée de son sceau théâtral mais, à défaut, la reprise de  Médée, un spectacle violent qui a frappé par deux fois le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, est livré pendant une semaine à des regards viscéralement identificateurs, souvent admiratifs, parfois imperméables, voir furieux, ou complètement ahuris.

Médée (N.Michael-C.Rousset-K.Warlikowski) Champs Elysées

Dans un décor unique aux parois réfléchissantes, renvoyant ainsi l’image des spectateurs tapis dans l’ombre du parterre et des balcons, Warlikowski imagine un monde glacé contemporain dominé par un machisme mafieux et formaté, avec Créon comme patriarche.

Les deux fils de Médée et Jason, Merméros et Phérès, vivent sous cette influence patriarcale, et leur ouverture d’esprit, confiante en la maturité de l’adulte, les rend perméables à un conditionnement qui leur fait croire que leur virilité se joue dans les stéréotypes tels que le goût pour l’alcool, la cigarette, et un mimétisme masculin indifférencié.
Ils apparaissent même insensibles à la violence qui est faite à leur mère.
 

En plaquant une problématique sociale actuelle sur cette pièce, il autorise, peut être sans s’en rendre compte, une interprétation qui voit dans l’infanticide une façon de détruire le produit d’un système pervers pour l’avenir et la place de la femme, ou de l'étranger, dans la société.

Il ne décrit pas uniquement la douleur de Médée face à l’infidélité de Jason, et la mémoire du corps dont elle ne peut se débarrasser, dépeinte ainsi avec une force extraordinaire par Nadja Michael

Le volcanisme magnétique et agressif de la soprano est imparablement fascinant, mais on perçoit assez nettement, et le souvenir de sa performance à Bruxelles est encore proche, que le tranchant de ses aigus s’est transformé en cris puissants bien moins aiguisés et donc un peu plus durs à absorber.

Elodie Kimmel (Dircée)

Privilégiant un fauvisme théâtral sans pudeur, cette authenticité farouche et sensuelle néglige couramment la précision des mots, ce que nombres de puristes auront facilement relevé.

Et pourtant, que de couleurs noires, que de galbes d’airain, un débordement vocal qui pousse Jason aux limites de sa suffisance. John Tessier paraît un peu frêle lorsqu’il apparaît avec Elodie Kimmel, puis sa personnalité s’affirme à travers un chant clair, plus sincère que dramatique, immédiat, et montre un homme qui ne fait que se tourner vers une femme plus ordinaire qui lui conviendra mieux.

Nadja Michael (Médée)

Nadja Michael (Médée)

En Dircée, la toute jeune chanteuse se trouve en prise avec un des personnages les plus impliquant de sa vie, se rôdant ainsi à la tragédie avec une agilité vocale aérienne, mais un timbre peu caractérisé et des irrégularités incessantes.

Pour le chant le plus stylisé, il faudra entendre la tristesse monotone de Varduhi Abrahamyan, une contralto très présente à Paris depuis l‘arrivée de Nicolas Joel, mais qui n‘a pas encore abordé dans la capitale de rôle majeur.

John Tessier (Jason)

John Tessier (Jason)

La stature physique de Vincent Le Texier, un homme de glace, est bien connue, sa profondeur lugubre également, mais l’on connaissait moins son sens nonchalant de l’improvisation qui nous aura tous bien amusés lorsque, interrompu par quelques personnes se prétendant détentrices du bon goût lyrique, et qui déclenchèrent un ensemble de réactions dans la salle se faisant écho plus ou moins vulgairement, le chanteur dû très posément proposer un « oui, c‘est une bonne idée de sortir, sortez! » repris par un « dehors les conformistes!» ou « restez chez vous devant la télé!» de la part de spectateurs énervés au milieu d’applaudissements à cœurs perdus, enthousiastes et spontanés.

 Nadja Michael (Médée)

Nadja Michael (Médée)

A ce moment précis, une bouffée d’oxygène euphorisante s’est libérée dans tout le théâtre, rappelant ce que la vie dans les salles lyriques était du temps de Gerard Mortier, avant que ne tombe la torpeur sur l‘Opéra de Paris et ses sordides histoires de bénéfices financiers.

Mais ce spectacle est un tout et, comme en 2008 et 2011 à Bruxelles, Christophe Rousset et les Talens Lyriques font totalement corps avec le théâtre qui se joue sur scène.
Ce flux incessant de sonorités violines bigarrées débute sensiblement sec, puis, sans que l’on s’en rende compte, une énergie fusionne petit à petit avec le drame et s’élève avec une intensité extraordinaire, comme dans la confrontation entre Médée et Jason.
Parfois, en contraste total, une flûte délie un motif serpentin joliment poétique.

Nadja Michael (Médée) et les deux enfants

Nadja Michael (Médée) et les deux enfants

Mais chaque soir est unique, et l'on sait trop bien que les énergies sur scène et dans la salle sont différentes d'un soir à l'autre, alors les imprécisions et sécheresses de la direction à la première se sont envolées à la dernière représentation, les Talens Lyriques jouant avec une qualité de son, une finesse de détails, une modernité de sonorité magnifiques - et quel orage magnétique au troisième acte! Très en forme également, Nadja Michael a bien mieux maitrisé ses aigus, et laissé le Théâtre des Champs Elysées - où des étudiants littéraires étaient venus en nombre après avoir abordé le thème de Médée en classe - sur un enthousiasme dithyrambique qui a valu à l'ensemble de l'équipe une des plus longues ovations entendues dans ces lieux.

On ne peut que remercier Michel Franck, le directeur de ce théâtre, de redonner un vrai sens au mot "culture".

Reste à savoir si ce spectacle pourra être repris avec une autre chanteuse et un autre chef, car ils en sont, avec la mise en scène,  la force irremplaçable.

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Publié le 8 Décembre 2012

Les liens des vidéos ont été retirés depuis, ceux ci ayant pour la plupart disparu.

Lohengrin (Wagner) Scala de Milan 2012
Avec Jonas Kaufmann, Annette Dasch, René Pape, Tomas Tomasson, Evenlyn Herlitzius, Zeljko Lucic
Chef d'orchestre: Daniel Barenboim, Mise en scène: Claus Guth, L’Orchestre de la Scala


Parsifal (Wagner) Bayreuther Festspiele 2012

Avec Detlef Roth, Diógenes Randes, Kwangchul Youn, Burkhard Fritz, Thomas Jesatko, Susan Maclean, Arnold Bezuyen, Christian Tschelebiew, Julia Borchert, Ulrike Helzel, Clemens Bieber, Willem Van der Heyden, Julia Borchert, Martina Rüping, Carola Guber, Christiane Kohl, Jutta Maria Böhnert, Ulrike Helzel, Simone Schröder
Chef d'orchestre: Philippe Jordan, Metteur en scène: Stefan Herheim, Orchester der Bayreuther Festspiele


Hippolyte et Aricie (Rameau) Opéra National de Paris 2012
Avec Sarah Connoly, Anne-Catherine Gillet, Andrea Hill, Jaël Azzaretti, Salomé Haller, Marc Mauillon, Aurélia Legay, Topi Lehtipuu, Stéphane Degout, François Lis, Aimery Lefèvre, Manuel Nunez Camelino, Jérôme Varnier
Chef d'orchestre: Emmanuelle Häim, Metteur en scène: Ivan Alexandre, Orchestre de l'Opéra National de Paris


Lohengrin (Wagner) Bayreuther Festspiele 2011
Avec Klaus Florian Vogt, Georg Zeppenfeld, Annette Dasch, Tómas Tómasson, Petra Lang, Samuel Youn
Chef d'orchestre: Andris Nelsons, Mise en scène: Hans Neuenfels, Orchester der Bayreuther Festspiele


Tosca (Puccini) Royal Opera House Covent Garden 2011
Avec Angela Gheorghiu, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel
Chef d'orchestre: Antonio Pappano, Metteur en scène: Jonathan Kent, Orchestre du Royal Opera


Shakespear's sonettes (Berliner Ensemble) 2009
Avec Dejan Bućin, Katharina Susewind, Claudia Burckhardt, Winfried Goos, Ursula Höpfner-Tabori, Christopher Nell, Christina Drechsler, Georgios Tsivanoglou, Ulrich Brandhoff, Sylvie Rohrer, Inge Keller, Jürgen Holtz, Traute Hoess, Anna Graenzer, Ruth Glöss, Anke Engelsmann, Georgette Dee, Krista Birkner
Musique: Rufus Wainwright, Metteur en scène: Robert Wilson, Berliner Ensemble


Lohengrin (Wagner)  National Theater Munich 2009
Avec Jonas Kaufmann, Anja Harteros, Wolfgang Koch, Michaela Schuster
Chef d'orchestre: Kent Nagano, Mise en scène: Richard Jones, Orchester der Bayerischen Staatsoper


Pelléas et Mélisande (Debussy) Theater an der Wien 2009
Avec Natalie Dessay, Stéphane Degout, Laurent Naouri, Phillip Ens, Marie-Nicole Lemieux, Tim Mirlin, Beate Ritter
Chef d'orchestre: Bertrand de Billy, Metteur en scène: Laurent Pelly, ORF Radio-Symphonieorchester Wien


Götterdämmerung (Wagner) Palau de les Arts Reina Sofia in Valencia 2009
Avec Lance Ryan, Jennifer Wilson, Elisabete Matos, Ralf Lukas, Franz-Josef Kapellmann, Matti Salminen, Catherine Wyn-Rogers
Chef d'Orchestre: Zubin Metha, Metteur en scène: Carlus Padrissa (La Fura dels Baus), Orquesta de la Comunitat Valenciana


La Bohème (Puccini) Robert Dornhelm film 2009
Avec Anna Netrebko, Rolando Villazón, Nicole Cabell, George van Bergen, Adrian Eröd, Vitaly Kovalyov, Tiziano Brazzo
Chef d'orchestre: Bertrand de Billy, Metteur en scène: Robert Dornhelm, The Bavarian Radio Symphony Orchestra


Die Meistersinger von Nürnberg (Wagner) Bayreuther Festspiele 2008
Avec Franz Hawlata, Artur Korn, Charles Reid, Rainer Zaun, Michael Volle, Markus Eiche, Edward Randall, Hans-Jürgen Lazar, Stefan Heibach, Martin Snell, Andreas Macco, Iógenes Randes, Klaus Florian Vogt, Norbert Ernst, Michaela Kaune, Carola Guber, Friedemann Röhlig
Chef d'orchestre: Sebastian Weigle, Mise en scène: Katharina Wagner, Orchester der Bayreuther Festspiele


Don Carlo (Verdi) Royal Opera House Covent Garden 2008
Avec Rolando Villazón, Marina Poplavskaya, Simon Keenlyside, Ferruccio Furlanetto, Sonia Ganassi, Eric Halfvarson, Robert Lloyd
Chef d'orchestre Antonio Pappano, Metteur en scène Nicholas Hytner, Orchestre du Royal Opera House

 
Lohengrin (Wagner) Baden-Baden 2006
Avec Klaus Florian Vogt, Solveig Kringelborn, Waltraud Meier, Tom Fox, Hans Peter König
Chef d'orchestre: Kent Nagano, Mise en scène: Nikolaus Lehnhoff, Deutsches Symphonie-Orchester Berlin


Idomeneo (Mozart) Salzburg Festival 2006
Avec Ramón Vargas, Magdalena Kozena, Ekaterina Siurina, Anja Harteros
Chef d'orchestre: Sir Roger Norrington, Mise en scène: Ursel and Karl-Ernst Herrmann, Salzburger Camerata


Cosi fan tutte (Mozart) Festival de Glyndebourne 2006
Avec Avec Miah Persson, Anke Vondung, Ainhoa Garmendia, Topi Lehtipuu, Luca Pisaroni, Nicolas Rivenq
Chef d'orchestre: Iván Fischer, Metteur en scène: Nicholas Hytner, Orchestra of the Age of Enlightenment


Carmen (Bizet) Royal Opera House Covent Garden 2006
Avec Anna Caterina Antonacci, Jonas Kaufmann, Norah Amsellem, Ildebrando D´Arcangelo
Chef d'orchestre: Antonio Pappano, Metteur en scène: Francesca Zambello, Orchestre du Royal Opera House


La Traviata (Verdi) Salzburg Festival 2005
Avec Anna Netrebko, Rolando Villazon, Thomas Hampson, Helene Schneidermann, Salvatore Cordella
Chef d'orchestre: Carlo Rizzi, Metteur en scène Willy Decker, Wiener Philharmoniker

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Publié le 8 Décembre 2012

Les liens des vidéos ont été retirés depuis, ceux ci ayant pour la plupart disparu.

Tristan et Isolde (Wagner) National Theater Munich 1998
Avec Jon Fredric West, Waltraud Meier, Kurt Moll, Bernd Weikl, Claes H. Ahnsjö, Marjana Lipovsek
Chef d'orchestre: Zubin Mehta, Metteur en scène: Peter Konwitschny, Orchester der Bayerischen Staatsoper


Tannhäuser (Wagner) National Theater Munich 1994
Avec Rene´ Kollo, Jan-Hendrik Rootering, Bernd Weikl, Nadine Secunde, Waltraud Meier.
Chef d'orchestre: Zubin Mehta, Metteur en scène: David Halden, Bavarian State Orchestra


The Maid of Orléans (Tchaikovsky) Bolshoi Theatre 1993
Avec  Nina Rautio, Oleg Kulko, Maria Gavrilowa, Gleb Nikolsky, Vladimir Redkin, Mikhail Krutikov, Vyacheslav Pochapsky, Arkady Mishenkin
Chef d'orchestre: Alexander Lazarev, Metteur en scène: Brian Large, The Bolshoi Symphony Orchestra


 Lohengrin (Wagner) Wiener Staatsoper 1991

Avec Placido Domingo, Cheryl Studer, Dunja Vejzovic, Hartmut Welker, Georg Tichy
Chef d'orchestre. Claudio Abbado, Metteur en scène: Wolfgang Weber, Vienna State Opera Orchestra


Der Rosenkavalier (Strauss) Royal Opera House Covent Garden 1985

 Avec Kiri Te Kanawa, Anne Howells, Barbara Bonney, Aage Haugland, Dennis O'Neill
Chef d'orchestre: Sir Georg Solti, Mise en scène: Brian Large, Orchestra of the Royal Opera House


Giulio Cesare in Egitto (Haendel) English National Opera 1984
Avec Janet Baker, Valerie Masterson, Sarah Walker, Della Jones, James Bowman, Tom Emlyn Williams, Brian Casey, John Kitchener
Chef d'orchestre: Charles Mackerras, Mise en scène: John Copley, English National Opera Orchestra


Cavalleria Rusticana (Mascagni) Franco Zeffirelli film 1982
Avec Plácido Domingo, Elena Obraztsova, Renato Bruson, Fedora Barbieri
Chef d'orchestre: Georges Prêtre, Mise en scène: Franco Zeffirelli, Orchestra Del Teatro Alla Scala Di Milano


Pagliacci (Leoncavallo) Franco Zeffirelli film 1982
Avec Plácido Domingo, Teresa Stratas, Juan Pons
Chef d'orchestre: Georges Prêtre, Mise en scène: Franco Zeffirelli, Orchestra Del Teatro Alla Scala Di Milano


Le Chateau de Barbe Bleue (Bartok) Miklós Szinetár film 1981
Avec Kolos Kováts, Sylvia Sass
Chef d'orchestre: Sir Georg Solti, Mise en scène: Miklós Szinetár, London Philharmonic Orchestra


Death in Venice (Britten) Tony Palmer’s film 1981
Avec Robert Gard, John Shirley-Quirk, James Bowman, Vincent Redman, Deanne Bergsma
Chef d'orchestre: Stuart Bedford, Mise en scène: Tony Palmer, The English Chamber Orchestra


Die Walküre (Wagner) Festspielhaus Bayreuth 1980
Avec Peter Hofmann, Jeannine Altmeyer, Gwyneth Jones, Donald McIntyre, Matti Salminen, Hanna Schwarz
Chef d'orchestre: Pierre Boulez, Mise en scène: Patrice Chéreau, Orchester der Bayreuther Festspiele


Nabucco (Verdi) Opéra National de Paris 1979
Avec Sherrill Milnes, Ruggero Raimondi, Grace Bumbry, Carlo Costa, Viorica Cortez, Marc Vento
Chef d'orchestre: Nello Santi, Metteur en scène: Henri Ronse, Orchestre de l'Opéra National de Paris


Il Trovatore (Verdi) Wiener Staatsoper 1978
Avec Placido Domingo, Raina Kabaivanska, Fiorenza Cossotto, Piero Cappuccilli, Jose van Dam
Chef d'orchestre: Herbert von Karajan, Metteur en scène: Herbert von Karajan, Vienna State Opera Orchestra

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