Publié le 7 Juillet 2015

Alceste (Christoph Willibald Gluck)
Représentations du 05 et 07 juillet 2015
Palais Garnier

Admète Stanilas de Barbeyrac
Alceste Véronique Gens
Le Grand Prêtre / Hercule Stéphane Degout
Coryphées Kevin Amiel
                 Chiara Skerath
                 Manuel Nunez Camelino
                 Tomislav Lavoie

L’Oracle François Lis

Mise en scène Olivier Py (2013)
Direction musicale Marc Minkowski
Chœur et Orchestre des Musiciens du Louvre

 

                                                                                Stanislas de Barbeyrac (Admète)

La reprise d’Alceste, dans la production imaginée par Olivier Py sous la forme d'une succession de tableaux éphémères dessinés patiemment et élégamment à la craie, a débuté avec l’annonce de la disparition de Franck Ferrari qui aurait dû reprendre le rôle d’Hercule.

Nombre d’entre nous ont alors découvert, à ce moment-là, l’attachement qu’ils avaient pour ce chanteur, preuve qu’une part de nous-même avait su inconsciemment reconnaître l’implication de cœur de cet artiste attachant, et lui donner ainsi une valeur affective latente et permanente.

 

Véronique Gens (Alceste)

Véronique Gens (Alceste)

La réflexion sur le rapport de la mort à la vie, à travers le sacrifice, un échange d’états, qui fonde cet opéra de Gluck, nous replonge ainsi dans les profondeurs poétiques et morbides d’une scénographie qui célèbre la vie, et n’envisage la mort que comme une illusion qui mène à une autre forme de vie.  A l’entracte, le baisser de rideau sur une large reproduction de la montée des âmes vers l’Empyrée de Jérôme Bosch symbolise cette croyance, de la part du metteur en scène, que la mort n’existe pas.

Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Stanislas de Barbeyrac (Admète)

En 2013, Marc Minkowski, le Chœur et l’Orchestre des Musiciens du Louvre avaient rendu toute la puissance dramatique et la véhémence de la musique d’Alceste. L’accomplissement musical aujourd’hui est encore plus vivant, une exaltation sonore où les virevoltes des cordes semblent accompagnées par de fugitives images fantômes qui se régénèrent perpétuellement.

Ce son d’acier souple et ample, en mouvement permanent, est d’une limpidité magnifique, préservant ainsi toute la beauté des motifs malgré l’urgence de la direction. Une très grande lecture de la partition.

Véronique Gens (Alceste) et Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Véronique Gens (Alceste) et Stanislas de Barbeyrac (Admète)

Les voix du chœur s’y mêlent dans un même souffle recueilli qui atteint son apogée quand, provenant de l’invisible arrière scène, elles déplorent la mort inéluctable d’Alceste.

Le couple royal, lui, est incarné par deux artistes aux timbres de voix très proches par leur classicisme épuré, Véronique Gens et Stanislas de Barbeyrac. Tous deux envisagent en effet leurs personnages selon la même ligne expressive et retenue, une élégance de geste et de timbre, la soprano pouvant compter sur de fragiles vibrations pour traduire son émotion profonde, et le jeune ténor sur une forme de douceur virile et humanisante qui ne force pas l’affectation. Ils sont donc en harmonie complète avec le chant orchestral.

Danse finale d’Apollon

Danse finale d’Apollon

Selon une veine de chant généreuse et charmeuse, les deux apparitions de Stéphane Degout en Grand Prêtre et Hercule sont un modèle de composition, mais ne font pas oublier que c’est dans des interprétations de caractères sensibles que la douceur de son timbre se fond le mieux.

Seconds rôles bien tenus, qui entretiennent les petits éclats de vie poétiques d’une œuvre funèbre.

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Publié le 3 Juillet 2015

TV-Web Juillet-Août 2015 Lyrique et Musique

Mercredi 01 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Emmanuelle Haïm dirige Hippolyte et Aricie de Rameau à l'Opéra de Paris

Samedi 04 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Iolanta de Tchaïkovski et Perséphone de Stravinsky au Teatro Real de Madrid

Teodor Currentzis (direction), Peter Sellars (mise en scène)

Dimanche 05 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Claude (Escaich)

Lafont, Ferreira Albin, Alvaro
dir. Rhorer, ms. Py, Opéra de Lyon

Dimanche 05 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Mardi 07 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Renée Fleming chante Capriccio de Strauss au Met de New York

Enregistré au Metropolitan Opera House, New York, en 2011

Mercredi 8 Juillet 2015 sur France 2 à 00h30
Ariodante (Handel)

Connolly, Petibon, Piau, Prina
Festival d'Aix en Provence

Mercredi 08 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Vendredi 10 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Vendredi 10 Juillet 2015 sur Arte à 22h00
Alcina (Handel)

Petibon, Jaroussky, ms. Katie Mitchell
Festival d'Aix en Provence 2015

Samedi 11 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
La Traviata de Verdi à l'Opéra de Paris

Francesco Ivan Ciampa (direction musicale), Benoît Jacquot (Mise en scène)
Enregistré à l'Opéra de Paris le 17 juin 2014

Samedi 11 Juillet 2015 sur France 3 à 22h30
Carmen (Bizet)

Aldrich, Kaufmann, Mula, Guilmette
Dir. Franck, ms. Désiré, Orange 2015

Dimanche 12 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Airs baroques italiens

Dimanche 12 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Mardi 14 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Une Tragédie Florentine D'Alexander Von Zemlinsky &
Sancta Susanna De Paul Hindemith À L'Opéra De Lyon

Mardi 14 Juillet 2015 sur France 2 à 20h55
DiDonato, Fuchs, Yoncheva, Terfel, Lang, Capuçon

Choeur et Orchestre National de France
dir. Gatti, direct du Champs de Mars

Mardi 14 Juillet 2015 sur France 2 à 23h40
Le Songe d'une Nuit d'Eté (Britten)

Piau, Zazzo, dir. Ono, ms Carsen
Festival d'Aix en Provence 1991

Mercredi 15 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige L'Affaire Makropoulos de Janacek à Salzbourg

Vendredi 17 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Cecilia Bartoli chante Clari de Halévy à l'Opéra de Zurich

Samedi 18 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au Teatro Real de Madrid

Sylvain Cambreling (direction), Christoph Marthaler (mise en scène)

Dimanche 19 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Carmina Burana (Orff)

Bauer, Cencic, Noguera
Dir. Karoui, Drulliet, ms. Philippe, Orange 2014

Dimanche 19 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Concerto de Tchaikovski et Symphonie n°1 de Mahler

Dimanche 19 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Lundi 20 Juillet 2015 sur Arte à 01h00
Le Turc en Italie (Rossini)

Dir Minkowski
Festival d'Aix en Provence 2014

Mardi 21 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Cosi Fan Tutte De Mozart À L'Opéra National De Lyon

Stefano Montanari (Direction musicale), Adrian Noble (Mise en scène)

Mercredi 22 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Vendredi 24 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Samedi 25 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Il Trittico De Puccini À L'Opéra De Lyon

Gaetano d'Espinosa (direction), David Pountney (mise en scène)

Dimanche 26 Juillet 2015 sur France 3 à 00h30
Les années de pèlerinage, l'Italie (Liszt)

Angelich, piano

Dimanche 26 Juillet 2015 sur Arte à 18h30
Les quatre saisons (Vivaldi)

Dimanche 26 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Mardi 28 Juillet 2015 sur Mezzo à 20h30
Les Enfants Terribles de Philip Glass à l'Opéra de Bordeaux &
Les Mamelles de Tirésias de Poulenc à l'Opéra de Lyon

Mercredi 29 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Esa-Pekka Salonen dirige L'Affaire Makropoulos de Janacek à Salzbourg

Vendredi 31 Juillet 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Cecilia Bartoli chante Clari de Halévy à l'Opéra de Zurich

Samedi 01 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Valery Gergiev dirige Boris Godounov de Moussorgski au Met de New York

Dimanche 02 Août 2015 sur France 3 à 00h30
Les parapluies de Cherbourg (Legrand)

Dessay, Naouri

Dimanche 02 Août 2015 sur Arte à 18h30
Symphonie n°9 du 'Nouveau Monde'(Dvorak)

Dimanche 02 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Lundi 03 Août 2015 sur Arte à 01h20
Carmen (Bizet)

Semenchuk, Lungu, Ventre, Alvarez
dir. Nanasi, ms. Zeffireli, Verone 2014

Mardi 04 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Anna Netrebko chante I Puritani de Bellini au Met

Mardi 04 Août 2015 sur France 2 à 21h55
Le Trouvère (Verdi)

Alagna, He, Lemieux, Gombert, Petean
dir. Billy, ms. Roubaud
En léger différé du Festival d'Orange

Mercredi 05 Août 2015 sur France 2 à 01h00
Otello (Verdi)

Alagna, Mula, Pondjiclis, Ko, Laconi
dir. Chung, ms. Duffaut
Festival d'Orange 2014

Mercredi 05 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Macbeth De Verdi Au Royal Opera House De Londres

Vendredi 07 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Samedi 08 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Comte Ory De Rossini Au Met De New York

Dimanche 09 Août 2015 sur France 3 à 00h30
Concerto pour violon n°2 (Bartok)

Documentaire de Bruno Monsaingeon

Dimanche 09 Août 2015 sur Arte à 18h30
Concerto de Tchaikovski

Dimanche 09 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
William Christie Dirige Atys de Lully À L'Opéra-Comique

Lundi 10 Août 2015 sur Arte à 01h10
Le Chevalier à la Rose (Strauss)

Gheorghiu, Woldt, Royal
Dir. Ticiati, ms. Jones, Glyndebourne 2014

Mardi 11 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Christian Thielemann dirige la Femme sans ombre de Strauss à Salzbourg

Mercredi 12 Août 2015 sur France 2 à 00h30
Les Vêpres solennelles de la Vierge Marie (Monteverdi)

Frigato, Galli, Mulroy, Adam
English Baroque Soloiste, dir. Gardiner
Chateau de Versailles 2014

Mercredi 12 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Anna Netrebko chante Anna Bolena de Donizetti au Met

Vendredi 14 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Elisir d'Amore de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Lausanne

Samedi 15 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Falstaff de Verdi dirigé par Daniele Gatti à l'Opernahaus de Zurich

Samedi 15 Août 2015 sur Arte à 20h50
L'Enlèvement au Serail (Mozart)

Matthews, Montvidas, kehrer, Eriksmoen
dir. Ticciati, ms. McVicar, Glyndebourne 2015

Dimanche 16 Août 2015 sur Arte à 18h30
Liszt, Moussorgski

Dimanche 16 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas au Liceu de Barcelone

Mardi 18 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Anna Netrebko chante Don Pasquale de Donizetti au Met

Mercredi 19 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Macbeth De Verdi Au Royal Opera House De Londres

Vendredi 21 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Magdalena Kožená chante Médée de Charpentier

Samedi 22 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
Roberto Alagna chante Don Carlo de Verdi au Met de New York

Dimanche 23 Août 2015 sur France 3 à 00h30
La Traviata (Verdi)

Gimadieva, Fabiano
Dir Elder, ms. Cairns, Glyndebourne 2014

Dimanche 23 Août 2015 sur Arte à 18h30
Airs de Vivaldi, Gasparini

Dimanche 23 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
William Christie Dirige Atys de Lully À L'Opéra-Comique

Dimanche 23 Août 2015 sur Arte à 23h30
Mondonville (Rameau)

Les Arts Florissants, Christie.

Mardi 25 Août 2015 sur Mezzo à 20h30
LE SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ DE BRITTEN AU LICEO DE BARCELONA

Mercredi 26 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Anna Netrebko chante Anna Bolena de Donizetti au Met

Vendredi 28 Août 2015 sur Mezzo HD à 20h30
L'Elisir d'Amore de Gaetano Donizetti à l'Opéra de Lausanne

Web : Opéras en accès libre
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Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Tamerlano (La Monnaie) jusqu’au 06  août 2015
Don Quichotte de Shirley et Dino (Opéra Royal de Versailles) jusqu’au 08  août 2015
Alcina (La Monnaie) jusqu’au 10  août 2015
Médée (Bâle) jusqu’au 16  août 2015
Francesca da Rimini (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Aleko (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Les Fêtes Vénitiennes (Opéra Comique) jusqu’au 27 août 2015


El Publico (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Pasquale (Opéra de Vichy) jusqu'au 06 septembre 2015
Platée (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Indes Galantes (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Paladins (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 06 septembre 2015
Benvenuto Cellini (Opéra d'Amsterdam) jusqu'au 16 septembre 2015
Orlando ou l'impatience par Olivier Py jusqu'au 17 septembre 2015
Les Mousquetaires au Couvent (Opéra Comique) jusqu'au 17 septembre 2015
La Belle Hélène (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 22 septembre 2015
Don Giovanni (Opéra de Monte Carlo) jusqu'au 23 septembre 2015
Alceste (La Fenice de Venise) jusqu'au 23 septembre 2015
Orfeo Chaman de Pluhar (Teatro Mayor de Bogota) jusqu'au 24 septembre 2015


Bérénice, Reine d'Arménie (Staatsoper de Stuttgart) jusqu'au 01 octobre 2015
I Capuleti e i Montecchi (Opera de Zurich) jusqu'au 16 octobre 2015
Parsifal (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 20 octobre 2015
Médée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 24 octobre 2015


La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu’au 09 novembre 2015
Le Roi Roger (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 17 novembre 2015


Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 01 décembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Götterdämmerung (Opéra de Vienne) jusqu’au 07 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015

La Flûte Enchantée (Armel Opera Festival) jusqu'au 30 décembre 2015


Les Noces de Figaro (Armel Opera Festival) jusqu'au 02 janvier 2016
Private View (Armel Opera Festival) jusqu'au 03 janvier 2016
Carmen (Chorégies d'Orange) jusqu'au 07 janvier 2016
Le Roi Lear par Olivier Py jusqu'au 07 janvier 2016
Le Monstre du Labyrinthe (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Alcina (Aix en Provence) jusqu'au 10 janvier 2016
Svabda (Aix en Provence) jusqu'au 11 janvier 2016
Le Songe d'une nuit d'été (Aix en Provence) jusqu'au 13 janvier 2016
I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

Rocio Marquez à Rio Loco jusqu'au 19 juin 2016

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 1 Juillet 2015

Rapprochement Vénus-Jupiter du 30 juin 2015

Régulièrement, une ou deux fois par an, Vénus et Jupiter se croisent dans le ciel à quelques degrés d’écart.
Mais il est beaucoup plus rare que cet écart se réduise à moins d’un degré, deux fois le diamètre apparent de la Lune seulement, sur plusieurs soirs.

Ainsi, du lundi 29 juin au jeudi 02 juillet, dans sa course qui la rapproche de la Terre, Vénus, dans sa brillance éclatante, semble comme effleurer la banlieue de Jupiter, respectivement à 0.75°, 0.35°, 0.5° et 0.9°.

Jupiter (magnitude -1.4), la moins brillante, erre à 910 millions de kilomètres, alors que Vénus (magnitude -4.1) se déplace à moins de 80 millions de kilomètres de la Terre.

Un spectacle merveilleux, naturel et bien réel, qui se reproduira le 27 août 2016 dans des conditions exceptionnellement serrées (0.07° d’écart), soit à une distance angulaire 5 fois plus faible, mais à seulement 3° au dessus de l'horizon, 30mn après le coucher du Soleil.

Jupiter et Vénus, le mercredi 24 juin 2015 à 22h35 – distance apparente de 3.5°. Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jupiter et Vénus, le mercredi 24 juin 2015 à 22h35 – distance apparente de 3.5°. Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h20 – distance apparente de 0.75°. Vue sur le Pont de la Tournelle et la Cathédrale Notre-Dame.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h20 – distance apparente de 0.75°. Vue sur le Pont de la Tournelle et la Cathédrale Notre-Dame.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h25 – distance apparente de 0.75°. Statue de Sainte Geneviève – Pont de la Tournelle.

Jupiter et Vénus, le lundi 29 juin 2015 à 23h25 – distance apparente de 0.75°. Statue de Sainte Geneviève – Pont de la Tournelle.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 22h45 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf et le Quai de l’Horloge.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 22h45 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf et le Quai de l’Horloge.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.35°. Visibilité des satellites de Jupiter, à gauche, Ganymède, à droite, Io, Europe, Callisto.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.35°. Visibilité des satellites de Jupiter, à gauche, Ganymède, à droite, Io, Europe, Callisto.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h30 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf.

Jupiter et Vénus, le mardi 30 juin 2015 à 23h30 – distance apparente de 0.35°. Vue sur le Pont Neuf.

Vénus et Jupiter, le mercredi 01 juillet 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.5°. Vue sur le Pont des Arts et la Tour Eiffel.

Vénus et Jupiter, le mercredi 01 juillet 2015 à 23h00 – distance apparente de 0.5°. Vue sur le Pont des Arts et la Tour Eiffel.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres

Publié le 23 Juin 2015

Adriana Lecouvreur (Francesco Cilea)
Répétition générale du 20 juin et
Représentations du 23 et 29 juin 2015
Opéra Bastille

Adriana Lecouvreur Angela Gheorghiu
                               Svetla Vassileva
Maurizio Marcelo Alvarez
La Princesse de Bouillon Luciana d’Intino
Le Prince de Bouillon Wojtek Smilek
L’Abbé de Chazeuil Raul Gimenez
Michonnet Alessandro Corbelli
Quinault Alexandre Duhamel
Poisson Carlo Bosi

Direction musicale Daniel Oren
Mise en scène David McVicar (2010)
                       Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Coproduction Royal Opera House, Covent Garden, Londres,
Le Gran Teatre del Liceu, Barcelone,
Le Wiener Staatsoper et Le San Francisco Opera

Après vingt ans d’absence, le retour d’Adriana Lecouvreur sur la grande scène de l’opéra Bastille clôt le cycle vériste italien développé au cours du mandat de Nicolas Joel.

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Ce courant musical, qui cherchait une suite à Giuseppe Verdi en prenant pour objet des scènes de vie simples et passionnelles, a laissé des œuvres théâtralement fortes, mais, et ses propres auteurs le reconnurent à l’orée de l’entre-deux guerres, jamais il ne put surpasser le talent du compositeur devenu le symbole du rassemblement italien.

L’opéra le plus célèbre de Francesco Cilea a pour lui l’originalité d’inclure un extrait du Monologue de Phèdre (Jean Racine) récité par la comédienne de la Comédie Française, un véritable défi pour toute chanteuse désireuse de vivre intensément ses talents de pure tragédienne.

Luciana d’Intino (La Comtesse de Bouillon)

Luciana d’Intino (La Comtesse de Bouillon)

Un des premiers enregistrements intégraux au disque permet ainsi d’entendre l’interprétation incroyablement poignante de Carla Gavazzi (Fonit Cetra – 1951) dans un son très épuré pour l’époque, et de mesurer ce que l’on peut attendre de ce rôle en profondeur humaine.

Carla Gavazzi « Giusto cielo! » Adriana Lecouvreur – 1951

Dans la production montée ce mois-ci à l’Opéra National de Paris, Adriana Lecouvreur est figurée, en alternance, par deux artistes, Angela Gheorghiu et Svetla Vassileva (à partir du 29 juin).

La soprano roumaine affectionne beaucoup le personnage de cette actrice telle que l’œuvre la présente, amoureuse au point de mettre sur un piédestal un homme, Maurice de Saxe, qui joue pourtant avec ses sentiments et ceux de la Comtesse de Bouillon.

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur) et Marcelo Alvarez (Maurice de Saxe)

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur) et Marcelo Alvarez (Maurice de Saxe)

Angela Gheorghiu sur-joue d’emblée le maniérisme et les penchants narcissiques d’Adriana Lecouvreur qui se reflètent dans son propre miroir de théâtre, et fait sourire tant elle parait elle-même dans ce portrait plaisant qui lui offre une première occasion de laisser entendre son ineffable chant infiniment filé et doucereusement moiré, parfois même surligné par un subtil souffle d'une des flûtes de l’orchestre.

Marcelo Alvarez la rejoint pour un duo plein de légèreté comme s’il cherchait en premier lieu à plaire aux spectateurs. Au second acte, lorsqu’il retrouve la Comtesse de Bouillon, il paraît toujours aussi cavalier, forçant la vaillance, mais avec une plus grande implication dans sa relation à cette femme qu’il se prépare à quitter. On croit cependant bien plus aux pleurs de sa partenaire.

Luciana d’Intino (La Comtesse de Bouillon) et Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Luciana d’Intino (La Comtesse de Bouillon) et Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Luciana d’Intino, mezzo-soprano qui l’incarne avec une voix unique faite de graves généreux et impressionnants subitement transformés en aigus fauves, aime tellement partager sa noble noirceur qu’elle en oublie parfois l’exigence de vérité qui consiste à donner du nerf à ses répliques – un tale insulto! Lo scontera !-.  La Comtesse apparaît alors plus comme une femme ayant la tête froide et réfléchie que le sang chaud, même face aux effets appuyés d’Angela Gheorghiu au cours de son monologue saisissant par nature, mais loin d’être l’expression d’une insondable déchirure, la déclamation lui étant par ailleurs plus difficile à projeter.

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Et tout au long des trois premiers actes, Daniel Oren prend soin des moindres motifs de la partition pour jouer avec leurs lignes – profitant des belles sonorités de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris -, et en souligner les atmosphères intimes – magnifique lueur musicale nocturne au moment mystérieux où Adriana assombrit le pavillon bleuté de la Duclos.
En revanche, il étend l’emphase des mouvements orchestraux, tout en les nuançant, sans jamais chercher à donner plus de vie aussi bien dans les premières scènes se déroulant en coulisse, que dans les grands moments théâtraux dont il atténue le volcanisme pour une raison qui se révèle au dernier acte.

Alessandro Corbelli (Michonnet) et Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

Alessandro Corbelli (Michonnet) et Angela Gheorghiu (Adriana Lecouvreur)

En effet, la dernière partie devient un sublime moment d’élégie – et le mot est faible pour décrire l’irréalité et la grâce des tissus infinis qui nous mettent à genoux – où s’entendent les moindres frémissements, comme de fins courants d’air, tirant ainsi l’expression du sentimentalisme vers un raffinement qui exalte notre joie intérieure.
Angela Gheorghiu est par ailleurs à son accomplissement le plus entier dans cette scène qui rejoint les souffrances de Violetta, maladie d’amour qui file sous son chant fragile et immensément caressant.

De bout en bout, Alessandro Corbelli fait de Michonnet une référence sincère dont l’âme tranche avec les faux-semblants du milieu qu’il fréquente. Lorsqu’on le voit et l’entend, les mots et le cœur sonnent juste, et l’on regrette alors qu’Adriana n’ait pas la conscience suffisante pour comprendre l’objet de ses souffrances.

Acte I - Le Théâtre de la Comédie

Acte I - Le Théâtre de la Comédie

Pour sa mise en scène dévoilée au Covent Garden de Londres en 2010, David McVicar a recréé l’arrière scène de La Comédie en 1730 et son architecture en bois, dans laquelle se déroulent les rencontres entre actrices et notables de la ville, le salon de la Duclos et le théâtre Kitsch du Prince de Bouillon. Le jeu d’acteur est conforme aux conventions, et le plus beau réside dans le noir qui isole la scène centrale des coulisses.

Et en regard de l’interprétation charmeuse et mélodramatique d’Angela Gheorghiu, le rôle d’Adriana est repris pour trois soirs par la soprano bulgare Svetla Vassileva, qui avait rendu un portrait bouleversant de Madame Butterfly sur cette même scène l’année dernière.

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Les traits de voix filés et irréels de la première s’évanouissent pour laisser place à des expressions vocales plus franches, claires et surtout plus dramatiques, même si les sonorités basses deviennent inaudibles, avant que, soudainement, ses éclats perçants, les cris du cœur, émergent puissamment.

Et après un premier acte où l’on entend une femme s’ennuyer un peu en marge de sa vie de scène, le tempérament immensément théâtral de Svetla Vassileva se révèle dès la seconde partie, tout d’abord dans sa relation à Maurice de Saxe, puis, dans sa confrontation intense et prenante avec la Comtesse de Bouillon. Tout est vécu sans fausses larmes.

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Ainsi, Marcelo Alvarez apparaît particulièrement protecteur vis-à-vis de sa partenaire, comme si les fragilités qu’elle exprimait pouvaient induire une plus grande vérité et sincérité dans le jeu du chanteur. C’est quelque chose d’absolument fascinant à voir, et cette artiste n’a pas fini de nous surprendre au moment du très attendu monologue de Phèdre.

Bien que projetée inégalement, sa déclamation du texte est infailliblement celle d'une âme blessée, et nous avons là, sur scène, une véritable tragédienne qui sait hausser le ton quand il le faut, exprimer failles et troubles de tout son corps, et décrire une humanité spectaculairement incarnée.

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Svetla Vassileva (Adriana Lecouvreur)

Son dernier acte joint Adriana à la candeur bafouée de Desdémone, les douleurs intérieures prennent à partie la salle entière, et sa grandeur se magnifie dans un dernier souffle.

Orchestre tout aussi merveilleux, plus théâtral, violemment coloré.

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Publié le 20 Juin 2015

Maria Stuarda (Gaetano Donizetti)
Représentation du 18 juin 2015
Théâtre des Champs-Elysées

Maria Stuarda Aleksandra Kurzak
Elisabeth Carmen Giannattasio
Robert Dudley Francesco Demuro
Talbot Carlo Colombara
Cecil Christian Helmer
Anna Kennedy Sophie Pondjiclis

Mise en scène Moshe Leiser et Patrice Caurier
Direction Musicale Daniele Callegari  
Orchestre de chambre de Paris
Chœur du Théâtre des Champs-Élysées

                                                                                   Carmen Giannattasio (Elisabeth)

La vie a ses mystères qui la rendent passionnante. Comment ne pas être stupéfait devant les affiches de deux grandes salles lyriques parisiennes qui représentent au même moment, sur scène, deux œuvres dans lesquelles s’affrontent à mort deux femmes fortes, Adriana Lecouvreur et la comtesse de Bouillon à l’Opéra Bastille, et Maria Stuarda et Elisabeth Ier au Théâtre des Champs Élysées ? Et comment ne pas céder à l’esprit ‘people’ de la capitale parisienne qui remarquera que la comédienne de la Comédie Française et la Reine d’Ecosse sont interprétées par deux femmes qui comptent dans la vie du ténor Roberto Alagna ?

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Cette remarque dite, on peut ensuite entièrement s’abandonner aux élans passionnels qui sont la raison de cet ouvrage de Donizetti. Le décor simple, appartement bourgeois au premier acte, puis prison moderne aux second et troisième actes évoque peu, hormis la déconnexion à la vie que représente l’enfermement.

Mais la vie est d’abord dans la fosse d’orchestre, entrainée avec le même allant qu’avait insufflé Daniele Callegari à l’opéra de Strasbourg pour Ariane et Barbe-Bleue, le mois dernier. Le dynamisme de l’Orchestre de chambre de Paris se fait flux passionnel, sans excès, teinte fumée où les enlacements de petits motifs d’instruments émergent, furtivement, tout en ayant l’humilité de maintenir une intensité qui ne prenne pas le dessus sur les chanteurs. Sa soudaine surtension glacée au paroxysme de la confrontation entre les deux reines laisse la trace violente d’une profonde crispation du cœur.

Carmen Giannattasio (Elisabeth) et Francesco Demuro (Robert Dudley)

Carmen Giannattasio (Elisabeth) et Francesco Demuro (Robert Dudley)

Sur scène, Carmen Giannattasio fait une apparition spectaculaire en Elisabeth, s’attachant à peindre un portrait agressif et névrosé de la Reine d’Angleterre, pour mieux cliver la part défaillante de sa personnalité et celle de son rôle impérial. Les aigus d’ivoire percent, portés par un souffle qui n’a de cesse de couler en un seul lien ses exclamations saisissantes et son discours introspectif. Son chant est ainsi très bien mené si l’on en accepte sa froideur.

Et celle qu’elle jalouse, Marie Stuart, trouve en Aleksandra Kurzak une âme d’une sensibilité dramatique qui cache une assurance fatale. En effet, au second acte, sa présence repose sur un enchainement de nuances et de sons joliment filés, accompagnés en filigrane par de subtils sentiments noirs, qui font ressentir une intériorité profondément pathétique.

C’est pourtant dans la scène finale que le manque de soutien de la part des metteurs en scène, Moshe Leiser et Patrice Caurier, devient flagrant, car cette belle artiste n’arrive pas à prolonger par l’expression du geste et du corps l’accumulation des souffrances d’une histoire qui arrive à son terme et que son chant raconte. On ne croit donc pas assez à ce que l’on voit pour être touché par ce que l’on entend.

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

Aleksandra Kurzak (Maria Stuarda)

La sincérité totale s’incarne donc en Francesco Demuro, qui fait de Robert Dudley un homme intègre et passionné, voué corps et âme à la reine écossaise. Dans la première partie, il donne certes l’impression que sa tessiture aiguë limite la portée des éclats de son cœur, mais il gagne en densité au fil de la représentation, et il a constamment une musicalité qui exprime l’urgence de la jeunesse.

Quant aux deux rôles de basses, il esquissent des tempéraments très différents, la sagesse résignée, sombre et introvertie de Carlo Colombara en Talbot, et la noblesse claire et affirmée de Christian Helmer en Cecil. Sophie Pondjiclis est une Anna Kennedy royale, dans l’attente qu’un rôle plus important lui soit un jour confié.

Bel hymne de la mort pour le chœur, avant la scène ultime.

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Publié le 7 Juin 2015

Les éclipses de soleil dans le monde de 2016 à 2020

Au cours des 5 années à venir, 8 éclipses solaires (4 totales et 4 annulaires) vont se produire sur Terre. Elles seront toutes d’une durée modeste, au plus 3mn15, mais certaines seront assez spectaculaires.

L’article qui suit présente brièvement les régions où elles se dérouleront ainsi que les conditions astronomiques et climatiques.

Ces éclipses sont de véritables motifs pour découvrir la vie et les paysages du monde au dessus desquels elles se dérouleront, et toute suggestion de voyage pour aller les observer est bienvenue.

Lire également Les éclipses de soleil dans le monde de 2021 à 2025

Éclipse du 01 août 2008 en Mongolie.

Éclipse du 01 août 2008 en Mongolie.

Eclipse Totale du mercredi 09 mars 2016

Indonésie – Sumatra, durée 2mn 05, grandeur 1,01622, largeur 115 km, hauteur sur l’horizon 19°, Météo : 10% Soleil

Indonésie – Moluques du Nord, durée 3mn 15 mn, grandeur 1,02034, largeur 145 km, hauteur 48°, Météo : 20% Soleil

 

Trajectoire de l’éclipse totale du 09 mars 2016 en Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 09 mars 2016 en Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse sera la plus longue de ces 5 prochaines années, mais elle va parcourir la péninsule équatoriale indonésienne au moment de la saison humide. Elle est ainsi celle qui a le moins de chance d’être visible.

Aux Moluques du Nord, où elle durera 3mn15, elle aura un peu plus de chance qu’ailleurs de ne pas être couverte par les nuages, avec une probabilité de 20% seulement. De nombreux volcans en activités parsèment ces iles (Dukono, Ibu, Gamalama), promettant des randonnées spectaculaires.

Les Moluques du Nord. Photo : Croisée-des-routes.

Les Moluques du Nord. Photo : Croisée-des-routes.

Eclipse Annulaire du 01 jeudi septembre 2016

Tanzanie – Sud-Est, durée 3mn05, grandeur 0.98659, largeur 100 km, hauteur 70°, Météo : 60% Soleil

Madagascar – Nord-Ouest, durée 3mn05, grandeur 0.98627, largeur 100 km, hauteur 64°, Météo : 65% Soleil

La Réunion – Sud, durée 2mn50, grandeur 0.98091, largeur 110 km, hauteur 50°, Météo : 50% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 01 septembre 2016 en Tanzanie, Madagascar et Ile de la Réunion. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 01 septembre 2016 en Tanzanie, Madagascar et Ile de la Réunion. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire se déroulera très haut dans le ciel, et l’anneau solaire sera très brillant. Elle pourrait être le prétexte pour parcourir les parcs nationaux du nord de la Tanzanie, proches du Kilimanjaro, bien que l’éclipse ait lieu au sud, au-dessus du lac Tanganyka. Toutefois, la Tanzanie est un pays où le braconnage a entrainé sur les cinq dernières années la disparition de 60% de la population d’éléphants afin de satisfaire la demande chinoise en ivoire.

Autre destination possible, Madagascar, riche d’une nature où prolifèrent nombre de lémuriens, l’éclipse y aura la même grandeur et les conditions météorologiques y seront également très favorables (probabilité d’ensoleillement de 65%). Mais là aussi, il s’agit d’un territoire où le braconnage de tortues sévit pour répondre à la demande asiatique.

Reste alors la possibilité de l’observer depuis l’Ile de la Réunion où elle durera 2mn50 (2mn15 au-dessus du piton de la Fournaise) avec des conditions météorologiques favorables (50% de probabilité d’ensoleillement). Par ailleurs, l’ile dispose d’un observatoire astronomique ouvert aux astronomes amateurs, l’observatoire des Makes.

Volcan de la Fournaise. Photo : île-de-la-réunion.

Volcan de la Fournaise. Photo : île-de-la-réunion.

Eclipse Annulaire du dimanche 26 février 2017

Argentine – pointe Est, durée 1mn, grandeur 0.99345, largeur 50 km, hauteur 38°, Météo : 40% Soleil

Argentine – Frontière du Chili, durée 1mn05, grandeur 0.99297, largeur 55 km, hauteur 33°, Météo : 35% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 février 2017 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 février 2017 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

D’une durée d’une minute seulement, cette éclipse annulaire devrait être assez spectaculaire au-dessus des plateaux arides de la Patagonie d’Argentine. A 250 km au nord, les baleines auront déjà quitté la péninsule de Valdès, mais manchots, dauphins, lions et éléphants de mers y seront très abondants le long des plages. Les orques y seront également présentes.

Forêt fossile de Sarmiento. Photo : Helloworld.

Forêt fossile de Sarmiento. Photo : Helloworld.

Les conditions météorologiques sont assez favorables sur la côte atlantique (40% de chance d’avoir un ciel dégagé).

Lire également le compte-rendu Eclipse annulaire de soleil du 26 février 2017 en Patagonie Argentine.

Photomontage de l'éclipse du 26 février 2017, vue depuis le lac Musters (nord de Sarmiento).

Photomontage de l'éclipse du 26 février 2017, vue depuis le lac Musters (nord de Sarmiento).

Eclipse Totale du lundi 21 août 2017

USA – Oregon, durée 2mn 00, grandeur 1,01318, largeur 100 km, hauteur 39°, Météo : 60% Soleil

USA – Idaho Est, durée 2mn 20, grandeur 1,01419, largeur 105 km, hauteur 49°, Météo : 60% Soleil

USA – Wyoming Centre, durée 2mn 25, grandeur 1,01451, largeur 110 km, hauteur 53°, Météo : 50% Soleil

USA – Nebraska Centre, durée 2mn 35, grandeur 1,01498, largeur 110 km, hauteur 59°, Météo : 50% Soleil

USA – Kentucky, durée 2mn 40, grandeur 1,01528, largeur 115 km, hauteur 64°, Météo : 40% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale du 21 août 2017 aux États-Unis. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 21 août 2017 aux États-Unis. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse totale est très attendue car elle est la réplique de l’éclipse du 11 août 1999 qui était passée à 50km seulement au nord de Paris. En 2017, elle va traverser d’ouest en est les Etats-Unis pendant la période estivale, ce qui va faire de l’Amérique du Nord une destination touristique très prisée.

L’ombre de la lune arrivant par l’océan Pacifique va traverser plusieurs Etats où se sont déroulés des films très intimistes, ‘Old Joy’ en Oregon, ‘My own private Idaho’ en Idaho, ‘Brokeback Mountain’ au Wyoming, ‘Boys don’t Cry’ au Nekraska. Les prévisions météorologiques sont très favorables à cette période, mais se dégradent vers l’est.

Coucher de soleil au Wyoming. Photo : MTI-USA.

Coucher de soleil au Wyoming. Photo : MTI-USA.

De 2mn00 en Oregon, l’éclipse durera 2mn20 en Idaho et 2mn40 au Kentucky.

Lire également le compte-rendu Eclipse totale de soleil du 21 août 2017 au Wyoming.

Eclipse Totale du mardi 02 juillet 2019

Chili –La Serena, durée 2mn 35, grandeur 1,01834, largeur 145 km, hauteur 14°, Météo : 50% Soleil

Argentine–Ouest, durée 2mn 25, grandeur 1,01786, largeur 140 km, hauteur 9°, Météo : 55% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale du 02 juillet 2019 au Chili et en Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse sera très spectaculaire car elle aura lieu une heure avant le coucher du soleil au-dessus de l’océan Pacifique face à la ville coloniale de La Serena. Il sera également possible de la suivre depuis l’Argentine, de l’autre côté de la frontière du Chili. Les conditions météorologiques sont favorables, et, à cette époque, les baleines et les dauphins de Commerson fréquentent les côtes Pacifique et Atlantique.

Coucher de soleil sur La Serena. Photo : Panoramio.

Coucher de soleil sur La Serena. Photo : Panoramio.

Eclipse Annulaire du jeudi 26 décembre 2019

Oman – pointe Est, durée 3mn, grandeur 0.97914, largeur 150 km, hauteur 11°, Météo : 65% Soleil

Inde – pointe Sud-Ouest, durée 3mn10, grandeur 0.98222, largeur 130 km, hauteur 33°, Météo : 60% Soleil

Singapour, durée 3mn40, grandeur 0.98496, largeur 120 km, hauteur 66°, Météo : 15% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 décembre 2019 sur la Péninsule arabique, l’Inde et l’Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 26 décembre 2019 sur la Péninsule arabique, l’Inde et l’Indonésie. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire très brillante va parcourir le nord de l’Océan indien, depuis la pointe de la péninsule arabique, jusqu’à l’archipel indonésien.

Le meilleur endroit pour l’observer est l’Inde, dans la province de Kerala, région riche et luxuriante. Il sera également possible de l’observer au lever du soleil depuis Oman, mais, 6 mois plus tard, une autre éclipse annulaire va à nouveau traverser le Sultanat.

Paysage du Kerala (Inde). Photo : Travel-nationalgeographic.

Paysage du Kerala (Inde). Photo : Travel-nationalgeographic.

Eclipse Annulaire du 21 juin 2020

Ethiopie-Nord, durée 1mn10, grandeur 0.99223, largeur 55 km, hauteur 27°, Météo : 40% Soleil

Oman – pointe Est, durée 0mn50, grandeur 0.99544, largeur 33 km, hauteur 56°, Météo : 50% Soleil

Inde – Uttarakhand, durée 0mn40, grandeur 0.99695, largeur 20 km, hauteur 83°, Météo : 20% Soleil

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 21 juin 2020 sur le Soudan, l’Éthiopie, le Yémen, Oman, le Pakistan, l’Inde et le Tibet. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse annulaire du 21 juin 2020 sur le Soudan, l’Éthiopie, le Yémen, Oman, le Pakistan, l’Inde et le Tibet. Carte : Xavier Jubier.

Cette éclipse annulaire très spectaculaire, presque perlée car le diamètre apparent de la Lune sera très proche de celui du soleil, passera au-dessus des montagnes de la région de Uttarakhand en Inde, mais sous des conditions météorologiques très défavorables.

Oman sera le meilleur endroit pour observer cette éclipse, mais il fera très chaud au sud de Mascate, la capitale, tout comme en Éthiopie, ce qui permet d’envisager uniquement un déplacement de courte durée.

Le Royal Opera House Muscat. Photo : Archaeoadventures.

Le Royal Opera House Muscat. Photo : Archaeoadventures.

Eclipse Totale du lundi 14 décembre 2020

Chili –Ouest, durée 2mn 05, grandeur 1,01256, largeur 90 km, hauteur 71°, Météo : 55% Soleil

Argentine–Centre, durée 2mn 10, grandeur 1,01263, largeur 90 km, hauteur 73°, Météo : 50% Soleil

Trajectoire de l’éclipse totale de soleil du 14 décembre 2020 sur le Chili et l’Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Trajectoire de l’éclipse totale de soleil du 14 décembre 2020 sur le Chili et l’Argentine. Carte : Xavier Jubier.

Pour la troisième fois en cinq ans, l’Amérique du Sud est parcourue par l’ombre de la Lune en pleine journée à 100 km au nord de la péninsule de Valdès en Argentine. Le soleil est très haut (plus de 70°), et en cette période, la faune maritime est variée, même si les baleines et les dauphins de Commerson se font rares.

Baleine au large de la péninsule de Valdés. Photo : Theargentinaspecialists.

Baleine au large de la péninsule de Valdés. Photo : Theargentinaspecialists.

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Rédigé par David

Publié dans #Astres, #Eclipse

Publié le 6 Juin 2015

TV-Web Juin 2015 Lyrique et Musique

Mardi 02 juin 2015 sur Mezzo à 19h30
Le Roi Arthus (Chausson)

Alagna, Koch, Hampson, Dubois, de Barbeyrac
ms Vick, dir Jordan, Opéra National de Paris

Mercredi 03 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Hippolyte et Aricie (Rameau)

Degout, Connolly, Gillet, dir Haïm, ms Alexandre
Opéra National de Paris

Jeudi 04 juin 2015 sur France 3 à 1h30
La Traviata (Verdi)

Dunn, Wade, Hipp ...
dir Elder, ms Cairns - Glyndebourne 2014

Vendredi 05 juin 2015 sur France 2 à 0h30
La Force du destin (Verdi)

Luperi, Urmana, Alvarez, Stoyanov
dir Jordan, ms Auvray - Opéra National de Paris

Dimanche 07 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

dir Cambreling, ms Marthaler - Teatro Real de Madrid

Lundi 08 juin 2015 sur Arte à 00h30
Satie's fictions, promenades avec Erik Satie

Documentaire de Anna-Kathrin Peitz

Vendredi 12 juin 2015 sur France 2 à 0h30
Schumann : symph n°1 et 4

Introduction et Allegro appassionato

Vendredi 12 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Iolanta/Perséphone (Tchaikovski/Stravinsky)

dir Currentzis, ms Sellars - Teatro Real de Madrid

Samedi 13 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Parsifal (Wagner)

MET (Kaufmann, Gatti)

Dimanche 14 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
La Traviata (Verdi)

Opéra National de Paris (Damrau)

Lundi 15 juin 2015 sur Arte à 0h15
Road Movie, un portrait de John Adams

Lundi 15 juin 2015 sur Arte à 1h10
Prokofiev, Gounod, Tchaïkovski

Mardi 16 juin sur Mezzo à 20h30
Le Crépuscule des Dieux (Wagner)

MET (Owens, Meier, Morris, Voigt, Luisi)

Mercredi 17 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Hippolyte et Aricie (Rameau)

Degout, Connolly, Gillet, dir Haïm, ms Alexandre
Opéra National de Paris

Jeudi 18 juin 2015 sur France 3 à 0h30
Carmen (Bizet)

Sememchuk,Lungu, Ventre, Alvarez ...
dir Nanasi, ms Zeffirelli

Vendredi 19 juin 2015 sur France 2 à 0h30
Messe du Couronnement (Mozart)

Le Roi Etienne (Beethoven)
Bataille et Victoire (Weber)

Vendredi 19 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Aida (Verdi)

Dyka, Alvarez, dir Jordan, ms Py
Opéra National de Paris

Vendredi 19 juin 2015 sur France 3 à 20h50
Musiques en fête

En direct des chorégies d'Orange.

Samedi 20 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Le Prince Igor (Borodine)

Bolchoi de Moscou (Azizov, Shulakov, Shilova, Sinaisky)

Dimanche 21 juin 2015 sur Arte de 12h55 à 00h30
Fête de la musique

13h00 Staatskapelle de Berlin, Barenboim

15h00 La Belle Hélène (Offenbach) - Châtelet

18h40 Le manège des rochers (Bartabas) - David Penitente

20h50 La Traviata (Verdi) - ms Villazon

23h15 Les trois ténors (Rome - 1990)

Dimanche 21 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
Les Contes d'Hoffmann (Offenbach)

dir Cambreling, ms Marthaler - Teatro Real de Madrid

Mardi 23 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Rinaldo (Haendel)

Orch. of the Age of Enlightenment, ms Carsen.

Vendredi 25 juin 2015 sur France 2 à 0h30
La Gioconda (Ponchielli)

Urmana, Intino, Anastassov, Montiel, Alvarez
dir Oren, ms Pizzi - Opéra National de Paris

Samedi 27 juin 2015 sur Mezzo à 20h30
Guerre et Paix (Prokofiev)

Mariinsky de St-Petersbourg, dir Gergiev, ms Vick.

Dimanche 28 juin 2015 sur Arte à 18h30
Mondonville : In exitu Israel (extraits)

Rameau : Les Indes Galantes (extraits)
dir Christie.

Dimanche 28 juin 2015 sur Mezzo HD à 20h30
The Indian Queen (Purcell)

dir Currentzis, ms Sellars - Teatro Real de Madrid

Lundi 29 juin 2015 sur Arte à 1h00
Mahler : Symphonie n°7

Orch. du Gewandhaus de Leipzig, dir. Chailly.

Mercredi 01 juillet 2015 sur France 2 à 0h30
Strauss, Nielsen, Grieg, Sibelius

Web : Opéras en accès libre
Lien direct sur les titres et sur les vidéos
Hommage à Gerard Mortier (Théâtre de la Monnaie de Bruxelles)


Moïse et Pharaon (Opéra de Marseille) jusqu’au 03 juin 2015
La Clémence de Titus (Théâtre des Champs Elysées) jusqu’au 18 juin 2015
Artaserse de Vinci (Opéra National de Lorraine) jusqu’au 23 juin 2015
Valentina (Opéra National de Lettonie) jusqu’au 30 juin 2015


Tamerlano (La Monnaie) jusqu’au 06  août 2015
Don Quichotte de Shirley et Dino (Opéra Royal de Versailles) jusqu’au 08  août 2015
Alcina (La Monnaie) jusqu’au 10  août 2015
Médée (Bâle) jusqu’au 16  août 2015
Francesca da Rimini (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Aleko (Nancy) jusqu’au 18  août 2015
Les Fêtes Vénitiennes (Opéra Comique) jusqu’au 27 août 2015
El Publico (Teatro Real de Madrid) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Pasquale (Opéra de Vichy) jusqu'au 06 septembre 2015
Platée (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Indes Galantes (Opéra National de Paris) jusqu'au 06 septembre 2015
Les Paladins (Théâtre du Châtelet) jusqu'au 06 septembre 2015
Don Giovanni (Opéra de Monte Carlo) jusqu'au 23 septembre 2015
Alceste (La Fenice de Venise) jusqu'au 23 septembre 2015
Orfeo Chaman de Pluhar (Teatro Mayor de Bogota) jusqu'au 24 septembre 2015
Parsifal (Staatsoper de Berlin) jusqu'au 20 octobre 2015
Médée (Grand Théâtre de Genève) jusqu'au 24 octobre 2015
La Traviata (Teatro Real de Madrid) jusqu’au 09 novembre 2015
Le Roi Roger (Royal Opera House - Covent Garden) jusqu'au 17 novembre 2015
Le Roi Arthus (Opéra National de Paris) jusqu’au 02 décembre 2015
Luisa Miller (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 03 décembre 2015
Madame Butterfly (Opéra de Lille) jusqu’au 03 décembre 2015
Tosca (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 30 décembre 2015


I Capuleti e i Montecchi (La Fenice de Venise) jusqu’au 18 janvier 2016
Rigoletto (Opéra Royal de Wallonie) jusqu’au 28 mars 2016
Dardanus (Grand Théâtre de Bordeaux) jusqu’au 23 avril 2016

Ariane et Barbe-Bleue (Opéra de Strasbourg) jusqu'au 06 mai 2016

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 3 Juin 2015

Benvenuto Cellini (Hector Berlioz)
Version parisienne en deux actes
Représentation du 31 mai 2015
De Nationale Opera – Amsterdam

Benvenuto Cellini John Osborn
Giacomo Balducci Maurizio Muraro
Fieramosca Laurent Naouri
Le pape Clement VII Orlin Anastassov
Francesco Nicky Spence
Bernadino Scott Conner
Pompero André Morsch
Le Cabaretier Marcel Beekman
Teresa Mariangela Sicilia
Ascanio Michèle Losier

Direction Musicale Sir Mark Elder 
Orchestre Philharmonique de Rotterdam & Chœur du National Opera
Mise en scène Terry Gilliam (2014) 

Coproduction avec l’English National Opera et le Teatro dell’Opera di Roma

Premier opéra d’Hector Berlioz dont l’échec parisien le poussera à trouver soutien hors de France, Benvenuto Cellini a connu un nombre de modifications et de versions aussi important que le Don Carlos de Verdi.

La version que présente l’Opéra d’Amsterdam est basée sur la version originale de 1838, la version des répétitions dite Paris 1, à laquelle sont intégrés des passages ajoutés lors de la création, en 1839, comme la Romance de Cellini et l’Air d’Ascanio. Berlioz tenait énormément à ces airs.

Mariangela Sicilia (Teresa)

Mariangela Sicilia (Teresa)

Cette seconde version, dite Paris 2, aurait pu être celle retenue si elle ne comprenait pas de nombreuses modifications dues, en partie, à la censure qui ne voulait pas que l’on représente le Pape sur scène.

Au disque, il existe une version qui se rapproche de celle jouée au Nationale Opera, qui mixte le meilleur des deux versions parisiennes. Elle fut dirigée par Sir Colin Davis pour Philips en 1972, et est basée sur la version créée à Covent-Garden en 1966. Cependant, on note, à Amsterdam, un certain nombre de coupures dans le premier tableau durant les quarante premières minutes : l’air d’introduction de Balducci et l’air des masques sont écourtés, l’ensemble qui suit comprend d’importantes simplifications, et le duo entre Cellini et Teresa « Oui, la mort est éternelle » est supprimé.

Néanmoins, cette version respecte l’esprit et la dramaturgie souhaitée par Berlioz, et conserve la part de burlesque qui disparut plus tard dans la version dite de « Weimar » composée par Liszt en 1853.

Benvenuto Cellini – Photo : English National Opera

Benvenuto Cellini – Photo : English National Opera

Terry Gilliam, réalisateur de cinéma et membre des Monty Python, en est à son deuxième opéra, le premier étant ‘La Damnation de Faust’ représenté à l’English National Opera en 2011.

Son travail est d’une vitalité époustouflante, incroyable même pour une personnalité qui ne vient pas du monde du théâtre et encore moins du monde de l’opéra.

Les scènes de carnaval sont travaillées avec une rigueur invisible sous la confusion apparente des mouvements de foules, et des acrobates et contorsionnistes fascinants ajoutent une virtuosité qui démultiplie celle de la musique de Berlioz. Les caractères sensibles sont traités avec beaucoup de finesse : Teresa encore immature et narcissique,  Ascanio au cœur sur la main mais les pieds sur terre, Benvenuto Cellini romantique un peu perdu.

Mariangela Sicilia (Teresa)

Mariangela Sicilia (Teresa)

Les lumières et couleurs sont un mélange de luxuriance et d’ombres macabres, les éclairages chaleureux et dorés mettent en valeur principalement l’avant-scène, alors que l’arrière scène laisse deviner l’architecture gothique de Rome, puis, les rougeurs magmatiques de l’atelier.

Le réalisateur décrit une ambiance décadente et paillarde, et le Pape apparaît en sorte d’empereur extrême-oriental fantaisiste sensible aux formes humaines bien en chair qui meublent l’atelier du sculpteur. On peut y voir une allusion au goût du clergé catholique pour l’art humaniste de la Renaissance…Mais ce côté bouffe bien assumé a quand même pour inconvénient de provoquer les rires un peu trop faciles dans l’assistance.

John Osborn (Benvenuto Cellini) et Mariangela Sicilia (Teresa)

John Osborn (Benvenuto Cellini) et Mariangela Sicilia (Teresa)

Au final, on ne sait plus trop si l’on se trouve à la cour du Duc de Mantoue, dans la taverne d’Hoffmann ou dans la forge de Siegfried, tant cet univers est étourdissant.

Dans la fosse, l’orchestre Philharmonique de Rotterdam et Mark Elder animent la partition de Berlioz d’un courant fluide, dynamisant et caressant, qui lisse de manière très sensuelle les sonorités des instruments solos. Les noirceurs des cordes creusent également des sous-entendus maléfiques,  mais la texture d’ensemble ne détaille pas suffisamment le foisonnement novateur de la musique pour la rendre stimulante et jubilatoire.

Sur scène, Laurent Naouri brille par la clarté de sa diction, l’humour et la folie de son personnage qui éclipsent un peu tout le monde. Certes, John Osborn a de la vaillance et compose une romance empreinte d’une mélancolie faustienne qui fait ressentir le mal-être de l’artiste face à son besoin de création, mais il est loin de donner une image charismatique du sculpteur. Il apparaît plus comme un anti-héros écorché vif, un peu à la manière avec laquelle joue et chante Rolando Villazon.

John Osborn (Benvenuto Cellini)

John Osborn (Benvenuto Cellini)

Mariangela Sicilia, remplaçante de Patricia Petibon, incarne Teresa avec aisance, espièglerie et chaleur, et les rondeurs de sa voix semblent fondre en une seule voix la personnalité d’Olympia et d’Antonia, deux femmes inspiratrices des Contes d’Hoffmann. Elle a cependant plus le sens du charme que le sens de l’intelligibilité,  sens que Michèle Losier détient plus naturellement pour brosser un très touchant portrait d’Ascanio, juvénile et attendrissant.

Avec un grand sens du burlesque, Orlin Anastassov pousse son interprétation du Pape vers une caricature de mauvais goût, et semble être le contraire de Maurizio Muraro, terne et parfois inaudible. Et les seconds rôles sont d’une vitalité qui compense le manque de compréhensibilité de leurs paroles

Quant au Chœur du National Opera, il est entrainé dans un tourbillon éclatant qui doit être un régal pour les chanteurs, d’autant plus que ceux-ci sont mis en avant comme un des personnages fondamentaux de ces trois jours de fête dans les rues de Rome.

La production de Terry Gilliam sera reprise à l’Opéra Bastille lors de la saison 2017/2018, un grand spectacle parisien en perspective.

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Publié le 28 Mai 2015

Les six années de Nicolas Joel à la direction de l’Opéra National de Paris ont été vécues comme un violent contrepied artistique opposé aux cinq années de direction de son prédécesseur, Gerard Mortier.

A la rencontre du monde du théâtre européen, des problèmes de sociétés et des œuvres musicales les plus audacieuses, Nicolas Joel a en effet préféré une sensibilité avant tout vocale, proposé des ouvrages pour mettre en valeur ses artistes fétiches, et privilégié des directeurs scéniques nationaux.

Par ailleurs, un directeur adjoint, Christophe Tardieu, a été nommé pour le seconder dans la gestion administrative de la maison, induisant de fait une culture de résultat inspirée du secteur privé et appliquée à une structure publique.

Toutefois, la programmation de la dernière saison, elle, a été partiellement modifiée par le nouveau directeur, Stéphane Lissner, passé aux commandes un an plus tôt afin d’assurer la transition.

Nicolas Joel a donc été le directeur de l’Opéra de Paris de 2009 à 2014, et il reste très largement l’inspirateur de la saison 2014/2015. Sur ces 6 ans, ce sont environ 19 ouvrages lyriques qui ont été présentés chaque saison.

Cet article peut se lire comme la suite de l'article Opéra de Paris 1995-2009 : Bilan comparé Gerard Mortier / Hugues Gall .

Opéra de Paris 2009-2015 : Bilan des saisons lyriques de Nicolas Joel

La diversité des ouvrages

En 5 ans, de 2004 à 2009, Gerard Mortier proposa 98 spectacles basés sur 76 œuvres différentes et représentatives de 42 compositeurs de toutes origines.

En 6 ans, Nicolas Joel a proposé 113 spectacles composés de 85 œuvres différentes et représentatives de 42 compositeurs également.

L’ancien directeur artistique du Capitole de Toulouse aura donc monté un nombre d’ouvrages différents plus important que son prédécesseur – même en prenant en compte l’année supplémentaire dont il a bénéficié. Le nombre de compositeurs invoqués reste identique.

Cependant, si 33% de la programmation de Gerard Mortier reposait sur la reprise d’œuvres créées par Hugues Gall ou Pierre Bergé, Nicolas Joel a bâti ses saisons à 50% sur ces reprises.

La diversité des ouvrages repose donc sur un recours très important aux productions anciennes, jusqu’à la résurrection des Noces de Figaro de Giorgio Strehler (1973) ou de Salomé mis en scène par André Engel (1994).

Jommelli, Beethoven, Halevy, Charpentier, Dukas, Bartok, Martinu, Schoenberg, Szymanowski, Chostakovitch, Dallapiccola, Poulenc, Messiaen, Sciarrino, Saariaho, Haas, Boesmans ont donc disparu de la programmation.

Cependant, Ponchielli, Gounod, Bizet, Lehar, Humperdinck, Giordano, Zandonai, Mascagni, Leoncavallo, Chausson, Cilea, Zemlinsky, Ravel, Korngold, Britten, Fenelon et Mantovani entrent ou reviennent au répertoire.

Les Noces de Figaro – ms Strehler (ONP 2010)

Les Noces de Figaro – ms Strehler (ONP 2010)

L’augmentation du prix des places

Comme sous le mandat Mortier, le prix moyen des places a augmenté de 25% en 6 ans. Mais l’application de cette augmentation n’est pas répartie de la même manière.

Alors que Mortier avait préservé la part de places bon marché (10% d‘augmentation seulement sur les 500 places les moins chères), l’équipe Joel-Tardieu a augmenté de 50%, en moyenne, le prix des 500 places les moins chères.

Chaque soir, en 2014, seules 4 % des places valent moins de 30 euros, et 600 places valent moins de 75 euros pour le lyrique à Bastille.

Bien que le mécénat ait poursuivi l’accroissement de ses dons – sa contribution passant de 7 à 11 millions d’euros par an -, il n‘a pas empêché une réduction importante de l‘accessibilité aux personnes les moins fortunées.

Et alors que la masse salariale a grimpé de 10 millions d’euros en 5 ans, la subvention d’état a baissé de 9 millions d’euros sur la même période, alors qu‘elle avait toujours accompagné, jusqu‘à présent, le mouvement des salaires.

C’est donc progressivement un manque à gagner de 19 millions d’euros annuels qu’il a fallu compenser.

Salle de l‘Opéra Bastille (Tous à l’Opéra – 2015)

Salle de l‘Opéra Bastille (Tous à l’Opéra – 2015)

 

L’Opéra du XVIIe et XVIIIe siècle

 

Avec Nicolas Joel, les deux premiers siècles de l’histoire de l’Opéra représentent 20% de la programmation, comme cela fut le cas avec Mortier et Gall.

Mozart, Rameau et Haendel constituent la majorité des auteurs programmés, Gluck se maintient et bénéficie d’une nouvelle production d’Alceste – mise en scène par Olivier Py -, ainsi que Monteverdi avec la nouvelle production du Couronnement de Poppée mis en scène par Robert Wilson.

A Paris, le Théâtre des Champs-Élysées consacre 50% de ses ouvrages à ce répertoire majeur, ce qui est son rôle reconnu.

 

Le Couronnement de Poppée – ms Robert Wilson (ONP 2014)

Le Couronnement de Poppée – ms Robert Wilson (ONP 2014)

L’Opéra du XIXe siècle

Par goût, Nicolas Joel augmente alors la part de l’Opéra du XIXe siècle, en le distribuant sur plus de 50% de sa programmation comme le faisait Hugues Gall.

Berlioz ne se maintient plus qu’avec un ouvrage, Roméo et Juliette chorégraphié par Sasha Waltz, mais Gounod, Bizet et Massenet sont à l’affiche à plusieurs reprises.

Ils seront les auteurs liés à la controverse sur les choix artistiques de Nicolas Joel, car les nouvelles productions de Faust, Carmen, Manon mises en scène par des directeurs français, respectivement Jean-Louis Martinoty, Yves Beaunesne et Coline Serreau, seront les pires réalisations scéniques de son mandat, mettant en danger la motivation et le talent des chanteurs.

Anna Caterina Antonacci souffrit beaucoup de ce Carmen, elle se rattrapera six mois plus tard en interprétant une grande Pénélope (Gabriel Fauré) au Théâtre des Champs-Élysées. Elle reprendra ce rôle à Strasbourg, en octobre 2015, dans une mise en scène d’Olivier Py.

I Puritani – Maria Agresta & Dmitry Korchak (ONP – 2013)

I Puritani – Maria Agresta & Dmitry Korchak (ONP – 2013)

Bellini et Rossini seront cependant à la fête (I Puritani, I Capuleti e i Montecchi, la Sonnambula, L’Italienne à Alger, la Cenerentola, la Donna del lago, le Barbier de Séville), auteurs d’un répertoire belcantiste et virtuose, mais peu dramatique.

En revanche, Verdi, le grand dramaturge du XIXe siècle avec Wagner, ne représente plus que 8% du répertoire de l‘Opéra de Paris (15% avec Hugues Gall et Gerard Mortier), et aucun de ses opéras de jeunesse, c’est-à-dire ceux qui précèdent Luisa Miller, n‘est joué.

Cependant, Aida et la Force du Destin font leur retour à l’Opéra National de Paris dans de nouvelles productions, sous la direction de Philippe Jordan.

La Forza del Destino – Violeta Urmana (ONP – 2011)

La Forza del Destino – Violeta Urmana (ONP – 2011)

L’Opéra du XXe et XXIe siècle

Sous Nicolas Joel, le répertoire du XXe et XXIe siècle perd en représentativité pour revenir à la part que lui consacrait Hugues Gall, soit 25% des soirées.

Trois ouvrages de Janacek sont repris (La Petite Renarde Rusée, Katia Kabanova, L’Affaire Makropoulos), Britten revient sur scène (Billy Budd), Strauss reste très présent, mais globalement, la part du répertoire slave du XXe siècle est réduite de moitié.

Billy Budd – Lucas Meachem (ONP – 2010)

Billy Budd – Lucas Meachem (ONP – 2010)

Les œuvres tardives de Puccini, Il Trittico et La Fanciulla del West, entrent au répertoire, et Nicolas Joel met en scène la création d’Akhmatova sur la musique de Bruno Mantovani. Cet hommage à la poétesse russe est un moment fort qui rend palpable son univers mélancolique et son amour de la vie.

Enfin, une splendeur est créée sur la scène de l’Opéra Bastille : Mathis der Maler. Olivier Py réalise une magnifique mise en scène de cet opéra de Paul Hindemith, où il y trouve tous les thèmes qu’il affectionne, les guerres de religions, la révolte, l’oppression nazi, l’art et l’amour.

Après la belle mise en scène de Cardillac conçue par André Engel, Hindemith a dorénavant deux productions éblouissantes à l’opéra de Paris.

Mathis der Maler – Matthias Goerne, ms Olivier Py (ONP – 2010)

Mathis der Maler – Matthias Goerne, ms Olivier Py (ONP – 2010)

L’Opéra Français

Beaucoup attendaient de Nicolas Joel un renforcement de l’opéra français. Il ne représente cependant qu’à peine 20% de la programmation, ce qui est un peu plus qu’avec Gerard Mortier (15%), mais moins qu’avec Hugues Gall (25%).

Néanmoins, les nouvelles productions d’opéras français sont confiées à des metteurs en scène nationaux. Si Werther (Benoit Jacquot) et Alceste (Olivier Py) sont bien défendus, Faust, Manon, Carmen ne le sont pas.

Seul opéra français dirigé par un metteur en scène britannique, Le Roi Arthus est interprété  – par Jordan, Alagna, Koch, Hampson – avec une telle magnificence, qu’il surmonte la déception visuelle.

Pelléas et Mélisande – Stéphane Degout (ONP – 2015)

Pelléas et Mélisande – Stéphane Degout (ONP – 2015)

Pelléas et Mélisande, repris deux fois de la production de Robert Wilson (1997), sous la direction de Philippe Jordan et sous le charme d’Elena Tsallagova et de Stéphane Degout, est aussi une des grandes reprises de ce mandat.

Un DVD immortalise cette production, résultat d’une compétition avec le Teatro Real de Madrid où Mortier monta la version pour ténor – Yann Beuron – dans la même mise en scène.

Autre production enregistrée en DVD, Werther, chanté par Jonas Kaufmann sous la direction de Michel Plasson, est unanimement reconnue.

Werther – Jonas Kaufmann (ONP – 2010)

Werther – Jonas Kaufmann (ONP – 2010)

L’Opéra Italien

L’Opéra italien est le genre dominant, voir écrasant, du mandat de Nicolas Joel. Avec plus de 50% des soirées à lui seul, il est plus représenté que sous Hugues Gall (45%) et Gerard Mortier (40%).

Giuseppe Verdi est certes moins joué qu'au cours des 20 années précédentes, mais deux ouvrages symbolisant l’héritage de Verdi sont interprétés sur la scène de Bastille : La Gioconda (Ponchielli) et Francesca da Rimini (Zandonai).

Ce dernier opéra est, comme le Roi Arthus l'est pour la France, le témoignage d’une volonté d’intégrer le wagnérisme dans le renouvellement de l’art lyrique national.

C’est par ailleurs dommage qu’il n’y ait pas eu une volonté dramaturgique de rapprocher ces œuvres.

I Pagliacci – Vladimir Galouzine (ONP – 2012)

I Pagliacci – Vladimir Galouzine (ONP – 2012)

En parallèle de Verdi et de ses successeurs, Nicolas Joel introduit le vérisme à l’Opéra National de Paris, Andrea Chénier, Cavalleria Rusticana, Paillasse, Adrienne Lecouvreur, genre absent depuis 20 ans.

Cependant, La Wally, prévue pour la dernière saison, est supprimée par Stéphane Lissner.

Il double également la présence de Puccini, en en faisant, pour la première fois, le compositeur italien le plus représenté (11%).

Le Triptyque – Oksana Dyka ( ONP – 2010)

Le Triptyque – Oksana Dyka ( ONP – 2010)

L’Opéra Allemand

Avec un peu moins de 25% de la programmation, l’Opéra Allemand est légèrement plus à l‘affiche que sous Mortier ou Gall (20%).

Les productions de Strauss d’Hugues Gall et de Pierre Bergé sont à nouveau réemployées (deux productions différentes de Salomé, deux reprises d’Ariane à Naxos, une reprise de Capriccio), et deux coproductions d’Arabella et d’Elektra en provenance respectivement de Graz et de Florence sont données à Bastille.

La Walkyrie – ms Günter Krämer ( ONP – 2010)

La Walkyrie – ms Günter Krämer ( ONP – 2010)

Mais pour la première fois depuis 50 ans, l’Anneau des Nibelungen est joué intégralement à l’Opéra National de Paris.

La tétralogie de Richard Wagner occupe ainsi la moitié des saisons de Nicolas Joel, et la mise en scène de Günter Krämer en donne une couleur fortement germanique bien plus intéressante que les versions tape-à-l‘œil de Robert Lepage à New-York ou de Guy Cassier à Milan et Berlin.

Tristan et Isolde, dans la mise en scène de Peter Sellars et de Bill Viola, est repris un mois après la disparition de Gerard Mortier, et deux mois après sa reprise au Teatro Real de Madrid.

Tristan & Isolde – Violeta Urmana, Robert Dean Smith (ONP – 2014, reprise de la production de Bill Viola et Peter Sellars – 2005)

Tristan & Isolde – Violeta Urmana, Robert Dean Smith (ONP – 2014, reprise de la production de Bill Viola et Peter Sellars – 2005)

Bien que complètement opposé aux conceptions du directeur flamand, Nicolas Joel lui rendra hommage à la première de Tristan, par une minute de silence, et les artistes, Violeta Urmana, Robert Dean Smith et Philippe Jordan, vont se surpasser pour laisser au public un des plus beaux souvenirs de cette période.

En revanche, la production de Parsifal dans la mise en scène de Krzysztof Warlikowski a été détruite. Un dommage irréparable et irrespectueux pour les spectateurs qui ont apprécié ce spectacle comme pour les citoyens qui ont contribué à son financement public.

Hors Wagner et Strauss, les deux chefs-d’œuvre d’Alban Berg, Wozzeck et Lulu, sont repris, et Die Tote Stadt d’Erich Wolfgang Korngold est représenté dans la belle production de Willy Decker.

Die Tote Stadt – Stéphane Degout (ONP – 2009)

Die Tote Stadt – Stéphane Degout (ONP – 2009)

L’Opéra Slave

Mis à l’honneur avec 20% de la programmation par Gerard Mortier, l’opéra slave est le grand perdant du mandat de Nicolas Joel.

Sa présence est réduite de deux tiers (plus que 7% des spectacles), et aucune nouvelle production ou coproduction ne lui est dédiée.

Et toutes les œuvres reprises sont des ouvrages joués sous le mandat de Gerard Mortier, hormis la Khovantchina mise en scène par André Serban. Cette reprise remplacera la nouvelle production de la Légende de la ville invisible de Kitezh initialement prévue.

La Dame de Pique – Vladimir Galouzine, Larissa Diadkova (ONP – 2012)

La Dame de Pique – Vladimir Galouzine, Larissa Diadkova (ONP – 2012)

Les reprises et nouvelles productions

En moyenne, Nicolas Joel a présenté 7 nouvelles productions par an, c’est-à-dire le niveau minimum de nouveautés, très en dessous des 10 productions par an de Gerard Mortier.

Et seule la moitié de ces productions sont des Nouvelles Productions de l’Opéra National de Paris. Beaucoup viendront de Toulouse, Londres, Vienne et d’autres théâtres européens.

50% des spectacles sont donc des reprises des productions d’Hugues Gall, Pierre Bergé, Gerard Mortier, et même Rolf Liebermann (Les Noces de Figaro).

Cependant, nombre de ces reprises vont être très bien distribuées et laisser le souvenir de très grandes soirées : Billy Budd (Meachem,Tate), Les Noces de Figaro (Tézier, Pisaroni), La Dame de Pique (Galouzine, Guryakova, Jurowski), Ariane à Naxos (Mattila, Vogt), Luisa Miller (de Biasio, Stoyanova), Rusalka (Aksenova, Hrusa), La Clémence de Titus (d’Oustrac, Gerzmava), Lucia di Lammermoor (Yoncheva, Fabiano), Pelléas et Mélisande (Degout, Tsallagova, Jordan), Tristan et Isolde (Urmana, Dean Smith, Jordan), Lulu (Aikin, Schonwandt).

Lucia di Lammermoor – Sonya Yoncheva (ONP – 2013)

Lucia di Lammermoor – Sonya Yoncheva (ONP – 2013)

Quant aux nouvelles productions, elles vont souffrir de la préférence de Nicolas Joel pour les metteurs en scène nationaux, métier qu’il reprendra lui-même pour Mireille, en ouverture de mandat, et Akhmatova.

Les productions de Jean-Louis Martinoty, Yves Beaunesne et Coline Serreau pour Faust, Carmen et Manon seront une catastrophe.

Celles de Jean-Claude Auvray, Marianne Clément, Zabou Breitman, Laurent Pelly, Pierre Audi et Benoit Jacquot, respectivement pour La Force du destin, Hansel et Gretel, L’enlèvement au sérail, Jules César et Les Puritains, Tosca et Traviata ne soulèveront pas l’enthousiasme non plus.

Restent les productions confiées à Olivier Py, véritable homme de théâtre, avec lesquelles Mathis le peintre, Alceste, et la très controversée Aida empreinte de colonialisme, auront enchanté ou secoué le public.

Le Ring et Le Roi Arthus, dirigés par Philippe Jordan, seront confiés respectivement à Günter Krämer et Graham Vick, mais il est peu probable qu’ils soient repris.

Aida – ms Olivier Py – Oksana Dyka (ONP – 2013)

Aida – ms Olivier Py – Oksana Dyka (ONP – 2013)

Vers un retour sur la scène internationale

Après le passage de Gerard Mortier et sa vision dramatique de la condition humaine, l’orientation de Nicolas Joel et de Christophe Tardieu a donné le sentiment d’une plus grande légèreté dans le choix des œuvres afin de privilégier la rentabilité financière de l’Opéra national de Paris.

Le doublement de la présence de Puccini et de Rossini, fait bien plus marquant que l’introduction du répertoire purement vériste, le recours quasi-exclusif à des metteurs en scène français, la reprise d’un nombre record d’anciennes productions, la réalisation d’une seule création mondiale, sont les signes d’un goût modéré pour la prise de risques.

Cela a du bon quand il s’agit de donner de l’éclat à des reprises illuminées par l’interprétation orchestrale et vocale, ce qui a souvent été le cas.

Il s’agit ici de la réussite incontestable de Nicolas Joel.

On pardonne donc d’autant moins les ratages scéniques des nouvelles productions d’opéras français, survenus à mi-parcours, alors que, grand paradoxe, la première saison Joel a été couronnée par le prix du syndicat de la critique pour la production de Werther (mis en scène par Benoit Jacquot) réunissant Michel Plasson, Jonas Kaufmann, Sophie Koch, Anne Catherine Gillet et Ludovic Tézier.

Alceste – ms Olivier Py – Sophie Koch (ONP – 2013)

Alceste – ms Olivier Py – Sophie Koch (ONP – 2013)

Seul Olivier Py a sauvé l’image du théâtre français, et l’on se demande toujours pourquoi Jean-François Sivadier, Vincent Boussard et Stéphane Braunschweig ne sont pas invités à l’Opéra National de Paris, alors qu’ils sont des directeurs plus subtils que ceux dont on a vu le travail ces dernières saisons ?

L’Opéra est théâtre et il n’est plus possible de le penser aujourd’hui autrement s’il n’est pas raccroché à notre monde. Gerard Mortier l’a prouvé, et son héritage est précieux pour nombre d’artistes.

Cela est d’autant plus vrai que l’Art lyrique est un art fragile et couteux, que l’on ne peut justifier uniquement, même s’il en est la base fondamentale, par le seul choix des interprètes musicaux.

Le Roi Arthus – ms Graham Vick – Roberto Alagna (ONP – 2015)

Le Roi Arthus – ms Graham Vick – Roberto Alagna (ONP – 2015)

Et malgré un Ring musicalement fabuleux, la grande fresque de Mathis der Maler et la résurrection du Roi Arthus, il y a maintenant nécessité à retisser les liens avec ce qui s’est construit jusqu’en 2009, tout en conservant le meilleur du passage de Nicolas Joel.

Stéphane Lissner est nommé pour cette tâche jusqu’en 2021, Philippe Jordan l’accompagnera jusqu’à cette échéance – une chance fantastique -, et c’est à lui maintenant de donner cohérence et sens à la vie artistique de l’Opéra National de Paris.

Cela commencera, la saison prochaine, par le retour de grands metteurs en scène internationaux, Dmitri Tcherniakov, Krzysztof Warlikowski, La Fura dels Baus, Claus Guth, Stefan Herheim, Alvis Hermanis, Katie Mitchell, Romeo Castellucci, Calixto Bieito, et par la présence de quatre œuvres de Verdi, compositeur fortement lié à l’histoire de notre Opéra.

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Publié le 17 Mai 2015

Le Roi Arthus (Ernest Chausson)
Répétitions piano et générale des 09 et 13 mai 2015
Représentation du 16 mai 2015

Genièvre Sophie Koch
Arthus Thomas Hampson
Lancelot Roberto Alagna
Mordred Alexandre Duhamel
Lyonnel Stanislas de Barbeyrac
Allan François Lis
Merlin Peter Sidhom
Le laboureur Cyrille Dubois
Un Chevalier Tiago Matos
Un Ecuyer Ugo Rabec

Mise en scène Graham Vick
Direction musicale Philippe Jordan

Nouvelle production                                                        Roberto Alagna (Lancelot)

C’est à une semaine entièrement dédiée à la création du Roi Arthus sur la grande scène de l’Opéra Bastille que le public curieux a été convié depuis le week-end Tous à l’Opéra ! du 9 et 10 mai, jusqu’à la première représentation le week-end d’après.

Parrain de la neuvième édition d’une manifestation couverte par une centaine de maisons lyriques en Europe, le directeur musical de l’Opéra National de Paris et du Wiener Symphoniker, Philippe Jordan, s’est considérablement impliqué, aussi bien dans les médias que sur scène, pour faire partager sa passion de la musique.

Roberto Alagna (Lancelot)

Roberto Alagna (Lancelot)

Ainsi, a t-il proposé de mener une master-classe à l’amphithéâtre Bastille, afin de faire progresser au chant de Mozart des élèves de l’Atelier Lyrique, non sur le plan de la pure technique vocale, mais plutôt par l’analyse de la logique rythmique et expressive de son écriture musicale. Pour l’auditeur, la confrontation directe aux exigences de cet art fragile change le regard qu’il peut avoir sur l’interprète comme sur l’interprétation.

Mais la veille, durant tout le samedi après-midi, le public a eu également la chance d'investir les deux balcons de la salle principale, afin d’assister à la répétition piano des deux premiers actes du Roi Arthus, l’unique opéra d’Ernest Chausson.
Sans l’orchestre, et accompagnés seulement par une pianiste talentueuse jouant depuis la fosse déserte, les artistes ont donc pu répéter par intermittences, sous la supervision de Graham Vick, le metteur en scène, et sous le regard bienveillant de Philippe Jordan.

Adriana Gonzales (Soliste) et Philippe Jordan – Master-classe Tous à l’Opéra!

Adriana Gonzales (Soliste) et Philippe Jordan – Master-classe Tous à l’Opéra!

Roberto Alagna, chantant avec une aisance déconcertante, nous a prouvé avec quelle évidence il tient un rôle immense, à croire qu’il fut écrit pour lui.

Puis, quatre jours plus tard, la répétition générale publique permit de faire découvrir aux parisiens la version intégrale d’un opéra jamais représenté sur la scène de l’Opéra National de Paris. Le premier rapport avec cette œuvre, pour les connaisseurs de la musique de Wagner, est de constater dans quelle mesure l’imaginaire musical d’Ernest Chausson a subi l’influence prégnante de son modèle allemand, que ce soit par le duo de Tristan et Isolde au premier acte, les préludes névrotiques des seconds actes de Lohengrin et de Siegfried qui enchainent des motifs inquiétants de violoncelles et de contrebasses suivis des convolutions du basson dans le troisième acte, les enchantements lumineux inspirés par Parsifal ou Lohengrin, et par un enchevêtrement incessant de références sans, toutefois, la récurrence de leitmotivs facilement identifiables.

Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Le prolongement du Roi Arthus dans l’histoire de Tristan et Isolde est clair, comme le fut l'évolution de Tristan en chevalier de la cour du Roi par des poètes médiévaux. L’évocation des combats avec l’envahisseur saxon permet également de situer l’action au VIe siècle, et il n’est guerre question d’un filtre pour unir les deux amants, sinon, que l’amour de Lancelot et Genièvre prend sa source dans l’amour et l’admiration qu’ils portent à un même homme, un Roi.

Mais c'est à la première représentation du samedi 16 mai que nous allons entendre une restitution musicale miraculeuse.

Depuis son passage à Bayreuth, en 2012, où il dirigea Parsifal dans la dernière reprise de la mise en scène de Stefan Herheim – une lecture fantastico-historique de l’histoire allemande du XXe siècle -, Philippe Jordan a considérablement fait évoluer sa direction, et gagner en ampleur et richesse de timbres, ce qui nous a valu une reprise de l’Anneau des Nibelungen fabuleuse à l’Opéra Bastille l’année suivante.

Roberto Alagna (Lancelot) et Sophie Koch (Genièvre)

Roberto Alagna (Lancelot) et Sophie Koch (Genièvre)

Toutes ses interprétations d’opéras symphoniques tels Tristan et Isolde ou Pelléas et Mélisande en font des mondes immersifs fascinants, et le Roi Arthus est à nouveau un ouvrage dont sa lecture va rester dans les mémoires et l’histoire de l’Opéra.

Car dès l’ouverture, la fluidité allante de l’orchestre déroule une légèreté grisante, suivie par l’introduction d’un chœur éclatant et sans limites, encore plus puissant que dans Les Troyens de Berlioz. L’auditeur est alors saisi par un ensemble de plans sonores spectaculaires ou irréels, un univers qui démultiplie les mouvements instrumentaux tout en les unifiant par une architecture d’ensemble qui wagnérise considérablement la musique d’Ernest Chausson, sans l’alourdir pour autant.

Sophie Koch (Genièvre)

Sophie Koch (Genièvre)

Il suffit ainsi de se laisser submerger par le lyrisme de l’interlude du deuxième acte qui suit l’échange conflictuel et passionnel entre Lancelot et Genièvre, pour y vivre une émotion aussi puissante que celle des adieux de Wotan à Brunhilde dans la Walkyrie.

Énergie et hédonisme se rejoignent en une grande fresque épique et romantique peinte de couleurs flamboyantes et d’une profusion d’ornements, alors que la violence sous-jacente des sentiments sublime le rythme du discours musical qui aurait pu se complaire dans une esthétique purement poétique.

Le drame gagne en corps et en esprit, et il est fort probable que si le compositeur avait pu assister à cette représentation, ses propres débordements d’émotion lui auraient tiré des pleurs de joie.

Thomas Hampson (Arthus), Roberto Alagna (Lancelot) et Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Thomas Hampson (Arthus), Roberto Alagna (Lancelot) et Stanislas de Barbeyrac (Lyonnel)

Et ce Roi Arthus est de surcroît défendu par une distribution exceptionnelle qui se surpasse dès ce premier soir.

Roberto Alagna est d’une profondeur impressionnante, son chant, une référence à vie pour sa clarté de diction et ses belles couleurs fauves, et le personnage de Lancelot l’enrichit car il lui permet à la fois de jouer avec cœur les grands élans chevaleresques hors du temps qu’il affectionne, mais également de gagner en théâtralité par sa manière de décharger des accumulations de tension très crédibles et très surprenantes chez lui.

Il donne tout avec une intense générosité à laquelle se rallie Sophie Koch dans un état de surtension elle aussi incroyable. Les aigus flambent à travers la salle, sa fierté rayonnante imprègne Genièvre dès le duo du premier acte, puis, elle se transforme en une Vénus dominante et extraordinaire au deuxième acte quand elle sent qu’elle perd Lancelot, et livre un portrait pathétique et bouleversant au dernier acte comme l’était sa Charlotte dans Werther.

Thomas Hampson (Arthus)

Thomas Hampson (Arthus)

Ces deux immenses personnages gravitent autour d’un Thomas Hampson vaillant et vocalement intègre, chantant dans une langue qu’il a toujours affectionné au cours de sa carrière, depuis le Don Carlos interprété avec Roberto Alagna au Théâtre du Châtelet en 1996.

Il brosse une ligne noble, charmeuse et quelque peu innocente du Roi Arthus, ne lui laissant des noirceurs névrotiques qu’au cours de l’entrevue avec Merlin ainsi qu'au dernier acte. Ses affectations impressionnantes donnent cependant le sentiment qu’il recherche plus l’effet que le réalisme psychologique. Il a en fait quelque chose de Philippe II aussi bien au cours de sa rencontre avec l’enchanteur Merlin, tenu par un Peter Sidhom complexe et dépressif – un échange à la hauteur du duo Empereur/Inquisiteur de Don Carlos –, qu'à son grand moment d’abandon final.

Cyrille Dubois, Stanislas de Barbeyrac, Sophie Koch et Roberto Alagna

Cyrille Dubois, Stanislas de Barbeyrac, Sophie Koch et Roberto Alagna

Et les seconds rôles sont défendus par des chanteurs issus de l’Atelier Lyrique, tous resplendissants. Alexandre Duhamel est un jeune Mordred noir et humain, Cyrille Dubois un laboureur splendide et incroyablement poétique – son passage en arrière scène évoque l’appel lunaire du marin dans Tristan et Isolde -, et Stanislas de Barbeyrac offre une très belle émission colorée et légèrement sombre, dont il travaille maintenant la teneur dramatique, qui laisse présager un futur grand Cassio.

Avec un Orchestre et un Chœur de l’Opéra National de Paris monumentaux et inflexibles, tous ces artistes se surpassent pour une œuvre qui vaut un tel investissement musical et interprétatif.

Cyrille Dubois, Philippe Jordan, Sophie Koch, Roberto Alagna

Cyrille Dubois, Philippe Jordan, Sophie Koch, Roberto Alagna

Face à ce déferlement de beautés sonores, les décors, costumes et lumières de la mise en scène de Graham Vick jurent par leur contemporanéité et leur détachement avec ce que l’on entend. Rarement se fondent-ils dans la musique, mais le propos est cohérent.
Le régisseur britannique suit une logique qui montre comment le rêve de bonheur très bourgeois du Roi Arthus – la construction d’une maison, son ameublement avec son canapé et ses petits meubles en bois, son jardin de fleurs jaunes anecdotique – a quelque chose de dérisoire, et va être pulvérisé par l’histoire d’amour entre son ami et sa femme, puis par la guerre.

Philippe Jordan

Philippe Jordan

Au fur et à mesure des scènes, le décor éclate, l’illusion du sens de l’honneur explose – la demeure sort du champ d’épées entourant la table ronde – et ne restent que des débris et un canapé calciné à la fin.

On rêve d’un Bill Viola et d’un Peter Sellars à la mise en scène, tant Philippe Jordan aura été prodigieux.

 

Diffusion de la représentation du 02 juin en direct sur Culturebox, et en différé sur France Musique le samedi 06 juin.

 

 

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