Publié le 9 Juillet 2025

Article de juillet 2016 mis à jour le 09 juillet 2025

L'article qui suit est une mise à jour intégrale de son contenu rédigé la première fois en juillet 2016.
Il fait un état des lieux de l’audience des sites internet de théâtres lyriques, de salles de concert classique, d’orchestres philharmoniques, de revues musicales, de radios musicales, de chaînes culturelles, de bases de données classiques et de sites de vidéos en streaming et cherche à en tirer quelques enseignements.

Le point de départ est le site de mesure d'audience Similarweb.com (une jeune compagnie britannique de technologie de l'information) qui donne, gratuitement, quelques indicateurs, à ne considérer que pour leurs ordres de grandeur, et un classement mondial des sites sélectionnés (classement basé sur le nombre de consultations mais aussi le temps passé et le nombre de pages consultées par les lecteurs).

Il fournit, notamment, le nombre de consultations par mois, la part du trafic lié à un accès direct au site (plus la part des accès directs est importante, plus la part des lecteurs fidèles est élevée), et la nationalité des visiteurs. Contrairement aux idées reçues, la part de lecteurs amenée par les réseaux sociaux (Facebook, twitter, Instagram ..) est très faible et représente dans la plupart des cas moins de 5% du trafic. Ces sites sont avant tout consultés par accès direct (pour les fidèles) ou par recherche google pour lequel leur bon référencement est indispensable à leur visibilité.

Un même visiteur pouvant consulter un même site plusieurs fois par mois, voir par jour, et depuis différents moyens électroniques, le nombre de consultations est donc très supérieur au nombre de personnes physiques distinctes ayant accédé à un site internet.  Ainsi, ‘Google’, le site n°1, reçoit 90 milliards de consultations par mois, alors que seuls 4 milliards d’habitants ont accès à internet dans le monde. Le nombre de visiteurs réels d’un site web est donc probablement 20 à 100 fois inférieur au nombre de consultations.

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris à la Philharmonie de Paris en septembre 2021

 Le tableau qui suit présente le classement de 300 sites lyriques et musicaux pour les 12 catégories suivantes auxquelles un code couleur différent est associé (bleu foncé pour les maisons d'opéras, bleu clair pour les centres de musiques et les orchestres, rose pour les webzine et blog, etc.), à savoir :

  • 2 chaînes culturelles à titre de référence : Arte et 3Sat
  • 6 radios musicales (Classik FM, France Musique, Radio Classique, WQXR, BR Klassik ...)
  • 154 maisons d’opéras internationales (Opéra national de Paris, MET, Covent Garden, Mariinski etc.)
  • 50 salles de concerts et orchestres philharmoniques ou symphoniques et centres musicaux
  • 5 sites qui agrègent plusieurs salles (Kennedy Center, Aalto Theater Essen, Château de Versailles Spectacles et Opera Australia)
  • 49 webzines et blogs (Slipped Disc, Forum Opera, Bachtrack, etc.)
  • 4 sites dédiés aux violonistes (Violinist, The Strad, Strings Magazine, The Violin Channel)
  • 5 sites de streaming (Operavision, Medici TV, Digital Concert Hall, Opera on video)
  • 9 bases de données de partitions et d'archives (IMSLP, Opera Arias, La Flûte de Pan, Bärenreiter etc.)
  • 13 sites de ventes en ligne d’enregistrements musicaux (JPC, Qobuz, Presto Music, Naxos etc.)
  • 1 site de billetterie (Music Opéra)
  • 2 agences artistiques (Intermusica et Askonas Holt )

 

Le choix du seuil de 300 sites permet d'inclure quasiment tous les sites recevant au minimum 15 000 consultations par mois (soit d'un milliers de lecteurs individuels pour les plus modestes à plusieurs centaines de milliers pour Arte). Ce nombre de consultations mensuelles est une moyenne calculée sur le premier semestre 2025 (Similar Web affiche les résultats des 3 derniers mois ce qui oblige à faire plusieurs sondages au cours de l'année).

Pour chaque site est affiché :

  • son classement mondial (moyenne des 6 derniers mois)
  • l'évolution de son classement par rapport au second semestre 2024
  • le nombre de consultation par mois (moyenne des 6 derniers mois)
  • la part de visiteurs qui accèdent directement au site (sans recherche google ou réseaux sociaux)
  • la part de visiteurs français

 

Une mise à jour d'ensemble de ce classement aura lieu tous les 6 mois, chaque mois de janvier et juillet, afin de suivre l'évolution annuelle du succès de ces sites. 

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Audience comparée de sites dédiés à la Musique classique et à l'Art lyrique (janvier à juin 2025)

Classic FM, première chaîne de musique classique
Avec plus de 3 millions d’accès par mois sur internet, et 5 millions d’auditeurs chaque week-end sur les ondes hertziennes, la chaîne de musique classique britannique Classic FM a fêté ses 30 ans le 7 septembre 2022 et est devenue la première chaîne de musique classique au monde. 

 

En France, France Musique et Radio classique sont au coude à coude avec environ 1 million d’auditeurs par jour en hertzien. Mais sur internet, France Musique prend le dessus sur sa concurrente avec 1,4 millions de consultations du site par mois (1,2 millions en 2016), ce qui peut être du à la richesse de son contenu numérique. Plus de 80 % des auditeurs numériques des deux radios sont français, mais 10 % du trafic de Radio Classique provient d’auditeurs belges, alors que 10 % du trafic web de France Musique provient d’auditeurs canadiens, suisses, espagnols et grecs.

Toutefois, depuis février 2022, Radio France agrège sur un même site ses différentes chaînes radios (France Culture, France Inter etc..) si bien qu'il n'est plus possible de suivre l'évolution de France Musique. Le nombre de consultations affiché ici est donc une estimation à partir de l'évolution de la fréquentation de Radio France.

Le ROH, l’ONP, le MET, le Mariinsky et le Bolshoi en tête des sites web de maisons lyriques les plus consultés au monde.
Le Royal Opera House Covent Garden, l’Opéra national de Paris, le MET Opera de New-York, le Théâtre du Mariinsky et le Bolshoi sont les cinq maisons d’opéra qui disposent de sites internet classés parmi les 100 000 plus consultés au monde avec plus de 500 000 connexions par mois (et même 1 million pour le ROH). On observe cependant une nuance entre les maisons occidentales et les maisons russes.

70 % des visiteurs numériques des maisons occidentales sont nationaux, et 8 % proviennent aussi des USA pour le Covent Garden et l’Opéra de Paris, tandis que 8 % des visiteurs numériques du MET sont britanniques ou canadiens.

 

Avec plus de 500 000 consultations par mois, les maisons russes de Saint-Pétersbourg (Le Mariinski) et Moscou (Le Bolshoi) talonnent ces trois maisons phares, mais  90 % de leurs visiteurs sont cette fois nationaux et 2 % sont américains. Et depuis fin 2023, et la nomination de Valery Gergiev, le site du Théâtre du Bolshoi est même le plus consulté des sites d'institutions lyriques.

Avec 400 000 visiteurs par mois, le site de l’Opéra de Vienne a une structuration de sa fréquentation un peu différente. Seuls 30 % des visiteurs sont nationaux, 15 % sont allemands, 10 % sont américains, 6% sont britanniques et 5% sont français, ce qui reflète une image de maison de répertoire ouverte au monde entier. Les Russes, qui représentaient 10% du public avant la guerre en Ukraine, en sont dorénavant absents.

Et hors Opéra de Paris, le Théâtre des Champs-Élysées, le Théâtre du Châtelet, l'Opéra de Lyon et l'Opéra de Bordeaux sont les seuls sites de théâtre lyrique et classique français à dépasser largement les 50 000 consultations par mois.

Les opéras allemands sont bien représentés en seconde partie de ce classement, le Bayerische Staatsoper de Munich (300 000 consultations) en tête, mais également les maisons européennes telles le Norwegian Opera, le Royal Danish Opera, le Teatro Real de Madrid, l'Opéra d'Amsterdam, l’Opéra d’État de Prague et le Théâtre national de Brno.

Hors Europe, le Teatro Colon de Buenos Aires se détache nettement avec 400 000 visiteurs par mois.

Les succès de la Philharmonie de Paris et de l’ElbPhilharmonie et la reconnaissance internationale du Philharmonique de Vienne
Ouvertes respectivement en 2015 et 2017, la Philharmonie de Paris et l’ElbPhilharmonie de Hambourg sont devenues en quelques années les salles de concerts philharmoniques disposant des sites les plus consultés au monde.

Quant au site du Philharmonique de Vienne (plus de 250 000 consultations par mois) – l’orchestre a célébré ses 180 ans en 2022 -, il dispose d’une structuration de ses visiteurs totalement internationale dont seuls 15 % sont autrichiens, 15 % allemands, 10 % américains, 5% polonais, 5% italiens et 5% japonais..

Il est de plus fréquenté à 50 % par une multitude d’autres nationalités. Vienne est véritablement associée à une image de culture musicale mondiale - mais le concert du nouvel an qui augmente l'afflux de visiteurs sur le site du Wiener Philharmoniker en janvier joue beaucoup sur cette mise en avant -.

Enfin, pas moins de 13 sites d'orchestres américains apparaissent dans ce classement, dont le New York Philharmonic qui est en tête (300 000 visites par mois) suivi par le Boston Symphony Orchestra et le Los Angeles Philharmonic, et le site de l'emblème musicale des Pays-Bas, le Concertgebow d'Amsterdam, atteint désormais les 250 000 consultations par mois.


 

Slipped Disc et Classical Music en tête des Webzines internationaux, Forum Opera n°1 français pour l'Opéra.
Les magazines en ligne de musique classique se sont développés au même rythme que les sites lyriques. On y trouve des interviews d’artistes, des chroniques de spectacles ou d’enregistrements, l’actualité musicale, et parfois des lieux de discussions. Les groupes anglo-saxons dominent sans partage ce genre de média et sont les véritables promoteurs de cet art dans le monde.

Fondé en 2007 par l’écrivain et critique Norman Lebrecht, Slipped Disc est devenu le n°1 mondial des webzines avec plus de 1 million de consultations par mois. Son lectorat est à 40 % américain, à 25 % britannique, 8 % allemand et 7 % canadien.

Classical Music, le site de la revue BBC Music Magazine (1992), obtient un nombre de consultations qui atteint 700 000 par mois, et d’autres webzines tels Gramophone Uk (la revue fut créée en 1923 par Compton MacKenzie) ou Classics Today (au contenu mis à jour de façon journalière) obtiennent respectivement 350 000 et 200 000 consultations par mois.

Et depuis 2016, un site américain, Operawire (déjà 300 000 visites par mois), monte pour mettre en valeur les artistes de l’art lyrique.

Fondé en 2008 par David et Alison Karlin, le site Bachtrack regroupe des interviews et des comptes-rendus internationaux de concerts, opéras et spectacles chorégraphiques, et peut être consulté en français depuis 2013 (même si seules 10 % de ses 300 000 consultations mensuelles proviennent de l’hexagone).

Tel un gigantesque hub, cet outil propose de nombreux liens vers les évènements et les captations vidéos accessibles en ligne. Il regroupe 150 chroniqueurs dans le monde qui publient 250 articles par mois.

D'autres webzines internationaux ont acquis une importance significative tels Connesi all Opera (Italie), Concerti (Allemagne), Schweizer Musikzeitung (Suisse) ou Opera Plus (Tchéquie).

BelCanto (depuis 2002) et Classical Music News (depuis 2006 - Rédacteur en Chef : Boris Lifanovsky) sont les deux sites russes phares qui dépassent les 300 000 visiteurs par mois.

 

Créé en 2001 par Camille de Rijck, et numéro 1 en France avec plus de 120 000 consultations par mois, Forum Opera est spécifiquement orienté Opéra et Art lyrique. 85 % de son lectorat est français, 4% belge, 2 % américain et 2 % tchèque.

Quatre autres webzines français le rejoignent, Resmusica (qui a quasiment doublé son niveau de fréquentation ces 5 dernières années pour devenir le site généraliste n°1 en France - puisqu'il couvre la danse, les concerts et les représentations lyriques), Opera Online (45% de lecteurs français, 10% allemands, 20% anglo-saxons) avec 110 000 visites par mois et des critiques aussi reconnus qu'Alain Duault ou Dominique Adrian (également présent sur Resmusica), Diapason Magazine, la vitrine du magazine papier du même nom, et Olyrix, exclusivement centré sur l’Opéra et qui s’est bien implanté ces 5 dernières années également (environ 90 000 consultations par mois).

D’autres sites français permettent d’avoir accès à des comptes-rendus de concerts et d’opéras (Concertonet, Altamusica, Anaclase, Classykeo, Carnets sur Sol, Concert Classic, Wanderer ...) avec toutefois une audience plus confidentielle (de quelques centaines de lecteurs à 1000 lecteurs pour 10 000 à 35 000 lectures mensuelles).

Quant aux forums de discussions, mal référencés car pénalisés par Google, ils ne réunissent que quelques centaines de lecteurs habituels.

Il est toutefois assez étrange de constater que l'Union européenne ne dispose pas de grand site de musique classique et lyrique au niveau de ceux des britanniques. Serait-ce parce que ces derniers sont plus commerçants dans l'âme?

 

Les réussites des sites de commerce et de streaming Qobuz, JPC, Presto Music, Arte concert, Medici TV 
Fondé par Alexandre Leforestier et Yves Riesel, dirigeants d'Abeille Musique, et avec près de 3 000 000 de consultations par mois, Qobuz s’est imposé comme la référence des sites de commerce en ligne et de streaming musicaux, suivi par Presto Music (spécialisé en musique classique). 

Au même niveau de fréquentation que Qobuz, la compagnie JPC fondée en 1973 par Gerhard Georg Ortmann dispose du premier site de commerce en ligne européen pour la musique classique (bien qu'elle ne se limite pas à cette catégorie de musique). Elle propose des enregistrements à prix très attractifs, des DVD, des livres et des partitions.

 

Arte concert (gratuit) et Medici TV (payant) se partagent le créneau de la diffusion d’opéras et de concerts en vidéo, et Opera Vision (exclusivement européen), avec seulement 80 000 consultations par mois, semble en perte de vitesse et surtout consulté par des russes. Il est en fait probable que ses accords de diffusion sur Youtube diluent les informations de consultations dans ceux de la chaîne américaine et qu’il ne devienne plus possible de mesurer son audience réelle de manière immédiate.

Enfin, impossible de ne pas citer le Digital Concert Hall du Philharmonique de Berlin qui permet d'avoir accès pour 150 euros par an à plus de 650 concerts enregistrés au cours des 60 dernières années. Ce site remarquable reçoit près de 300 000 visites par mois, et 25% des visiteurs sont anglo-saxons.

 

Naxos, leader mondial des labels d'enregistrements de musique classique
Né en 1987 à l'initiative de Klaus Heymann, un entrepreneur allemand, Naxos est devenu le premier éditeur label mondial de nouveaux enregistrements classiques, avec un catalogue réunissant plus de 15 000 disques à prix économiques.

 

Egalement, signalons les sites de bases de données de partitions, IMSLP (International Music Score Library Project ), Free score et Opera Arias, un site de calendriers de spectacles d’opéras (Operabase) qui couvre les salles du monde entier, ainsi que le très original Bach Cantatas, projet collectif débuté en 1999 sur les 209 Cantates de Bach.

 

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Publié le 3 Juillet 2025

Il barbiere di Siviglia (Gioachino Rossini –
Teatro Argentino de Rome, le 16 février 1816)
Représentation du 02 juillet 2025
Opéra Bastille

Rosina Isabel Leonard
Figaro Mattia Olivieri
Il Conte d'Almaviva Levy Sekgapane
Bartolo Carlo Lepore
Basilio Luca Pisaroni
Fiorello Andres Cascante
Berta Margarita Polonskaya
Un ufficiale Jianhong Zhao

Direction musicale Diego Matheuz
Mise en scène Damiano Michieletto (2014)

 

Pour sa cinquième reprise et déjà 55 représentations au compteur depuis le 19 septembre 2014, la production du ‘Barbier de Séville’ imaginée par Damiano Michieletto est devenue l’un des grands classiques de l’Opéra Bastille, ce qui conforte l’ouvrage le plus populaire de Rossini au 7e rang des opéras les plus joués à l’Opéra de Paris.

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Levy Sekgapane (Almaviva) et Mattia Olivieri (Figaro)

Il faut dire que cette scénographie a de quoi séduire par sa reconstitution des façades d’une rue de Séville contemporaine dont le bâtiment central pivote pour révéler un dédale de pièces et d’escaliers sur trois niveaux absolument charmant, chargé d’une riche décoration plutôt prosaïque illuminée par des éclairages aussi bien intimes et chaleureux qu’ils peuvent être francs.

Le public a ainsi l’impression de se trouver face à une immense maison de poupée parmi laquelle les chanteurs évolueraient, une brillante adresse aux souvenirs d’enfance des auditeurs qui touche au cœur, Rosina étant elle même une adolescente vivant dans son monde fait d’admiration pour de beaux acteurs et chanteurs.

Le Barbier de Séville (Leonard Olivieri Sekgapane Matheuz Michieletto) Opéra de Paris

Et non seulement la direction d’acteurs du metteur en scène italien est vive et inventive, jusqu’à la scène de folie qui clôt la première partie dans un tournoiement méticuleusement réglé, mais l’on a aussi de cesse d’admirer la complexité du décor et ses moindres détails, qui ne peuvent se révéler qu’aux jumelles ou bien en allant visiter les coulisses. Les équipes techniques, des lumières et des décorations doivent être très fières d’une telle réalisation amenée à rester au répertoire certainement pour bien des années encore.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

Depuis son passage à l’Opéra de Paris en 2011 où elle incarnait Sesto et Cherubino respectivement dans ‘Giulio Cesare’ et ‘Le Nozze di Figaro’ – elle était même initialement annoncée dans le rôle de Rosine en 2010 -, Isabel Leonard n’était pas revenue à Paris depuis, sa carrière s’étant principalement développée dans sa cité natale, New-York.

Elle se glisse avec grande aisance dans ce rôle enfantin, rondeur et noirceur du timbre allant de pair avec une vivacité, et parfois même une certaine célérité, des vocalises qui se veulent expressives avec beaucoup de corps, les aigus ne manquant nullement de panache.

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Mattia Olivieri (Figaro) et Isabel Leonard (Rosina)

Découvert par le public parisien en février 2023 dans ‘Lucia di Lammermoor’, Mattia Olivieri est un excitant Figaro au profil de jeune ambitieux ayant une voix d’un excellent tranchant et un métal qui résonne avec un bel éclat. Mais il a aussi une agilité qui exprime une grande liberté d’esprit et une certaine légèreté par rapport à la vie. Il en résulte une image moderne et fascinante d’un homme initialement serviteur qui souhaite renverser les grands, sans la moindre hargne et avec un humour et une ruse affûtés.

Levy Sekgapane (Almaviva)

Levy Sekgapane (Almaviva)

Mais le plaisir devient absolu avec Levy Sekgapane.

Le ténor sud-africain s’était autorisé un passage au Théâtre des Champs-Élysées le 18 juin dernier entre deux représentations du ‘Barbier de Séville’ pour aller chanter Lindoro dans ‘L’Italienne à Alger’, et finalement remporter un succès bien réjouissant.

Cependant, sur la grande scène Bastille, il diffracte un optimisme chantant enivrant, une inspiration du bonheur qui provient autant du charme vibratoire de sa voix que de sa clarté qui évoque tant un printemps insouciant. Très bon acteur et partenaire semblant danser sur la musique, il offre au final un solo ‘Cessa di più resistere’ pleinement aérien, une évocation libre et dénuée de tout orgueil qui le départit d’autres profils de ténors qui donnent parfois l’impression de se prendre trop au sérieux.

Et dans son air idolâtre 'Ecco ridente in Cielo', les nuances et variations enjôleuses virevoltent amusément, la sérénade suivante 'Se il mio nome saper voi bramante' prenant une tonalité hispanisante complètement dépaysante avec des passages en voix de tête d'une sensibilité à fleur de peau qui laissent aussi transparaitre des affinités avec l'univers baroque.

Par magie, avec Levy Sekgapane tout n’est que joie lumineuse sans autre aspiration que le partage qui devient par conséquent extrêmement communicatif. Croisons les doigts pour que cette jeunesse qui cache un travail acharné sur le souffle et le phrasé dure le plus longtemps possible.

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Carlo Lepore (Bartolo) et Luca Pisaroni (Basilio)

Présent à la création de cette production et à sa précédente reprise, la basse napolitaine Carlo Lepore fait elle aussi montre d’une forte présence, d’abord par son timbre saillant et sa très bonne élocution interprétative, mais aussi de par son jeu rodé à la comédie, certes tout à fait classique d’esprit, mais avec un lustre encore bien sensible.

Isabel Leonard (Rosina)

Isabel Leonard (Rosina)

On ressent néanmoins moins de superbe chez Luca Pisaroni, inoubliable Leporello et Figaro sous le mandat de Gerard Mortier et artiste qui joue toujours avec générosité, mais qui concentre dorénavant trop les graves de sa voix en son intérieur plutôt qu’en les faisant rayonner avec vibrance, mais les jeunes seconds rôles issus du giron de l’Opéra de Paris, Andres Cascante en Fiorello, Margarita Polonskaya en Berta et Jianhong Zhao en ufficiale, ont tous une luminosité à embrasser avec naturel.

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Mattia Olivieri, Isabel Leonard, Carlo Lepore, Diego Matheuz (premier plan) et Margarita Polonskaya

Geste très élégant, savant coloriste des volées de cordes et de la fraîcheur des vents, Diego Matheuz est le garant de la clarté et du lustre radieux de l’interprétation musicale, sans excès de trépidations, mais avec le goût pour faire ressentir la valeur d’une partition et sa délicatesse. Il préserve aussi la cohésion de cette soirée somptueuse tout en respectant la personnalité de chaque artiste.

Un moment d’exception à travers une œuvre pourtant si recherchée, on ne pouvait mieux espérer en ce début d’été.

Mattia Olivieri

Mattia Olivieri

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Publié le 30 Juin 2025

TV-Web Juillet-Août 2025 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Lundi 30 juin 2025 sur France 4 à 23h55
Josephine Baker, le musical

Mardi 01 juillet 2025 sur France 4 à 21h00
360 (Mehdi Kerkouche)

Mardi 01 juillet 2025 sur France 4 à 22h15
Mehdi Kerkouche : portrait

Mercredi 02 juillet 2025 sur France 4 à 21h00
Le concert de la fête de la Musique 2025

Vendredi 04 juillet 2025 sur France 5 à 21h05
Entre duel et duo - Jean-François Zygel & André Manoukian, concert au festival Les Baux Pianos

Dimanche 06 juillet 2025 sur France 3 à 01h45
Oh la la, Alagna ! de la Sicile à Little Italy

Dimanche 06 juillet 2025 sur France 5 à 14h30
Carmen (Bizet) - Chorégies d'Orange

Dimanche 06 juillet 2025 sur Arte à 18h55
"Les quatre saisons" de Vivaldi recomposées - Les grands moments de la musique - Le documentaire

Mardi 08 juillet 2025 sur France 4 à 21h00
Musiques en fête 2025

Mercredi 09 juillet 2025 sur France 4 à 00h00
Carmen (Bizet) - Chorégies d'Orange

Mercredi 09 juillet 2025 sur France 3 à 21h10
Requiem de Mozart - Théâtre Antique d'Orange - Création visuelle signée Enki Bilal

Mercredi 09 juillet 2025 sur France 3 à 22h05
Carmina Burana (Carl Off) - Théâtre Antique d'Orange

Vendredi 11 juillet 2025 sur France 5 à 22h30 (Direct)
NÔT - Chorégraphie Marlene Monteiro Freitas

Samedi 12 juillet 2025 sur Arte à 22h40
Gustave Charpentier : Louise - Festival d'Aix-en-Provence

Dimanche 13 juillet 2025 sur France 3 à 00h25
Les Noces de Figaro (Mozart) - Festival de Salzburg 2023 - ms Martin Kusej 

Dimanche 13 juillet 2025 sur France 5 à 14h00
Pretty Yende au Festival de Glanum

Dimanche 13 juillet 2025 sur Arte à 18h55
Le violoncelle selon Gautier Capuçon

Lundi 14 juillet 2025 sur Arte à 00h00
Erik Satie, entre les notes

Lundi 14 juillet 2025 sur Arte à 01h05
Le jardin des délices - Festival d'Avignon 2023

Lundi 14 juillet 2025 sur France 2 à 21h10
Le Concert de Paris 2025

Lundi 14 juillet 2025 sur France 2 à 23h55
Le Concert de Paris 2024

Samedi 19 juillet 2025 sur 4rance 2 à 23h15
Renaud Capuçon : «Au cinéma 2»

Dimanche 20 juillet 2025 sur France 3 à 00h25
Le Concert de Paris 2025

Dimanche 20 juillet 2025 sur France 5 à 14h00
Le Sicilien - Roberto Alagna

Dimanche 20 juillet 2025 sur Arte à 18h55
La mandoline selon Avi Avital

Dimanche 20 juillet 2025 sur Arte à 23h50
Simon Rattle, du bonheur de diriger

Lundi 21 juillet 2025 sur Arte à 00h45
Simon Rattle dirige Schönberg

Lundi 21 juillet 2025 sur Arte à 02h35
Symphonie n°1 de Tchaïkovski

Lundi 21 juillet 2025 sur Arte à 22h30
Les incrédules - Festival d'Avignon 2025

Mardi 22 juillet 2025 sur France 4 à 21h00
Carmen - Chorégies d'Orange - Hommage à Béatrice Uria-Monzon

Mardi 22 juillet 2025 sur France 4 à 23h40
Fauteuils d'orchestre (Anne Sinclair) - Hommage à Béatrice Uria-Monzon

Dimanche 27 juillet 2025 sur France 3 à 00h25
Le Concert de Paris 2024

Dimanche 27 juillet 2025 sur Arte à 18h55
Les voix du monde : fête chorale à Nuremberg

Dimanche 27 juillet 2025 sur Arte à 21h00
Florence Foster Jenkins (Stephen Frears)

Dimanche 27 juillet 2025 sur Arte à 22h45
Liza Minnelli, la dernière héritière d’Hollywood

Dimanche 27 juillet 2025 sur Arte à 23h40
Vincenzo Bellini : Norma - Théâtre musical à Vienne (Asmik Grigorian)

Mardi 29 juillet 2025 sur Arte à 01h25
Patrice Chéreau, irrésistiblement vivant

Mardi 29 juillet 2025 sur France 4 à 21h00
Entre duel et duo - Jean-François Zygel & André Manoukian, concert au festival Les Baux Pianos

Mardi 29 juillet 2025 sur France 4 à 22h15
Jean-François Zygel & André Manoukian, le concert aux Invalides

Mercredi 30 juillet 2025 sur Arte à 20h55
Priscilla, folle du désert (Stephan Elliott)

Mercredi 30 juillet 2025 sur Arte à 23h3
Liberace, le roi flamboyant (Jeremy JP Fekete)

Dimanche 03 août 2025 sur France 3 à 00h15
Le Concert de Paris 2025

Dimanche 03 août 2025 sur France 5 à 14h00
Requiem de Mozart (Chorégies d'Orange)

Dimanche 03 août 2025 sur Arte à 18h55
Cuba en musique avec Sarah Willis

Lundi 04 août 2025 sur Arte à 00h50
Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea) - Opéra national de Lettonie, Riga

Mercredi 06 août 2025 sur Arte à 03h00
¡Cincuentanero! Les 50 ans de Rolando Villazón - Concert à Salzbourg en 2022

Samedi 09 août 2025 sur Arte à 03h40
Korean Classics Generation

Dimanche 10 août 2025 sur France 3 à 00h30
Jean-François Zygel & André Manoukian, le concert aux Invalides

Dimanche 10 août 2025 sur France 5 à 14h00
George Balanchine - Ballet impérial : «Who Cares ?»

Dimanche 10 août 2025 sur Arte à 18h55
Nigel Kennedy et les "Quatre saisons" - Les grands moments de la musique - le documentaire

Mardi 12 août 2025 sur France 4 à 21h00
La concert de Paris 2025

Mardi 12 août 2025 sur France 4 à 22h55
Gautier Capuçon, voyage musical

Vendredi 15 août 2025 sur Arte à 01h55
Andris Nelsons et l'Orchestre philharmonique de Vienne jouent Mahler

Vendredi 15 août 2025 sur Arte à 22h30
Il Boemo (film de Petr Vaclav) -  La vie et l’œuvre du compositeur pragois Josef Myslivecek (1737-1781)

Samedi 16 août 2025 sur Arte à 00h50
Le son du renouveau - L'avant-garde tchèque entre les deux guerres mondiales

Samedi 16 août 2025 sur Arte à 01h45
Franz Lehár : l'opérette est mon royaume

Dimanche 17 août 2025 sur France 3 à 00h25
Musiques en fête

Dimanche 17 août 2025 sur France 5 à 14h00
Les Musicales du Luberon - Mozart 1791

Dimanche 17 août 2025 sur Arte à 18h55
Asmik Grigorian à Kaunas

Dimanche 17 août 2025 sur Arte à 23h45
Pina Bausch par Wim Wenders

Lundi 18 août 2025 sur Arte à 01h25
Young Euro Classic 2024 : Highlights

Mardi 19 août 2025 sur Arte à 21h00
Futurs champions, le prix de la gloire

Mardi 19 août 2025 sur France 4 à 21h00
Une nuit d'opéra sous les étoiles de Provence -  Théâtre des Terrasses de Gordes

Mardi 19 août 2025 sur France 4 à 22h35
Les Musicales du Luberon - Mozart 1791

Vendredi 22 août 2025 sur Arte à 03h10
Pierre-Laurent Aimard joue Olivier Messiaen - “Catalogue d'oiseaux”, morceaux choisis

Samedi 23 août 2025 sur Arte à 22h30
Aida (Verdi) - MET 2025 - dm Yannick Nézet-Séguin - ms Michael Mayer

Dimanche 24 août 2025 sur France 3 à 00h35
Musiques en fête 2025

Dimanche 24 août 2025 sur France 5 à 14h05
Une nuit d'opéra sous les étoiles de Provence -  Théâtre des Terrasses de Gordes

Dimanche 24 août 2025 sur Arte à 18h55
Abbado dirige la "Résurrection" de Mahler - Les grands moments de la musique - Le documentaire

Dimanche 24 août 2025 sur Arte à 23h15
Tosca (Puccini) - MET 2025 - dm Yannick Nézet-Séguin - ms David McVicar

Lundi 25 août 2025 sur Arte à 01h20
Alexander Whitley Dance Company : Anti-Body - Colours International Dance Festival, Stuttgart 2022

Lundi 25 août 2025 sur Arte à 02h20
Écouter le chant des oiseaux : Olivier Messiaen, compositeur et ornithologue

Dimanche 31 août 2025 sur France 3 à 00h25
Les Musicales du Luberon - Mozart 1791

Dimanche 31 août 2025 sur Arte à 18h40
"Nisi dominus" de Vivaldi à Venise

Dimanche 31 août 2025 sur Arte à 23h35
Jacqueline du Pré, génie et tragédie

Lundi 01 septembre 2025 sur Arte à 01h00
Grounded (Tesori) - MET 2024 - dm Yannick Nézet-Séguin - ms Michael Mayer

TV-Web Juillet-Août 2025 Lyrique et Musique

Mezzo et Mezzo HD

Mardi 01 juillet 2025 sur Mezzo à 23h30
Magnard: Guercœur - Opéra du Rhin

Mercredi 02 juillet 2025 sur Mezzo à 20h25
A Midsummer Night’s Dream de Britten à l'Opéra de Lille

Vendredi 04 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Rotterdam Philharmonic Orchestra, Yannick Nézet-Séguin - Wagner: Die Walküre

Vendredi 04 juillet 2025 sur Mezzo à 22h50
Massenet : Thaïs - Opéra de Monte-Carlo

Samedi 05 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
John Adams : Nixon in China - Opéra de Paris

Dimanche 06 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Mitridate de Mozart au Staatsoper Berlin

Lundi 07 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Barenboim sur Beethoven (Episodes 1 à 4)

Mardi 08 juillet 2025 sur Mezzo à 23h20
Rameau : Les Fêtes d'Hébé - William Christie, Les Arts Florissants

Mercredi 09 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Monteverdi : Le Couronnement de Poppée - Versailles

Vendredi 11 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Janácek : Káta Kabanová - Festival de Salzbourg

Vendredi 11 juillet 2025 sur Mezzo à 23h20
'Roméo et Juliette' de Gounod à l'Opernhaus de Zurich

Samedi 12 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Verdi : Le Trouvère - Maggio Musicale Fiorentino

Dimanche 13 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Moussorgski : Boris Godounov - DNO Amsterdam

Dimanche 13 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Moussorgski : Boris Godounov - DNO Amsterdam

Lundi 14 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Barenboim sur Beethoven (Episodes 5 à 8)

Mardi 15 juillet 2025 sur Mezzo à 23h30
'Daphne' de Strauss au Staatsoper de Berlin

Mercredi 16 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Bellini : La Sonnambula - Opéra Royal de Wallonie Liège

Vendredi 18 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Puccini : Turandot - Vérone

Vendredi 18 juillet 2025 sur Mezzo à 23h00
'The Perfect American' de Philip Glass au Teatro Real de Madrid

Samedi 19 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Strauss : Arabella - Teatro Real de Madrid

Dimanche 20 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Wagner: Tristan und Isolde - Staatsoper Dresde

Lundi 21 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Jacqueline du Pre A Gift Beyond Words

Mercredi 23 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini : Cavalieri

Vendredi 25 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Mitridate de Mozart au Staatsoper Berlin

Vendredi 25 juillet 2025 sur Mezzo à 23h15
John Adams : Nixon in China - Opéra de Paris

Samedi 26 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Mozart : Don Giovanni - Staatsoper Berlin

Dimanche 27 juillet 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Puccini : Turandot - Vérone

Mardi 29 juillet 2025 sur Mezzo à 23h30
Monteverdi : Le Couronnement de Poppée - Versailles

Mercredi 30 juillet 2025 sur Mezzo à 20h30
Haendel: Giulio Cesare - Jaroussky, Arquez, Devieilhe

Vendredi 01 août 2025 sur Mezzo HD à 20h15 (Direct)
Donizetti : Maria Stuarda - Festival de Salzbourg

Samedi 02 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Le Chevalier à la rose de Richard Strauss (Dresden)

Dimanche 03 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Puccini: Tosca - Arena di Verona

Lundi 04 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Barenboim on Beethoven (Episodes 9 et 10)

Mardi 05 août 2025 sur Mezzo à 23h05
Bellini : La Sonnambula - Opéra Royal de Wallonie Liège

Mercredi 06 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Donizetti : La Fille du régiment - La Fenice de Venise

Vendredi 08 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Prokofiev: Le Joueur - Festival de Salzbourg

Vendredi 08 août 2025 sur Mezzo à 23h00
Strauss : Arabella - Teatro Real de Madrid

Samedi 09 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Verdi: La Traviata - Opéra Royal de Wallonie-Liège

Dimanche 10 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
'Adelaide di Borgogna' de Rossini à Pesaro

Lundi 11 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Barenboim on Beethoven (Episodes 11 à 13)

Mardi 12 août 2025 sur Mezzo à 23h20
Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini : Cavalieri

Mercredi 13 août 2025 sur Mezzo à 20h30
'Serse' de Haendel à l'Opéra de Rouen

Vendredi 15 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
'Le nozze di Figaro' de Mozart au Festival de Salzbourg

Vendredi 15 août 2025 sur Mezzo à 23h30
Mozart : Don Giovanni - Staatsoper Berlin

Samedi 16 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Tchaïkovski: Eugène Onéguine - Teatro Real, Madrid

Dimanche 17 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Prokofiev: Le Joueur - Festival de Salzbourg

Mardi 19 août 2025 sur Mezzo à 23h15
Haendel: Giulio Cesare - Jaroussky, Arquez, Devieilhe

Mercredi 20 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Mozart : Idomeneo - Opéra Royal de Wallonie-Liège

​​Vendredi 22 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Puccini: Tosca - Arena di Verona

Vendredi 22 août 2025 sur Mezzo à 23h15
Le Chevalier à la rose de Richard Strauss

Samedi 23 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Ravel : L'Heure espagnole - Puccini : Gianni Schicchi - Palau de les Arts, Valencia

Dimanche 24 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
'Le nozze di Figaro' de Mozart au Festival de Salzbourg

Lundi 25 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Itzhak Perlman, violoniste virtuose

Mercredi 27 août 2025 sur Mezzo à 20h30
Bellini: I Capuleti e i Montecchi - Opéra Royal de Wallonie Liège

​​Vendredi 29 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
'Adelaide di Borgogna' de Rossini à Pesaro

Samedi 30 août 2025 sur Mezzo à 20h30
'The Perfect American' de Philip Glass au Teatro Real de Madrid

Dimanche 31 août 2025 sur Mezzo HD à 21h00
John Adams : Nixon in China - Opéra de Paris

TV-Web Juillet-Août 2025 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Accès illimité dans le temps

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Requiem de Verdi (Chorégies d'Orange)

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Michaël Denard, le « prince » de l'Opéra de Paris

Le Lac des Cygnes, l'Ambitieux projet de Tchaïkovski

Maria Callas - Il était une voix

Body and Soul (Opéra national de Paris)

Dans les coulisses de Casse-Noisette

Dans les coulisses de Roméo et Juliette

Dans les coulisses de La Fille mal gardée

Dans les coulisses de Don Quichotte

Dans les coulisses de Mayerling

Martha Graham, danser avec l'âme

Accès Live à l'Opéra Bastille pour « Le Lac des Cygnes »

Accès live à l'Opéra Garnier dans les coulisses de « La Cenerentola »

                       Juillet 2025

Salomé (Opéra de Hambourg) jusqu'au 03 juillet 2025

Alain Altinoglu et Stéphane Degout (Festival de Colmar) jusqu'au 04 juillet 2025

Carmen (Salzburg - 1967) jusqu'au 06 juillet 2025

Grace Bumbry est Carmen jusqu'au 07 juillet 2025

Les Musicales du Luberon, avec Pierre Génisson jusqu'au 10 juillet 2025

Judith (Théâtre national Croate de Zagreb) jusqu'au 17 juillet 2025

Gustav Mahler : Résurrection (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 21 juillet 2025

Être noir à l'Opéra jusqu'au 22 juillet 2025

Afanador (Ballet Nacional de España) jusqu'au 23 juillet 2025

Finale du Concours Tenor Viñas (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 24 juillet 2025

Echo 72 (Opéra d'Etat de Hanovre) jusqu'au 25 juillet 2025

Don Pasquale (Opéra de Hambourg) jusqu'au 26 juillet 2025

Les Noces de Figaro (Festival de Salzbourg 2023) jusqu'au 28 juillet 2025

Maria Callas chante Tosca (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 30 juillet 2025

Gala d'anniversaire, 150 ans du Palais Garnier jusqu'au 30 juillet 2025

Gala Lyrique (Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie) jusqu'au 31 juillet 2025

                       Août 2025

INO Studio Showcase (Irish national Opera)jusqu'au 01 août 2025

Salomé (Opera Ballet de Flandre) jusqu'au 07 août 2025

Marina Viotti - Amor, Furor jusqu'au 10 août 2025

Der Prozess (MusikTheater an der Wien au Kammeroper Wien) jusqu'au 14 août 2025

Wozzeck (Festival d'Aix-en-Provence 2023) jusqu'au 18 août 2025

Götterdämmerung (Théâtre Royal de la Monnaie) jusqu'au 23 août 2025

Vincenzo Bellini : Norma (Théâtre musical à Vienne) jusqu'au 25 août 2025

Violoncellistes virtuoses et voyageuses intrépides - Sol Gabetta sur les traces de Lise Cristiani jusqu'au 26 août 2025

                         Septembre 2025

Francesco Cilea : Adriana Lecouvreur (Opéra national de Lettonie, Riga) jusqu'au 01 septembre 2025

Carmen (Opéra Comique) jusqu'au 01 septembre 2025

Blushing (Opéra et Ballet national de Finlande) jusqu'au 01 septembre 2025

Le Ring sans paroles (Philharmonique de Strasbourg) jusqu'au 06 septembre 2025

Giovanna d'Arco (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 07 septembre 2025

La Fiancée vendue (Théâtre national de Prague) jusqu'au 08 septembre 2025

Le Diable et Catherine (Théâtre national Slovaque) jusqu'au 14 septembre 2025

¡Cincuentañero! Les 50 ans de Rolando Villazón (Salzbourg 2022) jusqu'au 14 septembre 2025

Angelin Preljocaj : La visite (Picasso Danse) jusqu'au 19 septembre 2025

Guillaume Tell (Nouveau Théâtre national de Tokyo) jusqu'au 21 septembre 2025

The Fairy Queen (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 23 septembre 2025

Zimmer90 (Reeperbahn Festival 2024) jusqu'au 26 septembre 2025

Lady Macbeth de Mzensk (Deutsche Oper am Rheim) jusqu'au 28 septembre 2025

La Reine des neiges (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 29 septembre 2025

Didon et Enée (Dutch national Opera & Ballet) jusqu'au 30 septembre 2025

                       Octobre 2025

Carmen (Palazzetto Bru Zane - Opéra Rouen de Normandie) jusqu'au 01 octobre 2025

Concert au château de Prague (Smetana, Dvorak) jusqu'au 04 octobre 2025

Mitridate, re di Ponto (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 octobre 2025

Un giorno di regno (Garsington Opera) jusqu'au 11 octobre 2025

Wòlô bòskô (Opéra national de Varsovie) jusqu'au 17 octobre 2025

La Bohème 2050 (film opéra) jusqu'au 21 octobre 2025

Le Vaisseau fantôme (Irish national Opera) jusqu'au 25 octobre 2025

Jour de fête chez Offenbach (Radio France) jusqu'au 26 octobre 2025

Giuseppe Verdi : La forza del destino (Scala de Milan) jusqu'au 31 octobre 2025

                         Novembre 2025

Werther (Théâtre national Croate de Zagreb) jusqu'au 03 novembre 2025

On Danse Chez Vous : Mehdi Kerkouche (Chaillot) jusqu'au 07 novembre 2025

Le Château de Barbe-Bleue (Opéra ZUID) jusqu'au 09 novembre 2025

Une soirée de ballet à l’Opéra national dʼUkraine jusqu'au 10 novembre 2025

Maria Stuarda (Opéra d'Etat Hongrois) jusqu'au 16 novembre 2025

Concours des Finalistes Neue Stimmen (Liz Mohn Stiftung - Staatsoper Unter den Linden) jusqu'au 24 novembre 2025

Boris Godounov (Dutch National Opera & Ballet) jusqu'au 25 novembre 2025

Le grand concert du Philharmonique de Vienne (Palais Garnier) jusqu'au 26 novembre 2025

Orphée et Eurydice (Festival Pulsations) jusqu'au 28 novembre 2025

                         Décembre 2025

12e Concours international de chant Stanislaw Moniusko (Opéra national de Varsovie) jusqu'au 07 décembre 2025

L'Heure espagnole / Gianni Schicchi (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 13 décembre 2025

Camille Saint-Saëns : Oratorio de Noël (Orchestre philharmonique de Strasbourg) jusqu'au 16 décembre 2025

Pretty Yende au Festival de Glanum jusqu'au 16 décembre 2025

La Fête de la chanson orientale jusqu'au 17 décembre 2025

Prix Opera XXI 2025 (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 17 décembre 2025

Le Grand Hôtel de l'Opéra (Fondazione Mascarade Opera) jusqu'au 21 décembre 2025

La vie secrète des tableaux (Polish national Opera) jusqu'au 22 décembre 2025

Oper on Fire (Opernstudio NRW) jusqu'au 22 décembre 2025

Finale du RING AWARD 25 jusqu'au 29 décembre 2025

Le Concert de Paris 2025 jusqu'au 31 décembre 2025

                           Janvier 2026

Giuditta (Opéra national du Rhin) jusqu'au 04 janvier 2026

Fidelio courte animation jusqu'au 09 janvier 2026

Klaus Mäkelä et Gustavo Dudamel dirigent Boulez, Beethoven et Poulenc (10 ans de la Philharmonie de Paris) jusqu'au 10 janvier 2026

Iphigénie en Aulide - Iphigénie en Tauride (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 10 janvier 2026

Leevi Madetoja : Les Ostrobothniens (Opéra national de Finlande, Helsinki) jusqu'au 12 janvier 2026

Les Contes d'Hoffmann (Opernhaus Zürich) jusqu'au 12 janvier 2026

Il trittico (Opéra national de Paris) jusqu'au 18 janvier 2026

Concert final de l'Accademia Rossiniana 2025 (Rossini Opera Festival) jusqu'au 21 janvier 2026

Didon et Enée (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 28 janvier 2026

Orchestre symphonique des jeunes d’Erevan (Arménie) Young Euro Classic 2025 jusqu'au 29 janvier 2026

                           Février 2026

Trial by Jury (Scottish Opera) jusqu'au 3 février 2026

La resurrezione (Teatro dell’Opera di Roma) jusqu'au 8 février 2026

Alexander Rodin : Kateryna (Création mondiale à l'Opéra d'Odessa) jusqu'au 9 février 2026

Didon et Enée (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 12 février 2026

Voix des Outre-Mer 2023 (Amphithéâtre Bastille) jusqu'au 22 février 2026

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

BOLERO.S Episode 4 (Mehdi Kerkouche) jusqu'au 11 mars 2026

Jack Lang, le beau rôle jusqu'au 24 mars 2026

                           Avril 2026

Ravel en mille éclats jusqu'au 01 avril 2026

Maria de Buenos Aires (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 avril 2026

La vraie histoire de Madonna jusqu'au 14 avril 2026

                           Mai 2026

Maria Stuarda (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 mai 2026

Barry Lyndon Tribute jusqu'au 13 mai 2026

Michel Legrand, la musique enchantée (Dessay, Bertault) jusqu'au 13 mai 2026

L'Orchestre de la Garde Républicaine à l'Opéra Comique jusqu'au 19 mai 2026

Jean-Philippe Rameau : Platée Théâtre national de Prague jusqu'au 30 mai 2026

 

                           Juillet 2026

Gustave Charpentier : Louise Festival d'Aix-en-Provence jusqu'au 12 juillet 2026

Kiev, un opéra en guerre (1/4) - Danser pour résister jusqu'au 12 juillet 2026

 

                           Septembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (2/4) - Exister ou disparaître jusqu'au 12 septembre 2026

JR, Damien Jalet & Thomas Bangalter : Chiroptera (Parvis du Palais Garnier) jusqu'au 30 septembre 2026

                           Octobre 2026

Barbara Hannigan dirige Ligeti et Stravinsky jusqu'au 10 octobre 2026

                         Novembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (3/4) - Exilés jusqu'au 14 novembre 2026

Les trois ballets de Stravinsky (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 25 novembre 2026

                         Décembre 2026

Concert du nouvel an de l'Orchestre national de France (Radio France) jusqu'au 30 décembre 2026

   

                          Janvier 2027

Samson (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Madame Butterfly (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

                        Février 2027

Kiev, un opéra en guerre (4/4) - Transmettre jusqu'au 08 février 2027

                        Mars 2027

Les Sentinelles (Opéra de Bordeaux) jusqu'au 09 mars 2027

 

                         Juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 1 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 2 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 3 jusqu'au 16 juin 2027

Life on Mars(eilles)- épisode 4 jusqu'au 16 juin 2027

 

                         Avril 2028

Wartime Elegy - Ballet national d'Ukraine  jusqu'au 01 avril 2028

 

                         Juin 2028

Dream Requiem - Rufus Wainwright (Radio France) jusqu'au 13 juin 2028

 

 

                         Novembre 2028

Mikko Franck dirige Dutilleux, Mahler et Strauss (chant Marie-Nicole Lemieux) jusqu'au 21 novembre 2028

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 27 Juin 2025

Faust (Charles Gounod – Théâtre Lyrique, le 19 mars 1859) 
Version recomposée de 1858
Représentation du 21 juin 2025
Opéra Comique, Salle Favart

Faust Julien Dran
Méphistophélès Jérôme Boutillier
Valentin Lionel Lhote
Wagner Anas Séguin
Marguerite Vannina Santoni
Siébel Juliette Mey
Dame Marthe Marie Lenormand

Direction musicale Louis Langrée
Mise en scène Denis Podalydès (2025)

Coproduction Opéra de Lille, Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française, Venise

Orchestre National de Lille
Chœur de l’Opéra de Lille

 

Après huit représentations à succès à l’Opéra de Lille du 05 au 22 mai 2025, la version du ‘Faust’ de Charles Gounod recomposée par Louis Langrée et Denis Podalydès est reprise à l’Opéra Comique pour six soirées.

Il ne s’agit ni de la version créée avec dialogues parlés et mélodrames au Théâtre Lyrique en 1859 – qui comprenait déjà ‘La Ronde du veau d’or’ et le chœur des soldats ‘Gloire immortelle de nos aïeux’ -, ni de la version entrée à l’Opéra de Paris le 03 mars 1869 - où tous les dialogues parlés avaient été remplacés par des récitatifs avec ajout d’un ballet au cours de la nuit de Walpurgis et déplacement de la scène de l’Église avant l’arrivée des soldats -, mais d’une version qui approche les premières intentions du compositeur élaborées dès 1858, avant que la censure et les multiples coupures opérées par le directeur du théâtre, Léon Carvalho, n’en réduisent et ne modifient substantiellement la trame.

Et inutile d’espérer entendre ce soir l’air d'entrée de Valentin ‘Avant de quitter ces lieux’, cet air créé à Londres en 1864 à partir de la mélodie de l'ouverture n’ayant fait son apparition au répertoire de l’Opéra de Paris que dans la seconde partie du XXe siècle.

Julien Dran (Faust)

Julien Dran (Faust)

La version présentée ce soir s’approche donc de celle révélée par Le Palazzetto Bru Zane au Théâtre des Champs-Élysées en juin 2018 mais avec une différence majeure, la scène de l’église étant cette fois reléguée après les évènements de la rue par fidélité à Goethe telle quelle fut jouée à la création, ce réarrangement étant probablement du à l’initiative de Denis Podalydès qui connaît bien le ‘Faust’ du poète allemand.

C’est en tout 40 minutes de musique supprimées avant mars 1859 qui sont rétablies ainsi que 30 minutes de récitatifs qui reviennent à leur état originel de dialogues parlés.

Julien Dran (Faust) et Jérôme Boutillier (Méphistophélès) - Photo Stefan Brion

Julien Dran (Faust) et Jérôme Boutillier (Méphistophélès) - Photo Stefan Brion

La perception des caractères en est nécessairement augmentée ou altérée, ce qui est le cas du personnage de Wagner, mieux mis en valeur, joué et chanté au premier acte avec véhémence par Anas Seguin, mais aussi de Valentin dont les dialogues révèlent des traits assez rudes, ou bien de Faust dont la mauvaise conscience se fait plus palpable. La dimension romantique s’estompe au profit d’un langage théâtral naturaliste qui est renforcé par la mise en scène de Denis Podalydès traversée de noirceur et de misérabilisme – quelques meubles anciens, des estrades, une fausse porte – afin de montrer l’envers d’une société bourgeoise XIXe siècle que subit Marguerite. 

Le dessin conventionnel des protagonistes peut décevoir au premier abord lorsque l’on connaît la mise en scène spectaculaire et contemporaine de Tobias Kratzer inscrite au répertoire de l’Opéra Bastille depuis quatre ans, mais tous les chanteurs sont très bien dirigés, et, surtout, l’esprit de découverte historisant, renforcé par la pigmentation sépia des éclairages, l’emporte de façon attachante d’autant plus que la direction musicale de Louis Langrée est splendidement électrisante, ce qui est une très bonne surprise. 

Juliette Mey (Siébel) - Photo Stefan Brion

Juliette Mey (Siébel) - Photo Stefan Brion

Il faut dire qu’il tire partie des couleurs intenses de l’Orchestre National de Lille et de sa verve très inspirée, de telles qualités sonores ne s’entendant pas tous les jours au creux de l’acoustique restreinte de la Salle Favart. Cette vigueur qui stylise la plasticité de l’écriture musicale permet de maintenir l’attention et la distance au cours de cette soirée de quatre heures liées par un seul entracte, et le Chœur de l’Opéra de Lille atteint lui aussi des sommets de transparence et de fine spiritualité mais aussi une impressionnante accroche dans le chœur des sorcières ‘Un, deux, trois’ du cinquième acte qui sera supprimé en 1869 lors de la création à l’Opéra de Paris.

Et à travers cette version, chaque artiste a droit à des airs rares, voir inédits. Au deuxième acte, Marguerite et Valentin chantent ainsi leur duo d’adieu ‘Adieu mon bon frère’, Méphistophélès ne chante pas la chanson du Scarabée à la place de ‘La Ronde du veau d’or’ mais la ‘Chanson du nombre treize’, Faust chante à la suite de ‘Salut ! Demeure chaste et pure’ l’allegro ‘Et toi, malheureux Faust’,  Siebel interprète sa magnifique romance ‘Versez vos chagrins’, reprise dans la version de Tobiaz Kratzer à ‘Opéra de Paris, et Valentin revient à son air original ‘Chaque jour’ en lieu et place du célèbre ‘Gloire immortelle de nos aïeux’.

Jérôme Boutillier, Julien Dran, Louis Langrée, Vannina Santoni, Lionel Lhote et Marie Lenormand

Jérôme Boutillier, Julien Dran, Louis Langrée, Vannina Santoni, Lionel Lhote et Marie Lenormand

La proximité avec la scène que permet la salle dorée de l’Opéra Comique est également à l’avantage des solistes qui en deviennent palpables dans leur totale individualité malgré la présence obsédante de l’orchestre.

De son chant très bien centré, Julien Dran caractérise Faust avec un timbre qui a du corps, un peu ombré, toujours simplement humain, sans jamais chercher l’effet romantique trop enjôleur, un poète sérieux et réaliste en somme. Tout dans sa manière d’être inspire une volonté de justesse sans fard.

Vannina Santoni s’engage plus nettement dans un esprit mélodramatique, sa voix ayant une belle vibration feutrée dans les aigus, des inflexions qui touchent au cœur et un jeu pleinement sincère qui donnent de Marguerite l’image d’une femme qui survit durement.

Jérôme Boutillier

Jérôme Boutillier

Et il y a de l’éclat bien saillant dans la voix de Lionel Lhote qui fait vivre Valentin de manière très affirmée dans cette production qui met en valeur la nature chauviniste du frère de Marguerite.

Métamorphosé en sorte de maître de cérémonie goguenard, Jérôme Boutillier est sans doute celui qui crée le plus la surprise, car son interprétation de Méphistophélès interpelle constamment le public. Il incarne nullement un être fantastique, la clarté du baryton français étant au service d’un portrait de pure ‘comédie française’ accentué par la version choisie.

Enfin, si la déclamation des dialogues de Marthe par Marie Lenormand parait un peu trop outrée, Juliette Mey est tellement douce et lumineuse dans le rôle Siébel qu’il devient difficile de l’associer au rôle d’un garçon. Mais là aussi, la production de Tobias Kratzer a tellement contribué à ennoblir ce personnage, qu’il est un peu dommage de le retrouver dans une approche plus classique et trop secondaire.

Louis Langrée

Louis Langrée

Mais à nouveau, la flamme de l’Orchestre National de Lille, l’élégie du Chœur de l’Opéra de Lille, et la manière dont Louis Langrée en tire des iridescences fantastiques avec une rythmique théâtrale impétueuse, dressent une interprétation irrésistiblement galvanisante sans relâche jusqu’à la scène de rédemption finale auréolée d’un cercle lumineux descendant vers l’enfant de Marguerite, par effet miroir avec la couronne de lumière qui enceint la salle Favart.

Donner une telle vigueur à la musique de Charles Gounod est d'autant plus essentiel qu'un public jeune était présent dès la première, vraisemblablement impressionné par une telle expressivité musicale.

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Publié le 23 Juin 2025

L’Italiana in Algeri (Gioachino Rossini – Teatro San Benedetto de Venise, le 22 mai 1813)
Version de concert du 18 juin 2025
Théâtre des Champs-Élysées

Isabella Marie-Nicole Lemieux
Lindoro Levy Sekgapane
Mustafa Nahuel Di Pierro
Taddeo Mikhail Timoshenko
Haly Alejandro Baliñas Vieites
Zulma Eléonore Pancrazi 
Elvira Manon Lamaison

Direction musicale Julien Chauvin
Le Concert de La Loge
Chœur Fiat Cantus

 

Dramma giocoso qui précède ’Il Turco in Italia’, ’Elisabetta, Regina d’Inghilterra’ et ’Il Barbiere di Siviglia’, tous trois composés entre 1814 et 1816, ‘L’Italiana in Algeri’ est l’un des ouvrages de Rossini que Michel Franck aura régulièrement défendu au cours de son mandat de directeur, puisqu’il y eut une première version de concert le 10 juin 2014, avec déjà Marie-Nicole Lemieux sous la direction de Sir Roger Norrington, puis une version mise en scène par Christian Schiaretti en juin 2016, sous la direction de Jean-Claude Magloire, et à nouveau une version de concert le 11 janvier 2020 sous la direction de Jean-Christophe Spinosi.

Sans cette série de représentations, la dernière apparition de ‘L’Italiana in Algeri’ au Théâtre des Champs-Élysées remonterait à 1929!

Marie-Nicole Lemieux (Isabella), Levy Sekgapane (Lindoro) et Mikhail Timoshenko (Taddeo)

Marie-Nicole Lemieux (Isabella), Levy Sekgapane (Lindoro) et Mikhail Timoshenko (Taddeo)

Dès l’ouverture, ce soir, Julien Chauvin et Le Concert de La Loge font pulser l’écriture musicale de Rossini avec un excellent sens rythmique, alerte et qui laisse entendre une texture un peu à l'ancienne à travers les cordes mais aussi avec un velouté parfaitement à l’unisson avec les textures des voix.

Il se dégage d’emblée une impression de chaleur qui s’accorde aussi avec les lumières lambrissées de la scène, et l’arrivée amusante d’ Elvira et Zulma, sous les traits de deux jeunes artistes françaises, agit comme un premier charme.

Chant lumineux et sensible de la part de Manon Lamaison, adresse et unité du timbre baroquisant d’Eléonore Pancrazi, leur jeu délicieusement expressif laisse transparaître un sens impétueux de la mise en scène qui va caractériser l’ensemble de la distribution.

Nahuel Di Pierro (Mustafa)

Nahuel Di Pierro (Mustafa)

En Mustafa, Nahuel Di Pierro débute sur une noirceur de timbre peu marquée, mais progressivement s’investit dans un personnage burlesque dont il maîtrise la bonhommie enjouée et la vivacité euphorisante du chant. Les duos sont toujours formidablement interactifs avec ses partenaires, et Mikhail Timoshenko donne un caractère particulier au Taddeo manipulable, à mi chemin entre l’homme simple et populaire et le jeune bourgeois sûr de sa valeur.

D’ailleurs, à travers l’échange de titres de ‘Grand Kaïmakan’ pour l’un, puis de ‘Pappataci’ pour l’autre, ces deux personnages donnent une image drolatique du narcissique désir de reconnaissance sociale.

Manon Lamaison (Elvira), Alejandro Baliñas Vieites (Haly) et Eléonore Pancrazi (Zulma)

Manon Lamaison (Elvira), Alejandro Baliñas Vieites (Haly) et Eléonore Pancrazi (Zulma)

C’est également un très bel Haly qu’Alejandro Baliñas Vieites dessine de sa jeunesse humoristique, une noirceur doucereuse et du brillant dans le regard qu’il mélange à une subtile impression d’autorité.

Quant au Lindoro incarné pour un soir par Levy Sekgapane entre deux représentations du ‘Barbier de Séville’ données à l’Opéra Bastille où il remporte le même succès dans le rôle du Comte d’Almaviva, il concentre tout ce qui définit le ténor rossinien en soi, l’élégance virevoltante, la légèreté souriante du timbre aux couleurs agréablement ambrées, et une virtuosité précise dans un esprit d’exaltation étourdissant. Un phénomène fascinant à suivre de bout en bout !

Julien Chauvin et Marie-Nicole Lemieux (Isabella)

Julien Chauvin et Marie-Nicole Lemieux (Isabella)

Et pour ses 25 ans de carrière, Marie-Nicole Lemieux retrouve un rôle qu’elle n’avait plus chanté depuis 2014 – la reprise prévue en avril 2020 à Vienne ayant été par la force des choses annulée -, en s’investissant sans modération à travers un langage débridé des expressions du visage, une palette de couleurs toujours très impressives même dans les graves, et alors que la second partie de cet opéra a tendance à verser en des airs d'écriture plus conventionnelle, la chanteuse québécoise offre un luxueux chant apaisé dans ‘Per lui che adoro’, les qualités des solistes réussissant à maintenir l’intérêt scénique et belcantiste jusqu’au bout.

Alejandro Baliñas Vieites, Mikhail Timoshenko et Levy Sekgapane

Alejandro Baliñas Vieites, Mikhail Timoshenko et Levy Sekgapane

Débutant timidement, le Chœur Fiat Cantus accompagne d’un bel alliage de timbres l’ensemble de l’interprétation, la douceur de cet équilibre prenant le dessus sur la constitution d’un grand personnage saillant inséré à l’action.

Pour l’immense plaisir suscité par cette version de concert scéniquement aboutie, le retour chaleureux du public envers tous les artistes sera à la hauteur, ce qui était bien la moindre des choses !

Mikhail Timoshenko, Marie-Nicole Lemieux, Julien Chauvin, Nahuel Di Pierro et Levy Sekgapane

Mikhail Timoshenko, Marie-Nicole Lemieux, Julien Chauvin, Nahuel Di Pierro et Levy Sekgapane

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Publié le 15 Juin 2025

Die Walküre (Richard Wagner – Munich, 26 juin 1870)
Représentation du 02 juin 2025
Wiener Staatsoper

Siegmund Andreas Schager
Hunding Kwangchul Youn
Wotan Iain Paterson
Sieglinde Simone Schneider
Brünnhilde Anja Kampe
Fricka Monika Bohinec
Helmwige Regine Hangler
Gerhilde Jenni Hietala
Ortlinde Anna Bondarenko
Waltraute Szilvia Vörös
Siegrune Isabel Signoret
Grimgerde Stephanie Maitland
Schwertleite Freya Apffelstaedt
Roßweiße Daria Sushkova

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Sven-Eric Bechtolf (2007)

                                                         Philippe Jordan

Afin d’achever en beauté son mandat de directeur musical de l’Opéra de Vienne, Philippe Jordan se voue entièrement en cette fin de saison à la nouvelle production de ‘Tannhäuser’ et à la reprise de deux cycles complets du ‘Ring’ mis en scène par Sven-Eric Bechtolf il y a déjà 18 ans

Andreas Schager (Siegmund) et Simone Schneider (Sieglinde) - Photo Michael Poehn

Andreas Schager (Siegmund) et Simone Schneider (Sieglinde) - Photo Michael Poehn

La première journée de ce cycle, ‘Die Walküre’ – il s’agit de la 34e représentation depuis le 02 décembre 2007 -, révèle une scénographie fixe pour chacun des trois actes, un salon centré sur le tronc d’un chêne épuré dans lequel est plantée l’épée Notung au premier acte, avec le passage d’un loup blanc en hologramme pour signifier la présence de Wotan, la clairière d’une forêt illustre le second, jonchée de quelques rochers blancs brisés prémonitoires de la fin du monde des Dieux, et neuf statues de chevaux figées dans la cour du Walhalla figent le dernier, statues sur lesquelles les lumières engendrent de saisissants jeux d’ombres, un procédé qui fait la force de cette production au cours des trois grands tableaux.

Et pour nous immerger dans l’ambiance du drame wagnérien, un amoncellement de nuages orageux se forme au dessus de Vienne en début du spectacle, une atmosphère qui se produit régulièrement à Bayreuth en plein festival.

Philippe Jordan et Monika Bohinec (Fricka)

Philippe Jordan et Monika Bohinec (Fricka)

Mais c’est bien entendu l’interprétation musicale qui focalise l’attention, et Philippe Jordan règne en maître absolu d’une puissance chargée par l’Orchestre du Wiener Staatsoper qui lui offre ses sons les plus pleins et les plus tonitruants avec un alliage des timbres rutilants, notamment les cuivres toujours très enveloppants dans cette maison. Très attentionné à l’équilibre avec les chanteurs, il cherche aussi à ne pas affaiblir le drame, si bien que Iain Paterson, chanteur dont la force est de connaître le tréfonds de l’âme de Wotan et de savoir les traduire sur scène de façon crédible, n'arrive qu'à faire passer ses aigus dans les passages les plus mouvementés, le langage précis dans le médium du baryton-basse britannique n’arrivant à exister que lorsque l’orchestre reste tapis dans les graves.

Anja Kampe (Brünnhilde)

Anja Kampe (Brünnhilde)

Cette soirée n’en est pas moins de très haut niveau, Anja Kampe se révélant une Brünnhilde magnifique avec beaucoup de couleurs expressives, une assurance à tenir ce langage exalté haut en couleur avec des fulgurances implacables, mais aussi avec une sensibilité et une profondeur humaine qui redéfinissent le visage de la Walkyrie préférée de Wotan. Ce n’est pas la fille du Dieu des Dieux qui s’exprime, mais une femme gardienne de la vie, véritablement un portrait d’une très grande justesse qu’elle défend depuis sa prise de rôle en octobre 2022 à Berlin.

Autre artiste tout aussi poignante, Simone Schneider défend Sieglinde avec une très belle ligne de chant, ambrée et lumineuse à la fois, qui draine un sentiment d’urgence pathétique très touchant, sans la moindre faiblesse, alors que Monika Bohinec fait vivre les noirceurs de Fricka d’abord sur la réserve, pour ensuite gagner en intensité et présence.

Le Wiener Staatsoper au moment de la remise du titre de 'Österreichischer Kammersänger' à Andreas Schager

Le Wiener Staatsoper au moment de la remise du titre de 'Österreichischer Kammersänger' à Andreas Schager

Il y a bien sûr le Hunding particulièrement noir de Kwangchul Youn, de très haute tenue et joué avec acuité, mais cette soirée est aussi celle d’Andreas Schager, fabuleux Siegmund semblant vouloir entraîner toute la salle dans son délire, vantant ses plus beaux 'Wälse!' comme sur un marché, mais aussi avec des nuances, ce qui laissera le public ahuri à la fin du premier acte.

Cette aisance spectaculaire, difficilement surpassable aujourd’hui, sera récompensée en fin de soirée par Bogdan Roščić, pas uniquement pour le héros phénoménal qu'Andreas Schager vient d’incarner avec une générosité sans limites, mais pour son parcours à l’Opéra d’État de Vienne où il est apparu plus d’une cinquantaine de fois depuis ‘Daphné’ où il incarnait Apollon en 2017, puis Max dans ‘Der Freischütz’ et le rôle titre de ‘Lohengrin’ en 2018, Tamino dans ‘Die Zauberflöte’ en 2019, Tristan dans ‘Tristan und Isolde’ en 2022, ou bien Der Kaiser dans ‘Die Frau ohne Schatten’ en 2023.

Bogdan Roščić nommant Andreas Schager 'Österreichischer Kammersänger'

Bogdan Roščić nommant Andreas Schager 'Österreichischer Kammersänger'

Andreas Schager est ainsi nommé 'Österreichischer Kammersänger' en ce lundi 02 juin 2025 soir exceptionnel, titre national décerné aux grands chanteurs en Autriche, la joie irrésistiblement communicative de cet artiste attachant étant aussi la récompense pour le public viennois survolté.

Andreas Schager nommé 'Österreichischer Kammersänger'

Andreas Schager nommé 'Österreichischer Kammersänger'

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Publié le 9 Juin 2025

Tannhäuser (Richard Wagner – 19 octobre 1845, Dresde)
Version de Vienne 1875
Représentation du 01 juin 2025
Wiener Staatsoper

Landgraf Hermann Günther Groissböck
Tannhäuser Clay Hilley
Wolfram von Eschenbach Martin Gantner
Walther von der Volgelweide Daniel Jenz
Biterof Simon Neal
Heinrich der Schreiber Lucas Schmidt
Reinmar von Zweter Marcus Pelz
Elisabeth Malin Byström
Venus Ekaterina Gubanova
Ein Juger Hirt Ilia Staple

Direction musicale Philippe Jordan
Mise en scène Lydia Steier (2025)

Après dix ans d’absence, ‘Tannhäuser und der Sängerkrieg auf Wartburg’ est de retour au répertoire du Wiener Staatsoper dans la version de Vienne (1875), la précédente production de Claus Guth ayant défendu la version de Dresde sur un temps assez court de 2010 à 2014.

A cette occasion, Lydia Steier fait ses débuts à l’Opéra d’État de Vienne, elle qui a commencé sa carrière à l’opéra de Stuttgart en 2008, et qui a depuis pris depuis une envergure internationale. A Paris, personne n’a oublié sa vision extrême de ‘Salomé’ de Richard Strauss (2022), et les Viennois ont pu la découvrir début 2024 au Theater an der Wien où elle mit en scène ‘Candide’ de Leonard Bernstein.

'Tannhäuser' (ms Lydia Steier) - Photo Ashley Taylor

'Tannhäuser' (ms Lydia Steier) - Photo Ashley Taylor

La lecture qu’elle propose de l’œuvre ne renouvelle pas le propos, mais comporte au début et à la fin des images très fortes. Elle présente en effet une succession de plusieurs tableaux qui juxtaposent au cours des deux premiers actes la représentation de l’art libre et amoral, d’une part, à l’art néoclassique et conservateur, d’autre part, pour aboutir finalement à un dernier acte sombre et désespéré.

Il faut dire que la scène d’ouverture en met plein la vue au centre d’un immense hall extravagant et surchargé de décorations type ‘Art nouveau’, embrumé par des lumières ambrées sous lesquelles une foule de figurants se livre à des danses et swing de l’entre deux-guerres, tels le Charleston, dans des habits à demi-nus, les gestes pouvant êtres sexualisés mais sans excès, l’ivresse provenant ainsi de cette débauche d’énergie scintillant sous des pluies de paillettes disséminées par plusieurs acrobates aériennes.

Il serait possible de réutiliser cette scène pour le bal des Capulets de ‘Roméo et Juliette’ exactement dans le même esprit.

'Tannhäuser' (ms Lydia Steier) - Photo Ashley Taylor

'Tannhäuser' (ms Lydia Steier) - Photo Ashley Taylor

Mais ensuite, une fois quitté ce Vénusberg fortement impressif, la scène de la rencontre avec le jeune berger évoque plutôt les décors naïfs fin XVIIe siècle des opéras baroques, ce qui crée un écrin décalé qui met en valeur la claire pureté de chant angélique d’Ilia Staple que l’on pourrait confondre avec celle de la soprano française Sabine Devieilhe.

En revanche, la rencontre avec les chevaliers de la Wartburg assimilés devant le rideau de scène à des chasseurs bavarois, elle-même liée au précédent tableau du berger, génère une étrange association d’idée avec le philosophe Martin Heidegger qui n’augure rien de bon.

Le second acte se déroule de façon écrasante dans un grand décor fastueux étagé sur plusieurs niveaux qui respire l’ordre, la puissance et le temps figé. Bourgeois et officiers s’y rencontrent, conversent et dinent, et la scène du concours de chant représente de façon conventionnelle les participants grimés en anciens maîtres-chanteurs moyenâgeux. Quelques réminiscences du monde luxuriant du Vénusberg viennent animer ce monde ennuyeux, et l’on ne rêve que de revenir au premier acte.

Malin Bÿstrom y est superbe en Elisabeth prise entre deux monde qu’elle ne peut concilier.

Malin Bÿstrom (Elisabeth) - Photo Ashley Taylor

Malin Bÿstrom (Elisabeth) - Photo Ashley Taylor

Puis, le dernier acte se déroule dans un sorte d’arrière scène ou de hangar abandonné, très beau par la manière dont les éclairages extérieurs créent une sensation de réalisme mystérieux.

On pourrait même se croire dans une sorte d’arrière musée où des chercheurs analysent l’art derrière des téléviseurs, alors que, côté cour, une Madone est reconstituée de façon virtuelle par une superposition d’écrans, comme si Lydia Steier voulait exprimer sa crainte devant un monde totalement dématérialisé. Vainement, cette vision n’apporte que peu à la dramaturgie, et le défilé du chœur des pèlerins a beau drainer une image d’errance un peu trop parachutée, c’est surtout l’apparition finale d’Elizabeth, ressuscitée et descendant les marches vers Tannhäuser, qui nous laisse sur l’image impressionnante et quelque peu cinématographique d’un amour bienveillant transcendant.

Martin Gantner et Philippe Jordan

Martin Gantner et Philippe Jordan

Pour Philippe Jordan, il s’agit de sa dernière nouvelle production en tant que directeur musical du Wiener Staatsoper avant de prendre la direction de l’Orchestre National de France en septembre 2027. Les Viennois le regrettent déjà si l’on s’en tient à l’accueil dithyrambique qu’il a reçu à l’issue de cette soirée où il a œuvré en grand artiste incendiaire à la tête d’un Philharmonique de Vienne massif et flamboyant, maîtrisant avec diligence la puissance tellurique de l’orchestre tout en soignant les ornements mélodiques avec une superbe chaleur poétique.

Seule l’ouverture, jouée de façon très présente, n’a pas la faculté d’emport de la version jouée à Bayreuth, mais peut-être est-ce du à l’acoustique de l’Opéra de Vienne, ce qui permet aussi de jauger les différences de perception selon les théâtres pris entre les impressions d’infinis et la précision de détail des écritures orchestrales.

Günther Groissböck, Ekaterina Gubanova et Clay Hilley

Günther Groissböck, Ekaterina Gubanova et Clay Hilley

On pourrait penser que Malin Byström apprécie ce style que l’on n’avait pas entendu aussi affirmé de la part du chef suisse au milieu des années 2010, car elle fait vivre Elisabeth d’un feu passionnel intense et incisif mais aussi avec des noirceurs nocturnes dans la voix qui donnent une image complexe et névrosée de la nièce du Landgrave. Son incarnation est totale et d’une grande intégrité, ce qui permet de traverser le second acte avec une figure haut en couleur qui tranche au milieu de cette architecture trop pesante.

Doté de la clarté mature d’un Tristan, Clay Hilley dépeint un Tannhäuser solide au souffle vigoureux avec des accents très classiques par la coloration qu’il affecte à son personnage, et qu’il défend avec générosité. Ses expressions sont par ailleurs très justes et parfois très vives ce qui donne une image vivante et désireuse du héros wagnérien.

Günther Groissböck est une très bonne surprise en Landgrave, retrouvant une sérénité expressive et une unité de noirceur de timbre qui avaient sembler se dissoudre ces derniers temps, une approche très posée qui lui convient bien.

Philippe Jordan et Malin Byström

Philippe Jordan et Malin Byström

Remplaçant Ludovic Tézier toujours en convalescence, Martin Gantner dessine quant à lui un Hermann loin de l’image dépressive qui lui est associée, avec une forme de vaillance expansive qui fait sensation dans sa romance à l'étoile.

Et en grande artiste scénique qu’elle a toujours été, Ekaterina Gubanova donne un éclat rayonnant et assuré à Vénus même si les couleurs paraissent un peu plus corsées que dans d'autres de ses incarnations.

Grand élan du chœur, second rôles tout aussi engagés, une interprétation musicale galvanisante qui ne lâche à aucun moment la tension de l’auditeur.

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Publié le 3 Juin 2025

Il Trittico (Giacomo Puccini – New-York, Metropolitan Opera, le 14 décembre 1918)
Répétition générale du 23 avril 2025 et représentation du 25 mai 2025
Opéra Bastille

Gianni Schicchi
Gianni Schicchi Misha Kiria
Lauretta Asmik Grigorian
Zita Enkelejda Shkoza
Rinuccio Alexey Neklyudov
Gherardo Dean Power
Betto Manel Esteve Madrid
Simone Scott Wilde
La Ciesca Theresa Kronthaler
Amantio di Nicolao Alejandro Balinas Vieites

Il Tabarro
Michele Roman Burdenko
Luigi Joshua Guerrero
Giorgetta Asmik Grigorian
Il Tinca Andrea Giovannini
La Frugola Enkelejda Shkoza
Il Talpa Scott Wilde

Suor Angelica
Suor Angelica Asmik Grigorian
La Zia Principessa Karita Mattila
La Badessa Hanna Schwarz
La Maestra delle Novize Theresa Kronthaler
La Suora Zelatrice Enkelejda Shkoza
Suor Genovieffa Margarita Polonskaya
Suor Osmina Ilanah Lobel-Torres
La Suor Infirmiera Maria Warenberg

Mise en scène Christof Loy (2022)
Direction musicale Carlo Rizzi
Coproduction avec le Festival de Salzburg

Retransmission en direct sur Paris Opera Play, la plateforme numérique de l’Opéra national de Paris, le 16 mai 2025 à 19h, puis en différé sur OperaVision à partir du 18 juillet 2025, et diffusion sur France Musique le 14 juin 2025 à 20h dans l’émission ‘Samedi à l’Opéra’ présentée par Judith Chaine.

Les amateurs lyriques restés à Paris au cours du mois de mai 2025 auront vécu des soirées inoubliables avec la reprise de la production salzbourgeoise d’’Il Trittico’ présentée sur la scène Bastille pour les débuts scéniques d’Asmik Grigorian sur les planches de la capitale française.

La soprano lituanienne aurait du cependant faire ses débuts au Palais Garnier quatre ans plus tôt dans la nouvelle production de ‘La Dame de Pique’ mise en scène par Dmitri Tcherniakov, si la situation sanitaire n’avait balayé ce projet qui aura peut-être une chance de se concrétiser ultérieurement.

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Depuis une première version donnée en français en 1967, puis une seconde donnée en langue originale en 1987, toutes deux à la salle Favart, ‘Le Triptyque’ n’est réapparu sur la scène Bastille qu'en 2010 dans la production de Luca Ronconi (Scala de Milan).

Moins connu que les autres ouvrages phares de Giacomo Puccini, on pouvait s’attendre à une moindre curiosité de la part du public pour ces trois histoires, si l’onde de choc de ce spectacle intense ne s’était propagée dès la répétition générale qui laissa tout le monde saisi, d’autant plus qu’Asmik Grigorian avait demandé pour cette reprise parisienne à placer la comédie ‘Gianni Schicchi’ en premier pour conclure sur ‘Suor Angelica’, une progressivité vers le drame dont l’effet s’avérera implacable.

Gianni Schicchi (ms Christof Loy)

Gianni Schicchi (ms Christof Loy)

Le travail de Christof Loy est connu partout en Europe où ses productions redonnent de la force théâtrale aux œuvres lyriques depuis 25 ans sur la base de scénographies taillées au juste nécessaire, mais avec un soin certain accordé aux lumières. Il fait ainsi ses débuts tardifs à l’Opéra de Paris, et le fait que les principaux chanteurs présents lors de la création de sa production soient invités lors de la reprise parisienne va contribuer à renforcer les qualités de cette dernière.

Alexey Neklyudov (Rinuccio), Misha Kiria (Gianni Schicchi) et Asmik Grigorian (Lauretta)

Alexey Neklyudov (Rinuccio), Misha Kiria (Gianni Schicchi) et Asmik Grigorian (Lauretta)

‘Gianni Schicchi’, seule œuvre du ‘Triptyque’ inspirée de la ‘Divine Comédie’ de Dante, se déroule autour d’un grand lit bourgeois adossé à un mur orné, côté jardin, d’une grande porte laissant entrevoir un bout de la pièce arrière (un dispositif récurrent chez Loy).

Les talents d’acteurs de tous les protagonistes sont développés afin de créer une image de chaos, une forme de dislocation sociale des héritiers lorsqu’ils réalisent que quasiment rien ne leur a été laissé par le défunt. Leur folie rappelle beaucoup celle de ‘The Exterminating Angel’ dirigée par Calixto Bieito l’an passé, où l’on retrouvait cette même forme de désordre humain en vase clos.

Alexey Neklyudov, Asmik Grigorian, Misha Kiria et Enkelejda Shkoza

Alexey Neklyudov, Asmik Grigorian, Misha Kiria et Enkelejda Shkoza

A cette occasion, le public parisien a le plaisir de découvrir l’immense interprétation de Misha Kiria, baryton géorgien d’une verve et d’une splendide sonorité bonhomme qui impose un Gianni Schicchi au burlesque sarcastique éclatant. Asmik Grigorian est déjà franche et rayonnante, mais encore maintenue dans un rôle modeste illuminé par le fameux ‘Oh mio babbino caro’.

Bon acteur, le ténor Alexey Neklyudov a toutefois tendance à être couvert par l’orchestre, mais il achève son rôle de Rinuccio sur une brillante exaltation, alors que le personnage de Zita va permettre à Enkelejda Shkoza de démontrer, plus que dans les deux autres volets, son grand abattage scénique ainsi que ses vaillances vocales. Et en Simone, Scott Wilde joue sur du velours, alors qu’Alejandro Balinas Vieites rend une noble noirceur au notaire Ser Amantio di Nicolao.

Asmik Grigorian (Giorgetta) et Roman Burdenko (Michele)

Asmik Grigorian (Giorgetta) et Roman Burdenko (Michele)

En seconde partie, le décor constitué côté cour d’une péniche installée dans un espace fermé par des murs monochromes, et d’une sorte de salon d’intérieur côté jardin, donne une impression de théâtre dans le théâtre en apparence un peu décevant, mais qui a l’avantage de mettre en valeur ce qu’il y a de comédie au début d’‘Il Tabarro’. Il y a donc bien une continuité de ton avec ‘Gianni Schicchi’, mais les éclairages crus vont s’assombrir imperceptiblement jusqu’à ce que le spectateur ne réalise à quel point le piège dramatique s’est refermé sur le couple d’amants.

L’expressivité d’Asmik Grigorian est au service d’une femme qui veut séduire mais sans trop en faire, tout en gardant la conscience que quelque chose la lie toujours à Michele, une forme de compassion qu’il n’éprouve pourtant pas en retour.

Joshua Guerrero (Luigi)

Joshua Guerrero (Luigi)

En Joshua Guerrero elle trouve un partenaire qui incarne très justement un naturel sanguin aux poignantes expressions véristes, fascinant alliage de style et d’animalité latins, si bien que leur duo est un cri viscéral au chant intense qui agrège de multiples reflets vibrants.

Roman Burdengo dépeint lui aussi un personnage animé par une forte volonté mais au relief sombre, une image de la vie tourmentée par ses tristes passions et qui charrie un insondable maelstrom de ressentiments noirs et incisifs. Le meurtre de Tonio est saisissant par son apparence de froide sauvagerie, et le cri d’effroi d’Asmik Grigorian résonne d’une morbidité pleurante qui prend aux tripes.

Tous les rôles secondaires qui évoluent autour du trio damné sont très bien tenus, avec naturel et contraste.

Suor Angelica (ms Christof Loy)

Suor Angelica (ms Christof Loy)

Mais c’est bien entendu la troisième nouvelle ‘Suor Angelica’ qui constitue le clou du spectacle, car après la comédie haut en couleur et la puissance passionnelle, l’auditeur va être confronté au sentiment de révolte induit par l’écrasement du sentiment maternel d’une femme ayant été séparée de son fils.

A nouveau des murs nus et une petite porte surélevée à gauche de la scène, un petit jardin symbolique à l’avant scène, quelques chaises, une table, et trois luminaires éclairant de leurs lueurs lunaires la scène, ce décor unique évoluera sous un éclairage de plus en plus nocturne.

Karita Mattila (La Zia Principessa)

Karita Mattila (La Zia Principessa)

Asmik Grigorian est intégralement vêtue de noir et étudie alors que les autres sœurs s’animent autour d’elle, jusqu’à l’arrivée de la Zia Principessa qui va engendrer le grand moment de confrontation entre deux grandes artistes de la scène lyrique. Karita Mattila, l’air hautain, d’une grande classe froide avec ses cheveux blanc-blond impeccablement lissés, vient mentalement torturer Suor Angelica, une scène d’une glaçante noirceur musicale. La soprano finlandaise use d’un art déclamatoire insidieux, une noirceur crème ensorcelante qui tranche avec le lyrisme écorché de sa victime, Asmik Grigorian disposant d’une palette de couleurs aux intonations noires et slaves, et prenant une force rugissante émaillée d’une brillance fantastique dans les aigus.

Karita Mattila (La Zia Principessa) et Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Karita Mattila (La Zia Principessa) et Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Face à une telle outrance, la Zia Principessa semble en état de panique, et à la révélation de la mort de son fils, Asmik Grigorian libère Suor Angelica du poids de sa culpabilité pour se retrouver en femme libre de son destin une fois départie de son habillement religieux. Magnifique dans sa manière de retrouver un semblant de respiration et de revenir à la vie, Christof Loy choisit pourtant de la faire s’atrophier les yeux, alors que ce n’est pas forcément nécessaire, mais se rattrape en faisant réapparaitre l’enfant sur scène au moment où Suor Angelica le rejoint au ciel. Cette scène, jouée de façon poignante par Asmik Grigorian, laisse l’ensemble du public touché au cœur, ce qui déclenchera, chaque soir, une ovation d’une rare puissance émotionnelle.

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

Asmik Grigorian (Suor Angelica)

A la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris qui se délecte du mélisme puccinien et de son savoir faire dramatique, Carlo Rizzi réussit à passer d’un bouillonnement impétueux et lumineux, à la limite de la perte de contrôle dans ‘Gianni Schicchi’, à un flamboiement à la fois sombre et irisé qui va par la suite unifier les trois ouvrages à travers une peinture au lyrisme souverain et raffiné dans ses moindres variations de couleurs. Cette grande sophistication du son sert une magnificence qui évite l'effet théâtral par trop facile. 

Asmik Grigorian (Suor Angelica) et l'enfant

Asmik Grigorian (Suor Angelica) et l'enfant

Après de telles soirées où l’on a pu voir des spectateurs, surpris par un tel choc, chercher à revenir bien qu'habitant assez loin de Bastille, le retour d’Asmik Grigorian sur la scène lyrique parisienne s’impose avec évidence. Mais elle est très demandée.

Karita Mattila, l'enfant et Asmik Grigorian

Karita Mattila, l'enfant et Asmik Grigorian

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Publié le 31 Mai 2025

TV-Web Juin 2025 Lyrique et Musique

Chaînes publiques

Dimanche 01 juin 2025 sur France 3 à 00h20
Cosi fan tutte (Mozart) - Théâtre des Champs-Elysées - ms Pelly

Dimanche 01 juin 2025 sur Arte à 18h55
Jean Sibelius : Symphonie n° 5 à Helsinki - Renaissance d'une œuvre

Lundi 02 juin 2025 sur Arte à 01h45
Du fado avec Gisela Joao - Live à Lisbonne

Mardi 03 juin 2025 sur France 4 à 21h00
Carmen (Bizet) - Opéra de Rouen - ms Romain Gilbert

Mardi 03 juin 2025 sur France 4 à 23h55
Marie-Laure Garnier, la Carmen de Cayenne

Dimanche 08 juin 2025 sur France 3 à 00h25
Carmen (Bizet) - Opéra de Rouen - ms Romain Gilbert

Dimanche 08 juin 2025 sur Arte à 03h10
Concert en l’honneur de la révolution de velours - Orchestre philharmonique tchèque - dm Jakub Hruša

Dimanche 08 juin 2025 sur Arte à 18h00
"Carmen", naissance d'un mythe

Dimanche 08 juin 2025 sur Arte à 18h55
Grace Bumbry est Carmen - Les grands moments de la musique

Dimanche 08 juin 2025 sur Arte à 21h00
Barry Lyndon (Stanley Kubrick - 1975)

Lundi 09 juin 2025 sur Arte à 00h00
Carmen (Bizet) - Opéra Comique - dm Louis Langrée - ms Homoki

Mardi 10 juin 2025 sur Arte à 13h30
Lili Marleen (Rainer Werner Fassbinder) avec Hanna Schygulla

Mardi 10 juin 2025 sur Arte à 15h25
Le mariage de Maria Braun (Rainer Werner Fassbinder) avec Hanna Schygulla

Jeudi 12 juin 2025 sur Arte à 02h25
Hanna Schygulla, une égérie libre

Vendredi 13 juin 2025 sur France 5 à 21h05
Fauteuils d'orchestre (Anne Sinclair) - Natalie Dessay, Laurent Naouri, Neïma et Tom Naouri

Vendredi 13 juin 2025 sur France 5 à 22h10
Fauteuils d'orchestre (Anne Sinclair) - Natalie Dessay, Neima Naouri, Laurent Naouri et Tom Naouri, Teona Todua, dans des airs de Frank Sinatra et de Stephen Sondheim, d'Irving Berlin et de Charlie Chaplin, de Mozart ou encore de Verdi avec l'Orchestre Lamoureux dirigé par Yvan Cassar et Adrien Perruchon

Dimanche 15 juin 2025 sur France 3 à 00h20
Le grand concert du Philharmonique de Vienne au Palais Garnier

Dimanche 15 juin 2025 sur Arte à 18h55
Concert privé chez Gidon Kremer

Lundi 16 juin 2025 sur Arte à 00h05
Un flamenco d’un nouveau genre - Le danseur Manuel Linan

Lundi 16 juin 2025 sur Arte à 01h00
Afanador - Ballet de Marcos Morau

Mardi 17 juin 2025 sur France 4 à 21h00
Pretty Yende au Festival de Glanum

Mardi 17 juin 2025 sur France 4 à 22h15
Nadine Sierra & Pretty Yende à la Philharmonie de Paris

Vendredi 20 juin 2025 sur France 3 à 20h55
Musique en fêtes 2025 - Chorégies d'Orange (direct)

Samedi 21 juin 2025 sur France 3 à 00h10
Oh la la, Alagna ! de la Sicile à Little Italy

Samedi 21 juin 2025 sur Arte à 20h55
"Les quatre saisons" (Vivaldi) à Venise - Théotime Langlois de Swarte

Samedi 21 juin 2025 sur Arte à 21h45
Vivaldi, le génie des "Quatre saisons"

Samedi 21 juin 2025 sur Arte à 23h30
Les quatre saisons de Vivaldi recomposées - Les grands moments de la musique

Dimanche 22 juin 2025 sur France 3 à 00h25
Musique en fêtes 2025 - Chorégies d'Orange

Dimanche 22 juin 2025 sur France 5 à 14h35
Le Berliner Philharmoniker et Zubin Mehta

Dimanche 22 juin 2025 sur Arte à 18h55
Ludwig van Beethoven : L'empereur - Concerto - dm Hrůša - 
Berliner Philharmoniker

Lundi 23 juin 2025 sur Arte à 01h10
Sur mesure (Hervé Koubi) - Quatuor Voce

Lundi 23 juin 2025 sur Arte à 02h05
Gustav Mahler : Résurrection - Festival d'Aix-en-Provence 2022 - ms Castellucci - dm Salonen

Mardi 24 juin 2025 sur France 4 à 21h00
Le Sicilien - Roberto Alagna - Arènes de Nimes

Mardi 24 juin 2025 sur France 4 à 23h00
Roberto Alagna aux Folies Bergère, le concert anniversaire

Dimanche 29 juin 2025 sur France 3 à 00h20
Pretty Yende au Festival de Glanum

Dimanche 29 juin 2025 sur Arte à 03h35
Le grand théâtre du monde - Salzbourg et son festival

Dimanche 29 juin 2025 sur Arte à 18h55
La trompette selon Lucienne Renaudin Vary

Lundi 30 juin 2025 sur Arte à 02h00
Concert de gala Young Euro Classic - Beethoven, Prokofiev et Fauré

Mezzo et Mezzo HD

Dimanche 01 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Wagner: Tannhäuser - Staatsoper de Vienne

Lundi 02 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Rivalités musicales - Schönberg contre Stravinsky

Mardi 03 juin 2025 sur Mezzo à 23h55
Haendel: Flavio - Festival Baroque de Bayreuth

Mercredi 04 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
'Médée' de Charpentier au Théâtre des Champs-Elysées

Vendredi 06 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Dvorák : Rusalka - Dutch National Opera

Vendredi 06 juin 2025 sur Mezzo à 23h40
Puccini: Turandot - Staatsoper Vienne

Samedi 07 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Berlioz : La Damnation de Faust - Pene Pati, Aude Extremo - Monte-Carlo

Dimanche 08 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Beethoven: Fidelio - Dutch National Opera

Lundi 09 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Jacques Loussier : quand le classique rencontre le jazz

Mercredi 11 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Magnard: Guercœur - Opéra du Rhin

Vendredi 13 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Wagner : Tristan und Isolde - Opéra Royal de Wallonie - Liège

Vendredi 13 juin 2025 sur Mezzo à 22h55
Verdi : Falstaff - Opéra de Lille

Samedi 14 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Massenet : Thaïs - Opéra de Monte-Carlo

Dimanche 15 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Haendel: Jephtha - Joyce DiDonato, Michael Spyres, Il Pomo d'Oro

Lundi 16 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
so what?! – Friedrich Gulda

Mardi 17 juin 2025 sur Mezzo à 23h10
Rachmaninov : Aleko - Bartók : Le château de Barbe-Bleue - Opéra National Grec

Mercredi 18 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Rameau : Les Fêtes d'Hébé - William Christie, Les Arts Florissants

Vendredi 20 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Gounod: Faust - Opéra de Lille

Vendredi 20 juin 2025 sur Mezzo à 23h00
Stravinsky : Le Rossignol - Poulenc: Les Mamelles de Tirésias - Théâtre des Champs-Elysées

Samedi 21 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
'Roméo et Juliette' de Gounod à l'Opernhaus de Zurich

Dimanche 22 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Delibes : Lakmé - Jodie Devos

Lundi 23 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Klaus Mäkelä - Vers la flamme

Mardi 24 juin 2025 sur Mezzo à 23h30
'Médée' de Charpentier au Théâtre des Champs-Elysées

Mercredi 25 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
'Daphne' de Strauss au Staatsoper de Berlin

Vendredi 27 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Ravel : L'Heure espagnole - Puccini : Gianni Schicchi - Palau de les Arts, Valencia

Vendredi 27 juin 2025 sur Mezzo à 23h15
Berlioz : La Damnation de Faust - Pene Pati, Aude Extremo - Monte-Carlo

Samedi 28 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
'The Perfect American' de Philip Glass au Teatro Real de Madrid

Dimanche 29 juin 2025 sur Mezzo HD à 21h00
Mozart : La Flûte enchantée - Festival de Salzbourg

Lundi 30 juin 2025 sur Mezzo à 20h30
Arte Flamenco - 35 ans

TV-Web Juin 2025 Lyrique et Musique

Web : Opéras en accès libre (cliquez sur les titres pour les liens directs avec les vidéos)

Sur Operavision, Culturebox, Arte Concert etc...

                            Accès illimité dans le temps

Placido Domingo, l'homme aux mille vies

La Traviata (Chorégies d'Orange 2016) avec Domingo, Jaho, Meli

Le Requiem de Verdi (Chorégies d'Orange)

Le Barbier de Séville (Chorégies d'Orange 2018) avec Peretyatko, Sempey, Hotea

Roberto Alagna - Ma vie est un opéra

Le Royaume des Deux-Siciles (Roberto Alagna)

Patrick Dupond, un danseur chez les étoiles

Michaël Denard, le « prince » de l'Opéra de Paris

Le Lac des Cygnes, l'Ambitieux projet de Tchaïkovski

Maria Callas - Il était une voix

Body and Soul (Opéra national de Paris)

Dans les coulisses de Casse-Noisette

Dans les coulisses de Roméo et Juliette

Dans les coulisses de La Fille mal gardée

Dans les coulisses de Don Quichotte

Dans les coulisses de Mayerling

Martha Graham, danser avec l'âme

Accès Live à l'Opéra Bastille pour « Le Lac des Cygnes »

Accès live à l'Opéra Garnier dans les coulisses de « La Cenerentola »

                           Juin 2025

Les Voyages de monsieur Broucek (Théâtre national de Brno) jusqu'au 04 juin 2025

Etre noir à l'Opéra (Opéra de Paris) jusqu'au 07 juin 2025

Le Mariage (Opéra de Poznan) jusqu'au 08 juin 2025

264, That One Star (Daegu Opera House) jusqu'au 13 juin 2025

Adriana Lecouvreur (Opéra national de Lettonie, Riga) jusqu'au 15 juin 2025

L'Enlèvement au Sérail (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 17 juin 2025

Eugène Onéguine (Opéra national de Finlande) jusqu'au 20 juin 2025

Sonya Yoncheva, un Noël à Versailles jusqu'au 24 juin 2025

Rigoletto (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 26 juin 2025

Une journée (extra)ordinaire : 24h à l'opéra Garnier jusqu'au 29 juin 2025

                       Juillet 2025

Salomé (Opéra de Hambourg) jusqu'au 03 juillet 2025

Alain Altinoglu et Stéphane Degout (Festival de Colmar) jusqu'au 04 juillet 2025

Carmen (Salzburg - 1967) jusqu'au 06 juillet 2025

Grace Bumbry est Carmen jusqu'au 07 juillet 2025

Les Musicales du Luberon, avec Pierre Génisson jusqu'au 10 juillet 2025

Judith (Théâtre national Croate de Zagreb) jusqu'au 17 juillet 2025

Gustav Mahler : Résurrection (Festival d'Aix-en-Provence) jusqu'au 21 juillet 2025

Être noir à l'Opéra jusqu'au 22 juillet 2025

Afanador (Ballet Nacional de España) jusqu'au 23 juillet 2025

Finale du Concours Tenor Viñas (Gran Teatre del Liceu) jusqu'au 24 juillet 2025

Echo 72 (Opéra d'Etat de Hanovre) jusqu'au 25 juillet 2025

Don Pasquale (Opéra de Hambourg) jusqu'au 26 juillet 2025

Les Noces de Figaro (Festival de Salzbourg 2023) jusqu'au 28 juillet 2025

Maria Callas chante Tosca (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 30 juillet 2025

Gala d'anniversaire, 150 ans du Palais Garnier jusqu'au 30 juillet 2025

Gala Lyrique (Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie) jusqu'au 31 juillet 2025

                       Août 2025

INO Studio Showcase (Irish national Opera)jusqu'au 01 août 2025

Salomé (Opera Ballet de Flandre) jusqu'au 07 août 2025

Marina Viotti - Amor, Furor jusqu'au 10 août 2025

Der Prozess (MusikTheater an der Wien au Kammeroper Wien) jusqu'au 14 août 2025

Wozzeck (Festival d'Aix-en-Provence 2023) jusqu'au 18 août 2025

Götterdämmerung (Théâtre Royal de la Monnaie) jusqu'au 23 août 2025

Violoncellistes virtuoses et voyageuses intréprides - Sol Gabetta sur les traces de Lise Cristiani jusqu'au 26 août 2025

                         Septembre 2025

Carmen (Opéra Comique) jusqu'au 01 septembre 2025

Blushing (Opéra et Ballet national de Finlande) jusqu'au 01 septembre 2025

Le Ring sans paroles (Philharmonique de Strasbourg) jusqu'au 06 septembre 2025

Giovanna d'Arco (Teatro Regio di Parma) jusqu'au 07 septembre 2025

La Fiancée vendue (Théâtre national de Prague) jusqu'au 08 septembre 2025

Le Diable et Catherine (Théâtre national Slovaque) jusqu'au 14 septembre 2025

Angelin Preljocaj : La visite (Picasso Danse) jusqu'au 19 septembre 2025

Guillaume Tell (Nouveau Théâtre national de Tokyo) jusqu'au 21 septembre 2025

The Fairy Queen (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 23 septembre 2025

Zimmer90 (Reeperbahn Festival 2024) jusqu'au 26 septembre 2025

Lady Macbeth de Mzensk (Deutsche Oper am Rheim) jusqu'au 28 septembre 2025

La Reine des neiges (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 29 septembre 2025

Didon et Enée (Dutch national Opera & Ballet) jusqu'au 30 septembre 2025

                       Octobre 2025

Carmen (Palazzetto Bru Zane - Opéra Rouen de Normandie) jusqu'au 01 octobre 2025

Concert au château de Prague (Smetana, Dvorak) jusqu'au 04 octobre 2025

Mitridate, re di Ponto (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 octobre 2025

Un giorno di regno (Garsington Opera) jusqu'au 11 octobre 2025

Wòlô bòskô (Opéra national de Varsovie) jusqu'au 17 octobre 2025

La Bohème 2050 (film opéra) jusqu'au 21 octobre 2025

Le Vaisseau fantôme (Irish national Opera) jusqu'au 25 octobre 2025

Jour de fête chez Offenbach (Radio France) jusqu'au 26 octobre 2025

                         Novembre 2025

Werther (Théâtre national Croate de Zagreb) jusqu'au 03 novembre 2025

On Danse Chez Vous : Mehdi Kerkouche (Chaillot) jusqu'au 07 novembre 2025

Le Château de Barbe-Bleue (Opéra ZUID) jusqu'au 09 novembre 2025

Une soirée de ballet à l’Opéra national dʼUkraine jusqu'au 10 novembre 2025

Maria Stuarda (Opéra d'Etat Hongrois) jusqu'au 16 novembre 2025

Concours des Finalistes Neue Stimmen (Liz Mohn Stiftung - Staatsoper Unter den Linden) jusqu'au 24 novembre 2025

Le grand concert du Philharmonique de Vienne (Palais Garnier) jusqu'au 26 novembre 2025

Orphée et Eurydice (Festival Pulsations) jusqu'au 28 novembre 2025

                         Décembre 2025

12e Concours international de chant Stanislaw Moniusko (Opéra national de Varsovie) jusqu'au 07 décembre 2025

L'Heure espagnole / Gianni Schicchi (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 13 décembre 2025

Camille Saint-Saëns : Oratorio de Noël (Orchestre philharmonique de Strasbourg) jusqu'au 16 décembre 2025

Pretty Yende au Festival de Glanum jusqu'au 16 décembre 2025

La Fête de la chanson orientale jusqu'au 17 décembre 2025

Prix Opera XXI 2025 (Palau de les Arts Reina Sofia) jusqu'au 17 décembre 2025

Le Grand Hôtel de l'Opéra (Fondazione Mascarade Opera) jusqu'au 21 décembre 2025

La vie secrète des tableaux (Polish national Opera) jusqu'au 22 décembre 2025

Oper on Fire (Opernstudio NRW) jusqu'au 22 décembre 2025

                           Janvier 2026

Fidelio courte animation jusqu'au 09 janvier 2026

Klaus Mäkelä et Gustavo Dudamel dirigent Boulez, Beethoven et Poulenc (10 ans de la Philharmonie de Paris) jusqu'au 10 janvier 2026

Iphigénie en Aulide - Iphigénie en Tauride (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2026

Leevi Madetoja : Les Ostrobothniens (Opéra national de Finlande, Helsinki) jusqu'au 12 janvier 2026

Didon et Enée (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 28 janvier 2026

                           Février 2026

Alexander Rodin : Kateryna (Création mondiale à l'Opéra d'Odessa) jusqu'au 9 février 2026

Didon et Enée (Opéra Royal de Versailles) jusqu'au 12 février 2026

Voix des Outre-Mer 2023 (Amphithéâtre Bastille) jusqu'au 22 février 2026

                           Mars 2026

Concert en soutien au peuple ukrainien (Maison de Radio France) jusqu'au 04 mars 2026

BOLERO.S Episode 4 (Mehdi Kerkouche) jusqu'au 11 mars 2026

Jack Lang, le beau rôle jusqu'au 24 mars 2026

                           Avril 2026

Ravel en mille éclats jusqu'au 01 avril 2026

Maria de Buenos Aires (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 02 avril 2026

La vraie histoire de Madonna jusqu'au 14 avril 2026

                           Mai 2026

Maria Stuarda (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 04 mai 2026

Barry Lyndon Tribute jusqu'au 13 mai 2026

Michel Legrand, la musique enchantée (Dessay, Bertault) jusqu'au 13 mai 2026

L'Orchestre de la Garde Républicaine à l'Opéra Comique jusqu'au 19 mai 2026

 

                           Juillet 2026

Kiev, un opéra en guerre (1/4) - Danser pour résister jusqu'au 12 juillet 2026

 

                           Septembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (2/4) - Exister ou disparaître jusqu'au 12 septembre 2026

JR, Damien Jalet & Thomas Bangalter : Chiroptera (Parvis du Palais Garnier) jusqu'au 30 septembre 2026

                           Octobre 2026

Barbara Hannigan dirige Ligeti et Stravinsky jusqu'au 10 octobre 2026

                         Novembre 2026

Kiev, un opéra en guerre (3/4) - Exilés jusqu'au 14 novembre 2026

Les trois ballets de Stravinsky (Théâtre des Champs-Elysées) jusqu'au 25 novembre 2026

                         Décembre 2026

Concert du nouvel an de l'Orchestre national de France (Radio France) jusqu'au 30 décembre 2026

   

                          Janvier 2027

Samson (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

Madame Butterfly (Festival d'Aix-en-Provence 2024) jusqu'au 11 janvier 2027

                        Février 2027

Kiev, un opéra en guerre (4/4) - Transmettre jusqu'au 08 février 2027

                        Mars 2027

Les Sentinelles (Opéra de Bordeaux) jusqu'au 09 mars 2027

                         Avril 2028

Wartime Elegy - Ballet national d'Ukraine  jusqu'au 01 avril 2028

 

                         Juin 2028

Dream Requiem - Rufus Wainwright (Radio France) jusqu'au 13 juin 2028

 

 

                         Novembre 2028

Mikko Franck dirige Dutilleux, Mahler et Strauss (chant Marie-Nicole Lemieux) jusqu'au 21 novembre 2028

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 28 Mai 2025

Der Rosenkavalier (Richard Strauss – Le 26 janvier 1911, Dresde)
Répétition générale du 19 mai 2025 et représentations du 21, 24 mai et 05 juin 2025
Théâtre des Champs-Élysées

Die Feldmarschallin Véronique Gens
Der Baron Ochs auf Lerchenau Peter Rose
Octavian Niamh O'Sullivan
Herr von Faninal Jean-Sébastien Bou
Sophie Regula Mühlemann
Jungfer Marianne Leitmetzerin Laurène Paternò
Valzacchi Krešimir Špicer
Annina Eléonore Pancrazi
Ein Polizeikommissar Florent Karrer
Der Haushofmeister bei der Feldmarschallin François Piolino
Der Haushofmeister bei Faninal François Piolino
Ein Notar Florent Karrer
Ein Wirt Yoann Le Lan
Ein Sänger Francesco Demuro

Comédiens et danseurs Danielle Gabou, Sean Patrick Mombruno, Djeff Tilus et Yann Collette

Direction musicale Henrik Nánási
Mise en scène Krzysztof Warlikowski (2025)
Scénographie, costumes Małgorzata Szczęśniak
Chorégraphie Claude Bardouil
Lumières Felice Ross
Vidéo Kamil Polak
Orchestre National de France
Chœur Unikanti, Maîtrise des Hauts-de-Seine

Au cours de ses 15 années passées à la direction du Théâtre des Champs-Élysées, Michel Franck a accordé une place de choix à Richard Strauss à travers plusieurs versions de concert, ‘Der Rosenkavalier’ (2014), ‘Ariane à Naxos’ (2015), ‘Arabella’ (2019), ‘Die Frau ohne Schatten’ (2020), ‘Capriccio’ (2023), ‘Elektra’ (2024), ainsi qu’une version d’’Ariane à Naxos’ mise en scène par Katie Mitchell en 2019.

Ayant du annuler en 2020, en pleines répétitions, la version scénique de ‘Salomé’ mise en scène par Krzysztof Warlikowski sous la direction d’Henrik Nánási, c’est sur un sacré coup de revanche que le directeur conclut son mandat en leur confiant à tous deux une nouvelle production de ‘Der Rosenkavalier’ intégralement produite par la maison lyrique de l’avenue Montaigne.

Der Rosenkavalier (Gens O'Sullivan Nánási Warlikowski) Champs-Élysées

‘Le Chevalier à la Rose’ a une longue histoire avec le Théâtre des Champs-Élysées car sa création française ainsi que celle d’'Elektra’, sous la direction de Richard Strauss, étaient annoncées dans la plaquette de la saison 1913-1914 avant que le lourd bilan financier ne remit tout en question.

Depuis la première interprétation de concert le 06 septembre 1937 sous la direction de Clémens Krauss, l’ouvrage revint en ce même théâtre le 28 février 1956 (Georg Solti), puis le 05 octobre 1962 sous forme de projection du film enregistré à Vienne avec Herbert Karajan, le 24 mai 1963 lors du passage de l’Opéra de Bucarest (Mihai Brediceanu), en novembre et décembre 1981 avec l’Orchestre de l’Opéra de Paris (Andrew Davis, ms Hans Hartleb avec Kiri Te Kanawa et Federica von Stade) lors des travaux du Palais Garnier, puis le 05 avril 1985 (Stefan Soltész), au mois d’octobre 1989 avec à nouveau l’Orchestre de l’Opéra de Paris (Georg Solti), et enfin le 04 février 2009 (Christian Thielemann).

Michel Franck - Répétition générale de 'Der Rosenkavalier'

Michel Franck - Répétition générale de 'Der Rosenkavalier'

Krzysztof Warlikowski est le metteur en scène des événements qui comptent, car c’est à lui que Nikolaus Bachler a confié en 2013 une nouvelle production de La Femme sans ombre’ pour célébrer les 50 ans de la réouverture de l’Opéra de Munich, et il est également le seul metteur scène à avoir pu monter un ouvrage intégralement en pleine pandémie en proposant une nouvelle production d’’Elektra’ en août 2020 pour célébrer le 100e anniversaire du Festival de Salzbourg, sous la direction de Markus Hinterhäuser.

Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Et pour sa nouvelle production de ‘Der Rosenkavalier’, Małgorzata Szczęśniak a créé un décor lié à l’architecture du Théâtre des Champs-Élysées en concevant une arrière scène aux lignes qui évoquent celles du premier balcon de la Comédie des Champs-Élysées dans des tonalités rouge-pourpre, et un avant-scène qui reproduit la structure d’acier des parois carrelées et translucides de la ‘Maison de verre’ inaugurée par l’architecte Pierre Chareau en 1932 dans le quartier Saint-Germain au 31 rue Saint-Guillaume, près de Science Po.

Niamh O'Sullivan (Octavian), Véronique Gens (Die Feldmarschallin) et Danielle Gabou

Niamh O'Sullivan (Octavian), Véronique Gens (Die Feldmarschallin) et Danielle Gabou

Cette maison était un lieu de vie culturel où se retrouvaient nombre d’artistes, et dont la conception même lui évita d’être occupée par les Nazis pendant la Guerre du fait de sa transparence. Elle symbolise donc un lieu un peu a part protégé du monde.

Ce décor devient ainsi un terrain de jeu complexe pour Felice Ross, artiste vouée à définir des ambiances lumineuses qui isolent les scènes intimistes, stylisent le décor mais aussi les costumes en leur apportant du brillant, notamment quand les motifs de verre apparaissent sur scène, un art visuel qui stimule en permanence la sensibilité du spectateur.

Véronique Gens (Die Feldmarschallin) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

Véronique Gens (Die Feldmarschallin) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

L’ouverture est d’une force émotionnelle à en sourire les larmes aux yeux lorsqu’un écran descend des cintres révélant Véronique Gens et Niamh O'Sullivan riant de manière complice sous des draps blancs après un moment d’amour, la beauté du geste vidéographique de Kamil Polak faisant passer la grâce des sentiments, puis la conscience de l’éphémérité de l’instant, par une sensibilité irrésistible à la vérité des regards.

Se met dès lors en place l’un des thèmes qui innerve l’ouvrage, l’ambiguïté des sexes et des attirances que draine le comportement d’Octavian dont le travestissement va prendre, dans cette vision, une dimension fortement transgenre.

Ainsi, Małgorzata Szczęśniak a dessiné autant pour les personnages principaux que pour les autres caractères une collection de costumes aux motifs et couleurs inventifs, un bariolage arlequiné fou dont les scintillements répondent sous les lumières à ceux de la maison de verre.

Niamh O'Sullivan (Octavian) et Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Niamh O'Sullivan (Octavian) et Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Sur fond narcissique, la Maréchale, blonde en dessous noirs semi-transparents, et Octavian, roux et vêtu de coloris mauve et bleu, se filment en toute légèreté dans leur intimité avec un humour sans maniérisme et beaucoup de naturel.

S’appuyant sur des figurants ainsi que sur les choristes, Krzysztof Warlikowski crée ensuite autour d’eux tout un univers d’une vitalité gaiement fantaisiste et esthétique, d’où émerge dès le début le serviteur noir incarné par la chorégraphe Danielle Gabou qui joue un véritable rôle d’ange gardien enjoué, mentionné dans les premières didascalies du livret, et qui devient un personnage totalement autonome du début à la fin, usant de sa très drôle manière d’interagir pour faire ressentir constamment son attention bienveillante. Il sera également possible de la retrouver au même moment à l’Opéra Bastille dans ‘Manon’ de Massenet, où elle joue le rôle d’une danseuse des années 30 telle Joséphine Baker.

Véronique Gens (Die Feldmarschallin), Niamh O'Sullivan (Octavian) et Peter Rose (Der Baron Ochs)

Véronique Gens (Die Feldmarschallin), Niamh O'Sullivan (Octavian) et Peter Rose (Der Baron Ochs)

Présenté comme une sorte d’homme d’affaire ou de directeur sans élégance à la main baladeuse et affublé d’un œillet rose sur sa veste, le baron Och est traité sur le ton de la comédie sans masquer sa nature malsaine. Mais à l’instar de la Maréchale, il est accompagné de Léopold, le serviteur dont le prénom est invoqué à trois reprises dans le livret, sous les traits de Djeff Tilus, un danseur de Breakdance qui fait d’épatants numéros chorégraphiques sur les mouvements de valse et qui joue de la même manière que Danielle Gabou avec une expressivité réjouissante. Son rôle sera amplifié au second acte pour ajouter de la vie aux conversations en musique.

Il faut dire que cette production porte fortement l’empreinte de Claude Bardouil pour présenter tant de personnages très à l’aise et très esthétiques dans la mise en valeur de leurs corps.

Niamh O'Sullivan (Octavian), Djeff Tilus et Peter Rose (Der Baron Ochs)

Niamh O'Sullivan (Octavian), Djeff Tilus et Peter Rose (Der Baron Ochs)

Et quand Octavian réapparaît au premier acte en femme de ménage, sa perruque rousse et féminine donne pourtant au visage de Niamh O'Sullivan un très troublant aspect de garçon manqué.

Grand moment extravagant de la soirée, la venue du ténor italien chanté par un Francesco Demuro endurant et stylé après une courte phase d’échauffement en sous-vêtement, montre qu’il entretient également très bien sa musculature. La scène est jouée avec la Maréchale comme s’il s’agissait d’un film voyeuriste destiné aux réseaux sociaux, un troisième danseur et fin modèle, Patrick Mombruno, participant lui aussi à la comédie par sa démarche nonchalante.

Le final de cette première partie révèle enfin une Véronique Gens respirant le moindre geste avec la musique, un moment d’une sensibilité fabuleuse, alors que la fin de sa relation avec Octavian se fait ressentir lorsqu’elle se retrouve devant un miroir près de Sophie.

Francesco Demuro (Le chanteur italien) et Sean Patrick Mombruno

Francesco Demuro (Le chanteur italien) et Sean Patrick Mombruno

Toujours dans un style très coloré et fantasque, la rencontre entre Sophie et le Chevalier se déroule sous le regard hors jeu de la Maréchale et de sa suivante, et sous la projection d’un extrait du ‘Rosenkavalier’ de Robert Wiene (1925), colorisé aux teintes magenta du décor, laissant planer un état mélancolique sur la simplicité d’une rencontre à la fois haut en couleur et critique dans la façon de présenter l'immaturité de la jeune femme. 

Regula Mühlemann (Sophie) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

Regula Mühlemann (Sophie) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

Marianne a surtout l’allure d’une jeune Suzanne soucieuse des apparences, les intrigants Annina et Valzacchi, sorte d’équipe de journalistes passés au service de Ochs pour tout filmer et enregistrer de la rencontre entre les jeunes amoureux, ont une présence là aussi accrue par la mise en scène, et Djeff Tilus est passionnant à suivre de par ses mimiques et mouvements virtuoses burlesques.

Niamh O'Sullivan (Octavian) et Danielle Gabou (Danseuse)

Niamh O'Sullivan (Octavian) et Danielle Gabou (Danseuse)

La question de l’ambiguïté sexuelle est ensuite posée au cours de l’ouverture du dernier acte, Octavian se déshabillant pour se travestir en femme fatale en cuir noir, tout en laissant transparaître furtivement un sexe masculin, entouré de deux danseurs, femme et homme (Danielle Gabou et Sean Patrick Mombruno), au corps noir mais au visage blanc, afin de brouiller au maximum l’identité sexuelle par une pantomime esthétique mais aussi inquiétante. L’image est fascinante et assez inattendue car, pour un moment, la farce est mise de côté. Krzysztof Warlikowski signe à cet instant là un geste radicalement stylisé.

Niamh O'Sullivan (Octavian)

Niamh O'Sullivan (Octavian)

La présence du grand rideau vert marque la séparation entre ceux qui participent de façon dissimulée au piège tendu au baron, d’une part, et la scène de séduction avec Octavian, d’autre part. L’arrivée d’Annina en fausse veuve abandonnée ouvre un terrain de jeu pour les enfants du chœur, et le final se sépare sur au moins deux lignes de vie, celle de la Maréchale revenue en héroïne de ‘Desesperate house wife’, que l’on verra rejoindre son mari à travers une ultime vidéo magnifique et poignante qui sent la fin de tout espoir de bonheur dans un grand appartement de luxe parisien, alors qu’au dessous, Sophie, enjouée et épanouie hors de son carcan social, révèle la féminité d’Octavian avant que toutes deux ne se jettent dans le lit qui ouvrait, sur la même image, l’opéra.

Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Véronique Gens (Die Feldmarschallin)

Si cette comédie douce-amère remporte un tel succès, c’est que tous les artistes ont pris plaisir à un travail théâtral exigeant qui les magnifie encore plus. Après sa stupéfiante Babulenka dans ‘Der Spieler’ à Stuttgart en mars 2025, Véronique Gens renouvelle la surprise par ses qualités interprétatives et dépeint un portrait de la Maréchale très bien tenu, inoubliable par tout ce qu’elle dégage de finesse et de distinction. Elle qui était tant assimilée à la tragédie lyrique brise avec charme une icône qui risquait de trop l’étreindre.

Eléonore Pancrazi (Annina) et Jean-Sébastien Bou (Faninal)

Eléonore Pancrazi (Annina) et Jean-Sébastien Bou (Faninal)

La mezzo-soprano irlandaise Niamh O'Sullivan possède un timbre saillant et virilisant avec un excellent aplomb ce qui participe aussi au trouble androgyne de son personnage, son jeu étant par ailleurs d’une forte mobilité. Son duo avec Regula Mühlemann fonctionne très bien, la soprano suisse possédant l’aigu aérien, un timbre légèrement corsé et de l’agilité théâtrale, et Laurène Paternò, en Marianne, détient un brillant sens de la comédie marivaudesque.

Regula Mühlemann (Sophie) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

Regula Mühlemann (Sophie) et Niamh O'Sullivan (Octavian)

Vieux routier du rôle du Baron Ochs qu’il a chanté plus de trois cent fois depuis février 1999 au Scottish Opera de Glasgow, Peter Rose possède encore une élocution précise et mordante, des contrastes vocaux bien marqués et une tenue de souffle qui lui vaudra une fin de second acte très amusante avec le soutien béats de Djeff Tilus.

Eléonore Pancrazi fait très forte impression scéniquement en Aninna, au point d’être surprise par la reconnaissance qu’elle obtient lors des saluts, Jean-Sébastien Bou se laisse aller à son naturel volontaire mais tend à montrer un peu trop qu’il aime jouer, et Krešimir Špicer prend beaucoup de plaisir à traduire dans la voix un sens de l’urgence fortement résonnant.

Francesco Demuro et Véronique Gens

Francesco Demuro et Véronique Gens

Et à nouveau, impossible de ne pas revenir sur Francesco Demuro qui est un splendide 'chanteur italien', présent et rayonnant avec fougue, loin des personnages romantiques qu’il interprète habituellement, Florent Karrer et François Piolino se pliant au jeu avec le même entrain, le jeune chanteur français Yoann Le Lan se distinguant par une singulière franchise de timbre.

Enfin, plus d’une vingtaine de choristes, tous vêtus de costumes les plus imaginatifs, participent au festival de couleurs vocales, et le ténor Simon Bièche, le dresseur d’animaux, fait entendre pour un bref temps une sincérité stylée et mélancolique très accrocheuse.

Claude Bardouil, Felice Ross, Jean-Sébastien Bou, Laurène Paternò, François Piolino, Małgorzata Szczęśniak et Krzysztof Warlikowski

Claude Bardouil, Felice Ross, Jean-Sébastien Bou, Laurène Paternò, François Piolino, Małgorzata Szczęśniak et Krzysztof Warlikowski

Dans la fosse, Henrik Nánási et l’Orchestre national de France maîtrisent les entrelacements de lignes straussiens en faisant bien ressortir les noirceurs sous-jacentes, réussissent un équilibre fusionnel idéal avec l’ensemble de la distribution, une prégnance d’une douce fluidité flirtant parfois plus avec l’univers wagnérien qu’avec les submersions d’irisations exacerbées. Le brillant des instruments est par ailleurs bien mis en valeur.

Regula Mühlemann, Felice Ross, Danielle Gabou, Jean-Sébastien Bou, Sean Patrick Mombruno,   Krzysztof Warlikowski, Laurène Paternò et François Piolino

Regula Mühlemann, Felice Ross, Danielle Gabou, Jean-Sébastien Bou, Sean Patrick Mombruno, Krzysztof Warlikowski, Laurène Paternò et François Piolino

Hugues Gall avait achevé son mandat à l’Opéra de Paris sur ‘Capriccio’, réflexion philosophique et crépusculaire sur la musique et la poésie, Michel Franck choisit ‘Le Chevalier à la rose’ à travers une association géniale avec l’équipe de Krzysztof Warlikowski, un final en toute beauté qui marquera les mémoires pour longtemps.

Peter Rose, Niamh O'Sullivan, Véronique Gens, Francesco Demuro et Regula Mühlemann

Peter Rose, Niamh O'Sullivan, Véronique Gens, Francesco Demuro et Regula Mühlemann

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