Publié le 29 Mai 2011

Samedi 4 juin 2011 sur France 3 à 00H10
L'enlèvement au sérail (Mozart)
Enregistré à l'Opéra de Rennes en mai 2011.

Avec Jean-Michel Fournereau, Susanne Elmark, Géraldine Casey, Mark Milhofer, direction Stuart Bedford, mise en scène Vincent Vittoz.

 

Samedi 4 juin 2011 sur Arte à 20H40
Louis II de Bavière
Selon Verlaine, il fut "le seul vrai roi de ce siècle". Qui était Louis II, souverain fou pour les uns, génial pour les autres ?

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 09H50
Folle journée 2009
Anne Queffélec et Tatjana Vassiljeva interprètent Bach

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 10H30
Deszö Ránki & Edit Klukon
Concertos pour 2 claviers de J.S. Bach

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 11H15
L'orchestre à cordes Kremerata Baltica exécute une vibrante ode au printemps, sous l'égide du violoniste Gidon Kremer.

Dimanche 5 juin 2011 sur Arte à 19H15
Des musiciens de l'Orchestre philharmonique de Vienne interprètent, dans un café viennois, les splendides valses de Strauss adaptées par Schönberg, Berg et Webern. 

 

Mardi 07 juin 2011 sur France 2 à 00H20
Le Ballet de l'Opéra de Lyon

 Le Ballet de l'Opéra de Lyon est le plus grand ballet français, après celui de l'Opéra de Paris. Grand par sa taille (35 danseurs) mais grand aussi par le répertoire exceptionnel qui est le sien: un répertoire exclusivement contemporain. Et il est le seul en Europe (et même au monde) à proposer un tel répertoire. 

 

Mardi 07 juin 2011 sur Arte à 00H20
L'art de Chopin
Avec Arthur Rubinstein, Bella Davidovich, Evgeny Kissin, Garrick Ohlsson, Ivo Pogorelich, Krystian Zimerman, Martha Argerich, Maurizio Pollini, Murray Perahia, Piotr Anderszewski, Sviatoslav Richter, Vladimir Horowitz, Yuja Wang

Jeudi 09 juin 2011 sur TF1 à 02h35

Les Paladins (Rameau)

Par l'ensemble Les Arts florissants, direction William Christie.

Avec Topi Lehtipuu, Stéphanie d'Oustrac, Laurent Naouri.

Mise en scène José Montalvo. Théâtre du Châtelet (2004). 

 

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 09H30
Sviatoslav Richter interprète Mozart & Chopin

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 10H25
Récital du pianiste Emil Guilels

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 11H15
Christian Zacharias & Friends à La Roque d'Anthéron
Scarlatti - Sonate en la majeur K322

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 19H15
Evgeny Kissin interprète le Concerto n° 2 de Chopin

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 20H40
Billy Elliot

Dimanche 12 juin 2011 sur Arte à 22H30
Des favelas de Rio à New York, une année dans la vie de deux jeunes Brésiliens dont le rêve est de devenir danseurs de ballet. Un film superbe qui touche au coeur et aux inégalités sociales.

Lundi 13 juin 2011 sur Arte à 22H35
Valery Gergiev
On l'appelle le "tsar de la musique russe" : un portrait inédit du chef d'orchestre Valery Gergiev, par le grand documentariste Allan Miller.

Lundi 13 juin 2011 sur Arte à 23H30
Anselm Kiefer
Un voyage à travers l'oeuvre monumentale d'Anselm Kiefer, une véritable immersion dans son processus de création "alchimique".

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 10H10
Boulez dirige Debussy

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 11H05
Gennadi Rodjestvenski

Dimanche 19 juin 2011 sur Arte à 19H15
Carlos Kleiber dirige Brahms
Un concert exceptionnel de chants polyphoniques occidentaux dans la quiétude d'anciens monastères en Iran. 

 

Lundi 20 juin 2011 sur France 3 à 20h35
Fête de la musique en direct d'Orange
Avec des extraits de Carmen, de Bizet, Le Cancan, d'Offenbach, La Traviata, de Verdi... Roberto Alagna interviendra en duplex depuis l'opéra de Marseille, où il interprète Le Cid. Montserrat Caballé sera la marraine de la soirée.


Lundi 20 juin 2011 sur Arte à 22H20
Carlos Kleiber
Un portrait intrigant de Carlos Kleiber, citoyen du monde et chef d'orchestre d'exception.

 

Mercredi 22 juin 2011 sur Arte à 03H20
Rufus Wainwright
Icône sur le continent américain, adoré en Angleterre - Elton John le considère comme "le meilleur auteur-compositeur du monde" -, Rufus Wainwright connaît en France un succès grandissant. Découvrez ce surdoué séduisant en live. (Réalisé en 2007) 

 

Samedi 25 juin 2011 sur France 3 à 00H50 

L'Heure de Béatrice Uria-Monzon  

 

Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 10H10
Mozart à Aix-en-Provence


Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 10H55
Magdalena Kozena chante Haydn

 

Dimanche 26 juin 2011 sur Arte à 19H15
David Fray enregistre Jean-Sébastien Bach 

 

Lundi 27 juin 2011 sur Arte à 23H45
 Wayne Mcgregor 

Une pensée en mouvement. 

 

Mardi 28 juin 2011 sur France 2 à 00H40
L'Homme à tête de Choux

Par le choeur de l'Opéra National de Bordeaux. Chorégraphie de Jean-Claude Gallotta.

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 22 Mai 2011

I due Foscari (Giuseppe Verdi)
Version concert du 21 mai 2011
Théâtre des Champs Elysées

Le Doge Francesco Foscari Anthony Michaels-Moore
Jacopo Foscari Ramon Vargas
Lucrezia Contarini Manon Feubel
Jacopo Loredano Marco Spotti
Barbarigo / Fante Ramtin Ghazavi

Direction musicale Daniele Callegari
Orchestre National de France
Choeur de Radio France direction Alberto Malazzi

 

Manon Feubel (Lucrezia Contarini)

A partir de 1844, le jeune Verdi acquiert un rythme créatif qui le conduit à composer deux ouvrages par an jusqu’à son dernier opéra patriotique, La Battaglia di Legnano.

Sixième opéra du compositeur,  I due Foscari nous immerge dans l’atmosphère triomphante de Venise à son apogée - la république de Gênes, patrie de Simon Boccanegra, est définitivement vaincue -, un demi siècle avant l’amorce de son déclin face, notamment, à la montée de la domination ottomane évoquée dans la tragédie d‘Otello.

La construction dramatique du livret rappelle celle des toutes premières tragédies grecques, le chœur, omniprésent, décrit l’ambiance ou bien souligne l’action, et l’on assiste à une progression de plus en plus oppressante - l’accusation et l’arrestation de Jacopo Foscari,  l’intervention auprès du Doge et la plaidoirie devant le Conseil de Lucrezia, la condamnation à l’exil, la confession du véritable criminel -, qui se conclut par la mort du fils Foscari, et de celle du père après l’élection de son successeur.

Anthony Michaels-Moore (Le Doge Francesco Foscari)

Anthony Michaels-Moore (Le Doge Francesco Foscari)

Daniele Callegari délivre une enthousiasmante lecture, svelte et énergique, inévitablement tonitruante et enlevée quand les solistes et les choristes s’allient aux musiciens pour faire ressortir la puissance vitale qui irrigue la partition.

Comme nous avons pu le constater encore récemment dans Madame Butterfly, Anthony Michaels-Moore n’a rien perdu de sa capacité à incarner une figure morale par le sens qu’il donne à la moindre phrase exprimée avec une émotion palpable, et lisible même sur le visage. Pourtant, il ne bouge quasiment pas. On croirait entendre le vieux Germont.

Cependant, même si des instabilités se manifestent, sa voix contient un grain et une sorte de retenue qui imposent une stature d’homme digne, ému, mais qui vacille en opposant résistance à la machination qui détruit sa vie.

Avec son allure de bon élève, Ramon Vargas restitue superbement la richesse d’un personnage vocalement étoffé, bien que l’impact des aigus soit nettement limité, sans que le drame ne soit aussi profondément sensible que dans l’interprétation d’Anthony Michaels-Moore.

De toute évidence, le Loredano de Marco Spotti possède une assise vocale implacable, et Manon Feubel, dont tout le rôle consiste à apporter l’énergie combative et l’espoir qui manquent aux deux hommes, offre d'amples fulgurances particulièrement bien maîtrisées, et ne semble gênée que dans la célérité des cabalettes.

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Publié le 10 Mai 2011

Persona.Marilyn (Krystian Lupa)
Représentation du 06 mai 2011
Théâtre Nanterre-Amandiers

Marilyn Sandra Korzeniak
Paula Katarzyna Figura
André de Diebes Piotr Skiba
Docteur Ralf Greenson Wladyslaw Kowalski
Francesco Marcin Bosak

et Krzysztof Dracz, Adam Graczyk, Henryk Niebudek, Jolanta Olszewska, Agnieszka Roszkowska, Andrzej Szeremeta, Marcin Tyrol, Agnieszka Wosińska, Małgorzata Maślanka, Pawel Miskiewicz

Texte, scénographie et mise en scène Krystian Lupa
Musique Pawel Szymanski, Costumes Piotr Skiba, Vidéos Jan Przyluski

Production Teatr Dramatyczny

Tout se passe dans un ancien studio, au milieu duquel quatre tables sont réunies pour former un autel improvisé, une bulle pour que Marilyn puisse laisser son corps exprimer la mouvance de son âme.

Lorsqu’elle allume la radio, on entend une voix caressante, jeune, chanter avec douceur The Man I love. Un piano l’accompagne, et chaque note emplit de solitude et de nostalgie son écoute. Maybe i shall meet him Sunday, Maybe Monday, oh maybe not… sont quelques mots qui suggèrent subtilement les sentiments d’attente avec lesquels elle apparaît.

Par soucis de vraisemblance, Krystian Lupa aurait pu choisir l’interprétation d’Ella Fitzgerald, cependant, il a retenu la version profondément mélancolique d’Ivri Lider, chanteur, compositeur et réalisateur israélien de la bande originale du dernier film d’Eytan Fox, The Bubble, dont l’air est extrait.

Dans la même teinte vocale, adolescente et déphasée, Sandra Korzeniak investit le personnage de Marilyn d’une manière qui nécessite, à l’évidence, un passage dans un état second fortement éprouvant.
Personne, réellement au fait de l’approche théâtrale de Lupa, et de son sens de la vérité intime de la vie, ne peut espérer une vision idéalisée de l’actrice.

Sandra Korzeniak (Marilyn)

Sandra Korzeniak (Marilyn)

Seulement, Sandra Korzeniak fait quelque chose que l’on voit rarement sur scène.
Simplement vêtue d’un pull noir, du moins au début, et ne laissant apparaître qu’un décolleté et ses jambes blanches, toute l’expression de son corps et la blondeur de sa chevelure ondulée évoquent la tendresse, et l’innocence de l’enfance.

Elle ondoie, hésite, prend des poses parfois désaxées, et la beauté vient de cette souplesse qui cache la douleur interne que Marilyn supporte, c’est-à-dire ce manque qui s’est immiscé en elle, et qui est comme un rappel prégnant à chaque instant de sa vie, mais que personne ne peut voir.

A sa manière, elle trouve moyen de sortir d’elle-même, et de son mal de vivre, en se rêvant Grouchenka, héroïne des Frères Karamazov, le roman de Dostoïevski, et donc objet de rivalité pour les hommes.

Plusieurs personnes lui rendent visite, Paula, l’amie taciturne qui ne veut pas la voir telle qu’elle est, sinon fidèle à l’icône qui émerveille toute la société, le déjanté photographe André de Diebes, pour lequel elle se livre à un ensemble de poses très sensuelles, et le docteur Ralf Greenson, amoureux et protecteur.

Elle fonde son humanité sur son rapport intime au corps, sa manière simple d’en parler y compris de celui des autres. Krystian Lupa pousse très loin ce trait de caractère dans la relation qu’elle a avec un amant de passage, Francesco.

La tension atteint son paroxysme lorsque Marilyn lui fait faire des tours de bicyclette complètement nu, dans un silence uniquement rythmé par les crissements du vélo, avant qu’il ne la rejoigne pour l’étreinte ultime. Elle le fait d’abord pour lui, car ce n’est pas ce qui la rend plus heureuse pour autant.

Après une telle focalisation, sans doute un peu excessive, sur le corps de Sandra Korzeniak, en totale impudeur et avec force, la pièce s’achève sur une dénonciation des lacunes que révèle l’attente reportée sur un mythe, puisqu'elle ne sert qu’à combler un manque personnel d’humanité.
Les figurants qui interviennent, à ce moment là, sont particulièrement amorphes.

Et, à partir d’une vidéo où s’embrase le corps de Marilyn Monroe, Krystian Lupa crée un choc un peu inutile, mais visuellement spectaculaire.

Quand on prend un peu de recul sur ce travail, on se rend compte à quel point il est chargé d’une identité culturelle bien marquée, pas simplement à cause de la langue polonaise, mais aussi par les symboles qui lui sont intégrés : Marilyn Monroe s’était convertie au judaïsme pour son mari, Arthur Miller, lui-même issu d’une famille d’émigrants polonais juifs, et ce dernier eut le projet de porter à l’écran Les Frères Karamazov.

Enfin, on peut rappeler que Krzysztof Warlikowski, assistant de Krystian Lupa dans sa jeunesse, a aussi abordé l’icône éternelle de Marilyn Monroe à travers L’Affaire Makropoulos à l’Opéra de Paris. Cette production, qui fît l’unanimité, serait reprise en 2013.

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Publié le 4 Mai 2011

Sweeney Todd (Stephen Sondheim)
Représentation du 30 avril 2011
Théâtre du Châtelet

Sweeney Todd Rod Gilfry
Mrs Lovett Caroline O’Connor
Anthony Hope Nicholas Garrett
Johanna Rebecca Bottone
Tobias Pascal Charbonneau
Le Juge Turpin Jonathan Best
Le Bailli Bamford John Graham-Hall
La mendiante Rebecca de Pont Davies

Direction musicale David Charles Abell
Ensemble Orchestral de Paris
Mise en scène Lee Blakeley

Caroline O'Connor (Mrs Lovett) et Rod Gilfry (Sweeney Todd)

Pour celles et ceux que l’esthétique horrifiante de Tim Burton avait poussés à bout, le spectacle créé par Lee Blakeley permet de vivre plus sereinement, si l’on peut dire, la comédie musicale de Stephen Sondheim.

La réussite tient au réalisme du lieu, un quartier londonien mal famé et parsemé de sous-sols noyés par la pénombre, le naturel d’une folie jouée sur scène sans que l’apparente spontanéité ne trahisse le professionnalisme qu’elle exige, un orchestre limpide et suggestif - la harpe lancinante rappelle les accords tout aussi obsédants d’Adrienne Lecouvreur -, et une équipe de chanteurs bien caractérisés et excellemment dirigés.

La voix accrocheuse et moqueuse de Caroline O’Connor dynamise fortement Mrs Lovett au point d‘en faire un personnage éclatant de vitalité, mais l’on aurait pu tout aussi bien concevoir une femme charmeuse et langoureuse, alors que Rod Gilfry offre un portrait humain et simple de Sweeney Todd, pas inquiétant du tout au premier abord.

Caroline O'Connor (Mrs Lovett) et Pascal Charbonneau (Tobias)

Caroline O'Connor (Mrs Lovett) et Pascal Charbonneau (Tobias)

Bien entendu, les scènes de rasage en profondeur qui s’achèvent sous les jaillissements d’hémoglobine, et s’enchaînent humoristiquement, provoquent un effet de saturation, mais elles renforcent également la tension lorsque la jeune fille d’un citoyen arrive au moment où son père est dans les mains du barbier, ce qui lui épargne la vie, sans le savoir.

On ressent un très étrange sentiment à l’issue de cette comédie qui draine ironie, haine, dégoût et sentimentalisme, mais l’on retient également que le Théâtre du Châtelet est en train de devenir un lieu où tout une société peut se retrouver, un lieu de partage unique à Paris autour de la musique du monde.

Et à l'occasion de cet évènement, Sony vient de rééditer à 500 exemplaires l'enregistrement de la création originale de Sweeney Todd à Broadway (1979).

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Publié le 28 Avril 2011

Dimanche 01 mai 2011 sur Arte à 06H00
Valéry Gergiev à Saint-Pétersbourg : Le sacre du printemps
Par le ballet du Mariinski et dans la chorégraphie de Nijinski.

Dimanche 01 mai 2011 sur Arte à 10H10
Lagrime di San Pietro (Orlando di Lasso)
Chef d'orchestre: Philippe Herreweghe

Dimanche 01 mai 2011 sur Arte à 11H00
Une leçon particulière de musique avec Yuri Bashmet

Dimanche 01 mai 2011 sur Arte à 19H15
Monteverdi avec Rolando Villazón,Topi Lehtipuu et Patrizia Ciofi
Chef d'orchestre: Emmanuelle Haïm. Enregistré à la basilique de Saint-Denis.

Dimanche 01 mai 2011 sur Arte à 20H10
La peintre Natalia Gontcharova
Dans l'univers des Ballets Russes

Mardi 03 mai 2011 sur Arte à 00H01
Murray Perahia

Mardi 03 mai 2011 sur France 2 à 00H35
La 3e Nuit de l'Improvisation au Théâtre du Chatelet.
Enregistré le vendredi 5 mars 2010, et présenté par Jean-François Zygel. 

 

Samedi 07 mai 2011 sur France 3 à 00H15
L'heure de Nathalie Manfrino

Samedi 07 mai 2011 sur France 3 à 01H45
Carmen (Bizet)

Enregistré à l'Opéra de Lille en 2010 avec Stéphanie d'Oustrac, Gordon Gietz, Jean-Luc Ballestra, direction Jean-Luc Casadesus, mise en scène Jean-François Sivadier.

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 08H55
Werther (Massenet)
Chef d'orchestre: Michel Plasson, Metteur en scène: Benoît Jacquot, Orchestre: Orchestre de l'Opéra national de Paris. Avec Andreas Jäggi, Anne-Catherine Gillet, Christian Tréguier, Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Sophie Koch

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 11H40
Netrebko, Garanca, Domingo... à l'opéra de Vienne
Chef d'orchestre: Antonio Pappano, Bertrand de Billy, Fabio Luisi, Franz Welser-Möst, Guillermo García Calvo, Marco Armiliato, Peter Schneider, Zubin Mehta
Avec Alfred Sramek, Anna Netrebko, Boaz Daniel, Diana Damrau, Elisabeth Kulman, Gergely Németi, Herwig Pecoraro, Ileana Tonca, Krassimira Stoyanova, Leo Nucci, Michael Roider, Nadia Krasteva, Natalie Dessay, Piotr Beczala, Plácido Domingo, Simon Keenlyside, Thomas Hampson, Thomas Quasthoff

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 12H25
Rigoletto (Verdi)
Chef d'orchestre: Fabio Luisi, Metteur en scène: Nikolaus Lehnhoff, Orchestre: Sächsische Staatskappelle Dresden. Avec le ténor péruvien Juan Diego Florez.

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 14H45
Don Pasquale (Donizetti)
Avec Marzio Giossi, Norman Shankle, Patrizia Ciofi, Simone Alaimo, Romaric Braun
Chef d'orchestre: Evelino Pidó, Metteur en scène: Daniel Slater, Orchestre: Orchestre de la Suisse Romande

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 16H50
Gershwin - Porgy & Me
Le New York Harlem Theatre est en tournée européenne pour présenter Porgy and Bess de George Gershwin. Susanna Boehm a suivi la troupe et fait le portrait des acteurs qui voient dans cet opéra un miroir de leur histoire, chacun ayant vécu des discriminations.

Samedi 07 mai 2011 sur Arte à 20H40
Adriana Lecouvreur (Cilea)
Chef d'orchestre: Mark Elder, Metteur en scène: David McVicar
Avec Alessandro Corbelli, Angela Gheorghiu, Bonaventura Bottone, David Soar, Iain Paton, Janis Kelly, Jonas Kaufmann, Maurizio Muraro, Olga Borodina, Sarah Castle

Dimanche 08 mai 2011 sur Arte à 09H20
Folle Journée 2009
Daniel Reuss dirige J.S. Bach

Dimanche 08 mai 2011 sur Arte à 10H00
Passions d'opéra - Soixante ans d'art lyrique à Aix-en-Provence
À cette occasion, sept personnalités, dont son actuel directeur Bernard Foccroulle, évaluent son héritage et imaginent son avenir.

Dimanche 08 mai 2011 sur Arte à 11H00
Une leçon particulière de musique avec José van Dam

Dimanche 08 mai 2011 sur Arte à 19H15
Karajan dirige la Symphonie n° 5 de Beethoven
Henri-Georges Clouzot filme l'Orchestre philharmonique de Berlin.

Dimanche 08 mai 2011 sur Arte à 19H55
Karajan dirige la Marche Hongroise de Berlioz

Lundi 09 mai 2011 sur Arte à 22H30
Susan Sontag
Douée pour faire le lien entre l'Amérique et la vieille Europe, Susan Sontag revit à travers ce portrait émouvant qui croise images de ses lieux de prédilection et rencontres avec ceux qui l'ont aimée.

Lundi 09 mai 2011 sur Arte à 23H25
Mikis Theodorakis, compositeur

Mardi 10 mai 2011 sur France 2 à 00H30
Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Avec Phillip Addis, Karen Vourc'h, Marc Barrard, Nathalie Stutzmann.

Direction John Eliot Gardiner, mise en scène Stéphane Braunschweig (Opéra Comique juin 2010)

 

Dimanche 15 mai 2011 sur Arte à 10H10
Arturo Benedetti Michelangeli interprète Debussy

Dimanche 15 mai 2011 sur Arte à 11H05
Une leçon particulière de musique avec José van Dam

Dimanche 15 mai 2011 sur Arte à 19H15
Mahler : Le cor merveilleux de l'enfant
Avec Christian Gerhaher (Baryton), Magdalena Kozená (Mezzo-Soprano)
Chef d'orchestre: Pierre Boulez 

 

Mardi 17 mai 2011 sur France 2 à 00H30
Béatrice et Bénédict (Hector Berlioz)
Avec Ailish Tinan, Elodie Méchain. Direction Emmanuel Krivine, mise en scène Dan Jemmett (Opéra Comique mars 2010) 

 

Mercredi 18 mai 2011 sur Arte à 20H15
Claudio Abbado dirige Mahler - En direct de Berlin
Avec Anne Sofie von Otter, Jonas Kaufmann. Orchestre: Berliner Philharmoniker

Mercredi 18 mai 2011 sur Arte à 22H05
Gustav Mahler
Avec Henry-Louis de la Grange, Thomas Hampson
Chef d'orchestre: Claudio Abbado, Daniel Harding, Jonathan Nott, Leonard Bernstein, Pierre Boulez. Orchestre: Lucerne Festival Orchestra, Staatskapelle Berlin, Sveriges Radios Symfoniorkester, Wiener Philharmoniker 

 

Dimanche 22 mai 2011 sur Arte à 09H40 

Festival de Lucerne 2009 

Claudio Abbado et l'Orchestre du festival interprètent Mahler et Rückert.

 

Dimanche 22 mai 2011 sur Arte à 11H15 

Heinrich Schütz par Benoît Haller

 

Dimanche 22 mai 2011 sur Arte à 19H15  

Quasthoff chante Mahler  

Sous la direction de Zubin Mehta, le baryton Thomas Quasthoff interprète de bouleversants lieder "aux enfants morts". 

 

Lundi 23 mai 2011 sur Arte à 10H00

 Mikis Theodorakis, compositeur

 

Lundi 23 mai 2011 sur Arte à 22H55

Mahler, d'un pas mesuré

 

Lundi 23 mai 2011 sur Arte à 23H55

Alma Mahler-Werfel

Compositrice et peintre, elle fut une égérie de la vie culturelle viennoise. 

 

Mardi 24 mai 2011 sur Arte à 00H50

Blanche Neige (Preljocaj) 

Ballet romantique filmé par le chorégraphe lui-même.

Vendredi 27 mai 2011 sur France 3 à 23H35 

L'heure de l'Opéra à Vienne (avec Dominique Meyer)

 

Samedi 28 mai 2011 sur Arte à 14H30

La Symphonie n°2 (Gustav Mahler) 

Chef d'orchestre: Riccardo Chailly

Dimanche 29 mai 2011 sur Arte à 09H45
Istomin, Stern et Rose

Dimanche 29 mai 2011 sur Arte à 10H40

Liszt et Paganini par Berezovsky et Papavrami

Dimanche 29 mai 2011 sur Arte à 18H10

La Symphonie des Mille (Gustav Mahler)

Avec Christiane Ölze, Christine Iven, Dietrich Henschel, Erika Sunnegardh, Georg Zeppenfeld, Gerhild Romberger, Lioba Braun, Stephen Gould

Chef d'orchestre: Riccardo Chailly

Lundi 30 mai 2011 sur Arte à 11H45
L'Opéra Garnier

Lundi 30 mai 2011 sur Arte à 23H55
L'homme qui fait chanter les tambours : Martin Grubinger

 

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Rédigé par David

Publié dans #TV Lyrique

Publié le 27 Avril 2011

Il Trovatore (Giuseppe Verdi)
Représentation du 23 avril 2011
New York Metropolitan Opera

Ferrando Stefan Kocan
Inez Maria Zifchak
Leonora Sondra Radvanovsky
Count di Luna Dmitri Hvorostovsky
Manrico Marcelo Alvarez / Arnold Rawls
Azucena Dolora Zajick

Direction musicale Marco Armiliato
Mise en scène David McVicar

 

                                                                                                      Arnold Rawls (Manrico)

Hormis le rôle de Ferrando, la distribution de la reprise d’ Il Trovatore est identique à celle de 2009.

Marco Armiliato la dirige avec une telle superficialité, un laisser-aller cacophonique et des motifs lugubres à peine esquissés lorsque Leonore va se recueillir sous la tour du palais de l’Aljaferia, qu’il fait regretter l’art feutré de Gianandrea Noseda.

Après son retrait des dernières représentations de Luisa Miller le mois dernier à Paris, Marcelo Alvarez apparaît en meilleure forme au début, même si le timbre brille peu. Mais le doute s’installe lorsqu’il recourt à des effets fortement affectés pour couper court à un souffle qu’il a du mal à tenir.

Et effectivement, il ne revient pas dans la seconde partie, Manrico devant s’en remettre au solide Arnold Rawls qui, avec une projection rayonnante, des couleurs sombres et métalliques jusque dans le haut médium, et un sensible frémissement, le situe dans les mêmes dimensions vocales que Sondra Radvanovsky.

Sondra Radvanovsky (Leonore)

Sondra Radvanovsky (Leonore)

La soprano américaine, que l’on commence à revoir en Europe, n’a aucun mal à dominer la soirée. Phénoménale, on ne comprend d’ailleurs pas en la regardant chanter comment elle arrive à dégager un tel flot d’ondes nocturnes et minérales, elle est la passion verdienne dans son expression la plus mélancolique et la plus humble.

Dmitri Hvorostovsky, malgré certaines séquences qui le couvrent, brosse un portrait noble du comte, et offre une très tendre interprétation de son grand air au second acte.

Si Stefan Kocan est un Ferrando primaire, et Maria Zifchak une bien plus digne dame de compagnie pour Leonore, Dolora Zajick s’appuie sur ses graves impressionnants et l’agressivité de ses aigus pour compenser un vibrato prononcé mais qui n’affaiblit en rien la personnalité rancunière d’Azucena.

Inspirée par les coloris des tableaux de Goya, la mise en scène de David McVicar fait ressortir la violence de ce monde en guerre, et sa tragique diffusion, même dans les rapports mère-fils.

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Publié le 26 Avril 2011

Capriccio (Richard Strauss)
Représentation du 23 avril 2011
New York Metropolitan Opera

Flamand Joseph Kaiser
Olivier Russell Braun
La Roche Peter Rose
La Comtesse Renée Fleming
Le Comte Morten Frank Larsen
Clairon Sarah Connolly
Les chanteurs italiens
              Olga Makarina
              Barry Banks

Direction Musicale Andrew Davis
Mise en scène John Cox

 

 

Renée Fleming (La Comtesse Madeleine)

Il va sans dire que lorsque l’on a vu l’écrin dans lequel Robert Carsen a matérialisé sa vision de  Capriccio au Palais Garnier, une fort émouvante ode à notre amour pour l’opéra en tant qu’inspiration musicale et espace de vie théâtrale, et une évocation de ses illusions que l’on ne voudrait pas voir lorsque La Comtesse Madeleine quitte son rôle alors que les techniciens démontent l’ensemble des décors, la production de John Cox se situe un cran en dessous, même si elle insuffle beaucoup de vie dans les rapports entre personnages.

L’esthétique du décor années vingt, les éclairages vifs et fixes, sauf à la toute fin, et son côté pièce de théâtre bourgeois qui idéalise une femme devant choisir entre deux prétendants réduisent le texte à une douce scène amusante. Et surprise, la belle fait même un choix au moment où les dernières lumières s’éteignent, mais dont seul le domestique en prendra connaissance.

Joseph Kaiser (Flamand)

Joseph Kaiser (Flamand)

La direction de Andrew Davis se complaît dans une sorte de confort tranquille sans fantaisie, se fait à plusieurs reprises lâcher par les cuivres, ce qui fait reposer toute la vitalité sur les chanteurs.

Toujours aussi glamour dans ses poses, Renée Fleming a conservé la couleur de la crème qui a fait sa notoriété, mais le temps l'a rendue plus femme, et moins douce langueur policée.
Morten Frank Larsen conduit le personnage du Comte comme un coureur de jupon encore alerte, pas du genre à laisser son orgueil l’enfermer dans son statut supérieur, avec une solide présence que pourrait lui envier Sarah Connolly, car elle dilue Clairon dans une attitude légère, à moins que ce ne soit la volonté du metteur en scène.

Autre excellent meneur, Peter Rose fait également de La Roche un fin diseur.

Très réservé au risque de créer un certain déséquilibre, Russell Braun laisse le champ libre à un Joseph Kaiser magnifiquement expressif, souffle vaillant et accents mélancoliques qui en font une merveille à écouter lorsque l’on tourne la tête vers l’immensité de la salle envahie par son chant. On ne le croirait pas Canadien, sinon Slave, lui qui est une des splendides découvertes de cette saison à l'Opéra de Paris dans Oneguine.

Les brillants Olga Makarina et Barry Blanks se livrent à un concours d'endurance accrocheur, pour lequel le public, aussi prompt à déclencher les rires comme il le fit dans le  Comte Ory, manifeste son enthousiasme le plus sincère.

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Publié le 25 Avril 2011

La Walkyrie (Richard Wagner)
Représentation du 22 avril 2011
New York Metropolitan Opera

Wotan Bryn Terfel
Fricka Stéphanie Blythe
Siegmund Jonas Kaufmann
Sieglinde Eva-Maria Westbroek
Brünnhilde Deborah Voigt
Hunding Hans-Peter König
Gerhilde Kelly Cae Hogan
Ortlinde Wendy Bryn Harmer
Waltraude Marjorie Elinor Dix
Schwertleite Mary Phillips
Helmwige Molly Fillmore
Siegrune Eve Gigliotti
Grimgerde Mary Ann Mc Cormick
Rossweisse Lindsay Ammann

Direction Musicale James Levine
Mise en scène Robert Lepage

                                                                                                                 Jonas Kaufmann (Siegmund)

A la vue de la nouvelle production de la Walkyrie, et avant d’en commenter l’interprétation musicale, on ne peut reprocher à Robert Lepage de n’avoir pas compris à quel public il s’adresse.
Tout son dispositif s’articule autour d’une armature hélicoïdale, dont les pales se déploient pour former l’élément de décor le plus pertinent pour la scène en cours.

Il s’agit d’une prouesse technique remarquable, on n’imagine pas tous les problèmes d’équilibres de masse, d’asservissements et de contrôles informatiques temps réel que cela représente, qui permet d’enchaîner dynamiquement les changements de lieu, d’abord la forêt, puis la maison de Hunding, puis le Walhalla.

Les Américains, habitués aux images de synthèses des derniers Star Wars, aux éclairages sous lesquels les structures deviennent vivantes, aux lents mouvements d’impressionnants vaisseaux, retrouvent à l’opéra des textures et des animations importées des effets spéciaux cinématographiques, ou bien des jeux vidéo.

Deborah Voigt (Brünnhilde) et Bryn Terfel (Wotan)

Deborah Voigt (Brünnhilde) et Bryn Terfel (Wotan)

Le troisième acte tourne même au rodéo lorsque les Walkyries chevauchent héroïquement les poutres en balancement, sous couvert de sifflets et d’encouragements de la salle exaltée. Un cirque inimaginable à l’Opéra de Paris.

L’arrivée de Brünnhilde sur les ailes de Grane nous amène dans l’univers du Choc des Titans, et son immolation, spectaculaire cristallisation dans un rocher, le corps renversé, rappelle la cryogénisation de Hans Solo. Mais après tout, Georges Lucas s’est lui même inspiré du Ring dans sa Saga de science fiction.

Néanmoins, si l’on regarde au-delà de tous ces costumes aux couleurs vives et scintillantes, et de cette architecture qui est, répétons le, extraordinaire, Robert Lepage ne fait qu’assurer le service minimum en  terme de profondeur de mise en scène.

La psychologie de chaque personnage reste terriblement simplifiée, il arrive que leurs gestes se figent, avec toutefois quelques images recherchées comme l’enlacement de Siegmund autour de Sieglinde, et la mort de celui-ci dans les bras de Wotan.

Mais même là, les poses se prennent de façon visiblement calculées.
Tous les symboles, corne, béliers de Fricka et autres casques ailés sont par ailleurs utilisés à titre décoratifs.

Stéphanie Blythe (Fricka)

Stéphanie Blythe (Fricka)

On peut ainsi se moquer de l’attirail artisanal, cordes, rideaux, projecteurs mal cachés, qu’utilise Günter Krämer à Paris, son Ring reste cependant d’une toute autre intelligence de vue, théâtral dans les moments clés - le récit de Wotan et l’avertissement de Brünnhilde à Siegmund à l’acte II de la  Walkyrie-, et surtout d’une indéniable humanité.

Mais bien sûr, la musique prime. Lors de son arrivée pour saluer le public, James Levine a reçu une ovation de la salle d’une force telle que peu de chefs peuvent s’en prévaloir.
Il est chez lui, et dès que l’ouverture démarre, il offre l’image attendrissante d’un chef qui virevolte au milieu de l’orchestre comme un enfant dans l’eau.

Sa direction est incisive, les traits violents et naturalistes, les gradations en intensité atteignent leur paroxysme plutôt dans la première partie, dans le duo de Siegmund et Sieglinde, profondément chaleureux - notamment le hautbois-, et l’apparition impérieuse de Fricka.

Dans ce rôle ci, Stéphanie Blythe laisse une impression féroce, très assurée, une voix riche et colorée sur laquelle elle assoit une autorité imparable. On croirait entendre Dolora Zajick, mais plus jeune, et sans le vibrato actuel.

Bryn Terfel (Wotan)

Bryn Terfel (Wotan)

Bryn Terfel, un large souffle noir et névrotique, donne l’image d’un Wotan qui se débat avec ses propres contradictions. Il semble brider ses sentiments profonds que ce soit pour Brünnhilde ou Siegmund, mais beaucoup trop d’allers et venues masquent le manque de sens donné au geste.
Ni lui, ni aucun autre chanteur, ne laissera une attitude théâtrale marquante.
Il n’en est pas moins percutant, surtout quand il clame sa rage.

D’emblée, Deborah Voigt se présente crânement, et lâche sans complexe sa voix tout au long de cette épopée sans le moindre signe de fatigue, et sans rupture brusque.
Il faut cependant accepter un timbre qui la vieillit considérablement, et une vision un peu trop survoltée de Brünnhilde.

Bien des Hunding ont des intonations rustres, suggérant une nature primitive, mais dans le cas de Hans-Peter König nous pouvons croire qu’il pourrait être un homme accueillant, sage, surtout dans son accoutrement de Père Noël, parce que ce chanteur partage des sonorités souples, amples et d‘une évidente maturité.

Eva-Maria Westbroek (Sieglinde) et Jonas Kaufmann (Siegmund)

Eva-Maria Westbroek (Sieglinde) et Jonas Kaufmann (Siegmund)

Couple très attendu, Jonas Kaufmann et Eva-Maria Westbroek réussissent un duo d’amour passionné à donner le frisson, lui si souple corporellement, si sensible et sombrement rayonnant - mais encore prudent quand il élargit sa voix-, et elle toujours aussi tragiquement humaine et subtilement méditative, dont la méforme passagère est à peine perceptible même dans ce passage là.

Margaret Jane Wray la remplace pourtant au troisième acte, avec vaillance, et même une certaine ressemblance de timbre, sans que cela n’ôte un sentiment de déception, car il s’agit d’une prise de rôle pour la soprano allemande.

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Publié le 25 Avril 2011

Le Comte Ory (Gioachino Rossini)
Représentation du 21 avril 2011
New York Metropolitan Opera

Le Comte Ory Juan Diego Florez
La Comtesse Adèle Diana Damrau
Isolier Joyce DiDonato
Raimbaud Stéphane Degout
Le Gouverneur Michele Pertusi
Dame Ragonde Susanne Resmark

Mise en scène Bartlett Sher
Direction musicale Maurizio Benini

 

 

Juan Diego Florez (le Comte Ory) et Stéphane Degout (Raimbaud)

Il paraît surprenant que l’avant dernier opéra de Rossini n’ait pas la notoriété du Barbier de Séville ou bien de l’Italienne à Alger. Il s’agit évidemment d’un divertissement bourgeois haut de gamme, qui comporte un second acte à l’action très serrée.

Bien que cette comédie se déroule vers 1200 - période identique à celle du livret d’ Aroldo, un des opéras les moins connus de Verdi -, Bartlett Sher la transpose au XIXème siècle, sans surcharge, et s’appuie habilement sur les ressorts du théâtre de Marivaux, une forme d’élégance sans trivialité, auxquels le public rit de bon cœur.

Il suffit de voir le chouchou de ces Dames, Juan Diego Florez, sautiller de ci de là dans son costume de religieuse, pour que la salle s’esclaffe sans se limiter à un sourire simplement amusé. Et visiblement, il aime cela.
Incarnation vocale du classicisme, le ténor péruvien manie la précision de la langue française avec une clarté particulièrement charmeuse.

Diana Damrau (La Comtesse Adèle) et Joyce DiDonato (Isolier)

Diana Damrau (La Comtesse Adèle) et Joyce DiDonato (Isolier)

En véritable princesse un peu capricieuse, Diana Damrau pousse les vocalises aux limites de l’hystérie avec, elle aussi, une excellente diction, et l’on retrouve à nouveau Joyce DiDonato dans un de ces rôles masculins et troublants où elle adore se travestir, et exprimer l’insolence de la fougue adolescente, avec la présence qu’on lui connaît.

La scène finale qui se déroule sur le lit dans une confusion des sentiments et des sexes, alors que le Comte, la Comtesse et Isolier alternent des effusions virtuoses et passionnées, est une petite réussite en soi.

Unique interprète français de la distribution, Stéphane Degout se prête de bon cœur à la farce sans verser dans les excès du cabotinage, mais le souffle et la chaleur de sa voix, qu'il libère généreusement lorsque l'occasion lui en est donnée, le mettent de toute façon mieux en valeur dans un répertoire plus sensible et poétique.

Dans la fosse, Maurizio Benini mène un rythme entraînant, ce qui est l’élément essentiel de la musique de Rossini.

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Publié le 20 Avril 2011

Pelléas et Mélisande (Claude Debussy)
Version concert du 17 avril 2011
Théâtre des Champs Elysées

Pelléas Simon Keenlyside
Mélisande Natalie Dessay
Golaud Laurent Naouri
Geneviève Marie-Nicole Lemieux
Arkel Alain Vernhes
Yniold Khatouna Gadelia
Le Médecin Nahuel di Pierro

Direction musicale Louis Langrée
Orchestre de Paris

 

                                                Laurent Naouri (Golaud)

Après  Parsifal et  Ariane et Barbe-Bleue, c’est avec une version concert de Pelléas et Mélisande que s’achèvent ces quelques jours consacrés, au hasard du calendrier, à Wagner et son influence dans la musique française.

Sous la direction de Louis Langrée, les musiciens de l’Orchestre de Paris livrent une lecture rigoureuse et compacte qui, au fil de soirée, gagne en limpidité.
Si dans les passages les plus vivants la poésie se défait sensiblement, la profondeur de la musique, lorsqu’elle travaille les mouvements les plus sombres, devient flot mystérieux et inquiétant, et cela particulièrement lorsque Golaud intervient.

Or, Laurent Naouri est a lui seul, immensément, naturellement, et en toute évidence, l’interprète choc de la représentation. Il chante magnifiquement, le verbe est précis, superbement lié et détaché à la fois, sur fond d’un timbre mûr et que l'on pourrait croire affectueux au premier abord.

Alors évidemment Simon Keenlyside joue sur deux registres, des étincelles d’innocentes clartés et une assurance virile, Natalie Dessay trouve une lumineuse présence dans "Mes long cheveux descendent jusqu’au seuil de la tour", mais nulle subtile mélancolie ou sentiment d'urgence ne traverse ce duo par ailleurs tenu à distance sur scène. Rien ne se passe en fait.
Même Alain Vernhes paraît trop attentif à soigner son chant.

Ceci est cependant un avant goût de la passionnante confrontation qui s’annonce la saison prochaine entre le Teatro Real de Madrid (L.Naouri-Y.Beuron-C.Tilling direction S.Cambreling) et l’Opéra de Paris (V.Le Texier-S.Degout-E.Tsallagova direction P.Jordan) , le chef d’œuvre de Debussy devant y être représenté dans la même mise en scène de Bob Wilson.

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