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Publié le 8 Septembre 2021

Souffle arménien et chant persan (Sahar Mohammadi / Haïg Sarikouyoumdjian)
Concert du 08 septembre 2021
Théâtre de la ville -  Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

Chant Sahar Mohammadi
Duduk Haïg Sarikouyoumdjian

 

Au printemps 2004, la chanteuse lyrique Isabel Bayrakdarian se rendit en Arménie pour rencontrer une nouvelle génération de musiciens et enregistrer avec eux des œuvres de Komitas, un prêtre, compositeur et musicologue qui fut le premier à reconstituer au début du XXe siècle l’art mélodique arménien, tout le savoir faire théorique des traditions s’étant dissipé au fur et à mesure des croisements d’influences avec les pays voisins.

Et à l’approche de l’été 2007, Arte diffusa un documentaire musical sur ce pèlerinage qui comprenait un petit bijou, Dle Yaman, interprété avec le Minassian Duduk Quartet, qui fut l’occasion de découvrir cet instrument à vent, le duduk, au son souple et velouté, construit dans du bois d'abricotier et dont le timbre est plus sombre que le hautbois.

Haïg Sarikouyoumdjian et Sahar Mohammadi

Haïg Sarikouyoumdjian et Sahar Mohammadi

Deux ans plus tard, un jeune musicien français, joueur de duduk et d’origine arménienne, Haïg Sarikouyoumdjian, se fit connaître en s’associant à Jordi Savall et son ensemble Hespérion XXI.

Il rencontra à Saint-Cloud Sahar Mohammadi, une interprète du chant classique persan, et depuis ils unissent l’art musical de leurs régions respectives, déjà réunies au Ve siècle avant J.C au sein de l’empire Perse de Darius Ier, pour nourrir leur propre culture et la partager avec un public international.

Tous deux sont à nouveau invités ce soir par le Théâtre de la ville au cœur de la coupole de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Avec un peu d’imagination, on pourrait se croire transporté dans un monastère perdu au Moyen-Orient, et les lumières chaudes illuminent la partie inférieure des arches du monument afin de créer une ambiance intime autour des deux musiciens simplement assis sur une petite estrade recouverte d’un tapis d’orient.

La coupole de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

La coupole de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

Avec beaucoup de patience et de contrôle, Haïg Sarikouyoumdjian déroule sur un souffle délicat une onde qui se propage dans l’enceinte, imprègne l’auditeur d’une spiritualité à la fois éloignée et grave, puis, Sahar Mohammadi interprète dans un alliage vocal et musical finement tissé ces chants qui parlent de sentiments, de séparations, de manque et de tristesse. L’acoustique de la coupole ouvre aux vibrations typiques de la poésie mystique iranienne un espace immense pour rêver à des horizons lointains.

Haïg Sarikouyoumdjian et Sahar Mohammadi

Haïg Sarikouyoumdjian et Sahar Mohammadi

La musique ne s’interrompt que deux fois en une heure. Haïg Sarikouyoumdjian joue parfois seul en modulant en volume son souffle pour créer un fond sonore à la limite de l’audible, comme pour toucher le subconscient, et d’une extrême délicatesse il effleure ensuite la dentelle de mots que chante Sahar Mohammadi avec un recueillement splendide.

Sahar Mohammadi

Sahar Mohammadi

Au delà de la force affective nécessaire à une tel épanouissement fusionnel et artistique, il y a aussi le rêve que l’union des arts transcende les frontières et les régimes politiques.

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Publié le 7 Septembre 2021

Sonates et partitas pour violon seul (Johann Sebastian Bach – 1717/1720)
Représentation du 06 septembre 2021
Théâtre de la ville - Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

Violon Jennifer Koh
Danseurs Alexis Fousekis, Ioannis Michos, Evangelia Randou, Kalliopi Simou
Mise en scène Robert Wilson
Chorégraphie Luncida Childs

Coréalisation avec Le Festival d’Automne de Paris
Première mondiale à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière le 3 septembre 2021                                             Ioannis Michos et Kalliopi Simou

Composés à Cöthen peu avant les six Concertos brandebourgeois, les 3 sonates et 3 partitas pour violon seul de Jean Sébastien Bach constituent un entrelacement de deux formes musicales écrites pour un unique instrument. Et c’est sur ce monologue intime, âpre et lumineux, que Robert Wilson et Luncida Childs ont élaboré un spectacle qui préserve la centralité du jeu de la violoniste Jennifer Koh sous les hauteurs de la coupole octogonale de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (1678).

On peut d’ailleurs remarquer qu’il y a une bienheureuse correspondance entre cette création et le spectacle de Teresa de Keersmaeker dédié aux Variations Goldberg qui clôturait la saison du Théâtre de la Ville au Châtelet deux mois plus tôt.

Evangelia Randou, Alexis Fousekis, Luncida Childs, Jennifer Koh, Ioannis Michos, Kalliopi Simou

Evangelia Randou, Alexis Fousekis, Luncida Childs, Jennifer Koh, Ioannis Michos, Kalliopi Simou

Bach 6 Solo est donc avant tout un récital pour violon auquel est associé un art du mouvement lent et chorégraphique discret qui se nourrit de la musique.

Sur une estrade octogonale, projection mathématique parfaite de la forme du toit, sertie d’un fin liseré luminescent, un artéfact inhérent à la poétique visuelle de Robert Wilson, la fine robe noire de Jennifer Koh pose d’emblée un signe d’élégance et de rigueur. Et dès les premières minutes, le timbre du violon luxueusement ambré instaure une atmosphère dense, et les larges sonorités aiguës se profilent avec vivacité et finesse. Puis, progressivement, un danseur, Alexis Fousekis, et deux danseuses Evangelia Randou et Kalliopi Simou, la rejoignent, vêtus de drapés blancs, ouverts sur le flanc pour le jeune homme, et dont les gestes simples maniant chacun doucement une simple branche renvoient un sentiment de paix et de beauté juvénile.

Dans cette première partie, leur présence sobre prend la forme d’une installation humaine dont les postures statufiées accueillent l’interprétation vibrante et recueillie de la soliste qui varie, à chaque changement de mouvement mélodique, son orientation vers le public et son placement sur les secteurs de la piste.

La coupole de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

La coupole de la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière

Mais dans la seconde partie, ce sont cette fois les deux danseurs et une danseuse - Ioannis Michos s’est substitué à Kalliopi Simou – qui apparaissent auprès de Jennifer Koh. Leur chorégraphie devient plus interactive avec toujours un retour aux postures fixes et japonisantes de Robert Wilson, mais jamais sans la moindre grimace qui pourrait déformer les lignes des visages de ces magnifiques artistes aux regards fixes et paisibles.

Le jeu de la violoniste est également plus écorché, gradué dans la montée de la passion, et toujours impressionnant par l’épreuve physique qu’il représente pour elle.

Une forme de lutte dansée sensuelle s’installe. Puis survient, dans une lenteur impériale, Lucinda Childs, parée d’un long voile blanc, qui supporte sur son épaule le poids d’une épaisse corde dont elle va se défaire au fur et à mesure qu’elle gagne la nef opposée. Cette traversée du temps inspire une vision de l’être et de l’expérience qui abandonne ce qui l’attache à une vie vécue pour se sublimer dans un autre monde.

Robert Wilson, Lucinda Childs et Jennifer Koh - Photo Festival d'Automne de Paris

Robert Wilson, Lucinda Childs et Jennifer Koh - Photo Festival d'Automne de Paris

Et c’est sur une autre image suggestive que s’achève ce récital qui gagne une nouvelle dimension dramaturgique. La quatrième danseuse, Kalliopi Simou, apparait et fait délicatement rouler une imposante sphère faite de fines lamelles de lin blanc que chacun se relaye dans une extrême douceur sisyphéenne pour dessiner au sol, autour de la violoniste, une spirale sans fin.

Un tel minimalisme de la gestuelle allié à la puissance de sa beauté intrinsèque n'engendre aucune langueur au fil d’une interprétation musicale qui se charge d’une forme de gravité jusqu’au dernier instant.

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Publié le 5 Septembre 2021

Sequenza 9.3–Simonpietri–Demarquette (Vocello - 2017)

Concert du 04 septembre 2021
Septembre musical de l’Orne
Église Saint Martin de Longny-au-Perche

Henry Purcell When I laid in earth (1689 - Londres)
Henryk Gorecki Symphonie des Chants plaintifs (1977 - Royan)
Johannes Ockeghem Hommage à Gilles Binchois (XVe siècle)
Éric Tanguy Stabat Mater (2014 - Aix-en-Provence)
John Dowland Flow my tears (1596)
Philippe Hersant Métamorphoses (2013 - Claivaux)
Jacob Clemens non Papa Ô Souverain Pasteur et Maistre (XVIe siècle)
Juste Janulyte Plonge (2015 – Philharmonie de Paris)

Ensemble Sequenza 9.3
Direction Catherine Simonpietri
Violoncelle Henri Demarquette

Pour sa 39e édition, le festival du Septembre musical de l’Orne accueille au cours de son week-end d’ouverture l’ensemble vocal Sequenza 9.3 créé par Catherine Simonpietri en 1998 afin d’explorer le répertoire contemporain, la création, et accompagner la jeunesse scolaire dans ses pratiques artistiques avec le soutien du département de la Seine-Saint-Denis.

Associé au violoncelliste Henri Demarquette, l’ensemble a édité au printemps 2017 son sixième enregistrement discographique, Vocello, alternance de pièces anciennes et contemporaines adaptées à l’alliage insolite du chœur et du violoncelle.

7 des 9 pièces de cet album sont ainsi reprises ce soir auxquelles s’ajoute la Symphonie des Chants plaintifs de Henryk Gorecki.

Catherine Simonpietri et Sequenza 9.3

Catherine Simonpietri et Sequenza 9.3

Le fameux When I laid in earth extrait de Didon et Enée de Purcell attribue au chœur le rôle de l’orchestre, et celui du violoncelle à la voix de Didon. Le début méditatif du chœur composé de six chanteurs et six chanteuses installe d’emblée un charme introspectif auquel s’immisce naturellement la plainte du soliste, mais le fait d’entendre le violoncelle sculpter la partie les plus aiguë alors que les voix sont contenues dans une tonalité plus basse ne paraît pas naturel quand on en connaît bien l’air original.

C’est dans l’extrait de la Symphonie des Chants plaintifs d’Henryk Gorecki que le chœur peut déployer ses qualités célestes élégiaques, et, par la fusion de ses nuances colorées, séduire une audience littéralement emportée par un mouvement qui le touche profondément.

Henri Demarquette et Sequenza 9.3

Henri Demarquette et Sequenza 9.3

L’Hommage à Gilles Binchois de Johannes Ockeghem met en valeur les voix masculines, un recueillement qui s’achève par une vibrante sonorité grave, et c’est dans le Stabat Mater d’Eric Tanguy que les mouvements du chœur mixte et du violoncelle prennent les accents les plus torturés.

L’écriture de l’instrument soliste, particulièrement austère, s’engouffre dans les tréfonds de l’âme comme s’il s’agissait de remuer quelque chose chez l’auditeur ou de chercher à le mettre mal à l’aise.

Après une courte pause, Flow my tears fait renaître des sentiments mélancoliques qui entrent magnifiquement en résonance avec l’atmosphère de l’ancienne église qui a été construite au même moment que John Dowland imaginait ses compositions.

Sequenza 9.3 dans son intégralité

Sequenza 9.3 dans son intégralité

Forts audacieuses et dénuées de tout pathos, Les Métamorphoses de Philippe Hersant peuvent se révéler dansantes ou facétieuses autour de développements plus lents avec des réminiscences orientales, bien qu’il s’agisse d’une pièce inspirée par la rencontre avec des prisonniers.

On retrouve ensuite le sens de l’individualité à travers Ô Souverain Pasteur et Maistre de Jacob Clemens non Papa qui met en valeur certains solistes, leurs visages et la lumière qui s’en dégage, et c’est sur les évanescences vocales hors du temps de Plonge de Juste Janulyte, mêlées aux étirements métalliques du violoncelle, comme pour peindre des horizons infinis, que s’achève ce voyage multiforme chaleureusement accueilli et dirigé avec un très agréable sens de l'attention et de la discrétion par Catherine Simonpietri.

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Publié le 5 Septembre 2021

7 Deaths of Maria Callas ( Marina Abramović - Marko Nikodijević – 2020)
Livret Petter Skavlan, Marina Abramović
Représentation du 02 septembre 2021
Palais Garnier

Violetta Valéry Hera Hyesang Park
Floria Tosca Selene Zanetti
Desdemona Leah Hawkins
Cio-Cio-San Gabriella Reyes
Carmen Adèle Charvet
Lucia Ashton Adela Zaharia
Norma Lauren Fagan

Mise en scène et actrice Marina Abramović
Musique Marko Nikodijević
Direction musicale Yoel Gamzou
Acteur Film Willem Dafoe                                      
Hera Hyesang Park (Violetta)

Coproduction Bayerische Staatsoper Munich, Deutsche Oper Berlin, Teatro San Carlo de Naples, Greek National Opéra d’Athènes.
En partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

Le spectacle de Marina Abramović, 7 Deaths of Maria Callas, qui inaugure au Palais Garnier la première saison d'Alexander Neef, marque également la 50e édition du Festival d'automne qui est un rendez-vous majeur d'ouverture sur les arts contemporains du monde entier.

Et Robert Wilson, l'une de ses figures emblématiques dès le premier jour, est à nouveau invité à plusieurs reprises, comme ce sera également le cas à l'Opéra de Paris pour lequel il mettra en scène Turandot dans la seconde partie de cet automne.

Marina Abramović (Maria Callas)

Marina Abramović (Maria Callas)

C'est donc un public diversifié, pas forcément issu du milieu spécifiquement lyrique, qui investit ce soir l'univers polychromique du plus somptueux bâtiment du Second Empire.

Artiste n'ayant pas peur dans certaines circonstances de se mettre en danger physiquement, la plasticienne métamorphose son amour pour Maria Callas en concevant un spectacle purement vidéographique et lyrique dans sa première partie qui illustre 7 morts d'héroïnes qu'a interprété la mythique diva sur scène (La Traviata, Tosca, Madame Butterfly, Lucia di Lammermoor, Norma), au disque (Carmen), ou pour un extrait (Desdémone).  Marina Abramović y joue le personnage principal, et Willem Dafoe celui de l’homme qui met à mort la femme qu’il est sensé aimer.

7 Deaths of Maria Callas (Abramović -  Nikodijević) Palais Garnier

Devant ce flot d'images, de jeunes interprètes originaires des quatre coins de la planète (États-Unis, Australie, Corée, Dominique, Italie, Roumanie, France) incarnent, pour un air chacune, ces héroïnes.

Mais comme elles interviennent de façon statique et pour la plupart dans la pénombre, ce n’est pas la théâtralité vocale ou physique de l’incarnation inhérente à la mise en scène d’opéra qui est mise en valeur, mais uniquement la beauté des lignes de ces airs qui apportent une âme subtile aux vidéos. L'auditeur qui vient pour découvrir l’art lyrique est donc tout de même privé d’un aspect vivant de l’interprétation.

Willem Dafoe (Don José) et Marina Abramović (Carmen)

Willem Dafoe (Don José) et Marina Abramović (Carmen)

Chaque spectateur peut cependant être inspiré, ou pas, par la mise en scène de ces mises à mort qui peuvent prendre une allure apocalyptique, comme dans Madame Butterfly qui semble dénoncer l’esprit destructeur des américains dans un univers post-Hiroshima, où cette incroyable marche vers un feu crépusculaire de Pollione et Norma tous les deux travestis, Willem Dafoe renvoyant ainsi une splendide figure torturée de l’obsession opératique pour l’étrange et le hors-norme.

Très impressionnantes sont également les images mettant en scène la lenteur sublime de l’enlacement de Desdémone par un serpent pour signifier l’étranglement par Otello, et qui démontrent surtout le grand sang-froid de l’artiste.

Adela Zaharia (Lucia di Lammermoor)

Adela Zaharia (Lucia di Lammermoor)

La scène de Lucia di Lammermoor, qui contient une forte charge narcissique par ces miroirs qui se brisent en mille morceaux, a aussi à voir avec le symbole qu’a représenté Maria Callas pour des générations. Mais ce passage vaut surtout pour la suspension du temps qu’engendre la très belle interprétation de l'air de la folie de Lucia di Lammermoor par Adela Zaharia qui est véritablement le point d'orgue belcantiste de la soirée. La soprano roumaine se révèle d’une saisissante agilité tout en finesse, créant ainsi un intérêt supplémentaire pour la reprise de Don Giovanni prévue au mois de février prochain au Palais Garnier.

Marina Abramović (Maria Callas)

Marina Abramović (Maria Callas)

Dans la seconde partie de la soirée, nous nous retrouvons face à une reconstitution de la chambre de Maria Callas le dernier jour de sa vie, où après le réveil elle sera atteinte d’une attaque cardiaque.

Ce réveil joué par Marina Abramović est assez long dans sa mise en scène et est accompagné par une musique de couleur assez uniforme et un chœur, disposé dans les loges latérales, qui donne une tonalité proche de l’oratorio à ce passage dont la durée installe une attente jusqu’à ce qu'apparaisse la plasticienne habillée en diva et coiffée comme Maria Callas.

Pour quelques instants, elle donne l’impression au spectateur de retrouver la présence de la grande cantatrice chantant Casta Diva à partir d’un ancien enregistrement, sur lequel Yoel Gamzou induit avec l’orchestre un accompagnement pour accentuer le réalisme de la scène, tableau final caractérisé par le beau travail illusionniste qu’il prodigue.

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Publié le 2 Septembre 2021

Lohengrin / Parsifal / Die Walküre / Götterdämmerung (Richard Wagner 1850 / 1882 / 1870 / 1876)
Concert du 01 septembre 2021
Philharmonie - Grande salle Pierre Boulez

Lohengrin
Prélude
Höchstes Vertrauen hast Du mir schon zu danken
In fernem Land
Mein lieber Schwan

Parsifal
Prélude
Amfortas, die Wunde
Enchantement du Vendredi Saint
Nur eine Waffe taugt

Die Walküre
Chevauchée des Walkyries

Götterdämmerung
Voyage de Siegfried sur le Rhin
Marche funèbre
Scène finale

Soprano Christine Goerke
Ténor Klaus Florian Vogt                                   
                Klaus Florian Vogt

Direction musicale Andris Nelsons
Orchestre du Festival de Bayreuth

Après deux concerts joués à la fin du Festival de Bayreuth avec Klaus Florian Vogt, Christine Goerke et Günther Groissböck, les 22 et 25 août, l’une des formations orchestrales a pris la route d’Essen, Paris et Riga pour célébrer Richard Wagner avec un programme légèrement différent à chaque fois.

Ainsi, Günther Groissböck ne participe pas au programme parisien, mais il interprétera Hunding au cours du premier acte de La Walkyrie qui sera joué le 04 septembre sur la scène de l’opéra de la capitale lettone.

Klaus Florian Vogt

Klaus Florian Vogt

Mais quel plaisir de réentendre Klaus Florian Vogt qui est ce soir à nouveau phénoménal dans l’acoustique de la Philharmonie comme pour prolonger le souvenir de son fabuleux Walther von Stolzing chanté à Bayreuth cet été.

Son attitude est plus formelle que lors des productions scéniques, et c’est à travers d’In fernem Land (Lohengrin) puis Amfortas, die Wunde (Parsifal) que les particularités vocales si surnaturelles atteignent leur plus large extension, des fines nuances immatérielles et spirituelles, d’une clarté d’ange pourrait-on dire, à l’incarnation d’une puissance qui déploie une aura comme si une sphère céleste d’or cuivré percutait la salle entière et réfléchissait son énergie sur les parois pour renforcer l’impact de ses échos qui se dissipent à travers tous les interstices de l’auditorium.

Sentir les auditeurs proches sensibles à cette beauté inouïe qu’ils entendent probablement pour la première fois fait aussi partie du plaisir de l’expérience. On regrette qu’il n’y ait pas eu une Kundry pour prolonger ce deuxième acte de Parsifal, tant la confrontation promettait d'être envoûtante.

Klaus Florian Vogt–Christine Goerke–Andris Nelsons (Richard Wagner) Philharmonie

Et pourtant, Andris Nelsons ne cherche pas à amadouer l’orchestre qu’il laisse se déployer en accordant à la section centrale des cuivres une puissance éclatante fortement extériorisée.

L’ouverture de Lohengrin donne un bel exemple de représentation du Graal, un tronc central dense et énergisant autour duquel les bois et les cordes propagent des soieries exposées à des vents subtils, les violons les plus fins se dissipant dans le lointain du couchant.

L’enchantement du Vendredi Saint est également un très beau développement orchestral qui allie puissance condensée et univers poétique tout en amenant l’auditeur dans un autre monde.

Andris Nelssons et les musiciens de l'orchestre du Festival de Bayreuth

Andris Nelssons et les musiciens de l'orchestre du Festival de Bayreuth

En seconde partie, intégralement dédiée à des extraits de l’Anneau du Nibelung, la Chevauchée des Walkyries, jouée de façon efficace et clinquante, fait apparaître deux niveaux bien séparés, des cordes grouillantes et atténuées, puis une débauche de jaillissements métalliques qui couvrent sans doute un peu trop les rythmes et cadences des instruments les plus sombres.

Le voyage de Siegfried à travers le Rhin prend des allures d’épopée conquérante, la marche funèbre est une véritable célébration, puis apparaît Christine Goerke. Son incarnation de Brunnhilde révèle une voix d’une complexité dramatique surprenante. Les raucités font ressentir un agrégat de névroses cachées, les aigus les plus hauts peuvent prendre une forme élancée bien profilée dans une teinte mate, et l’indéniable solidité de son souffle lui permet de traverser ce rôle si endurant. La lumière, elle, jaillit de son regard.

Christine Goerke

Christine Goerke

Et dans cette seconde partie, Klaus Florian Vogt est revenu s’installer parmi le public, habillé en tenue de ville décontractée, mais pas tout à fait inconnu.

Klaus Florian Vogt

Klaus Florian Vogt

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Publié le 31 Août 2021

Aguas da Amazonia / Perpetulum (Philip Glass – 1999 / 2018)
Concert du 30 août 2021
Philharmonie – Salle des Concerts

Aguas da Amazonia – arrangement pour quatuor de percussions de Third Coast Percussion – création française (40 mn)
Tiquie River
Madeira River
Xingu River
Paru River
Amazon River
Purus River
Tapajos River
Negro River
Metamorphosis

Perpetulum – création française (20 mn)

Third Coast Percussion
Sean Connors, Robert Dillon, Peter Martin, David Skidmore

En 1993, Philip Glass fut sollicité par la compagnie de danse brésilienne Grupo Corpo pour créer une musique de ballet, et le compositeur américain choisit le groupe brésilien Uakti pour interpréter Aguas da Amazonia avec les couleurs et textures originales de leurs marimbas, flûtes de pan, instruments à cordes et percussions. Sa composition se basait sur ses propres études de piano ainsi que Metarmorphosis (1989). L’enregistrement fut réalisé en 1999.

Third Coast Percussion : Sean Connors, Robert Dillon, David Skidmore, Peter Martin

Third Coast Percussion : Sean Connors, Robert Dillon, David Skidmore, Peter Martin

Passionnés et admiratifs de l’univers de Philip Glass, un groupe de percussions fondé en 2005 et originaire de Chicago, Third Coast Percussion, réarrangea Aguas da Amazonia pour ses propres instruments dont des cloches à mains et des almglocken (cloches à vaches suisses) qui sont le pendant des agogôs brésiliens.

Debout autour de son impressionnant dispositif instrumental que chacun contourne parfois pour changer de rôle même en cours de musique, le quatuor de musiciens fait revivre cette partition dans la Salle des Concerts de la Philharmonie en immergeant les spectateurs dans un univers ondoyant et cristallin si prégnant dès Madeira River.

Sean Connors

Sean Connors

Les sonorités sud-américaines de la version originale s’estompent pour donner à la composition une structure plus éthérée. L’auditeur est donc séduit par ces résonances inhabituelles et les pulsations de la musique jouées de manière très athlétiques à la vue de tous.

Lorsque l’on imagine des percussions, on pense principalement à une rythmique abrupte et pas forcément à un univers qui nous ramène à celui de la berceuse tonique, comme c'est le cas ici.

Mais le fait de voir comment la gestuelle des quatre musiciens s’accorde avec une précision mécanique stupéfiante pour faire vivre cette musique, qui pourrait presque s'analyser mathématiquement, a aussi son pouvoir de fascination.

Robert Dillon

Robert Dillon

Et après l’écoute des 9 mouvements d’Aguas da Amazonia, Perpetulum nous emmène à travers une pièce écrite spécialement pour le jeune groupe. Elle est la première qui soit composée par Philip Glass directement pour des percussions, et fut créée le 09 novembre 2018 au Chicago Humanities Festival, une manifestation qui vise à réunir les gens de tous horizons afin de renforcer leurs liens empathiques les uns envers les autres.

David Skidmore

David Skidmore

La section centrale est relativement la plus rythmée avec ses martèlement inventifs non dénués de souplesse. Elle se démarque nettement de la tonalité globale de la soirée, mais la conception d’ensemble suscite aussi de la part des musiciens l’envie d’extérioriser leurs talents les plus audacieux devant un public très diversifié qui comprend aussi nombre de jeunes issus du monde anglo-saxon. Un tel succès pose aussi la question des musiques capables de réunir le plus grand nombre dans toute son universalité, et celle-ci en fait assurément partie.

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Publié le 28 Août 2021

Variations de Beethoven, Schumann et Crumb
Concert du 28 août 2021
Festival des Solistes à Bagatelle – Orangerie

Beethoven : 6 variations en sol majeur sur Paisiello WoO 70 (1795)
Schumann : Études en forme de variations sur un thème de Beethoven (1831/1832)
Crumb : Processionnal (1983)
Schumann : Geistervariationen (1854)
Beethoven : 7 variations en fa majeur sur Kind willst du WoO 75 (1799)

Piano Cédric Tiberghien

C’est à l’Orangerie du parc de Bagatelle, vers laquelle convergent de multiples chemins sinueux où l’on peut croiser Paons et Bernaches, que se joue du 28 août au 12 septembre 2021 la 20e édition du Festival des Solistes qui permet d’entendre de jeunes générations d’artistes.

Parmi ceux-ci, Cédric Tiberghien, pianiste né à Colombes en 1975, riche d'une solide carrière derrière lui, est toujours sensible aux lignes de la vie où se reflète la beauté.

Cédric Tiberghien

Cédric Tiberghien

Le concert qu’il interprète en cette fin d’après-midi réunit plus de 80 âmes musicales venues découvrir un programme peu connu de variations de Ludwig van Beethoven et d’un de ses grands admirateurs, Robert Schumann, au cœur duquel va se glisser une œuvre de George Crumb, compositeur américain influencé notamment par Webern, Bartok et Debussy, qui atteindra bientôt ses 92 ans – L’esprit du festival est d’associer à chaque concert classique une œuvre contemporaine -.

Dans un premier temps, Les 6 variations en sol majeur permettent à l’auditeur de se familiariser avec les sonorités rondes et métalliques du piano avec lesquelles Cédric Tiberghien réalise une impressionnante composition qui prend presque une allure de Maelstrom où de virtuoses vibrations tourbillonnent dans un flot de sonorités sombres. Un élan romantique maîtrisé se fond à la structure classique des accords.

Puis, les études de variations sur un thème de Beethoven – il s’agit du second mouvement de la 7e symphonie - se développent avec une intensité saisissante qui peut s’atténuer dans un mouvement  de vague parfaitement lissé sur laquelle des piani infiniment chatoyants scintillent avec une poésie absolument irrésistible. Un véritable sens de la construction se dégage sous cette esthétique artistique qui renforce l’emprise sur l’auditeur.

Cédric Tiberghien

Cédric Tiberghien

Et c’est avec ce même sens de l’architecture que Processionnal de Georges Crumb entraîne chacun dans un univers de tension et de danger mystérieux où, quand le calme semble revenir, de fines grappes de perles irisent la surface du clavier d’un geste faussement désinvolte. Bien que contemporaine, la pièce s’insère magnifiquement dans le récital, et le rapport fusionnel qu'entretient le soliste avec le piano semble atteindre son paroxysme.

Les Geistervariationen renvoient ensuite à un épisode triste de la vie de Robert Schumann, puisqu'elles constituèrent la dernière composition de son œuvre avant qu'il ne fut admis à l’asile. Il s’agit du passage le plus introspectif  du programme, mené avec une détermination souple et toujours un sens du déroulé fluide et bien affirmé.

Et en s’achevant sur les 7 variations en fa majeur sur Kind willst, Cédric Tiberghien revient à un style d’une technicité virevoltante fantastique sur une apparente structure mathématique où l’esprit ludique, tenu avec une rigueur absolue, et suivi par un bis sur une variation de Jean-Sébastien Bach, suffit à combler l’effet d’éblouissement sonore qu’aura procuré plus d’une heure de musique, captivante par un tel sens de la narration.

Cédric Tiberghien

Cédric Tiberghien

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Publié le 26 Mai 2021

Présentation de la saison Lyrique 2021 / 2022 du Théâtre des Champs Élysées

Depuis le mercredi 19 mai 2021, la douzième saison de Michel Franck à la direction du Théâtre des Champs Élysées est officiellement dévoilée.

Malgré l’impact de la crise sanitaire, cette saison s’inscrit dans la continuité des saisons passées et comprend 4 productions d’opéras en version scénique données sur un total de 21 soirées, une opérette « La Vie parisienne » jouée sur 16 soirées, 13 opéras en version concert et 8 oratorio et œuvres religieuses (dont 2 soirs pour le Requiem de Verdi), 22 concerts symphoniques, 14 récitals vocaux (dont 2 soirs pour La Folle soirée de l’Opéra), 18 récitals de piano, 11 concerts de l’orchestre de chambre de Paris, 12 autres concerts de musique de chambre, 24 concerts du dimanche matin (dont trois œuvres pour jeune public, Le Petit Prince par Marc-Olivier Dupin, Les Fabulettes par Anne Sylvestre, et Pierre et le loup par les ensembles Les Dissonances & Ouranos) et 4 ballets dansés sur 14 soirées.

Par ailleurs, une version de Rigoletto ramenée à une durée d’une heure et quinze minutes sera créée pour le jeune public, et donnée en douze représentations sur le temps scolaire, ainsi que sur trois matinées tout public.
Ce spectacle sera une coproduction avec l’opéra de Rouen Normandie.

Cette ligne programmatique reste donc fidèle à la diversité des formes musicales qui caractérise le Théâtre des Champs-Élysées, avec toutefois une réduction sensible du nombre de soirées de danse au profit de la « La Vie Parisienne ».

Enfin, l’apparente réduction du nombre de récitals vocaux est compensée par une forte présence de grands chanteurs au cours des concerts symphoniques ou de musique de chambre.

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel) - ms Michieletto (mai 2022)

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel) - ms Michieletto (mai 2022)

Opéras et opérettes en version scénique

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
9, 11, 13, 15 octobre (4 représentations)

Direction musicale François Xavier Roth  Mise en scène Eric Ruf
Patricia Petibon, Stanislas de Barbeyrac, Sir Simon Keenlyside, Jean Teitgen, Lucile Richardot, Chloé Briot, Thibault de Damas
Les siècles, Chœur Unikanti
Coproduction Opéra de Dijon, Stadttheater Klagenfurt, Théâtre du Capitole, Opéra de Rouen Normandie

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski)
10, 13, 15, 17, 19 novembre (5 représentations)

Direction musicale Karina Canellakis, Mise en scène Stéphane Braunschweig
Mireille Delunsch, Vannina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Jean-Sébastien Bou, Jean Teitgen, Delphine Haidan, Yuri Kissin, Marcel Beekman
Orchestre National de France, Chœur de l’Opéra National de Bordeaux
Coproduction Opéra national de Bordeaux

La vie parisienne (Jacques Offenbach)
21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30, 31 décembre et 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9 janvier (16 représentations)

Direction musicale Romain Dumas, Mise en scène Christian Lacroix
Jodie Devos / Florie Gauthier-Valiquette, Rodolphe Briand / Flannan Obé, Marc Mauillon / Laurent Deleuil, Franck Leguérinel / Marc Labonnette, Sandrine Buendia / Marion Grange, Aude Extrémo / Eléonore Pancrazi, Eric Huchet / Damien Bigourdan, Philippe Estèphe / Laurent Kubla, Elena Galitskaya, Louise Pingeot, Marie Kalinine, Ingrid Perruche, Carl Ghazarossian, Caroline Meng
Les Musiciens du Louvre – Académie des Musiciens du Louvre, en partenariat avec le Jeune Orchestre Atlantique - Chœur de chambre de Namur
Coproduction Bru Zane France, Opéra Royal de Wallonie-Liège, Opéra de Rouen Normandie, Opéra de Tours, Opéra de Limoges, Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, Palazzetto Bru Zane

Così fan tutte (Wolfgang Amadé Mozart)
9, 12, 14, 16, 18, 20 mars (6 représentations)

Direction musicale Emmanuelle Haïm, Mise en scène Laurent Pelly
Vannina Santoni, Gaëlle Arquez, Anna Aglatova, Cyrille Dubois, Florian Sempey, Laurent Naouri
Le Concert d'Astrée, Chœur Unikanti
Coproduction Théâtre de Caen, Tokyo Nikikai Opera Fondation, Pacific Opera Victoria

Giulio Cesare in Egitto (Georg Friedrich Haendel)
11, 14, 16, 18,20,22 mai (6 représentations)

Direction musicale Philippe Jaroussky, Mise en scène Damiano Michieletto
Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe, Franco Fagioli, Lucile Richardot, Carlo Vistoli, Francesco Salvadori, Paul-Antoine Bénos-Djian, Adrien Fournaison
Ensemble Artaserse
Coproduction Oper Leipziz, Opéra National de Montpellier, Théâtre du Capitole de Toulouse

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - ms Braunschweig (novembre 2021)

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - ms Braunschweig (novembre 2021)

Opéras et oratorio en version de concert

Manon (Jules Massenet) le 15 septembre
Patricia Petibon, Saimir Pirgu, Artur Ruciński, Eric Huchet, Philippe Estèphe, Nicolas Testé, Margot Genet, Amandine Ammirati, Clémence Poussin
Daniele Rustioni direction, Orchestre de l'Opéra national de Lyon

Radamisto (Georg Friedrich Haendel) le 08 octobre
Philippe Jaroussky, Marie-Nicole Lemieux, Emőke Baráth, Zachary Wilder, Renato Dolcini, Anna Bonitatibus, Alicia Amo

Francesco Corti direction, Il Pomo d'Oro

Il Ritorno d'Ulisse in patria (Claudio Monteverdi) le 23 octobre
Emiliano Gonzalez Toro, Rihab Chaieb, Emőke Baráth, Philippe Jaroussky, Zachary Wilder, Nahuel Di Pierro, Philippe Talbot, Fulvio Bettini, Álvaro Zambrano, Mathilde Etienne, Anthony León, Lauranne Oliva, Angelica Monje Torrez, Anders Dahlin, Nicolas Brooymans

Emiliano Gonzalez Toro direction, I Gemelli

Theodora (Georg Friedrich Haendel) le 22 novembre
Lisette Oropesa, Joyce DiDonato, Michael Spyres, John Chest, Paul-Antoine Bénos-Djian

Maxim Emelyanychev direction, Orchestre et chœur Il Pomo d'Oro

Theodora (Georg Friedrich Haendel) - Lisette Oropesa (novembre 2021)

Theodora (Georg Friedrich Haendel) - Lisette Oropesa (novembre 2021)

La Petite Renarde rusée (Leoš Janáček) le 24 novembre
Elena Tsallagova, Roland Wood, Angela Brower, Elizabeth Cragg, Ella Taylor

Mirga Gražinytė-Tyla direction, City of Birmingham Symphony Orchestra, Chœur de Radio France

Messiah (Georg Friedrich Haendel) le 12 janvier
Dorothee Mields, Marie Henriette Reinhold, Benedikt Kristjánsson, Tobias Berndt

Hans-Christoph Rademann direction, Orchestre et Chœur du Gaechinger Cantorey

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) le 15 janvier
Cyrille Dubois, Jodie Devos, Philippe-Nicolas Martin, Nicola Ulivieri, Catherine Trottmann

Francesco Lanzillota direction, Orchestre National d’Ile-de-France, Chœur de chambre de Rouen

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) - Cyrille Dubois (janvier 2022)

L'Elisir d'amore (Gaetano Donizetti) - Cyrille Dubois (janvier 2022)

Stabat Mater (Giovanni Battista Pergolesi) le 22 janvier
Jodie Devos, Adèle Charvet

Julien Chauvin direction, Le Concert de la Loge

Requiem (Giuseppe Verdi) le 3 et 5 février
Marina Rebeka, Marie-Nicole Lemieux, Michael Spyres, Riccardo Zanellato

Daniele Gatti direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Requiem / Messe de Clovis (Gabriel Fauré / Charles Gounod) le 10 février
Regula Mühlemann, Jean-Sébastien Bou

Hervé Niquet direction, Chouchane Siranossian premier violon, Orchestre et Chœur du Concert Spirituel

L’Olimpiade (Antonio Vivaldi) le 16 février
Carlo Vistoli, Chiara Skerath, Anna Aglatova, Benedetta Mazzucato, Ambroisine Bré, Riccardo Novaro, Niall Anderson

Jean-Christophe Spinosi direction, Ensemble Matheus, Chœur de chambre Mélisme(s)

Stabat Mater (Antonin Dvořák) le 31 mars
Chen Reiss, Gerhild Romberger, Steve Davislim, Hanno Müller-Brachmann

Christoph Eschenbach direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Ariane et Bacchus (Marin Marais) le 04 avril
Judith van Wanroij, Véronique Gens, Mathias Vidal, Hélène Carpentier, Marie Perbost, Nahuel Di Pierro

Hervé Niquet direction, Orchestre et Chœur Le Concert Spirituel, Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles

Ariane et Bacchus (Marin Marais) - Mathias Vidal (avril 2022)

Ariane et Bacchus (Marin Marais) - Mathias Vidal (avril 2022)

Passion selon Saint Jean (Jean-Sébastien Bach) le 06 avril
Lucy Crowe, Paula Murrihy, Hugo Hymas, Georg Nigl

Mark Padmore direction, Orchestra of the Age of Enlightenment, Choir of the Enlightenment

Thaïs (Jules Massenet) le 09 avril
Ermonela Jaho, Ludovic Tézier, Pene Pati, Guilhem Worms, Cassandre Berthon, La Charmeuse Marielou Jacquard, Marie Gautrot

Pierre Bleuse direction, Orchestre National de France, Chœur de Radio France

Anna Bolena (Gaetano Donizetti) le 11 avril
Sonya Yoncheva, Marianne Crebassa, Erwin Schrott, Enea Scala, Matthieu Lécroart, Raphaël Brémard, Héloïse Mas

Maurizio Benin direction, Orchestre de chambre de Paris, Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne

Das Rheingold (Richard Wagner) le 23 avril
Michael Volle, Gerhard Siegel, Samuel Youn, Thomas Ebenstein, Denyce Graves, Stephen Milling, Mikhail Petrenko, Karen Cargill

Yannick Nézet-Séguin direction, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Das Rheingold (Richard Wagner) - Yannick Nézet-Séguin (avril 2022)

Das Rheingold (Richard Wagner) - Yannick Nézet-Séguin (avril 2022)

Messa di Gloria (Giacomo Puccini) le 12 mai
Charles Castronovo, Ludovic Tézier

Gustavo Gimeno direction, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Chœur Orfeó Català

Te Deum (Marc-Antoine Charpentier) le 21 mai
Caroline Dangin-Bardot, Marie-Frédérique Girod, Marie Pouchelon, David Tricou, Léo Vermot-Desroches

Sébastien Daucé direction, Ensemble Correspondances

Hulda (César Franck) le 01 juin
Jennifer Holloway, Véronique Gens, Judith van Wanroij, Isabelle Druet, Marie Gautrot, Ludivine Gombert, Edgaras Montvidas, Jérôme Boutillier

Gergely Madaras direction, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Chœur de chambre de Namur

La Vestale (Gaspare Spontini) le 22 juin
Marina Rebeka, Stanislas de Barbeyrac, Tassis Christoyannis, Aude Extrémo, Nicolas Courjal

Christophe Rousset direction, Les Talens Lyriques, Chœur de la Radio flamande

La Vestale (Gaspare Spontini) - Christophe Rousset (juin 2022)

La Vestale (Gaspare Spontini) - Christophe Rousset (juin 2022)

Les Récitals vocaux :

Benjamin Bernheim – Schumann, Chausson, Poulenc le 30 septembre
Philippe Jaroussky - Haendel, Porpora le 20 novembre
Pretty Yende  - Nicolai, Mozart, Rossini, Gounod, Donizetti le 29 novembre
Roberto Alagna, Daniil Trifonov - Elgar, Berlioz, Saint-Saëns, Beethoven le 15 décembre
Philippe Jaroussky, Thibaut Garcia - Dowland, Purcell, Donizetti, Giordani, Rossini, Schubert, Fauré le 24 janvier
Elsa Dreisig – Mozart le 17 février

Elsa Dreisig (février 2022)

Elsa Dreisig (février 2022)

Emőke Baráth - Haendel le 11 mars
Jakub Józef Orliński - Pérez, Fux, Zelenka, Galuppi... le 12 avril
Véronique Gens, Sandrine Piau - Cherubini, Monsigny, Gossec, Gluck le 15 avril
Les voix lyriques d’Afrique - Airs d'opéras et chants africains le 16 avril
Michael Spyres - Mozart, Spontini, Rossini, Donizetti le 19 mai
Jakub Józef Orliński, Michał Biel - Purcell, Schubert, Karłowicz, Haendel le 20 mai
Sumi Jo, Florian Sempey, Ki-Up Lee - Rossini, Gounod, Massenet, Donizetti le 16 juin
La Folle soirée de l’Opéra Radio Classique - Airs d'opéras les 24 et 25 juin

Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm  (novembre 2021)

Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm (novembre 2021)

Concerts (sélection subjective)

The Deutsche Kammerphilharmonie Bremen - Diana Damrau  - Strauss, Tchaïkovski le 18 septembre
Orchestre National de France  – Rachel Willis-Sørensen –Beethoven, Strauss le 14 octobre
NDR Elbphilharmonie Orchester - Renée Fleming – Messiaen, Bruckner le 22 octobre
Shani Diluka, Pierre Fouchenneret, Natalie Dessay - A la recherche du temps perdu le 14 novembre
Les 20 ans du Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm  en compagnie d’une pléiade d’artistes fidèles le 19 novembre
Ensemble Matheus - J.-C. Spinosi, M.-N. Lemieux, P. Jaroussky, F. Boesch, M. Abozekry - Grand karaoké lyrique le 27 novembre
Victor Julien-Laferrière, Alexandre Kantorow - Saint-Saëns, Franck le 09 janvier
Happy birthday Marielle Nordmann ! - Schubert, Mendelssohn, Beethoven, Tchaïkovski le 11 janvier
Orchestre de chambre de Paris - Lars Vogt, Ian Bostridge – Mahler, Strauss, Fauré, Britten le 13 janvier
London Philharmonic Orchestra - Vladimir Jurowski, Julia Fischer – Elgar, Tchaïkovski le 14 décembre
Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg – Rachmaninov, Tchaïkovski le 17 janvier
Wiener Philharmoniker - Valery Gergiev, Denis Matsuev - Rachmaninov le 26 janvier
Francesco Piemontesi - Debussy, Rachmaninov, Schubert le 09 février

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens (février 2022)

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens (février 2022)

Ensemble Les Surprises -Véronique Gens - Lully, Charpentier, Desmarest le 18 février
Une histoire de la musique au féminin - Mel Bonis, Lili Boulanger, Louise Farrenc le 08 mars

City of Birmingham Symphony Orchestra – Tchaïkovski, Stravinsky le 22 mars
Orchestre National de France - Matthias Goerne – Strauss, Wagner, Webern, Schubert le 27 mars
Bertrand Chamayou - Messiaen le 05 avril
Centenaire de la mort de Camille Saint-Saëns le 07 avril
Saarländisches Staatsorchester – Sibelius, Saint-Saëns le 12 avril
Orchestre des Champs-Élysées - Magdalena Kožená, Andrew Staples – Mahler le 15 mai
Orchestre de chambre de Paris - V. Gens, H. Guilmette, J. Dran, T. Christoyannis – mélodies française le 29 juin

A la recherche du temps perdu - Natalie Dessay (novembre 2021)

A la recherche du temps perdu - Natalie Dessay (novembre 2021)

Première impression sur la saison 2021 / 2022

Avec cinq opéras en version de concert réunissant Marais, Spontini, Franck et Massenet, et deux séries d’opéras en versions scéniques (La vie parisienne et Pelléas et Mélisande), la langue française est représentée à son plus haut niveau en ce théâtre avec une distribution francophone pléthorique qui s’empare également du répertoire international (Cyrille Dubois, Jodie Devos, Philippe-Nicolas Martin dans l’Elixir d’amour, et Mireille Delunsch, Vannina Santoni, Jean-François Borras, Jean-Sébastien Bou, Jean Teitgen dans Eugène Onéguine).

Ariane et Bacchus (1696) de Marin Marais sera un témoignage de l’après Lully à l’Académie Royale de Musique, et La Vestale (1807) de Gaspare Spontini sera à considérer comme le jalon majeur de la renaissance artistique de l’Opéra de Paris après la Révolution.

Et la surprise de cette saison est le retour de la langue slave au Théâtre des Champs-Elysées d’où elle était absente depuis plus de 10 ans : Eugène Onéguine, dans la mise en scène de Stéphane Braunschweig, et La Petite Renarde Rusée défendront l’Europe de l’Est

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - Stéphane Braunschweig (novembre 2021)

Eugène Onéguine (Piotr Ilitch Tchaïkovski) - Stéphane Braunschweig (novembre 2021)

Le répertoire allemand est en revanche en net retrait et ne sera défendu que par deux soirées de concert avec La Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach et L’Or du Rhin de Richard Wagner qui sera le point de départ d’une Tétralogie interprétée par Rotterdams Philharmonisch Orkest sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Par ailleurs, Bach n’a droit qu’à une seule soirée lyrique, ce qui est assez inhabituel.

Toujours majoritaire au Théâtre des Champs-Élysées, la langue italienne sera cependant défendue par Monteverdi et Vivaldi, Haendel (2 opéras de concert et un opéra en version scénique), Mozart (un opéra en version scénique), et plus faiblement par le XIXe siècle (Donizetti et Verdi). Rossini est pour la seconde saison absent de l’affiche.

Et parmi les œuvres chantées en latin, La Messe de Clovis (Charles Gounod) et le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier seront deux œuvres spirituelles à retrouver car elles sont rarement jouées en ce théâtre alors qu’elles furent annulées pour cause de pandémie en 2020 et 2021.

Les fondamentaux du Théâtre des Champs-Élysées sont toujours respectés (80 % du répertoire lyrique consacré au XVIIIe et XIXe siècle), mais le XIXe siècle l’emporte grâce aux œuvres de concert en Français et latin.

Les points forts de cette saison lyrique seront probablement à chercher autour de Theodora, Anna Bolena, L’Or du Rhin, La Vestale, et les nouvelles productions d’Eugène Onéguine et Giulio Cesare.

L'intégralité de la saison c'est ici.

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Publié le 12 Mai 2021

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Le 18 mai 2021 à 19h30, la première saison d’Alexander Neef à la direction de l’Opéra national de Paris fut officiellement dévoilée au grand public dans un format numérique. Elle comprend 4 nouvelles productions et 4 coproductions, dont 4 nouveautés pour le répertoire, et 13 reprises.

Avec 21 titres au total pour 196 représentations, auxquels s'ajoute une version de Concert du Château de Barbe-Bleue, elle est accueillie comme une perspective bienheureuse après quasiment 15 mois de fermeture en continu, et le fait de voir que la crise sanitaire n’a pas altéré l’évolution de la trajectoire artistique que le nouveau directeur souhaite suivre est un excellent signe pour la suite.

Le répertoire historique parisien intéresse Alexander Neef, mais avec son nouveau directeur musical, Gustavo Dudamel, il s’inscrit dans une lignée de directeurs de grandes maisons internationales qui entrent en fonction au même moment, Serge Dorny et Vladimir Jurowski à l’Opéra d’État de Bavière, Bogdan Roščić et Philippe Jordan à l’Opéra de Vienne, et qui s’apprêtent à transformer le monde de la représentation lyrique pour lui donner un nouvel élan vital.

Présentation de la saison lyrique 2021 / 2022 de l’Opéra national de Paris

Les nouvelles productions

7 Deaths of Maria Callas (Marko Nikodijević – 2019) – Coproduction Bayerische Staatsoper, Deutsche Oper Berlin, Maggio Musicale Fiorentino, Greek National Opera, Teatro San Carlo Naples
Du 01 au 04 septembre 2021 (4 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Yoel Gamzou, mise en scène Marina Abramović
Willem Dafoe, Adèle Charvet, Lauren Fagan, Leah Hawkins, Adela Zaharia, Selene Zanetti, Gabriella Reyes, Hera Hyesang Park

Entrée au répertoire

Plasticienne que le public du Palais Garnier connaît depuis 2013 lorsqu’elle cosigna une chorégraphie du « Boléro » de Ravel avec Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, Marina Abramović présente une pièce sur ces héroïnes d’opéra qui meurent par amour et que Maria Callas a pour la plupart incarné intégralement sur scène ou au disque, ou au moins à travers un air tel l’« Ave Maria » de Desdemone dans Otello. Sept chanteuses interpréteront sept idées de femmes, et la voix de Marina racontera l’histoire de chaque opéra.

 

Œdipe (Georges Enescu – 1936) – Nouvelle production
Du 23 septembre au 14 octobre 2021 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Ingo Metzmacher, mise en scène Wajdi Mouawad
Christopher Maltman, Clive Bayley, Brian Mulligan, Ekaterina Gubanova, Laurent Naouri, Clémentine Margaine, Anne-Sophie von Otter, Vincent Ordonneau, Adian Timpau, Yann Beuron, Anna-Sophie Neher, Daniela Entcheva

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 22 mai 1963 (production de l’Opéra de Bucarest en version roumaine)

Basée sur les textes d’Œdipe-Roi et Œdipe à Colone de Sophocle, l’adaptation lyrique de cette tragédie par Edmond Fleg, homme de théâtre et l'un des premiers sionistes français, est la plus complète des deux autres versions connues d’Antonio Sacchini (1786) et d’Igor Stravinsky (1927). Cette œuvre monumentale raconte toutes les étapes de la vie d’Œdipe, père d’Antigone et d’Ismène.

Œdipe est l’unique opéra de Georges Enescu, et fut créé au Palais Garnier le 13 mars 1936 pour 11 représentations jouées pendant un peu plus d’un an, avant de ne revenir que pour deux soirs, le 21 et 22 mai 1963, lors du passage de la troupe de l’Opéra de Bucarest.

En octobre 2008, Nicolas Joel ressuscita ce chef-d’œuvre en langue originale au Capitole de Toulouse, ce qui permit de redécouvrir une musique qui rappelle celle de Debussy avec des réminiscences wagnériennes.

La nouvelle production de l’opéra Bastille est confiée à Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre national de la Colline et créateur en 2015 d’un oratorio, «Les larmes d’Œdipe», qui faisait partie d’un cycle dédié au sept tragédies de Sophocle.

Turandot (Giacomo Puccini – 1926) – Coproduction Canadian Opera Company de Toronto, Théâtre National de Lituanie, Houston Grand Opera, Teatro Real de Madrid
Du 04 au 30 décembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Robert Wilson
Elena Pankratova, Guanqun Yu, Gwyn Hughes Jones, Vitalij Kowaljow, Carlo Bossi, Alessio Arduini, Jinxu Xiahou, Matthew Newlin, Sava Vemic

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 30 décembre 2002 (production de Francesca Zambello)

Dernier opéra de Puccini, Turandot connut 36 représentations à l’opéra Bastille entre 1997 et 2002, sous la direction d’Hugues Gall, puis disparut subitement pendant près de 20 ans.
L’œuvre est un pilier du répertoire de plusieurs grandes institutions internationales, le MET de New-York, le Royal Opera House Covent-Garden de Londres, La Scala de Milan, et constitue une transition vers la musique du XXe siècle.

Turandot - ms Robert Wilson

Turandot - ms Robert Wilson

 

Les Noces de Figaro (Wolfgang Amadé Mozart – 1786) – Nouvelle production
Du 21 janvier au 18 février 2022 (11 représentations au Palais Garnier)
Direction musicale Gustavo Dudamel, mise en scène Netia Jones
Peter Mattei, Maria Bengtsson / Miah Persson, Ying Fang, Luca Pisaroni, Lea Desandre, Dorothea Röschmann, James Creswell, Michael Colvin, Christophe Mortagne, kseniia Proshina, Marc Labonnette

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 octobre 2012 (production de Giorgio Strehler)

Œuvre la plus jouée à l’Opéra de Paris depuis l’Ère Liebermann, Les Noces de Figaro ne disposait plus de production depuis 10 ans, et était rattrapée par La Bohème de Puccini. En confiant une nouvelle mise en scène à Netia Jones, Alexander Neef achève le cycle Da Ponte initié par Stéphane Lissner, permet au public parisien de renouer avec ce chef-d’œuvre au Palais Garnier et de découvrir l’univers d’une metteur en scène connue principalement dans les pays anglo-saxons.

A Quiet Place (Leonard Bernstein – 1983) – Nouvelle production (Création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre)
Du 09 au 30 mars 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Kent Nagano, mise en scène Krzysztof Warlikowski
Patricia Petibon, Frédéric Antoun, Gordon Bintner, Russel Braun

Entrée au répertoire

En 2018, Kent Nagano enregistra une version de A Quiet Place qui réintégrait des passages coupés par Leonard Bernstein après sa création en 1983 à l’Opéra de Houston, tout en réalisant une orchestration plus légère. Pour l'Opéra de Paris, il s'agit de la création de la nouvelle orchestration pour grand orchestre. 

Il s’agit d’une entrée au répertoire pour le compositeur américain et pour son dernier opéra, et ce sujet qui analyse les relations familiales et des amours bisexuelles est confié naturellement à Krzysztof Warlikowski.

Wozzeck (Alban Berg – 1925) – Coproduction Festival de Salzbourg, New York Metropolitan Opera, Canadian Opera Company, Opera Australia
Du 10 au 30 mars 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Susanna Mälkki, mise en scène William Kentridge
Johan Reuter, John Daszak, Gerhard Siegel, Falk Struckmann, Eva-Maria Westbroek, Tansel Alzeybek, Mikhail Timoshenko, Tobias Westman, Heinz Göhrig

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 15 mai 2017 (production de Christoph Marthaler)

5 ans après la dernière reprise de la production de Wozzeck par Christoph Marthaler, la production de William Kentridge conçue pour le Festival de Salzbourg prendra place sur la scène Bastille. Elle permettra de découvrir ou redécouvrir le travail du metteur en scène sud-africain dont la collaboration avec la Handspring Puppet Company en 1992 avait abouti à un spectacle poignant, Woyzeck On The Highveld, basé sur la pièce de Georg Büchner.

Wozzeck - ms William Kentridge

Wozzeck - ms William Kentridge

Cendrillon (Jules Massenet- 1899) – Nouvelle production
Du 26 mars au 28 avril 2022 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Carlo Rizzi, mise en scène Marianne Clément
Tara Erraught, Daniela Barcellona, Anna Stéphany, Kathleen Kim, Charlotte Bonnet, Marion Lebègue, Lionel Lhote, Philippe Rouillon, Cyrille Lovighi, Olivier Ayault, Vadim Artamonov

Entrée au répertoire

Il s’agit de l’entrée au répertoire d’une œuvre peu connue de Jules Massenet, créée à l’Opéra Comique le 24 mai 1899 et jouée 77 fois jusqu’en 1950. Elle rejoint une maison où les versions du Contes de Charles Perrault composées par Rossini (La Cenerentola) et Prokofiev (Cendrillon) font partie des incontournables, et c'est Marianne Clément qui aura la tâche d'imaginer le monde féérique de ce conte musical.

Fin de Partie (György Kurtag – 2015) – Coproduction Festival de Salzbourg, Scala de Milan, Opéra d’Amsterdam.
Du 30 avril au 19 mai 2022 (8 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Markus Stenz, mise en scène Pierre Audi
Frode Olsen, Leigh Melrose, Hilary Summers, Leonardo Cortellazzi

Entrée au répertoire

Commandé par le Festival de Salzbourg, mais créé à la Scala de Milan en 2018, Samuel Beckett: Fin de Partie, Scènes et monologues est le premier opéra d’un compositeur âgé de 92 ans.
Le livret est fidèle à la pièce, et c’est le texte français qui est mis en musique. Les quatre interprètes et le directeur musical sont ceux qui contribuèrent à la création.

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Iphigénie en Tauride - ms Krzysztof Warlikowski

Les reprises

Iphigénie en Tauride (Christoph Willibald Gluck – 1779)
Du 14 septembre au 02 octobre 2021 (7 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon, mise en scène Krzysztof Warlikowski (2006)
Tara Erraught, Jarrett Ott, Julien Behr, Jean-François Lapointe, Marianne Croux, Jeanne Ireland, Christophe Gay

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 25 décembre 2016

 

 

L’Élixir d’amour (Gaetano Donizetti – 1832) - Coproduction Royal Opera House - Covent Garden, Londres
Du 28 septembre au 09 novembre 2021 (12 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Giampaolo Bisanti / Leonardo Sini, mise en scène Laurent Pelly (2006)
Sydney Mancasola, Matthew Polenzani / Pene Pati, Simone Del Savio, Carlo Lepore / Ambrogio Maestri, Lucrezia Drei

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 25 novembre 2018

Der Fliegende Holländer (Richard Wagner – 1843)
Du 07 octobre au 06 novembre 2021 (9 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Hannu Lintu, mise en scène Willy Decker (2000)
Günther Groissböck, Ricarda Merbeth, Michael Weinius, Tomasz Konieczny, Agnes Zwierko, Thomas Atkins

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 octobre 2010

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Le Vaisseau Fantôme - ms Willy Decker

Rigoletto (Giuseppe Verdi – 1851)
Du 23 octobre au 24 novembre 2021 (16 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Dan Ettinger / Giacomo Sagripanti, mise en scène Claus Guth (2016)
Dmitry Korchak / Joseph Calleja, Ludovic Tézier / Zeljiko Lucic, Nadine Sierra / Irina Lungu, Goderdzi Janelidze, Justina gringyte, Cassandre Berthon, Bogdan Talos, Jean-Luc Ballestra, Macej Kwasnikowski, Florent Mbia, Isabelle Wnorowska, Henri Bernard Guizirian

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 27 juin 2017

Alcina (Georg Friedrich Haendel – 1735)
Du 25 novembre au 30 décembre 2021 (13 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Thomas Hengelbrock / Inaki Encina Oyon (Balthasar Neumann Ensemble), mise en scène Robert Carsen (1999)
Jeanine De Bique, Gaëlle Arquez, Sabine Devieilhe / Elsa Benoît, Roxana Constantinescu, Rupert Charlesworth, Nicolas Courjal

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 12 février 2014

La Khovantchina (Modeste Moussorgski – 1886) - Coproduction Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 26 janvier au 18 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Harmut Haenchen, mise en scène Andrei Serban (2002)
Dimitry Ivashchenko, Sergei Skorokhodov, John Daszak, Evgeny Nikitin, Dmitry Belosselskiy, Anita Rachvelishvili, Caroline Wilson, Gerhard Siegel, Olga Busuioc, Wojtek Smilek, Vasily Efimov, Tomasz Kumiega

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 09 février 2013

La Khovantchina - ms Andrei Serban

La Khovantchina - ms Andrei Serban

 

Don Giovanni (Wolfgang Amadé Mozart - 1787) - Coproduction New-York Metropolitan Opera
Du 01 février au 11 mars 2022 (13 représentations à l’opéra Bastille
)
Direction musicale Bertrand de Billy, mise en scène Ivo van Hove (2019)
Christian Van Horn, Alexander Tsymbalyuk, Adela Zaharia, Pavel Petrov, Nicole Car, Krzysztof Baczyk, Mikhail Timoshenko, Anna El-Khashem

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 13 juillet 2019

Manon (Jules Massenet – 1884)
Du 06 au 26 février 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale James Gaffigan, mise en scène Vincent Huguet (2020)
Ailyn Pérez, Roberto Alagna / Atalla Ayan / Benjamin Bernheim, Andrzej Filonczyk, Jean Teitgen, Rodolphe Briand, Marc Labonnette, Andrea Cueva Molnar, Ilanah Lobel-Torres, Jeanne Ireland, Philippe Rouillon

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 10 mars 2020 (Captation à huis clos)

Elektra (Richard Strauss – 1909) Production originale de la Fondation Teatro del Maggio Musicale Fiorentino
Du 10 mai au 01 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Semyon Bychkov / Case Scaglione, mise en scène Robert Carsen (2013)
Waltraud Meier, Christine Goergke, Elza van den Heever, Gerhard Siegel, Tomas Tomasson

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 01 décembre 2013

Elektra - ms Robert Carsen

Elektra - ms Robert Carsen

Parsifal (Richard Wagner – 1882)
Du 24 mai au 13 juin 2022 (7 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Simone Young, mise en scène Richard Jones (2018)
Brian Mulligan, Reinhard Hagen, Kwangchul Youn, Falk Struckmann, Marina Prudenskaya, Simon O'Neill, Neal Cooper, Willliam Thomas

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 23 mai 2018

Le Barbier de Séville (Gioachino Rossini – 1816)
Du 30 mai au 19 juin 2022 (8 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Roberto Abbado, mise en scène Damiano Michieletto (2014)
René Barbera, Renato Girolami, Marianne Crebassa, Andrzej Filonczyk, Alex Esposito, Katherine Broderick, Christian Rodrigue Mougoungou

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 12 février 2020

Platée (Jean-Philippe Rameau – 1745) - Coproduction Grand Théâtre de Genève, Opéra national de Bordeaux, Opéra national de Montpellier, Théâtre de Caen, Opéra de Flandre
Du 17 juin au 12 juillet 2022 (11 représentations au Palais Garnier)

Direction musicale Marc Minkowski (Les Musiciens du Louvre), mise en scène Laurent Pelly (1999)
Mathias Vidal, Nahuel di Pierro, Marc Mauillon, Julie Fuchs / Amina Edris, Tamara Bounazou, Lawrence Brownlee, Jean Teitgen, Reinoud van Mechelen, Adriana Bignani-Lesca

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 08 octobre 2015

Faust (Charles Gounod – 1859)
Du 28 juin au 13 juillet 2022 (6 représentations à l’opéra Bastille)

Direction musicale Thomas Hengelbrock, mise en scène Tobias Kratzer (2021)
Benjamin Bernheim, Christian Van Horn, Florian Sempey, Guilhem Worms, Angel Blue, Emily D'Angelo, Sylvie Brunet-Grupposo

Œuvre jouée pour la dernière fois à l’opéra Bastille le 26 mars 2021 (Captation vidéo)

Faust - ms Tobias Kratzer

Faust - ms Tobias Kratzer

Version de Concert

Le Château de Barbe-Bleue (Béla Bartók– 1918)  Reporté
Le 09 janvier 2022 (1 représentation à l'opéra Bastille)

Direction musicale Josep Pons - Orquestra Simfònica del Gran Teatre del Liceu de Barcelone
Ausriné Stundyté, Sir Bryn Terfel

Œuvre jouée pour la dernière fois au Palais Garnier le 11 mai 2018
Opéra en version de concert reporté à la saison 2022/2023 du fait de la dégradation de la situation sanitaire

Premières impressions sur la saison 2021/2022

Cette première saison révèle une véritable volonté de représenter équitablement différentes époques de l’histoire de l’opéra avec 2 œuvres baroques, 3 œuvres classiques, 2 opéras bouffes italiens, 5 œuvres issues des courants romantiques français, russes et italiens du XIXe siècle, 2 opéras de Wagner, 5 œuvres du XXe siècle, 2 créations contemporaines.

Il s’agit donc d’une première rupture avec la direction de Stéphane Lissner qui se focalisait fortement sur le XIXe siècle, bien que la programmation reprenne une partie des éléments de sa dernière saison.
Ainsi, Giuseppe Verdi n’est représenté que par Rigoletto, mais avec 16 représentations à l’affiche.

Les nouvelles productions

Le fait que 4 nouvelles productions soient des nouveautés au répertoire et que 3 productions (Turandot et Les Noces de Figaro, toutes deux dirigées par Gustavo Dudamel, et Oedipe) soient des productions d’œuvres du répertoire qui ne disposaient plus de scénographie va fortement contribuer à élargir le panorama musical de la saison 2021/2022 et donc attiser la curiosité des spectateurs. Par ailleurs, 6 de ces nouvelles productions sont tournées vers les œuvres du XXe et XXIe siècle, ce qui est considérable. Sera particulièrement à suivre la création mondiale de la nouvelle orchestration pour grand orchestre de Kent Nagano pour A Quiet Place.

Les reprises

Parmi les reprises, quatre œuvres n’avaient plus été entendues depuis au moins 8 ans, Alcina, Le Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Elektra, et elles bénéficient d’une esthétique soignée (Decker, Carsen et Serban) qui leur donne une solide durabilité depuis plus de 20 ans pour certaines d’entre elles.

L’opéra en langue française

Il y a pas moins de 7 opéras en langue française, soit deux tragédies lyriques, Iphigénie en Tauride et Œdipe, une comédie lyrique, Platée, un opéra-comique, Manon, une tragédie romantique, Faust, un Conte de Fée, Cendrillon, et un opéra en un acte, Fin de Partie.

Il faut remonter à la saison 2000/2001 d’Hugues Gall pour retrouver une telle prépondérance de la langue de Molière à l’opéra qui va couvrir un tiers de la programmation avec une diversité musicale inédite.

Jeanine De Bique (Alcina) - ms Robert Carsen (reprise 2021)

Jeanine De Bique (Alcina) - ms Robert Carsen (reprise 2021)

Les tarifs 2021/2022

Les tarifs de cette première saison sont équivalents à ceux de la saison 2019/2020 de Stéphane Lissner (la moins chère de son mandat) et se stabilisent en moyenne à 120 euros à l’Opéra Bastille, ce qui est un bon prix alors que les 130 euros avaient été dépassés il y a quelques années.

Sur cette grande scène où seront représentés les 2/3 des opéras, les deux spectacles aux tarifs les plus élevés (210 euros en optima) sont Turandot (Nouvelle Production pour Paris) et la reprise de Don Giovanni (prix moyen 142 euros).

Pour Rigoletto et Le Barbier de Séville, il s'agit d'un changement de catégorie à la hausse car ils étaient classés en catégorie reprise à 180 euros en optima il y a deux ans (prix moyen 111 euros).

Dans la catégorie à 170 euros en optima (prix moyen 113 euros), on retrouve les reprises du Vaisseau Fantôme, La Khovantchina, Manon, Elektra et Faust.

C'est une forte baisse de prix pour Manon (créé en 2020 en catégorie optima à 210 euros), et une baisse plus modérée pour Faust (créé en catégorie optima à 195 euros cette année).

Enfin, on trouve en catégorie à 145 euros en optima (prix moyen 90 euros), la reprise de L'Elixir d'Amour (catégorie inchangée) et la nouvelle production de Wozzeck qui est même 12% moins chère que la dernière reprise de la production de Marthaler en 2016/2017.

Et bonne nouvelle, le prix des places de catégorie 8 (190 places par soir) pour Wozzeck et L'Elixir d'Amour est passé à 25 euros (contre 35 euros dans la logique des années précédentes), ce qui est une baisse tout à fait appréciable.

Sauf exception, il n'y a plus de places à plus de 210 euros.

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