Publié le 12 Août 2025

Nobles Chevaliers et véritables Héros
Klaus Florian Vogt (Weber, Mozart, Beethoven, Wagner, Strauss)
Récital du 03 août 2025
Schloss Neuschwanstein

Carl Maria von Weber
Der Freischütz:
„Nein, länger trag ich nicht die Qualen“ (Max), „Durch die Wälder, durch die Auen“

Wolfgang Amadé Mozart
Die Zauberflöte:
Ouvertüre
Die Zauberflöte: „Dies Bildnis ist bezaubernd schön“ (Tamino)

Ludwig van Beethoven
Fidelio:
„Gott! Welch Dunkel hier!“ (Florestan)

Richard Wagner
Die Meistersinger von Nürnberg:
Vorspiel
Die Meistersinger von Nürnberg: „Fanget an!“
Tannhäuser: Szene „Romerzählung“

Richard Strauss
Lieder:
„Freundliche Vision“ , „Cäcilie“


Ténor Klaus Florian Vogt
Direction musicale Ulf Schirmer
Münchner Symphoniker

Les concerts du Château de Neuschwanstein sont une série d’évènements musicaux qui furent organisés de 1970 à 2015 dans la Salle des Chanteurs du célèbre Palais de Louis II de Bavière. Ils furent interrompus pendant les travaux de rénovation et c’est uniquement depuis 2024 qu’ils sont repris à l’air libre, dans la cour intérieure.

En 2025, cinq soirées du 01 au 05 août sont dédiées à ces récitals auxquels participent Jonathan Tetelman et Chelsea Zurflüh, Elīna Garanča, le violoncelliste Stjepan Hauser, Golda Schultz, Rolando Villazón et Ludovic Tézier, et Klaus Florian Vogt pour le concert du 03 août.

Toutefois, ces récitals sont filmés et enregistrés et ont lieu même en cas de mauvaises conditions météorologiques.

Klaus Florian Vogt

Klaus Florian Vogt

Ce fût le cas le 03 août 2025, marqué par des passages pluvieux toute la journée, ce qui n’impressionna pas les nombreux touristes internationaux qui montent chaque année en journée vers ce merveilleux édifice.

Les auditeurs du récital seront invités à laisser gratuitement leurs véhicules sur le parking visiteurs et à prendre un des bus qui fait la navette entre 19h et 20h vers l’entrée du château.

Les habitués viennent avec leurs parkas, et il est aussi possible d’acheter couverture et cape imperméable transparente pour cinq euros, afin de tenir assis stoïquement pendant toute la durée du récital.

Et si la température restera fraîche en soirée, autour de 12°C, seule une pluie fine intermittente précipitera sans grande gêne, le chant et la musique réchauffant de toute manière les cœurs.

Fronton de la cour intérieure de Neuschwanstein

Fronton de la cour intérieure de Neuschwanstein

Cela n’empêchera pas une adaptation du programme, l’entracte de 40 minutes, un moment hautement mondain, étant supprimé, ainsi que certaines pièces orchestrales initialement programmées, les ouvertures de ‘Der Freischütz’ et ‘Tannhäuser’, ainsi que l’interlude „Träumerei am Kamin“ extrait d’’Intermezzo, op. 72’, afin de contenir le récital sur une durée d’une heure et 30 minutes.

Wagnérien incontournable d’aujourd’hui, Klaus Florian Vogt n’en a pas moins abordé très tôt les rôles de Max de ‘Der Freischütz’ et Tamino de ‘Die Zauberflöte’ dès les années 2000, puis Florestan de ‘Fidelio’ en 2004, rôle avec lequel il fera l’ouverture de la Scala de Milan en 2014, œuvres toutes emblématiques de la transition entre le répertoire classique et le répertoire romantique allemand au tournant du XIXe siècle.

Les musiciens du Münchner Symphoniker

Les musiciens du Münchner Symphoniker

Au cœur de la cour intérieure magnifiquement illuminée de bleu, et avant de chanter chaque air, il introduit la personnalité de chacun des caractères avec beaucoup de tendresse, et se montre puissant, précis et très investi dans le rendu émotionnel de chacun d’eux. Son timbre s’étant enrichi et densifié en 25 ans de carrière, il imprime à chacun de ces êtres un volontarisme expressif saisissant, des éclats de clartés doucereux, et une maturité fort sensible. 

On ne ressent cependant pas une rupture de personnalité franche quand il passe aux rôles wagnériens de Walther  de ‘Die Meistersinger von Nürnberg’ et de Tannhäuser, où sa clarté rayonnante s’épanouit sans pareille avec intensité, imprégnant son âme de cette impression de candeur qui le caractérise et le rend inimitable.

Klaus Florian Vogt et Ulf Schirmer

Klaus Florian Vogt et Ulf Schirmer

Il achève enfin sur un répertoire que l’on lui connaît moins, les Lieder de Richard Strauss tels „Freundliche Vision“ et „Cäcilie“ auxquels il ajoutera en bis „Morgen“. Il chante ces airs comme des rêves, avec légèreté et bien sûr des effets éthérés qui accentuent leur sentimentalisme, mais il n’arrive pas à faire oublier qu’il est toujours un Lohengrin de référence, et que l’entendre chanter ‘In fermen Land’ dans la cour de ce château dédié au grand héros romantique aurait été d’un sublime absolu. Des spectateurs le réclameront, mais en vain.

La cour intérieure de Neuschwanstein à la fin du récital

La cour intérieure de Neuschwanstein à la fin du récital

Sous la baguette enveloppante d’Ulf Schirmer, le Münchner Symphoniker se montre de bout en bout généreux en texture, et même d’un allant vibrant et pimpant dans l’ouverture des ‘Maîtres Chanteurs de Nuremberg’, une dévotion sonore à la générosité de Klaus Florian Vogt qui offrira en autre bis „Dein ist mein ganzes Herz“ extrait de 'Das Land des Lächelns' de Franz Lehár, air que l'on avait pu entendre quelques jours auparavant, interprété par six ténors au Gärtnerplatztheater de Munich.

Une soirée qui compte, même si on sait que dans des conditions moins automnales, elle aurait pu avoir un petit plus de magie, et susciter, pour un moment, l'apparition de Lohengrin.

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Publié le 10 Août 2025

Die Meistersinger von Nürnberg (Richard Wagner – Munich, le 21 juin 1868)
Représentation du 02 août 2025
Bayreuther Festspiele

Hans Sachs Georg Zeppenfeld
Veit Pogner Jongmin Park
Kunz Vogelgesang Martin Koch
Konrad Nachtigal Werner Van Mechelen
Sixtus Beckmesser Michael Nagy
Fritz Kothner Jordan Shanahan
Balthasar Zorn Daniel Jenz
Ulrich Eisslinger Matthew Newlin
Augustin Moser Gideon Poppe
Hermann Ortel Alexander Grassauer
Hans Schwarz Tijl Faveyts
Hans Foltz Patrick Zielke
Walther von Stolzing Michael Spyres
David Matthias Stier
Eva Christina Nilsson
Magdalene Christa Mayer
Ein Nachtwächter Tobias Kehrer 

Direction musicale Daniele Gatti
Mise en scène Matthias Davids (2025)

Après trois productions lyriques qui ont fait honneur à la scène de Bayreuth, ‘Die Meistersinger von Nürnberg’ (Barrie Kosky – 2017), ‘Tannhäuser’ (Tobias Kratzer – 2019) et ‘Der Fliegende Höllander’ (Dmitri Tcherniakov – 2021), de par leur intelligence d’approche et leur excellente construction dramaturgique, les productions qui ont suivi ne se sont pas situées sur les mêmes cimes, peinant à développer des visions pertinentes qui aient du sens, ce qui s’est mesuré à la facilité d’obtenir des places lors des reprises.

Le modèle de production du festival en est ébranlé, car comment justifier que l’on puisse se séparer de productions à fort contenu pour les remplacer par des approches bien plus pauvres? Pour l’instant, aucune solution convaincante n’est proposée.

Meistersinger - Acte I  © Enrico Nawrath

Meistersinger - Acte I © Enrico Nawrath

C’est donc plutôt avec soulagement que la nouvelle mise en scène des ‘Maîtres chanteurs de Nuremberg’ imaginée par Matthias Davids est accueillie cette année, non pas qu’elle fasse oublier le travail génial de Barrie Kosky en 2017 qui resituait l’œuvre dans son contexte de création et en faisait une analyse critique sans concession, mais elle apporte un regard tendre et fantaisiste sur une ancienne tradition du concours de chant en invitant finalement à tourner la page.

Il faut dire que si ce spectacle tient la route, il le doit beaucoup à la direction musicale de Daniele Gatti qui était déjà venu sur la colline verte pour diriger l’impressionnante production de ‘Parsifal’ mise en scène par Stefan Herheim de 2008 à 2011 – avant de laisser sa place à Philippe Jordan lors de l’ultime reprise de 2012 -, une œuvre pour laquelle l’acoustique du Festspielhaus a été conçue

Entrée principale du Festspielhaus le soir

Entrée principale du Festspielhaus le soir

‘Meistersinger’ est cependant bien plus difficile à équilibrer dans une telle salle, et pourtant, le chef d’orchestre italien prend le risque de jouer la carte du raffinement orchestral à travers un merveilleux travail coloriste qui crée une sensation d’irréalité permanente, un discours très aéré qui agit subconsciemment sur l’auditeur. Certains reflets des cuivres évoquent même des ailleurs hors du temps, alors que les cordes filent des tissures lumineuses qui esthétisent le chant des solistes.

L’emprise de cette œuvre d’orfèvrerie est telle qu’elle permet de se laisser emporter dès le premier acte qui, sur le plan scénique, manque d’impulsivité et ressemble plus à une longue exposition de chacun des protagonistes devant un décor en forme de petit amphithéâtre situé au pied d’une structure pyramidale surmontée de l’église Sainte Catherine.

Michael Spyres (Walther)  © Enrico Nawrath

Michael Spyres (Walther) © Enrico Nawrath

Deux figurantes s’amusent des épreuves imposées par les Maîtres Chanteurs à Walther qui souhaite épouser Eva, et une impression de dérision se dégage inévitablement au cours de tout ce tableau. Dans le rôle de David, Matthias Stier en donne une image plutôt juvénile, doué d’un agréable timbre qui suggère naturellement une sincérité bienveillante.

C’est bien entendu Michael Spyres qui s’impose dans cette première partie, représenté dans cette production comme un jeune d’aujourd’hui, cheveux longs en chignon, barbe, un look tendance et rebelle. La voix du bariténor américain est à la fois suave et ombrée, et lorsque le chanteur prend des postures fortement volontaires, les traits du Siegmund héroïque refont surface ce qui confirme à quel point son incursion dans les rôles wagnériens n’a rien d’épisodique.

Et si Georg Zeppenfeld semble dans cette partie sur la réserve, Jongmin Park fait résonner des noirceurs d’un très grand impact pour décrire Pogner, le père d’Eva.

Georg Zeppenfeld (Hans Sachs) et Christina Nilsson (Eva)  © Enrico Nawrath

Georg Zeppenfeld (Hans Sachs) et Christina Nilsson (Eva) © Enrico Nawrath

En seconde partie, l’action se déroule sans surprise dans les rues de Nuremberg, mais le spectateur est frappé par un décor aux couleurs inhabituelles, sapins en dégradés de bleu-violet, façades aux multiples couleurs, qui plantent un univers fantaisiste de bande dessinée, mais qui s’harmonise magnifiquement avec l’envoûtante direction des Mille et Une Nuits de Daniele Gatti.

Les jeux de lumières changeants sont par ailleurs très impressifs en créant sur ce décor des zones d’ombres et des éclairages de rues chaleureux.

Georg Zeppenfeld révèle ainsi un Hans Sachs humain mais aussi fragile, impression qui se renforcera au troisième acte, sa déclamation vocale étant toujours très claire, très lisible, avec des intonations qui le singularisent toujours autant. La finesse des lignes orchestrales lui permettent d’avoir un discours qui se détache nettement, mais l’on sent aussi qu’il n’a plus tout à fait les noirceurs qui lui donnaient auparavant une accroche décisive.

Michael Nagy (Sixtus Beckmesser)  © Enrico Nawrath

Michael Nagy (Sixtus Beckmesser) © Enrico Nawrath

Si l’on accepte de rester dans le pur registre de la comédie et de n’aborder aucun sujet qui fâche, alors le Sixtus Beckmesser interprété par Michael Nagy est un pur plaisir de jeu démonstratif. Son personnage subit un coup de jeune, équipé de sa guitare électrique en forme de cœur, et le baryton allemand passe au premier plan avec son agilité vocale et son timbre bien marqué qui dépeignent un portrait très vivant mais aussi plus sympathique du critique conservateur.

L’imagination s’étant surtout concentrée sur la complexité du décor, nous verrons enfin celui-ci s’ouvrir à la fin de cet acte pour laisser le champ à la grande place où la bagarre générale pourra se découler en bonnets de nuit, prenant à partie Beckmesser qui en ressortira amoché, moins parce qu’il représente une tradition dépassée, mais plutôt pour n’être qu’un ancien qui a tenté de se faire passer pour plus jeune et plus dans le vent qu’il ne l’est vraiment.

Meistersinger - Acte III  © Enrico Nawrath

Meistersinger - Acte III © Enrico Nawrath

Toujours sans aucun jugement sur la pièce, le dernier acte présente d’abord en première partie Hans Sachs dans l’intimité de son échoppe, une pièce circulaire tracée au sol mais totalement ouverte sur la scène, entourée d’ombre tout en laissant apparaître quelques zones éclairées au loin.

Georg Zeppenfeld y est totalement réflexif, comme si le temps était passé sur Hans Sachs et qu’il était temps de penser à l’avenir. Il s’agit du seul tableau sérieux de cette production, un moment de respiration avant le basculement vers le kitch absolu du concours final, une fête du village spectaculaire surmontée d’une amusante vache gonflable inversée tirant la langue, alors qu’Eva est engoncée dans un imposant char à fleur, telle un trophée à remporter.

Georg Zeppenfeld

Georg Zeppenfeld

L’effervescence est à son comble, et Daniele Gatti doit sortir de sa lecture si subtile pour donner de l’entrain à ce tableau, ce qu’il fait sans donner l’impression d’induire une rupture trop forte avec l’esprit de sa conception d’ensemble. Il doit par ailleurs soutenir des chœurs brillamment exaltants à en saturer l’espace sonore, l’une des belles factures artistiques du festival.

Christina Nilsson démontre crânement à cette occasion l’ampleur de son rayonnement, ce qui accroît l’impression de maturité du personnage d’Eva que l’on verra au final partir avec Walther, la jeunesse moderne ayant su trouver son chemin pour s’extraire des traditions dépassées.

Michael Spyres, Daniele Gatti, Georg Zeppenfeld, Michael Nagy et Christina Nilsson

Michael Spyres, Daniele Gatti, Georg Zeppenfeld, Michael Nagy et Christina Nilsson

La réussite musicale de ce spectacle qui s’apprécie sans déplaisir, et qui est soutenu par un ensemble de rôles secondaires bien distribués, ne fait pas oublier les niveaux de lecture supérieurs de la version de Barrie Kosky, mais du fait que cette approche propose une appropriation naïve de la culture allemande, elle reste suffisamment réjouissante et intéressante à vivre.

Daniele Gatti

Daniele Gatti

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Publié le 8 Août 2025

Das Rheingold (Richard Wagner – Munich, le 22 septembre 1869)
Représentation du 31 juillet 2025
Münchner Opernfestspiele
Bayerische Staatsoper

Wotan Nicholas Brownlee
Donner Milan Siljanov
Froh Ian Koziara
Loge Sean Panikkar
Alberich Martin Winkler
Mime Matthias Klink
Fasolt Matthew Rose
Fafner Timo Riihonen
Fricka Ekaterina Gubanova
Freia Mirjam Mesak
Erda Wiebke Lehmkuhl
Woglinde Sarah Brady
Wellgunde Verity Wingate
Floßhilde Yajie Zhang

Direction musicale Vladimir Jurowski
Mise en scène Tobias Kratzer (2024)                              
Martin Winkler (Alberich)

Après le ‘Ring’ d’Herbert Wernicke et David Alden (2002-2006), puis celui d’Andreas Kriegenburg (2012-2018), le troisième ‘Ring’ intégral munichois du millénaire (et le 11e depuis la production de Karl Bruillot jouée en 1878) est confié à Tobias Kratzer, l’auteur d’un ‘Tannhäuser’ entré dans l’histoire du Festival de Bayreuth.

Le metteur en scène allemand, nouveau directeur artistique de l’Opéra de Hambourg depuis cette année, est actuellement l’une des figures majeures du renouveau du théâtre allemand qui a à cœur de confronter les œuvres au monde d’aujourd’hui avec pertinence et humour.

Dans ce premier volet, il s’empare du mythe des Dieux nordiques pour les présenter comme des personnages déchus de leur croyance et qui cherchent à retrouver une légitimité religieuse.

Nicholas Brownlee (Wotan) et Ekaterina Gubanova (Fricka) - © Geoffroy Schied

Nicholas Brownlee (Wotan) et Ekaterina Gubanova (Fricka) - © Geoffroy Schied

Le décor initial évoque l’intérieur sombre du chœur d’une ancienne cathédrale gothique abandonnée, dont on ne voit que la partie inférieure des piliers. C’est là qu’Alberich et les trois Filles du Rhin, affublés en Jeans, shorts, t-shirts et chemises décontractées, évoquent la jeunesse contemporaine et se disputent jusqu’à ce que le nain vole l’Or - dont on ne voit qu’une forme lumineuse – usant même d’une arme à feu pour blesser l’une d’elle.

Cette scène d’ouverture démarre très fort avec un Martin Winkler survolté qui pousse loin l’outrance sarcastique – c’est dans ce rôle que le chanteur autrichien fit ses débuts à Bayreuth en 2013 dans l’inoubliable production de Frank Carstof -, et les trois nymphes se révèlent par des timbres fortement différenciés, Sarah Brady faisant entendre une coloration ouatée, Verity Wingate une luminosité très naturelle, et Yajie Zhang un agrégat de noirceur ayant un mordant bien franc.

On retrouve ensuite les Dieux réunis dans cet édifice, tous habillés en costumes que l’on croirait repris des productions fin XIXe siècle aux teintes vives et colorées, Wotan portant lui-même un casque ailé, fidèle au cliché. Nicholas Brownlee n’en est pas moins un superbe Wotan, une solide autorité qui s’appuie sur une homogénéité de tessiture, noble et fauve, et une élocution bien marquée qui entretiennent l’ambiguïté sur son personnage, un jeune Dieu en pleine maturité.

Sean Panikkar (Loge), Ekaterina Gubanova (Fricka), Nicholas Brownlee (Wotan), Mirjam Mesak (Freia), Ian Koziara (Froh) et Milan Siljanov (Donner) - © Geoffroy Schied

Sean Panikkar (Loge), Ekaterina Gubanova (Fricka), Nicholas Brownlee (Wotan), Mirjam Mesak (Freia), Ian Koziara (Froh) et Milan Siljanov (Donner) - © Geoffroy Schied

Ekaterina Gubanova, fortement sollicitée dans les rôles wagnériens cette saison – elle chantait Kundry au Festival de Bayreuth la veille! -, est une Fricka impétueuse et d’une expressivité vocale accrocheuse, un tempérament vipérin aux couleurs qui perdent cependant en noirceur avec le temps, alors que Mirjam Mesak est une Freia sensible, ayant le sens de l’urgence et une ferveur chaleureuse.

Les deux géants, Fasolt et Fafner, sont représentés en sortes de religieux austères vêtus de noir, se prosternant drôlement en adoration devant ce Wotan que l’on peut difficilement prendre au sérieux, ce qui peut être perçu comme une façon de le flatter pour obtenir ce qu’ils veulent de lui.
Matthew Rose et Timo Riihonen sont très bons, le premier ayant toutefois un peu plus de largeur et d’impact.

Nicholas Brownlee (Wotan) et Martin Winkler (Alberich) - © Geoffroy Schied

Nicholas Brownlee (Wotan) et Martin Winkler (Alberich) - © Geoffroy Schied

Mais un de ces Dieux prend une dimension bien particulière, Loge, joué par un sensationnel Sean Panikhar qui est absolument fascinant dans son rôle de jeune homme bien habillé, col roulé noir et cigarette à la main, véritable manipulateur observant avec distance tout ce fatras en chantier dans la cathédrale pour satisfaire le désir de reconnaissance de ses congénères. Le chanteur américain a atteint une vraie maturité vocale, grande clarté, saillance du timbre, jeu nerveux mais sans hystérie, il s’empare avec une noirceur sourde des traits de caractère calculateurs de Loge pour dessiner un personnage de l’ombre mais aussi de premier plan que l’on ne quitte jamais du regard. Déjà remarqué cette saison pour son incarnation de Peter Grimes à Lyon, Sean Panikkar est l’un des chanteurs de l’année 2025, assurément.

Scène finale du Walhalla - © Geoffroy Schied

Scène finale du Walhalla - © Geoffroy Schied

Si avec ces Dieux, fidèles à l’iconographie des premières mises en scène du ‘Ring’, Tobias Kratzer se met habilement dans la poche les spectateurs les plus attachés à la tradition – et qui souvent ne supportent pas que l’on dénature ceux censés représenter une forme d’aristocratie intouchable -, il profite des interludes musicaux de la descente au Nibelheim, et de la remontée vers le monde des humains, pour relater en vidéo le voyage en avion de Loge et Wotan vers l’Amérique profonde à travers la confrontation drolatique de ces personnages du passé à la société moderne, un peu comme dans le film fantaisiste ‘Les Visiteurs’ de Jean-Marie Poiré (1993).

Laissant derrière eux des églises en feu – on repense à la version de ‘Faust’ conçue par Tobias Kratzer pour l’Opéra national de Paris où l’on voyait Mephistophélès jeter une cigarette afin d’incendier Notre-Dame -, ils arrivent à l’antre d’Alberich, une maison à l’intérieur de laquelle on découvre le nain absorbé par son monde virtuel, équipé d’un attirail de jeux et d’une palette d’écrans qui lui permettent d’être en relation avec d’autres avatars. Des armes automatiques ornent les murs, ce qui renvoie à ces images d’adolescents d’aujourd’hui qui transposent dans le monde réel leurs instincts violents cultivés à travers les réseaux numériques souterrains du ‘Dark web’. 
‘Elephant’ de Gus van Sant (2003) est un exemple de film où le fait de ne pas être aimé, ce que symbolise Alberich, est la racine du mal qui va pousser deux jeunes à des actes destructeurs.

En témoigne d’ailleurs la sauvagerie suggérée lors de la scène de métamorphose d’Alberich en dragon.

Yajie Zhang (Floßhilde), Verity Wingate (Wellgunde) et Sarah Brady (Woglinde)

Yajie Zhang (Floßhilde), Verity Wingate (Wellgunde) et Sarah Brady (Woglinde)

Martin Winkler se livre à un portrait d’une expressivité incroyablement tranchante qui est d’autant plus saisissante qu’il incarne à 58 ans un adolescent hors de contrôle portant un t-shirt à l’effigie du jeu de stratégie ‘Age of Empire’

Le Mime de Matthias Klink, plus fin et également très incisif, est lui aussi de bonne augure pour la seconde journée du ‘Ring’, ‘Siegfried’.

Le retour dans le monde des Dieux se passe de la même manière qu’à l’aller avec les affres habituels pour passer les systèmes de sécurité, Wotan rentrant en avion avec une grenouille emprisonnée dans son tupperware. Ce sera la dernière scène humoristique avant une scène très violente où l’on assistera à l’humiliation d’Alberic, d’apparence nu, martyrisé par Loge et Wotan jusqu’à ce que ce dernier lui coupe le doigt serti de l’anneau. Quelques spectateurs quitteront la salle à ce moment là.

Et Freia ne sera pas moins ménagée par les géants, pendue dans les airs avant que Wotan ne cède l’anneau après l’intervention d’Erda - Wiebke Lehmkuhl reste une valeur sûre dans ce rôle -.

Martin Winkler et Sean Panikkar

Martin Winkler et Sean Panikkar

De cette violence inhérente à la quête de pouvoir, émerge pourtant au tableau final un autel d’or en forme de triptyque où chacun des Dieux va prendre place au milieu d’icônes mythologiques, alors que des gens ordinaires s’assoiront devant l’ensemble pour l’admirer, non sans que Loge ait un geste d’agacement en mimant le jet de sa cigarette sur tout ce décorum pour lequel l’anneau a été cédé.

Une nouvelle religion est née, ce qu'aura également tenté de faire Wagner à travers son œuvre, alors que nous aurons vu tous les coups-bas, les souffrances et les tractations qui auront été nécessaires pour aboutir à une imagerie vénérable. La religion ne se contente cependant pas de quelques images, elle s’appuie d’abord sur un récit. Et c’est ce récit que viennent ré-évoquer les fidèles assis dans la cathédrale, fidèles finalement que l'on pourrait rapprocher de ceux qui vont voir et revoir ‘Le Ring’ sur les scènes d’opéras. Là aussi, nous ne sommes pas loin des pèlerins de ‘Tannhäuser’ que Tobias Kratzer envoyait à Bayreuth.

Ekaterina Gubanova, Nicholas Brownlee, Vladimir Jurowski et Mirjam Mesak

Ekaterina Gubanova, Nicholas Brownlee, Vladimir Jurowski et Mirjam Mesak

Une telle dramaturgie qui démontre un regard brillant sur ce prologue, tout en le rattachant à des réalités du monde contemporain, mérite d’être servie par une lecture musicale rénovée, ce qui est bien le cas quand on perçoit avec quel soin Vladimir Jurowski s’attache à faire vivre les moindres reflets et couleurs de la partition en s’appuyant sur les tonalités chaleureuses de l’Orchestre de l’État de Bavière. Il étoffe méthodiquement un courant très subtilement canalisé, jouant sur des tissures extrêmement fines, un sens de la matière d’une grande noblesse, en évitant de faire reposer le geste théâtral sur des ruptures de volume trop appuyées, hormis lorsqu’il sature l’espace sonore des frémissements argentés des cymbales.

Il faudra être patient pour découvrir la suite de ce ‘Ring’ puisque ‘Die Walküre’ fera l’ouverture du prochain festival à partir du 25 juin 2026 pour aboutir au cycle complet en 2028.

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Publié le 2 Août 2025

Die Tenöre vom Gärtnerplatz
Das große Konzert zum Saisonabschluss
Concert du 30 juillet 2025
Gärtnerplatztheater - Munich

Norbert Ernst (Invité)
Lucian Krasznec
Caspar Krieger
Matteo Ivan Rašić

Riccardo Romeo (Invité)
Alexandros Tsilogiannis

Direction musicale Andreas Partilla
Concept Nicole Claudia Weber
Mise en espace Alexander Kreuselberg

Orchestra of the Staatstheater am Gärtnerplatz

Programme
Franz Lehár

 »Dein ist mein ganzes Herz« aus »Das Land des Lächelns«
 »Gern hab’ ich die Frau’n geküsst« aus »Paganini«
 »Freunde, das Leben ist lebenswert!« aus »Giuditta«

 Giacomo Puccini
 
»E lucevan le stelle« aus »Tosca«                                            Andreas Partilla
 »Nessun dorma« aus »Turandot« 

 Walter Kollo
 »Mein Papagei frisst keine harten Eier«
Carl Millöcker
 »Die Welt hat das genialste Streben« aus »Der Bettelstudent« 

Gerhard Winkler
 
»Capri-Fischer«
Jules Massenet
 »Pourquoi me réveiller« aus »Werther«
Stephen Sondheim
 »Liebesqual« aus »Into the Woods«
Brad Carroll
 »Ein Augenblickchen, bitte!« aus »Lend Me a Tenor« 
Richard Rodgers
 »Some Enchanted Evening« aus »South Pacific«
Domenico Modugno
 »Nel blu dipinto di blu« (»Volare«)
Agustín Lara
 »Granada«
Oscar Straus
 »Da draußen im duftenden Garten« aus »Ein Walzertraum« 
Georges Bizet
 »Je crois entendre encore« aus »Les Pêcheurs de perles«

Alexandros Tsilogiannis, Lucian Krasznec, Caspar Krieger, Riccardo Romeo, Norbert Ernst, Matteo Ivan Rašić

Alexandros Tsilogiannis, Lucian Krasznec, Caspar Krieger, Riccardo Romeo, Norbert Ernst, Matteo Ivan Rašić

Pour clore la saison 2024/2025, le Gärtnerplaztheater de Munich proposait de réunir pas moins de six ténors afin d’interpréter sur deux soirées un récital dédié principalement à des compositeurs d’opérettes allemands et autrichiens, mais aussi des compositeurs anglo-saxons de comédies musicales en y mêlant quelques airs d’opéras français (Bizet, Massenet) et italiens (Puccini).

L’énergie éblouissante, et à vrai dire un peu inattendue, était aussi bien due à l’excellente entente entre les six chanteurs, qu’à la mise en scène vivante et interactive de leurs interventions et à la forte réceptivité d’un public très diversifié réunissant des groupes d’amis adolescents, des familles et des personnes plus âgées, tous mélangés aussi bien au parterre que dans les balcons.

Le Gärtnerplatztheater

Le Gärtnerplatztheater

Il est très rare de ressentir une telle impression d’osmose dans une salle d’opéra, et les six chanteurs s’en sont donnés à cœur joie que ce soit dans les ensembles (»Ein Augenblickchen, bitte!« extrait de »Lend Me a Tenor« de Brad Carroll, ou bien »Nessun dorma« extrait de »Turandot« et chanté en mixant les six voix), que dans les duos ou même les solos bien plus introspectifs. 

Ainsi, Alexandros Tsilogiannis a apporté beaucoup de maturité à l’air de »Werther«Pourquoi me réveiller’, préservant l’unité de son timbre dense dans l’extension la plus aiguë avec juste une tendance à ne pas trop prolonger le souffle, alors qu’en fin de récital Lucian Krasznec a chanté la romance de Nadir des »Pêcheurs de Perles« avec une légèreté brillamment entretenue qui en sidéra l’audience. Ces deux chanteurs auront par ailleurs soigné très honorablement la prosodie française.

Alexandros Tsilogiannis et Lucian Krasznec

Alexandros Tsilogiannis et Lucian Krasznec

Il est vrai aussi que les couleurs et la fluidité de l’orchestre dirigé par Andreas Partilla tendaient à induire une atmosphère de crossover.
Caspar Krieger, passé de baryton à ténor en 2019, était celui qui relançait régulièrement l’attention du public, Norbert Ernst celui qui jouait un peu le rôle de sage dosant un style posé sans esbroufe, alors que Matteo Ivan Rašić a eu plutôt tendance à distiller une jeunesse d’esprit impulsive.

Le moment où ils se sont tous mis à parodier des airs de sopranos lyriques (‘Tosca’, ‘La Traviata’ …) sera l’un des points d’orgue hilarant de la soirée.

Lucian Krasznec, Matteo Ivan Rašić, Alexandros Tsilogiannis, Norbert Ernst,  Riccardo Romeo, Caspar Krieger

Lucian Krasznec, Matteo Ivan Rašić, Alexandros Tsilogiannis, Norbert Ernst, Riccardo Romeo, Caspar Krieger

Un autre intérêt musical de cet ensemble était également de faire entendre la diversité de texture, d’épaisseur ou d’agilité qu’il peut y avoir entre plusieurs ténors et de voir comment ces artistes en tirent leur force.

Une très belle et euphorisante façon de finir une saison sur une note enjouée et fédératrice, avec un public utilisant au dernier ensemble les téléphones portables comme bougies.

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Publié le 31 Juillet 2025

Pénélope (Gabriel Fauré – Le 04 mars 1913, Monte-Carlo)
Représentation du 29 juillet 2025
Münchner Opernfestspiele
Prinzregententheater

Pénélope Victoria Karkacheva
Ulysse Brandon Jovanovich
Euryclée Rinat Shaham
Eumée Thomas Mole
Cléone Valerie Eickhoff
Mélantho Seonwoo Lee
Alkandre Martina Myskohlid
Phylo Ena Pongrac
Lydie Eirin Rognerud
Eurynome Elene Gvritishvili
Antinoüs Loïc Félix
Eurymaque Leigh Melrose
Léodès Joel Williams
Ctésippe Zachary Rioux
Pisandre Dafydd Jones
Ein Hirte Solist(en) des Tölzer Knabenchors
Double Ulysse Stefan Lorch
Double Pénélope Teresa Sperling
Bogenschützin Daniela Maier

Direction musicale Susanna Mälkki
Mise en scène Andrea Breth (2025)

Bayerisches Staatsorchester
Vokalensemble "LauschWerk"

Initiée plus de 40 après la création de ses premières mélodies pour voix et piano (‘Le papillon et la fleur’), la composition de ‘Pénélope’, insufflée par la soprano dramatique Lucienne-Bréval dès 1907, s’est étalée sur 6 ans jusqu’à sa création à Monte-Carlo le 04 mars 1913 qui sera suivie par une première française au Théâtre des Champs-Élysées le 10 mai 1913.

Victoria Karkacheva (Pénélope), Brandon Jovanovich (Ulysse) et Thomas Mole (Eumée) © Bernd Uhlig

Victoria Karkacheva (Pénélope), Brandon Jovanovich (Ulysse) et Thomas Mole (Eumée) © Bernd Uhlig

Unique ouvrage lyrique de Gabriel Fauré qui englobe à la fois l’expression de l’âme symbolique du compositeur ariégeois, sa passion pour le drame wagnérien qui l’avait conduit dès les années 1880 sur la route du Festival de Bayreuth, ainsi que la prégnance des héros antiques parmi ses sources d’inspiration, le tout forme un imaginaire insaisissable dans lequel chaque auditeur est amené à se fondre.

Il est toujours émouvant de mesurer à quel point la puissance d’écriture des compositeurs de musiques dites ‘savantes’ peut mettre des années, voir des siècles, avant de se déployer pleinement.

Pénélope’ n’a en effet connu sa première allemande que le 27 avril 2002, à Chemnitz, avant d’irriguer d’autres villes germaniques (Francfort, Brême, Wiesbaden), mais cette première munichoise revêt un sens bien particulier puisque elle a lieu là où Wagner créa plusieurs de ses ouvrages, lui que Gabriel Fauré admirait tant. Ce dernier en tirera d’ailleurs des improvisations parodiques, en duo avec son ancien élève André Messager, intitulées ‘Souvenirs de Bayreuth’ qui participeront à une démythification joyeuse et malicieuse de son aura.

Victoria Karkacheva (Pénélope) © Bernd Uhlig

Victoria Karkacheva (Pénélope) © Bernd Uhlig

Pour ses débuts étonnamment tardifs au Bayerische Staatsoper, Andrea Breth présente une approche diffractée des enjeux psychologiques et humains de l’œuvre à travers un dispositif composé de six cellules défilant de droite à gauche, sans que plus de trois de ces cellules ne soient entièrement visibles au même moment sur scène. Leur mouvement coulissant se déroule en phase avec l’inertie cérémonielle de la musique, et cette même lenteur quasi analytique est appliquée au jeu de tous les artistes qu’ils soient solistes, choristes ou acteurs (Pénélope et Ulysse sont dédoublés sur scène).

Initialement, Ulysse apparaît en complet blanc errant au milieu de statues antiques reflétant un sensualisme idéaliste de l’être humain, le souvenir du monde qu’il a quitté vingt ans plus tôt.
Une première image d’un vieil homme poussant sa femme assise dans un fauteuil roulant pose d’emblée la question de la permanence de l’amour à l’épreuve du temps. On retrouvera au second acte cette même image en inversé, Pénélope poussant cette fois le fauteuil du vieil Ulysse, une symétrie de situation qui tend à lier sur un plan égal la destinée de ces deux êtres s’aimant à en éprouver la finitude humaine.

Hormis ces deux scènes semblant se jouer dans un cadre muséal témoin d’un passé esthétisant - le thème du rapport mélancolique à une autre époque fantasmée était cher aux romantiques allemands de la fin du XIXe siècle -, tout se déroule dans ces alcôves dont l’une accueille Pénélope tissant et détissant inlassablement le linceul du père d’Ulysse.

Si son cadre est lumineux, les autres cellules sont en revanche maintenues sous des lumières mornes et blafardes. On peut y voir des femmes cantonnées dans des tâches domestiques et serviles, pliant sous les injonctions des hommes de la cour d’Ithaque, une autre qui montre les prétendants en tenues mafieuses dépliant le corps inerte d’un double de Pénélope, une manière de montrer qu’elle n’a aucune âme à leur offrir, encore une autre cellule où ces mêmes prétendants singent l’esprit de l’art antique pour lui donner un sens viriliste en exposant fièrement leurs torses nus.

Cette dernière image trouve sa correspondance au dernier acte quand Andrea Breth illustre les sacrifices du mariage forcé par une scène d’abattoir qui sera le lieu où finiront assassinés tous les prétendants. Elle semble dire non sans ironie : ‘Vous exposiez votre corps comme des bêtes, vous aurez donc le sort de ces mêmes bêtes !’.

Rinat Shaham (Euryclée) et Brandon Jovanovich (Ulysse) © Bernd Uhlig

Rinat Shaham (Euryclée) et Brandon Jovanovich (Ulysse) © Bernd Uhlig

A contrario, si Ulysse se trouve au départ dans un espace mental séparé de Pénélope - l’utilisation des doubles pendant un temps servant à montrer que les deux âmes ne se sont pas encore reconnues -, tout l’art de la metteuse en scène est d’aboutir à la scène de reconnaissance et de construire un nouvel ordre. Pour ce faire, elle utilise un des six espaces contraints pour y montrer, au dernier acte, une tireuse à l’arc, Daniela Maier, que l’on voit se contorsionner en douceur pour finalement arriver à utiliser ses jambes, comme elle aurait utiliser ses bras, pour tirer. La force de cette image est de montrer que l’amour résistif au temps qui lie Pénélope et Ulysse est mu par un esprit affûté, patient, mais aussi impitoyable quand il va s’agir d’éliminer les prétendants.

Il ne s’agit pas de l’amour de 'Tristan et Isolde', et encore moins de celui de 'Roméo et Juliette', mais d’un amour d’airain, quelque chose de mûri qui n’en finit pas de se renforcer.

On peut aussi se demander si la scène de l’abattoir couvert de carcasses n’est pas aussi une façon d’évoquer Circé, la magicienne qui avait transformé en porcs les compagnons d’Ulysse, et de la rapprocher de Pénélope, afin de montrer quel tempérament couve en la femme d’Ulysse.

Enfin, le fait que ce soit une femme, l’archer, qui symbolise cet esprit juste et précis, ne vise t-il pas aussi à suggérer que l’union des deux esprits séparés pendant si longtemps abolit la question des sexes entre eux deux? La réalité d’Ithaque est celle d’un monde dorénavant perverti, mais la volonté du couple royal de le nettoyer porte lui aussi un risque disruptif. 

Leur union finale dans l’alcôve centrale en devient éclatante, presque surhumaine, alors que les hommes se meurent à gauche de la scène, et que les femmes ne paraissent pas totalement libérées, à droite.

Victoria Karkacheva et Brandon Jovanovich

Victoria Karkacheva et Brandon Jovanovich

Face à cette production qui superpose les impressions avant de converger vers une forme très structurée, Susanna Mälkki fait vivre une lecture profonde et impressionnante favorisée par l’acoustique de la salle du Prinzregententheater qui ouvre un large champ à la musique tout en lui donnant une forte présence. La mise en valeur de la plénitude sonore des vents, des coloris boisés et cuivrés et de la courbure de leurs lignes génère une impression de clarté méticuleusement entretenue, et l’alliage avec les voix particulièrement bien équilibré participe à la richesse sonore d’un tel univers à la fluidité solidement charpentée. Les effets spectaculaires au moment où le geste théâtral s’affirme sont toujours maîtrisés avec justesse et incisivité, et la finesse du voile tissé par les archets génère également de subtiles impressions de mystère.

Dans un rôle extrêmement ambitieux en terme de caractérisation déclamative, Victoria Karkacheva fréquente que trop récemment le répertoire français pour suffisamment en ciseler le texte, mais elle peut compter sur une richesse de timbre gorgée de noirceur et d’inclusions cristallines qui lui donne la densité mystique d’une Marfa (‘La Khovanchtchina’ Moussorgski). Elle possède d’ailleurs l’art d’insuffler son souffle sensuel à travers les tissures orchestrales en en suivant le même flot, et c’est donc son sens du mouvement et de l'impulsion qui fait corps avec la musique. Les Parisiens pourront la découvrir dans ‘Carmen’ au printemps prochain.

Loïc Félix et Leigh Melrose

Loïc Félix et Leigh Melrose

Plus familier du répertoire français – il fut un mémorable Enée des ‘Troyens’ de Berlioz en 2019 à l’Opéra Bastille -, Brandon Jovanovich sait allier massivité vocale et sensibilité à fleur de peau en dessinant des traits d’une pure clarté, ce qui aboutit à un portrait mature mais aussi d’une poésie soignée. Interprète convaincant, s’y ajoute un charisme scénique bien à propos pour le personnage d’Ulysse, sage, solide et éclairé.

Avec le rôle d’Euryclée, la nourrice d’Ulysse, Rinat Shaham développe un personnage d’une grande profondeur avec un investissement qui se mesure au réalisme humain qu’elle dégage. Elle exprime constamment une grande vérité humaine avec sa voix si éloquente, d’autant plus qu’Andrea Breth met très bien en exergue tout ce que personnage porte de mémoire du passé et de connaissance des êtres qu’elle aime.

Un geste à l’un des pieds d’un enfant, Ulysse dans sa jeunesse, rappellera d’ailleurs comment elle a reconnu le héros. 

Et si Thomas Mole décrit un Eumée d’une noble noirceur en transmettant une sombre mélancolie, des cinq prétendants, tous bien percutants, se distinguent Leigh Melrose, pour sa franchise de timbre, et surtout Loïc Félix qui se voit offert un très beau rôle en Antinoüs, dont il fait ressortir une variété d’expressions fort sincères. Il en recevra un surplus de signes de reconnaissance de la part du public aux saluts finaux.

Et parmi les suivantes, Valerie Eickhoff fait une excellente impression des la première scène chantés avec son mezzo bien timbré et profilé.

Rinat Shaham, Brandon Jovanovich, Susanna Mälkki, Victoria Karkacheva et Thomas Mole

Rinat Shaham, Brandon Jovanovich, Susanna Mälkki, Victoria Karkacheva et Thomas Mole

Qu’il soit servantes ou peuple, l’ensemble vocal "LauschWerk" réussit enfin à dépeindre un très beau sentiment d’élégie sacrée en introduction et en conclusion.

S’il est naturel de ne pas saisir du premier coup d’œil tous les détails minutieusement réglés de cette production, les images et les gestes sont dans l’ensemble suffisamment expressifs pour toucher le spectateur. Mais c’est bien entendu la manière dont l’interprétation musicale arrive à faire ressentir ce que 'Pénélope' a en commun avec l’esprit de la musique allemande, tout en préservant son intimisme, qui lui vaut le succès rencontré ce soir.

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Publié le 26 Juillet 2025

La scène de l'Opéra Bastille - Juin 2025

La scène de l'Opéra Bastille - Juin 2025

La pandémie qui a mis au ralenti l’économie mondiale de 2020 à 2021 a durement affecté les structures lyriques qui, hormis le Teatro Real de Madrid, ont du fermer pendant de longs mois (18 mois pour le New-York Metropolitan Opera), mettant en danger la pérennité de leur activité et, par là même, l’avenir des artistes, qu’ils soient salariés de ces structures, intermittents, solistes ou indépendants. Une des conséquences les plus significatives est que le Festival de Bayreuth ne présentera en 2026, pour ses 150 ans, que 7 ouvrages de Richard Wagner, et non 11, tel que prévu initialement.

L’article qui suit propose de jeter un premier regard sur les 5 saisons qui ont accompagné la reprise de l’activité d’après covid (saisons 2021/2022 à 2025/2026) à travers 7 structures lyriques qui ont mis à disposition leurs archives depuis des dizaines d’années, et de visualiser à quel point leur programmation a été infléchie.

Est donc comparée la programmation de ces structures sur deux périodes : 1973 à 2021 (48 ans), puis 2021 à 2026 (5 ans).

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 1973 à 2021

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 1973 à 2021

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 2021 à 2026

Les compositeurs au Wiener Staatsoper de 2021 à 2026

Le Wiener Staatoper (Budget 145 M€ - Subventions 79 M€ - Billetterie 43 M€)

Grande maison de répertoire qui affichait chaque saison 52 titres sur 215 représentations avant covid, l’Opéra de Vienne reste en sortie de pandémie sur un rythme soutenu approchant les 220 représentations chaque année mais avec une moyenne de 48 titres par saison.

Bogdan Roščić, successeur de Dominique Meyer, en est le directeur depuis 2020 avec pour mission première de proposer de nouvelles lectures des ouvrages lyriques afin d’attirer des publics plus jeunes mais aussi curieux de découvrir la force théâtrale de ces ouvrages. La nouvelle production de ‘Parsifal’ par Kirill Serebrennikov est tout à fait emblématique de cette politique de rénovation du langage scénique.

En terme de répertoire, l’habituel trio Giuseppe Verdi / Giacomo Puccini /  Wolfgang Amadeus Mozart couvre 40 % des représentations, mais Mozart passe dorénavant devant Verdi. Ils sont tous trois suivis par Richard Wagner et Richard Strauss (17 % des représentations), bien que ce dernier soit en perte de vitesse à l’avantage de l’auteur du ‘Ring’.

Au total, 12 compositeurs monopolisent 80 % de la programmation parmi lesquels Georges Bizet, Claudio Monteverdi (que Pablo Heras-Casado a régulièrement dirigé en ce lieu même) et Vincenzo Bellini qui sont en progression ces 5 dernières années.

On compte enfin une bonne dizaine d’entrées au répertoire depuis septembre 2021, dont la moitié orientée sur les XXe et XXIe siècles : 
Ritorno d'Ulisse in patria (Il) - Claudio Monteverdi
Giulio Cesare - Georg Friedrich Haendel
Lucrezia Borgia - Gaetano Donizetti
Turco in Italia (Il) - Gioacchino Rossini
Pêcheurs de perles (Les) - Georges Bizet
Iolanta - Piotr Ilyitch Tchaikovski
Dialogues des carmélites - Francis Poulenc
Grand Macabre (Le) - György Ligeti
Verratene meer (Das) - Hans Werner Henze
Fin de partie - György Kurtag
Animal Farm - Alexander Raskatov

L’opéra de Vienne amplifie donc son ouverture aux ouvrages récents mais ne cède en rien à un socle de 6 compositeurs (en incluant Rossini et Donizetti) pesant les 2/3 des soirées.

Bogdan Roščić souligne toutefois que la subvention n’est plus indexée sur l’inflation depuis l’adoption de l’euro, entraînant un manque à gagner de 8 M malgré un taux de fréquentation de 99 %. Il a été reconduit jusqu’en 2030.

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2001 à 2021

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2001 à 2021

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2021 à 2026

Les compositeurs au Bayerische Staatoper de 2021 à 2026

Le Bayerische Staatsoper (Budget 118M€ - Subventions 72 M€ - Billetterie 30 M€)

A l’été 2025, l’Opéra de Munich célèbre les 150 ans de son festival d’opéras qui fut donné pour la première fois entre le 22 août et le 18 septembre 1875.

La célèbre institution de répertoire lyrique d’Allemagne ne fait remonter ses archives que jusqu’à 2001, mais il est possible de dégager la tendance de sa programmation. Entre 2001 et 2021, elle affiche chaque saison 41 titres sur 175 représentations, et cette maison reste au cours des années 2021-2026 sur un rythme de 41 titres et 178 représentations par an, hormis la saison 2025/2026 qui passe à 35 titres mais pour raison de travaux entre septembre et octobre.

Serge Dorny, successeur de Nikolaus Bachler, en est le directeur depuis 2021 et a été reconduit jusqu’en 2030. Connu pour avoir été très proche de Gerard Mortier jusqu’aux derniers jours, il propose une lecture politiquement très engagée des ouvrages par le choix des metteurs en scène.

Etant donné que Richard Wagner a créé plusieurs de ses ouvrages à Munich après sa première rencontre avec Louis II de Bavière en 1864, ‘Tristan und Isolde’ (1865), ‘Die Meistersinger von Nürnberg’ (1868), ‘Das Rheingold’ (1869) et ‘Die Walküre’ (1870) jusqu'à l’ouverture du Palais des Festivals de Bayreuth en 1876 - il y eut aussi 'Die Feen' à titre posthume en 1888 -, c’est le quatuor Giuseppe Verdi /  Wolfgang Amadeus Mozart / Richard Wagner / Giacomo Puccini qui domine au Bayerische Staatsoper en occupant 45 % des soirées.

Verdi est en tête du répertoire, mais depuis 2021, Puccini le suit de près alors que Mozart et Wagner sont en léger retrait.
Strauss reste également solidement ancré avec 6% des représentations, mais Haendel et Bellini sont pour l’instant moins représentés.

En revanche, avec les nouvelles productions de ‘Peter Grimes’ mise en scène par Stefan Herheim et de ‘La Chauve Souris’ mise en scène par Barry Kosky, Benjamin Britten et Johann Strauss font bonne figure, et Leoš Janáček maintient une présence significative, notamment depuis la nouvelle production de ‘Katia Kabanova’ magnifiée par Krzysztof Warlikowski.

Mais là où Vienne n’affiche que 12 compositeurs pour couvrir 80 % des représentations de 2021 à 2026, Munich en affiche 21! Il y a donc une diversité d’univers bien supérieure à son homologue viennois ce qui fait toute l’aura de l’institution bavaroise.

Enfin, on compte depuis septembre 2021 une vingtaine d’entrées au répertoire (certaines créées hors les murs où au Cuvilliés Theater à l’occasion de festivals), dont près des 3/4 sont centrées sur les XXe et XXIe siècles : 

Semele - Georg Friedrich Haendel
Agrippina - Georg Friedrich Haendel
Infedelta Delusa (L’) - Joseph Haydn
Masnadieri (I) - Giuseppe Verdi
Giuditta - Franz Lehar
La Nuit de Noël - Nikolai Rimski-Korsakov
Pénélope - Gabriel Faure
Lucrezia - Ottorino Respighi
Nos - Dimitri Chostakovitch
Guerre et Paix - Sergueï Prokofiev
Erwartung - Arnold Schönberg
Teufel von Loudun (Die) - Krzysztof Penderecki
Passagierin (Die) - Mieczyslaw Weinberg
Mond (Der) - Carl Orff
English Cat (The) - Hans Werner Henze
Bluthaus - Georg Friedrich Haas
Thomas - Georg Friedrich Haas
Hamlet  - Brett Dean
Matsukaze - Toshio Hosokawa
Jagdgewehr - Thomas Larcher
Of One Blood - Brett Dean

Sous la direction ferme de Serge Dorny, l’Opéra de Munich devient un lieu de découverte très important des ouvrages récents et contemporains, mais le renforcement sur le répertoire italien, notamment sur Puccini, vise aussi à compenser la prise de risque inhérente à cette démarche ouverte.

‘Of One Blood’ de Brett Dean est la seule création mondiale sur la période 2021-2026.

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 1973 à 2021

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 1973 à 2021

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 2021 à 2026

Les compositeurs à l'Opéra National de Paris de 2021 à 2026

L’Opéra National de Paris (Budget 250M€ - Subventions 100 M€ - Billetterie 70 M€)

Avec ses deux grandes salles, le Palais Garnier – qui vient de fêter ses 150 ans le 05 janvier 2025 – et l’Opéra Bastille, l’Opéra National de Paris est la structure lyrique et chorégraphique au plus haut budget d’Europe qui talonne dorénavant le New-York Metropolitan Opera.

Mais, contrairement aux Opéras de Vienne et de Munich qui sont de vraies maisons de répertoire dont le principe est de représenter plus de 40 ouvrages la plupart du temps sur 3 ou 4 représentations, parfois avec peu ou pas de répétitions, l’Opéra de Paris présente des séries d’opéras sur des périodes plus longues avec un temps de répétition allant de quelques semaines à 2 mois, avec 2 ou 3 séries de spectacles en parallèle.

Ce système permettait de présenter 19 ouvrages lyriques sur 192 représentations au cours des 5 dernières saisons avant la pandémie. Toutefois, après une première saison sans doute trop ambitieuse (22 ouvrages, 9 nouvelles productions sur 191 représentations), le nouveau directeur, Alexander Neef, en fonction par anticipation depuis 2020 et prolongé jusqu’en 2032, a stabilisé la vitesse de croisière de l’institution parisienne sur une moyenne de 17 ouvrages présentés sur 180 représentations, dont 6 nouvelles productions, en arrivant à un rééquilibrage parfait avec les représentations de ballets (180 également).

La réduction du nombre de nouvelles productions de 8 à 6 par rapport à l’avant pandémie est sans doute le trait le plus saillant, mais l’on peut remarquer que la tendance est exactement la même dans toutes les grandes maisons lyriques du monde (6 à Munich, 6 à New-York, 5 à Berlin, 5 à Vienne pour la saison 2025/2026).

A Paris comme partout ailleurs, le trio Verdi / Mozart / Puccini est en tête et accapare 40 % des représentations, mais sous Alexander Neef, Puccini voit depuis 2021 sa part représentative augmenter de 30 %. Les raisons économiques ne sont pas exclusives, le nouveau directeur de l’Opéra de Paris ayant une plus grande affinité avec le compositeur toscan que ses prédécesseurs, Gerard Mortier et Stéphane Lissner en particulier.

Le goût d’Alexander Neef pour l’univers baroque est aussi à l’origine de l’augmentation de la représentativité de Jean-Philippe Rameau et, surtout, de Georg Friedrich Haendel qui est même plus joué que Gioacchino Rossini au cours des 5 premières saisons.

Et de la même manière, son goût pour Jules Massenet propulse ce dernier en tête des compositeurs français avec les nouvelles productions de ‘Cendrillon’ et ‘Don Quichotte’, et Richard Wagner se trouve renforcé grâce aux nouvelles productions de ‘Lohengrin’ et du ‘Ring’ mises en scène respectivement par Kirill Serebrennikov et Calixto Bieito.

En revanche, malgré la nouvelle production de ‘Salomé’, Richard Strauss est en net déclin, devenant moins joué que Vincenzo Bellini, un désamour qui pourrait plutôt venir de la direction financière.

Au total, 15 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans, ce qui reste un très bon score quand seulement 17 ouvrages sont joués chaque saison et qu’il faut assurer des reprises récurrentes d’une quinzaine de titres majeurs parmi 7 compositeurs les plus demandés (Mozart, Verdi, Puccini, Rossini, Bizet, Gounod et Offenbach).

Enfin, on compte depuis septembre 2021 une dizaine entrées au répertoire, dont 7 sont centrées sur les XXe et XXIe siècles incluant 4 compositeurs anglo-saxons, ce qui est une nouveauté à l’Opéra de Paris.

Ercole Amante  - Antonia Bembo
Béatrice di Tenda - Vincenzo Bellini
Cendrillon - Jules Massenet
Quiet Place (A) - Leonard Bernstein
Nixon in China - John Adams
Satyagraha - Philip Glass
7 deaths of Maria Callas - Marko Nikodijevic
Fin de partie -  György Kurtag
Exterminating Angel (The) - Thomas Ades
Viaggio, Dante (Il) - Pascal Dusapin

Par ailleurs, Alexander Neef se distingue pas la forte attention accordée au répertoire historique de la maison, si bien que pas moins de 5 ouvrages créés au sein de l’institution, mais plus repris depuis leur création ou au moins depuis 50 ans, sont de retour sur scène dans de nouvelles productions :

Médée  - Marc-Antoine Charpentier
Castor et Pollux - Jean-Philippe Rameau
Vestale (La) - Gaspare Spontini
Hamlet  - Ambroise Thomas
Œdipe - Georges Enesco

L’Opéra de Paris serre donc la barre ces dernières années tout en travaillant deux axes, la mise en valeur de son patrimoine musical, et l’ouverture à la musique contemporaine outre-Atlantique.

Les compositeurs à la Scala de Milan de 1973 à 2021

Les compositeurs à la Scala de Milan de 1973 à 2021

Les compositeurs à la Scala de Milan de 2021 à 2026

Les compositeurs à la Scala de Milan de 2021 à 2026

La Scala de Milan  (Budget 100M€ - Subventions 50 M€ - Billetterie 37 M€)

A l’inverse de l’Opéra de Vienne et de Munich et du modèle hybride de l’Opéra de Paris, la Scala de Milan applique un pur modèle ‘stagione’ où chaque production d’opéra est jouée l’une après l’autre sans recouvrement des représentations.

Ainsi, avant 2021 il était donné 120 représentations de 13 ouvrages chaque saison, mais depuis la sortie de la pandémie, la programmation est tombée à 90 représentations pour toujours le même nombre de 13 ouvrages en moyenne.

Dominique Meyer, directeur de l’institution de mai 2020 à février 2025, aura donc eu à gérer cette période difficile dès le début de la pandémie.

A la différence des autres grandes institutions, Mozart n’est pas dans le trio de tête des compositeurs qui, avant l’arrivée de Dominique Meyer, est trusté par Verdi, Puccini et Rossini (plus de 40 % des représentations à tous 3).

Mais depuis 2021, Rossini est en fort retrait du répertoire de la Scala – on ne compte qu’une série du ‘Barbier de Séville’ et une série de ‘Guillaume Tell’ -, au profit de Donizetti avec ‘Lucia di Lammermoor’, ‘L’elixir d’amour’, ‘Don Pasquale’ et ‘La Fille du régiment’.

Mozart est encore moins représenté qu’avant, mais avec la nouvelle production du ‘Ring’ de David McVicar, Wagner est le 4e compositeur sur cette période, et Richard Strauss est très bien considéré avec ‘Ariane à Naxos’, ‘Der Rosenkavalier’ et ‘Salomé’.

Et pour le répertoire français, Massenet et Debussy sont bien mis en valeur.

Malgré la prédominance du répertoire historique italien, la Scala est un opéra ouvert à la diversité des ouvrages lyriques. Le succès du  Weill Triptych (Die sieben Todsünden, Mahagonny Songspiel, The Songs of Happy End) en est un exemple.

Cependant, Benjamin Britten est en net retrait (6 représentations de ‘Peter Grimes’ uniquement), Alban Berg et Ludwig von Beethoven sont absents, ce qui montre un reflux des œuvres jugées trop austères.

Au total, 16 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans, ce qui est une performance avec 13 titres seulement par saison, ce qui montre que l’institution italienne cultive la diversité du répertoire malgré les contraintes financières.

Depuis septembre 2021 on dénombre également 7 entrées au répertoire, dont une création mondiale, à savoir :
Orontea (L’) - Antonio Cesti
Opera seria (L')    - Leopold Gassmann Florian
Zite Ngaleria (Li) - Leonardo Vinci
Rusalka - Antonin Dvorak
The Kurt Weill Triptych
Tempest (The) - Thomas Adès
Nome della rosa (Il) - Francesco Filidei ( Création mondiale 2025 en coproduction avec l’Opéra National de Paris)

Fortunato Ortombina est dorénavant le nouvel intendant de la Scala de Milan, et Myung-Whun Chung sera le nouveau directeur musical de l’institution fin 2026, le chef sud-coréen ayant auparavant travaillé avec le directeur artistique à la Fenice de Venise. Verra t-on le retour du Rossini ‘Seria’ ?

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 1973 à 2021

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 1973 à 2021

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 2021 à 2026

Les compositeurs à La Monnaie de Bruxelles de 2021 à 2026

La Monnaie de Bruxelles  (Budget 52M€ - Subventions 43 M€ - Billetterie 5 M€)

Au cours de la pandémie, le directeur de la Monnaie de Bruxelles, Peter de Caluwe, reprochait à l’état fédéral de ne pas permettre l’application du principe du chômage temporaire ou du chômage technique, alors que d’autres institutions, l’Opéra de Wallonie et l’Opéra des Flandres en particulier, pouvaient en bénéficier auprès de leurs communautés belges.

Chaque saison, ce sont 10 ouvrages qui sont joués pour un total de 70 représentations, mais depuis 2021 ce sont plutôt 8 ouvrages qui ont été donnés pour une moyenne de 63 représentations.

La Monnaie a une structure programmatique très originale qui accorde beaucoup moins d’importance aux 3 compositeurs phares que sont Mozart, Verdi et Puccini qui ne couvrent qu’un tiers de la programmation.

Par ailleurs, plus de 140 compositeurs ont été interprétés sur cette scène depuis 1973, soit le double du nombre de compositeurs joués à Vienne sur la même période, et 30 % de plus qu’à l’Opéra de Paris.

C’est dire à quel point il n’est pas possible de définir la Monnaie par rapport à un répertoire précis. Tout peut y être joué sans prévalence d'un auteur sur un autre.

Ainsi, sur la période 2021-2026, c’est Richard Wagner qui est le compositeur n°1 de l’institution grâce à 8 représentations de chacun des quatre volets du ‘Ring’ et 3 représentations de ‘Parsifal’.

Qu’une telle institution ait pu monter ce cycle en deux saisons, alors que les grandes maisons préfèrent dorénavant jouer un volet par an, qui plus est en le confiant initialement à Roméo Castellucci, un des metteurs en scène les plus intéressants mais aussi les plus chers du marché, pour finalement se tourner vers Pierre Audi pour mettre en scène en un temps record les deux dernières journées, montre le niveau d’ambition de cette maison mais aussi ses limites. 

En compensation, Puccini, qui ne représentait habituellement que 5 % du répertoire, est passé à 10 %, et Verdi et Mozart ont vu leur présence diminuer de moitié.

La création de Kris Defoort, ‘The Time of our singing’ et Monteverdi, avec le cycle ‘I Grottechi’ ont été un grand succès de cette période, et ‘Ali’ de Grey Filastine aura connu 14 représentations au total.

Mais Rossini et Britten sont totalement absents, non par désintérêt, mais avec seulement 8 ouvrages par an, des arbitrages sont inévitables.

L’ADN de la Monnaie reste cependant la création. Depuis 2021, et malgré le ‘Ring’, pas moins de 8 créations mondiales ont été présentées et parfois reprises :

Time of our singing (The) - Kris Defoort
Is this the end? Here’s the woman ! - Jean-Luc Fafchamps
Solar, Icarus burning - Howard Moody
Cassandra - Bernard Foccroulle
Ali - Grey Filastine
Fanny and Alexander - Mikael Karlsson
Bovary - Harold Noben
Medusa - Iain Bell

S’ajoutent également deux entrées au répertoire, ‘Nos’ de Dimitri Chostakovitch et ‘Benvenuto Cellini’ d’Hector Berlioz, ainsi que le retour d’'Henry VIII’ de Camille Saint-Saëns, joué uniquement en 1935.

Au total, 27 compositeurs ont été représentés sur cette scène en 5 ans ce qui est une excellente performance avec seulement 8 titres par an.

Depuis le 01 juillet 2025, Christina Scheppelmann a succédé aux 18 ans de direction de Peter de Caluwe pour un premier mandat de 6 ans. Prolonger une telle ligne créative est le mieux que l’on puisse lui souhaiter !

Les compositeurs au Royal Opera House de 1973 à 2021

Les compositeurs au Royal Opera House de 1973 à 2021

Les compositeurs au Royal Opera House de 2021 à 2026

Les compositeurs au Royal Opera House de 2021 à 2026

Le Royal Opera House Covent Garden de Londres (Budget 180M€ - Subventions 27 M€ - Billetterie 62 M€)

Avec 170 représentations dont 35 au Linbury Studio Theatre, une salle modulable de 400 places, le Royal Opera House de Londres est une institution qui célébrera ses 300 ans sur le site de Covent Garden en 2032.

Son rythme de programmation est resté stable avant et après covid en se consacrant chaque saison à 19 ouvrages lyriques.

Comme dans la plupart des maisons de répertoire classique, le trio Verdi / Puccini / Mozart occupait un peu plus de 45 % de la programmation avant 2021, et atteint 55% sur la période 2021-2026.

Wagner est passé dorénavant sous les 5 % de la programmation, mais Haendel fait une belle percée au point de devenir le 4e compositeur le plus joué. Par ailleurs, ‘Carmen’ de Bizet a déjà atteint sa 30e représentation depuis 2021.

Britten reste bien entendu représenté avec régularité, mais Rossini devient plus rare, ainsi que Richard Strauss limité à 'Elektra'.

Et, inspiré du film éponyme de Gus van Stan, ‘Last Days’ d’Oliver Leith (2022) a obtenu un succès critique qui oblige à sa reprise.

Au total, 12 compositeurs couvrent 80 % des représentations en 5 ans.

On dénombre finalement au cours des 5 dernières années une quinzaine d’entrées, de retours au répertoire et de créations (dont un tiers issus de l’esthétique baroque) :

Bajazet (Il Tamerlano) - Antonio Vivaldi
Pimpinone - Georg Philipp Teleman
Theodora - Georg Friedrich Haendel
Arminio - Georg Friedrich Haendel
Giustino - Georg Friedrich Haendel
Maria Stuarda - Gaetano Donizetti
Freischütz  (Der) - Carl Maria von Weber
Pierrot Lunaire - Arnold Schönberg
Affaire Makropoulos (L') - Leos Janácek
Mavra - Igor Stravinsky
Trouble in Tahiti - Leonard Bernstein
Quiet place (A) - Leonard Bernstein
Blue Woman (The) - Laura Bowler
Innocence - Kaija Saariaho
Last days - Oliver Leith
Women at point zero - Buskra El-Turk

A la direction depuis mars 2017, Oliver Mears semble vouloir replacer Georg Friedrich Haendel dans l’histoire du Royal Opera House. En 2025, il présentait d’ailleurs une nouvelle production de ‘Semele’ au Théâtre des Champs-Élysées.

Les compositeurs au MET de 1973 à 2021

Les compositeurs au MET de 1973 à 2021

Les compositeurs au MET de 2021 à 2026

Les compositeurs au MET de 2021 à 2026

Le New-York Metropolitan Opera (Budget 260M€ - Contributions privées 160 M€ - Billetterie 85 M€)

Alors que le New-York Metropolitan Opera affichait 25 titres par an sur 220 représentations jusqu’en 2019, la période d’après covid a considérablement affaibli l’institution lyrique de référence mondiale qui affiche dorénavant 18 titres sur 195 représentations et 6 nouvelles productions par an. Et le taux de fréquentation, tombé à 66 % en 2022, se stabilise à 72 % (pour une salle de 3800 places).

Il en résulte que si le trio Verdi / Puccini / Mozart occupait avant 2020 50 % des représentations, il représente en 2025 55 % de la programmation, Puccini en tête, concentrant la majorité du répertoire traditionnel.

Wagner et Rossini sont en retrait, mais les compositeurs contemporains, Terence Blanchard, Jake Heggie ou Kevin Puts sont à l’honneur, Peter Gelb souhaitant attirer un nouveau public avec des œuvres de compositeurs contemporains dont la musique soit suffisamment accessible.

Les 17 entrées ou créations au répertoire parlent d’elles-mêmes, il ne s’agit que d’ouvrages créés après 1980, hormis ‘Médée’ de Cherubini :

Médée - Luigi Cherubini
Fire shut up in My bones - Terence Blanchard
Eurydice - Matthew Aucoin
Hamlet - Brett Dean
Champion - Terence Blanchard
Hours (The) - Kevin Puts
Dead Man Walking - Jake Heggie
X: The Life and Times of Malcolm X - Anthony Davis
Florencia en el Amazonas - Daniel Catán
Niño (El) - John Adams
Ainadamar - Osvaldo Golijov
Moby Dick - Jake Heggie
Grounded - Jeanine Tesori
Antony and Cleopatra - John Adams
Innocence - Kaija Saariaho
The Amazing Adventures of Kavalier & Clay - Mason Bates
El Último Sueño de Frida y Diego - Gabriela Lena Frank

Au final, 13 compositeurs occupent 80 % des représentations depuis 2021, dont 3 sont contemporains.
 

Le Wiener Staatsoper - Avril 2025

Le Wiener Staatsoper - Avril 2025

En conclusion

On observe entre 2021 et 2026 un élargissement du répertoire des 3 compositeurs phares, Verdi, Puccini, Mozart dans la plupart des maisons d’opéras, ce qui traduit une volonté d’assurance de la part des grandes institutions lyriques, et une limitation à 6 nouvelles productions par saison, mais avec un volant globalement stable de représentations.

Pour sa musique puissante, le réalisme de situation et des mélodies souvent poignantes, Giacomo Puccini est le grand vainqueur de cette période d'après covid, au détriment de Gioacchino Rossini qui est en recul partout.

Ces maisons ne renoncent cependant pas à leurs missions d’exploration et d’élargissement du répertoire (Paris), ou de créations (Bruxelles), mais elles ont par conséquent moins droit à l’erreur, et doivent concevoir chaque nouvelle production comme un spectacle qui puisse être repris dans leurs propres locaux ou par d’autres institutions (coproductions).

L’Opéra de New-York est probablement la structure la plus fragilisée, d’autant plus qu’elle doit dorénavant faire face à une baisse de fréquentation du public étranger braqué par la politique internationale de Donald Trump. Avec La Scala de Milan, elle a sensiblement réduit sa programmation d’environ 15 %, et reste donc sous le regard du monde lyrique, car sa défaillance pourrait impacter les structures européennes, la plupart ayant des projets de coproductions avec New-York.

La direction d'une structure lyrique n'en parait que plus une lutte avec le temps présent, c'est en tout cas le regard que pose dessus l'observateur de base. Il y a de quoi être admiratif devant cette grande cause artistique que défendent ces directeurs et directrices pas toujours soutenus autant qu'ils devraient l'être par l'environnement politique.

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Publié le 20 Juillet 2025

Les éclipses de Soleil dans le monde de 2026 à 2030

Après une période 2021-2025 très pauvre en éclipses totales de Soleil – seulement trois, dont une en Antarctique, une hybride sur la pointe ouest de l’Australie, et, la plus marquante, celle qui a traversé l’Amérique du Nord en 2024 (voir Les éclipses de soleil dans le monde de 2021 à 2025) -, la période 2026 à 2030 va comprendre 4 éclipses totales qui traverseront toutes des régions facilement accessibles et dont deux dureront plus de 5 minutes.

4 autres éclipses annulaires, dont une située en Antarctique, parcourront notre globe, et 4 autres seront seulement partielles.

Le plus remarquable parmi les trajectoires prévues est que 2 éclipses totales et 2 éclipses annulaires toucheront le continent européen sur cette période de cinq ans, ce qui est très rare - la moyenne est plutôt d'une éclipse annulaire ou totale tous les 10 ans en Europe -. L'Espagne sera ainsi aux premières loges avec 2 éclipses totales et une éclipse annulaire visibles depuis son sol entre 2026 et 2028.

Pour Paris, l’impact sera saisissant le 12 août 2026 avec un Soleil recouvert à 92% par la Lune le soir à 20h15, et un an plus tard, le 02 août 2027, le Soleil sera encore occulté à 51 % à 11h du matin.

Et le 01 juin 2030, la capitale française pourra encore observer le Soleil recouvert à 53 % par la Lune, tôt le matin à 7h15. On peut s’attendre à ce que cette période favorise l’engouement de la jeunesse pour les observations du ciel.

Et bien que l’éclipse du 02 août 2027 sera l’éclipse phare de cette période de par sa trajectoire qui reliera tous les pays du Maghreb jusqu’à la péninsule arabique, l’Australie sera aussi un continent privilégié avec deux éclipses totales (2028 et 2030) qui toucheront toutes deux le Currawinya National Park (Queensland).

Trajectoires des 8 éclipses totales et annulaires de Soleil de 2026 à 2030

Trajectoires des 8 éclipses totales et annulaires de Soleil de 2026 à 2030

Tous les observateurs d’éclipses sensibles à ce hasard de la nature (le fait que les diamètres apparents du Soleil et de la Lune soient comparables étant l’une de ces circonstances improbables qui caractérisent l’improbabilité de la vie) savent qu’il y a une force et un mystère insaisissables dans ce jeu d’ombres et de lumières.

L’article qui suit présente ainsi les régions où ces phénomènes se dérouleront avec les conditions astronomiques et climatiques attendues. Voyager pour les observer est un extraordinaire prétexte pour découvrir des régions hors des sentiers battus, mais est aussi une manière d’entrer en contact avec d’autres populations et d’en recueillir des vérités parfois inattendues.

L'Eclipse totale de Soleil du 08 avril 2024 photographiée depuis le Québec (Saint-Augustin de Woburn)

L'Eclipse totale de Soleil du 08 avril 2024 photographiée depuis le Québec (Saint-Augustin de Woburn)

Eclipse Annulaire du mardi 17 février 2026
Antarctique – Station Concordia durée 2mn09, rapport Lune/Soleil 0,96, largeur 620 km, hauteur sur l’horizon 5°, Météo : 80 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du mardi 17 février 2026 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du mardi 17 février 2026 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Pour observer cette éclipse annulaire il faudra avoir la chance de pouvoir se rendre à la station franco-italienne Concordia située à 400 km à l’intérieur du continent antarctique. Il faudra être privilégié et assez fortuné pour pouvoir être hébergé dans ce centre qui accueille 70 occupants pendant l’été austral.

Station de recherche Concordia en Antarctique - (c) ESA

Station de recherche Concordia en Antarctique - (c) ESA

Eclipse Totale du mercredi 12 août 2026 (Partielle à Paris à 92 %)
Islande – Ólafsvík durée 2mn04, rapport Lune/Soleil 1,038, largeur 300 km, hauteur sur l’horizon 25°, Météo : 50 % de Soleil
Espagne – Oviedo durée 1mn48, rapport Lune/Soleil 1,034, largeur 305 km, hauteur sur l’horizon 10°, Météo : 70 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Totale du mercredi 12 août 2026 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Totale du mercredi 12 août 2026 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Il s’agit de l’éclipse de Soleil qui aura le plus d’effet en France avant l’éclipse annulaire de 2059.
A Saint-Jean de Luz, le Soleil sera recouvert à 99,5 %, 3/4 d’heure avant son coucher, à 97,8 % à Toulouse, et même à 92 % vu depuis Paris.

Cette éclipse débutera en Sibérie, passera par le pôle nord pour rejoindre le Groenland, l’Islande puis l’Espagne pour finir sa trajectoire sur les Îles Baléares

Il sera possible de profiter de 2mn18s en prenant un bateau pour aller à 30km de la côte islandaise, de 2mn04 à Ólafsvík, et même 50s à Reykjavik, et pour ceux qui seront sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, quelque part entre Léon et Burgos, ou bien à Oviedo, la totalité durera 1mn45 à 10° au dessus de l’horizon Ouest, une configuration basse propice à un effet dramatique sur le paysage, d’autant plus que les statistiques météorologiques sont très favorables.
Alors, à l’occasion de l’été 2026, cap sur les Asturies !

Oviedo - Crédit photo : Shutterstock – Migel

Oviedo - Crédit photo : Shutterstock – Migel

Eclipse Annulaire du samedi 06 février 2027
Chili – Quellón durée 7mn08, rapport Lune/Soleil 0,925, largeur 290 km, hauteur sur l’horizon 50°, Météo : 50 % de Soleil
Argentine – Mar del Plata  durée 7mn29, rapport Lune/Soleil 0,927, largeur 280 km, hauteur sur l’horizon 66°, Météo : 50 % de Soleil
Ghana – Accra  durée 5mn23, rapport Lune/Soleil 0,916, largeur 350 km, hauteur sur l’horizon 4°, Météo : 65 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du samedi 06 février 2027 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du samedi 06 février 2027 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Cette éclipse annulaire très brillante et d’une durée de plus de 7mn sur le continent sud-américain reliera le sud chilien et le Chubut argentin à la pointe de l'est ivoirien, au Ghana, Togo et Lagos (au Nigeria) au moment du coucher du Soleil.

La Patagonie est une région où il sera possible de suivre cette éclipse sur sa plus longue durée (plus de 7 mn) mais avec un effet sur le paysage peu sensible de par la forte luminosité de l’anneau solaire dans cette configuration. 

Il est donc très tentant de se rendre au Ghana pour profiter du phénomène en fin de journée depuis les villes de Takoradi, Cape Coast ou bien Accra. L’éclipse se produira à 5° au dessus de l’océan atlantique sud, avec toutefois un risque de brumes.

Mais observer une éclipse est aussi une occasion unique de partager cet évènement astronomique avec la population locale, les clameurs faisant aussi partie de l’expérience humaine.

Cape Coast (Ghana) - (c) Erika's Travels

Cape Coast (Ghana) - (c) Erika's Travels

Eclipse Totale du lundi 02 août 2027 (Partielle à Paris à 51 %)
Maroc – Tanger durée 4mn50, rapport Lune/Soleil 1,072, largeur 240 km, hauteur sur l’horizon 38°, Météo : 75 % de Soleil
Espagne – Algésiras durée 4mn25, rapport Lune/Soleil 1,072, largeur 240 km, hauteur sur l’horizon 38°, Météo : 75 % de Soleil
Algérie – Oran durée 5mn05, rapport Lune/Soleil 1,073, largeur 240 km, hauteur sur l’horizon 43°, Météo : 75 % de Soleil
Tunisie – Sfax durée 5mn40, rapport Lune/Soleil 1,076, largeur 245 km, hauteur sur l’horizon 56°, Météo : 80 % de Soleil
Libye – Benghazi durée 6mn05, rapport Lune/Soleil 1,078, largeur 250 km, hauteur sur l’horizon 68°, Météo : 80 % de Soleil
Egypte – Luxor durée 6mn20, rapport Lune/Soleil 1,079, largeur 255 km, hauteur sur l’horizon 82°, Météo : 80 % de Soleil
Arabie Saoudite – Djeddah durée 6mn00, rapport Lune/Soleil 1,079, largeur 260 km, hauteur sur l’horizon 76°, Météo : 70 % de Soleil
Arabie Saoudite – La Mecque durée 5mn00, rapport Lune/Soleil 1,079, largeur 260 km, hauteur sur l’horizon 76°, Météo : 70 % de Soleil
Yemen – Marib durée 5mn50, rapport Lune/Soleil 1,078, largeur 260 km, hauteur sur l’horizon 65°, Météo : 50 % de Soleil
Somalie – Hafun durée 5mn25, rapport Lune/Soleil 1,076, largeur 255 km, hauteur sur l’horizon 55°, Météo : 80 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Totale du lundi 02 août 2027 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Totale du lundi 02 août 2027 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Il s’agit de l’éclipse totale de Soleil qui aura le plus grand impact sur la population (on estime qu'au moins 85 millions de personnes vivent sur la bande de totalité) car elle va traverser tous les pays du Maghreb arabe, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, mais aussi le Moyen-Orient de la vallée du Nil à la Péninsule arabique.

Sa durée exceptionnelle - 6mn20 à Luxor et dans la réserve de Wadi El Gemal – ne se reproduira pas avant 2114 (6mn30), et même pour observer une éclipse totale de plus de 5mn il faudra attendre 2045 aux États-Unis.

Assez naturellement, la Vallée des Rois sera une destination prisée par de nombreux amateurs et professionnels, mais les températures pouvant atteindre 50°c dans cette région à cette époque, cela devrait réfréner un peu l’ardeur touristique. Le Soleil sera par ailleurs quasiment au Zénith ce qui ne permettra pas de faire des clichés paysagers grandioses.

Une telle durée a donc surtout une véritable valeur scientifique afin de disposer d’un maximum de temps pour observer la couronne solaire et la chromosphère.

Il peut donc être tout à fait judicieux de se rendre dans le sud de l’Espagne dans la province de Cadix à Algésiras, ou même mieux à Tarifa, pour profiter jusqu’à près de 4mn40 de totalité avec un Soleil situé à 38° au dessus de l’horizon à 10h45 du matin.

Par ailleurs, à Cadix la durée sera tout de même de 2mn55, à Marbella elle sera de 3mn15, et à Malaga de 1mn55, ce qui est tout à fait appréciable.

Et en France, l’éclipse sera partielle à 76 % à Perpignan, 73 % à Marseille, 51 % à Paris, tandis que Palerme en Sicile profitera d’une éclipse partielle à 79 %. à 11h15 du matin.

Temple de Karnak (Luxor)

Temple de Karnak (Luxor)

Eclipse Annulaire du mercredi 26 janvier 2028 (Partielle à Paris à environ 50%)
Équateur– Îles Galápagos durée 5mn15, rapport Lune/Soleil 0,912, largeur 355 km, hauteur sur l’horizon 17°, Météo : 65 % de Soleil
Brésil– Manaus durée 7mn02, rapport Lune/Soleil 0,92, largeur 335 km, hauteur sur l’horizon 60°, Météo : 35% de Soleil
Portugal – Île de Madère durée 6mn50, rapport Lune/Soleil 0,912, largeur 340 km, hauteur sur l’horizon 18°, Météo : 55% de Soleil
Espagne– Séville durée 7mn10, rapport Lune/Soleil 0,909 largeur 360 km, hauteur sur l’horizon 7°, Météo : 55% de Soleil
Espagne– Valence durée 6mn55, rapport Lune/Soleil 0,908 largeur 360 km, hauteur sur l’horizon 2°, Météo : 55% de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du mercredi 26 janvier 2028 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du mercredi 26 janvier 2028 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Moins de 6 mois après une éclipse totale de Soleil, voilà qu’à nouveau l’Andalousie va être touchée par une éclipse annulaire en fin de journée, ce qui sera aussi un bel évènement visible le soir du 26 janvier 2028 à quelques degrés au dessus de l’horizon.

Il s’agira de la 3e éclipse solaire sur le sol espagnol en moins de 18 mois, c’est dire si l’Espagne sera la pays qui fera naître le plus de vocations pour l’observation du ciel sur cette période 2026-2028 tout à fait exceptionnelle pour ce pays. L’anneau de feu sera observable pendant 7mn !

En revanche, pour observer cette éclipse annulaire en matinée, il faudra se rendre aux  Îles Galápagos où, à 17° au dessus de l’horizon, l’effet paysager pourra être aussi assez spectaculaire.

Cette éclipse très brillante pourra même durer 10mn30 haut dans le ciel du Nord du Brésil, mais avec un effet peu sensible sur la nature.

Quant aux Parisiens, ils pourront observer le Soleil se coucher entre 16h40 et 17h40 partiellement éclipsé à 50 % au moment où il touchera l’horizon.

En plein milieu de l’hiver, reprendre contact avec le riche passé arabo-musulman de Séville, Cordoue, Cadix et Grenade sera un must inévitable!

La Plaza de España de Séville | © iStockphoto.com/Ruhey

La Plaza de España de Séville | © iStockphoto.com/Ruhey

Eclipse Totale du samedi 22 juillet 2028
Australie – Îles Cocos (Keeling) durée 3mn20, rapport Lune/Soleil 1,048, largeur 195 km, hauteur sur l’horizon 24°, Météo : 55 % de Soleil
Australie – Lake Argyle durée 5mn00, rapport Lune/Soleil 1,056, largeur 225 km, hauteur sur l’horizon 52°, Météo : 80 % de Soleil
Australie – Sydney durée 3mn45, rapport Lune/Soleil 1,05, largeur 190km, hauteur sur l’horizon 29°, Météo : 55% de Soleil
Nouvelle Zélande – Queenstown durée 2mn50, rapport Lune/Soleil 1,045, largeur 170km, hauteur sur l’horizon 10°, Météo : 40% de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Totale du samedi 22 juillet 2028 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Totale du samedi 22 juillet 2028 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Pour les amoureux du désert australien aride mais coloré, il sera possible de croiser la trajectoire de cette éclipse totale d’une durée de 5mn en suivant la Highway 1 reliant Darwin à Broome, ou bien en suivant la Stewart Highway 87 (dénommée plus couramment ‘The Track’) reliant Alice Springs à Darwin (axe relativement fréquenté et recommandé). Nous serons en hiver et par conséquent les températures seront nettement plus supportables, les conditions seront donc optimales.

Par ailleurs, un séjour à Sydney afin de profiter de son célèbre opéra pourra être envisageable avec une durée d’éclipse de 3mn45 à moins de 30° au dessus de l’horizon, mais avec un risque nuageux un peu plus élevé que dans le désert, cette région bénéficiant d’un climat de type méditerranéen.

Lytwelepenty / Davenport Ranges National Park (Australie)

Lytwelepenty / Davenport Ranges National Park (Australie)

Eclipse Annulaire du samedi 01 juin 2030 (Partielle à Paris à 53 %)
Tunisie – Ben Gardane durée 4mn05, rapport Lune/Soleil 0,934, largeur 335 km, hauteur sur l’horizon 8°, Météo : 80 % de Soleil
Libye – Tripoli durée 3mn50, rapport Lune/Soleil 0,934, largeur 330 km, hauteur sur l’horizon 9°, Météo : 80 % de Soleil
Malte – Birżebbuġa durée 1mn30, rapport Lune/Soleil 0,934, largeur 335 km, hauteur sur l’horizon 12°, Météo : 60 % de Soleil
Grèce – Olympie durée 4mn30, rapport Lune/Soleil 0,937, largeur 320 km, hauteur sur l’horizon 18°, Météo : 50 % de Soleil
Grèce – Athènes durée 4mn00, rapport Lune/Soleil 0,937, largeur 315 km, hauteur sur l’horizon 20°, Météo : 50 % de Soleil
Turquie – Istanbul durée 4mn30, rapport Lune/Soleil 0,938, largeur 305 km, hauteur sur l’horizon 26°, Météo : 50 % de Soleil
Russie – Tomsk durée 5mn05, rapport Lune/Soleil 0,944, largeur 250 km, hauteur sur l’horizon 55°, Météo : 55 % de Soleil
Japon – Sapporo durée 4mn10, rapport Lune/Soleil 0,938 largeur 310 km, hauteur sur l’horizon 21°, Météo : 20 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du samedi 01 juin 2030 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Annulaire du samedi 01 juin 2030 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

A nouveau une éclipse annulaire qui sera partiellement visible à Paris le samedi 01 juin 2030 au lever du Soleil (53 %  tout de même !), et qui se déplacera du désert algérien jusqu’au nord du Japon en passant par la Tunisie, Malte, la Grèce, la Turquie, la Russie, la Chine et la Corée du Nord.

C’est bien évidemment en Grèce qu’il sera recommandé de se rendre pour profiter pendant 4mn30 d’un anneau de feu situé à moins de 20° au dessus de l’horizon à 7h du matin. Olympie sera l'endroit idéal, mais le Mont Cyllène, le Mont Parnasse, Corinthe, Athènes, ou bien la ville cossue de Nauplie, seront des destinations à privilégier.

Istanbul est aussi une excellente option, mais le Soleil se sera élevé un peu plus haut dans le ciel.

Il faudra bien en profiter, car il faudra ensuite attendre 9 ans avant qu'une éclipse ne se produise à nouveau sur le territoire européen, le 21 juin 2039!

Le stade d'Olympie (Grèce)

Le stade d'Olympie (Grèce)

Eclipse Totale du lundi 25 novembre 2030
Namibie – Windhoek durée 1mn54, rapport Lune/Soleil 1,035, largeur 140 km, hauteur sur l’horizon 17°, Météo : 80 % de Soleil
Afrique du Sud – Durban durée 2mn23, rapport Lune/Soleil 1,04, largeur 155 km, hauteur sur l’horizon 34°, Météo : 55 % de Soleil
Australie – Streaky Bay  durée 2mn00, rapport Lune/Soleil 1,035, largeur 140 km, hauteur sur l’horizon 17°, Météo : 65 % de Soleil

Trajectoire de l'Eclipse Totale du lundi 25 novembre 2030 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Trajectoire de l'Eclipse Totale du lundi 25 novembre 2030 - (c) Xavier Jubier - Xjubier.free.fr

Cette éclipse totale de Soleil d’une durée modeste sur la terre ferme (2mn32 au maximum au nord de Durban an Afrique du Sud) parcourra principalement l’Océan Indien, au milieu duquel sa durée attendra 3mn40, de manière à relier la Namibie à l’Australie.

Les meilleures conditions d’observation seront probablement obtenues en Namibie au lever du Soleil et au sud de Windhoek où le risque de couverture nuageuse sera très faible, voir aussi sur la côte Atlantique au niveau du Dorob National Park (là où fut tournée la suite de ‘Mad Max’).

Il sera aussi possible de se rendre en Australie au Nord-Ouest d’Adelaïde dans le Gawler Ranges National Park pour observer l’éclipse au coucher du Soleil.

 Dorob National Park (Namibie)

Dorob National Park (Namibie)

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 12 Juillet 2025

L’article qui suit vise à montrer à quel point le Palais Garnier, inauguré le 05 janvier 1875, est dès l’origine un lieu de création qui a su évoluer avec son temps.

Car si les travaux de construction du chef-d'œuvre de Charles Garnier ont débuté en 1861 sous le Second Empire, l’ouverture au public est devenue effective sous la IIIe République où se posait déjà la question de l’élargissement à toutes les classes sociales.

Ci-dessous sont donc répertoriés tous les ouvrages, qu’ils soient lyriques ou chorégraphiques, qui ont été créés dans ce bâtiment jusqu’à aujourd’hui (Saison 2025/2026) sur une musique originale.

Seules sont citées les créations basées sur de nouvelles musiques, ce qui exclut les ballets basés sur des musiques déjà connues. Les œuvres listées sont donc toutes des créations à l'image de leur époque.

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

Le Palais Garnier lors du Gala de ses 150 ans, le 24 janvier 2025

On dénombre ainsi 225 ouvrages créés dans cette salle, dont un peu plus de 90 opéras, tragédies lyriques ou légendes mises en scène, la période suivant la Seconde Guerre mondiale opérant un basculement largement en faveur de la création chorégraphique.

La création lyrique ne connaitra un renouveau qu’à partir de 1983 avec ‘Erzsebet’ de Charles Chaynes et ‘Saint François d'Assise’ d’Olivier Messiaen.

Pour chaque ouvrage sont indiqués le nom du compositeur, la date de création mondiale au Palais Garnier, le nombre de représentations (à Garnier puis dans d'autres lieux de l'Opéra de Paris), et le nom du metteur en scène ou du chorégraphe associé.

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Lithographie représentant la ballerine Rita Sangalli dans la production originale de 'Sylvia' en 1876

Théâtre national de l'Opéra (période 1875-1915) avant Jacques Rouché

Jeanne d’Arc (Auguste Mermet) – 5 avril 1876
Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret d’Auguste Mermet
15 représentations jusqu’au 27 novembre 1876
Mise en scène d'Adolphe Mayer
Echec – changement de goût du public

Sylvia ou la Nymphe de Diane (Léo Delibes) – 14 juin 1876
Ballet en trois actes
Livret de Jules Barbier
58 représentations jusqu’au 04 janvier 1893 (Chorégraphie de Louis Mérante)
Incendie des décors de l’Opéra en 1894
52 représentations du 16 décembre 1919 au 16 décembre 1929 (Chorégraphie de Léo Staats)
37 représentations du 05 février 1941 au 19 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
17 représentations du 08 novembre 1946 au 17 décembre 1947 et 4 représentations du 23 juillet 1951 au 09 janvier 1952 (Chorégraphie d’Albert Aveline)
17 représentations du 16 novembre 1979 au 17 décembre 1979 (Chorégraphie de Lycette Darsonval)
24 représentations du 30 juin 1997 au 20 février 1999 (Chorégraphie de John Neumeier)
La chorégraphie de John Neumeier entre au répertoire de l’Opéra Bastille le 20 décembre 2002 (22 représentations jusqu’au 02 avril 2005)
19 représentations du 08 mai 2025 au 04 juin 2025 (Chorégraphie de Manuel Legris, sur un nouveau livret de Jean-François Vazelle)

Le Roi de Lahore (Jules Massenet) – 27 avril 1877
Opéra en cing actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1879
Décors de M. Daran (premier tableau), MM. Rubé et Chaperon (second tableau et cinquième acte), M. Chéret (second acte), M. Lavastre (troisième acte), MM. Lavastre et Carpezat (quatrième acte)
Costumes de M. Eugène Lacoste
Grand succès à l’international

Le Fandango (Gaston Salvayre) – 26 novembre 1877
Ballet-pantomime en un acte
Livret de Louis-Alexandre Mérante, Henri Meilhac et Ludovic Halévy
28 représentations jusqu’au 16 janvier 1885

Polyeucte (Charles Gounod) – 07 octobre 1878
Opéra en cinq actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré, d’après Corneille
29 représentations jusqu’au 22 mars 1879
Échec car œuvre jugée trop austère

La Reine Berthe (Victorin Joncière) – 27 décembre 1878
Opéra en 2 actes
Livret de Jules Barbier
5 représentations jusqu’au 20 janvier 1879
La légende de Berthe la Fileuse, versifiée au XIII° siècle par le trouvère Adenès, a fourni le sujet de la pièce
Livret pas pris au sérieux par le public

Yedda (Olivier Métra) – 17 janvier 1879
Légende japonaise - Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille et A. Mortier
60 représentations jusqu’au 21 février 1885 (Chorégraphie de Louis Mérante)

La Vierge (Jules Massenet) – 22 mai 1880
Légende sacrée en quatre scènes
Livret de Charles Grandmougin
L'Annonciation, Les Noces de Cana, Le Vendredi Saint, L'Assomption
1 représentation le 22 mai 1880

La Korrigane (Charles-Marie Widor) – 01 décembre 1880
Ballet fantastique en deux actes
Livret de François Coppée et Louis Mérante
157 représentations le 25 mars 1935

Le Tribu de Zamora (Charles Gounod) – 01 avril 1881
Grand Opéra en quatre actes
Livret de Adolphe d'Ennery et Jules Brésil
Dernier ouvrage de Charles Gounod pour la scène
50 représentations jusqu’au 25 mars 1885
Grand succès

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Croquis d'Augusto Ferri pour l'acte 1 du 'Roi de Lahore' (1877) de Jules Massenet - Archives Ricordi

Namouna (Edouard Lalo) – 06 mars 1882
Ballet en deux actes et trois tableaux sur un poème d’Alfred de Musset
Livret de Charles Nuitter
15 représentations jusqu’au 23 octobre 1882 (Chorégraphie de Lucien Petipa)
24 représentations du 30 mars 1908 au 09 juillet 1935 (Chorégraphie de Léo Staats)

Françoise de Rimini (Ambroise Thomas) – 14 avril 1882
Opéra en quatre actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré basé sur la ‘Divine Comédie’ de Dante
41 représentations jusqu’au 12 décembre 1884
Décors de Jean-Baptiste Lavastre

Henry VIII (Camille Saint-Saëns) – 5 mars 1883
Opéra en quatre actes et six tableaux
Livret de Léonce Détroyat et Armand Silvestre d’après ‘La Cisma de Inglaterra’ de Pedro Calderón de la Barca 
81 représentations jusqu’au 9 mai 1919 

La Farandole (Théodore Dubois) – 14 décembre 1883
Ballet en trois actes
Livret de Philippe Gille, Louis Merante et Arnold Mortier
30 représentations jusqu’au 3 juin 1885 (Chorégraphie d’Arnold Mortier et Louis Mérante)

Tabarin (Emile Pessard) – 12 janvier 1885
Opéra en deux actes
Livret de Paul Ferrier
6 représentations jusqu’au 09 février 1885

Le Cid (Jules Massenet) – 30 novembre 1885
Opéra en quatre actes et dix tableaux
Livret d'Adolphe d'Ennery, de Louis Gallet et d'Édouard Blau d'après la pièce homonyme de Pierre Corneille
147 représentations du 30 novembre 1885 au 24 novembre 1919
9 représentations du 27 mars au 21 avril 2015 (Mise en scène de Charles Roubaud)

Les Deux Pigeons (André Messager) – 18 octobre 1886
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Henri Régnier
96 représentations jusqu’au 24 juillet 1924
32 représentations du 26 janvier 1925 au 07 juin 1929 dans une nouvelle version d’Albert Aveline sur la base de l’original
64 représentations du 20 mai 1942 au 23 avril 1952 dans une version en un acte entièrement nouvelle d’Albert Aveline

35 représentations par l’École de Danse du 10 mai 1978 au 4 avril 2019, à la salle Favart de 1978 à 1987, au Théâtre des Champs-Élysées en 1999, et au Palais Garnier depuis le 25 mars 2005, dans la version en un acte d’Albert Aveline

Patrie! (Emile Paladilhe) – 20 décembre 1886
Opéra en cinq actes d’après la pièce éponyme de Victorien Sardou (18 mars 1869)
Livret de Victorien Sardou et Louis Gallet
91 représentations jusqu’au 8 septembre 1919
Grand succès aussi bien de la pièce que de l’opéra

La Dame de Monsoreau (Gaston Salvayre) – 30 janvier 1888
Grand Opéra en cinq actes et sept tableaux tiré du roman d’Alexandre Dumas
Livret d’Auguste Maquet
Chorégraphie de Joseph Hansen, mise en scène de Pedro Gailhard, décors de Rubé, Chaperon, Jambon, Poisson, Carpezat, costumes de Charles Bianchini.
8 représentations jusqu’au 27 février 1888

La Tempête (Ambroise Thomas) – 26 juin 1889
Ballet en trois actes et trois tableaux
Livret de Jules Barbier
31 représentations jusqu’au 09 janvier 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Scène d''Henry VIII' de Saint-Saëns à l'Opéra : acte III (illustration de presse en 1903)

Ascanio (Camille Saint-Saëns) – 21 mars 1890
Opéra en cinq actes et six tableaux tiré de la pièce ‘Benvenuto Cellini’ de Paul Meurice (1852)
Livret de Louis Gallet
34 représentations jusqu’au 24 avril 1891
7 représentations du 9 novembre au 19 décembre 1921
Mise en scène de Pedro Gailhard, costumes de Charles Bianchini, décors de Jean-Baptiste Lavastre, Eugène Carpezat, Auguste-Alfred Rubé, Philippe Chaperon et Marcel Jambon et chorégraphie de Joseph Hansen
Camille Saint-Saëns décède le 16 décembre 1921 à Alger

Zaïre (Véronge de la Nux) – 28 mai 1890
Opéra en deux actes d’après la pièce de Voltaire
Livret d’Édouard Blau et Louis Besson
11 représentations jusqu’au 24 octobre 1890

La Rêve (Léon Gastinel) – 09 juin 1890
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret d’Édouard Blau
36 représentations jusqu’au 06 mai 1892 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Mage (Jules Massenet) – 16 mars 1891
Grand Opéra en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Richepin
31 représentations jusqu’au 11 octobre 1891 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

Thamara (Louis-Albert Bourgault-Ducoudray) – 28 décembre 1891
Opéra en deux actes et quatre tableaux
Livret de Louis Gallet
11 représentations jusqu’au 14 juillet 1907 (5 représentations en 1891 et 6 représentations en 1907)
Mise en scène d’Alexandre Lapissida

Stratonice (Alix Fournier) – 09 décembre 1892
Opéra en un acte
Livret de Louis Gallet
14 représentations jusqu’au 04 février 1893

La Maladetta (Paul Vidal) – 24 février 1893
Ballet en deux actes, d’après une légende gasconne
Livret de Pedro Gailhard
165 représentations jusqu’au 19 mars 1927 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Déïdamie (Henri Maréchal) – 15 septembre 1893
Opéra en deux actes
Livret d’Édouard Noël
11 représentations jusqu’au 25 mai 1894

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Emma Sandrini dans 'La Maladetta' de Paul Vidal (par Debat-Ponsan)

Thaïs (Jules Massenet) – 16 mars 1894
Opéra en trois actes d’après le roman éponyme d’Anatole France
Livret de Louis Gallet
657 représentations jusqu’au 03 août 1956 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida, Chorégraphie de Joseph Hansen)
16 représentations du 16 mai au 14 juin 1988 à la salle Favart (Mise en scène de Nicolas Joel)

Djelma (Charles-Édouard Lefebvre) – 25 mai 1894
Opéra en trois actes
Livret de Charles Lomon
8 représentations jusqu’au 29 décembre 1894 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)

La Montagne noire (Augusta Holmès) – 08 février 1895
Drame Lyrique en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Augusta Holmès
12 représentations jusqu’au 26 avril 1895 (Mise en scène d’Alexandre Lapissida)
Intrigue qui manque de ressort.

Frédégonde (Ernest Guiraud, Camille Saint-Saëns avec la collaboration de Paul Dukas) – 18 décembre 1895
Drame Lyrique en cinq actes
Livret de Louis Gallet
8 représentations jusqu’au 14 février 1896

Hellé (Alphonse Duvernoy) – 24 avril 1896
Opéra en quatre actes
Livret de Camille Du Locle et Charles Nuitter
24 représentations jusqu’au 19 septembre 1900

Messidor, ou l’Or de l’Ariège (Alfred Bruneau) – 19 février 1897
Opéra en quatre actes
Livret d’Émile Zola
11 représentations jusqu’au 14 mai 1897
5 représentations du 22 février au 28 avril 1917
Très bien accueilli mais ensuite dénigré à cause de l’Affaire Dreyfus

L’Étoile (Adolphe Aderer et Camille de Roddaz) – 31 mai 1897
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’André Wormser
73 représentations jusqu’au 07 mai 1910 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

La Cloche du Rhin (Samuel Rousseau) – 08 juin 1898
Drame lyrique en trois actes
Livret de Georges Montorgueil et Pierre-Barthélemy Gheusi
9 représentations jusqu’au 19 novembre 1898

La Burgonde (Paul Vidal) – 23 décembre 1898
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret d’Émile Bergerat et Camille de Sainte-Croix
10 représentations jusqu’au 25 juin 1899

 Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Illustration de presse pour 'Thaïs' de Jules Massenet (1894)

Lancelot (Victorin Joncières) – 07 février 1900
Drame lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret de Louis Gallet et Édouard Blau
8 représentations jusqu’au 29 avril 1900

Astarté (Xavier Leroux) – 15 février 1901
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Louis de Gramont
23 représentations jusqu’au 11 novembre 1901

Le Roi de Paris (Georges Hüe) – 26 avril 1901
Drame historique en trois actes
Livret de Henry Bouchut
8 représentations jusqu’au 21 juin 1901

Les Barbares (Camille Saint-Saëns) – 23 octobre 1901
Tragédie lyrique en trois actes
Livret de Victorien Sardou et Pierre-Barthélémy Gheusi
27 représentations jusqu’au 15 décembre 1902
L’intérêt musical culmine dans le duo final du second acte.

Orsola (Lucien et Paul Hillemacher) – 14 mai 1902
Drame lyrique en trois actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi
5 représentations jusqu’au 22 juin 1902

Bacchus (Alphonse Duvernoy) – 26 novembre 1902
Ballet en trois actes et cinq tableaux d’après un poème d’Auguste Mermet
Livret de Georges Hartmann
12 représentations jusqu’au 26 janvier 1903 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Le Fils de l’Étoile (Camille Erlanger) – 20 avril 1904
Drame lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Catulle Mendès
25 représentations jusqu’au 30 janvier 1905
L’air de Séphora au 2de acte et la lamentation finale d’Akiba figurent parmi les plus belles pages.

La Ronde des saisons (Henri Busser) – 22 décembre 1905
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un récit du pays de Comminges de Charles Lomon
Livret de Charles Lomon
22 représentations jusqu’au 19 novembre 1906 (Chorégraphie de Joseph Hansen)

Ariane (Jules Massenet) – 31 octobre 1906
Opéra en cinq actes
Livret de Catulle Mendès
60 représentations jusqu’au 09 mars 1908
13 représentations, partielles ou intégrales, du 21 février au 27 août 1937

La Catalane (Fernand Le Borne) – 24 mai 1907
Drame lyrique en quatre actes dont un prologue d’après ‘Terra Baixa’ d’Àngel Guimerà
Livret de Paul Ferrier et Louis Tiercelin
9 représentations jusqu’au 25 décembre 1907

Le Lac des aulnes (Henri Maréchal) – 25 novembre 1907
Ballet-féerie en deux actes et cinq tableaux
Livret d’Henri Maréchal et Gustave Vanara
5 représentations jusqu’au 25 décembre 1907 (Chorégraphie de Gustave Vanara)

Bacchus (Jules Massenet) – 05 mai 1909
Opéra en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Catulle Mendès
5 représentations jusqu’au 19 mai 1909
Catulle Mendès disparaît au cours des répétitions et la critique condamne le livret

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

Affiche d'Albert Maignan pour 'Ariane' de Jules Massenet (1906)

La Forêt (Augustin Savard) – 16 février 1910
Légende musicale en deux actes
Livret de Laurent Tailhade
6 représentations jusqu’au 06 avril 1910

La Fête chez Thérèse (Reynaldo Hahn) – 16 février 1910
Ballet-pantomime en deux actes d’après un poème des ‘Contemplations’ de Victor Hugo
Livret de Catulle Mendès
44 représentations jusqu’au 03 août 1923
Grand succès. Une alternative aux ballets russes semble se dessiner.

Le Miracle (Georges Hüe) – 30 décembre 1910
Opéra en cinq actes
Livret de Pierre-Barthélémy Gheusi et André Mérane
31 représentations jusqu’au 08 janvier 1928 dont 4 avec uniquement le second acte en 1916

La Roussalka (Lucien Lambert) – 08 décembre 1911
Ballet-pantomime en deux actes
Livret d’Hugues Le Roux et Georges de Dubor
18 représentations jusqu’au 05 juin 1912 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Les Bacchantes (Alfred Bruneau) – 30 octobre 1912
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Félix Naquet et Alfred Bruneau
20 représentations jusqu’au 30 mars 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Le Sortilège (André Gailhard) – 29 janvier 1913
Conte en trois actes et six tableaux
Livret de Maurice Magre
5 représentations jusqu’au 14 avril 1913

Philotis, danseuse de Corinthe (Philippe Gaubert) – 18 février 1914
Ballet en deux actes et trois tableaux d’après Euripide
Livret de Gabriel Bernard
6 représentations jusqu’au 29 avril 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Scemo (Alfred Bachelet) – 06 mai 1914
Drame lyrique en trois actes et cinq tableaux
Livret de Charles Méré
5 représentations jusqu’au 22 mai 1914

La légende de Joseph (Richard Strauss) – 14 mai 1914
Ballet d’après ‘Joseph et la femme de Potiphar’, épisode de l’Ancien Testament
Livret d’Hugo von Hofmannsthal et Harry Kessler
6 représentations jusqu’au 06 juin 1914 (Chorégraphie de Vaslav Nijinski et Mikhail Fokine et scénographie de Léon Bakst)
Commande de Serge de Diaghilev

Le Rossignol (Igor Stravinsky) – 26 mai 1914
Opéra en trois actes d’après ‘Le Rossignol et l’Empereur de Chine’ d’Hans Christian Andersen
Livret d’Igor Stravinsky et Stepan Mitoussov
2 représentations jusqu’au 28 mai 1914 (Mise en scène d’Alexandre Benois et Alexandre Sanine)
Par les Ballets russes de Serge Diaghilev
Commande du Théâtre libre de Moscou

Midas (Maximilien Steinberg) – 02 juin 1914
Ballet en un acte
Livret de Léon Bakst
1 représentation le 02 juin 1914 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Hansli le Bossu (Jean et Noël Gallon) – 22 juin 1914
Ballet en deux actes
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
7 représentations jusqu’au 27 juillet 1914 (Chorégraphie d’Ivan Clustine)

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Décor d'Alexandre Benois pour la création du 'Rossignol' d'Igor Stravinsky en 1914

Théâtre national de l'Opéra (Période Jacques Rouché de 1915 à 1945)

Les Amants de Rimini (Max d’Ollone) – 02 mars 1916
Opéra en quatre actes dont seul le 2d tableau du 3e acte sera créé
Livret de Max d’Ollone
2 représentations jusqu’au 09 mars 1916

Judith de Béthulie (Armande de Polignac) – 23 mars 1916
Scène dramatique
Livret de Mme G. Roussel-Despierres
2 représentations jusqu’au 06 avril 1916

La Fête triomphale (Reynaldo Hahn) – 14 juillet 1919
Drame lyrique en trois actes
Livret de Saint Georges de Bouhélier
3 représentations jusqu’au 25 juillet 1919

La Légende de Saint-Christophe (Vincent d’Indy) – 09 juin 1920
Drame lyrique en trois actes et huit tableaux
Livret de Vincent d’Indy
18 représentations jusqu’au 06 décembre 1922

Antoine et Cléopâtre (Florent Schmitt) – 14 juin 1920
Drame lyrique d’après William Shakespeare
Livret d’André Gide
5 représentations jusqu’au 19 juin 1920
Commande d’Ida Rubinstein

Antar (Gabriel Dupont) – 14 mars 1921
Conte héroïque en quatre actes et cinq tableaux
Livret de Chekri-Ganem
27 représentations jusqu’au 05 mars 1924
13 représentations du 25 février au 17 juin 1946

Maïmouna (Gabriel Grovlez) – 20 avril 1921
Fantaisie-Ballet en un acte et deux tableaux
Livret de Pierre-André Gérard
22 représentations jusqu’au 06 août 1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Mégère apprivoisée (Charles Silver) – 30 janvier 1922
Comédie lyrique en quatre actes d’après William Shakespeare
Livret d’Henri Cain et Édouard Adenis
12 représentations jusqu’au 13 janvier 1926

Artémis troublée (Paul Paray) – 28 avril 1922
Ballet en cinq mouvements
Livret de Léon Bakst
12 représentations jusqu’au 26 février 1923

Frivolant (Jean Poueigh) – 01 mai 1922
Ballet en un acte
Livret de Pierre Hortala et Jean Poueigh
13 représentations jusqu’au 04 août1923 (Chorégraphie de Léo Staats)

Mavra (Igor Stravinsky) – 03 juin 1922
Opéra bouffe en un acte d’après ‘La Petite Maison Kolomna’ d’Alexandre Pouchkine
Livret de Boris Kochno
7 représentations jusqu’au 13 juin 1922 (Compagnie des Ballets et Opéras Russes de Serge Diaghilev, mise en scène de Bronislva Nijinska)
5 représentations du 13 au 17 avril 1987 à la Salle Favart (Mise en scène Jean Guizerix)
11 représentations du 26 novembre au 11 décembre 2001 au Palais Garnier (Mise en scène Humbert Camerlo)

Cydalise et le Chèvre-pied (Gabriel Pierné) – 15 janvier 1923
Ballet en deux actes et trois tableaux
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
40 représentations jusqu’au 26 juillet 1946 (Chorégraphie de Léo Staats)
Célébré par la presse comme un ‘Joyaux national’.

Padmâvatî (Albert Roussel) – 01 juin 1923
Opéra-ballet en deux actes
Livret de Louis Laloy
38 représentations jusqu’au 09 juin 1947 (Mise en scène de Pierre Chéreau et chorégraphie de Léo Staats)

Le Jardin du paradis (Alfred Bruneau) – 31 octobre 1923
Conte lyrique en quatre actes et huit tableaux d’après Hans Christian Andersen
Livret de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet
26 représentations jusqu’au 24 novembre 1926  (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Fresques (Philippe Gaubert) – 09 mai 1923
Suite chorégraphique
Livret de Plácido de Montoliu
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1923 (Chorégraphie de Plácido de Montoliu)

Les Dieux sont morts (Charles Tournemire) – 19 mars 1924
Drame lyrique en deux actes
Livret d’Eugène Berteaux
5 représentations jusqu’au 14 avril 1924

Siang-Sin (Georges Hüe) – 19 mars 1924
Ballet-pantomime en deux tableaux
Livret de Pierre Jobbé-Duval
104 représentations jusqu’au 23 avril 1944
Créé pour un festival de printemps chinois (Chorégraphie de Léo Staats)

Nerto (Charles Marie Widor) – 27 octobre 1924
Drame lyrique en quatre actes, d’après le poème de Frédéric Mistral
Livret de Maurice Léna
6 représentations jusqu’au 19 novembre 1924

Le Miracle des Loup (Henri Rabaud) – 13 novembre 1924
Film muet de Raymond Bernard, d’après le roman éponyme de Henri Dupuy-Mazuel
Scénario de Raymond Bernard, Jean-José Frappa et André Paul Antoine
1 projection à 20h30 le  13 novembre 1924
Spectacle de gala pour la première du Miracle des loups, avec Charles Dullin (Louis XI) et Vanni-Marcoux (Charles le Téméraire), orchestre et chœurs de l'Opéra sous la direction du compositeur.
Le film est sorti au cinéma Le Marivaux à Paris, le 28 novembre 1924

L’Arlequin (Max d’Ollone) – 24 décembre 1924
Comédie lyrique en cinq actes et six tableaux
Livret de Jean Sarment
13 représentations jusqu’au 30 mars 1927 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

La princesse Padmâvatî - Estampe BNF (vers 1765)

Esther, princesse d’Israël (Antoine Mariotte) – 01 mai 1925
Tragédie Lyrique en trois actes et dix-sept scènes
Livret d’André Dumas et Sébastien Charles Leconte
8 représentations jusqu’au 29 juin 1925

La Naissance de la Lyre (Albert Roussel) – 01 juillet 1925
Opéra en un acte et trois tableaux basé sur le drame satyrique ‘Les limiers’ de Sophocle
Livret de Théodore Reinach
8 représentations jusqu’au 09 novembre 1925 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)

Brocéliande (André Bloch) – 23 novembre 1925
Conte bleu en musique d’après ‘Le prélude féerique’
Livret de Fernand Gregh
9 représentations jusqu’au 03 décembre 1926

L’Île désenchantée (Henry Février) – 23 novembre 1925
Drame musical en deux actes et trois tableaux, tiré des grandes légendes de France d’Édouard Schuré
Livret d’Édouard Schuré
6 représentations jusqu’au 28 décembre 1925

Orphée (Jean Roger-Ducasse) – 11 juin 1926
Mimodrame lyrique en trois actes
Livret de Jean Roger-Ducasse
5 représentations jusqu’au 30 juin 1926 (Chorégraphie de Léo Staats avec dans le rôle principal Ida Rubinstein)
Commandée par Michel Terestchenko et Alexandre Ziloti, important musicien pétersbourgeois qui en est le commanditaire, l’œuvre fut publiée en 1913 pour être créée au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg dans une chorégraphie de Michel Fokine.
Mais la première Guerre mondiale entraîna le report de son exécution, et la première eut lieu au Palais Garnier.

La prêtresse de Korydwen (Paul Ladmirault) – 17 décembre 1926
Ballet en deux tableaux
Livret d’Albert Juhellé et Georges Cléret
6 représentations jusqu’au 24 janvier 1927 (Chorégraphie de Léo Staats)
L’Impératrice aux rochers (Arthur Honneger) – 18 février 1927
Mystère en un prologue et cinq actes
Livret de Saint-Georges de Bouhelier
6 représentations jusqu’au 11 mars 1927 (Mise en scène d’Alexandre Sanine)

Naïla (Philippe Gaubert) – 08 avril 1927
Conte oriental lyrique en trois actes
Livret de Maurice Léna
4 représentations jusqu’au 02 mai 1927

Impressions de music-hall (Gabriel Pierné) – 08 avril 1927
Ballet en un acte
Livret de Gabriel Pierné
38 représentations jusqu’au 30 novembre 1930 (Chorégraphie de Bronislava Nijinska)
46 représentations du 11 mars 1935 jusqu’au 28 mars 1947 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le Diable dans le beffroi (Désiré Émile Inghelbrecht) – 03 juin 1927
Ballet en un acte d’après Edgar Allan Poe
Livret de Désiré Émile Inghelbrecht
14 représentations jusqu’au 10 février 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Les Matines d’amour (Jules Mazellier) – 16 décembre 1927
Fabliau-miracle en trois images
Livret de Raoul Gastambide
5 représentations jusqu’au 11 janvier 1928 (Chorégraphie de Nicola Guerra)

Cyrca (Marc Delmas) – 16 décembre 1927
Action chorégraphique et symphonique en un acte
Livret d’Albert Marie Emile Boucheron et Paul de Choudens (Chorégraphie de Nicola Guerra)
10 représentations jusqu’au 12 mars 1928
Œuvre achevée en 1914, mais dont la partition sera perdue en 1918, reconstituée en 1920, à nouveau perdue puis reconstituée la même année.
Grand prix de la musique de la ville de Paris en 1925.

La Tour de feu (Sylvio Lazzari) – 16 janvier 1928
Drame lyrique en trois actes
Livret de Sylvio Lazzari
35 représentations jusqu’au 02 septembre 1946

L’éventail de Jeanne (Maurice Ravel, Pierre-Octave Ferroud, Jacques Iber, Roland-Manuel, Marcel Delannoy, Albert Roussel, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Florent Schmitt) – 04 mars 1928
Ballet pour enfants en un acte écrit par dix compositeurs français
23 représentations jusqu’au 16 juin 1937 (Chorégraphie d’Alice Bourgat et Yvonne Franck)

Le Mas (Joseph Canteloube) – 03 avril 1929
Pièces lyrique en trois actes
Livret de Joseph Canteloube
7 représentations jusqu’au 20 juin 1929

Persée et Andromède (Jacques Ibert) – 15 mai 1929
Opéra en deux actes d’après ‘Moralités légendaires’ de Jules Laforgue
Livret de Nino (Michel Véber)
10 représentations jusqu’au 22 janvier 1930

L’écran des jeunes filles (Roland Manuel) – 15 mai 1929
Ballet en deux tableaux
Livret de Jacques Drésa (André Saglio)
16 représentations jusqu’au 22 juin 1930 (Chorégraphie de Léo Staats)

Salamine (Maurice Emmanuel) – 19 juin 1929
Tragédie lyrique en trois actes d’après ‘Les Perses’ d’Eschyle
Livret de Théodore Reinach
7 représentations jusqu’au 11 novembre 1929

La Tentation de Saint-Antoine (Raoul Brunel) – 12 mai 1930
Mystère en trois parties et dix tableaux
Livret de Raoul Brunel
6 représentations jusqu’au 04 juin 1930 (Mise en scène de Pierre Chéreau, Chorégraphie de Léo Staats)

Virginie (Alfred Bruneau) – 09 janvier 1931
Comédie lyrique en trois actes
Livret d’Henri Duvernois
6 représentations jusqu’au 02 février 1931

L'Illustre Frégona (Raoul Laparra) – 16 février  1931
Zarzuela en tros actes avec danses, tiré de la nouvelle de Cervantès
Livret de Raoul Laparra
23 représentations jusqu’au 07 avril 1940

Prélude dominical (Guy Ropartz) – 16 février  1931
Divertissement chorégraphique en un acte
Livret de Guy Ropartz
19 représentations jusqu’au 18 juin 1934 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L'Orchestre en liberté (Henri Sauveplane) – 16 février  1931
Ballet en un acte
Livret de François Gautier dit Paul Franz et Paul Gsell
6 représentations jusqu’au 11 mars 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Guercœur (Albéric Magnard) – 24 avril 1931
Tragédie musicale en trois actes
Livret d’Albéric Magnard    
11 représentations jusqu’au 08 mars 1933

Bacchus et Ariane (Albert Roussel) – 22 mai 1931
Ballet en deux actes
Livret d’Abel Hermant
5 représentations jusqu’au 24 juin 1931 (Chorégraphie de Serge Lifar)
10 représentations du 08 décembre 1967 jusqu’au 17 mars 1968 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Amphion (Arthur Honegger) – 23 juin 1931
Drame lyrique en trois parties 
Livret de Paul Valéry
2 représentations jusqu’au 25 juin 1931 (Chorégraphie de Léonide Massine)

La Duchesse de Padoue (Maurice Le Boucher) – 21 octobre 1931
Tragédie lyrique en deux actes d’après la pièce d’Oscar Wilde
Livret de Paul Grosfils
3 représentations jusqu’au 13 novembre 1931

Le Rustre imprudent (Maurice Fouret) – 07 décembre 1931
Ballet en un acte
Livret de Jane Catulle-Mendes et Henry Jacques
8 représentations jusqu’au 9 mars 1932 (Chorégraphie de Léo Staats)

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Invitation à la répétition générale de 'Guercoeur' d'Albéric Magnard en 1931

Maximilien (Darius Milhaud) – 06 janvier 1932
Opéra historique en trois actes et neuf tableaux d’après ‘Juarez und Maximilian’ de Franz Werfel
Livret de Rudolph Stephan Hoffman
6 représentations jusqu’au 29 janvier 1932 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
Le film de Miguel Contreras Torres et Raphael J. Sevilla ‘Juarez und Maximilian’ sortira en 1934 et sera un des films mexicains les plus chers de l’époque.

Un jardin sur l'Oronte (Alfred Bachelet) – 07 novembre 1932
Drame lyrique en quatre actes et huit tableaux tiret du roman éponyme de Maurice Barrès
Livret de Franc-Nohain
11 représentations jusqu’au 26 février 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

Sur le Borysthène (Sergheï Prokofiev) – 16 décembre 1932
Poème chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Serge Lifar et Sergheï Prokofiev
6 représentations jusqu’au 16 mars 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Jeunesse (Pierre-Octave Ferroud) – 27 avril 1933
Ballet en deux tableaux
Livret de André Coeuroy et Serge Lifar
8 représentations jusqu’au 07 juin 1933 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Vercingétorix (Canteloube) – 26 juin 1933
Épopée lyrique en quatre actes
Livret d’ Étienne Clémentel et Joseph-Henri Louwyck
8 représentations jusqu’au 13 décembre 1933 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Roselinde (Henri Hirschmann) – 17 novembre 1933
Ballet en deux actes
Livret de Pierre-Barthélemy Gheusi
7 représentations jusqu’au 01 janvier 1934 (Chorégraphie de Léo Staats)

La Princesse lointaine (Georges Martin Witkowski) – 26 mars 1934
Opéra-comique en quatre actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand
Livret de Georges Martin Witkowski
5 représentations jusqu’au 14 mai 1934

Perséphone (Igor Stravinsky) – 30 avril 1934
Mélodrame en trois scènes d’après la pièce éponyme d’André Gide
Livret d’André Gide
3 représentations jusqu’au 09 mai 1934 (Chorégraphie de Kurt Jooss)

Diane de Poitiers (Jacques Ibert) – 30 avril 1934
Ballet en trois tableaux
Livret d’Élisabeth de Gramont
6 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)
8 représentations du 24 janvier 1947 au 30 avril 1947 (Chorégraphie Marcel Bergé)
Commande d’Ida Rubinstein

Sémiramis (Arthur Honegger) – 11 mai 1934
Mélodrame en trois actes et deux interludes
Livret de Paul Valéry
3 représentations jusqu’au 21 mai 1934 (Chorégraphie de Michel Fokine)

Rolande et le mauvais garçon (Henri Rabaud) – 25 mai 1934
Opéra en cinq actes
Livret de Lucien Népoty
15 représentations jusqu’au 08 janvier 1938

La Vie de Polichinelle (Nicolas Nabokov) – 22 juin 1934
Ballet en six tableaux
Livret de Claude Séran
9 représentations jusqu’au 02 février 1935 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Marchand de Venise (Reynaldo Hahn) – 29 mars 1935
Opéra en trois actes et cinq tableaux d’après ‘Shylock’ de William Shakespeare
Livret de Miguel Zamacoïs
27 représentations jusqu’au 01 avril 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
4 représentations du 18 novembre 1949 au 19 février 1950 (Mise en scène de Max de Rieux)
7 représentations du 11 avril au 02 mai 1979 (Mise en scène de Marc Cheifetz) à la Salle Favart

La Grisi (Henri Tomasi) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes. Variations sur des thèmes d'Olivier Métra.
Livret de Guy de Téramond
100 représentations jusqu’au 25 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Images (Gabriel Pierné) – 21 juin 1935
Ballet en deux actes
Livret d’André Hellé
9 représentations jusqu’au 03 février 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Icare (Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger) – 09 juillet 1935
Légende chorégraphique
Rythmes de Serge Lifar et orchestration de Joseph-Emile Szyfer et Arthur Honneger
Livret d’André Hellé
61 représentations jusqu’au 07 octobre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Paul-Raoul Larthe)
3 représentations par le Ballet de l’Opéra au Covent Garden du 05 au 07 octobre 1954
48 représentations du 05 décembre 1962 au 20 octobre 1990 (Chorégraphie de Serge Lifar et décors de Pablo Picasso)

Le Rouet d'Armor (Adolphe Piriou) – 03 février 1936
Légende chorégraphique et musicale, d’après un conte de Michel Geistdoerfer
Livret d’Adolphe Piriou
10 représentations jusqu’au 01 mars 1939 (Chorégraphie de Léo Staats)

Œdipe (Georges Enesco) – 13 mars 1936
Tragédie lyrique en quatre actes et six tableaux
Livret d’Edmond Fleg
10 représentations jusqu’au 25 juin 1937 (Mise en scène de Pierre Chéreau)
2 représentations le 21 et 22 mai 1963 (Chanté en roumain par les artistes de l’Opéra de Bucarest)
8 représentations du 23 septembre au 14 octobre 2021 à l’Opéra Bastille (Mise en scène Wajdi Mouawad)

Lleana (Marcel Bertrand) – 20 mai 1936
Ballet en un acte, d’après un conte roumain de Chesade
Livret de Marcel Bertrand
3 représentations jusqu’au 15 juin 1936 (Chorégraphie de Léo Staats)

Le roi nu (Jean Françaix) – 15 juin 1936
Ballet en un acte, d’après un conte de Hans Christian Andersen
Livret de Serge Lifar
10 représentations jusqu’au 19 mai 1937 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Un baiser pour rien (Manuel Rosenthal) – 15 juin 1936
Ballet en un acte
Livret de Michel Veber (Nino)
6 représentations jusqu’au 06 janvier 1937 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Alexandre le Grand (Philippe Gaubert) –  21 juin 1937
Épopée chorégraphique
Livret de Serge Lifar
49 représentations jusqu’au 22 juillet 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Samaritaine (Max d'Ollone) –  23 juin 1937
Drame lyrique en trois actes d’après la pièce éponyme d’Edmond Rostand (1897)
Livret d’après Edmond Rostand
7 représentations jusqu’au 19 mars 1938

Oriane et le prince d'Amour (Florent Schmitt) –  07 janvier 1938
Ballet en deux actes
Livret de Claude Seran
21 représentations jusqu’au 15 avril 1942 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Cantique des Cantiques (Arthur Honegger) –  02 février 1938
Ballet en deux actes
Rythmes de Serge Lifar 
Livret de Gabriel Boissy
8 représentations jusqu’au 27 juillet 1938 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Santons (Henri Tomasi) –  18 novembre 1938
Ballet en un acte
Livret de René Dumesnil
76 représentations jusqu’au 06 janvier 1954 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

La Chartreuse de Parme (Henri Sauguet) –  20 mars 1939
Opéra en quatre actes et 11 tableaux d’après l’oeuvre éponyme de Stendhal
Livret d’Armand Lunel
7 représentations jusqu’au 09 juin 1939 (Mise en scène de Pierre Chéreau)

Entre deux rondes (Marcel Samuel-Rousseau) –  24 avril 1940
Duo chorégraphique en un acte
Livret de Marcel Samuel-Rousseau
51 représentations jusqu’au 12 juillet 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
41 représentations du 27 avril 1949 au 29 juillet 1959 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 25 au 29 mars 1992 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations de l’École de danse du 23 avril au 03 mai 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier et la Damoiselle (Philippe Gaubert) –  02 juillet 1941
Ballet en deux actes, inspiré d’un lai de Marie de France
Livret de Serge Lifar
82 représentations jusqu’au 08 mai 1957 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 19 au 22 juin 1996 (Chorégraphie de Serge Lifar)
4 représentations de l’École de danse du 07 au 11 avril 1997 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Princesse au jardin (Gabriel Grovlez) –  02 juillet 1941
Conte chorégraphique en un acte
Livret d’Émile Vuillermoz
16 représentations jusqu’au 14 juillet 1943 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Joan de Zarissa (Werner Egk) –  10 juillet 1942
Ballet en quatre tableaux
Livret de Werner Egh
21 représentations jusqu’au 16 février 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Les Animaux modèles (Francis Poulenc) –  08 août 1942
Suite d’orchestre en un acte d’après les Fables de la Fontaine
Livret de Francis Poulenc
73 représentations jusqu’au 07 janvier 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 11 au 16 juin 1979 (Chorégraphie de Serge Lifar)
5 représentations à la salle Favart du 04 au 10 avril 1981 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Jour (Maurice Jaubert) –  23 juin 1943
Poème chorégraphique
Livret de Jules Supervielle
10 représentations jusqu’au 05 avril 1944 (Chorégraphie de Serge Lifar)
L’œuvre fut jouée une fois en version de concert le 13 décembre 1931

Guignol et Pandore (André Jolivet) –  29 avril 1944
Ballet en un acte
Livret de Serge Lifar
57 représentations jusqu’au 26 septembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Christopher Maltman dans 'Œdipe' (1936) de Georges Enesco, lors de la recréation de l'ouvrage à l'Opéra Bastille en 2021

Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux (1945 à 1978)

L’Appel de la montagne (Arthur Honneger) –  09 juillet 1945
Ballet en trois tableaux
Livret de Robert Favre Le Bret
20 représentations jusqu’au 27 novembre 1946 (Chorégraphie de Serge Peretti)

Le mendiant de Marrakech (Lucien-Marie Aube) –  18 juin 1946
Poème chorégraphique
Livret de Louis Poterat et André Tabet
1 représentation (Chorégraphie de Constantin Tcherkas)

Les Mirages (Henri Sauguet) –  15 décembre 1947
Féerie chorégraphique en un acte et deux tableaux
Livret de Adolphe Mouron (Cassandre) et Serge Lifar
209 représentations jusqu’au 28 octobre 2006 (Chorégraphie de Serge Lifar)
1 représentation du dernier Pas de deux lors de la soirée en hommage à Yvette Chauviré, le 22 avril 2017
La répétition générale eut lieu fin juillet 1944, avant que la Libération de Paris n’entraîne la fermeture momentanée du théâtre.

Les malheurs de Sophie (Jean Français) –  25 février 1948
Ballet en trois tableaux
Livret de Georges Fells
9 représentations jusqu’au 20 avril 1949 (Chorégraphie de Robert Quinault)

Zadig (Pierre Petit) –  09 juillet 1948
Ballet en un acte et cinq tableaux
Livret de Pierre Petit et Serge Lifar
4 représentations jusqu’au 26 juillet 1948 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Lucifer (Claude Delvincourt) –  14 décembre 1948
Mystère en un prologue et trois épisodes
Livret de René Dumesnil
15 représentations jusqu’au 21 mai 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La naissance des couleurs (Arthur Honneger) –  22 juin 1949
Ballet avec chant
Livret de Ernest Klausz et René Morax
2 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar et Irène Popard)

Endymion (Jacques Leguerney) –  27 juillet 1949
Ballet en un acte
Livret d’André Doderet
9 représentations jusqu’au 29 juin 1952 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Septuor (Jean Lutèce) –  25 janvier 1950
Ballet en un acte
Livret de Francis Blanche
26 représentations jusqu’au 05 décembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)

L’Inconnue (André Jolivet) –  19 avril 1950
Ballet en un acte
Livret de Léandre Vaillat
4 représentations jusqu’au 10 juillet 1950 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Le Chevalier errant (Jacques Ibert) – 26 avril 1950
Ballet en deux actes et quatre tableaux d’après Cervantes
Livret d’Élisabeth de Gramont (poèmes d’Alexandre Arnoux)
35 représentations jusqu’au 28 novembre 1956 (Chorégraphie de Serge Lifar)
Commande d’Ida Rubinstein passée en 1934

Bolivar (Darius Milhaud) – 12 mai 1950
Opéra en trois actes et dix tableaux
Livret de Madeleine Milhaud
26 représentations jusqu’au 21 janvier 1963

Phèdre (Georges Auric) –  14 juin 1950
Tragédie chorégraphique en un acte
Livret de Jean Cocteau
76 représentations jusqu’au 11 mai 1960 (Chorégraphie de Serge Lifar)
13 représentations du 18 octobre au 12 novembre 1977 (Chorégraphie de Serge Lifar)
12 représentations du 22 septembre au 06 octobre 2011 (Chorégraphie de Serge Lifar)

La Grande Jatte (Ferdinand Barlow) –  12 juillet 1950
Ballet en un acte
Livret de Pierre Bertin
20 représentations jusqu’au 15 juillet 1953 (Chorégraphie d’Albert Aveline)

Kerkeb, danseuse berbère (Marcel Samuel-Rousseau) – 06 avril 1951
Drame musical en un acte d’après une nouvelle d’Elissa Rhaïs (Rosine Boumendil)
Livret de Michel Carré
26 représentations jusqu’au 12 juillet 1958

L’Astrologue (Henry Barraud) –  25 avril 1951
Ballet en trois tableaux
Livret d’Henry Barraud
4 représentations jusqu’au 11 juillet 1951 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Blanche Neige (Maurice Yvain) –  14 novembre 1951
Ballet en trois actes et six tableaux d’après un conte des Frères Grimm
Livret d’après les Frères Grimm
21 représentations jusqu’au 22 novembre 1953 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Cinéma (Louis Aubert) –  11 mars 1953
Ballet en trois parties
Livret de René Jeanne
15 représentations jusqu’au 10 novembre 1954 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Hop-Frog (Raymond Loucheur) –  17 juin 1953
Ballet pantomime en deux actes
Livret d’après Edgar Poe
8 représentations jusqu’au 03 mars 1954 (Chorégraphie de Harald Lander)

Les Noces Fantastiques (Marcel Delannoy) –  09 février 1955
Ballet en deux actes et quatre tableaux
Livret de Serge Lifar
50 représentations jusqu’au 19 mai 1965 (Chorégraphie de Serge Lifar)

Numance (Henry Barraud)–  15 avril 1955
Opéra en deux actes et cinq tableaux
Livret de Salvador de Madariaga, d’après Cervantès
9 représentations jusqu’au 27 novembre 1955 (Mise en scène Max de Rieux)

La Dame à la Licorne (Jacques Chailley) –  28 janvier 1959
Ballet en un acte
Livret de Jean Cocteau
5 représentations jusqu’au 06 mai 1959 (Chorégraphie de Heinz Rosen)

Conte Cruel (Georges Delerue) –  16 décembre 1959
Ballet en trois actes et quatre tableaux
Livret de Philippe Hérat, d’après Villiers de l’Isle-Adam
4 représentations jusqu’au 20 avril 1960

But (Jacques Castérède) –  17 avril 1963
Ballet dont l’action se déroule sur un terrain de basket
Livret de Michel Descombey
26 représentations jusqu’au 07 octobre 1967 (Chorégraphie de Michel Descombey)

Notre-Dame de Paris (Maurice Jarre) –  11 décembre 1965
Ballet en deux actes et treize tableaux
Livret d’après Victor Hugo
58 représentations jusqu’au 02 décembre 1988 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 4 octobre au 11 novembre 1996 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)
12 représentations du 3 au 13 octobre 2001 au Palais Garnier (Chorégraphie de Roland Petit)
30 représentations du 30 juin 2014 au 31 décembre 2025 à l’Opéra Bastille (Chorégraphie de Roland Petit)

Paradis perdu (Marius Constant) –  13 octobre 1967
Ballet
Livret de Roland Petit
3 représentations jusqu’au 18 octobre 1967 (Chorégraphie de Roland Petit, avec Rudolf Noureev et Margot Fonteyn)

Sablier Prison (John Surman, Michaël Osborne et Allan Skidmore) – 30 avril 1974
Ballet
9 représentations jusqu’au 27 mai 1974 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
2 représentations du 14 au 16 juillet 1976

Nana (Marius Constant) – 06 mai 1976
Ballet
Livret de Edmonde Charles-Roux d'après le roman d'Emile Zola
16 représentations jusqu’au 9 juin 1976 (Chorégraphie de Roland Petit)

This, That and the Other (Igor Wakhévitch) – 19 avril 1977
Ballet
7 représentations jusqu’au 19 mai 1977 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

'Notre Dame de Paris' (Maurice Jarre) dans la production originale de Roland Petit (1965)

Théâtre national de l'Opéra de Paris (1978 à 1989)

Year of the Horse (Jean Schwarz) – 28 avril 1978
Ballet 
8 représentations jusqu’au 30 mai 1978 (Chorégraphie de Carolyn Carlson)
5 représentations du 06 au 23 mars 1979

3e acte de 'Lulu' (Alban Berg) – 24 février 1979
Opéra en trois actes, dont les deux premiers actes ont été créés le 2 juin 1937 au Stadttheater de Zurich
Création mondiale au Palais Garnier de la version en trois actes de 'Lulu'
9 représentations jusqu’au 24 mars 1979 (Mise en scène Patrice Chéreau, direction musicale Pierre Boulez)
26 représentations du 08 avril 1998 au 05 novembre 2011 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Willy Decker)

Le Fantôme de l’Opéra (Marcel Landowski) – 22 février 1980
Ballet
Livret d'après le roman de Gaston Leroux
19 représentations jusqu’au 19 mars 1980 (Chorégraphie de Roland Petit)

Schéma (David Darling et Alwin Nikolais) – 18 décembre 1980
Ballet
Livret de Alwin Nikolais
11 représentations jusqu’au 6 février 1981 (Chorégraphie de Alwin Nikolais)

Erzsebet (Charles Chaynes) – 28 mars 1983
Opéra pour une femme seule en six moments lyriques
Livret de Ludovic Janvier d'après sa pièce "Vers Bathory"
10 représentations jusqu’au 23 avril 1983 (Mise en scène Michael Lonsdale)

Saint François d'Assise (Olivier Messiaen) – 28 novembre 1983
Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux
Poème et musique d'Olivier Messiaen
8 représentations jusqu'au 18 décembre 1983 (Mise en scène Sandro Sequi, direction musicale Seiji Ozawa et Kent Nagano)
6 représentations du 12 au 29 décembre 1992 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Peter Sellars, direction musicale Sylvain Cambreling)
9 représentations du 6 octobre au 5 novembre 2004 à l'Opéra Bastille (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling)

Docteur Faustus (Konrad Boehmer) – 20 février 1985
Drame en musique en deux actes
Livret de Hugo Claus
7 représentations jusqu'au 9 mars 1985 (Mise en scène Charles Hamilton, direction musicale Janos Kulka et John Burdekin)
Coproduction avec la Nederlandse Operastichting d'Amsterdam
Prix Rolf Liebermann (1983) décerné par le Körber Stiftung

Arepo (Hugues Le Bars) – 24 mars 1986
Ballet : Arepo ( opéra à l'envers ) est un hommage au Ballet de l'Opéra, dans sa tradition et sa modernité
5 représentations jusqu’au 25 avril 1986 (Chorégraphie Maurice Béjart)

In the Middle Somewhat Elevated (Thom Willems) – 29 mai 1987
Ballet
66 représentations jusqu’au 11 novembre 2000 (Chorégraphie de William Forsythe)
Distribution de la première : Sylvie Guillem, Isabelle Guérin, Karin Averty, Manuel Legris et Laurent Hilaire
3 représentations au Festival Italica du 18 au 20 juillet 1990
33 représentations en tournée (Avignon, Helsinki, Japon, Turin) du 29 juillet 1994 au 9 juillet 1995
21 représentations du 3 au 31 décembre 2012 

Soon (U2) – 29 mai 1987
Ballet
8 représentations du 29 juin au 10 juillet 1987 (Chorégraphie Daniel Ezralow)

La Célestine (Maurice Ohana) – 13 juin 1988
Tragi-comédie lyrique en un prologue et onze tableaux
Livret de Maurice Ohana d'après Fernando de Rojas, texte français d'Odile Marcel
6 représentations jusqu'au 29 juin 1988 (Mise en scène Jorge Lavelli, direction musicale Arturo Tamayo)

Le Maître et Marguerite (York Höller) – 20 mai 1989
Opéra en deux actes
Livret de York Höller d'après le roman de Mikhaïl Boulgakov
Bande électro-acoustique réalisée à l'IRCAM et à la Musikhochschule de Cologne
Commande de l'Opéra de Paris et du Hamburgische Staatsoper
6 représentations jusqu'au 31 mai 1989 (Mise en scène Hans Neuenfels, direction musicale Lothar Zagrosek et John Burdekin)

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Christiane Eda-Pierre dans la production originale de 'Saint François d'Assise' d'Olivier Messiaen en 1983

Opéra de Paris (1990 à 1994)

Retours de scène (Samuel Zyman) – 07 mai 1992
Ballet
8 représentations jusqu'au 17 mai 1992 (Chorégraphie Odile Duboc)
Distribution de la première représentation à Paris : Elisabeth Maurin, Carole Arbo, Karin Averty et Patrick Dupond.

Enter (David Tudor) – 17 novembre 1992
Ballet
Commande de l'Opéra de Paris et du Festival d'Automne.
5 représentations jusqu'au 21 novembre 1992 (Chorégraphie Merce Cunningham)
Rideau de scène créé par John Cage. Enter, traite d'êtres humains qui sont impliqués dans différentes expériences de mouvement.

 

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

'Appartement' (FleshQuartet) dans la chorégraphie de Mats-Ek (2000)

Opéra national de Paris (1994 à aujourd'hui)

Garnier Event I & II (Christian Wolff, Takehisa Kosugi et Steve Lacy) – 06 janvier 1998
Ballet
11 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Pond War (Brian Eno) – 13 janvier 1998
Ballet - New Ikebukuro pour trois platines CD 
5 représentations jusqu'au 17 janvier 1998 (Chorégraphie Merce Cunningham)

Casanova (Goran Vejvoda) – 03 mars 1998
Ballet en neuf tableaux
28 représentations jusqu'au 26 octobre 2002 (Chorégraphie Angelin Preljocaj)
Distribution de la première représentation:
Isabelle Guerin, Aurélie Dupont, Laurent Hilaire, Nicolas Le Riche et Wilfried Romoli

Pas. / Parts (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet
52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, Clairemarie Osta, Eleonora Abbagnato, Stéphanie Romberg, Jean-Guillaume Bart, Jérémie Bélingard, Kader Belarbi, Lionel Delanoë, Nicolas Le Riche, José Martinez.

Woundwork 1 (Thom Willems) – 31 mars 1999
Ballet

52 représentations jusqu'au 04 octobre 2014 (Chorégraphie William Forsythe)
4 représentations en tournée à Vienne du 18 au 22 juillet 2000
Distribution de la première représentation: Carole Arbo, Isabelle Guérin, Laurent Hilaire, Manuel Legris.

Orison (Costin Miereanu) – 20 mai 1999
Ballet
7 représentations jusqu'au 29 mai 1999 (Chorégraphie Pierre Darde)
Distribution de la première représentation: Elisabeth Maurin, Yann Bridard

Clavigo (Gabriel Yared) – 15 octobre 1999
Ballet en deux parties, inspiré du drame romantique de Wolfgang von Goethe
34 représentations jusqu'au 6 novembre 2003 (Chorégraphie Roland Petit)
4 représentations en tournée (Baalbeck - juillet 2001 -, Athènes - septembre 2003-)
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Nicolas Le Riche, Yann Bridard, Yann Saïz.

Appartement (FleshQuartet) – 27 juin 2000
Ballet en dix séquences :
La Salle de bains - La Télévision - Le Passage piétonnier - La Cuisine (pas de deux) - Jeux d'enfants (trio) - Valse - Marche des aspirateurs - Duo des embryons - Grand Pas de deux – Finale
36 représentations jusqu'au 9 juillet 2014  (Chorégraphie Mats-Ek)
17 représentation du 27 mars au 18 avril 2025
Distribution de la première représentation: Marie-Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Kader Belarbi, Nicolas Le Riche, José Martinez, Benjamin Pech, Wilfried Romoli.

Yamm (Philippe Fenelon) – 21 octobre 2000
Ballet
7 représentations jusqu’au 7 novembre 2000 (Chorégraphie Lionel Hoche)

Wuthering Heights (Philippe Hersant) – 26 février 2002
Ballet en un prologue et deux actes
25 représentations jusqu'au 6 octobre 2007 (Chorégraphie Kader Belarbi)

AndréAuria (David Lang) – 15 novembre 2002
Ballet
"AndréAuria" ou pour le chorégraphe, complexité du corps, les pointes, la vitesse, l'accumulation de mouvements.
26 représentations jusqu'au 20 février 2015 (Chorégraphie Edouard Lock)
Distribution de la première à Paris : Marie Agnès Gillot, Clairemarie Osta, Dorothée Gilbert, Karl Paquette.

La Petite Danseuse de Degas (Denis Vaillant) – 25 avril 2003
Ballet
Livret de Martine Kahane et Patrice Bart
41 représentations jusqu'au 14 juillet 2010 (Chorégraphie de Patrice Bart)

La Septième Lune (Jean Prodomidès) – 16 avril 2004
Ballet
14 représentations jusqu'au 29 avril 2004 (Chorégraphie de Davide Bombana)
Distribution de la première représentation: Agnès Letestu, José Martinez, Stéphanie Romberg

Le Songe de Médée (Mauro Lanza) – 05 novembre 2004
Ballet
Commande de l'Opéra et de l'IRCAM
22 représentations jusqu'au 10 novembre 2007
Distribution de la première représentation : Marie-Agnès Gillot, Wilfried Romoli, Eleonora Abbagnato.

The Temptation of Saint Anthony (Bernice Johnson Reagon) – 24 novembre 2005
Opéra
Livret de Bernice Johnson Reagon d'après l'oeuvre de Gustave Flaubert
Commande de l'Opéra de Paris - Création officielle au Palais Garnier après présentation à la Ruhrtriennale en juin 2003
12 représentations jusqu'au 16 décembre 2005  (Mise en scène Robert Wilson, Direction musicale Toshi Reagon)
Coproduction avec la Ruhrtriennale et Change Performing Arts

O Zlozony / O composite (Laurie Anderson) – 17 décembre 2004
Ballet
56 représentations jusqu'au décembre 2012 (Chorégraphie Trisha Brown)
3 représentations en tournée à Vienne du 14 au 16 juillet 2005
23 représentations du 01 décembre au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Trisha Brown)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Manuel Legris, Nicolas Le Riche

Les Familiers du labyrinthe (Todor Todoroff) – 03 février 2005
Ballet
13 représentations jusqu'au février 2005 (Chorégraphie Michèle Noiret, direction musicale Edward Gardner)

Da gelo a gelo (Salvatore Sciarrino) – 23 mai 2007
Opéra
Livret d’après le journal ‘Cent scènes et soixante-cinq poèmes’ d’Izumi Shikibu (Japon, XIe siècle)
Commande de l'Opéra de Paris (Création le 21 mai 2006 au Schwetzinger Festspiele) et du Grand Théâtre de Genève.
7 représentations jusqu'au 10 juin 2007 (Mise en scène Trisha Brown, direction musicale Tito Ceccherini – Klangforum Wien)

Genus (Joby Talbot et Deru) – 26 octobre 2007
Ballet
32 représentations jusqu'au 22 novembre 2009 (Chorégraphie Wayne McGregor)

Melancholia (Georg Friedrich Haas) – 09 juin 2008
Opéra en trois parties
Livret de Jon Fosse d'après la première partie du roman "Melancholia I" de Jon Fosse
7 représentations jusqu'au 27 juin 2008 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Sylvain Cambreling - Klangforum Wien)
Coproduction IRCAM, Radio France, Instant Pluriel, Opéra national de Paris, dans le cadre du Festival Agora 2008

Les Enfants du paradis (Marc-Olivier Dupin) – 21 octobre 2008
Ballet
Livret de Jacques Prévert Adaptation de François Roussillon et José Martinez
33 représentations jusqu'au 6 juin 2015  (Chorégraphie José Martinez)
6 représentations en tournée (Nagoya et Tokyo - mai 2013)

Yvonne, princesse de Bourgogne (Philippe Boesmans) – 24 janvier 2009
Opéra
Livret de Luc Bondy et Marie-Louise Bischofberger d’après la pièce homonyme de Witold Gombrowicz.
7 représentations du 24 janvier au 8 février 2009 (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Sylvain Cambreling)
4 représentations du 26 février au 8 mars 2020  (Mise en scène Luc Bondy, direction musicale Susanna Mälkki)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

'Yvonne, princesse de Bourgogne' de Philippe Boesmans (2009)

Darkness is Hidding Black Horses (Saburo Teshigawara) – 31 octobre 2013
Ballet
11 représentations jusqu’au 14 novembre 2013 (Chorégraphie Saburo Teshigawara, directio musicale Paul Agnew)
Distribution de la première représentation :Aurélie Dupont, Jérémie Bélingard, Nicolas Le Riche, Marc Moreau

Clear, Loud, Bright, Forward (Nico Muhly) – 24 septembre 2015
Ballet
13 représentations jusqu'au 11 octobre 2015 (Chorégraphie Benjamin Millepied, direction musicale Maxime Pascal)

The Seasons Canon (Max Richter) – 24 septembre 2016
Ballet
Musique des ‘Quatre Saisons’ d’Antonio Vivaldi recomposée par Max Richter
54 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Crystal Pite)
13 représentations en tournée (Novosibirsk, Singapour, Shanghai, Aix-en-Provence) de juillet 2018 à septembre 2022

Trompe La Mort (Luca Francesconi) – 16 mars 2017
Opéra
Livret de Luca Francesconi d'après Honoré de Balzac
6 représentations jusqu’au 5 avril 2017 (Mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Susanna Mälkki)

Scary Beauty (Keiichiro Shibuya) – 08 mai 2017
Ballet
5 représentations jusqu'au 13 mai 2017 (chorégraphie Jérémie Bélingard)

Undoing World (Nicolas Worms) – 13 juin 2017
Ballet
4 représentations jusqu’au 18 juin 2017 (Chorégraphie Bruno Bouché)

Play (Mikael Karlsson) – 06 décembre 2017
Ballet
60 représentations jusqu’au 04 janvier 2025 (Chorégraphie Alexander Ekman)

Frôlons (James Thierrée) – 19 mai 2018
Ballet - Création dans les espaces publics au Palais Garnier
11 représentations jusqu’au 8 juin 2018 (Chorégraphie de James Thierrée)

Bérénice (Michael Jarrell) – 29 septembre 2018
Opéra en quatre séquences
7 représentations jusqu’au 17 octobre 2018  (Mise en scène Claus Guth, direction musicale Philippe Jordan)
Avec Bo Skovkus et Barbara Hannigan

At the Hawk’s Well (Ryoji Ikeda) – 22 septembre 2019
Ballet d'après William Butler Yeats,
17 représentations jusqu’au 15 octobre 2019 (Chorégraphie Hiroshi Sugimoto et Alessio Silvestrin)
Avec Amandine Albisson, Ludmila Pagliero, Axel Magliano, Hugo Marchand, Audric Bezard, Alessio Carbone

Body and Soul (Owen Belton) – 26 octobre 2019
Ballet
37 représentations jusqu'au 20 février 2022 (Chorégraphie Crystal Pite)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

'The Seasons Canon (Max Richter)' dans la chorégraphie de Crystal Pite (2016)

Et si (Guillaume Alric) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Mehdi Kerkouche)
16 représentations annulées

Brise-lames (Koki Nakano) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Damien Jalet)
16 représentations annulées

Exposure (Woodkid) – 13 novembre 2020
Ballet
1 représentation le 13 novembre 2020 (Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui)

Le Soulier de Satin (Marc-André Dalbavie) – 21 mai 2021
Opéra
Livret de Raphaèle Fleury d'après la pièce de Paul Claudel
5 représentations jusqu'au 13 juin 2021 (Mise en scène Stanislas Nordey, direction musicale Marc-André Dalbavie)
Avec Luca Pisaroni, Eve Maud Hubeaux, Marc Labonnette, Yann Beuron, Nicolas Cavallier, Jean-Sébastien Bou, Béatrice Uria-Monzon, Eric Huchet, Vannina Santoni, Max Emanuel Cencic, Julien Dran, Camille Poul, Fanny Ardant

Faunes (Ori Lichtik) – 01 décembre 2021
Ballet
21 représentations jusqu’au 02 janvier 2022 (Chorégraphie Frederick Ashton, direction musicale Vello Pähn)
2 représentations en tournée à Los Angeles le 20 et 21 juillet 2022

Chiroptera (Thomas Bangalter) – 12 novembre 2023
Installation – Parvis du Palais Garnier
1 représentation le 12 novembre 2023 (Chorégraphie Damien Jalet)

Red Carpet (Hofesh Shechter) – 10 juin 2025
Ballet
20 représentations jusqu’au 14 juillet 2025 (Chorégraphie Hofesh Shechter)

Drift Wood (Amos Ben-Tal) – 01 décembre 2025
Ballet
23 représentations jusqu’au 31 décembre 2025 (Chorégraphie Imre et Marne van Opstal)

Le Petit Prince (Simon Bång) –  06 décembre 2025
Ballet d’après l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry
8 représentations (Démonstration et Spectacle) par l’Ecole de Danse jusqu’au 19 avril 2026 (Chorégraphie Clairemarie Osta)

Empreintes (Mikael Karlsson & Gustave Rundman) – 11 mars 2026
Ballet sous forme de 2 créations
17 représentations jusqu’au 28 mars 2026 (Chorégraphies Morgann Runacre-Temple & Jessica Wright, Marcos Morau)

Dream this Way (Tru) –  27 juin 2026
Ballet
15 représentations jusqu’au 14 juillet 2026 (Chorégraphie Micaela Taylor)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

Max Emanuel Cenčić (L’Ange Gardien) dans 'Le Soulier de Satin' de Marc-André Dalbavie (2021)

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Publié le 9 Juillet 2025

Article de juillet 2016 mis à jour le 09 juillet 2025

L'article qui suit est une mise à jour intégrale de son contenu rédigé la première fois en juillet 2016.
Il fait un état des lieux de l’audience des sites internet de théâtres lyriques, de salles de concert classique, d’orchestres philharmoniques, de revues musicales, de radios musicales, de chaînes culturelles, de bases de données classiques et de sites de vidéos en streaming et cherche à en tirer quelques enseignements.

Le point de départ est le site de mesure d'audience Similarweb.com (une jeune compagnie britannique de technologie de l'information) qui donne, gratuitement, quelques indicateurs, à ne considérer que pour leurs ordres de grandeur, et un classement mondial des sites sélectionnés (classement basé sur le nombre de consultations mais aussi le temps passé et le nombre de pages consultées par les lecteurs).

Il fournit, notamment, le nombre de consultations par mois, la part du trafic lié à un accès direct au site (plus la part des accès directs est importante, plus la part des lecteurs fidèles est élevée), et la nationalité des visiteurs. Contrairement aux idées reçues, la part de lecteurs amenée par les réseaux sociaux (Facebook, twitter, Instagram ..) est très faible et représente dans la plupart des cas moins de 5% du trafic. Ces sites sont avant tout consultés par accès direct (pour les fidèles) ou par recherche google pour lequel leur bon référencement est indispensable à leur visibilité.

Un même visiteur pouvant consulter un même site plusieurs fois par mois, voir par jour, et depuis différents moyens électroniques, le nombre de consultations est donc très supérieur au nombre de personnes physiques distinctes ayant accédé à un site internet.  Ainsi, ‘Google’, le site n°1, reçoit 90 milliards de consultations par mois, alors que seuls 4 milliards d’habitants ont accès à internet dans le monde. Le nombre de visiteurs réels d’un site web est donc probablement 20 à 100 fois inférieur au nombre de consultations.

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

 Le tableau qui suit présente le classement de 300 sites lyriques et musicaux pour les 12 catégories suivantes auxquelles un code couleur différent est associé (bleu foncé pour les maisons d'opéras, bleu clair pour les centres de musiques et les orchestres, rose pour les webzine et blog, etc.), à savoir :

  • 2 chaînes culturelles à titre de référence : Arte et 3Sat
  • 6 radios musicales (Classik FM, France Musique, Radio Classique, WQXR, BR Klassik ...)
  • 154 maisons d’opéras internationales (Opéra national de Paris, MET, Covent Garden, Mariinski etc.)
  • 50 salles de concerts et orchestres philharmoniques ou symphoniques et centres musicaux
  • 5 sites qui agrègent plusieurs salles (Kennedy Center, Aalto Theater Essen, Château de Versailles Spectacles et Opera Australia)
  • 49 webzines et blogs (Slipped Disc, Forum Opera, Bachtrack, etc.)
  • 4 sites dédiés aux violonistes (Violinist, The Strad, Strings Magazine, The Violin Channel)
  • 5 sites de streaming (Operavision, Medici TV, Digital Concert Hall, Opera on video)
  • 9 bases de données de partitions et d'archives (IMSLP, Opera Arias, La Flûte de Pan, Bärenreiter etc.)
  • 13 sites de ventes en ligne d’enregistrements musicaux (JPC, Qobuz, Presto Music, Naxos etc.)
  • 1 site de billetterie (Music Opéra)
  • 2 agences artistiques (Intermusica et Askonas Holt )

 

Le choix du seuil de 300 sites permet d'inclure quasiment tous les sites recevant au minimum 15 000 consultations par mois (soit d'un milliers de lecteurs individuels pour les plus modestes à plusieurs centaines de milliers pour Arte). Ce nombre de consultations mensuelles est une moyenne calculée sur le premier semestre 2025 (Similar Web affiche les résultats des 3 derniers mois ce qui oblige à faire plusieurs sondages au cours de l'année).

Pour chaque site est affiché :

  • son classement mondial (moyenne des 6 derniers mois)
  • l'évolution de son classement par rapport au second semestre 2024
  • le nombre de consultation par mois (moyenne des 6 derniers mois)
  • la part de visiteurs qui accèdent directement au site (sans recherche google ou réseaux sociaux)
  • la part de visiteurs français

 

Une mise à jour d'ensemble de ce classement aura lieu tous les 6 mois, chaque mois de janvier et juillet, afin de suivre l'évolution annuelle du succès de ces sites. 

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Classic FM, première chaîne de musique classique
Avec plus de 3 millions d’accès par mois sur internet, et 5 millions d’auditeurs chaque week-end sur les ondes hertziennes, la chaîne de musique classique britannique Classic FM a fêté ses 30 ans le 7 septembre 2022 et est devenue la première chaîne de musique classique au monde. 

 

En France, France Musique et Radio classique sont au coude à coude avec environ 1 million d’auditeurs par jour en hertzien. Mais sur internet, France Musique prend le dessus sur sa concurrente avec 1,4 millions de consultations du site par mois (1,2 millions en 2016), ce qui peut être du à la richesse de son contenu numérique. Plus de 80 % des auditeurs numériques des deux radios sont français, mais 10 % du trafic de Radio Classique provient d’auditeurs belges, alors que 10 % du trafic web de France Musique provient d’auditeurs canadiens, suisses, espagnols et grecs.

Toutefois, depuis février 2022, Radio France agrège sur un même site ses différentes chaînes radios (France Culture, France Inter etc..) si bien qu'il n'est plus possible de suivre l'évolution de France Musique. Le nombre de consultations affiché ici est donc une estimation à partir de l'évolution de la fréquentation de Radio France.

Le ROH, l’ONP, le MET, le Mariinsky et le Bolshoi en tête des sites web de maisons lyriques les plus consultés au monde.
Le Royal Opera House Covent Garden, l’Opéra national de Paris, le MET Opera de New-York, le Théâtre du Mariinsky et le Bolshoi sont les cinq maisons d’opéra qui disposent de sites internet classés parmi les 100 000 plus consultés au monde avec plus de 500 000 connexions par mois (et même 1 million pour le ROH). On observe cependant une nuance entre les maisons occidentales et les maisons russes.

70 % des visiteurs numériques des maisons occidentales sont nationaux, et 8 % proviennent aussi des USA pour le Covent Garden et l’Opéra de Paris, tandis que 8 % des visiteurs numériques du MET sont britanniques ou canadiens.

 

Avec plus de 500 000 consultations par mois, les maisons russes de Saint-Pétersbourg (Le Mariinski) et Moscou (Le Bolshoi) talonnent ces trois maisons phares, mais  90 % de leurs visiteurs sont cette fois nationaux et 2 % sont américains. Et depuis fin 2023, et la nomination de Valery Gergiev, le site du Théâtre du Bolshoi est même le plus consulté des sites d'institutions lyriques.

Avec 400 000 visiteurs par mois, le site de l’Opéra de Vienne a une structuration de sa fréquentation un peu différente. Seuls 30 % des visiteurs sont nationaux, 15 % sont allemands, 10 % sont américains, 6% sont britanniques et 5% sont français, ce qui reflète une image de maison de répertoire ouverte au monde entier. Les Russes, qui représentaient 10% du public avant la guerre en Ukraine, en sont dorénavant absents.

Et hors Opéra de Paris, le Théâtre des Champs-Élysées, le Théâtre du Châtelet, l'Opéra de Lyon et l'Opéra de Bordeaux sont les seuls sites de théâtre lyrique et classique français à dépasser largement les 50 000 consultations par mois.

Les opéras allemands sont bien représentés en seconde partie de ce classement, le Bayerische Staatsoper de Munich (300 000 consultations) en tête, mais également les maisons européennes telles le Norwegian Opera, le Royal Danish Opera, le Teatro Real de Madrid, l'Opéra d'Amsterdam, l’Opéra d’État de Prague et le Théâtre national de Brno.

Hors Europe, le Teatro Colon de Buenos Aires se détache nettement avec 400 000 visiteurs par mois.

Les succès de la Philharmonie de Paris et de l’ElbPhilharmonie et la reconnaissance internationale du Philharmonique de Vienne
Ouvertes respectivement en 2015 et 2017, la Philharmonie de Paris et l’ElbPhilharmonie de Hambourg sont devenues en quelques années les salles de concerts philharmoniques disposant des sites les plus consultés au monde.

Quant au site du Philharmonique de Vienne (plus de 250 000 consultations par mois) – l’orchestre a célébré ses 180 ans en 2022 -, il dispose d’une structuration de ses visiteurs totalement internationale dont seuls 15 % sont autrichiens, 15 % allemands, 10 % américains, 5% polonais, 5% italiens et 5% japonais..

Il est de plus fréquenté à 50 % par une multitude d’autres nationalités. Vienne est véritablement associée à une image de culture musicale mondiale - mais le concert du nouvel an qui augmente l'afflux de visiteurs sur le site du Wiener Philharmoniker en janvier joue beaucoup sur cette mise en avant -.

Enfin, pas moins de 13 sites d'orchestres américains apparaissent dans ce classement, dont le New York Philharmonic qui est en tête (300 000 visites par mois) suivi par le Boston Symphony Orchestra et le Los Angeles Philharmonic, et le site de l'emblème musicale des Pays-Bas, le Concertgebow d'Amsterdam, atteint désormais les 250 000 consultations par mois.


 

Slipped Disc et Classical Music en tête des Webzines internationaux, Forum Opera n°1 français pour l'Opéra.
Les magazines en ligne de musique classique se sont développés au même rythme que les sites lyriques. On y trouve des interviews d’artistes, des chroniques de spectacles ou d’enregistrements, l’actualité musicale, et parfois des lieux de discussions. Les groupes anglo-saxons dominent sans partage ce genre de média et sont les véritables promoteurs de cet art dans le monde.

Fondé en 2007 par l’écrivain et critique Norman Lebrecht, Slipped Disc est devenu le n°1 mondial des webzines avec plus de 1 million de consultations par mois. Son lectorat est à 40 % américain, à 25 % britannique, 8 % allemand et 7 % canadien.

Classical Music, le site de la revue BBC Music Magazine (1992), obtient un nombre de consultations qui atteint 700 000 par mois, et d’autres webzines tels Gramophone Uk (la revue fut créée en 1923 par Compton MacKenzie) ou Classics Today (au contenu mis à jour de façon journalière) obtiennent respectivement 350 000 et 200 000 consultations par mois.

Et depuis 2016, un site américain, Operawire (déjà 300 000 visites par mois), monte pour mettre en valeur les artistes de l’art lyrique.

Fondé en 2008 par David et Alison Karlin, le site Bachtrack regroupe des interviews et des comptes-rendus internationaux de concerts, opéras et spectacles chorégraphiques, et peut être consulté en français depuis 2013 (même si seules 10 % de ses 300 000 consultations mensuelles proviennent de l’hexagone).

Tel un gigantesque hub, cet outil propose de nombreux liens vers les évènements et les captations vidéos accessibles en ligne. Il regroupe 150 chroniqueurs dans le monde qui publient 250 articles par mois.

D'autres webzines internationaux ont acquis une importance significative tels Connesi all Opera (Italie), Concerti (Allemagne), Schweizer Musikzeitung (Suisse) ou Opera Plus (Tchéquie).

BelCanto (depuis 2002) et Classical Music News (depuis 2006 - Rédacteur en Chef : Boris Lifanovsky) sont les deux sites russes phares qui dépassent les 300 000 visiteurs par mois.

 

Créé en 2001 par Camille de Rijck, et numéro 1 en France avec plus de 120 000 consultations par mois, Forum Opera est spécifiquement orienté Opéra et Art lyrique. 85 % de son lectorat est français, 4% belge, 2 % américain et 2 % tchèque.

Quatre autres webzines français le rejoignent, Resmusica (qui a quasiment doublé son niveau de fréquentation ces 5 dernières années pour devenir le site généraliste n°1 en France - puisqu'il couvre la danse, les concerts et les représentations lyriques), Opera Online (45% de lecteurs français, 10% allemands, 20% anglo-saxons) avec 110 000 visites par mois et des critiques aussi reconnus qu'Alain Duault ou Dominique Adrian (également présent sur Resmusica), Diapason Magazine, la vitrine du magazine papier du même nom, et Olyrix, exclusivement centré sur l’Opéra et qui s’est bien implanté ces 5 dernières années également (environ 90 000 consultations par mois).

D’autres sites français permettent d’avoir accès à des comptes-rendus de concerts et d’opéras (Concertonet, Altamusica, Anaclase, Classykeo, Carnets sur Sol, Concert Classic, Wanderer ...) avec toutefois une audience plus confidentielle (de quelques centaines de lecteurs à 1000 lecteurs pour 10 000 à 35 000 lectures mensuelles).

Quant aux forums de discussions, mal référencés car pénalisés par Google, ils ne réunissent que quelques centaines de lecteurs habituels.

Il est toutefois assez étrange de constater que l'Union européenne ne dispose pas de grand site de musique classique et lyrique au niveau de ceux des britanniques. Serait-ce parce que ces derniers sont plus commerçants dans l'âme?

 

Les réussites des sites de commerce et de streaming Qobuz, JPC, Presto Music, Arte concert, Medici TV 
Fondé par Alexandre Leforestier et Yves Riesel, dirigeants d'Abeille Musique, et avec près de 3 000 000 de consultations par mois, Qobuz s’est imposé comme la référence des sites de commerce en ligne et de streaming musicaux, suivi par Presto Music (spécialisé en musique classique). 

Au même niveau de fréquentation que Qobuz, la compagnie JPC fondée en 1973 par Gerhard Georg Ortmann dispose du premier site de commerce en ligne européen pour la musique classique (bien qu'elle ne se limite pas à cette catégorie de musique). Elle propose des enregistrements à prix très attractifs, des DVD, des livres et des partitions.

 

Arte concert (gratuit) et Medici TV (payant) se partagent le créneau de la diffusion d’opéras et de concerts en vidéo, et Opera Vision (exclusivement européen), avec seulement 80 000 consultations par mois, semble en perte de vitesse et surtout consulté par des russes. Il est en fait probable que ses accords de diffusion sur Youtube diluent les informations de consultations dans ceux de la chaîne américaine et qu’il ne devienne plus possible de mesurer son audience réelle de manière immédiate.

Enfin, impossible de ne pas citer le Digital Concert Hall du Philharmonique de Berlin qui permet d'avoir accès pour 150 euros par an à plus de 650 concerts enregistrés au cours des 60 dernières années. Ce site remarquable reçoit près de 300 000 visites par mois, et 25% des visiteurs sont anglo-saxons.

 

Naxos, leader mondial des labels d'enregistrements de musique classique
Né en 1987 à l'initiative de Klaus Heymann, un entrepreneur allemand, Naxos est devenu le premier éditeur label mondial de nouveaux enregistrements classiques, avec un catalogue réunissant plus de 15 000 disques à prix économiques.

 

Egalement, signalons les sites de bases de données de partitions, IMSLP (International Music Score Library Project ), Free score et Opera Arias, un site de calendriers de spectacles d’opéras (Operabase) qui couvre les salles du monde entier, ainsi que le très original Bach Cantatas, projet collectif débuté en 1999 sur les 209 Cantates de Bach.

 

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Publié le 3 Juillet 2025

Il barbiere di Siviglia (Gioachino Rossini –
Teatro Argentino de Rome, le 16 février 1816)
Représentation du 02 juillet 2025
Opéra Bastille

Rosina Isabel Leonard
Figaro Mattia Olivieri
Il Conte d'Almaviva Levy Sekgapane
Bartolo Carlo Lepore
Basilio Luca Pisaroni
Fiorello Andres Cascante
Berta Margarita Polonskaya
Un ufficiale Jianhong Zhao

Direction musicale Diego Matheuz
Mise en scène Damiano Michieletto (2014)

 

Pour sa cinquième reprise et déjà 55 représentations au compteur depuis le 19 septembre 2014, la production du ‘Barbier de Séville’ imaginée par Damiano Michieletto est devenue l’un des grands classiques de l’Opéra Bastille, ce qui conforte l’ouvrage le plus populaire de Rossini au 7e rang des opéras les plus joués à l’Opéra de Paris.

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Il faut dire que cette scénographie a de quoi séduire par sa reconstitution des façades d’une rue de Séville contemporaine dont le bâtiment central pivote pour révéler un dédale de pièces et d’escaliers sur trois niveaux absolument charmant, chargé d’une riche décoration plutôt prosaïque illuminée par des éclairages aussi bien intimes et chaleureux qu’ils peuvent être francs.

Le public a ainsi l’impression de se trouver face à une immense maison de poupée parmi laquelle les chanteurs évolueraient, une brillante adresse aux souvenirs d’enfance des auditeurs qui touche au cœur, Rosina étant elle même une adolescente vivant dans son monde fait d’admiration pour de beaux acteurs et chanteurs.

Le Barbier de Séville (Leonard Olivieri Sekgapane Matheuz Michieletto) Opéra de Paris

Et non seulement la direction d’acteurs du metteur en scène italien est vive et inventive, jusqu’à la scène de folie qui clôt la première partie dans un tournoiement méticuleusement réglé, mais l’on a aussi de cesse d’admirer la complexité du décor et ses moindres détails, qui ne peuvent se révéler qu’aux jumelles ou bien en allant visiter les coulisses. Les équipes techniques, des lumières et des décorations doivent être très fières d’une telle réalisation amenée à rester au répertoire certainement pour bien des années encore.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

Depuis son passage à l’Opéra de Paris en 2011 où elle incarnait Sesto et Cherubino respectivement dans ‘Giulio Cesare’ et ‘Le Nozze di Figaro’ – elle était même initialement annoncée dans le rôle de Rosine en 2010 -, Isabel Leonard n’était pas revenue à Paris depuis, sa carrière s’étant principalement développée dans sa cité natale, New-York.

Elle se glisse avec grande aisance dans ce rôle enfantin, rondeur et noirceur du timbre allant de pair avec une vivacité, et parfois même une certaine célérité, des vocalises qui se veulent expressives avec beaucoup de corps, les aigus ne manquant nullement de panache.

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Découvert par le public parisien en février 2023 dans ‘Lucia di Lammermoor’, Mattia Olivieri est un excitant Figaro au profil de jeune ambitieux ayant une voix d’un excellent tranchant et un métal qui résonne avec un bel éclat. Mais il a aussi une agilité qui exprime une grande liberté d’esprit et une certaine légèreté par rapport à la vie. Il en résulte une image moderne et fascinante d’un homme initialement serviteur qui souhaite renverser les grands, sans la moindre hargne et avec un humour et une ruse affûtés.

Levy Sekgapane (Almaviva)

Levy Sekgapane (Almaviva)

Mais le plaisir devient absolu avec Levy Sekgapane.

Le ténor sud-africain s’était autorisé un passage au Théâtre des Champs-Élysées le 18 juin dernier entre deux représentations du ‘Barbier de Séville’ pour aller chanter Lindoro dans ‘L’Italienne à Alger’, et finalement remporter un succès bien réjouissant.

Cependant, sur la grande scène Bastille, il diffracte un optimisme chantant enivrant, une inspiration du bonheur qui provient autant du charme vibratoire de sa voix que de sa clarté qui évoque tant un printemps insouciant. Très bon acteur et partenaire semblant danser sur la musique, il offre au final un solo ‘Cessa di più resistere’ pleinement aérien, une évocation libre et dénuée de tout orgueil qui le départit d’autres profils de ténors qui donnent parfois l’impression de se prendre trop au sérieux.

Et dans son air idolâtre 'Ecco ridente in Cielo', les nuances et variations enjôleuses virevoltent amusément, la sérénade suivante 'Se il mio nome saper voi bramante' prenant une tonalité hispanisante complètement dépaysante avec des passages en voix de tête d'une sensibilité à fleur de peau qui laissent aussi transparaitre des affinités avec l'univers baroque.

Par magie, avec Levy Sekgapane tout n’est que joie lumineuse sans autre aspiration que le partage qui devient par conséquent extrêmement communicatif. Croisons les doigts pour que cette jeunesse qui cache un travail acharné sur le souffle et le phrasé dure le plus longtemps possible.

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Présent à la création de cette production et à sa précédente reprise, la basse napolitaine Carlo Lepore fait elle aussi montre d’une forte présence, d’abord par son timbre saillant et sa très bonne élocution interprétative, mais aussi de par son jeu rodé à la comédie, certes tout à fait classique d’esprit, mais avec un lustre encore bien sensible.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

On ressent néanmoins moins de superbe chez Luca Pisaroni, inoubliable Leporello et Figaro sous le mandat de Gerard Mortier et artiste qui joue toujours avec générosité, mais qui concentre dorénavant trop les graves de sa voix en son intérieur plutôt qu’en les faisant rayonner avec vibrance, mais les jeunes seconds rôles issus du giron de l’Opéra de Paris, Andres Cascante en Fiorello, Margarita Polonskaya en Berta et Jianhong Zhao en ufficiale, ont tous une luminosité à embrasser avec naturel.

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Geste très élégant, savant coloriste des volées de cordes et de la fraîcheur des vents, Diego Matheuz est le garant de la clarté et du lustre radieux de l’interprétation musicale, sans excès de trépidations, mais avec le goût pour faire ressentir la valeur d’une partition et sa délicatesse. Il préserve aussi la cohésion de cette soirée somptueuse tout en respectant la personnalité de chaque artiste.

Un moment d’exception à travers une œuvre pourtant si recherchée, on ne pouvait mieux espérer en ce début d’été.

Mattia Olivieri

Mattia Olivieri

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