Publié le 10 Avril 2022

Thaïs (Jules Massenet – 1894)
Version de concert du 09 avril 2022
Théâtre des Champs-Élysées

Thaïs Ermonela Jaho
Athanaël Ludovic Tézier
Nicias Pene Pati
Palémon Guilhem Worms
Crobyle Cassandre Berthon
Myrtale Marielou Jacquard
Albine Marie Gautrot
Un serviteur Robert Jezierski

Direction musicale Pierre Bleuse
Orchestre National de France et Chœur de Radio France

Diffusion sur France Musique le 11 juin 2022 à 20h

                                               Ermonela Jaho (Thaïs)

 

Après ‘Manon’ donné en version de concert le 15 septembre 2021, le Théâtre des Champs-Élysées poursuit ce qui pourrait bien ressembler à un cycle Jules Massenet en présentant ce soir ‘Thaïs’, alors que sont déjà annoncés pour la saison prochaine deux autres ouvrages plus rares, ‘Hérodiade’ et ‘Grisélidis’. Et avec les représentations scéniques de ‘Cendrillon’ qui ont lieu au même moment à l’Opéra Bastille, les amoureux du compositeur français peuvent s’estimer comblés.

Ermonela Jaho (Thaïs)

Ermonela Jaho (Thaïs)

Créé au Palais Garnier le 16 mars 1894, mais remanié à plusieurs reprises pour aboutir à une version définitive le 13 avril 1898, ‘Thaïs’ est à ce jour le plus grand succès de Jules Massenet à l’Opéra de Paris où il fut joué plus de 650 fois jusqu’au milieu des années 1950. Le livret basé sur le roman éponyme d'Anatole France s’inspire de la légende de la pécheresse d’Égypte du même nom qui fut convertie par l’ermite Paphnuce, et dont on peut admirer un tableau de Philippe de Champaigne au Musée du Louvre ‘Paphnuce libérant Thaïs’ (1656).

‘Paphnuce libérant Thaïs’ de Philippe de Champaigne (1656) - © 2011 RMN-Grand Palais (Musée du Louvre)

‘Paphnuce libérant Thaïs’ de Philippe de Champaigne (1656) - © 2011 RMN-Grand Palais (Musée du Louvre)

Pour rendre justice à cette partition qui a repris de la vigueur au cours des années 2000 grâce à l’interprétation de Renée Fleming, la distribution réunie ce soir fait appel aux grands interprètes du répertoire français d’aujourd’hui que sont Ludovic Tézier (‘Werther’ et ‘Manon’ à l’Opéra Bastille, ‘Thaïs’ à l’Opéra de Monte Carlo et ‘Hamlet’ la saison prochaine à l’Opéra Bastille), Ermonela Jaho (‘Les Huguenots’ et ‘Faust’ à l’Opéra Bastille) et Pene Pati (éblouissant Roméo de ‘Roméo et Juliette’ de Charles Gounod à l’Opéra Comique’), garants d’une réussite qui repose aussi sur les qualités stylistiques de l’Orchestre National de France.

Pene Pati (Nicias) et Ludovic Tézier (Athanaël)

Pene Pati (Nicias) et Ludovic Tézier (Athanaël)

Avec son timbre âpre dont il creuse les effets caverneux de manière expansive, Guilhem Worms incarne un Palémon ambigu de par le contraste entre l’austérité vocale de son rôle et sa jeunesse d’âge, surtout quand il se tient auprès de Ludovic Tézier. Ce dernier est renforcé dans sa stature statique par le format qu'impose la version de concert avec partition, mais il donne beaucoup de conviction à ses sentiments profonds au fil de la représentation en extériorisant de plus en plus son chant sombre et minéral dont il révèle des clartés sévères quand il en accroît la puissance. 

Ludovic Tézier (Athanaël)

Ludovic Tézier (Athanaël)

Ermonela Jaho, elle, débute par un surjeu du caractère hautain et presque dédaigneux de Thaïs pour verser progressivement dans un dramatisme viscéral qui la rend si émouvante quand elle prolonge son vécu intérieur par une gestuelle ornementale impliquant tout son corps qui sied énormément à l’orientalisme raffiné de la musique. Et son chant est magnifiquement souple et délié avec une finesse spectaculaire quand ses aigus aux contours voilés et très agréablement vibrés se déploient à en serrer le cœur de plus d’un auditeur. Ce don émotionnel qu’elle a à faire vivre ses personnages en faisant ressortir les nœuds de l'âme les plus douloureux jusqu'à travers son regard est irrésistiblement attachant.

Marielou Jacquard, Cassandre Berthon, Marie Gautrot, Guilhem Worms, Pene Pati, Ludovic Tézier et Ermonela Jaho

Marielou Jacquard, Cassandre Berthon, Marie Gautrot, Guilhem Worms, Pene Pati, Ludovic Tézier et Ermonela Jaho

Quant à Pene Pati, sidérant de naturel et d’immédiateté dans le rendu du texte chanté, il a le rayonnement de la jeunesse, les charmes d’une diction parfaite et d’une clarté riante où tout paraît facile, ce qui valorise formidablement Nicias.

Tous les personnages qui entourent les chanteurs principaux sont également très bien rendus, qu’il s’agisse de l’Albine introvertie de Marie Gautrot ou des esclaves rayonnantes de Cassandre Berthon et Marielou Jacquard, et l’Orchestre National de France mené par un Pierre Bleuse enthousiaste et effronté donne du corps qui induit une grande proximité à la musique tout en réussissant à créer une unité harmonique qui dégage une lumière frémissante et une souplesse de mouvement dont on s’imprègne facilement. Et le souffle du chœur se fond dans cet ensemble avec un charme discret. 

Une interprétation de grande valeur dont le ravissement de tous est la récompense.

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Publié le 2 Avril 2022

Présentation de la saison Lyrique 2022 / 2023 de l’Opéra national de Paris
Le mercredi 30 mars 2022 à l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand et le samedi 02 avril 2022 au Palais Garnier

Le salon Berlioz de l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand

Le salon Berlioz de l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand

Le 30 mars 2022 à 11h30, la seconde saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris a été officiellement dévoilée au grand public sur le site internet de l’institution.
Elle comprend 3 nouvelles productions et 3 coproductions, dont 1 nouveauté pour le répertoire, et 11 reprises.

Aux 17 œuvres scéniques jouées dans les grandes salles, s’ajoute une production de l’Académie de l’Opéra de Paris qui sera jouée au théâtre de l’Athénée pour un total de 188 représentations lyriques.

La présentation de cette saison à l’Association pour le Rayonnement de L’Opéra de Paris a eu lieu le soir même à l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand, après deux ans d’annulation pour cause de pandémie, et Alexander Neef et Aurélie Dupont ont réitéré à deux reprises cette présentation aux abonnés quelques jours après, le samedi 02 avril 2022.

De nombreuses interviews de metteurs en scène tels Lydia Steier, Robert Carsen, Krzysztof Warlikowski, Deborah Warner, Thomas Jolly ou Valentina Carrasco ont été projetées en séance afin de permettre aux spectateurs d’avoir une première approche des questions que posent ces œuvres.

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Jean-Yves Kaced (Directeur de l'AROP) et Alexander Neef (Directeur général de l'Opéra de Paris)

Après ‘A Quiet Place’ de Leonard Bernstein que le public a découvert en février et mars 2022, un second ouvrage américain, ‘Nixon in China’ de John Adam, fait ses débuts à l’Opéra de Paris – une interview de Gustavo Dudamel met en valeur les qualités de sa musique -, et ‘Peter Grimes’ de Benjamin Britten revient enfin à l’affiche, ce qui confirme qu’un chemin s’ouvre durablement à l’Opéra de Paris pour le répertoire anglo-saxon du XXe siècle.

Bleuenn Battistoni, Guillaume Diop, Kseniia Proshina, Fernando Escalona, Alexander Neef et Aurélie Dupont

Bleuenn Battistoni, Guillaume Diop, Kseniia Proshina, Fernando Escalona, Alexander Neef et Aurélie Dupont

Ce qui frappera sans doute les auditeurs au cours des différentes présentations est le soin avec lequel Alexander Neef aura décrit comment se construisent des équipes réunissant chanteurs, metteurs en scène et chefs d’orchestre autour de ces ouvrages.

Et en fin de soirée, les lauréats des prix de l'AROP 2020/2021 seront récompensés en personnes, Bleuenn Battistoni et Guillaume Diop pour les Prix de la Danse, Kseniia Proshina et Fernando Escalona pour les Prix Lyriques.

Lydia Steier - metteur en scène de 'Salomé' en octobre/novembre 2022

Lydia Steier - metteur en scène de 'Salomé' en octobre/novembre 2022

Les nouvelles productions

Salomé (Richard Strauss – 1905) – Nouvelle production
Du 15 octobre au 05 novembre 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Simone Young, mise en scène Lydia Steier
Elza van den Heever, Zoran Todorovich, Karita Mattila, Iain Paterson, Tansel Akzeybek, Katharina Magiera, Matthäus Schmidlechner, Éric Huchet, Maciej Kwaśnikowski, Mathias Vidal, Sava Vemić, Luke Stoker, Yiorgo Ioannou, Dominic Barbieri, Bastian Thomas Kohl, Alejandro Baliñas Vieites, Thomas Ricart
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 septembre 2011

La dernière production maison d’un opéra de Richard Strauss qui se soit durablement installée au répertoire et celle de ‘Capriccio’ créée en juin 2004 au Palais Garnier. C’est dire que cette nouvelle production de ‘Salomé’ est très attendue. Le désir de remettre en question cette œuvre fidèle à la pièce d’Oscar Wilde s’exprime par le choix d’une équipe féminine qui réunit la metteur en scène américaine Lydia Steier et la directrice musicale australienne Simone Young, ainsi qu’une artiste très importante pour Alexander Neef, la soprano sud-africaine Elza van den Heever
Ce sera aussi l’occasion de retrouver dans le rôle d’Hérodias la soprano finlandaise Karita Mattila, inoubliable Salomé sur cette même scène à l’automne 2003.


Peter Grimes (Benjamin Britten – 1945) – Coproduction Teatro Real, Madrid, Royal Opera House Covent Garden, Londres et Teatro dell’Opera, Rome
Du 26 janvier au 19 février 2023 (9 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Joana Mallwitz, mise en scène Deborah Warner
Allan Clayton, Maria Bengtsson, Simon Keenlyside, Catherine Wyn-Rogers, Anna-Sophie Neher, Ilanah Lobel-Torres, John Graham-Hall, Clive Bayley, Rosie Aldridge, James Gilchrist, Jacques Imbrailo, Stephen Richardson
Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 07 février 2004

Opéra sur la marginalité et sur l’opposition d’un individu à la foule, ‘Peter Grimes’ vise, à l’instar du ‘Wozzeck’ d’Alban Berg qui illustre un thème semblable, à attirer la compassion sur un homme mis au ban par la société dont il s’écarte de plus en plus. 
Deborah Warner, qui a été récompensée à plusieurs reprises pour sa production de ‘Billy Budd’ créée en 2017 au Teatro Real de Madrid, fait enfin ses débuts à l’Opéra de Paris et retrouve Allan Clayton dans le rôle titre.

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de 'Hamlet' en mars/avril 2023

Krzysztof Warlikowski - metteur en scène de 'Hamlet' en mars/avril 2023

Hamlet (Ambroise Thomas – 1868) – Nouvelle production
Du 11 mars au 09 avril 2023 (10 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Ludovic Tézier, Jean Teitgen, Julien Behr, Clive Bayley, Frédéric Caton, Julien Henric, Eve-Maud Hubeaux, Lisette Oropesa / Brenda Rae
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 28 septembre 1938

Placé parmi les 12 ouvrages les plus joués au Palais Garnier jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, ’Hamlet’ est le dernier Grand opéra français créé à la salle Le Peletier avant qu’elle ne soit détruite par un incendie. Cet opéra en cinq actes totalisa près de de 300 représentations au total.

Sur une musique gracieuse et mélodique, Ambroise Thomas a adapté pour le public français un des chefs-d’œuvre de Shakespeare en le centrant sur l’amour entre Ophélie et le héros.
Alexander Neef a confié le rôle titre au plus grand baryton français actuel, Ludovic Tézier
Et lorsqu’il lui a demandé avec quel metteur en scène il souhaitait travailler, le chanteur a proposé Krzysztof  Warlikowski dont il avait énormément apprécié l’intelligence musicale et le travail scénique pour ‘Don Carlos’ en 2017, autre Grand opéra français de Giuseppe Verdi créé un an avant ‘Hamlet’.

Cela tombe bien, car c’est avec la pièce de Shakespeare, ‘Hamlet’, que Krzysztof Warlikowski s’est fait connaître en France au Festival d’Avignon en 2001.


Nixon in China (John Adams – 1987) – Nouvelle production
Du 25 mars au 16 avril 2023 (8 représentations à l’opéra Bastille)
Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Valentina Carrasco

Xiaomeng Zhang, Thomas Hampson, Joshua Bloom, Yajie Zhang, John Matthew Myers, Renée Fleming, Kathleen Kim
Entrée au répertoire

Écrit plus de 10 ans après la rencontre historique entre Richard Nixon et Mao Zedong à Pekin en 1972, ‘Nixon in China’ est considéré comme un des grands chefs-d’œuvre du XXe siècle créé le 22 octobre 1987 au Houston Grand Opera.
Gustavo Dudamel et Alexander Neef l’ont choisi pour la richesse de sa musique, où l’on ressent l’influence de Philip Glass, et pour son approche du contact entre les cultures qui, dans le contexte actuel, peut avoir une très forte résonance.
La musique de John Adams fait ainsi son entrée au répertoire de l’institution parisienne et Thomas Hampson et Renée Fleming seront de retour sur la scène Bastille pour défendre un spectacle qui verra les débuts de Valentina Carrasco à la mise en scène.

Présentation de la saison lyrique 2022 / 2023 de l’Opéra national de Paris

Ariodante (Georg Friedrich Haendel – 1735) – Coproduction Metropolitan Opera, New-York
Du 20 avril au 20 mai 2023 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Harry Bicket, mise en scène Robert Carsen
The English Concert
Luca Pisaroni, Olga Kulchynska, Emily D'angelo, Eric Ferring, Christophe Dumaux, Tamara Banjesevic, Enrico Casari
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 15 mai 2001

Présenté par Alexander Neef comme ce qu’il considère être le chef-d’œuvre de Georg Friedrich Haendel, ‘Ariodante’ fut créé au Covent Garden Theatre de Londres 3 mois avant ‘Alcina’ qui a été repris à Garnier en décembre 2021, également dans une production de Robert Carsen
A cette occasion, le directeur musical du Santa Fe Opera, Harry Bicket, fera ses débuts à l’Opéra de Paris avec son ensemble The English Concert, ainsi que la soprano ukrainienne Olga Kulchynska.
Ce sera aussi le retour du contre-ténor français Christophe Dumaux sur la scène du Palais Garnier.


Roméo et Juliette (Charles Gounod – 1867) – Coproduction Teatro Real, Madrid
Du 17 juin au 15 juillet 2023 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, mise en scène Thomas Jolly
Elsa Dreisig / Pretty Yende, Léa Desandre / Marina Viotti, Benjamin Bernheim / Francesco Demuro, Maciej Kwaśnikowski, Thomas Ricart, Huw Montague Rendall / Florian Sempey, Sergio Villegas Galvain, Yiorgo Ioannou, Laurent Naouri, Jean Teitgen, Jérôme Boutillier
Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 22 décembre 1985

Créée en 1867 au Théâtre Lyrique situé sur la place du Châtelet, la version de ‘Roméo et Juliette’ par Charles Gounod fut remaniée avec l’ajout d’un ballet pour entrer au répertoire de l’Opéra de Paris le 28 novembre 1888. Le Palais Garnier lui consacrera plus de 600 représentations, si bien que l’œuvre restera parmi les 12 titres les plus joués jusqu’aux années 1970.
Comme pour ‘Hamlet’, c’est à un metteur en scène shakespearien qu’est confiée cette nouvelle mise en scène. 
Nul doute que Thomas Jolly, qui avait interprété ‘Roméo au balcon’ en début de confinement en mars 2020, proposera une vision forte dont la référence à une épidémie de peste accentuera la prégnance de la Mort tout au long de l'histoire. 
Et la double distribution Elsa Dreisig / Benjamin Bernheim et Pretty Yende / Francesco Demuro, sous la direction de Carlo Rizzi, chef d'orchestre qui a fortement impressionné par sa lecture de ‘Cendrillon’ de Jules Massenet, promet d'avance de très grands soirs lyriques.

Détail d'une statue du salon Berlioz de l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand

Détail d'une statue du salon Berlioz de l’Hôtel Intercontinental Paris Le Grand

Les reprises

Tosca (Giacomo Puccini – 1900)
Du 03 septembre au 26 novembre 2022 (17 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Gustavo Dudamel / Paolo Bortolameolli, mise en scène Pierre Audi (2014)
Saioa Hernandez / Elena Stikhina, Joseph Calleja / Brian Jagde, Bryn Terfel / Gerald Finley / Roman Burdenko, Sava Vemic, Michael Covin, Philippe Rouillon, Renato Girolami, Christian Moungoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 juin 2021

La Cenerentola (Gioacchino Rossini – 1817)
Du 10 septembre au 09 octobre 2022 (10 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Diego Matheuz, mise en scène Guillaume Gallienne (2017)
Dmitry Korchak, Vito Priante, Carlo Lepore, Martina Russomanno, Marine Chagnon, Gaëlle Arquez, Luca Pisaroni

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 26 décembre 2018

La Flûte enchantée (Wolfgang Amadé Mozart – 1791)
Du 17 septembre au 19 novembre 2022 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Antonello Manacorda / Simone Di Felice, mise en scène Robert Carsen (2014)
René Pape / Brindley Sherratt, Michael Colvin, Pretty Yende / Christiane Karg, Caroline Wettergreen, Martin Gantner / Michael Kraus, Niall Anderson, Tobias Westman, Margarita Polonskaya, Mauro Peter / Pavel Petrov, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Katharina Magiera, Huw Montague Rendall / Iurii Samoilov

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 22 janvier 2021 (Captation à huis clos)

Les Capulet et les Montaigu (Vincenzo Bellini – 1830)
Du 21 septembre au 14 octobre 2022 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Speranza Scappucci, mise en scène Robert Carsen (1995)
Jean Teitgen, Julie Fuchs, Marianne Crebassa, Francesco Demuro, Krzysztof Bączyk

Œ
uvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2014

Détail du Plafond de Marc Chagall du Palais Garnier

Détail du Plafond de Marc Chagall du Palais Garnier

Carmen (Georges Bizet – 1875)
Du 15 novembre 2022 au 25 février 2023 (15 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Fabien Gabel, mise en scène Calixto Bieito (2017)
Michael Spyres / Joseph Calleja, Lucas Meachem / Étienne Dupuis, Marc Labonnette, Loïc Félix, Guilhem Worms / Tomasz Kumiega, Gaëlle Arquez / Clémentine Margaine, Golda Schultz /Adriana Gonzalez / Nicole Car, Andrea Cueva Molnar, Adèle Charvet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2019

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart – 1786)
Du 23 novembre au 28 décembre 2022 (12 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Louis Langrée, mise en scène Netia Jones (2002)
Gerald Finley, Miah Persson, Luca Pisaroni, Jeanine de Bique, Rachel Frenkel, Sophie Koch, James Creswell, Éric Huchet, Christophe Mortagne, Ilanah Lobel-Torres

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 18 février 2022

La Force du destin (Giuseppe Verdi - 1862)
Du 12 au 30 décembre 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Jader Bignamini, mise en scène Jean-Claude Auvray (2011)
James Creswell, Anna Netrebko / Anna Pirozzi, Ludovic Tézier, Russell Thomas, Elena Maximova, Ferruccio Furlanetto, Nicola Alaimo, Isabelle Druet, Florent Mbia, Carlo Bosi, Hyunsik Zee

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 juillet 2019

Tristan et Isolde (Richard Wagner – 1865)
Du 17 janvier au 4 février 2023 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Peter Sellars (2005)
Mary Elizabeth Williams, Gwyn Hughes Jones, Okka von der Damerau, Ryan Speedo Green, Eric Owens, Neal Cooper, Maciej Kwaśnikowski

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 octobre 2018

Le Palais Garnier le samedi 02 avril 2022 pour la présentation de la prochaine saison

Le Palais Garnier le samedi 02 avril 2022 pour la présentation de la prochaine saison

Le Trouvère (Giuseppe Verdi – 1853) – Coproduction Nederlandse Opera, Amsterdam et Teatro dell’Opera, Roma
Du 21 janvier au 17 février 2023 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, mise en scène Alex Ollé et Valentina Carrasco (2016)
Anna Pirozzi, Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Judit Kutasi, Quinn Kelsey, Roberto Tagliavini, Yusif Eyvazov, Samy Camps, Shin Jae Kim,Chae Hoon Baek

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 14 juillet 2018

Lucia di Lammermoor (Gaetano Donizetti – 1835)
Du 18 février au 10 mars 2023 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Aziz Shokhakimov, mise en scène Andrei Serban (1995)
Quinn Kelsey, Brenda Rae, Javier Camarena, Thomas Bettinger, Adam Palka, Julie Pasturaud, Éric Huchet

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 16 novembre 2016

La Bohème (Giacomo Puccini – 1896)
Du 02 mai au 04 juin 2023 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Michele Mariotti, mise en scène Claus Guth (2017)
Ailyn Pérez, Slávka Zámečníková, Joshua Guerrero, Andrzej Filończyk, Simone Del Savio, Gianluca Buratto, Franck Leguérinel, Luca Sannai, Bernard Arrieta, Pierpaolo Palloni, Paolo Bondi

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 31 décembre 2017

Présentation de la saison lyrique 2022 / 2023 de l’Opéra national de Paris

L’Académie de l’Opéra national de Paris

La Scala di seta (Gioacchino Rossini – 1812)
Du 29 avril au 06 mai 2023 (6 représentations à l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet)

Direction musicale Jean-François Verdier, mise en scène Pascal Neyron
Artistes de l’Académie de l’Opéra national de Paris

Œuvre inédite à l’Opéra national de Paris

Présentation de la saison lyrique 2022 / 2023 de l’Opéra national de Paris

Premières impressions sur la saison 2022/2023

Dans sa structure, cette saison comporte une dissymétrie inédite, car sa première partie de septembre à décembre 2022 est quasi exclusivement constituée de reprises d’opéras joués au cours des 6 dernières années, alors que la seconde partie de janvier à juillet 2023 est principalement constituée de nouvelles productions.

Sont ainsi programmés les cinq titres les plus joués de l’institution depuis 50 ans, ‘Les Noces de Figaro’, ‘La Bohème’, ‘La Flûte enchantée’, ‘Carmen’ et ‘Tosca’, ce qui laisse entrevoir que cette saison a été pensée de façon à consolider ses recettes pour l’exercice 2022, afin de n’engager le renouvellement du répertoire qu’en 2023. 

Dans cette logique de sortie de crise ‘post-covid’, le nombre un peu plus réduit de nouvelles productions (6 au lieu de 8 en moyenne) se comprend, et on peut trouver des similarités entre cette saison et les premières saisons Hugues Gall dont l’objectif était de développer toute la puissance de l’Opéra Bastille. Ainsi, plus des 3/4 des soirées lyriques auront lieu la saison prochaine sur la scène Bastille, et 2/3 de ces soirées seront dédiées aux œuvres du XIXe siècle.

Les nouvelles productions

3 femmes metteurs en scène font leurs débuts à l’Opéra de Paris, Lydia Steier, Deborah Warner et Valentina Carrasco, toutes trois associées à des ouvrages du XXe siècle. 

Et en confiant ‘Hamlet’ et ‘Roméo et Juliette’ respectivement à Krzysztof Warlikowski et Thomas Jolly, Alexander Neef renforce sa ligne de développement du répertoire français historique de l’institution tout en la faisant reposer sur des metteurs en scène d’une très grande pertinence de par leur affinité avec l’écrivain commun à ces deux ouvrages, William Shakespeare.

Les reprises

Les reprises sont donc surtout l’occasion de découvrir de nouveaux artistes ou de grands artistes dans de nouveaux rôles, tels Gaëlle Arquez dans ‘La Cenerentola’ et ‘Carmen’Saioa Hernandez et Elena Stikhina dans ‘Tosca’, Julie Fuchs, Marianne Crebassa sous la direction de Speranza Scappucci dans ‘Les Capulet et les Montaigu’, Brenda Rae et Javier Camarena dans ‘Lucia di Lammermoor’, ou bien la direction de Louis Langrée pour ‘Les Noces de Figaro’ et celle de Gustavo Dudamel pour ‘Tristan und Isolde’.

Le répertoire anglo-saxon

Avec trois titres en deux saisons, ‘A Quiet Place’ , ‘Nixon in China’ et ‘Peter Grimes’, Alexander Neef a déjà programmé autant d’œuvres en langue anglaise que n’importe quel autre directeur de toute l’histoire de l’Opéra de Paris.  Ce point remarquable démontre sa détermination sur cette autre ligne de force qui devrait caractériser son mandat.

Paul Marque et Sae Eun Park dans un extrait du 'Lac des Cygnes' interprété lors de la présentation au Palais Garnier

Paul Marque et Sae Eun Park dans un extrait du 'Lac des Cygnes' interprété lors de la présentation au Palais Garnier

Les tarifs 2022/2023

Les tarifs de cette seconde saison sont stables et même en légère baisse avec une moyenne pour le lyrique de 119 euros la place à Bastille contre 120 euros pour la saison 2021/2022. La moitié des places sont ainsi à moins de 120 euros, 

Les deux spectacles aux tarifs les plus élevés à Bastille sont les représentations de ‘Roméo et Juliette’, en juin et début juillet 2023, et les représentations de ‘Tosca’ sous la direction de Gustavo Dudamel pour un prix moyen de 143 euros.

Mais les représentations de ‘Tosca’ sous la direction de Paolo Bortolameolli sont 20 % moins chères à 113 euros en moyenne, et les quatre dernières de ‘Roméo et Juliette’ au mois de juillet sont 10 % moins chères à 127 euros en moyenne.

Et parmi les nouvelles productions, celles de ‘Salomé’ et ‘Nixon in China’ disposent des prix les plus abordables avec une moyenne de 113 euros.

Enfin, les deux reprises les moins chères à Bastille sont ‘Les Capulet et Montaigu’ et ‘Lucia di Lammermoor’ à 90 euros en moyenne, deux productions de 1995 qui tiennent toujours la route.

L'évolution des prix de places à l'Opéra Bastille pour le lyrique de 1998/1999 à 2022/2023

L'évolution des prix de places à l'Opéra Bastille pour le lyrique de 1998/1999 à 2022/2023

Le détail de la saison lyrique et chorégraphique 2022 / 2023 de l'Opéra national de Paris est accessible sous le lien suivant : Programmation & Billets - Opéra national de Paris (operadeparis.fr)

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Publié le 31 Mars 2022

TV-Web Avril 2022 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Samedi 02 avril 2022 sur France 4 à 21h10
Samson et Dalila (Saint-Saens) - Chorégies d'Orange 2021

Marie-Nicole Lemieux et Roberto Alagna

Samedi 02 avril 2022 sur France 4 à 23h25
Nuit magique, la grande soirée aux Chorégies d'Orange

Dimanche 03 avril 2022 sur France 3 à 00h30
Pastoral for the Planet - Fura dels Baus, Laurence Equilbey, Insula Orchestra

Dimanche 03 avril 2022 sur Arte à 18h05
Jordi Savall, musicien pour l’Europe

Lundi 04 avril 2022 sur Arte à 00h15
The Unanswered Ives

Lundi 04 avril 2022 sur Arte à 01h10
Tosca (Puccini) - Opéra national de Finlande - dm Fournillier - ms Loy

Carè, Pursio, Stundyte

Dimanche 10 avril 2022 sur France 3 à 00h35
La Flûte enchantée (Mozart) chanté en français - Hervé Niquet - Le Concert spirituel

Dimanche 10 avril 2022 sur Arte à 18h40
Nigel Kennedy et les "Quatre saisons"

Lundi 11 avril 2022 sur Arte à 00h20
Renaud Capuçon - Un violon sans frontières

Lundi 11 avril 2022 sur Arte à 01h15
Martha Argerich et Renaud Capuçon - Festival de Salzbourg 2020

Vendredi 15 avril 2022 sur Arte à 23h45
La Passion selon saint Matthieu - Jean-Sébastien Bach

Julian Prégardien Stéphane Degouy, Hana Blazikova, Sabine Devieilhe

Dimanche 17 avril 2022 sur France 3 à 00h35
Les 3 contre-ténors et le concours de virtuosité des castrats au Château de Versailles

Dimanche 17 avril 2022 sur Arte à 18h25
¡Cincuentanero! Les 50 ans de Rolando Villazón - Concert anniversaire à Salzbourg

Lundi 18 avril 2022 sur Arte à 00h40
Haendel : "Israël en Égypte" - Thomas Hengelbrock et le Balthasar Neumann Ensemble

Lundi 18 avril 2022 sur France 4 à 21h10
Festival de Pâques - Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach à la cathédrale d'Embrun

Lundi 18 avril 2022 sur France 4 à 22h25
Festival de Pâques - Le Cercle de l'Harmonie joue Mozart au Grand Théâtre de Provence

Lundi 18 avril 2022 sur France 4 à 23h25
Le Lac des Cygnes (Tchaïkovski) - Ballet de l'Opéra national d'Ukraine

Mercredi 20 avril 2022 sur Arte à 20h55
Noureev - Ralph Fiennes signe un portrait subtil du génie Noureev doublé d’une réflexion sur l’art. Avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos et Ralph Fiennes.

Dimanche 24 avril 2022 sur France 3 à 00h20
Samson et Dalila (Saint-Saens) - Chorégies d'Orange 2021
Marie-Nicole Lemieux et Roberto Alagna

Dimanche 24 avril 2022 sur Arte à 08h00
Vivaldi, le génie des Quatre saisons - Biographie.

Dimanche 24 avril 2022 sur Arte à 18h45
Le King's College en musiques - œuvres d'Orlando Gibbons, Thomas Adès, John Dowland, Henry Purcell ou Benjamin Britten

Lundi 25 avril 2022 sur Arte à 01h15
Écouter le chant des oiseaux - Olivier Messiaen, compositeur et ornithologue

Lundi 25 avril 2022 sur Arte à 02h15
Pierre-Laurent Aimard joue Olivier Messiaen : “Le catalogue des oiseaux”, morceaux choisis

Lundi 25 avril 2022 sur France 4 à 21h10
Una oda al tiempo - Maria Pagès

Mardi 26 avril 2022 sur France 4 à 21h10
L'école des rêves - Opéra national de Paris

Mardi 26 avril 2022 sur France 4 à 22h20
Danser sa peine - Angelin Preljocaj

Jeudi 28 avril 2022 sur Arte à 13h35
Noureev - Ralph Fiennes (rediffusion)

Samedi 30 avril 2022 sur France 4 à 21h10
Abderrahmane Sissako, un cinéaste à l'opéra

Samedi 30 avril 2022 sur France 4 à 22h05
Le vol du boli

Dimanche 01 mai 2022 sur France 3 à 00h20
Casse-Noisette (Tchaïkovski) - Blanca Li

Dimanche 01 mai 2022 sur Arte à 18h35
Riccardo Chailly dirige Tchaïkovski

TV-Web Avril 2022 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Vendredi 01 avril 2022 sur Mezzo HD à 20h55
Phaéton de Lully à l'Opéra Royal de Versailles

Samedi 02 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
La Petite Renarde rusée de Leoš Janácek à l'Opéra de Paris

Dimanche 03 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
'Didon et Enée' de Purcell au Grand Théâtre de Genève

Mercredi 06 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
Phaéton de Lully à l'Opéra Royal de Versailles

Vendredi 08 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Richard Coeur de Lion de Grétry à l'Opéra Royal de Versailles

Samedi 09 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
Christophe Rousset dirige Les Indes galantes de Rameau

Dimanche 10 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Der Freischütz de Weber au Staatsoper de Munich

Mercredi 13 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
'Actéon' de Charpentier au Théâtre du Châtelet de Paris

Mercredi 13 avril 2022 sur Mezzo à 21h25
La Petite Renarde rusée de Leoš Janácek à l'Opéra de Paris

Vendredi 15 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Aïda de Verdi au Grand Théâtre de Genève

Samedi 16 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
Rusalka de Dvorák au Teatro Real de Madrid

Dimanche 17 avril 2022 sur Mezzo HD à 19h00 (direct)
'Don Giovanni' de Mozart au Staatsoper Berlin

Dimanche 17 avril 2022 sur Mezzo HD à 22h30
Aïda de Verdi au Grand Théâtre de Genève

Mercredi 20 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
'Werther' de Massenet au Staatsoper de Vienne

Vendredi 22 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Don Carlos de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Samedi 23 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
Fidelio de Beethoven au Theater an der Wien

Dimanche 24 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Anna Bolena de Donizetti à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Mercredi 27 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
'Saul' de Haendel au Theater an der Wien

Vendredi 29 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Manon Lescaut de Puccini à l'Opéra de Monte-Carlo

Samedi 30 avril 2022 sur Mezzo à 20h30
'Didon et Enée' de Purcell au Grand Théâtre de Genève

TV-Web Avril 2022 Lyrique et Musique
TV-Web Avril 2022 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

Frédégonde de Guiraud et Saint-Saëns (Opéra de Dortmund)

                              Avril 2022

Le rêve du chef d'orchestre Kent Nagano jusqu'au 01 avril 2022

Le Freischütz (Théâtre des Champs-Élysées) jusqu'au 04 avril 2022

La dynastie Morozov jusqu'au 04 avril 2022

Tosca (Opéra national de Finlande) jusqu'au 06 avril 2022

La Cerisaie (Festival d'Avignon) jusqu'au 10 avril 2022

Barbara Hannigan dirige le Requiem de Mozart jusqu'au 10 avril 2022

Nuit magique, la grande soirée aux Chorégies d'Orange jusqu'au 10 avril 2022

5e anniversaire de l'Elbphilharmonie jusqu'au 11 avril 2022

Iolanta (Royal Swedish Opera) jusqu'au 15 avril 2022

Winterreise (Christian Spuck et le Ballet de Zurich) jusqu'au 15 avril 2022

Robert Wilson, la beauté du mystérieux jusqu'au 15 avril 2022

Samson et Dalila (Chorégies d'Orange) jusqu'au 17 avril 2022

Les Vêpres siciliennes (Teatro Massimo di Palermo) jusqu'au 19 avril 2022

Proust, le concert retrouvé (Philharmonie) jusqu'au 20 avril 2022

Christian Spuck chorégraphie le Requiem de Verdi jusqu'au 26 avril 2022

Missa Solemnis (Cathédrale de Cologne) jusqu'au 27 avril 2022

Der Rosenkavalier (Garsington Opera) jusqu'au 29 avril 2022

Voces Suaves aux Dominicains de Guebwiller (Garsington Opera) jusqu'au 30 avril 2022

                               Mai 2022

L'odyssée Offenbach jusqu'au 01 mai 2022

L'orchestre de Paris au Musée d'Orsay jusqu'au 01 mai 2022

Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) jusqu'au 06 mai 2022

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Lyon) jusqu'au 09 mai 2022

Les Victoires de la Musique classique 2022 jusqu'au 09 mai 2022

Le Lac des Cygnes version Martin Schläpfer jusqu'au 11 mai 2022

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui (Opéra national de Paris) jusqu'au 14 mai 2022

Mario Barbeau et Simon Le Borgne (Opéra national de Paris) jusqu'au 15 mai 2022

Israël en Egypte (ElbPhilharmonie) jusqu'au 16 mai 2022

Le malade imaginaire (Hungarian State Opera) jusqu'au 19 mai 2022

Ghost Light - Un ballet de John Neumeier (Festspielhaus Baden-Baden) jusqu'au 22 mai 2022

Le "Projet Beethoven" Ballet de John Neumeier jusqu'au 22 mai 2022

Barbara Hannigan : rêve de Hongrie jusqu'au 25 mai 2022

Concert anniversaire de Teodor Currentzis jusqu'au 25 mai 2022

Giuditta (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 27 mai 2022

Destin (Osud) (National Theatre Brno) jusqu'au 28 mai 2022

                               Juin 2022

Les Eclairs (Opéra Comique) jusqu'au 03 juin 2022

Macbeth (La Scala de Milan) jusqu'au 06 juin 2022

Une soirée vénitienne autour de l'orgue avec Wayne Marshall jusqu'au 06 juin 2022

Le Médium (Croatian National Theatre Zagreb) jusqu'au 09 juin 2022

Orchestre symphonique des jeunes d'Ukraine (Berlin) jusqu'au 10 juin 2022

"The Tree" de Carolyn Carlson (Chaillot - Théâtre National de la Danse) jusqu'au 10 juin 2022

Fauteuils d'orchestre - Le Concert (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 10 juin 2022

Aida (Opéra de Dresde) jusqu'au 12 juin 2022

Pinocchio (Festival d'Aix-en-Provence 2017) jusqu'au 12 juin 2022

Madame Butterfly (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 19 juin 2022

Werther (Opéra Orchestra National Montpellier) jusqu'au 24 juin 2022

Il Trittico (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 25 juin 2022

L'Auberge du Cheval blanc (Opéra de Lausanne) jusqu'au 29 juin 2022

Une saison à la Juilliard School (1/6) jusqu'au 30 juin 2022

                             Juillet 2022

La Flûte enchantée (Royal College of Music) jusqu'au 01 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (2/6) jusqu'au 07 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 08 juillet 2022

La Passion selon Saint Matthieu (Festival de Pâques d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 13 juillet 2022

Fosse, mis en scène par Christian Boltanski jusqu'au 14 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (3/6) jusqu'au 14 juillet 2022

Barbara Hannigan dirige Britten, Haydn et Stravinsky jusqu'au 15 juillet 2022

Israël en Egypte (T.Hengelbrock) jusqu'au 15 juillet 2022

Un Requiem imaginaire (Manège de Maubeuge) jusqu'au 16 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Staatsoper Hannover) jusqu'au 20 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (4/6) jusqu'au 21 juillet 2022

Gala Andalucía Flamenca : Chants de femmes (Festival de Grenade 2021) jusqu'au 22 juillet 2022

Le Voyage dans la Lune (Opéra Comique) jusqu'au 26 juillet 2022

La promesse (Royal Swedish Opera) jusqu'au 27 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (5/6) jusqu'au 28 juillet 2022

Farnace (La Fenice) jusqu'au 29 juillet 2022

                             Août 2022

Lully et ses contemporains (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 02 août 2022

Les Noces de Figaro (Opéra de Paris) jusqu'au 03 août 2022

Une saison à la Juilliard School (6/6) jusqu'au 04 août 2022

Roméo et Juliette (Opéra national de Paris)) jusqu'au 12 août 2022

Actéon (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 15 août 2022

Alcina (Opera North) jusqu'au 17 août 2022

Les larmes de la Vierge (Festival de Sablé) jusqu'au 26 août 2022

The Discovery of Passion (Festival de Sablé) jusqu'au 29 août 2022

Klaus Mäkelä - 9e de Beethoven (Philharmonie) jusqu'au 30 août 2022

Manon à l'Opéra de Hambourg - regard dans les coulisses jusqu'au 31 août 2022

                             Septembre 2022

Le Lac des Cygnes (Opéra National d'Ukraine) jusqu'au 02 septembre 2022

Angels in America (Comédie française) jusqu'au 04 septembre 2022

Rigoletto (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 11 septembre 2022

Faust de Gounod (Teatro La Fenice) jusqu'au 16 septembre 2022

Elektra (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 16 septembre 2022

Jelin (Alessandria - Piémont) jusqu'au 22 septembre 2022

Cantates de jeunesse par Les Arts Florissants (Festival d'Ambronay) jusqu'au 25 septembre 2022

Der Vampyr (Staatsoper Hannover) jusqu'au 25 septembre 2022

Fidelio (Opéra Comique) jusqu'au 30 septembre 2022

Mikko Franck dirige Debussy, Montalbetti et Ravel jusqu'au 30 septembre 2022

                         Octobre 2022

La Force du Destin (Théâtre Royal de Wallonie) jusqu'au 07 octobre 2022

Cendrillon (Opéra national de Paris) jusqu'au 07 octobre 2022

Les 7 péchés capitaux (Opera North) jusqu'au 08 octobre 2022

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 11 octobre 2022

Edmea (Wexford Festival Opera 2021) jusqu'au 11 octobre 2022

Parsifal (Hungarian State Opera) jusqu'au 15 octobre 2022

Alcina (Opéra de Lausanne) jusqu'au 15 octobre 2022

                          Novembre 2022

Facce d’amore par Jakub Józef Orlinski (Capitole de Toulouse) jusqu'au 09 novembre 2022

Rebeka Warriors & Julien Pregardien jouent Schubert jusqu'au 11 novembre 2022

                          Décembre 2022

Trisha Brown x 100 au Festival d'Automne jusqu'au 03 décembre 2022

Bach, Haendel par l'ensemble Pygmalion (Philharmonie) jusqu'au 06 décembre 2022

 

                           Janvier 2023

Eugène Onéquine (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 05 janvier 2023

                           Février 2023

Les oiseaux (Opéra national du Rhin) jusqu'au 04 février 2023

Mese Mariano de Giordano et Suor Angelica de Puccini (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 18 février 2023

Concert de solidarité pour l'Ukraine (Théâtre national de Vilnius) jusqu'au 28 février 2023

Concert de solidarité pour l'Ukraine (Riga) jusqu'au 28 février 2023

                           Mars 2023

Veillée pour l'Ukraine (Théâtre national de Chaillot) jusqu'au 05 mars 2023

                         Avril 2023

L'Ange de feu (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 05 avril 2023

Mignon (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 12 avril 2023

                           Juin 2023

Der Freischütz (La Fura dels Baus) - moments choisis -  jusqu'au 16 juin 2023

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence 2018) jusqu'au 23 juin 2023

                           Août 2023

Tristan und Isolde (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 30 août 2023

                           Septembre 2023

'Amazon' par Lea Desandre, Thomas Dunford et l'Ensemble Jupiter  jusqu'au 20 septembre 2023

La Boxeuse amoureuse de Marie Agnès Gillot et Arthur H  jusqu'au 21 septembre 2023

                           Octobre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 06 octobre 2023

Nathalie Stutzmann dirige l'Orchestre de Paris jusqu'au 20 octobre 2023

                           Novembre 2023

Les Talens Lyriques (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 11 novembre 2023

                           Décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

 

                           Juillet 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 01 juillet 2024

                           Décembre 2024

Grand concert symphonique Saint-Saëns (Auditorium de Radio France) jusqu'au 14 décembre 2024

 

 

                           Février 2025

Voix des Outre-mer (Amphithéâtre de l'Opéra Bastille) jusqu'au 20 février 2025

 

 

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 29 Mars 2022

Concert pour la Paix 
Représentation du 27 mars 2022
Palais Garnier

Giuseppe Verdi
La forza del destino « Ouverture », « Pace, pace mio Dio » - Liudmyla Monastyrska
Macbeth « Patria oppressa » - Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris
Kyrylo Stetsenko
« Pisni moji » - Russell Braun, Piano Olga Dubynska
Serguei Rachmaninov
«Ne poy, Krasavitsa pri mne» - Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, Piano Olga Dubynska
Claude Debussy 
"Clair de lune"Chorégraphie Alastair Marriott - Mathieu Ganio, Piano Elena Bonnay
Serguei Rachmaninov
« Polyubila ya na pechal' svoyu » - Emanuela Pascu, Piano Olga Dubynska
Taras Chevtchenko
« Reve ta Stohne Dnipr shirokyy » - John Daszak, Piano Olga Dubynska
Mykola Lyssenko
« Na pivnochi, na kruchi » - John Daszak, Russell Braun, Piano Olga Dubynska
Body and SoulChorégraphie Crystal PiteMusique Frédéric Chopin - Marion Barbeau, Simon Le Borgne
Modeste Moussorgski
« Prière des Streltsy » - Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris

Concert pour la Paix - dimanche 27 mars 2022 - Palais Garnier

Pietro Mascagni « Cavalleria rusticana » - Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris
Georges Bizet
« Carmen suite » - Chorégraphie Alberto Alonso - Alexander Stoyanov, Kateryna Kukhar
Richard Wagner
« Wesendonck Lieder No. 5, Träume » - Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Camille Saint-Saëns
La Mort du cygne - Chorégraphie Mikhael Fokine / Serge Lifar - Dorothée Gilbert, Violoncelliste Aurélien Sabouret, Piano Ryoko Hisayama
Vincenzo Bellini
« Casta Diva », Norma - Liudmyla Monastyrska
Le Parc musique Wolfgang Amadeus Mozart - Chorégraphie Angelin Preljocaj - Alice Renavand, Stéphane Bullion, Piano Jean-Yves Sebillotte
Giuseppe Verdi
Nabucco « Va pensiero » - Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris

Direction musicale Carlo Rizzi
Cheffe des chœurs Ching-Lien Wu

Après le Théâtre du Châtelet et la Salle Favart, le Palais Garnier présentait en ce dimanche soir un concert mêlant symphonies lyriques, airs d’opéras, mélodies russes et ukrainiennes, chœurs monumentaux et extraits de ballets.

Liudmyla Monastyrska - 'Pace, pace mio Dio' (La Force du destin)

Liudmyla Monastyrska - 'Pace, pace mio Dio' (La Force du destin)

En début de ce spectacle introspectif fortement évocateur et très bien conçu afin de restituer tous les sentiments en jeu envers les victimes de la guerre en Ukraine, l’énergie un peu rude de Carlo Rizzi avait quelque chose d’implacable pour l'ouverture de la ‘Force du destin’, et le « Pace, pace mio Dio » de Liudmyla Monastyrska, chanté avec un timbre d’airain ambré et ému, s’achevait même sur un splendide bras protecteur tendu vers le ciel.

Chœur de l'Opéra national de Paris - ‘Patria Oppressa’ (Macbeth)

Chœur de l'Opéra national de Paris - ‘Patria Oppressa’ (Macbeth)

D’une grande force tellurique, le ‘Patria Oppressa’ composé par Verdi pour la version parisienne de ‘Macbeth’ ne pouvait être alors plus juste, chant déploratif d’un peuple contre lequel un Roi cherchait à éliminer ses enfants.

Emanuela Pascu - 'Polyubila ya na pechal' svoyu' (Rachmaninov)

Emanuela Pascu - 'Polyubila ya na pechal' svoyu' (Rachmaninov)

Si le «Ne poy, Krasavitsa pri mne» de Rachmaninov interprété par Marie-Andrée Bouchard-Lesieur avec sobriété et une belle assurance, au son des accords terriblement sombres d’Olga Dubynska, était connu, les autres airs russes et ukrainiens étaient plutôt une découverte, qu’ils soient vécus avec le tranchant d’ivoire d’ Emanuela Pascu, ou la clarté puissante aux éclats très marquants de John Daszak.

 Mathieu Ganio - 'Clair de Lune'

Mathieu Ganio - 'Clair de Lune'

Puis, il y eut la solitude élancée de Mathieu Ganio au ‘Clair de Lune’, et le fameux duo de ‘Body and Soul’ dansé par Marion Barbeau et Simon Le Borgne en s’alliant avec finesse au texte énoncé.

Russell Braun et John Daszak - 'Na pivnochi, na kruchi Mykola' (Lyssenko)

Russell Braun et John Daszak - 'Na pivnochi, na kruchi Mykola' (Lyssenko)

Et la prière finale de ‘La Khovantchina’ que nous entendions encore sur la scène Bastille quelques jours avant l’agression russe s’est achevée dans un murmure tout en retenue. Mais aujourd’hui, c’est un peuple tourné vers l’avenir et vers la liberté qui est opprimé par le retour de l’ancienne Russie.

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur - ‘Traüme’ (Richard Wagner)

Marie-Andrée Bouchard-Lesieur - ‘Traüme’ (Richard Wagner)

Ouvrant de façon plus conventionnelle sur l’intermezzo de ‘Cavalleria rusticana’ et un extrait de ‘Carmen suite’ – passage incarné par deux artistes de l’Opéra National d’Ukraine, Alexander Stoyanov et Kateryna Kukhar -, la présence centrale de Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, offrant un ‘Traüme’ chanté avec orchestre sur une scène hantée par la pénombre, permettait l’épanouissement d’une intériorité profonde, avant que l’on ne retrouva les ondoyances immatérielles de Dorothée Gilbert dans le ‘Chant du Cygne’ et la fraîcheur d’Alice Renavand et Stéphane Bullion, tournoyant d’amour sur l’adagio du concerto pour piano n°23 de Mozart. Comme un appel à l’espérance, en fait.

Alice Renavand et Stéphane Bullion - Le Parc (Preljocaj)

Alice Renavand et Stéphane Bullion - Le Parc (Preljocaj)

Liudmyla Monastyrska s’est jointe enfin au Chœur, d’abord pour interpréter un ‘Casta Diva’ dans une tonalité très intériorisée, puis pour se fondre dans la solennité du chœur des esclaves de ‘Nabucco’.

Kateryna Kukhar, Olga Dubynska et Liudmyla Monastyrska

Kateryna Kukhar, Olga Dubynska et Liudmyla Monastyrska

La soirée avait pour finalité de réunir des fonds pour le collectif Alliance urgences en Ukraine, aussi modestes qu’ils soient au vu de la situation, véritablement dans un esprit réflexif et non démonstratif.

Kateryna Kukhar, Carlo Rizzi, Ching-Lien Wu, Olga Dubynska et Liudmyla Monastyrska

Kateryna Kukhar, Carlo Rizzi, Ching-Lien Wu, Olga Dubynska et Liudmyla Monastyrska

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Publié le 27 Mars 2022

Cendrillon (Jules Massenet – 1899)
Représentations du 26 mars et 28 avril 2022
Opéra Bastille

Cendrillon Tara Erraught
Madame de la Haltière Daniela Barcellona
Le prince charmant Anna Stephany / Antoinette Dennefeld
La fée Kathleen Kim
Noémie Charlotte Bonnet
Dorothée Marion Lebègue
Pandolfe Lionel Lhote
Le roi Philippe Rouillon
Le Doyen de la faculté Cyrille Lovighi
Le Surintendant des plaisirs Olivier Ayault
Le Premier Ministre Vadim Artamonov
Six Esprits Corinne Talibart, So-Hee Lee, Stéphanie Loris, Anne-Sophie Ducret, Sophie Van de Woestyne, Blandine Folio Peres

Mise en scène Mariame Clément (2022)
Direction musicale Carlo Rizzi                                     
Carlo Rizzi
Nouvelle production et entrée au répertoire
Diffusion sur France Musique le 07 mai 2022 à 20h

Le 25 mai 1887, un incendie détruisit pour la seconde fois la salle Favart de l’Opéra Comique au cours d’une représentation de ‘Mignon’ d’Ambroise Thomas

10 ans plus tard, le 07 décembre 1897, la nouvelle salle Favart, celle que nous connaissons aujourd’hui place Boieldieu, fut inaugurée et devint la résidence définitive de l’Opéra Comique où Albert Carré présentera de nombreuses créations majeures telles ‘Louise’ de Gustave Charpentier (1900), ‘Pelléas et Mélisande’ de Claude Debussy (1902), ‘Ariane et Barbe-Bleue’ de Paul Dukas (1907), ‘Macbeth’ d’Ernest Bloch (1910) ou bien ‘L’heure espagnole’ de Maurice Ravel (1911).

Tara Erraught (Cendrillon)

Tara Erraught (Cendrillon)

La toute première création à succès sur cette scène aura cependant lieu le 24 mai 1899 avec la version de ‘Cendrillon’ composée par Jules Massenet entre 1894 et 1896 d’après le conte de Charles Perrault, dans une mise en scène réalisée par le directeur lui-même, et qui atteindra sa cinquantième représentation sept mois plus tard.

Cendrillon - Massenet (Erraught - Stephany - Kim - Rizzi - Clément) Opéra de Paris

Moins connue que les autres chefs-d’œuvre de Massenet, ‘Werther’, ‘Manon’, ‘Thais’ ou ‘Don Quichotte’, cette œuvre lyrique est pourtant un ravissement pour les amoureux de finesse orchestrale et de poésie ornementale, tant sa composition recèle une inventivité d’entrelacs de thèmes qui évoqueront pour certains l’enjouement des ‘Maîtres chanteurs’ de Richard Wagner, puis, plus loin, une réminiscence romantique de ‘La Walkyrie’, ou bien une composition pastorale comme dans ‘Mireille’ de Charles Gounod, et même quelqu’un qui n’a pas un tel vécu lyrique sera continument charmé par le renouvellement incessant des mouvements de la musique.

Il n’y a nulle passion torride à aucun endroit dans cet ouvrage, mais plutôt des atmosphères charmeuses et rêveuses, ou bien de grands emportements volubiles, qui font de la scène Bastille un lieu magnifique pour mettre en valeur l’ampleur grandiose de cet opéra qui fait son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris.

Tara Erraught (Cendrillon), Charlotte Bonnet (Noémie), Marion Lebègue (Dorothée) et Daniela Barcellona (Madame de la Haltière)

Tara Erraught (Cendrillon), Charlotte Bonnet (Noémie), Marion Lebègue (Dorothée) et Daniela Barcellona (Madame de la Haltière)

A la direction musicale, Carlo Rizzi anime cette histoire avec un sens du relief généreusement coloré et un souffle narratif enthousiasmant comme s’il s’agissait d’une rencontre impétueuse entre une écriture orchestrale et le tempérament du chef. Les atmosphères diaphanes s’épanouissent merveilleusement, de fins liserés dansent littéralement le long du flot des cordes, et le geste sensuel du peintre se veut également passionné quitte à parfois rechercher une massivité explosive qui peut surprendre par moment. C’est une interprétation véritablement somptueuse qui est ainsi offerte aux auditeurs, infiniment supérieure au simple contenu du texte.

Tara Erraught (Cendrillon)

Tara Erraught (Cendrillon)

La mise en scène de Mariame Clément comporte des éléments qui rappellent l’époque parisienne de la création de ‘Cendrillon’, notamment de par la ressemblance entre le palais du Prince et la verrière du Grand Palais qui fut inauguré en 1900. Dans le premier acte, la cheminée originelle devient une complexe machinerie d’usine triste dont certains containers s’ouvrent astucieusement par effet de surprise à l’arrivée de la fée sous des lumières bleutées plus sensibles. 

Anna Stephany (Le Prince charmant)

Anna Stephany (Le Prince charmant)

Et les différentes scènes sont interconnectées par un petit cadre de théâtre d’ombres animées qui rappelle qu’il s’agit bien d’un conte raconté dans un cadre réaliste.
Mariame Clément arrive par ailleurs à se détacher avec beaucoup d’habileté de la naïveté fantaisiste du livret par sa mise en valeur des rapports sincères entre Le Prince et Cendrillon, d’une part, et Cendrillon et son père, d’autre part.

Anna Stephany (Le Prince charmant) et Tara Erraught (Cendrillon)

Anna Stephany (Le Prince charmant) et Tara Erraught (Cendrillon)

La scène du bal est effectivement une débauche de plantureuses robes roses, mais, en même temps qu’elle fait vivre avec beaucoup d’entrain le monde superficiel de cette cour, Mariame Clément réserve un modeste écrin à la découverte du jeune homme et de la jeune femme qui est traité ici comme une rencontre entre deux adolescents d’aujourd’hui avec le plus de naturel possible. 

Kathleen Kim (La fée)

Kathleen Kim (La fée)

Jouée sous forme de pantonyme, cette rencontre est d’un charme fou car on voit Cendrillon troquer ses pantoufles de vair pour des baskets, libérer sa chevelure pour partager une bonne bouteille de vin en toute convivialité, la plus belle image du bonheur, si bien que l’on peut s’imprégner de cette scène intime en faisant abstraction de toute l’agitation autour.

Et, plus loin, les sentiments d’amour lors des retrouvailles au troisième acte s’expriment dans les sous-sols monumentaux et défraîchis du palais – la machinerie hydraulique de la scène Bastille est utilisée au maximum de ses capacités -, et un cœur réaliste vient rappeler crûment la fragilité de la vie.

Tara Erraught (Cendrillon) et Anna Stephany (Le Prince charmant)

Tara Erraught (Cendrillon) et Anna Stephany (Le Prince charmant)

La distribution réunie, bien que majoritairement non francophone, fait honneur au lyrisme romantique et exalté de l’œuvre et donne une très forte présence humaine à tous les personnages.

Tara Erraught, timbre ample et souffle vigoureux, incarne une Cendrillon avec beaucoup de mélancolie tout en lui attachant une dignité bien affirmée de par le velouté d’un chant qui préserve un brillant homogène et rayonnant dans les aigus. Anna Stephany, le Prince, fait énormément penser à la vaillance ombrée de Sophie Koch dans sa jeunesse, avec des couleurs de voix nocturnes, une belle souplesse de ligne et un volontarisme tout aussi triomphant, malgré les états d’âme de son personnage. Les duos de ces deux magnifiques interprètes invitent ainsi constamment à la rêverie avec une sensibilité féminine irrésistible.

Lionel Lhote (Pandolfe) et Tara Erraught (Cendrillon)

Lionel Lhote (Pandolfe) et Tara Erraught (Cendrillon)

Et Lionel Lhote, très agréable et naturel en Pandolfe, révèle un caractère en flamme quand il congédie Madame de la Haltière et ses deux filles en ayant recourt à une tonitruance dans les aigus inattendue et très spectaculaire. Ce rendu du basculement psychologique du père de Cendrillon est d’une fulgurance absolument saisissante.

Daniela Barcellona est évidemment impayable en Madame de la Haltière, et Charlotte Bonnet et Marion Lebègue forment un duo de sœurs vif aux coloris bien assortis. Quant à la fée de Kathleen Kim, parfaitement à l’aise dans les aigus sidérants, elle renvoie plutôt l’image d’un être surnaturel et magique, mais pas forcément celui d’une femme complexe.

Mariame Clément

Mariame Clément

Tous les autres rôles plus courts s’insèrent dans cet ensemble avec le même dynamisme et les teintes vocales qui leurs sont propres, et le chœur de l’Opéra de Paris se révèle à nouveau impactant et à l’unisson pour défendre une des grandes réalisations musicales de la saison. 

Tara Erraught (Cendrillon) et Antoinette Dennefeld (Le Prince charmant)

Tara Erraught (Cendrillon) et Antoinette Dennefeld (Le Prince charmant)

Et pour la dernière représentation du 28 avril, Antoinette Dennefeld remplace Anna Stephany souffrante, et c'est une heureuse surprise, car la mezzo-soprano n'avait jusqu'à présent connu que des petits rôles sur la scène Bastille depuis 2016. Douée d'une coloration vocale au brillant net et projeté avec vigueur, son approche se révèle moins baudelairienne qu'Anna Stephany, mais il y a dans son rayonnement un éclat qui exhale la fureur de vivre, et qui fait penser un peu à la manière dont Karine Deshayes avait été découverte dans 'Rusalka' ou 'L'Affaire Makropoulos', il y a quinze à vingt ans de cela.

Antoinette Dennefeld

Antoinette Dennefeld

La fraicheur et la juvénilité d'Antoinette Dennefeld ne font que donner envie de la retrouver dans des interprétations de premier plan sur la scène nationale.

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Publié le 25 Mars 2022

Présentation de la saison Lyrique 2022 / 2023 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mercredi 23 mars 2022, la treizième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée à travers une visioconférence diffusée en matinée.

Malgré l’impact de la crise sanitaire, cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 3 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 16 soirées, une opérette 'La Périchole' jouée sur 10 soirées, 19 soirées d’opéras en version concert (dont 2 soirs pour 'La Fille du Régiment' et une matinée pour 'La Tragédie de Carmen') et 6 oratorio et œuvres religieuses (dont 3 'Requiem' de Mozart différents), 16 concerts symphoniques, 17 récitals vocaux, 22 récitals de piano, 12 concerts de l’orchestre de chambre de Paris, 3 autres concerts de musique de chambre, 22 concerts du dimanche matin (dont deux œuvres pour jeune public, 'Le Carnaval des animaux' par les Siècles, 'Don Quichotte' par La Croisée des Arts et l’Ensemble Ouranos), 4 ballets dansés sur 27 soirées (dont 16 soirées pour le 'Casse-Noisette' du Ballet de l’Opéra National de Kyiv) et 2 soirées de Théâtre musical ('J’ai des doutes').

Par ailleurs, une version de 'La Cenerentola' de Rossini ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en onze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées tout public.
Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra de Rouen Normandie, l’AsLiCo-Teatro Sociale de Côme et l’opéra de Bordeaux.

Cette ligne programmatique se limite à 3 opéras en version scénique et une opérette pour un total de 26 soirées, mais avec la venue du Ballet de l’Opéra National de Kyiv au mois de décembre, un rendez-vous pris avant que la guerre en Ukraine ne soit déclarée, le nombre de soirées de danse retrouve son niveau habituel.

Les soirées d’opéras en version concert atteignent un nombre de représentations record, et, en y ajoutant les récitals vocaux et les oratorios, le théâtre conforte son assise sur ces répertoires vocaux.

En revanche, la part des concerts symphoniques continue de se réduire, mais les récitals de piano ont toujours droit à une part importante de la programmation.

Orphée et Eurydice (Christoph Willibald Gluck) - ms Robert Carsen

Orphée et Eurydice (Christoph Willibald Gluck) - ms Robert Carsen

Opéras et opérettes en version scénique

Orphée et Eurydice (Christoph Willibald Gluck)
21, 23, 25, 27, 29 septembre et 01 octobre (6 représentations)

Direction musicale Thomas Hengelbrock  Mise en scène Robert Carsen
Jakub Józef Orliński, Regula Mühlemann, Elena Galitskaya
Balthasar-Neumann-Ensemble, Balthasar-Neumann-Chor 
Coproduction Canadian Opera Company, Fondazione Teatro dell’Opera di Roma, Château de Versailles Spectacles, Lyric Opera of Chicago

La Perichole (Jacques Offenbach)
13, 14, 15, 18, 19, 20, 23, 24, 26, 27 novembre (10 représentations)

Direction musicale Marc Minkowski, Mise en scène Laurent Pelly
Marianne Crebassa, Antoinette Dennefeld, Stanislas de Barbeyrac, Laurent Naouri, Alexandre Duhamel, Rodolphe Briand, Lionel Lhote, Chloé Briot, Alix Le Saux, Eléonore Pancrazi, Natalie Pérez 
Les Musiciens du Louvre, Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Coproduction Opéra Royal de Wallonie, Bühnen Bern, Opéra de Dijon, Opéra de Toulon, Palazzetto Bru Zane Editions musicales Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française

Le Rossignol / Les Mamelles de Tirésias (Igor Stravinsky / Francis Poulenc)
10, 13, 15, 17, 19 mars (5 représentations)

Direction musicale François-Xavier Roth, Mise en scène Olivier Py
Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Chantal Santon, Laurent Naouri, Victor Sicard, Rodolphe Briand, Francesco Salvadori, Jean-Sébastien Bou, Lucile Richardot
Les Siècles, Ensemble Aedes 
Coproduction Opéra Nice Côte d’Azur 

La Bohème (Giacomo Puccini)
15, 17, 19, 22, 24 juin (5 représentations)

Direction musicale Lorenzo Viotti, Mise en scène Eric Ruf
Selene Zanetti, Pene Pati, Alexandre Duhamel, Francesco Salvadori, William Thomas, Amina Edris, Marc Labonnette, Benoît Rodolphe Briand
Orchestre National de France, Chœur Unikanti, Maîtrise des Hauts-de-Seine 
Coproduction Opéra National de Bordeaux, Angers-Nantes Opéra, Opéra de Saint-Étienne  

Théâtre des Champs-Elysées - Saison lyrique 2022 / 2023

Opéras et oratorio en version de concert

Iphigénie en Aulide (Christoph Willibald Gluck) le 07 octobre
Stéphanie D’Oustrac, Judith van Wanroij, Cyrille Dubois, Tassis Christoyannis, Jean-Sébastien Bou, David Witczak, Anne-Sophie Petit, Jehanne Amzal, Marine Lafdal-Franc

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge,  Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles

Zoroastre (Jean-Philippe Rameau) le 16 octobre
Jodie Devos, Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, Mathias Vidal, David Witczak, Gwendoline Blondeel, Marine Lafdal-Franc

Alexis Kossenko direction, Les Ambassadeurs~La Grande Ecurie, Chœur de chambre de Namur 

Ariodante (Georg Friedrich Haendel) le 07 novembre
Franco Fagioli, Melissa Petit, Sarah Gilford, Luciana Mancini, Nicholas Phan, Alex Rosen 
George Petrou direction, Il Pomo d’Oro

Hérodiade (Jules Massenet) le 25 novembre
Nicole Car, Jean-François Borras, Ekaterina Semenchuk, Etienne Dupuis
Daniele Rustioni direction Orchestre et Chœurs de l’Opéra National de Lyon 

Daniele Rustioni

Daniele Rustioni

La Tragédie de Carmen (Georges Bizet) le 27 novembre matin
Julie Robard-Gendre, Marianne Croux, Sébastien Droy, Thomas Dolié, Nicolas Vial, Laurent Evuort-Orlandi

Fiona Monbet direction Ensembe Musical Miroirs Etendus 

Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart) le 02 décembre
Amina Edris, Eléonore Pancrazi, Amitai Pati, Alexandre Duhamel

Hervé Niquet direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur du Concert Spirituel

Lakmé (Léo Delibes) le 14 décembre
Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Fleur Barron, Pierre Doyen, Lionel Lhote, Erminie Blondel, Charlotte Bonnet, Svetlana Lifar

Laurent Campellone direction, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 07 janvier
Bruno de Sá, Carlo Vistoli

Thibault Noally direction, Orchestre National d’Auvergne

Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart) le 15 janvier matin
Transcription pour chœur, solistes et piano à quatre mains de Carl Czerny

Henri Chalet direction, Chœur et solistes de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris 

Christophe Rousset

Christophe Rousset

Thésée (Jean-Baptiste Lully) le 22 mars
Mathias Vidal, Karine Deshayes, Deborah Cachet, Marie Lys, Bénédicte Tauran, Robert Getchell, Fabien Hyon, Philippe Estèphe

Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques, Chœur de chambre de Namur

Così fan tutte (Wolfgang Amadeus Mozart) le 24 mars
Julia Lezhneva, Emőke Baráth, Sandrine Piau, Paolo Fanale, Vittorio Prato, Andrew Murphy 

Giovanni Antonini direction, Basler Madrigalisten

Médée (Marc-Antoine Charpentier) le 27 mars
Véronique Gens, Cyrille Dubois, Judith van Wanroij, Thomas Dolié, David Witczak, Hélène Carpentier, Chloé Briot, Adrien Fournaison, Floriane Hasler, David Tricou, Fabien Hyon, Jehanne Amzal, Marine Lafdal-Franc

Hervé Niquet direction, Le Concert Spirituel

Vêpres solennelles d’un confesseur / Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart) le 28 mars
Kateryna Kasper, Marie Henriette Reinhold, Julian Habermann, Johannes Kammler

Hans-Christoph Rademann direction, Chœur et orchestre du Gaechinger Cantorey 

I Puritani (Vincenzo Bellini) le 01 avril
Jessica Pratt, Xabier Anduaga, Gabriele Viviani, Krzysztof Bączyk, Tamara Bounazou, Pascal Gourgand, Alban Dufourt

Giacomo Sagripanti direction, Orchestre de chambre de Paris, Chœur Les Eléments

Véronique Gens

Véronique Gens

La Fille du régiment (Gaetano Donizetti) le 03 et 05 avril
Jodie Devos, Sahy Ratia, Marc Labonnette, Doris Lamprecht, Philippe Ermelier, Felicity Lott, Matthieu Justine

Hervé Niquet direction, Orchestre de la Garde républicaine, Chœur de l’Armée française, Chœur de femmes de la Maîtrise Notre-Dame de Paris 

Messe en ut (Wolfgang Amadeus Mozart) le 04 avril
Ekaterina Bakanova, Ana Maria Labin, Krystian Adam, Luigi De Donato

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

Die Schöpfung (Joseph Haydn) le 20 avril
Slávka Zámečníková, Allan Clayton, Matthias Goerne

Andrés Orozco-Estrada direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Tolomeo ( Georg Friedrich Haendel) le 03 mai
Jakub Józef Orliński, Giuseppina Bridelli, Katharina Konradi, Andrea Mastroni, Paul-Antoine Bénos-Djian

Francesco Corti direction, l Pomo d’Oro

Castor et Pollux (Jean-Philippe Rameau) le 13 mai
Judith van Wanroij, Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Tassis Christoyannis, Olivia Doray, Hasnaa Bennani, David Witczak, Antonin Rondepierre

György Vashegyi direction, Orfeo Orchestra – Purcell Choir

Der fliegende Holländer (Richard Wagner) le 15 mai
James Rutherford, Ingela Brimberg, Maximilian Schmidt, Karl-Heinz Lehner, Dmitri Yvanchey, Dalia Schaechter

François-Xavier Roth direction, Les Siècles – Chœur de l’Opéra de Cologne

François-Xavier Roth

François-Xavier Roth

L’Incoronazione di Poppea (Claudio Monteverdi) le 24 mai
David Hansen, Mari Eriksmoen, Rihab Chaieb, Emiliano Gonzalez Toro, Lauranne Oliva, Philippe Talbot, Anders Dahlin, Nicolas Brooymans, Mathias Vidal, Natalie Pérez, Mathilde Etienne

Emiliano Gonzalez Toro direction, I Gemelli, Mathilde Etienne mise en espace

Orlando furioso (Antonio Vivaldi) le 25 mai
Carlo Vistoli, Marie-Nicole Lemieux, Filippo Mineccia, Margherita Maria Sala, Ana Maria Labin, Luigi De Donato

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus

Fausto (Louise Bertin) le 20 juin
Karine Deshayes, Karina Gauvin, Ante Jerkunica, Nico Darmanin, Marie Gautrot, Diana Axentii, Thibault de Damas

Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques, Chœur de la Radio flamande

Grisélidis (Jules Massenet) le 04 juillet
Vannina Santoni, Frédéric Antoun, Thomas Dolié, Tassis Christoyannis, Antoinette Dennefeld, Adèle Charvet, Thibault de Damas, Adrien Fournaison

Jean-Marie Zeitouni direction, Chœur et orchestre de l’Opéra national Montpellier Occitanie

Joyce DiDonato

Joyce DiDonato

Les Récitals vocaux :

Masterclass de Karine Deshayes, David Zobel piano, le 24 septembre
Joyce DiDonato - Ives, Portman, Mahler, Marini, Mysliveček, Copland, Valentini, Cavalli, Gluck, Haendel le 05 octobre
Eva Zaïcik – Vivaldi, le dimanche 09 octobre matin
Matthias Goerne – Schubert le 12 novembre
Julie Fuchs et ses invités - Mozart le 21 novembre
Renée Fleming - Rachmaninov le 15 janvier

Michael Spyres et Lawrence Brownlee

Michael Spyres et Lawrence Brownlee

Lawrence Brownlee, Michael Spyres  – Rossini, Donizetti, Verdi, Boieldieu, Meyerber, Bizert, Adam le 22 janvier
Peter Mattei - Schubert le 26 janvier
Sandrine Piau, Karina Gauvin, Cyrille Dubois, Robert Gleadow  - Gala Mozart le 28 janvier
Julian et Christoph Prégardien, Lars Vogt – Beethoven, Schubert le 09 février
Philippe Jaroussky, Thibaut Garcia – Giordani, Caccini, Dowland, Purcell … le 19 février matin
Marina Rebeka, Karine Deshayes  - Donizetti, Rossini, Bellini le 21 mars
Philippe Jaroussky - Boësset, Bataille, De Bailly, Guédron, Moulinié, Lambert, Monteverdi, Rossi, Purcell le 29 mars
Julia Lezhneva, Carlo Vistoli - Porpora, Haendel, Graun, Vivaldi le 10 mai
Natalie Dessay, Philippe Cassard - Fanny Hensel-Mendelssohn, Clara Schumann, Alma Mahler, Massenet, Gounod, Debussy, Poulenc, Stravinsky le 22 mai
Rolando Villazón - Donizetti, Verdi, Massenet Zarzuelas et chansons napolitaines le 29 juin
La Folle soirée de l’Opéra Radio Classique - Airs d'opéras les 24 et 25 juin

Théâtre musical :

J’ai des doutes - François Morel, Antoine Sahler / Romain Lemire piano les 14 et 15 février

Patricia Petibon

Patricia Petibon

Concerts (sélection subjective)

Les Siècles, François-Xavier Roth - Stravinsky L’Oiseau de feu, Petrouchka, Le Sacre du printemps le 30 septembre

Igor Levit, piano  – Schumann, Hersch, Wagner Prélude, Liszt  le 06 octobre

Nemanja Radulović - Le monde dans un violon, Musiques traditionnelles et populaires (Russie, Serbie, Inde, Argentine, Espagne, Cuba, Brésil, Irlande...) le 18 octobre

Quatuor Hanson – Stravinsky, Mozart, Bartok le dimanche 23 octobre

Les Siècles François-Xavier Roth, Patricia Petibon – Schoenberg, Berg, Mahler le 06 novembre

Orchestre de chambre de Paris, Trevor Pinnock - Les Vents Français Cimarosa, Mozart, Danzi le 15 décembre

Les Siècles François-Xavier Roth – Debussy, Roussel, Lalo, Dukas, Massenet, Ravel le 10 janvier

Netherlands Philharmonic Orchestra, Lorenzo Viotti, Matthias Goerne – Webern, Mahler, Brahms le 24 janvier

Nikolaï Lugansky – Intégrale Rachmaninov I le 01 février

Konzertmeister der Berliner Philharmoniker I – Brahms, Mozart le 06 février

Konzertmeister der Berliner Philharmoniker II – Brahms, Mozart le 07 février

Nikolaï Lugansky – Intégrale Rachmaninov II le 14 mars

Till Fellner, piano – Mozart, Lizt, Beethoven, Haydn le 19 mars matin

ONF, Cristian Măcelaru, Diana Damrau – Messiaen, Strauss, Tchaïkovski le 30 mars

Nelson Goerner, piano - Sol Gabetta, violoncelle – Mendelssohn,  Brahms, Franck le 11 avril

Cédric Tiberghien, piano – Bach-Brahms, Mozart, Beethoven le 16 avril matin

Mikhaïl Pletnev, piano – Brahms, Dvořák le 18 avril

Wiener Philharmoniker, Jakub Hrůša – Janáček,  Prokofiev, Chostakovitch le 14 mai

Nikolaï Lugansky – Intégrale Rachmaninov III le 23 mai

Elisabeth Leonskaja, piano - Streichquartett der Staatskapelle Berlin – Schumann, Chostakovitch le 14 juin

Orchestre de chambre de Paris, Hervé Niquet, David Kadouch – Compositrices romantiques le 23 juin 

ONF - Grand Concert Radio Classique le30 juin et 01 juillet

Giselle par Akram Khan

Giselle par Akram Khan

Première impression sur la saison 2022 / 2023

Avec 11 opéras en version de concert d’après Lully, Charpentier, Rameau, Gluck, Bertin, Donizetti, Bizet et Massenet et deux opéras en version scénique (diptyque 'Le Rossignol / Les Mamelles de Tiresias' par Olivier Py et 'La Perichole' par Laurent Pelly), la langue française représente la moitié des représentations lyriques programmées cette saison, du jamais vu depuis des décennies en ce théâtre.

Le Théâtre des Champs-Élysées devient ainsi le paradis des chanteurs francophones. On peut ainsi citer de manière non exhaustive : Marianne Crebassa, Stanislas de Barbeyrac, Laurent Naouri, Alexandre Duhamel, Rodolphe Briand, Lionel Lhote, Chloé Briot, Alix Le Saux, Sabine Devieilhe, Cyrille Dubois, Chantal Santon, Victor Sicard, Jean-Sébastien Bou, Lucile Richardot, Marc Labonnette, Stéphanie D’Oustrac, Anne-Sophie Petit, Jodie Devos, Véronique Gens, Reinoud Van Mechelen, Mathias Vidal, Melissa Petit, Jean-François Borras, Etienne Dupuis, Julie Robard-Gendre, Marianne Croux, Sébastien Droy, Thomas Dolié, Erminie Blondel, Charlotte Bonnet, Karine Deshayes, Philippe Estèphe, Sandrine Piau, Doris Lamprecht, Philippe Talbot, Marie-Nicole Lemieux.

Et on ne saurait que hautement recommander d’assister à quelques jours d’intervalle au ‘Thésée’ de Jean-Baptiste Lully ( le 22 mars) suivi du ‘Médée’ de Marc-Antoine Charpentier (le 27 mars), deux ouvrages créés à l’Académie Royale de Musique sous Louis XIV, d'après un même thème mythologique.

Le répertoire italien est un peu moins représenté parmi les versions de concerts (aucun Rossini - hormis 'La Cenerentola' pour le jeune public -, ou Verdi n’est à l’affiche), mais Puccini a droit à un opéra en version scénique, ‘La Bohème’, et le belcanto pourra s’appuyer sur ‘I Puritani’ de Bellini

Sous la poussée de l’opéra français, le répertoire vocal allemand poursuit son retrait de la scène du Théâtre des Champs-Élysées, répertoire auquel ne restent plus que ‘Die Schöpfung’ de Joseph Haydn et ‘Der fliegende Holländer’ de Richard Wagner, et Jean-Sébastien Bach est totalement absent.

Quant à la langue latine, elle pourra surtout compter sur 3 versions différentes du 'Requiem' de Mozart respectivement interprété par le Chœur du Concert Spirituel le 02 décembre, le Chœur de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris le 15 janvier matin et le Chœur de chambre de Namur le 28 mars, puis la 'Messe en Ut' de Mozart et le traditionnel 'Stabat Mater' de Pergolese.

Pour la première fois, la langue italienne n’est donc plus majoritaire, mais les fondamentaux du Théâtre des Champs-Élysées sont toujours respectés (80 % du répertoire lyrique consacré au XVIIIe et XIXe siècle).

Casse-Noisette par le Ballet de l’Opéra National de Kyiv

Casse-Noisette par le Ballet de l’Opéra National de Kyiv

Et la collaboration en résidence de François-Xavier Roth et son orchestre Les siècles se poursuit non seulement en opéra scénique (Le Diptyque Stravinsky / Poulenc) et opéra de concert (‘Le Vaisseau Fantôme’), mais également à travers une soirée dédiée aux trois ballets de Stravinsky 'L’Oiseau de feu', 'Petrouchka', 'Le Sacre du printemps', un concert avec Patricia Petibon, et une soirée entièrement vouée aux compositeurs français fin XIXe et début XXe siècle.

L’intégrale Rachmaninov par Nikolaï Lugansky, la ‘Gisèle’ d’Akram Khan et le ‘Casse-Noisette’ du Ballet de l’Opéra National de Kyiv seront probablement d’autres temps forts de la programmation.


L'intégralité de la saison c'est ici : Saison 2022/2023 | Programmation | Théâtre des Champs-Elysées 

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Publié le 21 Mars 2022

L’Odyssée. Scénario pour Hollywood (Homère -VIIIe, Hanna Krall 2006)
Représentations du 17 et 18 mars 2022
La Comédie de Clermont Ferrand – Scène nationale
Et ultérieurement, représentation du 12 mai 2022
La Colline – Théâtre national

Shayek Mariusz Bonaszewski
Ulysse Stanisław Brudny
Martin Heidegger Roman Gancarczyk
Elizabeth Taylor Magdalena Cielecka
Izolda, Le Dibbouk Ewa Dałkowska
L’Officier SS, Télégonos, l’Homme dans le train, le client du magasin des pantalons Bartosz Gelner
Roma, Hannah Arendt Małgorzata Hajewska-Krzysztofik
Pénélope Jadwiga Jankowska-Cieślak
Claude Lanzmann Wojciech Kalarus
Robert Evans Marek Kalita
Moine Bouddhiste, Coiffeur Hiroaki Murakami
Izolda Jeune Maja Ostaszewska
La traductrice, Frau Ruth, Calypso, Barbara Walters Jaśmina Polak
Roman Polanski Piotr Polak
Marek Hłasko, Télémaque Jacek Poniedziałek             
Krzysztof Warlikowski
Et en vidéo :
La sœur Maja Komorowska 
La mère Krystyna Zachwatowicz-Wajda

Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2021)
Dramaturgie Piotr Gruszczynski
Décors, Costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Kamil Polak
Collaboration artistique Claude Bardouil

Production Nowy Teatr
Coproduction Athens and Epidaurs Festival – Athènes, La Comédie de Clermont-Ferrand – SN, La Colline – Paris, Printemps des Comédiens – Montpellier, Schauspiel Stuttgart
Avec le soutien du programme Europe créative de l’Union européenne

Née à Varsovie le 20 mai 1935, Hanna Krall est connue pour ses écrits dédiés à la mémoire des Juifs de Pologne et à ce qu’ils ont enduré. Elle fut journaliste dans les années 70 et reporter pour ‘Gazeta Wyborcza’ après la chute du mur de Berlin.

Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor incarnant Izolda Regensberg)

Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor incarnant Izolda Regensberg)

A l’été 2009, Krzysztof Warlikowski impressionna fortement le public du Festival d’Avignon avec '(A)pollonia' qui, à travers un assemblage de textes, évoquait notamment l’histoire d’une mère, Apolonia Machczynska, qui cacha vingt cinq enfants au cours de la Seconde Guerre mondiale pour les épargner de la barbarie nazie. Il s’inspirait d’un documentaire rapporté par Hanna Krall dans ‘There is No River There Anymore’ – 1998.

Ewa Dałkowska (Izolda)

Ewa Dałkowska (Izolda)

Dans ‘L’Odyssée. Scénario pour Hollywood’, le metteur en scène polonais place à nouveau un récit d’ Hanna Krall au cœur de son histoire en faisant revivre le destin d’Izolda Regensberg qu'a relaté l’écrivaine dans ‘Le Roi de cœur’ – 2006.

Izolda s’est en effet battue pour aller sauver directement son mari, Shayek, enfermé dans un camp de concentration, avec la même détermination que celle d’une Léonore qui se rendrait en prison pour retrouver son Fidelio. Ce livre fut écrit plus d’une décennie après d’autres tentatives insatisfaisantes de rendre compte de cette aventure extrêmement dangereuse.

Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

A travers une image très forte de Claude Bardouil poussant nu, et lentement, une immense cage à travers la scène – cage qui comprend en son centre des bancs de déshabillage pour chambres à gaz -, s’allient d’emblée la beauté classique d’une puissance sisyphéenne au poids d’un destin intemporel qui pèse sur toute une communauté.

Małgorzata Hajewska-Krzysztofik (Roma), Stanisław Brudny (Ulysse), Bartosz Gelner (Télégonos) et Jacek Poniedziałek (Télémaque)

Małgorzata Hajewska-Krzysztofik (Roma), Stanisław Brudny (Ulysse), Bartosz Gelner (Télégonos) et Jacek Poniedziałek (Télémaque)

Izolda est incarnée avec humour et détachement par Ewa Dałkowska, malgré ce qu’a vécu son personnage dans sa jeunesse, et, en arrière scène, la mémoire d’un épisode d’humiliation par un officier nazi décrit dans le livre est ravivé sous forme d’une vidéo aux teintes vertes fantomatiques sous les traits plus jeunes de Maja Ostaszewska qui joue cette scène hystérique en temps réel.

Piotr Polak (Roman Polanski) et Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor)

Piotr Polak (Roman Polanski) et Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor)

Puis, débute l’entrecroisement avec un personnage imaginaire, l’Ulysse de l’’Odyssée’ d’Homère, qui prend les traits d’un vagabond débonnaire dont Stanisław Brudny traduit avec poésie lunaire la simplicité un peu mystérieuse. On ne sait pas ce qu’il a vécu, de quelle guerre il parle, mais la scène de reconnaissance avec sa femme, Pénélope (Jadwiga Jankowska-Cieślak), est profondément touchante car elle initie un thème qui va traverser toute la pièce : la permanence des sentiments au long du temps.

Bartosz Gelner (L'officier SS) et Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor incarnant Izolda Regensberg)

Bartosz Gelner (L'officier SS) et Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor incarnant Izolda Regensberg)

Et la petite scène de reconstitution d’une famille qui écoute ce que le voyageur a à dire autour de la table rappelle d’autres images des productions de Krzysztof Warlikowski (‘Parsifal’ - 2008, ‘La femme sans ombre’ – 2013). Mais cette famille ne sait quoi en penser.

Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

Nous basculons précipitamment dans le temps, probablement dans les années 60, et nous nous retrouvons dans un studio hollywoodien où le producteur Robert Evans – formidable Marek Kalita en rouleur de mécaniques – a réuni Liz Taylor, Roman Polanski et Izolda Regensberg pour imaginer comment produire un film qui retracerait le parcours de cette héroïne selon les standards hollywoodiens. 

Roman Gancarczyk (Martin Heidegger) et Małgorzata Hajewska-Krzysztofik (Hannah Arendt)

Roman Gancarczyk (Martin Heidegger) et Małgorzata Hajewska-Krzysztofik (Hannah Arendt)

Cette extraordinaire séquence illuminée par le jeu de Magdalena Cielecka rompue aux rôles d’américaines maniérées crée un moment d’allègement avant que ne soit proposé aux participants de visionner un extrait du film en cours de production. Magdalena Cielecka, métamorphosée en Izolda après une séance de tabassage, se retrouve face à un officier nazi, bien troublant Bartosz Gelner de par la jeunesse et la froideur de son rôle. Il s’agit d’un autre passage du livre qui est ici restitué, et la transformation dramatique de l’actrice polonaise qui encaisse le fait qu'elle va mourrir à cause de ses origines juives est une leçon d’interprétation cinématographique saisissante.

Claude Bardouil

Claude Bardouil

Et, comme c'était déja le cas dans la scène d’introduction, Krzysztof Warlikowski fait entendre les réminiscences du prélude de ‘Tristan und Isolde’ de Richard Wagner, mais joué cette fois au piano sous les doigts de l’officier SS. 

A nouveau, en filigrane, l’amour éternel et mortifère hante la mémoire de l'auditeur qui assiste à cette scène irréelle.

Puis, changement de temporalité dans la zone d’occupation soviétique, lorsque Izolda, jeune et à nouveau habitée par Maja Ostaszewska, retrouve enfin son mari. 

Mariusz Bonaszewski (Shayek)

Mariusz Bonaszewski (Shayek)

Mariusz Bonaszewski imprime une force sensible à Shayek comme s’il s’agissait de quelqu’un qui résiste à une envie de dislocation intérieure. Mais les sentiments ne sont plus ceux d’avant, et le couple se séparera plus tard.

En guise de transition vers le tableau final de cette première partie, Ulysse et Pénélope se retrouvent sur une plage, très joliment et très simplement stylisée par les éclairages, toujours à évoquer des aventures imaginaires. Puis, survient une rencontre majeure de la pièce, celle des retrouvailles d’Hanna Arendt et Martin Heidegger, réunis après la guerre et après un quart de siècle de séparation, sur fond de paysage pastoral bucolique et au son de la 6e symphonie de Beethoven. Le bruit de fond des vagues que l'on entend à certains moments s'échouer, a le tranchant d'une lame qui coupe.

Bartosz Gelner (Le client du magasin des pantalons)

Bartosz Gelner (Le client du magasin des pantalons)

Il s’agit ici à nouveau d’évoquer une relation qui dure, mais surtout de se confronter à une problématique. Comment cette relation entre une philosophe allemande juive et un philosophe allemand ayant adhéré au parti nazi a pu exister?

A travers une simple scène de pique-nique, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik dépeint une femme intellectuelle très forte pour qui seuls ses amis comptent et qui se détache de toutes les étiquettes et catégorisations sociales.

L’Odyssée. Scénario pour Hollywood (Krzysztof Warlikowski) Clermont-Ferrand & La Colline

A l’inverse, Roman Gancarczyk laisse entrevoir un homme qui s’effondre petit à petit sur ses convictions dans une sorte de panique dure et désespérée. 

Le moine Bouddhiste d’ Hiroaki Murakami s’immisce dans leur relation comme une sorte de contrepoint beaucoup plus simple – trop simple ? - pour apporter sourire et recul à cette confrontation monumentale que le temps finit par figer sous une tempête de neige poétique.

Krystyna Zachwatowicz-Wajda (La mère d'Ulysse) et Mariusz Bonaszewski (Shayek)

Krystyna Zachwatowicz-Wajda (La mère d'Ulysse) et Mariusz Bonaszewski (Shayek)

La seconde partie débute avec l’image d’un minotaure géant avançant aux portes d’Hadès alors que Claude Bardouil se dirige nu vers lui, le pas appliqué et fragile, au cours d’une séquence esthétique et mythologique spectaculaire qui symbolise le passage vers le mal absolu, et prépare à l’analyse post-Shoah.

Une autre séquence du livre d’Hanna Krall est mise en scène, celle du jeune homme qui essaye dix-sept jeans dans un magasin. Mais la disposition de ces pantalons dans la cage suggère qu’ils auraient pu appartenir à ceux qui ont disparu dans les camps.

Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor)

Magdalena Cielecka (Elizabeth Taylor)

Ulysse réapparaît au moment où Shayek et Izolda se séparent, et le souvenir de sa mère vient lui rappeler comment il l’a déçue, et comment en partant vers des horizons sans but il a perdu tous les sentiments de ses proches.

Une séquence avec Calypso laisse penser qu’il a enjolivé la nature de ses aventures, ce qui le rend plus misérable. Sur ces sentiments de culpabilité, l’image de la mère (Krystyna Zachwatowicz-Wajda) se dissipe, un livre de Simone Weil à la main, le renouveau d’une pensée philosophique qui s’amorce.

Ewa Dałkowska (Izolda) et Hiroaki Murakami (Le coiffeur)

Ewa Dałkowska (Izolda) et Hiroaki Murakami (Le coiffeur)

Un extrait de ‘Doktor Faustus’ – 1967 fait revivre l’amour de Richard Burton et de Liz Taylor jouant Pâris et Hélène de Troie, puis Magdalena Cielecka réapparaît sur un lit d’hôpital à un moment où l’actrice américaine était sur la fin de sa vie. A nouveau, une superbe incarnation, la voix étant nettement modulée, et ces adieux émouvants arrivent après une projection des derniers instants filmés de l’enterrement de l’ancien amant de Liz Taylor

Autre moment fort, celui de cette femme (Maja Komorowska) qui a retrouvé Shayek pour lui transmettre la mémoire de sa sœur, la mémoire d’une souffrance, et qui, simplement en en parlant par une conversation téléphonique, semble lui transmettre quelque chose de son âme en ressentant une forme de soulagement salutaire. L’échange est très dense, et nimbé d’une force métaphysique sourde.

Mariusz Bonaszewski (Shayek), Ewa Dałkowska (un Dibbouk) et Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

Mariusz Bonaszewski (Shayek), Ewa Dałkowska (un Dibbouk) et Maja Ostaszewska (Izolda Jeune)

Puis, à l'arrivée de Claude Lanzmann (Wojciech Kalarus), le réalisateur de ‘Shoah’ – 1985, s’imprime fortement l’idée que l’Holocauste est un train qui ne s’arrête jamais. S’en suit un extrait du film qui présente l’interview difficile d’Abraham Bomba, un coiffeur qui a survécu au camp de Treblinka et qui œuvrait dans les bâtiments de déshabillage. Les couleurs du film, jaune pour la blouse et bleue pour la serviette, résonnent par une étrange coïncidence avec la réalité du moment. 

Krzysztof Warlikowski, Bartosz Gelner et Magdalena Cielecka

Krzysztof Warlikowski, Bartosz Gelner et Magdalena Cielecka

Mais la scène finale, située en plein hiver polonais, qui reconstitue un moment de la vie de couple d’Izolda et Shayek quand ils étaient jeunes, est agrémentée par la venue à leur table d’un Dibbouk malicieux, ce qui permet d’achever ce voyage sur une forme d’exorcisme riant et libérateur. 

Les couleurs de l’Ukraine se joignent alors au salut des artistes.

L’Odyssée. Scénario pour Hollywood (Krzysztof Warlikowski) Clermont-Ferrand & La Colline

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Publié le 11 Mars 2022

Wozzeck (Alban Berg – 1925)
Répétition générale du 05 mars et représentation du 10 mars 2022
Opéra Bastille

Wozzeck Johan Reuter
Tambourmajor John Daszak
Andres Tansel Akzeybek
Hauptmann Gerhard Siegel
Doktor Falk Struckmann
Erster Handwerksbursch Mikhail Timoshenko
Zweiter Handwerksbursch Tobias Westman
Der Narr Heinz Göhrig
Marie Eva‑Maria Westbroek
Margret Marie-Andrée Bouchard-Lesieur
Ein Soldat Vincent Morell
Solo chœur Luca Sannai

Direction musicale Susanna Mälkki
Mise en scène William Kentridge (2017)

Coproduction Festival de Salzbourg, New York Metropolitan Opera, Canadian Opera Company, Opera Australia

Partie de Salzbourg en août 2017 pour Sydney en 2019 puis New-York en janvier 2020 – un compte-rendu d'une des représentations américaines peut être consulté sous le lien suivant Wozzeck dirigé par Yannick Nezet-Séguin au MET – la production de ‘Wozzeck’ par William Kentridge arrive sur le plateau Bastille pour se substituer à celle de Christoph Marthaler reprise une dernière fois il y a 5 ans.

Falk Struckmann (Doktor) et Gerhard Siegel (Hauptmann)

Falk Struckmann (Doktor) et Gerhard Siegel (Hauptmann)

La vision du metteur en scène sud-africain se distancie du drame de Georg Büchner, ‘Woyzech’, qui avait fortement impressionné Alban Berg, pour replacer ce drame social au cours de la Première Guerre mondiale afin de restituer avec la plus grande force possible les horreurs des conflits armés et leurs traumatismes indélébiles sur les hommes.

Dans le contexte international actuel de guerre en Europe, ce spectacle se charge d’un contenu émotionnel puissant qui est amplifié par l’extraordinaire direction musicale de Susanna Mälkki aux reflets sombres, épiques et expressionnistes. 

Eva‑Maria Westbroek (Marie)

Eva‑Maria Westbroek (Marie)

Elle fait de l’orchestre de l’Opéra de Paris un être vivant à part entière qui respire avec l’action théâtrale et semble même manipuler les gestes des différents caractères. Il faut voir et entendre à quel point la musique peut faire ressentir le souffle de la victime quand, par exemple, le Tambour Major chanté par un John Daszak brusque et éclatant s’en prend à Wozzeck jeté à terre.

La tension sans relâche du drame est toujours parcourue de scintillements étoilés ou de poétiques flottements de harpe, le tissu orchestral peut se faire d’une infime épaisseur pour décrire des brumes qui s’évaporent irrésistiblement, le délié des bois peut se faire symphonie hypnotique, et il y a ce moment conclusif saisissant quand l’orchestre explose dans les dernières minutes sur des images de bombardements glaçantes, même si elles sont artistiquement stylisées.

Rien que pour connaitre cette grande interprétation orchestrale moderne de 'Wozzeck', vous devez venir éprouver ce choc inoubliable entre notre temps et une telle splendeur.

John Daszak (Tambourmajor) et Johan Reuter (Wozzeck)

John Daszak (Tambourmajor) et Johan Reuter (Wozzeck)

Au creux de ces images d’une beauté imparable qui jouent sur des illusions de profondeurs de champs variables, et qui font également tourner la tête par tout ce qu’elles suggèrent des désaxements dus à la guerre, les chanteurs ne sont pas pour autant relayés au second plan. Johan Reuter dépeint un Wozzeck d’un excellent impact théâtral, humain et paumé, clairement habité par le ressentiment, qui s’appuie sur une une diction mordante, mais avec une palette de couleurs peu étendue. 

Mikhail Timoshenko (Erster Handwerksbursch)

Mikhail Timoshenko (Erster Handwerksbursch)

Eva-Maria Westbroek, d’une ampleur vocale généreuse, brosse le portrait d’une Marie forte et présente, mais comme Kentridge ne l’aide pas à valoriser les nuances de sentiments, son personnage  reste assez monolithique tout au long de cette histoire où Gerhard Siegel domine incontestablement en capitaine très sûr de lui avec des éclats vocaux audacieux et implacables.

Le docteur de Falk Struckmann a encore des choses à dire mais sa prestance est relativement atténuée, et Tansel Akzeybek induit chez Andres un tempérament volontaire et bien affirmé qui s’impose sans que sa voix ne soit des plus puissantes. Il a surtout du souffle et des aigus filés très agréables malgré la tension qu’il doit affronter.

Wozzeck (Westbroek - Reuter - Siegel - Mälkki - Kentridge) Opéra de Paris

Parmi les petits rôles, c’est Mikhail Timoshenko qui tire le mieux son épingle du jeu à travers une caractérisation particulièrement aboutie d’un des deux artisans, que ce soit pour ses nuances et sa brillance vocale ou bien sa fermeté et son solide jeu d’une grande vivacité. Ce jeune chanteur en veut et prouve qu’il peut se donner à fond même pour un rôle assez bref. 

Quant à Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, elle se révèle très à l’aise scéniquement, mais sa Margret manque encore un peu de projection vocale pour Bastille pour être totalement prégnante. 

Falk Struckmann, Susanna Mälkki et Johan Reuter

Falk Struckmann, Susanna Mälkki et Johan Reuter

Enfin, le chœur, superbement préparé par Ching-Lien Wu, offre une démonstration d’unité et de vigueur marquante d’autant plus qu’il est disposé en avant scène et de manière étagée, si bien qu’il agit comme une véritable batterie vocale chargée de tétaniser le public. En bref, un ‘Wozzeck’ brillamment porté par ses ensembles vocaux et orchestraux qui subliment une production très grave par le sujet qu'elle aborde.

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Publié le 10 Mars 2022

A Quiet Place (Leonard Bernstein – 1983)
Livret Stephen Wadsworth - adaptation de 2013
Création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre
Répétition générale du 04 mars et représentation du 09 mars 2022
Palais Garnier

Dede Claudia Boyle
François Frédéric Antoun
Junior Gordon Bintner
Sam Russell Braun
Funeral director Colin Judson
Bill Régis Mengus
Susie Hélène Schneiderman
Analyst Loïc Félix
Doc Jean-Luc Ballestra
Mrs Doc Emanuela Pascu
Mourners Soprano Marianne Croux
Mourners Alto Ramya Roy
Mourners Tenor Kiup Lee
Mourners Bass Niall Anderson
Dinah Johanna Wokalek

Direction musicale Kent Nagano                                 Johanna Wokalek (Dinah)
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2022)
Décors, Costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Kamil Polak
Collaboration artistique Claude Bardouil
Dramaturgie Miron Hakenbeck

Diffusion sur France Musique le 23 avril 2022 à 20h

L’entrée au répertoire de ‘A Quiet Place’, le dernier opéra de Leonard Bernstein, est un évènement pour l’Opéra national de Paris pour plusieurs raisons :

Claudia Boyle (Dede), Frédéric Antoun (François) et Gordon Bintner (Junior)

Claudia Boyle (Dede), Frédéric Antoun (François) et Gordon Bintner (Junior)

Premièrement, il s’agit du premier opéra d’un compositeur d’origine américaine qui soit joué sur la scène du Palais Garnier depuis son ouverture le 05 janvier 1875, et il s’agit du second opéra d’un compositeur d’origine américaine qu’ait accueilli l’institution au cours de son histoire depuis ’Porgy and Bess’ de Georg Gershwin donné sur la scène Bastille en décembre 1996 dans une production du Houston Grand Opera.

A Quiet Place (Boyle - Bintner -Nagano - Warlikowski) Opéra de Paris

Secondement, il s’agit d’une première en France. ‘A Quiet Place’ fut créé, fort à propos, au Houston Grand Opera le 17 juin 1983 dans une version en un acte, en seconde partie de son premier opéra ‘Trouble in Tahiti’ créé en 1952. 

Loïc Félix (Analyst) et Emanuela Pascu (Mrs Doc)

Loïc Félix (Analyst) et Emanuela Pascu (Mrs Doc)

Puis, Leonard Bernstein arrangea en 1984 une nouvelle version en trois actes de son opéra pour la Scala de Milan et Washington, moyennant quelques coupures et la suppression des personnages secondaires après la scène de l’enterrement, en y fondant sous forme de flash-back ‘Trouble in Tahiti’. Il l’améliora et le dirigea en 1986 à l’Opéra de Vienne. Un enregistrement de cette version est disponible aujourd’hui chez DG.

Claudia Boyle (Dede) et Danielle Gabou

Claudia Boyle (Dede) et Danielle Gabou

Kent Nagano collaborait déjà avec le compositeur à cette époque et trouvait, lui aussi, qu’une version de chambre de cet opéra correspondrait mieux à l’intimisme de la pièce. En 2013, le chef d’orchestre américain présenta au Konzerthaus de Berlin une version de chambre de ‘A Quiet Place’ orchestrée par Garth Edwin Sunderland pour 18 musiciens, qui revenait à la partition originale, sans l’insert de ‘Trouble in Tahiti’, et réintégrait les passages coupés en 1984, mais pas les personnages secondaires aux deux derniers actes. Cette version fut enregistrée pour Decca en 2018.

Et pour le Palais Garnier, Kent Nagano propose de faire découvrir au public parisien, en création mondiale, une nouvelle orchestration pour grand orchestre de cette version de 2013 afin de s’adapter aux dimensions de la salle de style Second Empire.

Colin Judson (Funeral director)

Colin Judson (Funeral director)

Enfin, troisièmement, Kent Nagano fait son grand retour sur la scène de l’Opéra national de Paris, 13 ans après avoir dirigé ‘Werther’ à l’Opéra Bastille. Il est l’un des chefs d’orchestre américains que Gerard Mortier avait pour habitude d’inviter régulièrement tout au long de son mandat de 2004 à 2009.

Hélène Schneiderman (Susie), Régis Mengus (Bill) et Claudia Boyle (Dede)

Hélène Schneiderman (Susie), Régis Mengus (Bill) et Claudia Boyle (Dede)

Et à grand chef d’orchestre grand metteur en scène, puisque c’est à Krzysztof Warlikowski qu’Alexander Neef a proposé de réaliser l’interprétation théâtrale de cet ouvrage qui traite de relations familiales abîmées, de non-dits, de la question de la bisexualité et du suicide qui éloignent cette famille des normes de bonheur bien établies de la société américaine des années 50-60.

Kent Nagano et Krzysztof Warlikowski se connaissent bien puisqu’ils ont collaboré ensemble en 2018 à Salzbourg pour la nouvelle production de ‘The Bassarids’ de Henze. Ils partagent le même goût pour les œuvres musicalement riches aux thèmes complexes, avec une véritable appétence pour la recherche et la réflexion sur leurs sens.

Johanna Wokalek (Dinah) et Gordon Bintner (Junior)

Johanna Wokalek (Dinah) et Gordon Bintner (Junior)

‘A Quiet Place’ débute par une superbe vidéographie en images de synthèse de Kamil Polak où l’on assiste aux dernières minutes de la vie de Dinah, perdue dans ses pensées au volant de son véhicule dont elle va perdre le contrôle. Malgré la violence de l’accident, le vidéaste préserve la grâce et la beauté de la victime pour faire de la mort un moment d’apaisement, comme l’évoquera Junior dans les dernières minutes de l’opéra.

La scène s’ouvre sur les funérailles qui se déroulent dans une sorte de salle de conférence aux teintes bleu-vert, une trentaine de sièges étant tournés vers la salle du Palais Garnier, un bar rose-fluo se tenant en arrière plan, avec le cercueil de Dinah disposé en position centrale.

Gordon Bintner (Junior)

Gordon Bintner (Junior)

Krzysztof Warlikowski rend extrêmement vivants tous les personnages secondaires qui animent de manière assez futile cette cérémonie. Colin Judson, le croque-mort au timbre clair et réaliste, Hélène Schneiderman, Susie pétillante aux couleurs vocales fantaisistes, Loïc Félix, psychiatre d’allure rigoriste, la somptueuse Emanuela Pascu associée à Jean-Luc Ballestra en couple Doc, et les pleureurs, installés côté cour, Marianne Croux, Ramya Roy, Kiup Lee et Niall Anderson, tous issus de l’Académie de l’Opéra.

Ce premier acte introduit, non sans violence dans les ragots que colportent cette petite communauté, la famille de Dinah. Des acteurs noirs, parmi lesquels la comédienne et chorégraphe Danielle Gabou qui tient le portrait de la victime comme pour rappeler aux invités pour qui ils sont présents, illustrent le positionnement des noirs dans cette société qui ne s’est pas encore totalement émancipée.

Gordon Bintner (Junior)

Gordon Bintner (Junior)

Kent Nagano se régale à induire dans la vivacité des interjections musicales et ses réminiscences mélodiques attendrissantes l’humanité piquante de cette grande scène sociale et chaotique qui frise l’hystérie.
Il y a même une grande similarité de texture vocale entre Frédéric Antoun (François) et Régis Mengus (Bill), dans des tons mats et austères bien que le premier soit ténor et le second baryton, et ce premier tableau révèle ceux qui étaient attachés à Dinah par un amour inabouti.

Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Deux chanteurs principaux présents ce soir, Claudia Boyle et Gordon Bintner, ont participé à l’enregistrement de 2018 et font, à cette occasion, leurs débuts à l’Opéra national de Paris. La soprano irlandaise est réjouissante de par son expressivité naturellement souple et sympathique qui respire l’optimisme, et de par la facilité avec laquelle elle parle en chantant avec un brillant qui fuse avec une grande netteté. 

Le baryton canadien est quant à lui absolument géant. Gordon Bintner est non seulement un immense acteur par la façon dont il s’approprie un personnage lunatique, drôle et irrévérencieux, mais aussi par sa grande largeur de voix, ferme et adaptable, et une chaleur doucereuse qui imposent un charisme éblouissant.

Gordon Bintner (Junior), Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Gordon Bintner (Junior), Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Dans le second acte, Krzysztof Warlikowski met en scène de manière très directe, côté jardin, la vie homosexuelle de Junior et sa relation en ménage par le passé avec François, tandis que côté cour, c’est l’intérieur aux couleurs vert malachite de l’appartement de ses parents qui est représenté où Sam, incarné par un Russell Braun désabusé, et Dede, cherchent à résoudre leurs problèmes en fouillant dans le passé des souvenirs de Dinah.

Claudia Boyle (Dede), Russell Braun (Sam) et Frédéric Antoun (François)

Claudia Boyle (Dede), Russell Braun (Sam) et Frédéric Antoun (François)

Comme un fantôme qui erre parmi eux, l’actrice allemande Johanna Wokalek joue avec nonchalance et mélancolie l’âme de Dinah en observant en silence comment son monde affectif réagit après sa disparition. Sa présence permet au spectateur de s’identifier aux sentiments d’un personnage disparu et de renforcer le lien émotionnel à cette histoire familiale.

Krzysztof Warlikowski et Małgorzata Szczęśniak

Krzysztof Warlikowski et Małgorzata Szczęśniak

Le troisième acte est véritablement le moment psychothérapeutique de cette histoire, et la résolution se joue à travers le jeu de tague que Krzysztof Warlikowski illustre par l’emploi d‘un revolver en plastique. Il s’agit de désamorcer les haines latentes. Malgré l’imbroglio émotionnel, le fait de voir que les liens entre le père et le fils, qui ne s’étaient plus vus pendant 20 ans, n’ont point perdu de force montre aussi ce qu’est la valeur de la vie, et en quoi il ne faut jamais perdre espoir dans les rapports humains.

Très belle idée aussi que de faire apparaître un petit garçon, Junior dans son enfance, qui regarde l’émission de Leonard Bernstein ‘Young People’s Concerts’ en 1958 à travers laquelle le compositeur explique aux téléspectateurs comment Tchaikovski réussit à transmettre ses émotions dans sa quatrième symphonie.

Kent Nagano

Kent Nagano

On comprend l’attachement de Kent Nagano à cette partition. Elle lui permet autant d’entrer dans un univers intimiste dynamisant en jouant sur la fragilité des sonorités ténues avec quelques instrumentistes, que de caresser des mélodies immédiatement tendres et harmonieuses, pour déployer aussi de grands ensembles richement orchestrés et luxuriants comme dans les grands opéras de Richard Strauss. Cet amour de magicien méticuleux pour l’orchestration est une autre dimension profonde de cette création française.

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Publié le 9 Mars 2022

Soirée exceptionnelle du 08 mars 2022 en soutien au peuple ukrainien avec le Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris
Théâtre du Châtelet

Classe du Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris
Aurélie Dupont, Directrice de la Danse de l’Opéra national de Paris
Bruno Bouché, Directeur du Ballet du Rhin
Ivan Kozlov, Directeur du Kyiv City Ballet

Extraits de ballets :
Le Lac des Cygnes
(Piotr Ilitch Tchaïkovski - Chorégraphie d’après Marius Petipa) 
Acte II, Pas de deux
Olga Posternak (Kyiv City Ballet) & Paul Marque (Danseur étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris)
Acte I, Pas de trois
Kristina Bakliak, Yulia Kuzmych, Mikhailo Shcherbakov

Taras Bulba, variation d’Ostap (Vassili Soloviov-Sedoï - Chorégraphie de Fedor Lopoukhov)
Taras Titarenko

Flammes de Paris, variation de Jeanne (Boriss Assafiev -  Chorégraphie d’après Vassili Vainonen)
Marta Kalandruk

Casse-Noisette, Pas de trois « Danse des Mirlitons » (Piotr Ilitch Tchaikovskï - Chorégraphie d’après Marius Petipa)
Kristina Bakliak, Yulia Kuzmych, Daniil Podhrushko

Composition de Vladyslav Dbshynskyi (Musique de Johann Johansson)
Vladyslav Dbshynskyi                                                                 Vladyslav Dbshynskyi

Men From Kiev (Chorégraphie de Pavlo Virsky)
Mykola Chebotaryev, Mykola Varvaliuk, Daniil Podnrishko, Mihajilo Shcherbakov, Mikhailo Kravets, Volodymr Bukliev, Nazar Korniichuk, Evheni Sheremet, Roman Mdoroz

Défilé du Kyiv City Ballet  - Marche des cosaques zaporogues

Hymne ukrainien (en vidéo)
Orchestre de chambre de Paris - Katia Buniatishvili, piano, Victor Jacob, direction

Cette soirée est réalisée en collaboration avec le Théâtre de la Ville, avec le soutien de la Ville de Paris.

Aurélie Dupont et les danseurs du Kyiv City Ballet

Aurélie Dupont et les danseurs du Kyiv City Ballet

Organisée en urgence et annoncée 3 jours à l’avance seulement, la soirée donnée en soutien au peuple ukrainien avec le Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris débutait par une extraordinaire effervescence dans la salle mêlée d’excitations et d’émotions à se retrouver, d’une part, au milieu d’un public venu de tous horizons, et, d’autre part, à se préparer à découvrir des personnes directement concernées par l’invasion russe en Ukraine déclenchée le 24 février 2022, et qui a déjà engendré l’exode de 2 millions de personnes.

Actuellement, au moins un danseur et une danseuse du Kyiv City Ballet, Olekiy Potyomkin et Lesya Vortonyk, ont pris les armes en Ukraine.

Ekaterina Kozlova, Ivan Kozlov, Emmanuel Demarcy-Mota et Anne Hidalgo

Ekaterina Kozlova, Ivan Kozlov, Emmanuel Demarcy-Mota et Anne Hidalgo

Devant le rideau de scène du Châtelet aux tons mordorés de Gérard Garouste (1989), Bruno Bouché, Directeur du Ballet du Rhin et ancien sujet du Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris, Aurélie Dupont, Directrice de la danse de l’Opéra national de Paris, Ivan Kozlov, Directeur du Kyiv City Ballet depuis sa création en 2012, Ekaterina Kozlova, son épouse et directrice associée, Emmanuel Demarcy-Mota, Directeur du Théâtre de la Ville, Anne Hidalgo, Maire de Paris et Thomas Laudiot dit Prevost, Directeur du Théâtre du Châtelet, ont présenté la compagnie et expliqué comment la soirée allait se dérouler. La première partie serait dédiée à un échauffement de tous les artistes, et, après un court précipité, un spectacle d’une vingtaine de minutes serait joué.

Hugo Marchand et les danseurs du Kyiv City Ballet

Hugo Marchand et les danseurs du Kyiv City Ballet

Nous retrouvons donc Aurélie Dupont en maître de corps de ballet dirigeant les danseurs dans leurs échauffements, ports de bras, déroulés, pliés, arabesques, pas de bourré et autres fouettés au son du piano qui interprète des airs classiques issus d’ouvrages français, tel celui des ‘Pêcheurs de perles’ joué en ouverture. 

Il est absolument merveilleux d’observer ces danseurs et danseuses qui se découvrent mutuellement et recherchent une harmonie collective. Ils sont beaux à voir dans leurs gestes, leurs démonstrations de souplesse, leurs sourires et leurs visages. Mais ils ne sont pas habitués à s'échauffer en public.

Danseur du Kyiv City Ballet

Danseur du Kyiv City Ballet

Aurélie Dupont donne aussi l’impression de se retrouver elle même, quittant ses responsabilités managériales pour retrouver son âme d’artiste. Hugo Marchand s’échauffe en avant-scène, côté jardin, et Paul Marque intervient un peu plus au centre. Un peu plus tard, la soixantaine de danseurs se séparera en deux groupes pour réaliser les exercices finaux, toujours sous la direction d’Aurélie Dupont et Bruno Bouché. La salle est légèrement éclairée en cours de travail afin de permettre aux artistes de répéter avec tous les repères visuels possibles.

Soutien au peuple ukrainien (Kyiv City & Opéra de Paris Ballets) Châtelet

Une fois le rideau temporairement baissé pour laisser le temps aux danseurs de se préparer, il se relève sous les lumières bleutées du ‘Lac des Cygnes’ de Tchaïkovski. Paul Marque s’élance avec Olga Posternak dans un pas de deux où il se révèle d’une assurance et d’une bienveillance magnifiques. Puis, Mikhailo Shcherbakov, danseur né à Pugachov, en Russie, avant de rejoindre Kiev à l’âge de 10 ans, offre son allure enfantine et démonstrative en soutien à Kristina Bakliak et Yulia Kuzmych.

Kristina Bakliak, Mikhailo Shcherbakov et Yulia Kuzmych

Kristina Bakliak, Mikhailo Shcherbakov et Yulia Kuzmych

Au souffle des plaines ukrainiennes avec la variation d’Ostap de ‘Taras Bulba’, ballet du compositeur russe Vassili Soloviov-Sedo, les sauts tournoyants de Taras Titarenko transmettent ensuite une énergie fière et heureuse malgré tout.

Il y aura d’autres classiques, 'Flammes de Paris' et 'Casse-Noisette', mais la création est aussi présente avec une composition de Vladyslav Dbshynskyi dansée sur la musique du compositeur islandais Johann Johansson. Vladyslav Dbshynskyi interprète lui même sa chorégraphie, torse nu sous des lumières ombrées, comme un guerrier qui s’offre à l’univers afin d’en récolter l’énergie pour se préparer au combat.

Taras Titarenko

Taras Titarenko

Le Folklore ukrainien prend alors toute sa place avec une chorégraphie du danseur ukrainien Pavlo Virsky (Odessa 1905 – Kiev 1975) où 8 danseurs du Kyiv City Ballet aux couleurs bleu et jaune du drapeau national se confrontent joyeusement. Un défilé s’organise avec tous les danseurs, et Paul Marque réapparaît avec Olga Posternak pour un pas de deux, avant que l'ensemble de la troupe ukrainienne ne vienne se recueillir à l’avant scène pour entonner l’hymne de son pays au son d’une vidéo enregistrée avec l’Orchestre de chambre de Paris, Katia Buniatishvili au piano, sous la direction de Victor Jacob.

Paul Marque, Olga Posternak et les danseurs du Kyiv City Ballet

Paul Marque, Olga Posternak et les danseurs du Kyiv City Ballet

En espérant que d’autres rencontres auront lieu car elles permettent de maintenir un lien émotionnel direct avec des grands représentants d’un peuple éblouissant pas son courage de tous les jours offert à la vue du monde entier. 

L'hymne ukrainien chanté par le Kyiv City Ballet

L'hymne ukrainien chanté par le Kyiv City Ballet

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