Publié le 10 Mars 2022

A Quiet Place (Leonard Bernstein – 1983)
Livret Stephen Wadsworth - adaptation de 2013
Création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre
Répétition générale du 04 mars et représentation du 09 mars 2022
Palais Garnier

Dede Claudia Boyle
François Frédéric Antoun
Junior Gordon Bintner
Sam Russell Braun
Funeral director Colin Judson
Bill Régis Mengus
Susie Hélène Schneiderman
Analyst Loïc Félix
Doc Jean-Luc Ballestra
Mrs Doc Emanuela Pascu
Mourners Soprano Marianne Croux
Mourners Alto Ramya Roy
Mourners Tenor Kiup Lee
Mourners Bass Niall Anderson
Dinah Johanna Wokalek

Direction musicale Kent Nagano                                 Johanna Wokalek (Dinah)
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2022)
Décors, Costumes Małgorzata Szczęśniak
Lumières Felice Ross
Vidéo Kamil Polak
Collaboration artistique Claude Bardouil
Dramaturgie Miron Hakenbeck

Diffusion sur France Musique le 23 avril 2022 à 20h

L’entrée au répertoire de ‘A Quiet Place’, le dernier opéra de Leonard Bernstein, est un évènement pour l’Opéra national de Paris pour plusieurs raisons :

Claudia Boyle (Dede), Frédéric Antoun (François) et Gordon Bintner (Junior)

Claudia Boyle (Dede), Frédéric Antoun (François) et Gordon Bintner (Junior)

Premièrement, il s’agit du premier opéra d’un compositeur d’origine américaine qui soit joué sur la scène du Palais Garnier depuis son ouverture le 05 janvier 1875, et il s’agit du second opéra d’un compositeur d’origine américaine qu’ait accueilli l’institution au cours de son histoire depuis ’Porgy and Bess’ de Georg Gershwin donné sur la scène Bastille en décembre 1996 dans une production du Houston Grand Opera.

A Quiet Place (Boyle - Bintner -Nagano - Warlikowski) Opéra de Paris

Secondement, il s’agit d’une première en France. ‘A Quiet Place’ fut créé, fort à propos, au Houston Grand Opera le 17 juin 1983 dans une version en un acte, en seconde partie de son premier opéra ‘Trouble in Tahiti’ créé en 1952. 

Loïc Félix (Analyst) et Emanuela Pascu (Mrs Doc)

Loïc Félix (Analyst) et Emanuela Pascu (Mrs Doc)

Puis, Leonard Bernstein arrangea en 1984 une nouvelle version en trois actes de son opéra pour la Scala de Milan et Washington, moyennant quelques coupures et la suppression des personnages secondaires après la scène de l’enterrement, en y fondant sous forme de flash-back ‘Trouble in Tahiti’. Il l’améliora et le dirigea en 1986 à l’Opéra de Vienne. Un enregistrement de cette version est disponible aujourd’hui chez DG.

Claudia Boyle (Dede) et Danielle Gabou

Claudia Boyle (Dede) et Danielle Gabou

Kent Nagano collaborait déjà avec le compositeur à cette époque et trouvait, lui aussi, qu’une version de chambre de cet opéra correspondrait mieux à l’intimisme de la pièce. En 2013, le chef d’orchestre américain présenta au Konzerthaus de Berlin une version de chambre de ‘A Quiet Place’ orchestrée par Garth Edwin Sunderland pour 18 musiciens, qui revenait à la partition originale, sans l’insert de ‘Trouble in Tahiti’, et réintégrait les passages coupés en 1984, mais pas les personnages secondaires aux deux derniers actes. Cette version fut enregistrée pour Decca en 2018.

Et pour le Palais Garnier, Kent Nagano propose de faire découvrir au public parisien, en création mondiale, une nouvelle orchestration pour grand orchestre de cette version de 2013 afin de s’adapter aux dimensions de la salle de style Second Empire.

Colin Judson (Funeral director)

Colin Judson (Funeral director)

Enfin, troisièmement, Kent Nagano fait son grand retour sur la scène de l’Opéra national de Paris, 13 ans après avoir dirigé ‘Werther’ à l’Opéra Bastille. Il est l’un des chefs d’orchestre américains que Gerard Mortier avait pour habitude d’inviter régulièrement tout au long de son mandat de 2004 à 2009.

Hélène Schneiderman (Susie), Régis Mengus (Bill) et Claudia Boyle (Dede)

Hélène Schneiderman (Susie), Régis Mengus (Bill) et Claudia Boyle (Dede)

Et à grand chef d’orchestre grand metteur en scène, puisque c’est à Krzysztof Warlikowski qu’Alexander Neef a proposé de réaliser l’interprétation théâtrale de cet ouvrage qui traite de relations familiales abîmées, de non-dits, de la question de la bisexualité et du suicide qui éloignent cette famille des normes de bonheur bien établies de la société américaine des années 50-60.

Kent Nagano et Krzysztof Warlikowski se connaissent bien puisqu’ils ont collaboré ensemble en 2018 à Salzbourg pour la nouvelle production de ‘The Bassarids’ de Henze. Ils partagent le même goût pour les œuvres musicalement riches aux thèmes complexes, avec une véritable appétence pour la recherche et la réflexion sur leurs sens.

Johanna Wokalek (Dinah) et Gordon Bintner (Junior)

Johanna Wokalek (Dinah) et Gordon Bintner (Junior)

‘A Quiet Place’ débute par une superbe vidéographie en images de synthèse de Kamil Polak où l’on assiste aux dernières minutes de la vie de Dinah, perdue dans ses pensées au volant de son véhicule dont elle va perdre le contrôle. Malgré la violence de l’accident, le vidéaste préserve la grâce et la beauté de la victime pour faire de la mort un moment d’apaisement, comme l’évoquera Junior dans les dernières minutes de l’opéra.

La scène s’ouvre sur les funérailles qui se déroulent dans une sorte de salle de conférence aux teintes bleu-vert, une trentaine de sièges étant tournés vers la salle du Palais Garnier, un bar rose-fluo se tenant en arrière plan, avec le cercueil de Dinah disposé en position centrale.

Gordon Bintner (Junior)

Gordon Bintner (Junior)

Krzysztof Warlikowski rend extrêmement vivants tous les personnages secondaires qui animent de manière assez futile cette cérémonie. Colin Judson, le croque-mort au timbre clair et réaliste, Hélène Schneiderman, Susie pétillante aux couleurs vocales fantaisistes, Loïc Félix, psychiatre d’allure rigoriste, la somptueuse Emanuela Pascu associée à Jean-Luc Ballestra en couple Doc, et les pleureurs, installés côté cour, Marianne Croux, Ramya Roy, Kiup Lee et Niall Anderson, tous issus de l’Académie de l’Opéra.

Ce premier acte introduit, non sans violence dans les ragots que colportent cette petite communauté, la famille de Dinah. Des acteurs noirs, parmi lesquels la comédienne et chorégraphe Danielle Gabou qui tient le portrait de la victime comme pour rappeler aux invités pour qui ils sont présents, illustrent le positionnement des noirs dans cette société qui ne s’est pas encore totalement émancipée.

Gordon Bintner (Junior)

Gordon Bintner (Junior)

Kent Nagano se régale à induire dans la vivacité des interjections musicales et ses réminiscences mélodiques attendrissantes l’humanité piquante de cette grande scène sociale et chaotique qui frise l’hystérie.
Il y a même une grande similarité de texture vocale entre Frédéric Antoun (François) et Régis Mengus (Bill), dans des tons mats et austères bien que le premier soit ténor et le second baryton, et ce premier tableau révèle ceux qui étaient attachés à Dinah par un amour inabouti.

Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Deux chanteurs principaux présents ce soir, Claudia Boyle et Gordon Bintner, ont participé à l’enregistrement de 2018 et font, à cette occasion, leurs débuts à l’Opéra national de Paris. La soprano irlandaise est réjouissante de par son expressivité naturellement souple et sympathique qui respire l’optimisme, et de par la facilité avec laquelle elle parle en chantant avec un brillant qui fuse avec une grande netteté. 

Le baryton canadien est quant à lui absolument géant. Gordon Bintner est non seulement un immense acteur par la façon dont il s’approprie un personnage lunatique, drôle et irrévérencieux, mais aussi par sa grande largeur de voix, ferme et adaptable, et une chaleur doucereuse qui imposent un charisme éblouissant.

Gordon Bintner (Junior), Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Gordon Bintner (Junior), Russell Braun (Sam) et Claudia Boyle (Dede)

Dans le second acte, Krzysztof Warlikowski met en scène de manière très directe, côté jardin, la vie homosexuelle de Junior et sa relation en ménage par le passé avec François, tandis que côté cour, c’est l’intérieur aux couleurs vert malachite de l’appartement de ses parents qui est représenté où Sam, incarné par un Russell Braun désabusé, et Dede, cherchent à résoudre leurs problèmes en fouillant dans le passé des souvenirs de Dinah.

Claudia Boyle (Dede), Russell Braun (Sam) et Frédéric Antoun (François)

Claudia Boyle (Dede), Russell Braun (Sam) et Frédéric Antoun (François)

Comme un fantôme qui erre parmi eux, l’actrice allemande Johanna Wokalek joue avec nonchalance et mélancolie l’âme de Dinah en observant en silence comment son monde affectif réagit après sa disparition. Sa présence permet au spectateur de s’identifier aux sentiments d’un personnage disparu et de renforcer le lien émotionnel à cette histoire familiale.

Krzysztof Warlikowski et Małgorzata Szczęśniak

Krzysztof Warlikowski et Małgorzata Szczęśniak

Le troisième acte est véritablement le moment psychothérapeutique de cette histoire, et la résolution se joue à travers le jeu de tague que Krzysztof Warlikowski illustre par l’emploi d‘un revolver en plastique. Il s’agit de désamorcer les haines latentes. Malgré l’imbroglio émotionnel, le fait de voir que les liens entre le père et le fils, qui ne s’étaient plus vus pendant 20 ans, n’ont point perdu de force montre aussi ce qu’est la valeur de la vie, et en quoi il ne faut jamais perdre espoir dans les rapports humains.

Très belle idée aussi que de faire apparaître un petit garçon, Junior dans son enfance, qui regarde l’émission de Leonard Bernstein ‘Young People’s Concerts’ en 1958 à travers laquelle le compositeur explique aux téléspectateurs comment Tchaikovski réussit à transmettre ses émotions dans sa quatrième symphonie.

Kent Nagano

Kent Nagano

On comprend l’attachement de Kent Nagano à cette partition. Elle lui permet autant d’entrer dans un univers intimiste dynamisant en jouant sur la fragilité des sonorités ténues avec quelques instrumentistes, que de caresser des mélodies immédiatement tendres et harmonieuses, pour déployer aussi de grands ensembles richement orchestrés et luxuriants comme dans les grands opéras de Richard Strauss. Cet amour de magicien méticuleux pour l’orchestration est une autre dimension profonde de cette création française.

Voir les commentaires

Publié le 9 Mars 2022

Soirée exceptionnelle du 08 mars 2022 en soutien au peuple ukrainien avec le Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris
Théâtre du Châtelet

Classe du Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris
Aurélie Dupont, Directrice de la Danse de l’Opéra national de Paris
Bruno Bouché, Directeur du Ballet du Rhin
Ivan Kozlov, Directeur du Kyiv City Ballet

Extraits de ballets :
Le Lac des Cygnes
(Piotr Ilitch Tchaïkovski - Chorégraphie d’après Marius Petipa) 
Acte II, Pas de deux
Olga Posternak (Kyiv City Ballet) & Paul Marque (Danseur étoile du Ballet de l’Opéra national de Paris)
Acte I, Pas de trois
Kristina Bakliak, Yulia Kuzmych, Mikhailo Shcherbakov

Taras Bulba, variation d’Ostap (Vassili Soloviov-Sedoï - Chorégraphie de Fedor Lopoukhov)
Taras Titarenko

Flammes de Paris, variation de Jeanne (Boriss Assafiev -  Chorégraphie d’après Vassili Vainonen)
Marta Kalandruk

Casse-Noisette, Pas de trois « Danse des Mirlitons » (Piotr Ilitch Tchaikovskï - Chorégraphie d’après Marius Petipa)
Kristina Bakliak, Yulia Kuzmych, Daniil Podhrushko

Composition de Vladyslav Dbshynskyi (Musique de Johann Johansson)
Vladyslav Dbshynskyi                                                                 Vladyslav Dbshynskyi

Men From Kiev (Chorégraphie de Pavlo Virsky)
Mykola Chebotaryev, Mykola Varvaliuk, Daniil Podnrishko, Mihajilo Shcherbakov, Mikhailo Kravets, Volodymr Bukliev, Nazar Korniichuk, Evheni Sheremet, Roman Mdoroz

Défilé du Kyiv City Ballet  - Marche des cosaques zaporogues

Hymne ukrainien (en vidéo)
Orchestre de chambre de Paris - Katia Buniatishvili, piano, Victor Jacob, direction

Cette soirée est réalisée en collaboration avec le Théâtre de la Ville, avec le soutien de la Ville de Paris.

Aurélie Dupont et les danseurs du Kyiv City Ballet

Aurélie Dupont et les danseurs du Kyiv City Ballet

Organisée en urgence et annoncée 3 jours à l’avance seulement, la soirée donnée en soutien au peuple ukrainien avec le Kyiv City Ballet et des danseurs de l’Opéra national de Paris débutait par une extraordinaire effervescence dans la salle mêlée d’excitations et d’émotions à se retrouver, d’une part, au milieu d’un public venu de tous horizons, et, d’autre part, à se préparer à découvrir des personnes directement concernées par l’invasion russe en Ukraine déclenchée le 24 février 2022, et qui a déjà engendré l’exode de 2 millions de personnes.

Actuellement, au moins un danseur et une danseuse du Kyiv City Ballet, Olekiy Potyomkin et Lesya Vortonyk, ont pris les armes en Ukraine.

Ekaterina Kozlova, Ivan Kozlov, Emmanuel Demarcy-Mota et Anne Hidalgo

Ekaterina Kozlova, Ivan Kozlov, Emmanuel Demarcy-Mota et Anne Hidalgo

Devant le rideau de scène du Châtelet aux tons mordorés de Gérard Garouste (1989), Bruno Bouché, Directeur du Ballet du Rhin et ancien sujet du Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris, Aurélie Dupont, Directrice de la danse de l’Opéra national de Paris, Ivan Kozlov, Directeur du Kyiv City Ballet depuis sa création en 2012, Ekaterina Kozlova, son épouse et directrice associée, Emmanuel Demarcy-Mota, Directeur du Théâtre de la Ville, Anne Hidalgo, Maire de Paris et Thomas Laudiot dit Prevost, Directeur du Théâtre du Châtelet, ont présenté la compagnie et expliqué comment la soirée allait se dérouler. La première partie serait dédiée à un échauffement de tous les artistes, et, après un court précipité, un spectacle d’une vingtaine de minutes serait joué.

Hugo Marchand et les danseurs du Kyiv City Ballet

Hugo Marchand et les danseurs du Kyiv City Ballet

Nous retrouvons donc Aurélie Dupont en maître de corps de ballet dirigeant les danseurs dans leurs échauffements, ports de bras, déroulés, pliés, arabesques, pas de bourré et autres fouettés au son du piano qui interprète des airs classiques issus d’ouvrages français, tel celui des ‘Pêcheurs de perles’ joué en ouverture. 

Il est absolument merveilleux d’observer ces danseurs et danseuses qui se découvrent mutuellement et recherchent une harmonie collective. Ils sont beaux à voir dans leurs gestes, leurs démonstrations de souplesse, leurs sourires et leurs visages. Mais ils ne sont pas habitués à s'échauffer en public.

Danseur du Kyiv City Ballet

Danseur du Kyiv City Ballet

Aurélie Dupont donne aussi l’impression de se retrouver elle même, quittant ses responsabilités managériales pour retrouver son âme d’artiste. Hugo Marchand s’échauffe en avant-scène, côté jardin, et Paul Marque intervient un peu plus au centre. Un peu plus tard, la soixantaine de danseurs se séparera en deux groupes pour réaliser les exercices finaux, toujours sous la direction d’Aurélie Dupont et Bruno Bouché. La salle est légèrement éclairée en cours de travail afin de permettre aux artistes de répéter avec tous les repères visuels possibles.

Soutien au peuple ukrainien (Kyiv City & Opéra de Paris Ballets) Châtelet

Une fois le rideau temporairement baissé pour laisser le temps aux danseurs de se préparer, il se relève sous les lumières bleutées du ‘Lac des Cygnes’ de Tchaïkovski. Paul Marque s’élance avec Olga Posternak dans un pas de deux où il se révèle d’une assurance et d’une bienveillance magnifiques. Puis, Mikhailo Shcherbakov, danseur né à Pugachov, en Russie, avant de rejoindre Kiev à l’âge de 10 ans, offre son allure enfantine et démonstrative en soutien à Kristina Bakliak et Yulia Kuzmych.

Kristina Bakliak, Mikhailo Shcherbakov et Yulia Kuzmych

Kristina Bakliak, Mikhailo Shcherbakov et Yulia Kuzmych

Au souffle des plaines ukrainiennes avec la variation d’Ostap de ‘Taras Bulba’, ballet du compositeur russe Vassili Soloviov-Sedo, les sauts tournoyants de Taras Titarenko transmettent ensuite une énergie fière et heureuse malgré tout.

Il y aura d’autres classiques, 'Flammes de Paris' et 'Casse-Noisette', mais la création est aussi présente avec une composition de Vladyslav Dbshynskyi dansée sur la musique du compositeur islandais Johann Johansson. Vladyslav Dbshynskyi interprète lui même sa chorégraphie, torse nu sous des lumières ombrées, comme un guerrier qui s’offre à l’univers afin d’en récolter l’énergie pour se préparer au combat.

Taras Titarenko

Taras Titarenko

Le Folklore ukrainien prend alors toute sa place avec une chorégraphie du danseur ukrainien Pavlo Virsky (Odessa 1905 – Kiev 1975) où 8 danseurs du Kyiv City Ballet aux couleurs bleu et jaune du drapeau national se confrontent joyeusement. Un défilé s’organise avec tous les danseurs, et Paul Marque réapparaît avec Olga Posternak pour un pas de deux, avant que l'ensemble de la troupe ukrainienne ne vienne se recueillir à l’avant scène pour entonner l’hymne de son pays au son d’une vidéo enregistrée avec l’Orchestre de chambre de Paris, Katia Buniatishvili au piano, sous la direction de Victor Jacob.

Paul Marque, Olga Posternak et les danseurs du Kyiv City Ballet

Paul Marque, Olga Posternak et les danseurs du Kyiv City Ballet

En espérant que d’autres rencontres auront lieu car elles permettent de maintenir un lien émotionnel direct avec des grands représentants d’un peuple éblouissant pas son courage de tous les jours offert à la vue du monde entier. 

L'hymne ukrainien chanté par le Kyiv City Ballet

L'hymne ukrainien chanté par le Kyiv City Ballet

Voir les commentaires

Publié le 6 Mars 2022

Le Crépuscule des Dieux (Richard Wagner – 1876)
Représentation du 27 février 2022
Teatro Real de Madrid

Siegfried Andreas Schager 
Gunther Lauri Vasar
Alberich Martin Winkler
Hagen Stephen Milling
Brünnhilde Ricarda Merbeth
Gutrune Amanda Majeski
Waltraute Michaela Schuster
Les trois Nornes Claudia Huckle, Kai Rüütel, Amanda Majeski
Woglinde Elizabeth Bailey
Wellgunde Maria Miró 
Flosshilde Claudia Huckle

Direction musicale Pablo Heras-Casado
Mise en scène Robert Carsen (2002)                            
Claudia Huckle (Une Norne)
Chœur et Orchestre du Teatro Real de Madrid

Créé à Cologne de 2000 à 2002 où il sera repris intégralement en 2007 après un passage à Venise ('La Walkyrie' joué à la Sérénissime en 2006 avait été commenté ci-après - La Walkyrie à la Fenice), le Ring mis en scène par Robert Carsen a ensuite voyagé au Liceu de Barcelone de 2013 à 2016 pour être finalement monté au Teatro Real de Madrid à partir de 2019.

Andreas Schager (Siegfried) et Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

Andreas Schager (Siegfried) et Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

La soirée du 27 février 2022 clôt ainsi la reprise de ce cycle dans des conditions bien particulières, trois jours après le début de l’attaque Russe en Ukraine.

La scénographie de Robert Carsen se limite à seulement trois unités de lieu avec une économie de moyens qui explique la facilité à la déployer de théâtres en théâtres. 

Andreas Schager (Siegfried)

Andreas Schager (Siegfried)

Ainsi, le prologue se déroule dans une pièce désertée d’un palais où les Nornes scellent le vieux mobilier entassé au centre de la pièce principale sous une lumière orangée crépusculaire tout en prédisant l’incendie prochain du Walhalla.

Quant aux trois actes qui suivent, ils alternent entre un champ de bataille dévasté jonché des restes vestimentaires de soldats morts au combat, auxquels s’ajouteront ultérieurement des débris de bombardements, et le palais des Gibichungen transformé en état major militaire d’une nation dictatoriale où trône, en arrière plan, deux cartes du Rhin qui s'étendent respectivement au nord et au sud de Cologne, le lieu de création de la production.

Stephen Milling (Hagen) et Lauri Vasar (Gunther)

Stephen Milling (Hagen) et Lauri Vasar (Gunther)

Incarnant les trois filles d’Erda, Claudia Huckle, Kai Rüütel, Amanda Majeski forment un groupe de femmes visionnaires et soudées aux timbres bien distincts et complémentaires, avec une certaine âpreté dans leur brillance, et quand apparaissent Andreas Schager et Ricarda Merbeth, la scène s’enflamme une première fois de par le rayonnement héroïque avec lequel ils confrontent Siegfried et Brünnhilde à la salle dans une exaltation vocale et orchestrale formidablement galvanisante.

Andreas Schager (Siegfried) et Lauri Vasar (Gunther)

Andreas Schager (Siegfried) et Lauri Vasar (Gunther)

Le ténor autrichien s'avère d’une solidité à toute épreuve, d’une grande clarté légèrement ombrée et un soupçon de tendresse qu’il détourne progressivement pour jouer un personnage sûr de lui et plaisantant de manière fort drôle, même avec ses ennemis, tant il est inconscient de la situation. Probablement est-il toujours aujourd’hui le Siegfried le plus complet de sa génération qui allie générosité et innocence adolescente attachante.

Stephen Milling (Hagen)

Stephen Milling (Hagen)

Depuis le temps qu’elle apparaît sur toutes les scènes wagnériennes, Ricarda Merbeth tient toujours fièrement une vaillance chevillée au corps, sa voix peu colorée dans les graves se déployant largement dans l’aigu en vibrations soyeuses aux teintes d’ivoire, comme si une joie transcendante irradiait en permanence son chant.

Quand on la retrouve plus loin avec Michaela Schuster qui apporte à Waltraute un sens de l’urgence dramatique dans une tessiture médium grave à l’homogénéité assez bien maîtrisée, la soprano allemande renvoie aussi une image de grande force intérieure naturellement poignante.

Ricarda Merbeth (Brünnhilde) et Michaela Schuster (Waltraute)

Ricarda Merbeth (Brünnhilde) et Michaela Schuster (Waltraute)

Dans la famille des Gibichungen et affiliés, Amanda Majeski dépeint une Gutrune noble et attendrissante, telle une Lady Diana œuvrant pour la paix, et Lauri Vasar, au spectre vocal nettement focalisé, incarne un Gunther empreint de fulgurances et de détermination, mais qui apparait aussi comme quelqu’un de facilement manipulable.

Amanda Majeski (Gutrune)

Amanda Majeski (Gutrune)

Stephen Milling est évidemment un impressionnant Hagen aux belles résonances inquiétantes, un peu atténuées toutefois par la grandeur de l’espace scénique, et ressemble fortement à une sorte d’apparatchik qui contrôle les leaders militaires, Gunther compris, pour arriver à ses fins.

Et si 'Le Crépuscule des Dieux' n’est pas le volet qui met le mieux en valeur le rôle d’Alberich, Martin Winkler investit cependant excellemment chaque instant à faire vivre la nervosité vociférante de son personnage.

Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

Ricarda Merbeth (Brünnhilde)

Maîtrisant un ensemble de musiciens devenus une redoutable phalange depuis le travail de rénovation entrepris par Gerard Mortier 12 ans plus tôt, Pablo Heras-Casado emporte le flot musical en déroulant de splendides volutes aux colorations de fer forgé par des cuivres rougeoyants, une fusion de timbres où des tissures de lumières d’or se faufilent au milieu de cette lave vivante souple et majestueuse. 

Côté cour, s’admire une batterie de cuivres chauds disposés dans les premières loges, et côté jardin, une autre batterie de harpes induit une limpide poésie aux sonorités moirées de l’orchestre central, et nous avons donc là un récit fluide noir et crépusculaire, amplifié par de très belles images désolées et des contre-jours de brumes ou de feux.

Andreas Schager (Siegfried)

Andreas Schager (Siegfried)

Et soudain, survient un moment politique fort quand apparaît le corps de Siegfried enveloppé du drapeau Ukrainien après son lâche assassinat par Hagen. L’attitude digne et le regard en veille désespérée de Ricarda Merbeth à ce moment là resteront à jamais gravés dans les mémoires de chacun. 

Ricarda Merbeth (Brünnhilde) et Andreas Schager (Siegfried)

Ricarda Merbeth (Brünnhilde) et Andreas Schager (Siegfried)

Voir les commentaires

Publié le 5 Mars 2022

El Abrecartas (Luis de Pablo – 2015)
Livret de Vicente Molina Foix, basé sur la nouvelle éponyme (2006)
Représentation du 26 février 2022

Federico García Lorca Airam Hernández
Vicente Aleixandre Borja Quiza
Miguel Hernández José Antonio López
Rafael José Manuel Montero
Alfonso Mikeldi Atxalandabaso
Andrés Acero Jorge Rodríguez-Norton
Salvador / Setefilla Ana Ibarra
Ramiro Vicenç Esteve
Comisario Gabriel Díaz
Eugenio d’Ors David Sánchez
Sombra Laura Vila

Direction musicale Fabián Panisello
Mise en scène Xavier Albertí (2022)
Chœur et orchestre titulaires du Teatro Real de Madrid 
          
Vicenç Esteve (Ramiro)
Petits Chanteurs de la JORCAM

La création mondiale d’'El Abrecartas' parachève le legs important de Gerard Mortier à la rénovation musicale du Teatro Real de Madrid entrepris dès 2009. Joan Matabosch, le directeur actuel de l’institution madrilène, aura ainsi tenu jusqu’au bout ses engagements envers son prédécesseur, 8 ans après sa disparition.

Jorge Rodríguez-Norton (Andrés Acero)

Jorge Rodríguez-Norton (Andrés Acero)

C’est en effet en 2010 que Gerard Mortier passa commande d’’El Abrecartas’ à Luis de Pablo (Bilbao, 1930 – Madrid, 2021) qui eut le projet d’adapter la nouvelle éponyme de Vicente Molina Foix récompensée en 2007 ‘Premio Nacional de Literatura en la modalitad de Narrativa’

Il s’agit de la troisième coopération entre les deux créateurs dans le domaine du théâtre musical après ‘El viajero indiscreto’ (Madrid, Teatro de la Zarzuela - 1990) et ‘La madre invite a comer’ (Biennale de Venise, Théâtre Goldoni - 1993).

Mais après plusieurs reports, il aura fallu attendre le 16 février 2022 pour que cette nouvelle création puisse avoir lieu, un an après la disparition du compositeur.

Airam Hernández (Federico García Lorca)

Airam Hernández (Federico García Lorca)

L’opéra adapte les 220 premières pages de ce roman (450 pages au total) à travers la représentation de six scènes qui se déroulent de 1932 à 1956, de la Seconde République qui précéda la Guerre d’Espagne jusqu’aux années les plus dures du régime de Franco.

Il s’agit moins d’une histoire qui est racontée que d’un assemblage de souvenirs qui permettent de donner une prégnance visuelle et auditive à des sensations intérieures accumulées au cours du temps.

La scénographie est ainsi à la fois épurée avec des éléments de décors simples, lits, armoires, tableaux, aux contours lissés et subtilement éclairés par des lumières changeantes en fonction des atmosphères et des jeux d’ombres savamment calculés. Et même de simples parallélépipèdes peuvent évoquer, selon leur orientation, des bureaux ou, plus loin, des pierres tombales au cours de la guerre.

Rues de Madrid (1932)

Rues de Madrid (1932)

Le chant, monotone et parfois lugubre, est surtout l’expression de lamentations et de souffrances exaltées qui montrent un désir de vivre qui se heurte au monde existant. Toutes les tessitures de voix sont représentées dans des couleurs bien timbrées qu’elles soient rossinienne, comme celle d’Airam Hernández qui incarne Federico Garcia Lorca évoquant son enfance, écorchée, quand José Antonio Lopez pleure la perte du poète sous les traits de Miguel Hernandez, ambrée et intense pour la nature révoltée d’Andres Acero portée par Jorge Rodríguez-Norton, plus mate et oscillante sous les lèvres de Borja Quiza qui joue ici Vicente Aleixandre, l’ami et poète homosexuel de Federico.

L’informateur Ramiro est la figure la plus forte et la mieux dessinée aussi bien dramatiquement qu'en terme d’interprétation par Vicenç Esteve, charismatique et tout autant diabolique.

José Manuel Montero (Rafael) - Au théâtre à Grenade (1932)

José Manuel Montero (Rafael) - Au théâtre à Grenade (1932)

Mais c’est véritablement la musique qui fait le prix de cet ouvrage car elle est employée comme une peinture raffinée des différents climats des lieux et des époques, toujours changeants, pouvant autant comprendre uniquement des ornements à base de bois solo pour accompagner le chant mélancolique, que s’enrichir de tous les timbres, cuivres racés et cordes en tissus vibrionnants inclus, pour dépeindre des atmosphères amusantes, mystérieuses, inquiétantes, voir stressantes, avec une originalité telle qu’il paraît difficile d’en comprendre toute la logique en une seule écoute.

On pourrait y voir un croisement entre l’écriture de Berg, Britten et Webern, mais cela n’en est que réducteur. Luis de Pablo introduit aussi des motifs populaires de la musique espagnole réarrangés, sans que cela ne soit qu’une simple imitation, pour rester dans l’esprit d’ensemble de sa composition.

Pour Fabián Panisello, le chef d’orchestre, il s’agit d’un plaisir de tous les instants à tisser la structure complexe d’une œuvre vivante aux multiples convulsions, une musique qui serpente en permanence avec un vrai sens des atmosphères.

Scène 5 : écrivains, auteurs et personnalités anonymes sous le Franquisme

Scène 5 : écrivains, auteurs et personnalités anonymes sous le Franquisme

Les impressions qui dominent ce voyage de 30 ans à travers l’Espagne du milieu du XXe siècle mêlent des images du désir, qu’il soit homosexuel ou somptueusement sensualisé par ‘La Vénus d’Urbin’, de l’inspiration religieuse et de sa compromission avec le régime, de la folklorisation factice de l’art, ainsi que des portraits d’intellectuels mêlés à des personnalités anonymes.

Xavier Albertí, le metteur en scène, se révèle habile peintre, économe, et en osmose avec la musique.
Et si les Petits Chanteurs de la JORCAM décrivent des chants fins et estompés par les souvenirs du temps au début de l’ouvrage, le chœur féminin, lui, fait entendre un magnifique chant liturgique au charme fleuri dans la dernière partie, une splendide trouvaille du compositeur.

Vicenç Esteve (Ramiro)

Vicenç Esteve (Ramiro)

Pour la dernière des six représentations, le Teatro Real était bien rempli. Et même si une partie du public s’est vite levée au final, la grande majorité est restée à saluer sincèrement et chaleureusement, ce qui montre qu’il y a dans cet ouvrage une force, ou une incompréhension, qui peut diviser le public madrilène de manière assez nette. 

Mikeldi Atxalandabaso (Alfonso)

Mikeldi Atxalandabaso (Alfonso)

Voir les commentaires

Publié le 1 Mars 2022

TV-Web Mars 2022 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 06 mars 2022 sur Arte à 18h45
Nikolaj Szeps-Znaider joue Brahms

Mardi 08 mars 2022 sur France 4 à 21h10
Agnès Jaoui : le goût de l'opéra

Mardi 08 mars 2022 sur France 4 à 22h05
Laurence Equilbey, pour la beauté du geste

Mardi 08 mars 2022 sur France 4 à 23h00
Chef d'orchestre, symphonie pour un cerveau

Mercredi 09 mars 2022 sur France 3 à 21h10
Les 29e Victoires de la musique classique

Samedi 12 mars 2022 sur France 4 à 21h10
Orchestre symphonique des jeunes d'Ukraine - dm Oksana Lyniv

Dimanche 13 mars 2022 sur France 4 à 00h00
Voix des Outre-mer - Amphithéâtre de l'Opéra Bastille

Dimanche 13 mars 2022 sur France 3 à 00h30
Mon premier Lac des Cygnes

Dimanche 13 mars 2022 sur Arte à 16h25
Aida (Verdi) - En direct de l'Opéra de Dresde - dm Thielemann - ms Thalbach
Stoyanova - Kanabas - Volova - Meli - Zeppenfeld - Kelsey

Lundi 14 mars 2022 sur Arte à 01h45
Voyage d'hiver 1827 - Cycle de lieder de Franz Schubert

Lundi 14 mars 2022 sur Arte à 20h48
Tout est vrai (ou presque) - Pina Bausch

Samedi 19 mars 2022 sur France 4 à 21h10
Magic Mozart...Concert spectaculaire! Seine musicale - Insula Orchestra - dm Equilbey

Samedi 19 mars 2022 sur France 4 à 22h30
Pastoral for the Planet - Insula Orchestra - dm Equilbey - ms La Fura Dels Baus

Dimanche 20 mars 2022 sur France 3 à 00h20
Barbe-Bleue (Offenbach) - Opéra de Lyon - dm Spotti - ms Pelly

Dimanche 20 mars 2022 sur Arte à 18h45
Concert en l'honneur de la révolution de velours - Vondráček (piano) - dm Hrůša

Dimanche 20 mars 2022 sur Arte à 23h50
La Moldau - Le plus grand succès de Smetana (Documentaire)

Lundi 21 mars 2022 sur Arte à 00h45
Riga chante en soutien à l'Ukraine

Samedi 26 mars 2022 sur France 4 à 21h10
Le Lac des Cygnes (Tchaïkovski) - Ballet de l'Opéra national d'Ukraine

Samedi 26 mars 2022 sur France 4 à 23h20
Orchestre symphonique des jeunes d'Ukraine - dm Oksana Lyniv

 

Dimanche 27 mars 2022 sur France 3 à 00h25
Magic Mozart...Concert spectaculaire! Seine musicale - Insula Orchestra - dm Equilbey

Dimanche 27 mars 2022 sur Arte à 18h45
Evgeny Kissin, piano, joue Berg, Khrennikov, Gershwin et Chopin - Salzbourg 2021

Dimanche 27 mars 2022 sur France 4 à 21h00
Angels in America (Kushner) - La Comédie Française - ms Hervieu-Léger

Lundi 28 mars 2022 sur Arte à 00h40
Passion piano - Pianomania Lisbonne 2021- Fray, Buchbinder, Debargue (pianos)

Lundi 28 mars 2022 sur Arte à 01h40
Arturo Benedetti Michelangeli, un pianiste d'exception

Mardi 29 mars 2022 sur France 4 à 21h10
La La La - documentaire sur le genre de la Comédie Musicale

Mardi 29 mars 2022 sur France 4 à 22h05
Chef d'orchestre, symphonie pour un cerveau

TV-Web Mars 2022 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 02 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
L'Ange de feu de Prokofiev au Théâtre Mariinski

Vendredi 04 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Samedi 05 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Dimanche 06 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Phaéton de Lully à l'Opéra Royal de Versailles

Mercredi 09 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Lulu de Berg au Metropolitan Opera

Vendredi 11 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
'Saul' de Haendel au Theater an der Wien

Samedi 12 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Aïda de Verdi au Grand Théâtre de Genève

Dimanche 13 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
'Saul' de Haendel au Theater an der Wien

Mercredi 16 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Don Carlos de Verdi à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Vendredi 18 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
'Werther' de Massenet au Staatsoper de Vienne

Samedi 19 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Der Freischütz de Weber au Staatsoper de Munich

Dimanche 20 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
'Werther' de Massenet au Staatsoper de Vienne

Mercredi 23 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
Faust de Gounod à la Fenice de Venise

Vendredi 25 mars 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Fidelio de Beethoven au Theater an der Wien

Samedi 26 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
'Ariane et Barbe-Bleue' de Dukas à l'Opéra National de Lyon

Dimanche 27 mars 2022 sur Mezzo HD à 22h45
Le Conte du Tsar Tsaltan de Rimski-Korsakov à la Monnaie de Bruxelles

Mercredi 30 mars 2022 sur Mezzo à 20h30
La Belle Hélène d'Offenbach à l'Opéra de Lausanne

Vendredi 01 avril 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Phaéton de Lully à l'Opéra Royal de Versailles

TV-Web Mars 2022 Lyrique et Musique
TV-Web Mars 2022 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

Frédégonde de Guiraud et Saint-Saëns (Opéra de Dortmund)

                              Mars 2022

Tosca (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 03 mars 2022

Le pays de Kalevala (Ballet national de Finlande) jusqu'au 07 mars 2022

Carmina Burana (Cité interdite) jusqu'au 07 mars 2022

Missa in tempore belli (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 11 mars 2022

The Time of Our Singing (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 24 mars 2022

Jonas Kaufmann, mélodies viennoises jusqu'au 24 mars 2022

Oksana Lyniv dirige Cage 4‘33 (Festival de Ludwigsbourg 2021) jusqu'au 27 mars 2022

Orchestre symphonique des jeunes d’Ukraine jusqu'au 27 mars 2022

                              Avril 2022

Le rêve du chef d'orchestre Kent Nagano jusqu'au 01 avril 2022

Le Freischütz (Théâtre des Champs-Élysées) jusqu'au 04 avril 2022

La dynastie Morozov jusqu'au 04 avril 2022

Missa Solemnis (Cathédrale de Cologne) jusqu'au 27 avril 2022

La Cerisaie (Festival d'Avignon) jusqu'au 10 avril 2022

5e anniversaire de l'Elbphilharmonie jusqu'au 11 avril 2022

Iolanta (Royal Swedish Opera) jusqu'au 15 avril 2022

Winterreise (Christian Spuck et le Ballet de Zurich) jusqu'au 15 avril 2022

Robert Wilson, la beauté du mystérieux jusqu'au 15 avril 2022

Samson et Dalila (Chorégies d'Orange) jusqu'au 17 avril 2022

Les Vêpres siciliennes (Teatro Massimo di Palermo) jusqu'au 19 avril 2022

Proust, le concert retrouvé (Philharmonie) jusqu'au 20 avril 2022

Christian Spuck chorégraphie le Requiem de Verdi jusqu'au 26 avril 2022

Der Rosenkavalier (Garsington Opera) jusqu'au 29 avril 2022

Voces Suaves aux Dominicains de Guebwiller (Garsington Opera) jusqu'au 30 avril 2022

                               Mai 2022

L'odyssée Offenbach jusqu'au 01 mai 2022

L'orchestre de Paris au Musée d'Orsay jusqu'au 01 mai 2022

Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) jusqu'au 06 mai 2022

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Lyon) jusqu'au 09 mai 2022

Les Victoires de la Musique classique 2022 jusqu'au 09 mai 2022

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui (Opéra national de Paris) jusqu'au 14 mai 2022

Israël en Egypte (ElbPhilharmonie) jusqu'au 16 mai 2022

Le malade imaginaire (Hungarian State Opera) jusqu'au 19 mai 2022

Ghost Light - Un ballet de John Neumeier (Festspielhaus Baden-Baden) jusqu'au 22 mai 2022

Le "Projet Beethoven" Ballet de John Neumeier jusqu'au 22 mai 2022

Barbara Hannigan : rêve de Hongrie jusqu'au 25 mai 2022

Concert anniversaire de Teodor Currentzis jusqu'au 25 mai 2022

Giuditta (Bayerische Staatsoper) jusqu'au 27 mai 2022

Destin (Osud) (National Theatre Brno) jusqu'au 28 mai 2022

                               Juin 2022

Les Eclairs (Opéra Comique) jusqu'au 03 juin 2022

Macbeth (La Scala de Milan) jusqu'au 06 juin 2022

Une soirée vénitienne autour de l'orgue avec Wayne Marshall jusqu'au 06 juin 2022

Le Médium (Croatian National Theatre Zagreb) jusqu'au 09 juin 2022

Orchestre symphonique des jeunes d'Ukraine (Berlin) jusqu'au 10 juin 2022

"The Tree" de Carolyn Carlson (Chaillot - Théâtre National de la Danse) jusqu'au 10 juin 2022

Fauteuils d'orchestre - Le Concert (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 10 juin 2022

Aida (Opéra de Dresde) jusqu'au 12 juin 2022

Madame Butterfly (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 19 juin 2022

Werther (Opéra Orchestra National Montpellier) jusqu'au 24 juin 2022

L'Auberge du Cheval blanc (Opéra de Lausanne) jusqu'au 29 juin 2022

Une saison à la Juilliard School (1/6) jusqu'au 30 juin 2022

                             Juillet 2022

La Flûte enchantée (Royal College of Music) jusqu'au 01 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (2/6) jusqu'au 07 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 08 juillet 2022

Roméo et Juliette - Prokofiev (Opéra national de Paris) jusqu'au 12 juillet 2022

Fosse, mis en scène par Christian Boltanski jusqu'au 14 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (3/6) jusqu'au 14 juillet 2022

Barbara Hannigan dirige Britten, Haydn et Stravinsky jusqu'au 15 juillet 2022

Un Requiem imaginaire (Manège de Maubeuge) jusqu'au 16 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Staatsoper Hannover) jusqu'au 20 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (4/6) jusqu'au 21 juillet 2022

Gala Andalucía Flamenca : Chants de femmes (Festival de Grenade 2021) jusqu'au 22 juillet 2022

Le Voyage dans la Lune (Opéra Comique) jusqu'au 26 juillet 2022

La promesse (Royal Swedish Opera) jusqu'au 27 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (5/6) jusqu'au 28 juillet 2022

Farnace (La Fenice) jusqu'au 29 juillet 2022

                             Août 2022

Lully et ses contemporains (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 02 août 2022

Les Noces de Figaro (Opéra de Paris) jusqu'au 03 août 2022

Une saison à la Juilliard School (6/6) jusqu'au 04 août 2022

Roméo et Juliette (Opéra national de Paris)) jusqu'au 12 août 2022

Actéon (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 15 août 2022

Alcina (Opera North) jusqu'au 17 août 2022

Les larmes de la Vierge (Festival de Sablé) jusqu'au 26 août 2022

The Discovery of Passion (Festival de Sablé) jusqu'au 29 août 2022

Klaus Mäkelä - 9e de Beethoven (Philharmonie) jusqu'au 30 août 2022

Manon à l'Opéra de Hambourg - regard dans les coulisses jusqu'au 31 août 2022

                             Septembre 2022

Le Lac des Cygnes (Opéra National d'Ukraine) jusqu'au 02 septembre 2022

Angels in America (Comédie française) jusqu'au 04 septembre 2022

Rigoletto (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 11 septembre 2022

Faust de Gounod (Teatro La Fenice) jusqu'au 16 septembre 2022

Elektra (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 16 septembre 2022

Jelin (Alessandria - Piémont) jusqu'au 22 septembre 2022

Cantates de jeunesse par Les Arts Florissants (Festival d'Ambronay) jusqu'au 25 septembre 2022

Der Vampyr (Staatsoper Hannover) jusqu'au 25 septembre 2022

Fidelio (Opéra Comique) jusqu'au 30 septembre 2022

Mikko Franck dirige Debussy, Montalbetti et Ravel jusqu'au 30 septembre 2022

                         Octobre 2022

La Force du Destin (Théâtre Royal de Wallonie) jusqu'au 07 octobre 2022

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 11 octobre 2022

Edmea (Wexford Festival Opera 2021) jusqu'au 11 octobre 2022

                          Novembre 2022

Facce d’amore par Jakub Józef Orlinski (Capitole de Toulouse) jusqu'au 09 novembre 2022

Rebeka Warriors & Julien Pregardien jouent Schubert jusqu'au 11 novembre 2022

                          Décembre 2022

Trisha Brown x 100 au Festival d'Automne jusqu'au 03 décembre 2022

Bach, Haendel par l'ensemble Pygmalion (Philharmonie) jusqu'au 06 décembre 2022

 

                           Janvier 2023

Eugène Onéquine (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 05 janvier 2023

                           Février 2023

Les oiseaux (Opéra national du Rhin) jusqu'au 04 février 2023

Mese Mariano de Giordano et Suor Angelica de Puccini (Opéra Royal de Wallonie) jusqu'au 18 février 2023

Concert de solidarité pour l'Ukraine (Théâtre national de Vilnius) jusqu'au 28 février 2023

Concert de solidarité pour l'Ukraine (Riga) jusqu'au 28 février 2023

 

                           Mars 2023

Veillée pour l'Ukraine (Théâtre national de Chaillot) jusqu'au 05 mars 2023

                           Juin 2023

Der Freischütz (La Fura dels Baus) - moments choisis -  jusqu'au 16 juin 2023

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence 2018) jusqu'au 23 juin 2023

                           Août 2023

Tristan und Isolde (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 30 août 2023

                           Septembre 2023

'Amazon' par Lea Desandre, Thomas Dunford et l'Ensemble Jupiter  jusqu'au 20 septembre 2023

La Boxeuse amoureuse de Marie Agnès Gillot et Arthur H  jusqu'au 21 septembre 2023

                           Octobre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 06 octobre 2023

Nathalie Stutzmann dirige l'Orchestre de Paris jusqu'au 20 octobre 2023

                           Novembre 2023

Les Talens Lyriques (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 11 novembre 2023

                           Décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

 

                           Juillet 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 01 juillet 2024

                           Décembre 2024

Grand concert symphonique Saint-Saëns (Auditorium de Radio France) jusqu'au 14 décembre 2024

 

 

                           Février 2025

Voix des Outre-mer (Amphithéâtre de l'Opéra Bastille) jusqu'au 20 février 2025

 

 

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

Voir les commentaires

Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 14 Février 2022

Bros (Romeo Castellucci & Societas)
Représentation du 13 février 2022
MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
Salle Oleg Efremov – Bobigny

Conception et mise en scène Romeo Castellucci
Collaboration à la dramaturgie Piersandra Di Matteo
Assistants à la mise en scène Silvano Voltolina et Filippo Ferraresi
Écriture des étendards Claudia Castellucci
Musique Scott Gibbons 

Avec Valer Dellakeza, les Agents Luca Nava, Sergio Scarlatella

Avec des hommes de rue Kourosh Alaj, Abdeljalil Benamara, Luca Besse, Jules Bisson, Karim Bouzra, Baptiste Brisseault, Guillaume Caubel, Diego Colin, Ashille Constantin, Romain Dat, Vincent Debost, Jonas Gomar, David Jeanne-Comello, Antoine Kobi, Hugo Lecuit, Denis Mathieu, Adil Mekki, Yamen Mohamad, Gérard Muller, Thomas Pasquelin, Luis Penaherrera, Arnaud Richard, Maxime Richir Storoge, Valentin Riot-Sarcey, Andrea Romano, Alberto Scozzesi, Clément Seclin, Hypo Soclet, Seny Sylla, Pascal Venturini, Nicolas Zaaboub-charrier
Maîtres-chiens Cyril Ducellier et Hamid Zermani

Production Societas
Coproduction avec Kunsten Festival des Arts Brussels, Printemps des Comédiens Montpellier 2021, LAC LuganoArte Cultura, Maillon Théâtre de Strasbourg - Scène Européenne, Temporada Alta 2021, Manège-Maubeuge Scène nationale, Le Phénix Scène nationale Pôle européen de création Valenciennes,  ERT Emilia Romagna Teatro Italy, Ruhrfestspiele Recklinghausen, Holland Festival Amsterdam, V-A-C Fondation, Triennale Milano Teatro, National Taichung Theater, Taiwan.

C’est dans une salle sombre et nimbée de brume que le spectateur pénètre après qu’il lui soit remis un dépliant noir qui pourrait l’aider à comprendre ce qu’il va se jouer sous ses yeux. 

Bros (Romeo Castellucci & Societas Raffaello Sanzio ) MC93 Bobigny

Face à lui, sur la scène déserte, deux machines automatiques et télécommandées se mettent en mouvement rotatif sur fond de martellement sonore agressif. L’une, en forme de vis de serrage géante, agit comme un moyen de contrainte puissant, l’autre, une sorte de canon d’aéronef, vise le public dans toutes les directions.

Un vieil homme au bâton, vêtu d’un linge blanc, s’avance faiblement éclairé par un projecteur qui évoque un astre noir apocalyptique au moment d’une éclipse. Même si l’on ne comprend pas la langue du prophète, deux mots s’entendent aisément, ’Jérémie’ et ‘Babylone’. Le pressentiment de la fin d’un monde s’installe et des policiers en uniformes noirs prennent possession de la scène. 

Bros (Romeo Castellucci & Societas Raffaello Sanzio ) MC93 Bobigny

Le corps nu d’un jeune homme, couché dos au public, que l’on avait entraperçu se faufiler dans une ombre irréelle au dessus du vieillard mourant, va devenir leur jouet sous une débauche de coups, simulés mais aux gestes incroyablement violents et réalistes. Tout dans les torsions du corps et les spasmes de l’acteur relève de l’inconcevable et d’une fascinante esthétique. Petit à petit un rituel s’installe. L’incongru se mêle à des tableaux énigmatiques qui suggèrent une liturgie mortuaire – une photographie d’un des deux colosses de Memmon suffit à soulever l’imaginaire des cérémonies de l’ancienne Égypte -, ou induisent un jeu d’identification symboliquement politique à travers le portrait d’un singe. Un policier naît d’un sac difforme noir, comme une chrysalide issue de son cocon, et rejoint ses congénères.

Bros (Romeo Castellucci & Societas Raffaello Sanzio ) MC93 Bobigny

Les forces sacrales en jeu atteignent leur paroxysme quand les policiers se retrouvent à adorer une statue animée et à singer ses moindres gestes. A ce moment précis, on peut aussi bien avoir l’impression d’assister à une mise en scène extrêmement noire de la secte du premier acte de ‘Parsifal’ de Richard Wagner qu’à une scène du ‘Metropolis’ de Fritz Lang. Le rapprochement avec ce dernier chef-d’œuvre est d’autant plus troublant que la ville éponyme est associée à la chute de Babylone, qu’un moine y lit un passage de l’Apocalypse de Saint-Jean, que Romeo Castellucci fait intervenir sur scène un orgue étrange qui rejette des jets de vapeurs, comme dans le film, et que le thème de l’aliénation de masse dans un monde froidement technologique se loge au cœur de la réflexion. Mais qui en est le créateur?

Bros (Romeo Castellucci & Societas Raffaello Sanzio ) MC93 Bobigny

Et le plasticien réussit un coup de force en faisant simplement monter les policiers dans les gradins des spectateurs, juste pour faire éprouver un sentiment de culpabilité devant les silhouettes qui se dessinent à contre-jour. Il est manifestement habile à jouer avec les symboles bibliques, les scènes de déshumanisation fascistes et les mécanismes cycliques. Un rideau noir descend puis se dresse pour annoncer la naissance d’un nouvel être, en blanc, à qui l’on remet une matraque. Cette dernière image de la perversion de l’innocence n’est pas nouvelle, mais là, c’est l’impassibilité du regard de l’enfant qui fait toute la puissance de ce dernier plan. 

Bros (Romeo Castellucci & Societas Raffaello Sanzio ) MC93 Bobigny

On apprendra, un peu plus tard, que les policiers étaient des acteurs recrutés dans la rue qui n’avaient pas répété et qui avaient seulement accepté de faire sur scène tout ce qu’il leur serait ordonné au moyen d'écouteurs insérés aux creux de l’oreille, et de ne rien faire, quoi qu’il arrive, qui ne provienne pas d’un ordre donné, le plus absurde qu’il soit. Un spectacle qui met à cran, surtout lorsque l’on cherche à en parler à chaud.

Voir les commentaires

Publié le 9 Février 2022

London Symphony orchestra (Ludwig van Beethoven - Dmitri Chostakovitch) 
Concert du 07 février 2022
Philharmonie de Paris – Grande salle Pierre Boulez

Ludwig van Beethoven Concerto pour piano n° 5 "Empereur" (1809-1811)
Dmitri Chostakovitch Symphonie n° 15 (1971-1972)

Piano Beatrice Rana
Direction musicale Gianandrea Noseda
London Symphony Orchestra

Au moment même où Madrid cède au siège mené par Napoléon, et peu avant le déclenchement de la campagne d’Autriche qui verra Vienne mise hors de combat en seulement trois mois ainsi que le mariage de Marie-Louise avec l’empereur français, Ludwig van Beethoven compose son dernier Concerto pour piano alors qu’il réside toujours dans la capitale impériale. 

Gianandrea Noseda et les musiciens du London Symphony Orchestra

Gianandrea Noseda et les musiciens du London Symphony Orchestra

Le spectaculaire coup d’éclat de l’ouverture est splendidement rendu par les musiciens du London Symphony Orchestra avec souplesse dans la soudaineté et un épanouissement sonore qui dit tout de la poigne et de la majesté d’un des meilleurs orchestres au monde. Tissu velouté merveilleusement envoûtant, finesse des voiles d’où émerge dans une continuité naturelle le phrasé scintillant de Beatrice Rana qui tire de son piano dans les moments les plus intimes des ambiances de berceuse comme un retour aux rêveries de l’enfance dans un esprit d’orfèvrerie minutieuse, Gianandrea Noseda fait vivre ce grand moment d’évasion par une approche d’abord déterminée qui laisse de plus en plus les respirations de l’orchestre, et les pulsations sombres, prendre le large pour revenir au cœur pianistique palpitant et délié.

Beatrice Rana

Beatrice Rana

En seconde partie, un saut dans le temps de 160 ans et une remontée vers les plaines de Russie d’Europe nous emmènent aux heures de la composition de la dernière symphonie de Dmitri Chostakovitch lors d’un de ses séjours près de Saint-Pétersbourg. C’est d’abord un ouvrage qui dit beaucoup sur l’admiration du compositeur pour les musiciens européens dont il emprunte des motifs célèbres, l’ouverture du Grand opéra de Gioachino Rossini, 'Guillaume Tell', ou bien les présages funèbres ou extatiques de 'La Walkyrie' et 'Tristan und Isolde' de Richard Wagner.

Gianandrea Noseda

Gianandrea Noseda

La magnificence, la rondeur puissante des couleurs des cuivres et la lumière irrésistible des cordes forment un mélange qui mêle lyrisme romantique fluide et textures modernes plus complexes aux superbes teintes pittoresques, et où les percussions jouent un rôle mystérieux de papillotement sonore. L’interprétation qu’en donne Gianandrea Noseda est fortement incarnée tant il donne l’impression de contraindre l’expression pour la ramener à quelque chose de très tumultueux, concentré et personnel qui cherche le repli dans une intériorité maternelle aux origines des lumières d’un amour pur. Comme une stratégie de lutte de la vie face à la mort.

Voir les commentaires

Publié le 1 Février 2022

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart – Prague 29 octobre 1787 – Vienne 07 mai 1788)
Version de Vienne
Répétition générale du 29 janvier et représentation du 16 février 2022
Opéra Bastille

Don Giovanni Christian Van Horn
Il Commendatore Alexander Tsymbalyuk
Donna Anna Adela Zaharia
Don Ottavio Pavel Petrov
Donna Elvira Nicole Car
Leporello Krzysztof Bączyk
Masetto Mikhail Timoshenko
Zerlina Christina Gansch

Direction musicale Bertrand de Billy
Mise en scène Ivo Van Hove (2019)
Dramaturgie Jan Vandenhouve                                       
    Nicole Car (Donna Elvira)
Coproduction Metropolitan Opera, New-York

La nouvelle production de ‘Don Giovanni’ qui fut intégrée au Palais Garnier en juin 2019, dans un très impressionnant décor de ruelles et escaliers tortueux construit comme un abîme, se substitue à celle de Michael Haneke (2006) qui ciblait  le milieu de l’entreprise avec une acuité redoutable. Ses lignes de forces reposent sur un pressentiment d’inéluctable qui couve sous les pas de Don Giovanni, et sur une mise en valeur très esthétique des héroïnes et de leurs sentiments.

Adela Zaharia (Donna Anna) et Christian Van Horn (Don Giovanni)

Adela Zaharia (Donna Anna) et Christian Van Horn (Don Giovanni)

Mais pour son transfert à la scène Bastille, la dramaturgie du chef-d’œuvre de Mozart a été retravaillée en s’appuyant exclusivement sur la seule version de Vienne au lieu de la version habituellement jouée qui mixe les versions de Prague et Vienne. Et le fait que Bertrand de Billy soit à la direction musicale a certainement du influer sur ce choix, lui qui a si souvent interprété la seconde version de cet opéra au Theater an der Wien ou au Wiener Staatsoper.

Adela Zaharia (Donna Anna), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Alexander Tsymbalyuk (Il Commendatore)

Adela Zaharia (Donna Anna), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Alexander Tsymbalyuk (Il Commendatore)

Ce passage de la version mixte à la version purement viennoise a en effet pour conséquence de substituer au récitatif et à l’air de Don Ottavio ‘Il mio tesoro’ une scène et un duo entre Leporello et Zerlina ‘Per queste tue manime’ qui voit Zerline se déchaîner sur le valet de Don Giovanni. La détermination de Zerline est ainsi amplifiée, alors que la faiblesse de Don Ottavio et la lâcheté de Leporello sont mis en exergue.

Adela Zaharia (Donna Anna), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Christian Van Horn (Don Giovanni)

Adela Zaharia (Donna Anna), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Christian Van Horn (Don Giovanni)

Or, Ivo Van Hove et Jan Vandenhouve ont visiblement repris certains détails dans la direction d’acteurs qui renforcent l’impression qu’ils mettent en scène des femmes qui se révoltent contre un monde d’hommes. Et cela se voit dès la première séquence quand Donna Anna poursuit Don Giovanni et le saisit à la gorge, effet plus saisissant qu’à la création peut-être du aussi à l’interprète.

Christian Van Horn (Don Giovanni) et Mikhail Timoshenko (Masetto)

Christian Van Horn (Don Giovanni) et Mikhail Timoshenko (Masetto)

Cette violence intérieure se lit dans l’incarnation d’Adela Zaharia, dont on avait bien senti en septembre dans ‘Seven deaths of Maria Callas qu’elle serait vocalement à la hauteur du rôle mais sans que l’on ne sache quel rendu psychologique elle saurait dépeindre. Sa Donna Anna est en fait très impressionnante, d’une part car elle a dans la voix un dramatisme fort avec un mélange d’aigus prégnants et de couleurs en clair-obscur chargés d’émotions renforcés par une diction acérée, et d’autre part car elle ne joue pas en position de victime mais avec une prestance moderne bien affirmée et une élégance magnifique. Nul doute qu’elle sera amenée à personnifier d’autres grands rôles tragiques mais non défaitistes au cours des prochaines saisons.

Adela Zaharia (Donna Anna)

Adela Zaharia (Donna Anna)

Nicole Car, qui interprétait déjà Donna Elvira lors de la première de cette production, est toujours aussi ravissante avec ce timbre de voix brun dans le médium qui gagne en puissance, et étincelance tout en transmettant comme un trouble d’urgence au cœur qui la rend poignante. Elle se départit de toute surcharge pathétique et prend même une dimension qui tend au tragique dans ‘Mi tradi’ qu’elle chante au pied du décor monumental qui, par une mise en relief de ses ombres et anfractuosités grâce à une mise en œuvre plus saisissante des éclairages de la scène Bastille, évoque spectaculairement le gouffre fatal dont elle semble être l’annonciatrice impuissante, telle une Cassandre. Plus globalement, ce renforcement des contrastes et de la puissance du décor est un des points forts de cette reprise.

Nicole Car (Donna Elvira)

Nicole Car (Donna Elvira)

Et Zerlina trouve en Christina Gansch une épatante artiste capable de lui donner du corps avec son timbre pulpeux mais aussi un peu corsé qui forge un tempérament de femme sensible douée d’une forte personnalité dominatrice. Et évidemment, comme souligné un peu plus haut, la scène supplémentaire que lui dédit la version de Vienne ne fait qu’accroître cette impression de hardiesse et de détermination qu’elle inspire, une fois passée la tentative d’emprise du manipulateur sur elle. 

Christina Gansch (Zerlina)

Christina Gansch (Zerlina)

Ces trois personnages féminins doivent cependant composer avec un Leporello et un Don Giovanni d’une sévère noirceur au point que le premier semble être le double de son maître qu’il s’apprête à dépasser. Krzysztof Bączyk offre en effet un portrait contrasté entre sa jeunesse séduisante et les accents sombres inhérents à sa tessiture basse qui expriment une personnalité bien plus sournoise que narquoise. Il est d’ailleurs étonnant de le voir révéler les immaturités de Leporello dans le même temps qu’il fait entendre des résonances de monarque.

Mikhail Timoshenko (Masetto), Krzysztof Bączyk  (Leporello), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Adela Zaharia (Donna Anna)

Mikhail Timoshenko (Masetto), Krzysztof Bączyk (Leporello), Pavel Petrov (Don Ottavio) et Adela Zaharia (Donna Anna)

Et Christian Van Horn est absolument redoutable dans le costume de Don Giovanni dont plus aucun trait d’humour ne fait sourire. On sent si souvent poindre chez lui l’ombre de Méphistophélès qu’il évoque le danger permanent, ce que d’aucun pourrait trouver trop radical. L’image de séducteur s’efface, même dans la sérénade ‘Deh, vieni alla finestra’, et c’est toujours avec un mordant farouche qu’il s’adresse à tout son monde. 

Nicole Car (Donna Elvira)

Nicole Car (Donna Elvira)

Cette violence est renforcée par le traitement de Masetto – interprété avec mesure et authenticité par Mikhail Timoshenko - qui se trouve encore plus ensanglanté pour cette reprise après qu'il soit agressé par Don Giovanni. On peut contester ce parti pris trop obscur dans le choix des tessitures, mais il faut reconnaître qu’il y a là une vision d’une grande force lorsque tout l’aspect badin de la pièce est gommé pour véritablement raconter un roman noir. Mis en scène comme un homme déchu se confrontant par sa simple présence humaine à la conscience de son assassin et de son complice, le commandeur d' Alexander Tsymbalyuk est absolument somptueux, et Pavel Petrov, bien que privé de ‘Il mio tesoro’, est attachant  par son souffle infiniment homogène, toutefois moins puissant que ses partenaires, qui dépeint un cœur pur et chaleureux mais impuissant à agir.

Christian Van Horn, Bertrand de Billy et Nicole Car

Christian Van Horn, Bertrand de Billy et Nicole Car

Complètement dans son élément lorsqu’il a en main l’esprit de Mozart,  Bertrand de Billy conduit cette histoire avec un sens des lignes de vie d’une captivante finesse tout en maintenant un rythme délié qui porte les artistes avec beaucoup de naturel. Il cherche à faire vivre un tissu fluide, nimbé des colorations chaudes et mélancoliques des bois, qui imprègne l’auditeur sans qu'il ne rompe cette emprise par des effets théâtraux trop appuyés. Il est ainsi le contraire d’un Teodor Currentzis et de tous ses effets baroques et survoltés, ce qui n’empêche pas sa proposition d’être investie d’une présence bienveillante comme si elle invitait à garder sa sérénité face à l’inacceptable qui se joue sous nos yeux.

Ce spectacle retravaillé et renforcé dans sa noirceur, en partie grâce aux solistes, a donc gagné en intensité mais aussi en traits d’espoir.

Voir les commentaires

Publié le 1 Février 2022

TV-Web Février 2022 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Samedi 05 février 2022 sur France 4 à 21h10
La Mégère apprivoisée - Ballet de Monte-Carlo - chr Maillot

Samedi 05 février 2022 sur France 4 à 22h35
De l'Amour : Jean-Christophe Maillot

Dimanche 06 février 2022 sur France 3 à 00h20
Body and Soul (Pite) - Opéra de Paris

Dimanche 06 février 2022 sur Arte à 11h10
Une saison à la Juilliard School (6/6)

Dimanche 06 février 2022 sur Arte à 18h15
Carmina Burana (Off) - Depuis la Cité interdite - dm Yu

Spence, Tézier, Garifullina

Lundi 07 février 2022 sur Arte à 00h15
Hippolyte et Aricie (Rameau) - Opéra Comique - dm Pichon - ms Candel

Van Mechelen, Benoit, Brunet-Grupposo, Degout, Cotrez, di Pierro, Lefebvre, Desandre

Lundi 07 février 2022 sur Arte à 02h35
Dulab Alpaloma - Une ronde musicale

Samedi 12 février 2022 sur France 4 à 21h10
Roméo et Juliette (Prokofiev) - Opéra de Paris - Chr Noureev

Samedi 12 février 2022 sur France 4 à 23h40
Le Parc - Opéra de Paris - chr Prejlocaj

Dimanche 13 février 2022 sur France 3 à 00h25
La Mégère apprivoisée - Ballet de Monte-Carlo - chr Maillot

Dimanche 13 février 2022 sur Arte à 18h40
Anne-Sophie Mutter joue John Williams - Concerto pour violon n°2

Lundi 14 février 2022 sur Arte à 00h35
Les quatre saisons (Vivaldi) - Daniel Hope et l'Orchestre de chambre de Zurich

Mardi 15 février 2022 sur France 4 à 21h10
Barbara, elle et nous

Samedi 19 février 2022 sur France 4 à 21h10
L'école des rêve - Opéra de Paris

Samedi 19 février 2022 sur France 4 à 22h20
Mon premier Lac des Cygnes (Tchaikovski) - Théâtre Mogador - Dir. artistique Paquette - Chr Bourgeois

Dimanche 20 février 2022 sur France 3 à 00h25
Créér aujourd'hui - Ballet de l'Opéra national de Paris

Dimanche 20 février 2022 sur Arte à 18h40
Concertos Brandebourgeois (Bach) -  Collegium 1704 - dm Luks

Lundi 21 février 2022 sur Arte à 02h10
New Ocean Sea Cycle - Ballet of Difference de Cologne - Chor Siegal

Samedi 26 février 2022 sur France 4 à 21h10
Les clés de l'orchestre - Jean-François Zygel

Dimanche 27 février 2022 sur France 3 à 00h25
Roméo et Juliette (Prokofiev) - Opéra de Paris - Chr Noureev

Dimanche 27 février 2022 sur Arte à 18h40
Grand concert Camille Saint-Saëns - Orchestre national de France - dm Cristian Macelaru

Dimanche 27 février 2022 sur Arte à 23h20
Giuditta (Lehar) - Opéra de Munich - dm Engel - ms Marthaler

Mikneviciute, Behle, Avemo, Kohlhepp, Schmeckenbecher

TV-Web Février 2022 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Mercredi 02 février 2022 sur Mezzo à 20h30
Così fan tutte de Mozart à l'Opéra National de Pari

Vendredi 04 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Idoménée de Campra à l'Opéra de Lille

Samedi 05 février 2022 sur Mezzo à 20h30
Le Conte du Tsar Tsaltan de Rimski-Korsakov à la Monnaie de Bruxelles

Dimanche 06 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Luisa Miller de Verdi au Metropolitan Opera

Mercredi 09 février 2022 sur Mezzo à 20h30
The Indian Queen de Purcell à l'Opéra de Lille

Vendredi 11 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Mazepa de Tchaïkovski au Mariinski de Saint-Pétersbourg

Samedi 12 février 2022 sur Mezzo à 20h30
'Le Tour d'écrou' de Benjamin Britten à la Monnaie de Bruxelles

Dimanche 13 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
L'Ange de feu de Prokofiev au Théâtre Mariinski

Mercredi 16 février 2022 sur Mezzo à 20h30
La Clémence de Titus de Mozart à l'Opéra Royal de Wallonie-Liège

Vendredi 18 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Lulu de Berg au Metropolitan Opera

Samedi 19 février 2022 sur Mezzo à 20h30
L'Histoire du soldat de Stravinsky à Lausanne

Dimanche 20 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Lulu de Berg au Metropolitan Opera

Mercredi 23 février 2022 sur Mezzo à 20h30
'Prima la musica' de Salieri et 'Der Schauspieldirektor' de Mozart au Teatro Malibran de Venise

Vendredi 25 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Mazepa de Tchaïkovski au Mariinski de Saint-Pétersbourg

Samedi 26 février 2022 sur Mezzo à 20h30
Mazepa de Tchaïkovski au Mariinski de Saint-Pétersbourg

Dimanche 27 février 2022 sur Mezzo HD à 21h00
Fidelio de Beethoven au Theater an der Wien

TV-Web Février 2022 Lyrique et Musique
TV-Web Février 2022 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

Frédégonde de Guiraud et Saint-Saëns (Opéra de Dortmund)

                              Février 2022

Giuditta (Opéra de Munich) jusqu'au 01 février 2022

Body and Soul (Opéra de Paris) jusqu'au 05 février 2022

Créer aujourd'hui (Opéra de Paris) jusqu'au 05 février 2022

Amadeus (Milos Forman) jusqu'au 06 février 2022

Pavarotti à Hyde Park jusqu'au 07 février 2022

Parsifal (Opéra de Vienne) jusqu'au 07 février 2022

Nueva York - Une histoire musicale du New-York Latino jusqu'au 14 février 2022

Luisa Miller (Opéra de Marseille) jusqu'au 15 février 2022

Opéra de Paris, une saison (très) particulière jusqu'au 15 février 2022

Classique Open Air (Hanovre) jusqu'au 17 février 2022

Dabkeh par Mehdi Kerkouche (Palais de Tokyo) jusqu'au 18 février 2022

Macbeth Underworld (Saarländischen Staatstheaters) jusqu'au 18 février 2022

Pierre et le Loup (Raconté par François Morel) jusqu'au 19 février 2022

Le Carnaval des animaux (Livret de Smaïn) jusqu'au 19 février 2022

When the Fern Blooms (Lviv National Opera) jusqu'au 20 février 2022

Le Parc (Opéra national de Paris) jusqu'au 20 février 2022

Le Requiem de Mozart par Bartabas jusqu'au 21 février 2022

Fifi Brindacier (Ballet de l'Opéra national de Finlande) jusqu'au 21 février 2022

Béatrice et Bénédict (Festival de Glyndebourne) jusqu'au 22 février 2022

Norma (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 22 février 2022

Die Walküre (Longborough Festival Opera) jusqu'au 25 février 2022

The Turn of the Screw (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 27 février 2022

John Adams par John Adams jusqu'au 28 février 2022

Rusalka (Opéra de Limoges) jusqu'au 28 février 2022

Don Giovanni (Festival de Salzbourg) jusqu'au 28 février 2022

                              Mars 2022

Tosca (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 03 mars 2022

Le pays de Kalevala (Ballet national de Finlande) jusqu'au 07 mars 2022

Carmina Burana (Cité interdite) jusqu'au 07 mars 2022

Missa in tempore belli (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 11 mars 2022

The Time of Our Singing (La Monnaie de Bruxelles) jusqu'au 24 mars 2022

Jonas Kaufmann, mélodies viennoises jusqu'au 24 mars 2022

                              Avril 2022

Le rêve du chef d'orchestre Kent Nagano jusqu'au 01 avril 2022

Le Freischütz (Théâtre des Champs-Élysées) jusqu'au 04 avril 2022

La dynastie Morozov jusqu'au 04 avril 2022

Missa Solemnis (Cathédrale de Cologne) jusqu'au 27 avril 2022

La Cerisaie (Festival d'Avignon) jusqu'au 10 avril 2022

5e anniversaire de l'Elbphilharmonie jusqu'au 11 avril 2022

Iolanta (Royal Swedish Opera) jusqu'au 15 avril 2022

Winterreise (Christian Spuck et le Ballet de Zurich) jusqu'au 15 avril 2022

Robert Wilson, la beauté du mystérieux jusqu'au 15 avril 2022

Samson et Dalila (Chorégies d'Orange) jusqu'au 17 avril 2022

Les Vêpres siciliennes (Teatro Massimo di Palermo) jusqu'au 19 avril 2022

Christian Spuck chorégraphie le Requiem de Verdi jusqu'au 26 avril 2022

Der Rosenkavalier (Garsington Opera) jusqu'au 29 avril 2022

Voces Suaves aux Dominicains de Guebwiller (Garsington Opera) jusqu'au 30 avril 2022

                               Mai 2022

L'odyssée Offenbach jusqu'au 01 mai 2022

Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) jusqu'au 06 mai 2022

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Lyon) jusqu'au 09 mai 2022

Quatre chorégraphes d'aujourd'hui (Opéra national de Paris) jusqu'au 14 mai 2022

Israël en Egypte (ElbPhilharmonie) jusqu'au 16 mai 2022

Le malade imaginaire (Hungarian State Opera)  jusqu'au 19 mai 2022

Barbara Hannigan : rêve de Hongrie jusqu'au 25 mai 2022

Destin (Osud) (National Theatre Brno) jusqu'au 28 mai 2022

                               Juin 2022

Les Eclairs (Opéra Comique) jusqu'au 03 juin 2022

Macbeth (La Scala de Milan) jusqu'au 06 juin 2022

Une soirée vénitienne autour de l'orgue avec Wayne Marshall jusqu'au 06 juin 2022

Le Médium (Croatian National Theatre Zagreb) jusqu'au 09 juin 2022

"The Tree" de Carolyn Carlson (Chaillot - Théâtre National de la Danse) jusqu'au 10 juin 2022

Fauteuils d'orchestre - Le Concert (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 10 juin 2022

Madame Butterfly (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 19 juin 2022

Werther (Opéra Orchestra National Montpellier) jusqu'au 24 juin 2022

L'Auberge du Cheval blanc (Opéra de Lausanne) jusqu'au 29 juin 2022

Une saison à la Juilliard School (1/6) jusqu'au 30 juin 2022

                             Juillet 2022

La Flûte enchantée (Royal College of Music) jusqu'au 01 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (2/6) jusqu'au 07 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 08 juillet 2022

Roméo et Juliette - Prokofiev (Opéra national de Paris) jusqu'au 12 juillet 2022

Fosse, mis en scène par Christian Boltanski jusqu'au 14 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (3/6) jusqu'au 14 juillet 2022

Barbara Hannigan dirige Britten, Haydn et Stravinsky jusqu'au 15 juillet 2022

Les Noces de Figaro (Staatsoper Hannover) jusqu'au 20 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (4/6) jusqu'au 21 juillet 2022

Gala Andalucía Flamenca : Chants de femmes (Festival de Grenade 2021) jusqu'au 22 juillet 2022

Le Voyage dans la Lune (Opéra Comique) jusqu'au 26 juillet 2022

La promesse (Royal Swedish Opera) jusqu'au 27 juillet 2022

Une saison à la Juilliard School (5/6) jusqu'au 28 juillet 2022

                             Août 2022

Lully et ses contemporains (Festival de Saint-Denis) jusqu'au 02 août 2022

Les Noces de Figaro (Opéra de Paris) jusqu'au 03 août 2022

Une saison à la Juilliard School (6/6) jusqu'au 04 août 2022

Actéon (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 15 août 2022

Alcina (Opera North) jusqu'au 17 août 2022

Les larmes de la Vierge (Festival de Sablé) jusqu'au 26 août 2022

The Discovery of Passion (Festival de Sablé) jusqu'au 29 août 2022

Klaus Mäkelä - 9e de Beethoven (Philharmonie) jusqu'au 30 août 2022

Manon à l'Opéra de Hambourg - regard dans les coulisses jusqu'au 31 août 2022

                             Septembre 2022

Faust de Gounod (Teatro La Fenice) jusqu'au 16 septembre 2022

Jelin (Alessandria - Piémont) jusqu'au 22 septembre 2022

Cantates de jeunesse par Les Arts Florissants (Festival d'Ambronay) jusqu'au 25 septembre 2022

Fidelio (Opéra Comique) jusqu'au 30 septembre 2022

Mikko Franck dirige Debussy, Montalbetti et Ravel jusqu'au 30 septembre 2022

                         Octobre 2022

La Force du Destin (Théâtre Royal de Wallonie) jusqu'au 07 octobre 2022

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 11 octobre 2022

Edmea (Wexford Festival Opera 2021) jusqu'au 11 octobre 2022

                          Novembre 2022

Rebeka Warriors & Julien Pregardien jouent Schubert jusqu'au 11 novembre 2022

                          Décembre 2022

Trisha Brown x 100 au Festival d'Automne jusqu'au 03 décembre 2022

 

                           Janvier 2023

Eugène Onéquine (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 05 janvier 2023

 

                           Février 2023

Les oiseaux (Opéra national du Rhin) jusqu'au 04 février 2023

                           Juin 2023

Der Freischütz (La Fura dels Baus) - moments choisis -  jusqu'au 16 juin 2023

Ariane à Naxos (Festival d'Aix-en-Provence 2018) jusqu'au 23 juin 2023

                           Août 2023

Tristan und Isolde (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 30 août 2023

                           Septembre 2023

La Boxeuse amoureuse de Marie Agnès Gillot et Arthur H  jusqu'au 21 septembre 2023

                           Octobre 2023

Haendel au Théâtre du Châtelet jusqu'au 06 octobre 2023

Nathalie Stutzmann dirige l'Orchestre de Paris jusqu'au 20 octobre 2023

                           Novembre 2023

Les Talens Lyriques (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 11 novembre 2023

                           Décembre 2023

Concert de Noël 2020 du Philharmonique de Radio France jusqu'au 17 décembre 2023

 

                           Juillet 2024

Innocence (Festival d'Aix-en-Provence 2021) jusqu'au 01 juillet 2024

                           Décembre 2024

Grand concert symphonique Saint-Saëns (Auditorium de Radio France) jusqu'au 14 décembre 2024

Voir les commentaires

Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 27 Janvier 2022

La Khovantchina (Modest Moussorgski – 1886)
Orchestration de Dmitri Chostakovitch (1959)
Représentations du 26 janvier et 09 février 2022
Opéra Bastille

Prince Ivan Khovanski Dimitry Ivashchenko
Prince Andrei Khovanski Sergei Skorokhodov
Prince Vassili Golitsine John Daszak
Chakloviti Evgeny Nikitin
Dosifei Dmitry Belosselskiy
Marfa Anita Rachvelishvili
Susanna Carole Wilson
Le Clerc Gerhard Siegel
Emma Anush Hovhannisyan
Varsonofiev Wojtek Smilek
Kouzka Vasily Efimov
Strechniev Tomasz Kumiega
Premier Strelets Volodymyr Tyshkov
Deuxième Strelets Alexander Milev
Un confident de Golitsine Fernando Velasquez

Direction musicale Harmut Haenchen
Mise en scène Andrei Șerban (2001)

 

             Dimitry Ivashchenko (Prince Ivan Khovanski)

 

Voir et entendre 'La Khovantchina' est toujours un privilège car cet opéra de Modest Moussorgski est bien moins souvent donné que 'Boris Godounov'. Et à l’occasion de cette reprise, il fait pour la première fois son apparition parmi les 100 premiers titres joués au sein de l’institution, c’est dire que c’est une chance!

Dimitry Ivashchenko (Prince Ivan Khovanski)

Dimitry Ivashchenko (Prince Ivan Khovanski)

L’intrigue se déroule entre 1682 et 1689 au moment où Sophie de Russie assure la régence après la mort de Féodor III, car Pierre, son demi-frère encore adolescent, est bien trop jeune pour régner. 

Aidée par les Streltsy, un corps militaire affecté à la surveillance du Kremlin de Moscou mené par Ivan Khovanski, elle cherche à éliminer les partisans de Pierre. L’opéra présente cependant ce dernier comme le manipulateur qui agit dans l’ombre, ce qui est prématuré vis à vis du sens de l’ Histoire.

Evgeny Nikitin (Chakloviti) et Gerhard Siegel (Le Clerc)

Evgeny Nikitin (Chakloviti) et Gerhard Siegel (Le Clerc)

Mais les ambitions d’Ivan Khovanski et son fils, Andrei, menacent aussi la stabilité de la Russie, ce que les Streltsy et Chakloviti, chef du département intérieur, ont bien compris. Les Vieux Croyants menés par Dosifei entendent également défendre la foi orthodoxe menacée par les réformes du patriarche Nikon – ces réformes visaient à revenir aux traditions byzantines, ce que les Vieux Croyants considéraient comme un des facteurs ayant conduit à la chute de Constantinople -, et se rapprochent ainsi de Khovanski et des Streltsy, puis du Prince Golitsine présenté ici comme un novateur admirateur des européens qui intrigue pour le pouvoir alors qu’il était dans les faits l’amant de Sophie.

On assiste au fil des tableaux à la chute des Khovanski et de Golitsine, à l’accession au pouvoir de Chakloviti, pour un temps seulement, mais qui semble sincèrement inquiet de l’avenir de la Russie dans son grand monologue du 3e acte, et enfin à la fin des Vieux Croyants au moment où Pierre Ier apparaît et annonce un autre monde.

Dmitry Belosselskiy (Dosifei)

Dmitry Belosselskiy (Dosifei)

La production d’ Andrei Șerban, qui a dorénavant plus de 20 ans, présente une fresque austère dans son contexte historique mais sans surcharger ni les décors, ni les costumes. Il y a bien sûr les dômes dorés des édifices religieux et les icônes religieuses peintes sur bois doré, mais dans l’ensemble, c’est un esprit d’épure qui domine. Le travail sur la direction d’acteurs est par ailleurs très naturel et contribue à la crédibilité des personnages. 

John Daszak (Prince Vassili Golitsine)

John Daszak (Prince Vassili Golitsine)

Cependant, il est vrai que l’on retrouve des thèmes qui restent toujours d’actualité comme ce décor du cabinet de Golitsine qui évoque la fracture qui entaille la société russe, avec en son centre le ‘Portrait d’une jeune femme inconnue en costume russe’ d’Ivan Argounov qui peut refléter Sophie Alexeïevna, et donc représenter un symbole d’un changement de mentalité avec l’accession d’une femme au pouvoir. Ce tableau reste anachronique par rapport à cette période, car il fut peint un siècle plus tard.

Et quand on sait que c’est Golitsine qui signa un traité de « paix perpétuelle » avec la Pologne, traité qui entérina les acquisitions russes en Ukraine, on se retrouve au plus proche d’évènements historiques qui ont encore une résonance aujourd’hui et qui constituèrent un tournant majeur pour l’avenir de la Russie.

Anita Rachvelishvili (Marfa)

Anita Rachvelishvili (Marfa)

Pour la partie musicale de cette reprise, la fosse d’orchestre voit le retour d’Harmut Haenchen qui ne s’y était plus produit depuis la fin du mandat de Gerard Mortier à l’automne 2009. 

S'il doit malheureusement composer avec un effectif de musiciens et de choristes réduit à cause des circonstances connues de tous lors de la première, il retrouve un effectif intègre le 09 février. Sa lecture est d’emblée solennelle avec des traits expressionnistes bien sentis, des moments d’une grande finesse, comme lors du tableau très coloré des jeunes serves dans la demeure de Khovanski, ou bien des déploiements de luxe sonore merveilleux dans les scènes avec les Vieux Croyants. Il dépeint au premier acte cette histoire avec mesure et soucis de transparence, puis obtient de l'orchestre une ampleur, un relief et des teintes rutilantes d'un splendide impact qui racontent comment ce drame prend une dimension épique inéluctable.

Vasily Efimov (Kouzka) et les Chœurs

Vasily Efimov (Kouzka) et les Chœurs

C’est toujours un bonheur que d’entendre les chœurs si souvent sollicités dans ce répertoire qui symbolise le mieux leur unité, même si les tissus des masques ne leur permettent pas de créer un impact aussi puissant qu’à l’accoutumée. Le souffle de leur humanité est très bien mis en valeur dans les grands moments de déploration, avec un déploiement progressif de leur élan vocal.

La distribution est de grande qualité, avec d’abord la Marfa d’Anita Rachvelishvili qui met la salle à genoux par le volume généreux de sa voix, avec des accents graves naturellement beaux et rayonnants dont la rondeur du galbe, noir et profond, fait écho à la perfection religieuse des orbes royales.

Dimitry Ivashchenko, en Ivan Khovanski, et Dmitry Belosselskiy, en Dosifei, forment deux solides figures autoritaires, d’autant plus qu’elles sont alliées, le premier ayant un surplus de douceur feutrée alors que le second creuse un peu plus ses souterrains intérieurs.

Evgeny Nikitin (Chakloviti)

Evgeny Nikitin (Chakloviti)

Et face à eux, Evgeny Nikitin incarne avec une hauteur d’intention splendide la voix des vérités éternelles sur un souffle d’une spiritualité fascinante, lui qui chante si souvent le Klingsor de 'Parsifal', et est ainsi magnifié par le rôle de Chakloviti comme rarement il est donné de l’entendre.

John Daszak est tout aussi impressionnant par l’éclat phénoménal de son timbre d’étain pur – il a d’ailleurs quelque chose de familier dans ses accents qui permet de le reconnaître immédiatement – et donne de la consistance à Golitsine et une touche de sensibilité qui n’en fait pas un personnage trop monolithique.

Anita Rachvelishvili (Marfa)

Anita Rachvelishvili (Marfa)

Parmi les rôles secondaires, Vasily Efimov est toujours aussi éblouissant d’expressivité dans ses personnages marginaux qui émaillent les opéras romantiques russes qu’il joue très souvent, l’Emma d'Anush Hovhannisya, remplaçante d’Olga Busuioc, n’impose aucune censure à ses plaintes de désarroi, et Sergei Skorokhodov rend à Andrei Khovanski un tempérament rude avec des couleurs plutôt claires.

Anita Rachvelishvili (Marfa) et Sergei Skorokhodov( Andrei Khovanski)

Anita Rachvelishvili (Marfa) et Sergei Skorokhodov( Andrei Khovanski)

Le très bon Clerc de Gerhard Siegel et la Susanna trop naturaliste de Carole Wilson complètent cette galerie de portraits qui se confrontent en permanence et qui font la richesse d’une humanité qui s'évertue à échapper à un piège inexorablement tendu sans qu’elle s'en rende compte.

Avènement de Pierre Le Grand

Avènement de Pierre Le Grand

Très grande ovation au final, ce qui a ému les artistes.

Voir les commentaires