Publié le 1 Mai 2009

Dimanche 03 mai 2009 sur France 3 à 00H20
Marius et Fanny (Vladimir Cosma)

Avec Roberto Alagna, Angela Gheorghiu. Enregistré à l’Opéra de Marseille (2007)

Dimanche 03 mai 2009 sur Arte à 19H00
Maestro. Martha Argerich et Gidon Kremer. Souvenirs d´un concert particulier (décembre 2006, Philharmonie de Berlin)


Lundi 04 mai 2009 sur TF1 à 02H15
Rusalka (Dvorak)

Enregistré à Bastille en 2002 avec Renée Fleming, Sergei Larin. Mise en scène Robert Carsen. Direction James Colon.

Lundi 04 mai 2009 sur Arte à 22H30
Musica. Mario Lanza : un ténor à Hollywood
  
Mardi 05 mai 2009 sur France 2 à 00H25
Un Bal Masqué (Verdi)

Avec Marcelo Alvarez, Angela Brown, Ludovic Tezier, Camilla Tilling. Mise en scène Gilbert Deflo. Direction Semyon Bychkov (Bastille Juillet 2007)


Dimanche 10 mai 2009 sur France 3 à 00H35
Zaïde (Mozart)

Avec Ekaterin Lekhina, Sean Panikhar, Alfred Walker. Direction Louis Langrée. Mise en scène Peter Sellars (2008)


Dimanche 10 mai 2009 sur Arte à 19H00
Maestro.Renaud Capuçon joue le Concerto pour violon de Korngold (2008)

 

Lundi 11 mai 2009 sur TF1 à 02H45
La Clémence de Titus (Mozart)

Avec Susan Graham, Catherine Naglestad, Hannah Esther Minutillo, Christoph Prégardien. Direction Sylvain Cambreling (Garnier 2006)


Mardi 12 mai 2009 sur France 2 à 00H25
Turangalila (Olivier Messian)

Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Myung-Whun Chung 


Dimanche 17 mai 2009 sur Arte à 19H00
Programmation spécial Jospeh Haydn, bicentenaire (1732-1809). Harmoniemesse. Mariss Jansons, direction (2008, Waldsassen)

Lundi 18 mai 2009 sur Arte à 22H45
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809). Documentaire-portrait


Mardi 19 mai 2009 sur France 2 à 00H15
Le Voyage à Reims (Rossini)

Solistes du Théâtre Mariinski de Saint-Petersbourg. Direction Valery Gergiev.
Théâtre du Châtelet 2006


Dimanche 24 mai 2009 sur Arte à 19H00
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809). Concert enregistré dans la salle du Liederhalle de Stuttgart (octobre 2008): Haydn, le symphoniste. Symphonies n°1, 101... Sir Roger Norrington dirige le Radio-Sinfonieorchester Stuttgart du SWR

Lundi 25 mai 2009 sur Arte à 22H45
Programmation spécial Joseph Haydn, bicentenaire (1732-1809).
Orlando Paladino. René Jacobs, direction.

Opéra enregistré le 8 mai 2009 à l’Opéra de Berlin
Avec : Marlis Petersen, Pietro Spagnoli, Tom Randle, Magnus Staveland, Sunhae Im, Victor Torres, Alexandrina Pendatchanska

Dimanche 31 mai 2009 sur Arte à 19H00
En direct du Festival de Pentecôte de Baden-Baden.
Mozart et Schumann. Direction musicale : Thomas Hengelbrock

 

 

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Rédigé par David

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Publié le 29 Avril 2009

L’Orchestre Symphonique de Montréal
Concert du 28 Avril 2009 Salle Pleyel

Claude Debussy Nocturnes n°1 et n°2
Tan Dun Orchestral Theatre I:O
Composé en 1990, révision en 2002
Créé en 2002 à Brisbane par l’Orchestre Symphonique National de Chine dirigé par Li Xincao

Gustav Mahler Das Lied von der Erde

Direction Kent Nagano

En commençant par l’atmosphère impressionniste des Nocturnes n°1 et n°2 de Claude Debussy, l’Orchestre Symphonique de Montréal tient une occasion de démontrer la subtilité de ses qualités chromatiques.

Nous sommes face à un tissu de lumière que l’on va quitter assez rapidement pour gagner en profondeur au cours de la soirée.

                                                                                                               Klaus Florian Vogt

Extrait de la tétralogie de Tan Dun, Orchestral Theatre I:O est même un formidable bond vers l’extrême Orient, les musiciens s’exclament, soupirent, les percussions animent et sculptent des formes fortes, d’un coup le tuba éjecte une langue rutilante qui disparaît pour laisser place à on ne sait quel motif que notre imagination y associe, tout cela sur un lit de cordes. Très étrange et captivant.

Mais c’est à un plus grand moment encore que nous invitent Kent Nagano, l’orchestre de Montréal et les deux formidables chanteurs que sont Klaus Florian Vogt et Christian Gerhaher.

On pouvait s’attendre à ce que le ténor allemand soit la voix de l’ange, le chant de la Terre de Gustav Mahler lui réserve des situations presque héroïques, qu’il domine sans peine dans une intacte clarté et un peu de superficialité.

Cependant, c’est au baryton Gerhaher qu’il échoit de porter la douceur de l’expression humaine.
D’une voix fabuleusement aérienne, il en fait une plainte d’amour d’une délicatesse qui affecte nos sentiments les plus forts.

Christian Gerhaher

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Publié le 20 Avril 2009

Un Ballo in Maschera
(Giuseppe Verdi)
Représentation du 19 avril 2009
Opéra Bastille

Riccardo Ramon Vargas
Renato Ludovic Tézier
Amelia Deborah Voigt
Ulrica Elena Manistina
Oscar Anna Christy
Silvano Michail Schelomianski
Tom Scott Wilde

Direction musicale
          Renato Palumbo

Mise en scène 
          Gilbert Deflo

 

Acte II : Deborah Voigt (Amelia)

La reprise du Bal Masqué qui débute à l'Opéra Bastille semble plutôt bien servir Verdi.

Ramon Vargas est bien plus intéressant ici que dans Luisa Miller, il connaît très bien le rôle de Riccardo, lui donne épaisseur, assurance et prestance, et en plus il chante cela avec beaucoup de style et de chaleur.
Il n'a même pas de problème de projection alors qu'il est annoncé souffrant.

Acte I premier Tableau : les conspirateurs parmi les membres du parlement.

Acte I premier Tableau : les conspirateurs parmi les membres du parlement.

Ludovic Tézier fait aussi des efforts pour s'approprier le personnage, et comme dans Werther, allège beaucoup sa voix ce qui rajeunit Renato.

Cela creuse un écart générationnel avec Deborah Voigt qui au contraire paraît vocalement plus âgée.

En fait cette grande voix spectaculaire est surtout taillée pour ne pas se laisser noyer par la direction vivante de Palumbo.

Ce dernier force sur le côté "marche militaire", et écrase trop souvent le son. C'est du Verdi, disons, très populaire.

Les solo instrumentaux sont bien mis en valeur.

Acte I deuxième Tableau : Elena Manistina (Ulrica)

Acte I deuxième Tableau : Elena Manistina (Ulrica)

Ce que fait Anna Christy est très lumineux avec des coloratures légères comme des plumes.
Elena Manistina est franchement irréprochable, vénéneuse sans exagération, avec des injonctions agressives et un timbre parfois âpre.

Finalement, si Gilbert Deflo n'attend pas des chanteurs d'avoir des expressions scéniques crédibles (on peut entendre un chœur crier "horreur!" tout en restant de marbre), l'atmosphère macabre des différents tableaux (toujours sombre) est quand même juste, et l'idée du rituel vaudou bien pensée.

Le livret mentionne en effet, lors du bal du troisième acte, que les serviteurs sont noirs (l'esclavage est toujours de rigueur à cette époque), ce qui rend le rite créole pertinent chez Ulrica.

Acte III premier Tableau : Ludovic Tézier (Renato), Deborah Voigt (Amelia) et Anna Christy (Oscar)

Acte III premier Tableau : Ludovic Tézier (Renato), Deborah Voigt (Amelia) et Anna Christy (Oscar)

Ce metteur en scène joue sur l'économie et la clarté, le décor présente avec élégance l'essentiel de chaque lieu sans superflu, les couleurs des costumes (rouge comme symbole vital de la sorcière, blanc pour l'innocence du page) caractérisent les protagonistes sans ambiguïté.
Cela donne une restitution cohérente de la version nord américaine du Bal Masqué (celle qui a toujours été jouée du vivant de Verdi).

Un impératif est alors de disposer de chanteurs possédant bien leur rôle pour animer le drame, car les consignes du directeur restent minimalistes et se limitent, en caricaturant à peine, à "regarde la salle!", "regarde ton partenaire!", "va t'asseoir!"...

Acte III troisième Tableau : le Bal Masqué

Acte III troisième Tableau : le Bal Masqué

Le soin accordé au personnage d'Oscar, virevoltant à l'image de la légèreté du Comte, est heureusement absolument sympathique.

Lire également Histoire d'Un Ballo in Maschera et Un Bal Masqué (création 2007) à Bastille.

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Publié le 19 Avril 2009

Clytemnestre (1958)
Martha Graham Dance Company
Représentation du 18 Avril 2009
Théâtre du Châtelet

Chorégraphie Martha Graham
Musique Halim El-Dabh

Clytemnestra Fang-Yi Sheu,
Agamemnon David Zurak,
Helen of Troy Katherine Crockett,
Paris David Martinez,
Electra Jennifer DePalo,
Orestes Tadej Brdnik,
Aegisthus Maurizio Nardi,
Iphigenia Miki Orihara,
Cassandra Elizabeth Auclair

Fang-Yi Sheu (Clytemnestre) déplorant le sacrifice d'Iphigénie.

 

C’est la tragédie des Atrides selon Eschyle qui sert de support à ce ballet oppressant et passionnant.

Clytemnestra - Martha Graham Dance au Châtelet

Clytemnestre occupe seule le premier plan, une femme déchirée par le sacrifice de sa fille Iphigénie, geste qu’elle ne pardonne pas à Agamemnon.

C’est pour cette raison qu’elle l’assassine lors de son retour de la Guerre de Troie, et non pas à cause d’un amour coupable pour Cassandre.

 Fang-Yi Sheu (Clytemnestre) au pied d'Egisthe (Maurizio Nardi)

Fang-Yi Sheu (Clytemnestre) au pied d'Egisthe (Maurizio Nardi)

Égisthe, l’amant de Clytemnestre sensuel mais vulgaire et sans envergure, devient ici la personnification de l’objet du désir féminin, la chorégraphie qui associe ce couple meurtrier est un conflit entre attirance sexuelle et répulsion devant l’image du crime prémédité.

Une tension renforcée par la musique d’Halim El-Dabh, et dont les affinités avec celle de Luigi DallaPiccola surprennent.

Egisthe (Maurizio Nardi)

Egisthe (Maurizio Nardi)

Par opposition, le couple Pâris-Hélène exprime beaucoup plus un rapport de tendresse, une évocation de la jeunesse de Roméo et Juliette.

Martha Graham compose également un impressionnant passage pour Clytemnestre, à partir d’un grand voile qu’elle utilise soit pour souligner la féminité de ses formes, soit pour les déformer, et montrer comment la Reine est en train de perdre tout son être.

L’ensemble de la pièce met en scène aussi bien le sacrifice d’Iphigénie, que la prédiction de Cassandre (la manière dont elle sera tuée avec Agamemnon), la vengeance d’Electra et d’Orestes, le pardon d’Athena et Apollon.

Egisthe (Maurizio Nardi)

Egisthe (Maurizio Nardi)

Comme lors de la rétrospective de mardi soir, nous retrouvons des hommes musclés et très en chair, une mise en valeur de la sensibilité féminine (c’est le destin de cinq femmes qui est ainsi raconté), une narration linéaire (avec enchevêtrement du présent et d’obsessions ressassées), et une mixité culturelle à l'image du public.

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Publié le 15 Avril 2009

Martha Graham Dance Company
Représentation du 14 Avril 2009 au Théâtre du Châtelet

Errand into the Maze (1947) Martha Graham, Musique Gian Carlo Menotti
Diversion of Angels (1948) Martha Graham,Musique Norman Dello Joio
Lamentation Variations (1930/2007) Variations commandées au Joyce Theater pour le 11 septembre 2007, Musique George Crumb, DJ Savage, Frédéric Chopin
Cave of the Heart (1946) Martha Graham, Musique Samuel Barber
Maple Leaf Rag (1990) Martha Graham, Musique Scott Joplin

 

Ce qui caractérise le mieux le style de Martha Graham (point du vue du Béotien) est un grand élan de liberté et une émancipation totale de la grâce féminine.
 

L’homme est une force rassurante et attirante (on pourrait presque dire une formidable masse musculaire), une énergie qui structure la femme en mouvement, un désir sauvage mais qu’elle même cherche à dominer.

La chorégraphie est toujours très claire, son objet lisible, et très souvent les danseurs prennent des postures de statues antiques.

Plus encore, les longues chevelures et les drapées de vestales participent intégralement à l’esthétique, les thèmes mythologiques sont d’ailleurs fort présents à travers Errand into the Maze (Ariane et le Minotaure) et Cave of the Heart (Médée et Jason).

 

Diversion of Angels

Et puis il y a aussi ce moment particulier de Lamentation Variation 2, où seule, la danseuse Katherine Crocket avance lentement en courbant son corps, simplement éclairé par une lumière latérale, offrant un magnifique tableau en clair obscur sur une musique New age de DJ Savage.

L Lamentation Variation 2

L Lamentation Variation 2

Dans Maple Leaf Rag, l'immédiate vitalité joyeuse laisse enfin chacun dans un état de bonheur sereinement réjoui.

Plongé dans un univers musical étendu du classique aux musiques du monde et électroniques, le spectateur se trouve face à une humanité multiculturelle sur scène, comme elle ne lui est jamais montrée dans la réalité, c’est à dire unie.

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Publié le 5 Avril 2009

Macbeth (Giuseppe Verdi)
Représentations du 04 et 13 avril 2009 à l'Opéra Bastille

Direction musicale Teodor Currentzis
Mise en scène Dmitri Tcherniakov

Macbeth Dimitris Tiliakos
Banco Ferruccio Furlanetto
Lady Macbeth Violeta Urmana
Dama di Lady Macbeth Letitia Singleton
Macduff Stefano Secco
Malcolm Alfredo Nigro
Medico Yuri Kissin

Coproduction avec l'Opéra de Novossibirsk

Violeta Urmana (Lady Macbeth) et Dimitris Tiliakos (Macbeth)

Dix ans nous séparent, depuis la création par Phyllida Lloyd à l’Opéra Bastille d’une vision esthétisée de Macbeth. Maria Guleghina y avait fait sensation par une démonstration de puissance, une lady qui « en a » comme on dit.

L’image du couple prisonnier d’une cage tournoyante, en prélude à la scène des apparitions, restituait avec force son enfermement mental.

La nouvelle production réalisée par Dmitri Tcherniakov se projette sur un terrain totalement différent.

Oublions toute la dimension fantastique, ce drame peut être le support d’une autre histoire, plus réelle et crédible, l’histoire d’un jeu qui tourne mal entre une société modeste et un homme qu‘elle porte sans méfiance dans son ascension sociale.
Ce nouveau riche finit par craindre d’être renversé par ceux qui l’ont soutenu. Il les agresse brutalement, ce qui conduit à une révolte générale.

Macbeth (msc Dmitri Tcherniakov) à l'Opéra Bastille

Le décor que choisit le metteur en scène alterne entre la banlieue noyée par la grisaille, où vit dans de petites habitations uniformes une classe sociale pauvre, et la demeure bourgeoise en pierre de taille de la famille de Macbeth.

Les transitions entre ces deux lieux s’opèrent par la projection sur grand écran d’une vision aérienne 3D type « google earth » de la cité.
Les mouvements prennent de la hauteur, parcourent la ville, puis plongent vers le point visé. Tout le suivi est réalisé de manière très fluide en suivant les formes des lignes musicales, mais cette vision des demeures suggère que l’idée de propriété est à la base de la division entre les hommes.

A la fois sorcières, brigands et armée, le peuple accepte cette division. Il porte aux nues Macbeth, et entretient une certaine connivence avec lui et Banquo, alors que ces derniers possèdent tout.

Le passage du meurtre de Banquo est habilement tourné, les mises en garde étant prises pour des plaisanteries par lui, ce qui innocente le peuple et permet à un meurtrier de se glisser parmi lui pour effectuer sa basse besogne.

Macbeth (msc Dmitri Tcherniakov) à l'Opéra Bastille

Lorsque l’on bascule au « Château », le spectateur est transporté dans un appartement bourgeois, espace très resserré sur scène, comme s’il était témoin d’un épisode de « Dynastie » devant son écran.

Le Roi n’est plus qu’un vieux chef de famille assez antipathique par sa désinvolture.

Lady Macbeth, n’est plus la femme dominatrice et même très masculine chez Shakespeare (« Come, you spirits that tend on mortal thoughts, unsex me here, and fill me, from the crown to the toe »), mais celle ci soutient son mari avec une fascinante propension à nier la réalité.

Violeta Urmana (Lady Macbeth), magicienne du banquet

Violeta Urmana (Lady Macbeth), magicienne du banquet

Cela donne une magnifique scène du banquet, quand la Lady se livre à des tours de magie pour amuser l’assistance, scène qui n’est pas sans rappeler le troisième acte de « La Cerisaie » : toute une haute société tente ainsi d’oublier que son déclin se profile.

A ce propos, la dernière pièce d’Anton Tchekhov pourrait, si les conditions financières le permettent, être adaptée à l'automne 2010 au Bolchoï sur une musique de Philippe Fenelon et un livret de Alexeï Parine, dans une mise en scène de Dmitri Tcherniakov, puis serait reprise à l'Opéra de Paris peu après.

D'ailleurs la ressemblance entre Madame Larine (mère de Tatiana) dans Eugène Onéguine à Garnier, Madame Andréevna (La Cerisaie) et le personnage de Lady Macbeth ici, n'est pas fortuite.

Dimitris Tiliakos (Macbeth)

Dimitris Tiliakos (Macbeth)

La Lady devient un élément déterminant lorsque habillée en noir pour ne pas être reconnue (c'est aussi la face sombre de son âme qui prend le dessus), elle vient encourager Macbeth à éliminer tous les proches de Macduff, homme accepté par la haute société mais très lié à ses origines.
Macbeth bascule dans une folie criminelle.

Dans la scène de somnambulisme, Lady Macbeth tente à nouveau de se voiler la face en s’imaginant magicienne, remet inlassablement la nappe en place, pensant pouvoir continuer normalement sa vie, mais bute sur la réalité lorsque qu’elle confond sa Dame avec Macbeth.

Ce passage n’a rien de terrifiant, c’est en revanche d’une tristesse émouvante.

Quand à Macbeth, au paroxysme de sa paranoïa, ne lui reste plus qu’à subir le déchaînement de la foule, et la destruction de sa propriété.

Ironie de la situation, le chœur final s’achève fatalement sur la vue aérienne de toutes les maisons de la ville.

On pourrait voir dans la mise en scène de Dmitri Tcherniakov, une illustration de la citation d’Emil Cioran  : « Dans un monde de pauvres, les riches sont des criminels et les pauvres des imbéciles. » (La transfiguration de la Roumanie).

La qualité théâtrale de ce Macbeth, se mesure aussi bien par le soin apporté aux petits rôles des figurants muets, qu’à l’imaginaire induit par les scènes de famille et les multiples interactions de classe. Par exemple, la scène des apparitions fait surgir discrètement une bourgeoise de la foule, ce qui panique Macbeth prenant conscience de l'aspiration du peuple.

L’interprétation musicale n’est pas en reste non plus, à commencer par l’orchestre de l’Opéra National de Paris et l'électrisant Teodor Currentzis.
Ce dernier donne un coup de jeune et une modernité surprenants à la partition. Cela se joue dans les formes d’ondes, la manière de graduer leurs amplitudes, ou bien dans les soudaines accélérations.

Comme pour Don Carlo, les cuivres sont mis en valeur dans les passages les plus spectaculaires.

Il y a surtout une cohérence d’ensemble entre la scène et la fosse qui crée un tout prenant.

La version interprétée correspond à la version remaniée de 1865, sans le ballet et le choeurs des Sylphes (c'était déja le cas lors de la reprise du spectacle de Phyllida Lloyd en 2002), mais avec le rétablissement de la mort de Macbeth, air qui conclut la version florentine de 1847, et que Verdi supprima lors de la réécriture.

                                        Stefano Secco (Macduff)

Dans un rôle qui exige d’elle un jeu complexe, Violeta Urmana s’en tire très bien. Seulement si la beauté de son médium est indéniable, la voix globalement très claire et décolorée dans les aigus, nous offre un portrait sans noirceur de la Lady.

Elle ne se risque pas non plus au contre ré de la scène de somnambulisme.
Comme l’analyse psychologique de Dmitri Tcherniakov ne porte pas sur la caricature, ce n’est pas vraiment gênant, surtout qu’un tel travail théâtral force le respect.
Et encore une fois, bravo pour la scène du banquet.

Violeta Urmana : scène de somnanbulisme

Violeta Urmana : scène de somnanbulisme

Même chose pour Dimitris Tiliakos, qui compose un Macbeth névrotique ahurissant.
Comme Urmana, il a ses moments de faiblesses, ce qui ne l’empêche pas de retrouver de l’autorité. C’est un baryton plutôt clair, doué d’un timbre charnu, qui ne peut toujours éviter d’être couvert par l’orchestre.

Toutefois, ces réserves ne concernent que la première représentation, car lundi 13 avril, les chanteurs ont paru dans une forme éblouissante. Violeta Urmana nuance ce soir là presqu'à outrance, affirme beaucoup plus les aspects sombres du personnage, semble même mieux projeter sa voix hors de la pièce principale, et Dimitris Tiliakos dépeint sans faille tous les états d'âme de Macbeth, en conservant une sorte de candeur inhabituelle.

Ferruccio Furlanetto en fait peu mais bien, et Stefano Secco profite de n’avoir qu’un air à chanter pour irradier la salle. C’est comme si la frustration de ce rôle secondaire se libérait soudainement.

Letitia Singleton, au rôle enrichi, devient une Dame de Lady Macbeth fort touchante.

Macbeth (msc Dmitri Tcherniakov) à l'Opéra Bastille

Le traitement du chœur devient un véritable sujet de polémique.
"Patria oppressa", chanté sur scène et enlevé par un orchestre volcanique, est le grand cri d'humanité attendu.

Mais pour des raisons théâtrales, les chanteurs doivent souvent rester en coulisse.
Ainsi, lorsque Macbeth craque devant les visions de Banquo, il paraît plus logique que les visiteurs excédés préfèrent quitter la réception. Le couple reste seul.

De même, la destruction de la demeure de Macbeth, vécue de l’intérieur sans voir d’où viennent les projectiles, donne plus de force au final.

Alors cela nécessite un difficile réglage de la sonorisation, et le recours à ce procédé peut paraître comme un outrage.
Mais l’expérience vaut vraiment la peine, car ce type de mise en scène développe la sensibilité au langage théâtral, art très régulièrement maintenu dans un périmètre fort conventionnel dans le milieu lyrique.

La reprise de cette production forte est d'ailleurs confirmée pour 2011, en espérant pouvoir retrouver Teodor Currentzis. Sa manière de faire ressortir les motifs de la partition font tellement rapprocher certains passages de Macbeth avec La Traviata ou bien Don Carlo, que cela risque de nous manquer.

Lire également Histoire de Macbeth.

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Publié le 2 Avril 2009

Dimanche 05 avril 2009 sur Arte à 19H00

Concerto pour violon (Sibélius) interprété par Valeriy Sokolov.


Lundi 06 avril 2009 sur TF1 à 02H10

Les Paladins (Rameau)

Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie d’Oustrac. William Christie Direction.

Mise en scène José Montalvo et Dominique Hervieu. Châtelet 2004.


Lundi 06 avril 2009 sur Arte à 22H30

Le Joueur (Prokofiev)

Avec Vladimir Ognovenko, Kristine Opolais, Misha Didyk, Stefania Toczyska, Stephan Ru gamer. Daniel Barenboïm, direction. Mise en scène Dmitri Tcherniakov. Concert enregistré à La Scala de Milan (2008)


Mardi 07 avril 2009 sur France 2 à 00H15

Tricodex. Ballet de l'Opéra National de Lyon

Chorégraphie de Philippe Decouflé

 

Samedi 11 avril 2009 sur France 3 à 00H05

Nemenja Radulovic, violon. Portrait (2008)
Dimanche 12 avril 2009 sur Arte à 19H00

Spécial anniversaire Haendel. Feux d´artifices royaux


Lundi 13 avril 2009 sur Arte à 20H45

Spécial anniversaire Haendel. Le Messie.
Jean-Christophe Spinosi. Claus Guth, mise en scène
. Enregistré au Theater an der Wien (1er et 3 avril 2009)


Lundi 13 avril 2009 sur Arte à 23H25

Spécial anniversaire Haendel. Haendel, maître du baroque.


Dimanche 19 avril 2009 sur Arte à 19H00

Maestro. Philippe Jaroussky, contre ténor. Portrait


Lundi 20 avril 2009 sur Arte à 22H30

Germaine Tillion à Ravensbrück. Le verfügbar aux enfers


Mardi 21 avril 2009 sur France 2 à 00H15

La Petite Renarde Rusée (Janacek)

Avec Jukka Rasilainen, Michèle Lagrange, Elena Tsallagova, Hannah Esther Minutillo, David Kuebler, Roland Bracht, Paul Gay. Direction Dennis Russel Davies. Enregistré à l’Opéra Bastille (2008)


Samedi 25 avril 2009 sur France 3 à 00H10

L'Heure de Tchaïkovski (Alain Duault)

 

Dimanche 26 avril 2009 sur France 3 à 02H05

L'Ensemble Matheus. Direction Jean Christophe Spinosi

 

Dimanche 26 avril 2009 sur Arte à 19H00

Spécial anniversaire Haendel. Concert à la Marktkirche de Halle en Allemagne

 

Dimanche 26 avril 2009 sur France 2 à 23H15

Musique au Coeur cinq étoiles (Eve Ruggieri)

Avec Felicity Lott, Jennifer Larmore, Brigitte Hool, Nicolas Rivenq, Jean-Paul Fouchécourt, Loïc Félix

 

Lundi 27 avril 2009 sur France 3 à 03H50

L'Heure de Tchaïkovski (Alain Duault)

 

Mardi 28 avril 2009 sur France 2 à 00H25

Symphonie n° 9 de Gustav Mahler dirigée par Christoph Eschenbach

 

Mardi 28 avril 2009 sur Arte à 05H00

Spécial anniversaire Haendel. Haendel, maître du baroque.

 

Jeudi 30 avril 2009 sur Arte à 06H00

Maestro. Philippe Jaroussky, contre ténor. Portrait.
    

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 29 Mars 2009

Die Feen  (Richard Wagner)
Représentation du 29 mars 2009 au Théâtre du Châtelet

Direction musicale Marc Minkowski
Mise en scène Emilio Sagi

Ada Christiane Libor                               Lora Lina Tetruashvili
Arindal William Joyner                            Gernot Laurent Naouri
Farzana Salomé Haller                             Zemira Eduarda Melo
Morald Laurent Alvaro                            Drolla Judith Gauthier
Le Roi des Fées, Groma Nicolas Testé    Gunther Brad Cooper

 

Les Musiciens du Louvre-Grenoble
Choeur des Musiciens du Louvre-Grenoble

Ce que vient de réaliser le Théâtre du Châtelet en offrant « Les Fées » tient du miracle musical.
Cet opéra est si peu connu, que chacun se trouve dans la situation du spectateur qui découvre le premier opéra d’un jeune compositeur âgé de 20 ans, un gamin en somme.

Né la même année que Wagner (1813), Verdi ne composera d’œuvre lyrique que six ans plus tard, c’est dire si l’émotion est forte à l’écoute de ces pages qui nous transportent dans un univers évoquant la Flûte Enchantée, Lohengrin, La Femme sans Ombre, Turandot ou bien Der Freischütz.

William Joyner (Arindal) et Christiane Libor (Ada)

William Joyner (Arindal) et Christiane Libor (Ada)

C’est l’histoire d’un Prince qui trouve l’amour auprès d’une Fée, brise le serment de ne pas la questionner sur ses origines, la perd, la retrouve en jurant de ne jamais la maudire, échoue lorsqu’une illusion le trompe, mais réussit à la libérer d’un sortilège en affrontant trois épreuves.

Pour ce conte de Fées, Marc Minkowski et les musiciens du Louvres créent un univers sonore dense et vif, un envoûtant tourbillon qui permet de traverser plus facilement les passages parfois peu contrastés de la partition.

La qualité de la distribution réunie montre le sérieux avec lequel ce projet a été mené. Même les seconds rôles ont fait l’objet d’un soin qui confère à l’ensemble une musicalité homogène, belle et expressive.

Lina Tetruashvili

Lina Tetruashvili

William Joyner est certes parfois en difficulté dans les passages qui sollicitent la force des aigus, mais sa partition, riche d’airs sensibles et plus mozartiens, lui laisse un large champ pour imposer ses nuances et la poésie de son chant.

Christiane Libor, en prise avec un rôle aux dimensions de l’Elisabeth de Tannhauser et de l’Elsa de Lohengrin, est d’un impact vocal précis, les lignes fusent sans que jamais les limites ne semblent atteintes, le tout gardant comme une sorte de légèreté qui jamais ne fait douter qu‘elle pourrait avoir une personnalité plus sombre (alors que le livret cherche à nous le faire croire).

William Joyner (Arindal)

William Joyner (Arindal)

Presque surdimensionné, Laurent Alvaro est de l’envergure d’un Amfortas, c’est le genre de chanteur qui donne une âme, et le personnage de Morald gagne en envergure avec lui.

A côté de ces chanteurs, Lina Tetruashvili apporte un style encore plus subtil, des couleurs que l’on imagine formées à l’univers baroque, la présence de Laurent Naouri allie un timbre bien connu à un style impeccable, Salomé Haller et Eduarda Melo rappellent les Dames de « Die Zauberflöte » avec beaucoup de gaieté.

                                                                                           Laurent Naouri (Gernot)

Au final, Nicolas Testé impose la prestance et l‘autorité du Roi des Fées, on croirait voir surgir le Sarastro de Mozart.

Un enregistrement ne semble pas prévu, et pourtant il aurait grande chance de faire référence.

Vient le traitement scénique.

La forme choisie par Emilio Sagi n’aide en rien à comprendre la trame de l’histoire, et mieux vaut l’avoir bien étudiée avant d’appréhender la représentation.

De manière fort créative, les images prennent les couleurs de l’esthétique hors norme de « Pierre et Gilles », dégradés de rose, nuit vert et bleu luminescents et scintillants, soulignent l'univers d'enfant sous-jacent, et finalement le troisième acte, construit autour d’un gigantesque lustre écrasé au sol, bénéficie le mieux du très sophistiqué travail sur les éclairages.
Beau ? Peut être pas, mais visuellement stimulant sûrement.

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Publié le 26 Mars 2009

Présentation de la saison lyrique 2009 / 2010
Mercredi 25 mars 2009 à l’Amphithéâtre Bastille


Cette présentation, sobre, se déroule en l’absence de Nicolas Joel, pour une évidente nécessité de ménager des moments de récupération avant le démarrage de la saison prochaine.
L’ambition du nouveau directeur est d’apporter une part d’émerveillement supplémentaire à l’Opéra de Paris, sans occulter la part de connaissance de soi et des autres que le théâtre porte en lui même.

L’œuvre centrale de la saison 2009/2010

L'Or du Rhin (Wagner)
Du 04 mars 2010 au 28 mars 2010 (8 représentations à Bastille)
Falk Struckmann, Samuel Youn, Stephan Rügamer, Kim Begley, Peter Sidhom, Wolfgang Abilner-Sperrhacke, Iain Paterson, Günther Groissböck, Sophie Koch, Ann Petersen, Qiu Lin Zhang
Mise en scène Günter Krämer / Direction Philippe Jordan


La Walkyrie (Wagner)
Du 31 mai 2010 au 29 juin 2010 (9 représentations à Bastille)
Robert Dean Smith, Falk Struckmann, Ricarda Merbeth, Katarina Dalayman, Yvonne Naef, Günther Groissböck,
Mise en scène Günter Krämer / Direction Philippe Jordan


Le Ring n’avait plus été donné à l’Opéra National de Paris depuis 1957.
Après avoir travaillé sur le Ring à Hambourg au début des années 1990, Günter Krämer présente sa nouvelle vision comme un grand livre d’images, un opéra extrêmement visuel, et une vraie réflexion sur l’œuvre.
La saison suivante, les deux autres volets, Siegfried et le Crépuscule des Dieux, seront montés, et par la suite, l’ouvrage pourra être entendu sous forme de cycle.

Saison Lyrique 2009 / 2010 de l’Opéra National de Paris

Les autres nouvelles productions

 

Die Tote Stadt (Korngold)
Du 03 octobre 2009 au 27 octobre 2009 (8 représentations à Bastille)

Robert Dean Smith, Ricarda Merbeth, Stéphane Degout, Doris Lamprecht, Bernard Richter, Claudia Galli, Letitia Singleton.
Mise en scène Willy Decker / Direction Pinchas Steinberg


Coproduction du Staatsoper de Vienne et du Festival de Salzburg (2004).
Korngold est né à Brno, également lieu de naissance de Janacek.


Mireille (Gounod)
Du 14 septembre au 14 octobre 2009 (10 représentations à Garnier)
Inva Mula, Charles Castronovo, Franck Ferrari, Alain Verhnes, Sylvie Brunet, Anne-Catherine Gillet, Nicolas Cavallier, Amel Brahim-Djelloul
Mise en scène Nicolas Joel / Direction Marc Minkowski


L’ouvrage est présenté dans sa version originale 5 actes créée le 19 mars 1864 au Théâtre Lyrique.

Faust (Fenelon)
Du 17 mars 2010 au 31 mars 2010 (5 représentations à Garnier)
Gilles Ragon, Arnold Bezuyen, Robert Bork, Gregory Reinhart, Bartlomiej Misiuda, Marie-Adeline Henry, Eric Huchet
Mise en scène Pet Halmen / Direction Bernhard Kontarsky


Production du Théâtre du Capitole (2007).
C’est l’adaptation non pas du Faust de Goethe, mais du Faust de Nikolaus Lenau.


Werther (Massenet)
Du 14 janvier 2010 au 04 février 2010 (8 représentations à Bastille)
Jonas Kaufmann, Ludovic Tezier, Alain Vernhes, Sophie Koch, Anne-Catherine Gillet
Mise en scène Benoît Jacquot / Direction Michel Plasson


Production du Royal Opera House, Covent Garden, Londres (2004).
L’ouvrage est remonté cette saison dans une production différente de celle de Munich, afin d’entendre la Charlotte de Sophie Koch.


André Chénier (Giordano)
Du 06 décembre 2009 au 24 décembre 2009 (8 représentations à Bastille)
Marcelo Alvarez, Sergei Murzaev, Micaela Carosi, Varduhi Abrahamyan, Stefania Toczyska, Maria José Montiel
Mise en scène Giancarlo Del Monaco / Direction Daniel Oren


Production du Teatro Comunale di Bologna (2006).

La Donna del Lago (Rossini)
Du 14 juin 2010 au 10 juillet 2010 (10 représentations à Garnier)
Juan Diego Florez, Javier Camarena, Simon Orfila, Joyce DiDonato, Karine Deshayes, Daniela Barcellona, Francesco Meli, Diana Axentii, Jason Bridges
Mise en scène Lluis Pasqual / Direction Roberto Abbado


Entrée au répertoire de l’Opéra National de Paris de l’œuvre qui marque la naissance du romantisme musical italien.

La Sonnambula (Bellini)
Du 25 janvier 2010 au 23 février 2010 (11 représentations à Bastille)
Michele Pertusi, Cornelia Oncioiu, Natalie Dessay, Javier Camarena, Marie-Adeline Henry, Nahuel Di Pierro
Mise en scène Marco Arturo Marelli / Direction Evelino Pido


Coproduction du Staatsoper de Vienne et du Royal Opera House, Covent Garden, Londres (2001).

Les reprises

Wozzeck (Berg)

Du 17 septembre au 02 octobre 2009 (6 représentations à Bastille)
Vincent Le Texier, Waltraud Meier, Stefan Margita, Kurt Rydl, Xavier Moreno, Andreas Conrad, Ursula Hesse Von Den Steinen
Mise en scène Christoph Marthaler / Direction Hartmut Haenchen


Salomé (Strauss)
Du 07 novembre 2009 au 01 décembre 2009 (8 représentations à Bastille)
Thomas Moser, Julia Juon, Camilla Nylund, Vincent Le Tezier, Xavier Mas, Varduhi Abrahamyan
Mise en scène Lev Dodin / Direction Alain Altinoglu


Billy Budd (Britten)

Du 24 avril 2010 au 15 mai 2010  (8 représentations à Bastille)
Kim Begley, Lucas Meachen, Kurt Rydl, Michael Druiett, Paul Gay, Scott Wilde, Andreas Jäggi
Mise en scène Francesca Zambello / Direction Jeffrey Tate


La Petite Renarde Rusée (Janacek)

Du 25 juin 2010 au 12 juillet 2010 (7 représentations à Bastille)
Jean-Philippe Lafont, Michèle Lagrange, Luca Lombardo, Gregory Reinhart, Paul Gay, Adriana Kucerova, Hannah Esther Minutillo
Mise en scène André Engel/ Direction Michael Schonwandt


Idomeneo (Mozart)

Du 20 janvier 2010 au 13 février 2010 (9 représentations à Garnier)
Rolando Villazon, Vesselina Kasarova, Isabel Bayrakdarian, Anna Netrebko, Charles Workman, Xavier Mas
Mise en scène Luc Bondy / Direction Emmanuelle Haim


Don Carlo (Verdi)

Du 11 février 2010 au 14 mars 2010 (10 représentations à Bastille)
Giacomo Prestia, Stefano Secco, Ludovic Tezier, Victor Von Halem, Sondra Radvanovsky, Luciana D'Intino
Mise en scène Graham Vick / Direction Carlo Rizzi


Le Barbier de Séville (Rossini)

Du 18 septembre au 14 octobre 2009 et du 26 mars au 23 avril 2010 (18 représentations à Bastille)
Antonino Siragusa, Alberto Rinaldi, Karine Deshayes, Isabelle Leonard, George Petean, Dalidor Jenis, Paata Burchuladze
Mise en scène Coline Serreau / Direction Bruno Campanella


L'Elisir d'amore (Donizetti)

Du 10 octobre 2009 au 25 octobre 2009 (7 représentations à Bastille)
Anna Netrebko, Rolando Villazon, Tatiana Lisnic, Charles Castronovo, George Petean, Paolo Gavanelli
Mise en scène Laurent Pelly / Direction Paolo Arrivabeni


La Bohème (Puccini)

Du 29 octobre 2009 au 29 novembre 2009 (12 représentations à Bastille)
Stefano Secco, Massimo Giordano, Tamar Iveri, Inva Mula, Ludovic Tezier, Dalidor Jenis, Natalie Dessay
Mise en scène Jonathan Miller / Direction Daniel Oren


Platée (Rameau)

Du 02 décembre 2009 au 30 décembre 2009 (12 représentations à Garnier)
Xavier Mas, Mireille Delunsch, Paul Agnew, Jean-paul Fouchécourt, Alain Vernhes, Yann Beuron, François Lis, Doris Lamprecht, Marc Labonette, Aimery Lefèvre
Mise en scène Laurent Pelly / Direction Marc Minkowski


Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

Du 07 mai 2010 au 03 juin 2010  (10 représentations à Bastille)
Laura Aikin, Inva Mula, Béatrice Uria-Monzon, Ekaterina Gubanova, Giuseppe Filianoti, Franck Ferrari, Alain Vernhes
Mise en scène Robert Carsen / Direction Jesus Lopez-Cobos

Premières impressions sur cette saison

Si le Ring est le point central de cette première saison de Nicolas Joel, ce qui caractérise le mieux cette programmation est la part plus importante du répertoire français (4 ouvrages auxquels s'ajoute le Faust composé par Fenelon mais chanté en langue allemande).

Apparaissent une cinquantaine de chanteurs français parmi les 160 artistes distribués, alors qu’ils n’étaient qu’une quinzaine la saison précédente.
Le répertoire slave disparaît quasiment, puisque seule La Petite Renarde Rusée subsiste.

Les grands chanteurs (Netrebko, Villazon, Tezier, Dessay, Meier, Kaufmann, Alvarez …) sont affichés comme une force, pourtant, ils ont déjà interprété des œuvres à Paris lors des saisons précédentes.

Anna Netrebko lors de son premier récital parisien au Théâtre des Champs Elysées en 2007

Lors de la conférence de presse du lundi 23 mars, le nouveau directeur s’est présenté comme dans la continuité de ses prédécesseurs, Gall, Liebermann, et surtout Jacques Rouché.

Sans doute était-ce parce que ce dernier avait le goût des décors de peintres, mais aussi parce qu’il s’était impliqué dans la mise en scène de l’Œdipe de Enescu, ce que Joel, après une première tentative à Toulouse en 2008, devrait retenter à l’Opéra de Paris.

Mais le cheval de bataille de Rouché était aussi de faire connaître les ouvrages contemporains, d'accès moins facile.
Or, force est de constater que l'importante concentration du répertoire sur le XIXième siècle (12 titres), la saison prochaine, ne s'était plus produite à l'Opéra de Paris depuis 13 ans (seconde saison d'Hugues Gall).

D'ailleurs, le fait que 7 nouvelles productions couvrent le siècle de création de l'Opéra Garnier est un record.

Le programme proposé reste cependant varié et ambitieux, conserve une part importante aux ouvrages des XXième et XXIième siècles (6 productions), et pour la première fois Mozart et Verdi ne sont représentés que par un ouvrage chacun.

Seulement, il ne se dégage pas véritablement de thématique, et le sens de la réflexion sur la société, particulièrement stimulant avec Gerard Mortier, semble bel et bien disparu, au profit d’une vision un peu plus confortable de l’opéra.

Présentation de la saison 2008/2009 par Gerard Mortier

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Publié le 22 Mars 2009

3ième symphonie de Mahler (Ballet de John Neumeier)
Représentation du 21 mars 2009
Opéra Bastille

Chorégraphie, décor et lumières John Neumeier
Mezzo-soprano Dagmar Peckova
Direction musicale Simon Hewett

L'Homme Karl Paquette
L'Ange Dorothée Gilbert
La Femme Nolwenn Daniel
La Guerre Mathias Heymann
L'Ame Florian Magnenet
Posthorn Isabelle Ciaravola, Josua Hoffalt
Couple Lyrique Charline Giezendanner, Yong Geol Kim
Couple Allegro Mathilde Froustey, Julien Meyzindi

Avec la 3ième symphonie de Mahler, John Neumeier nous entraîne sur le parcours d’un homme, candide, à travers la guerre, la légèreté de la vie, et la rencontre amoureuse.

Karl Paquette (L'Homme)

Karl Paquette (L'Homme)

Le premier mouvement, tendu et théâtral, est une captivante mise en valeur de la force musculaire des combattants, leurs formes complexes, leurs postures fières et assurées, leurs démarches décidées.

Vient s’y incruster, comme un songe, un duo plein de naïveté et de grâce, avant que la situation martiale ne reprenne le dessus.

La caractérisation des scènes successives, par les changements d’éclairages, diffus et nocturnes, où bien denses et focalisés sur les sculptures humaines, n'en rend ce passage que plus marquant.

Troisième symphonie de Gustav Mahler - John Neumeier

Alors que par la suite, les danses du printemps, classiques sur la forme, et agrémentées de figures furtivement faintaisistes sur une musique teintée de valses nostalgiques, semblent laisser l’Homme simplement contemplatif, à rêvasser ou bien à compter le temps qui passe.

Lorsque la nuit survient, les mouvements nous replongent dans un monde plus sensible, magnifique pose quand les regards s’échangent et se parlent, terrible transition dans un silence qui laisse l’esprit sur ses gardes, fascinantes torsions et finesses des muscles.

Troisième symphonie de Gustav Mahler - John Neumeier

Le chant de Dagmar Peckova amène alors l’auditeur au bout de ce voyage intérieur lent, avant la brusque remontée vers la joie et la lumière, sur lequel le grand pas de deux du 6ième mouvement s‘achève.

C’est évidemment beau et fluide, mais Simon Hewett ne conserve que la grâce de la musique, en dilue les brisures, atténue la tension dramatique, et là, la chorégraphie de Neumeier semble un peu en retrait par rapport à ce que ce passage devrait atteindre au plus profond de l’âme humaine.

Troisième symphonie de Gustav Mahler - John Neumeier

Les dernières mesures s'élèvent dans les lumières du couchant, image tragique quand l'Homme finit sa vie seul, courbé et tourmenté par ses souffrances, devant une dernière vision de l'Ange.

Le 11 avril 2009, la distribution est totalement différente (Hervé Moreau, Isabelle Ciaravola, Eleonora Abbagnato, Alessio Carbone, Karl Paquette), ainsi que le chef d'orchestre (Klauspeter Seibel), la comparaison s'annonce passionnante, et elle le sera.

Car Klauspeter Seibel restitue à merveille la profondeur de cette musique, déroule un sixième mouvement irréel, et ce que fait Isabelle Ciaravola éblouit par l'ampleur de ses mouvements parfaitement maîtrisés, aussi inhumainement souples. Vingt minutes de frissons ininterrompus.

Karl Paquette, Dorothée Gilbert

Karl Paquette, Dorothée Gilbert

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